Comment enrayer l’islam radical


Aujourd’hui je veux commencer une réflexion sur un thème d’actualité, contrairement à la majorité de mes articles, qui traitent de sujets plus généraux et/ou doctrinaux.

En effet, nous commençons tout juste à voir l’ampleur d’un phénomène de radicalisation, plus marqué dans les pays francophones qu’ailleurs (selon une récente étude américaine qui a suscité l’ire de l’ambassadeur de France aux États-Unis), et des frappes terroristes qui touchent beaucoup le monde francophone (donc celui dans lequel nous évoluons) en ce moment : les attentats à Beyrouth ne nous ont guère surpris, mais ceux du Bardo (Tunis) de Sousse, Bamako, Ouagadougou, Grand Bassam et Paris ont choqué plus de monde… Il faut dire que moi et mes proches (nous sommes d’origine belge) n’avons pas senti de surprise en nous réveillant aux nouvelles de deux attentats à Zaventem et Maelbeek… Nous étions plutôt étonnés que cela ne s’était pas produit plus tôt.

Et pour cause: aujourd’hui, 22% de la population de Bruxelles est musulmane. Les quartiers de Saint-Josse, Molenbeek et Schaerbeek comptent tous entre 40 et 50% de musulmans. Selon les estimations et projections des experts, la population musulmane en Belgique va doubler en 20 ans entre 2010 et 2030, passant de 640 000 à 1,2 millions, (si les flux de migration se maintiennent aux niveaux actuels). Les Belges d’origine s’éloignent depuis longtemps de ces quartiers, et ne constituent aujourd’hui que 28% de la population de la région de Bruxelles, c’est-à-dire que dans quelques années ils seront non seulement minoritaires, comme ils l’ont été depuis des années, mais aussi ils ne seront plus le plus important groupe sociodémographique, car l’islam deviendra la première religion de Bruxelles, devant l’athéisme, le christianisme nominal (souvent agnostique), le bouddhisme, l’hindouisme et les mouvements sectaires.

Pour le vrai chrétien, l’invasion de l’Occident par des musulmans (entre autres) ne devrait pas être un sujet de souci personnel, car il sait quel est le vrai Dieu, et il sait que toutes choses concourent pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Romains 8.28). Il n’a pas (vraiment) peur de mourir lors d’un attentat par exemple, car il sait où son âme ira. On peut même se dire que l’arrivée de tous ces gens venus de pays où il est souvent interdit de prêcher l’Évangile est une occasion à ne pas manquer. Saïd Oujibou, un Marocain qui s’est converti à l’Évangile en France, nous affirme dans son livre (Fier d’être Arabe et chrétien) qu’en moyenne 10 musulmans se convertissent chaque jour au christianisme évangélique en France, ce qui signifie qu’ils affirment avoir vécu une nouvelle naissance, et qu’il ont la force et le courage de le dire à leur famille, ce qui signifie qu’ils seront habituellement rejetés par celle-ci ainsi que par la communauté musulmane (l’oumma) qui auparavant les protégeait par solidarité. Il est vrai que le nombre de convertis à l’islam en France est sensiblement le même, mais ce ne sont pas des personnes nées de nouveau qui font ce pas, plutôt des agnostiques et des jeunes (surtout des femmes). Il y a aussi les personnes radicales qui, à une autre époque, auraient choisi des causes telles que le communisme, le socialisme, ou tout groupuscule extrémiste ou sectaire, qui aujourd’hui trouvent une cause à défendre dans l’islam, qui fera d’eux des héros en échange.

Des tas de politiciens s’évertuent à minimiser le choc des cultures qui s’opèrent dans toutes les grandes villes d’Europe de l’Ouest, et même en Europe de l’Est et en Amérique du Nord. En même temps, d’autres cherchent à résoudre les problèmes. Seulement, ils sont quasiment insolubles : si d’un côté vous avez des jeunes musulmans en quête d’une identité qui vivent groupés et sont frappés de plein fouet par le chômage et de l’autre vous avez de plus en plus d’Européens de tradition pseudo-chrétienne mais qui vivent « dans la débauche » (tant selon la Bible que selon le Coran) qui commencent à haïr ou du moins à avoir peur des musulmans (non sans raison, les attentats ne font que les y pousser toujours plus), la réponse sera difficile à trouver même en pompant tout l’or du monde dans ces quartiers ou en essayant de favoriser la mixité ethnique.

Situation sans espoir ? Non, car Dieu peut tout et nous pouvons tout par Christ, qui nous fortifie. (Philippiens 4.13) Une grande partie des musulmans est à la recherche de quelque chose de plus profond, qu’ils pensent pouvoir trouver dans une pratique plus radicale et « primitive » de l’islam. D’ailleurs les nouveaux convertis à l’islam sont parmi ceux qui se radicalisent le plus rapidement, et je crois que c’est en partie parce qu’ils se rendent compte que l’islam « normal » ne répond pas tant à leurs désirs et à leurs questions, en somme, à leur « vide », et donc ils vont vite plus loin dans leur recherche en essayant de se purifier de toute trace de christianisme et d’occidentalisme. Sophie Kasiki écrit dans son livre (Dans la nuit de Daech, confession d’une repentie) :

« Une religion, ça se rencontre, ça se choisit. C’est une démarche personnelle, du moins, ça devrait l’être.

Pourtant, ma conversion ne me rend pas le bonheur. Ce n’est qu’une étape dans une très longue et très profonde crise morale. L’islam ne m’apporte pas de réponse mais il me donne, dans les premiers temps, des outils de réflexion, des pistes, peut-être, pour penser le monde. Je suis engagée dans un processus tortueux.  Je cherche un sens à ma vie.  Quand on se parlait encore, Julien me disait : « mais pourquoi veux-tu qu’il y ait un sens ? Profite, savoure, partage ! Pourquoi ce qui est suffisant pour les autres ne te convient-il pas ? »

Pourquoi ce qui est suffisant pour lui ne me convient pas, c’est le fond de sa question et je suis incapable d’y répondre. Tout simplement, il faut que tout ça ait un sens. J’ai besoin qu’il y en ait.

Et je cherche, comme une créature dans le noir, pour reprendre une image religieuse. Mais c’est vraiment ce que je ressens.  J’ai l’impression d’être un insecte aveugle… »

On observe que c’est en recherchant quelque chose pour combler le vide dans sa vie que Sophie (ce n’est pas son vrai nom) est passée d’agnostique catholique à musulmane modérée puis rapidement au stade de musulmane radicale. On voit plus loin une réflexion, où elle se dit qu’aller en Syrie rejoindre Daech est une meilleure alternative que le suicide :

« Ils ont raison. Je n’ai plus d’énergie. Plus rien ne me fait envie. Seule l’obligation de me montrer une mère exemplaire parvient encore à me faire me lever le matin pour accomplir, mécaniquement, la succession des gestes quotidiens : me laver, me préparer, réveiller Hugo, lui donner son petit déjeuner, le préparer, le conduire à l’école. […] Depuis longtemps maintenant, je sais repérer ce dégoût de la vie qui m’envahit par périodes. Bientôt je ne verrai plus comme solution que partir, et par partir, j’entends mourir. Je tente de me raccrocher à la pensée de mes nièces, de Hugo. Je détruirais leur vie irrémédiablement. Mais rien n’y fait. Le désir de mourir m’envahit. Je suis passée deux fois à l’acte par le passé. J’ai appris depuis à repérer les signaux annonciateurs de cet état morbide, mais pas à les désamorcer.  Cette fois, l’idée de partir pour la Syrie vient comme une échappatoire à ce désir de mort. À moins que ce soit le moyen que j’ai trouvé pour m’ôter la vie. »

Je n’ai pas de réponses ici, et je connais mal le phénomène de l’islamisme (ou salafisme ou islam radical… il y a tant de mots qui servent à le différencier tant bien que mal de l’islam sunnite dit « normal »). Mais je crois que la meilleure alternative à offrir à ces gens, c’est d’aller évangéliser les quartiers et les pays où il y a beaucoup de misère, de chômage, de musulmans, de gens qui recherchent le sens de la vie avec sincérité… Nous faisons trop peu pour eux.

Je crois que ce vide est ressenti par plus de gens que seulement moi ou Sophie Kasiki. J’en connais beaucoup personnellement qui m’ont parlé d’un tel vide. Pour certains, Dieu l’a comblé, pour d’autres cette réponse semble trop simple… Julien, le mari de Sophie écrit ceci en parlant des jours qu’il a passé sans Sophie en attendant de ses nouvelles :
« Rien. Je continue d’écrire et d’appeler. Je tourne en rond des nuits entières, dévoré par l’insomnie.  J’allume chaque cigarette avec le mégot de la précédente. […] Je ne vis plus. Les larves du protozoaire ont une existence plus enrichissante que la mienne. »

Qu’en pensez-vous ? N’est-il pas tant d’évangéliser les musulmans et les « quartiers sensibles » ?

 

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