CONFESSION DE FOI
en dix-huit articles
Rédigée à Dordrecht, lors d’une convention de paix le 21 avril 1632, constituant une déclaration des principaux articles de notre foi chrétienne générale, tels qu’ils sont enseignés et pratiqués dans l’ensemble de notre Église.
I. DE DIEU ET DE LA CRÉATION DE TOUTES CHOSES
Puisqu’il est attesté que sans la foi il est impossible de plaire à Dieu, et que celui qui s’approche de Dieu doit croire que Dieu existe et qu’Il est le rémunérateur de ceux qui Le cherchent, par conséquent, nous confessons de la bouche et croyons du cœur, avec tous les gens pieux et en accord avec les Saintes Écritures, en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, éternel, tout-puissant et incompréhensible, et en aucun autre ; avant qui aucun Dieu n’a été créé ou n’a existé, et il n’y en aura pas après Lui ; car c’est de Lui, par Lui et en Lui que sont toutes choses ; à Lui soient la louange et l’honneur aux siècles des siècles, Amen. (Hé 11:6 ; Dt 6:4 ; Gn 17:1 ; Es 46:8 ; 1 Jn 5:7 ; Rm 11:36)
De ce même Dieu unique, qui opère tout en tous, nous croyons et professons qu’Il est le Créateur de toutes les choses visibles et invisibles, et qu’en six jours, Il a créé, fait et disposé les cieux, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent ; et qu’Il les gouverne et les maintient encore, ainsi que toutes Ses œuvres, par Sa sagesse, Sa force et Sa parole puissante. (1 Co 12:6 ; Gn 1 ; Ac 14:15)
Après avoir achevé, ordonné et préparé toutes Ses œuvres, chacune dans sa nature et ses propriétés, bonnes et droites, conformément à Son bon plaisir, Il créa le premier homme, le père de nous tous, Adam, qu’Il forma de la poussière du sol, et dans les narines duquel Il souffla le souffle de vie, de sorte qu’il devint un être vivant, créé par Dieu à Sa propre image et ressemblance, dans la justice et dans la sainteté, pour la vie éternelle. Il le plaça au-dessus de toutes les autres créatures, le dota de grands et glorieux dons, le plaça dans le jardin de délices, le Paradis, et lui donna un commandement et une interdiction.
Ensuite, Il prit une côte d’Adam, en fit une femme et la lui amena, la lui donnant et l’unissant à lui pour qu’elle soit son aide, sa compagne et son épouse. C’est ainsi que tous les hommes qui habitent sur la terre entière descendent de ce premier[1] homme, Adam. (Gn 1:27 ; Gn 2:7, 17, 18, 22 ; Gn 5:1)
II. DE LA CHUTE DE L’HOMME
Nous croyons et professons, conformément aux Saintes Écritures, que nos premiers parents, Adam et Ève, ne demeurèrent pas longtemps dans cet état glorieux dans lequel ils furent créés, mais que, séduits par la subtilité et la tromperie du serpent, et par la jalousie du diable, ils transgressèrent le noble commandement de Dieu et devinrent désobéissants envers leur Créateur ; par laquelle désobéissance le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort y est aussi entrée, laquelle a ainsi été transmise à tous les hommes, car tous ont péché et, par conséquent, ont attiré sur eux-mêmes la colère de Dieu et la condamnation.
Pour cette raison, ils furent chassés par Dieu du Paradis, ou jardin de délices, pour cultiver la terre, pour en tirer leur nourriture dans la douleur, et pour manger leur pain à la sueur de leur front, jusqu’à ce qu’ils retournent dans la terre d’où ils avaient été pris.
Par conséquent, par ce seul péché, ils devinrent tellement déchus, séparés et éloignés de Dieu, qu’ils ne pouvaient se relever, se racheter ou se réconcilier avec Dieu, ni par eux-mêmes, ni par aucun de leurs descendants, ni par les anges, ni par les hommes, ni par aucune autre créature soit dans les cieux soit sur la terre ; mais il aurait fallu qu’ils périssent éternellement, si Dieu, par compassion envers Ses créatures, n’y avait pourvu et n’était intervenu dans Son amour et Sa miséricorde. (Gn 3:6 ; 4 Esdras 3:7[2] ; Rm 5:12, 18 ; Gn 3:23 ; Ps 49:8 ; Ap 5:9 ; Jn 3:16)
III. DE LA RESTAURATION DU GENRE HUMAIN PAR LA PROMESSE DU CHRIST À VENIR
Pour ce qui est de la restauration du premier homme et de sa postérité, nous confessons et croyons que Dieu, malgré leur chute, leur transgression, leur péché et leur totale incapacité, n’était néanmoins pas disposé à les rejeter entièrement ni à les laisser perdus à jamais. Au contraire, Il les rappela à Lui, les consola et leur montra qu’il y avait encore en Lui un moyen de réconciliation, à savoir l’Agneau immaculé, le Fils de Dieu, qui avait été préétabli à cet effet avant la fondation du monde et qui leur avait été promis alors qu’ils étaient encore au Paradis, pour leur consolation, leur rédemption et leur salut, tant pour eux-mêmes que pour leur postérité. Oui, c’est Celui qui, par la foi, leur avait été donné en propre dès ce moment. Tous les pieux patriarches, à qui cette promesse avait été fréquemment renouvelée, ont désiré ce Sauveur et s’en sont enquis, et vers Lui, par la foi, ils regardaient de loin, attendant l’accomplissement, convaincus que par Sa venue, Il rachèterait, libérerait et relèverait de ses péchés, de sa culpabilité et de son iniquité la race humaine déchue. (Jn 1:29 ; 1 P 1:19 ; Gn 3:15 ; 1 Jn 3:8 ; 1 Jn 2:1 ; Hé 11:13, 39 ; Ga 4:4)
IV. DE LA VENUE DE CHRIST EN CE MONDE ET DU DESSEIN POUR LEQUEL IL EST VENU
Nous croyons et confessons de plus que, lorsque le temps de la promesse, que tous les pieux pères dans la foi avaient tant désiré et attendu, fut écoulé et accompli, ce Messie, Rédempteur et Sauveur promis, procédant de Dieu, fut envoyé. Conformément à la prédiction des prophètes et au témoignage des évangélistes, Il vint dans le monde, oui, dans la chair, et fut manifesté. Et la Parole Elle-même se fit chair et homme. Il fut conçu dans la vierge Marie (qui était fiancée à un homme nommé Joseph, de la maison de David) et elle L’enfanta comme son fils premier-né, à Bethléhem, L’emmaillota et Le coucha dans une crèche. (Jn 4:25 ; Jn 16:28 ; 1 Tm 3:16 ; Jn 1:14 ; Mt 1:23 ; Lc 2:7, 21)
Nous confessons et croyons aussi que c’est Celui dont les origines remontent aux temps anciens, aux jours de l’éternité, sans commencement de jours ni fin de vie, et dont il est témoigné qu’Il est Lui-même l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier. C’est Lui (et nul autre) qui fut élu, promis, envoyé et qui vint dans le monde. Il est l’unique, premier et propre Fils de Dieu, qui était avant Jean-Baptiste, avant Abraham, avant le monde. Oui, Il était le Seigneur de David, et le Dieu du monde entier, le premier-né de toute créature, qui fut introduit dans le monde, et pour qui un corps fut préparé, lequel Il offrit comme sacrifice et offrande d’une agréable odeur à Dieu, oui, pour la consolation, la rédemption et le salut de toute l’humanité. (Mi 5:1 ; Hé 7:3 ; Ap 1:8, 17 ; Jn 3:16 ; Hé 1:6 ; Rm 8:32 ; Jn 1:30 ; Mt 22:43 ; Col 1:15 ; Hé 10:5)
Mais quant à la manière dont ce précieux corps fut préparé, et comment la Parole s’est faite chair, pour qu’Il devienne Lui-même homme, nous nous contentons à cet égard de l’explication que les dignes évangélistes nous en ont laissée dans leurs récits, et conformément à laquelle nous confessons avec tous les saints qu’Il est le Fils du Dieu vivant, en qui seul reposent toute notre espérance, notre consolation, notre rédemption et notre salut, lesquelles nous ne pouvons ni ne devons chercher en aucun autre. (Lc 1:31-32 ; Jn 20:30-31 ; Mt 16:16)
Nous croyons et confessons d’autre part, conformément aux Écritures, qu’après avoir achevé Sa course et accompli l’œuvre pour laquelle Il avait été envoyé et était venu dans le monde, Il fut, conformément à la providence de Dieu, livré aux mains des impies, qu’Il souffrit sous la magistrature de Ponce Pilate, fut crucifié, mourut, fut enseveli, et, le troisième jour, ressuscita des morts et monta au ciel, et qu’Il est maintenant assis à la droite de Dieu, la Majesté divine dans les lieux très hauts, d’où Il reviendra pour juger les vivants et les morts. (Lc 22:53 ; Lc 23:1 ; Lc 24:6-7, 51)
C’est ainsi que le Fils de Dieu mourut, goûta à la mort et versa Son précieux sang pour tous les hommes. Par là, Il écrasa la tête du serpent, détruisit les œuvres du diable, annula l’acte d’accusation et obtint le pardon des péchés pour toute l’humanité, devenant ainsi la cause du salut éternel pour tous ceux qui, depuis Adam jusqu’à la fin du monde, chacun en son temps, croient en Lui et Lui obéissent. (Gn 3:15 ; 1 Jn 3:8 ; Col 2:14 ; Rm 5:18)
V. LA LOI DE CHRIST, LE SAINT ÉVANGILE OU LE NOUVEAU TESTAMENT
Nous croyons et confessons également qu’avant Son ascension, Il institua Son Nouveau Testament. Puisqu’il devait être et demeurer un Testament unique et éternel, Il le confirma et le scella de Son précieux sang, puis le donna et le laissa à Ses disciples. Oui, Il les en chargea si solennellement qu’aucun ange ni aucun homme ne saurait l’altérer, ni rien y ajouter, ni en retrancher.
Puisque ce Testament contient tout le conseil et la volonté de Son Père céleste, autant qu’il est nécessaire au salut, Il le fit proclamer en Son nom par Ses apôtres, messagers et ministres bien-aimés, qu’Il avait appelés, choisis et envoyés dans le monde entier à cette fin, parmi tous les peuples, nations et langues. Ainsi doivent être prêchées et attestées la repentance et la rémission des péchés.
Par conséquent, Il a déclaré que tous les hommes qui, par la foi, comme des enfants obéissants, considèrent, suivent et pratiquent ce que ce Testament renferme, sont Ses enfants et héritiers légitimes, sans distinction. Il n’exclut donc personne du précieux héritage du salut éternel, sauf les incrédules et les désobéissants, les endurcis et les obstinés, qui le méprisent et s’attirent cela par les péchés qu’ils commettent, se rendant ainsi eux-mêmes indignes de la vie éternelle. (Jr 31:31 ; Hé 9:15-17 ; Mt 26:28 ; Ga 1:8 ; 1 Tm 6:3 ; Jn 15:15 ; Mt 28:19 ; Mc 16:15 ; Lc 24:47 ; Rm 8:17 ; Ac 13:46)
VI. DE LA REPENTANCE ET DE L’AMENDEMENT DE LA VIE
Nous croyons et professons que puisque les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse et par conséquent enclines à toute injustice, à tout péché et à toute méchanceté, la première leçon du précieux Nouveau Testament du Fils de Dieu est la repentance et l’amendement de la vie. Par conséquent, ceux qui ont des oreilles pour entendre et un cœur pour comprendre doivent produire des fruits authentiques de repentance, réformer leur vie, croire à l’Évangile, éviter le mal et faire le bien, renoncer à l’injustice, abandonner le péché, se dépouiller du vieil homme avec ses œuvres, et revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté véritables.
En effet, ni le baptême, ni la Cène, ni l’Église, ni aucune autre cérémonie extérieure, ne peuvent sans la foi, la régénération, le changement ou le renouvellement de la vie, servir à plaire à Dieu ou à obtenir de Lui quelque consolation ou promesse de salut. Mais nous devons nous approcher de Dieu d’un cœur sincère, et avec une foi entière, et croire en Jésus-Christ ainsi que l’Écriture le dit et témoigne de Lui. Par cette foi, nous obtenons le pardon de nos péchés, nous sommes sanctifiés, justifiés et faits enfants de Dieu. Bien plus, nous devenons participants de Ses sentiments, de Sa nature et de Son image, étant nés de nouveau, d’en haut, de Dieu, par une semence incorruptible. (Gn 8:21 ; Mc 1:15 ; Ez 12:2 ; Col 3:9-10 ; Eph 4:22, 24 ; Hé 10:22-23 ; Jn 7:38)
VII. DU SAINT BAPTÊME
En ce qui concerne le baptême, nous confessons que tous ceux qui se repentent et croient, et qui ont été unis à Dieu par la foi, la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit, et dont les noms sont inscrits dans les cieux, doivent, sur une telle confession de foi biblique et un tel renouvellement de vie, conformément au commandement de Christ et selon l’enseignement, l’exemple et l’usage des apôtres, être baptisés d’eau au très digne nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, pour l’ensevelissement de leurs péchés et être ainsi incorporés dans la communion des saints, afin d’apprendre désormais à observer tout ce que le Fils de Dieu a enseigné, laissé et commandé aux siens (Ac 2:38 ; Mt 28:19-20 ; Rm 6:4 ; Mc 16:16 ; Mt 3:15 ; Ac 8:16 ; Ac 9:18 ; Ac 10:47 ; Ac 16:33 ; Col 2:11-12).
VIII. DE L’ÉGLISE DE CHRIST
Nous confessons une Église visible de Dieu, en laquelle nous croyons, à savoir ceux qui, comme cela a été dit précédemment, se repentent vraiment, ont la vraie foi et sont baptisés selon l’ordre de Dieu, unis à Dieu dans le ciel, et dûment incorporés dans la communauté des saints ici sur terre. Nous professons que cette Église est la race élue, le sacerdoce royal, la nation sainte, déclarée fiancée et épouse de Christ, que ses membres sont enfants et héritiers de la vie éternelle, une tente, un tabernacle et une habitation de Dieu dans l’Esprit, édifiée sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont Jésus-Christ Lui-même est la pierre angulaire sur laquelle Son Église est bâtie.
Cette Église du Dieu vivant, Il l’a acquise, rachetée et sauvée par Son propre sang précieux. Conformément à Sa promesse, Il demeurera toujours avec elle, jusqu’à la fin du monde, pour la consoler et la protéger. Oui, Il habitera et marchera parmi ses membres et les préservera, de sorte qu’aucune inondation ni tempête, non, pas même les portes du séjour des morts, ne puissent ni l’ébranler ni prévaloir contre elle. Cette Église, donc, est reconnaissable à sa foi scripturaire, sa doctrine, son amour et sa conduite pieuse, ainsi que par l’observance fructueuse, la pratique et le maintien des vraies ordonnances de Christ, qu’Il a si expressément enjointes à Ses disciples. (1 Co 12 ; 1 P 2:9 ; Jn 3:29 ; Ap 19:7 ; Tt 3:6-7 ; Eph 2:19-21 ; Mt 16:18 ; 1 P 1:18-19 ; Mt 28:20 ; 2 Co 6:16 ; Mt 7:25)
IX. DE L’ÉLECTION ET DES CHARGES DES PRÉDICATEURS, DES DIACRES ET DES DIACONESSES DANS L’ÉGLISE[3]
Concernant les charges et l’élection des serviteurs dans l’Église, nous croyons et confessons que, puisque l’Église ne peut subsister dans sa croissance ni continuer à s’édifier sans ministères ni ordonnances, le Seigneur Jésus-Christ Lui-même, comme un maître dans Sa maison, a institué, ordonné, prescrit et commandé Ses charges et ordonnances, déterminant comment chacun doit y marcher et veiller à son œuvre et à sa vocation, et l’accomplir comme il se doit.
Lui-même, en tant que fidèle, grand et souverain Berger et Gardien de nos âmes, fut envoyé et vint dans le monde, non pour meurtrir, briser ou détruire les âmes des hommes, mais pour les guérir et les restaurer, pour chercher les perdus, pour renverser le mur de séparation, pour des deux n’en faire qu’un, et rassembler ainsi juifs, païens et gens de toutes les nations en un seul troupeau, en une seule Église, par Son nom. Pour que personne ne s’égare ni ne se perde, Il a Lui-même donné Sa vie, œuvrant ainsi à leur salut, les libérant et les rachetant — notez bien ce qui suit — ce en quoi nul autre ne pouvait les aider ou les assister. (Eph 4:10-12 ; 1 P 2:25 ; Mt 12:19 ; Mt 18:11 ; Eph 2:14 ; Ga 3:28 ; Jn 10:9, 11, 15 ; Ps 49:8)
Avant Son départ, Il a laissé Son Église pourvue de fidèles ministres, apôtres, évangélistes, pasteurs et prédicateurs, qu’Il avait auparavant, par le Saint-Esprit, choisis avec prière et supplication, afin qu’ils gouvernent l’Église, paissent Son troupeau, veillent sur celui-ci, le protègent et pourvoient à ses besoins. Oui, qu’ils fassent en toutes choses ce qu’Il avait fait avant eux et enseigné par Son exemple, Lui qui les a chargés d’enseigner à observer tout ce qu’Il leur avait commandé. (Eph 4:11 ; Lc 10:1 ; Lc 6:12-13 ; Jn 21:15 ; Mt 28:20)
Ensuite les apôtres, de même, en tant que fidèles disciples de Christ et chefs de l’Église, furent diligents à cet égard, avec des prières et des supplications à Dieu, en élisant des frères, pourvoyant ainsi des évêques, pasteurs et conducteurs dans chaque ville, lieu ou assemblée. Ils ordonnèrent des personnes qui prenaient garde à elles-mêmes, à la doctrine et au troupeau, qui étaient saines dans la foi, pieuses dans leur vie et leur conduite, et de bonne réputation tant au-dehors qu’au-dedans de l’Église. Cela afin que ces personnes soient un exemple, une lumière et un modèle en toute piété et en toutes bonnes œuvres, administrant dignement les ordonnances du Seigneur — le baptême et la Cène — et qu’elles puissent partout (là où il s’en trouve) établir des hommes fidèles comme anciens, capables d’enseigner aussi à d’autres, les ordonnant par l’imposition des mains au nom du Seigneur, et pourvoir à tous les besoins de l’Église selon leurs capacités. Tout cela afin qu’ils puissent, en tant que serviteurs fidèles, bien gérer le talent de leur Seigneur, en obtenir un gain, et, par conséquent, être sauvés eux-mêmes avec ceux qui les écoutent. (1 Tm 3:1 ; Ac 1:23-24 ; Tt 1:5 ; 1 Tm 4:16 ; Tt 2:1-2 ; 1 Tm 3:7 ; 2 Tm 2:2 ; 1 Tm 4:14 ; 1 Tm 5:22 ; Lc 19:13)
Ces dirigeants devaient également veiller avec diligence, chacun en particulier parmi ceux sur lesquels il devait veiller, à ce que chaque lieu soit bien pourvu de diacres (pour veiller sur les pauvres et en avoir soin), lesquels recevraient les dons et les aumônes, afin de les distribuer fidèlement aux saints pauvres et nécessiteux, comme il convient. (Ac 6:3-6)
On ordonnait et choisissait aussi des veuves âgées et honorables pour diaconesses, afin qu’avec les diacres, elles visitent, réconfortent et soignent les pauvres, les faibles, les malades, les affligés et les nécessiteux, ainsi que les veuves et les orphelins, et qu’elles aident à répondre aux autres besoins et nécessités de l’Église au mieux de leurs capacités. (1 Tm 5:9 ; Rm 16:1 ; Jc 1:27)
En outre, en ce qui concerne les diacres, lorsqu’ils sont aptes, choisis et ordonnés à cette fin par l’Église, ils peuvent exhorter l’Église, pour assister et soulager les anciens (puisque, comme cela a été dit, ils sont choisis pour cela), et travailler aussi à la Parole et à l’enseignement. Ainsi, chacun pourra servir l’autre avec le don qu’il a reçu du Seigneur, de sorte que le corps de Christ soit édifié par le service mutuel et l’assistance de chaque membre (chacun dans sa mesure), et que la vigne et l’Église du Seigneur continuent de croître, d’augmenter et d’être édifiées, ainsi qu’il convient.
X. DE LA SAINTE-CÈNE
Nous confessons et observons également la fraction du pain, ou la Sainte-Cène, telle que le Seigneur Jésus-Christ l’a instituée avant Ses souffrances avec du pain et du vin, l’a pratiquée et mangée avec Ses apôtres, leur commandant de l’observer en mémoire de Lui, ce qu’ils ont conformément enseigné et pratiqué dans l’Église, et commandé qu’elle soit gardée en mémoire des souffrances et de la mort du Seigneur.
Nous croyons aussi que Son corps précieux fut rompu, et Son sang répandu, pour nous et pour toute l’humanité. Les fruits qui en découlent, à savoir la rédemption et le salut éternel qu’Il acquit par ce moyen, manifestent un si grand amour envers nous, hommes pécheurs et nous exhortent vivement à nous aimer et à nous pardonner réciproquement, ainsi qu’à notre prochain, comme Il l’a fait pour nous. Nous devons être soucieux de maintenir la communion et de vivre à la hauteur de l’unité que nous avons avec Dieu et entre nous, laquelle nous est signifiée par cette fraction du pain. (Mt 26:26 ; Mc 14:22 ; Ac 2:42 ; 1 Co 10:16 ; 1 Co 11:23 ; Ac 2:46)
XI. DU LAVEMENT DES PIEDS DES SAINTS[4]
Nous confessons et reconnaissons également le lavement des pieds des saints, comme le Seigneur Christ l’a non seulement institué, ordonné et commandé, mais Lui-même, bien qu’Il fut leur Seigneur et Maître, a lavé les pieds de Ses apôtres, donnant ainsi l’exemple qu’ils devaient de même se laver les pieds les uns aux autres et faire comme Il leur avait fait. Dès lors, ils ont donc enseigné aux croyants à l’observer, comme signe de véritable humilité, et surtout pour se souvenir, par ce lavement des pieds, du véritable lavement par lequel nous sommes lavés par Son précieux sang et purifiés quant à l’âme. (Jn 13:4-17 ; 1 Tm 5:10)
XII. DE L’ÉTAT MATRIMONIAL
Nous confessons qu’il existe dans l’Église de Dieu un état matrimonial honorable, entre deux personnes libres et croyantes, conformément à la manière dont Dieu l’a originellement institué au Paradis avec Adam et Ève. Aussi, le Seigneur Christ a aboli et redressé tous les abus du mariage qui s’étaient entre-temps introduits, et a tout ramené à l’ordre original, le laissant ainsi. (Gn 1:27 ; Gn 2:22 ; Mt 19:4)
En conséquence, l’apôtre Paul a également enseigné et permis le mariage dans l’Église, et a laissé à chacun, conformément à l’ordre original, la liberté de se marier dans le Seigneur, avec quiconque y consent. Par ces mots, dans le Seigneur, nous comprenons que de même que les patriarches devaient se marier avec quelqu’un de leur parenté ou de leur patrie, de même les croyants du Nouveau Testament n’ont pas d’autre liberté que de se marier au sein de la race élue, la parenté spirituelle de Christ, à savoir uniquement ceux qui se sont auparavant unis à l’Église d’un seul cœur et d’une seule âme, qui ont reçu un seul baptême, et qui se tiennent dans une seule communion, foi, doctrine et pratique, avant de pouvoir s’unir l’un à l’autre par le mariage. Ceux-là sont ensuite unis par Dieu dans Son Église conformément à l’ordre original ; cela s’appelle se marier dans le Seigneur. (1 Co 7:2 ; 1 Co 9:5 ; Gn 24:4 ; Gn 28:2 ; 1 Co 7:39)
XIII. DE LA FONCTION DE L’AUTORITÉ SÉCULIÈRE
Nous croyons et confessons que Dieu a ordonné les puissances et les autorités, et les a établies pour punir les méchants et protéger les bons, pour gouverner le monde et maintenir l’ordre et la bonne conduite dans les pays et les villes et parmi leurs sujets. Par conséquent, nous ne devons ni les mépriser, ni les insulter, ni leur résister, mais les reconnaître et les honorer comme les serviteurs de Dieu, leur être soumis et obéissants, oui, prêts à toutes bonnes œuvres, en particulier celles qui ne contreviennent pas à la loi, à la volonté et au commandement de Dieu.
Nous sommes aussi tenus de payer fidèlement les impôts, les péages et les taxes, et de leur rendre ce qui leur est dû, comme le Fils de Dieu l’a enseigné, pratiqué et commandé à Ses disciples. Nous devons, de plus, prier le Seigneur constamment et avec ferveur pour eux et pour leur bien-être, et pour la prospérité du pays, afin que nous puissions vivre sous leur protection, gagner notre subsistance et mener une existence paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. En outre, nous devons prier que le Seigneur veuille les récompenser, ici et après dans l’éternité, pour tous les bienfaits, la liberté et la faveur dont nous jouissons ici, sous leur louable administration. (Rm 13:1-7 ; Tt 3:1 ; 1 P 2:17 ; Mt 22:21 ; Mt 17:27 ; 1 Tm 2:1-2)
XIV. DE LA VENGEANCE
En ce qui concerne la vengeance, c’est-à-dire s’opposer à un ennemi par l’épée, nous croyons et professons que le Seigneur Christ a interdit et aboli toute vengeance et toutes représailles pour Ses fidèles disciples, et leur a commandé de ne rendre à personne mal pour mal, ni injure pour injure, mais de mettre l’épée au fourreau, ou, comme les prophètes l’ont prédit, de forger de leurs glaives des hoyaux. (Mt 5:39, 44 ; Rm 12:14 ; 1 P 3:9 ; Es 2:4 ; Mi 4:3 ; Za 9:8-9)
De là nous comprenons que, conformément à Son exemple, nous ne devons infliger ni douleur, ni mal ni chagrin à qui que ce soit, mais plutôt chercher le plus grand bien-être et le salut de tous les hommes. Et même, si la nécessité l’exige, nous devons fuir pour l’amour du Seigneur d’une ville ou d’un pays vers un autre, et souffrir la spoliation de nos biens ; nous ne devons faire de mal à personne, et, lorsque nous sommes frappés, tendre l’autre joue plutôt que de nous venger ou de riposter. (Mt 5:39)
En outre, nous devons prier pour nos ennemis, les nourrir et les désaltérer chaque fois qu’ils ont faim ou soif, et les convaincre par la bienfaisance, fermant ainsi la bouche à l’ignorance. (Rm 12:19-20)
Enfin, nous devons faire le bien et nous recommander à toute conscience d’homme ; et, selon la loi de Christ, ne faire à personne ce que nous ne voudrions pas qu’on nous fasse. (2 Co 4:2 ; Mt 7:12)
XV. DE LA PRESTATION DE SERMENT
Concernant les serments, nous croyons et confessons que le Seigneur Christ les a abolis et les a interdits à Ses disciples, leur commandant de ne point jurer du tout, mais que leur oui soit oui, et leur non, non. Nous comprenons par là que tous les serments, de quelque nature qu’ils soient, sont interdits, et qu’à leur place nous devons confirmer toutes nos promesses et engagements, oui, toutes nos déclarations et témoignages sur toute affaire, uniquement par le mot oui, dans ce qui est oui, et non, dans ce qui est non.
Cependant, nous devons toujours, en toute circonstance et envers tous, tenir, garder, suivre, et accomplir ces engagements, comme si nous les avions confirmés par un serment solennel. Si nous agissons ainsi, nous avons confiance que personne, pas même l’autorité civile, n’aura de juste raison d’imposer un plus grand fardeau à notre esprit et à notre conscience. (Mt 5:34-35 ; Jc 5:12 ; 2 Co 1:17)
XVI. DU BANNISSEMENT ECCLÉSIASTIQUE, OU LA SÉPARATION D’AVEC L’ÉGLISE
Nous croyons aussi et confessons qu’il y a un bannissement, une séparation et une correction chrétienne dans l’Église, pour l’amendement et non pour la destruction, afin de distinguer ce qui est pur de ce qui est impur. Nous voulons dire que lorsque quelqu’un, après avoir été éclairé, ayant accepté la connaissance de la vérité et ayant été intégré dans la communion des saints, vient à commettre à nouveau quelque péché qui mène à la mort, soit délibérément, soit par présomption contre Dieu, soit pour quelque autre cause, et tombe dans les œuvres infructueuses des ténèbres, se trouvant ainsi séparé de Dieu et renonçant au royaume de Dieu, un tel individu, lorsque l’acte est manifeste et suffisamment connu de l’Église, ne doit pas demeurer dans l’assemblée des justes, mais, en tant que membre scandaleux et pécheur ouvert, doit être séparé, ôté, repris en présence de tous et retranché comme du vieux levain.
Cela est fait pour sa propre amélioration, pour servir d’exemple, afin que les autres éprouvent de la crainte, et pour garder l’Église pure, en la nettoyant de telles taches, de peur que faute de cela, le nom du Seigneur ne soit blasphémé, l’Église déshonorée, et qu’offense ne soit faite à ceux qui sont au-dehors ; et enfin, pour que le pécheur ne soit pas condamné avec le monde, mais qu’il soit convaincu dans son esprit et poussé à la tristesse, à la repentance et à l’amendement. (Es 59:2 ; 1 Co 5:5, 13 ; 1 Tm 5:20 ; 1 Co 5:6 ; 2 Co 10:8 ; 2 Co 13:10)
De plus, concernant la réprimande ou l’avertissement fraternel, ainsi que l’instruction des égarés, il faut user de beaucoup de diligence et de soin pour veiller sur eux et les avertir avec une entière douceur afin de les ramener, et afin de reprendre de manière convenable les obstinés qui restent inflexibles ; en somme, l’Église doit ôter d’elle les méchants (soit dans la doctrine, soit dans la vie) et nul autre. (Jc 5:19 ; Tt 3:10 ; 1 Co 5:13)
XVII. DE LA MISE À L’ÉCART DES SÉPARÉS
Concernant le retrait ou la mise à l’écart de ceux qui ont été exclus, nous croyons et confessons, que si quelqu’un, par sa mauvaise vie ou sa doctrine pervertie, a failli à tel point qu’il est séparé de Dieu et, par conséquent, séparé et discipliné par l’Église, il doit être évité selon la doctrine de Christ et de Ses apôtres. Sans distinction, tous les autres membres de l’Église, en particulier ceux qui en ont connaissance, doivent l’éviter dans le manger, le boire et dans les autres relations semblables, et ne pas avoir de commerce avec lui, afin qu’ils ne soient pas contaminés par ces relations, ni rendus participants de ses péchés, mais que le pécheur soit rendu honteux, piqué dans son cœur et convaincu dans sa conscience, en vue de son amendement. (1 Co 5:9-11 ; 2 Th 3:14 ; Tt 3:10)
Cependant, dans la mise à l’écart comme dans la réprimande, il faut user d’une modération et d’une discrétion chrétienne, de sorte que cela puisse contribuer, non pas à la destruction, mais à la repentance du pécheur. Car, s’il est dans le besoin, affamé, assoiffé, nu, malade ou dans toute autre détresse, nous avons le devoir, la nécessité l’exigeant, conformément à l’amour et à la doctrine de Christ et de Ses apôtres, de lui porter secours et assistance ; sinon, la mise à l’écart tendrait davantage à la destruction qu’à l’édification.
C’est pourquoi, nous ne devons pas les considérer comme des ennemis, mais les avertir comme des frères, afin qu’ils soient ramenés à la connaissance, à la repentance et au regret de leurs péchés, et qu’ils puissent se réconcilier avec Dieu et, par conséquent, être accueillis à nouveau dans l’Église, et persévérer dans l’amour fraternel envers eux, ainsi qu’il convient. (1 Th 5:14 ; 2 Th 3:15 ; Hé 13:1)
XVIII. DE LA RÉSURRECTION DES MORTS ET DU JUGEMENT DERNIER
Enfin, concernant la résurrection des morts, nous confessons de la bouche et croyons du cœur, conformément à l’Écriture, qu’au dernier jour tous les hommes qui sont morts et qui se sont endormis seront réveillés et vivifiés, et ressusciteront par la puissance de Dieu, qui surpasse tout entendement. Et, avec ceux qui seront encore en vie, ils seront changés en un clin d’œil, au son de la dernière trompette, et comparaîtront devant le tribunal de Christ. Alors, les bons seront séparés des méchants, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait étant dans son corps ; et les bons ou les pieux, comme les bienheureux, monteront au ciel avec Christ, entreront dans la vie éternelle et obtiendront cette joie que l’œil n’a point vue, que l’oreille n’a point entendue, et qui n’est point montée au cœur de l’homme, pour régner et triompher avec Christ d’éternité en éternité. (Mt 22:30-31 ; Dn 12:12 ; Jb 19:26-27 ; Mt 25:31 ; Jn 5:28 ; 2 Co 5:10 ; 1 Co 15 ; Ap 20:12 ; 1 Th 4:15 ; 1 Co 2:9)
D’autre part, nous croyons que les méchants ou les impies, tels des maudits, seront jetés dans les ténèbres du dehors, oui, dans les tourments éternels de la géhenne, où leur ver ne mourra pas, ni leur feu ne s’éteindra, et où, conformément aux Saintes Écritures, il n’y aura aucun espoir, aucun réconfort ni aucune rédemption. (Mc 9:44 ; Ap 14:11)
Veuille le Seigneur, par Sa grâce, nous rendre tous dignes et qu’Il nous prépare, afin que cela n’arrive à aucun d’entre nous ; mais que nous puissions ainsi prendre garde à nous-mêmes et faire preuve de diligence, afin qu’en ce jour nous soyons trouvés devant Lui sans tache et sans reproche, dans la paix. Amen !
Tels sont donc les principaux articles de notre foi chrétienne générale, tels que nous les enseignons et les pratiquons dans l’ensemble de nos Églises et parmi notre peuple. C’est, selon notre conviction, la seule vraie foi chrétienne, à laquelle les apôtres ont cru et qu’ils ont enseignée en leur temps, oui, dont ils ont témoigné par leur vie, qu’ils ont confirmée par leur mort et que certains d’entre eux ont également scellée de leur sang. C’est dans cette fois que nous désirons demeurer, vivre et mourir, dans notre faiblesse, avec eux et avec tous les gens pieux, afin d’obtenir ensuite avec eux le salut par la grâce du Seigneur.
Ainsi rédigé et conclu dans l’Assemblée de nos Églises, dans la ville de Dordrecht, le 21 avril 1632, nouveau style.
Signé par les parties mutuellement unies :
DORDRECHT
| Isaac de Koning, au nom de notre ministre. Jan Jacobs. | (de l’autre côté) Par moi Hans Cobrijssz. Par moi, Jacuis Terwen. Claes Dircksz. Mels Gijsbertsz. Adriaen Cornelissz. |
MIDDELBOURG
| Bastian Willemsen. | Jan Winckelmans. |
FLESSINGUE
| Oillaert Willeborts, Lieven Marijnesz. | Par Jacob Pennen. |
AMSTERDAM
| Tobias Govertsz. Pieter Jansz Moyer. Abraham Dircksz. | (de l’autre côté) David ter Haer. Pieter Jansz van Singel. |
HAARLEM
| Jan Doom. Pieter Grijspeert. | (de l’autre côté) Dirck Woutersz Kolenkamp. Pieter Joosten. |
DEN BOMMEL
| Willem Jansz van Exselt. | Gisbert Spiering. |
ROTTERDAM
| Balten Centen Schoenmaker. M. Michielsz. | (de l’autre côté) Israel van Halmael. Hendrick Dircksz Apeldoren. Andries Lucken, le jeune. |
DE LA PARTIE NORD DU PAYS
| Peter van Borsel. | Antony Hansz. |
KREFELD (en Allemagne)
| Harman op den Graff. | Weylm Kreynen. |
ZÉLANDE
| Cornelis de Moir. | Isaac Claessz. |
SCHIEDAM
| Cornelis Bom. | Lambrecht Paeldinck. |
LEYDE
| Mr. C. de Koninck. | Jan Weyns. |
BLOKZIJL
| Claes Claessen. | Pieter Peters. |
ZIERIKZEE
| Anthonis Cornelissz. | Pieter Jansz Timmerman. |
UTRECHT
| Herman Segers. Jan Hendricksen Hooghvelt. Daniel Horens. | (de l’autre côté) Abraham Spronck. Willem van Brœkhuysen. |
GORINCHEM
| Jacob van der Heyde Sebrechts. | Jan Jansz V. K. |
ARNHEM
| Cornelis Jansz. | Dirck Rendersen. |
NOTE : Outre le fait que cette dernière confession ait été reçue par un grand nombre d’Églises et signée de leurs dirigeants (comme il a été démontré), toutes les Églises d’Alsace[5] et du Palatinat, en Haute-Allemagne, l’ont pareillement adoptée et confirmée d’un commun accord. Pour cette raison, elle a été traduite en français et en haut allemand, pour l’édification desdites Églises et d’autres encore. Que ceci serve de mémorial.
« C’est ici la persévérance et la foi des saints » (Ap 13:10).
[1] L’ancienne édition dit : « seul » ou « un ». Voir Ac 17:26 : « Il a fait que tous les hommes, sortis d’un seul sang ». — Note de l’auteur
[2] La présence ici d’une référence à 4 Esdras montre que l’usage des livres apocryphes n’avait pas encore entièrement disparu des confessions de foi anabaptistes. Comme indiqué ailleurs, ces écrits étaient lus pour l’instruction et parfois cités à titre d’appui, sans que les doctrines de l’Église reposent sur leur autorité. — NDLT
[3] Selon la Mennonite Encyclopedia, les anabaptistes néerlandais du XVIIe siècle utilisaient plusieurs termes pour les fonctions ministérielles : opziener (évêque/surveillant), oudste (ancien), leeraer (enseignant/prédicateur), doper (baptiseur), diaken (diacre), buydeldrager (responsable des finances), dienaer (ministre), et armendienaer (serviteur des pauvres). Les distinctions entre ces rôles n’étaient pas toujours nettes.
Les confessions de ce livre mentionnent : évêques, anciens, enseignants, prophètes, pasteurs, assistants, administrateurs, diacres et diaconesses. Mais de manière générale, on distinguait trois niveaux de dirigeants : 1) diacres, 2) enseignants/prédicateurs, 3) anciens/surveillants (rarement nommés « évêques » pour éviter toute connotation catholique). Ces derniers, aussi appelés « ministres de plein exercice », baptisaient, administraient la Cène, célébraient les mariages, ordonnaient les ministres et excommuniaient. Avec le temps, la distinction entre enseignants et anciens s’effaça pour des raisons bibliques, jusqu’à la disparition progressive de la charge d’ancien. Menno Simons et Dirk Philips étaient appelés oudsten ou opzieners (anciens/surveillants). Les frères suisses semblent avoir été moins hiérarchisés.
Dans le Miroir des martyrs, le terme « leeraer » revient très souvent. Il correspond à ce que nous appelons pasteur ou ministre aujourd’hui. Cependant, nous le traduirons habituellement par « prédicateur » ou « enseignant », ce qui est la traduction correcte du mot néerlandais, ou, si le contexte implique un verset biblique, nous l’appellerons « docteur », comme c’est souvent le cas dans la Parole. — NDLT
[4] Les anciens, même avant l’époque de la loi, avaient coutume de laver les pieds de ceux qui venaient à eux amicalement et pacifiquement (Gn 18:4 ; Gn 19:2 ; Gn 24:32 ; Gn 43:24). — Note de l’auteur
[5] Nous avons retrouvé une traduction française de la Confession de Dordrecht, qui contient les signatures des ministres alsaciens, rassemblés à Ohnenheim en 1660.
Le certificat suivant est des frères d’Alsace, par lequel ils ont avoué cette confession ; ils l’ont approuvée, adoptée et signée de leurs noms, comme s’ensuit :
Nous, soussignés, ministres de la parole de Dieu et anciens de l’Église en Alsace, confessons et déclarons par le présent, à tous ceux qu’il appartiendra, que nous avons été assemblés ce jour, 4 février de l’an 1660, à Ohnenheim, seigneurie de Ribeaupierre, au sujet de la Confession de foi chrétienne tirée du traité pacifique ou de la déclaration unanime faits à Dordrecht, en Hollande, l’an 1632, le 21 avril, entre les Mennonites que l’on appelle Flamands, et qui a été imprimée à Rotterdam chez François de Hoogstraten, l’an 1658. Et comme, après l’avoir examinée, nous l’avons trouvée tout à fait conforme à notre sentiment, nous l’avons adoptée entièrement pour nôtre, par une résolution finale. En conséquence de quoi, pour preuve de vérité, et afin qu’on puisse y ajouter foi, nous avons signé de nos propres mains, comme s’ensuit :
Ministres de la parole :
Hans Müller, de Mackenheim
Hans Ringer, de Heidolsheim
Jacob Schneuwly, de Baldenheim
Heinrich Schneider, d’Issenheim
Rudolf Egli, de Kunheim
Adolf Schmidt, de Markirch (Sainte-Marie-aux-Mines)
Ministres des nécessités :
Jacob Schmid, de Markirch
Bertram Habigh, de Markirch
Ulrich Husser, d’Ohnenheim
Jacob Gachnauer, d’Ohnenheim
Hans Rudi Bumen, de Jebsheim (ou Hans Rudolf Baumann)
Jacob Schneider, de Durrenentzen
Heinrich Frick, de Kunheim
Source: Confession de Foi Chrétienne des chrétiens sans défense, éd. 1992, Éditions Le Phare, Flavion, Belgique, p. 41-42. — NDLT