La résurrection des morts

Survol de l’article

  • La mort n’est pas encore l’état définitif. Selon Holdeman, ni les justes ni les injustes ne reçoivent immédiatement après leur mort la plénitude de leur récompense ou de leur châtiment. Tous attendent la résurrection et le jugement final.
  • Le séjour des morts n’est pas la géhenne. Holdeman distingue soigneusement le hadès, demeure provisoire des morts, de la géhenne, châtiment final après la résurrection. Le riche de Luc 16 souffre déjà dans le séjour des morts, mais il n’est pas encore dans l’étang de feu.
  • Les justes morts sont conscients et au repos auprès de Dieu. Holdeman ne défend donc pas un « sommeil de l’âme ». Les saints jouissent déjà de la paix, mais leur pleine gloire attend encore la résurrection du corps.
  • Tous ressusciteront au dernier jour, justes comme injustes. Holdeman rejette expressément l’idée d’un intervalle de mille ans entre deux résurrections. Il admet tout au plus que les justes puissent précéder les injustes d’un instant.
  • Le corps ressuscité sera véritablement transformé. Le corps corruptible ne reviendra pas simplement dans son ancienne condition : Dieu donnera à chacun un corps spirituel, incorruptible et glorifié, semblable au corps glorieux de Jésus-Christ.
  • La résurrection possède aussi une dimension présente. La puissance qui ressuscitera les corps au dernier jour est déjà à l’œuvre aujourd’hui lorsqu’elle fait passer le croyant de la mort spirituelle à une vie nouvelle en Christ.
  • La conclusion de Holdeman est profondément pratique. La doctrine de la résurrection n’est pas pour lui une simple spéculation sur l’avenir : elle appelle chacun à examiner sa vie, à marcher dans la justice de Christ et à se préparer au jour où tous comparaîtront devant Dieu.

Article (traduction de l’anglais, lui-même traduit de l’allemand, donc il peut y avoir des formulations peu naturelles ou des erreurs qui s’y sont glissées) :

La résurrection des morts sera l’un des plus grands miracles de Dieu. Je suis profondément ému lorsque je pense que j’écris au sujet de cet important article. J’implore sincèrement l’aide du Seigneur pour cette grande tâche. Que Dieu me vienne en aide !

Dans un article précédent, j’ai brièvement parlé de la mort ; je traiterai maintenant de l’état intermédiaire entre la mort et la résurrection. Beaucoup de personnes croient qu’à sa mort, l’homme entre immédiatement soit dans la gloire éternelle, soit dans le châtiment éternel. Je ne vois pas pourquoi une résurrection des morts serait nécessaire si l’homme recevait sa récompense éternelle au moment de sa mort. J’accorde que le récit de l’homme riche semble appuyer cette opinion, mais je crains que peu de gens ne le comprennent correctement. Il me semble que cet homme riche éprouvait, dans l’état intermédiaire, des tourments semblables à ceux de la géhenne. Certaines personnes sont déjà tourmentées de façon presque insupportable dans leur conscience ; c’est un avant-goût de la géhenne, mais non la géhenne elle-même.

Le mot grec hadès (ᾅδης) est employé en Luc 16:23 pour désigner le lieu où se trouvait l’homme riche. Ce mot, hadès (ᾅδης), désigne la demeure des esprits des défunts et, parfois, le tombeau ; mais il désigne rarement le lieu du châtiment éternel, c’est-à-dire la géhenne elle-même, surtout dans le Nouveau Testament. En Matthieu 5:22 ; 18:9 ; 23:15, ainsi qu’en Marc 9:43, 45, 47, le mot grec géhenna (γέεννα, géhenne) désigne le lieu où les condamnés sont tourmentés après la résurrection des morts. Le mot hadès (ᾅδης) est employé en Matthieu 11:23, mais son sens y est quelque peu difficile à déterminer.

L’homme riche n’était pas dans la géhenne, mais dans le séjour des morts ; il n’avait pas encore été ressuscité. Le mot hadès doit donc être compris ici dans son sens général : l’homme riche était arrivé dans la demeure des morts, et sa conscience lui causait une douleur si intense qu’elle ressemblait aux tourments du feu lorsqu’il vit Lazare dans le sein d’Abraham. Il est évident que cela se passait avant la résurrection, puisque l’homme riche désirait que ses frères soient sauvés afin qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourment. Au jour du jugement, il serait inutile de faire sortir des hommes de la géhenne pour les y rejeter ensuite. Je crois donc que l’homme riche ne se trouvait pas réellement dans l’étang de feu, mais plutôt dans le séjour des morts, la demeure des esprits des défunts.

Jean vit les morts se tenir devant Dieu. Il vit la mer, la mort et le séjour des morts rendre leurs morts à la résurrection. La mort, qui retient les corps des morts dans la mer et dans les tombeaux, et le séjour des morts, qui est la demeure des esprits des défunts, rendirent tous leurs morts. Chaque corps fut réuni à l’âme qui l’avait quitté lors de la résurrection ; puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu, qui est la demeure finale des perdus. Aucune autre interprétation n’est confirmée par les Écritures. Si ces personnes avaient déjà reçu leur récompense et leur jugement, pourquoi serait-il question d’un autre jugement ?

Les Écritures enseignent que la demeure des esprits des méchants est une prison, où ils sont réservés jusqu’au jour du jugement. Sans doute en est-il là, dans une certaine mesure, comme ici-bas : beaucoup de personnes ont ici-bas la conscience accablée, tandis que d’autres entretiennent l’espérance d’être sauvées. Elles meurent dans cet état, et celles qui espéraient être sauvées demeurent dans cette illusion jusqu’au jour du jugement. Quant à celles dont la conscience était tourmentée, elles n’en souffriront pas moins dans le séjour des morts ; elles éprouveront dans leur prison de grandes souffrances de conscience et redouteront terriblement le jour du jugement.

Jésus dit :

« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Mt 7:21-23.)

Le Seigneur avertit fidèlement Ses disciples contre de tels faux prophètes, qui venaient vêtus de peaux de brebis, mais produisaient de mauvais fruits. Il dit que nous les reconnaîtrions à leurs fruits. Si beaucoup de ceux qui demeurent longtemps dans le séjour des morts pensaient avoir servi le Seigneur durant leur vie, il est évident qu’ils ne subissaient pas encore les douleurs de la géhenne avant la résurrection des morts ; autrement, ils n’auraient pas cru qu’ils seraient sauvés à cause de leurs œuvres. S’ils avaient été jetés dans la géhenne après leur mort, ils auraient su qu’ils étaient des ouvriers d’iniquité.

Il est trop évident pour être réfuté que le Sauveur parle aussi de personnes mortes longtemps avant le jugement, car tout le contexte de Son enseignement le montre. Lisez Luc 13:23-28. Ce passage prouve que le Sauveur parle de personnes qui vivaient au temps où Il enseignait, puisqu’Il dit notamment qu’elles se trouveraient dehors.

J’ai donc clairement démontré qu’un grand nombre de personnes ne seront pas jetées dans le châtiment éternel avant la résurrection des morts. Croire que Dieu jetterait certaines personnes dans la géhenne immédiatement après leur mort, mais non les autres, reviendrait à attribuer de la partialité à Dieu. J’ai montré qu’il s’agit ici d’une question de conscience : lorsque la conscience condamne, il en résulte du tourment ; mais lorsqu’elle acquitte, il peut régner une fausse paix. Cela prouve que la conscience n’est pas un guide sûr.

Quant aux justes, je crois qu’ils vont dans un lieu de repos, comme Jésus le dit au malfaiteur repentant : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23:43). Les justes ne vont pas dans la demeure des âmes des méchants ; Dieu recueille leurs esprits auprès de Lui, ils vivent pour Lui et se reposent de leurs travaux. Cependant, ils ne recevront la plénitude de leur récompense et de leur joie qu’à la résurrection des morts.

Les âmes des justes reposent sous l’autel jusqu’au jour du jugement :

« Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix forte, en disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? Une robe blanche fut donnée à chacun d’eux ; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. » (Ap 6:9-11.)

Cela prouve que ces saints martyrs n’avaient pas encore reçu leur pleine récompense après leur mort. Quoiqu’ils fussent au repos, ils n’étaient pas encore dans la gloire parfaite de Dieu. Tout ce que Paul dit au sujet d’être auprès du Seigneur, ainsi que de son désir de partir, ne contredit nullement ces déclarations. Ces âmes étaient auprès du Seigneur ; elles jouissaient du repos et de la paix et étaient délivrées de toutes les douleurs de ce monde. Paul pouvait donc parler comme il le faisait.

J’ai montré que ces âmes sous l’autel n’avaient pas encore reçu leur pleine récompense. Croire que Paul et d’autres avaient obtenu la plénitude de leur gloire avant la résurrection des morts reviendrait à croire que Dieu possède deux demeures différentes pour Ses saints défunts. Cela ne peut être démontré.

Nous avons parlé de la mort et de l’état des défunts. Nous voulons maintenant décrire la résurrection des morts. La résurrection signifie que la vie est communiquée de nouveau. En hiver, une grande partie de la nature semble morte ; mais au printemps, tout ce qui possède la vie reparaît et se renouvelle. Le morne hiver cède bientôt la place au bel été, avec sa croissance et ses fruits. Les oiseaux chantent, les arbres fleurissent, l’herbe pousse, les fruits se développent, puis vient enfin le temps de récolter ces merveilleux fruits. Quelle heureuse saison ! Mais tout ce que nous offre la nature ne suffit pas à révéler la grande gloire de la résurrection des justes.

La gloire de Dieu s’est révélée dans la résurrection de Son Fils, qui est devenu les prémices de ceux qui sont morts. Rien ne prouve qu’avant la résurrection de Christ un être humain ait jamais été ressuscité pour une vie immortelle. Des personnes avaient bien été ramenées de la mort à la vie, mais seulement à une vie mortelle ; elles demeuraient donc sujettes à la mort. Christ, en revanche, ressuscita glorifié, monta au ciel et vit éternellement auprès du Père. Il est « le premier-né des morts » (Ap 1:5).

Ceux qui furent rendus à la vie avant la résurrection de Christ le furent également par la même puissance et la même gloire de Dieu qui ressuscitèrent Jésus-Christ. Ils constituaient une figure et une preuve de la résurrection ; car si Dieu n’avait pas décrété que Jésus-Christ ressusciterait, personne n’aurait été ramené d’entre les morts et il n’y aurait pas de résurrection.

Paul dit :

« Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. » (1 Co 15:21-23.)

Cette résurrection aura lieu à la fin du monde, car c’est alors que le Seigneur viendra.

« Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. » (1 Co 15:51-52.)

« Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur : nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » (1 Th 4:15-17.)[i]

Tous les chrétiens qui seront encore en vie à la venue du Seigneur seront changés et rendus semblables à Son corps glorieux, tout comme les chrétiens qui seront morts seront glorifiés lors de la résurrection.

J’ai maintenant démontré que la résurrection et l’enlèvement auront lieu au jour du Seigneur, lorsque sonnera la dernière trompette. Que Christ viendra à la fin du monde est clairement montré dans 2 Pierre, chapitre 3, ainsi que dans beaucoup d’autres passages.

Les justes ne seront pas les seuls à ressusciter ; les impies ressusciteront également. Les saintes Écritures abondent en témoignages selon lesquels tous les peuples et toutes les nations devront comparaître devant Christ et être jugés par Lui lorsqu’Il siégera pour juger. Cela prouve qu’ils devront d’abord être ressuscités. Christ dit :

« Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » (Jn 5:28-29.)

Paul témoigna également devant Félix :

« Et ayant en Dieu cette espérance, comme ils l’ont eux-mêmes, qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes. » (Ac 24:15.)

De même que le soleil, par sa chaleur et sa puissance, fait sortir de la terre aussi bien les épines et les chardons que le blé et les autres bons fruits et les fait croître, ainsi la voix de Christ appellera hors de leurs tombeaux les justes et les injustes, afin qu’ils se tiennent devant Lui pour être jugés.

Les saintes Écritures donnent certaines raisons de penser que les justes ressusciteront peu avant les injustes. Si l’on considère le jugement, cependant, il est évident que les injustes et les justes se tiendront en même temps devant le tribunal de Christ pour recevoir leur récompense ; ils devront donc ressusciter à la même heure. Il n’est pas clairement déclaré que les justes ressusciteront peu avant les injustes ; mais on pourrait comprendre de 1 Corinthiens 15:23-24 que les justes précéderont les injustes, ne serait-ce que de l’espace d’un clin d’œil.

En Jean 5:28, cependant, il semble que les justes et les injustes entendront en même temps la voix du Fils de Dieu et ressusciteront. Cela arrivera au même moment, ou à la même heure, lors de la dernière trompette. En effet, aucune autre trompette ne sonnera après la dernière ; et puisque les justes ressusciteront alors, les injustes devront eux aussi ressusciter au son de cette trompette, à moins qu’ils ne ressuscitent sans trompette, ce qui est invraisemblable.

Je laisse cette question telle que Dieu l’a ordonnée. Il me paraît toutefois plus vraisemblable que les injustes ressusciteront avec les justes et que c’est ainsi qu’il faut comprendre Paul, en rapport avec le jugement, lorsqu’il dit : « Ensuite viendra la fin » ; car après la résurrection, Christ remettra le royaume à Dieu le Père. Je ne conteste pas l’opinion selon laquelle les justes pourraient ressusciter un instant avant les injustes, puisque la Parole de Dieu ne se prononce pas expressément sur ce point. En revanche, je conteste l’opinion de ceux qui voudraient placer entre les deux un intervalle de mille ans.

Considérons maintenant dans quel corps nous ressusciterons. Ce corps corruptible retournera à la poussière ; néanmoins, Dieu rappellera chacun à la vie. Dans Sa sagesse et Sa toute-puissance, Dieu nous a tous dénombrés ; Il rappellera notre poussière et fera que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité. Le corps corruptible est une habitation convenable pour vivre sur cette terre, mais il ne convient pas à la demeure éternelle dans le ciel, où rien ne sera corruptible.

La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu. Ceux qui seront encore en vie lorsque Christ viendra devront donc être changés, afin que ce qui est corruptible revête l’incorruptibilité.

« Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui naîtra ; c’est un simple grain, de blé peut-être, ou de quelque autre semence ; puis Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. » (1 Co 15:37-38.)

Il ne faut pas comprendre par là que le corps qui se décompose dans la terre possède en lui un germe d’où croîtrait un corps incorruptible, mais que Dieu nous donne un nouveau corps selon Sa volonté. Il est vrai qu’un grain de blé produit un autre corps de la même espèce que celui qui a été semé ; mais il n’en est pas ainsi dans la résurrection des morts. Nous ne recevrons pas de nouveau un corps corruptible semblable au premier, mais un corps incorruptible, préparé pour notre demeure céleste.

« Il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. » (1 Co 15:44.) Lisez 1 Corinthiens 15:39-54.

La multitude innombrable de ceux qui ont été ensevelis dans la mer ou sur la terre, ou dont les corps ont été consumés par le feu, ressuscitera tout entière de la poussière, et chacun recevra son propre corps spirituel et incorruptible. Notre corps faible, indigne, pécheur, naturel et corruptible ressuscitera dans la puissance et dans la gloire, dans un état incorruptible, spirituel et céleste. Notre corps d’humiliation sera glorifié et rendu semblable au corps glorieux de Jésus-Christ (Ph 3:21).

La plupart des chrétiens meurent dans une grande faiblesse, chargés des infirmités de cette vie ; les enfants aussi portent en eux le péché jusqu’à la mort. Dieu n’impute pas à Ses enfants tout ce qui leur est inconnu, car autrement Il pourrait en rejeter beaucoup. Ce corps est livré à la mort dans l’ignominie, mais il ressuscite dans la gloire.

Nous ne croyons pas que Dieu pardonne le péché après la mort. Tout péché qui n’a pas été imputé à l’homme pour sa condamnation sera laissé derrière lui à la résurrection, comme une infirmité appartenant au corps faible. Beaucoup meurent dans l’ignorance de tant de choses que je ne voudrais pas les énumérer. Quiconque a reçu beaucoup de lumière peut y réfléchir et verra qu’il en est ainsi ; ceux qui n’ont pas reçu autant de lumière peuvent eux aussi constater que ces choses sont vraies.

Nul ne doit toutefois se reposer sur son ignorance, car elle devient alors de la témérité et cesse d’être de l’ignorance. Dieu connaît la véritable ligne de partage. Il sait ce dont Il ne tient pas compte et ce qu’Il impute pour la condamnation. Les corps des enfants, qui ont été affaiblis par le péché originel, seront eux aussi glorifiés et transformés, et rendus semblables au corps glorieux de Christ par la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

La résurrection de Christ possède une double puissance. Nous faisons l’expérience de la première lorsque nous passons de la mort spirituelle à la vie ; la seconde se manifestera lors de la résurrection du corps. Pour avoir part à la seconde résurrection, nous devons avoir connu la première.

Pour être trouvés dignes de recevoir la puissance de la résurrection de Jésus, qui rendra nos corps semblables à Son corps glorieux lors de la résurrection des morts, nous devons d’abord croire à cette puissance et y avoir part. C’est elle qui nous rachète de la mort spirituelle et nous transplante dans une vie nouvelle en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Il est nécessaire que nous nous examinions très soigneusement afin de savoir si nous sommes dignes de parvenir à la résurrection des justes. Les paroles de Christ enseignent clairement qu’il en coûte quelque chose pour être trouvé digne de parvenir à la résurrection des morts :

« Mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. » (Lc 20:35 ; voir aussi Mc 8:34-38.)

Il nous faut nous examiner avec soin pour savoir si nous vivons en Christ, de peur de comparaître devant le Seigneur les mains vides et dans l’illusion en ce jour-là. Paul se proposait la résurrection comme but et cherchait à y parvenir. Il disait :

« Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi, afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts. » (Ph 3:8-11.)[ii]

Paul parle principalement de la résurrection des justes. Avons-nous, nous aussi, les mêmes sentiments que Paul ? Désirons-nous connaître Christ et la puissance de Sa résurrection ? Si nous voulons avoir part à la résurrection des justes et au royaume de Christ, nous devons faire ici-bas l’expérience de la puissance de Sa résurrection et vivre dans cette puissance, car Il est « ressuscité pour notre justification » (Rm 4:25). Si nous ne marchons pas dans la justice de Christ, nous ne possédons pas la puissance de Sa résurrection.

Quels fruits glorieux la résurrection de Christ produit-elle ! Elle en a déjà produit beaucoup et elle en produit encore. Les fruits glorieux de la résurrection de Christ ont fait sortir beaucoup de personnes des tombeaux du péché, de l’ivrognerie, de l’avarice, de l’adultère et de toutes sortes d’impiétés, pour les amener à une résurrection nouvelle et spirituelle. Dans cette vie pieuse, la puissance de Christ peut être contemplée comme dans un miroir.

Au grand jour du jugement, cette puissance de la résurrection de Christ sera manifestée d’une manière toute particulière, car les justes resplendiront alors comme le soleil dans leurs corps glorifiés. Le grand nombre des rachetés révélera pleinement la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

Quel réconfort la résurrection des morts apporte à tous ceux qui possèdent l’Esprit de Christ !

« Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8:11.)

Avant que son frère ne soit ressuscité, Jésus dit à Marthe :

« Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11:40.)

Si ressusciter un seul homme, qui était resté quatre jours dans le tombeau, était déjà une manifestation de la gloire de Dieu, combien plus grande encore sera la gloire de Dieu manifestée lors de la résurrection, lorsque d’innombrables millions de personnes ressusciteront en ce grand jour !

Dieu a accompli de nombreux miracles dans ce monde ; mais je soutiens que la résurrection des morts, au jour du Seigneur, sera l’un des plus grands miracles, sinon le plus grand, que Dieu ait jamais manifesté.

Ô jour glorieux ! Nous, enfants du Dieu tout-puissant, attendons avec joie cette consolation qui sera nôtre au jour de la résurrection. Que Dieu nous accorde la grâce d’arriver à ce jour les mains pleines, afin que nous puissions Lui apporter joyeusement nos gerbes !

Ô Dieu, bénis-nous et bénis cet article !

Jean Holdeman, 1878

Note du traducteur

La distinction que fait ici Holdeman entre le hadès (ᾅδης) et la géhenne (γέεννα) mérite d’être relevée. Dans le Nouveau Testament, ces deux termes ne désignent pas exactement la même réalité. Le hadès, rendu par « séjour des morts » dans la Louis Segond 1910, est présenté comme un état ou un lieu provisoire : en Apocalypse 20:13, « la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux », puis, au verset suivant, « la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu ». La géhenne, en revanche, est associée au jugement définitif : Jésus parle notamment de Celui « qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Mt 10:28). Cette distinction explique pourquoi Holdeman considère les souffrances de l’homme riche en Luc 16 comme réelles, mais encore antérieures au châtiment final qui suit la résurrection et le jugement.

Cette compréhension s’accorde étroitement avec l’Article 32 des trente-trois Articles de foi de 1600, reproduits dans le Miroir des martyrs. Celui-ci enseigne que les âmes des injustes sont « réservées » jusqu’au dernier jour et qu’après la résurrection, leurs âmes étant de nouveau réunies à leurs corps, elles reçoivent leur condamnation définitive. La terminologie des anciennes versions bibliques ne distinguait pas toujours nettement le séjour des morts de la géhenne ; c’est pourquoi certaines formulations anciennes peuvent paraître ambiguës en français moderne. La distinction exprimée ici par Holdeman permet de mieux comprendre la structure de son enseignement : mort, état d’attente, résurrection, jugement, puis rétribution définitive.


[i] L’édition anglaise suit l’ancien anglais de 1 Thessaloniciens 4:15, prevent (precede, R. V.). Le verbe prevent de la KJV avait alors le sens ancien de « précéder » ; la Revised Version le précisait par precede. La Segond 1910 rend directement le sens par « nous ne devancerons pas ».

[ii] Dans Philippiens 3:8, l’édition anglaise porte le mot de la KJV dung, puis ajoute entre parenthèses as refuse, R. V. La Segond 1910 traduit ici : « je les regarde comme de la boue ».

Du danger de la tiédeur

Leçon d’école du dimanche numéro 9

2 août 2026

Lecture préparatoire : Apocalypse 3

Texte de la leçon : Apocalypse 3.14-21; 2 Rois 13.15-19

Introduction

La tiédeur désigne d’abord une température située quelque part entre le chaud et le froid. Cette image sert également à mesurer notre ferveur spirituelle. Dieu désire que nous soyons remplis de zèle; Il veut que nous soyons bouillants. Lorsque nous sommes animés d’une telle ferveur, le salut de notre âme devient notre préoccupation première, et le salut de notre prochain nous tient également à cœur.

Les dangers sournois de la tiédeur sont l’assoupissement et la négligence. À mesure que nous cédons à ces tendances, notre ardeur pour le service chrétien diminue; céder à la tentation ne nous paraît plus aussi dangereux, et l’objet de notre premier amour perd de son importance. Dans cet état, nous perdrons assurément la grâce et la puissance.

Verset clé

Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu » (Luc 9.62).

Texte de la leçon

Apocalypse 3.14 Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu :

15 Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant !

16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche.

17 Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu,

18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.

19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi.

20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.

21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône.

2 Rois 13.15 Élisée lui dit : Prends un arc et des flèches. Et il prit un arc et des flèches.

16 Puis Élisée dit au roi d’Israël : Bande l’arc avec ta main. Et quand il l’eut bandé de sa main, Élisée mit ses mains sur les mains du roi,

17 et il dit : Ouvre la fenêtre à l’orient. Et il l’ouvrit. Élisée dit : Tire. Et il tira. Élisée dit : C’est une flèche de délivrance de la part de l’Éternel, une flèche de délivrance contre les Syriens; tu battras les Syriens à Aphek jusqu’à leur extermination.

18 Élisée dit encore : Prends les flèches. Et il les prit. Élisée dit au roi d’Israël : Frappe contre terre. Et il frappa trois fois, et s’arrêta.

19 L’homme de Dieu s’irrita contre lui, et dit : Il fallait frapper cinq ou six fois; alors tu aurais battu les Syriens jusqu’à leur extermination; maintenant tu les battras trois fois.

Étude de la leçon

Bien que Jean ait écrit ces paroles aux Églises d’Asie, le message lui-même venait de Jésus. Celui-ci Se présenta aux Laodicéens afin qu’ils reconnaissent Son autorité. La Parole de Dieu nous apprend que, dans les derniers temps, c’est-à-dire l’ère de l’Évangile, Dieu nous a parlé par Son Fils (Hébreux 1.2), le témoin fidèle et véritable, le Fils premier-né de Dieu.

Comme Il l’avait fait pour toutes les autres Églises, Jésus jugea les Laodicéens d’après leurs œuvres. Les œuvres révèlent les affections du cœur. Comme beaucoup de chrétiens au cœur partagé, ils ne se rendaient probablement pas compte à quel point leurs actions dévoilaient clairement leur véritable attachement. À mesure que leur amour pour Dieu diminuait, les choses du monde commençaient à retenir leur attention. Leurs convoitises charnelles prirent plus d’importance que la vie spirituelle, et les préoccupations matérielles occupèrent une place prépondérante. Ils avaient acquis assez de prospérité pour ne plus éprouver le besoin de demander à Dieu de pourvoir à leurs besoins quotidiens.

Les Laodicéens possédaient les biens matériels de ce monde, mais ce qui leur arrivait réellement semblait échapper à leur compréhension. La vie était confortable et ils pouvaient satisfaire leurs désirs charnels. Sans comprendre à quel point la grâce rédemptrice de Jésus les avait jusque-là préservés, ils retombèrent dans leur ancienne condition misérable, privés de la bénédiction de Dieu et des dons du Saint-Esprit. Lorsque le plaisir a perdu son attrait, le vide du cœur revient et laisse derrière lui frustration et malheur. Peu à peu, la séduction leur avait ôté la vue spirituelle. L’attrait et l’intérêt grandissants qu’ils éprouvaient pour les choses du monde formaient comme une cataracte qui les empêchait de voir. Les Laodicéens étaient devenus aveugles. Ils avaient rejeté les robes de justice qui leur avaient été accordées pour revêtir les vêtements de l’orgueil. Spirituellement, ils étaient nus, dépouillés et indigents.

Que pouvaient faire ces pauvres chrétiens de Laodicée ? Quelles possibilités leur restaient-ils ? Ils pouvaient continuer à justifier leur conduite et conclure qu’il n’était pas tellement important de prendre la vie chrétienne au sérieux ni d’en manifester extérieurement les fruits. Ils pouvaient aussi se repentir. Jésus avait dit : « Ayez du zèle et repentez-vous. Vous devez revenir à la vérité. Je vous demanderai de rechercher les véritables richesses; vous devez être de nouveau revêtus d’humilité. Si vous ne vous repentez pas, vous Me répugnez. Vous ne pouvez plus souiller Mon Église. »

Le message de Jésus aux Laodicéens était un message de miséricorde. Parce qu’Il les aimait, Il ne pouvait pas les laisser persévérer dans la séduction; Il les reprit donc et les châtia. La repentance leur ouvrirait la porte du pardon et les laverait dans le sang versé de Jésus. Elle les détacherait également de l’or terrestre pour reporter leurs affections sur l’or céleste et pur. La robe de la justice de Jésus pourrait de nouveau couvrir leur nature pécheresse. Ils auraient toutefois besoin de l’aide de leurs frères spirituels, qui agirait comme un collyre afin de les aider à retrouver la vue spirituelle.

Le passage du deuxième livre des Rois nous montre la foi tiède de Joas, roi d’Israël. Il n’avait pas abandonné les péchés de Jéroboam, le premier roi qui avait fait pécher Israël. Si Joas désirait être délivré des Syriens, ce n’était pas pour qu’Israël puisse servir Dieu de tout son cœur. Ce qui le préoccupait surtout, c’était que les Syriens les empêchaient de vivre librement selon leurs désirs pécheurs. Dieu envoya Élisée afin d’encourager Joas en vue de la délivrance d’Israël. Le manque de zèle de Joas irrita le prophète et déplut certainement à Dieu. À cause de cette insuffisance, Israël ne serait jamais entièrement délivré.

Le roi manifesta son manque de consécration par son manque de zèle. Sa tentative sans conviction révèle que sa fidélité envers Dieu était partagée. Lorsque les Israélites se consacraient entièrement à Dieu, Il les délivrait aussi bien par un petit nombre que par un grand. Mais lorsqu’ils n’accomplissaient pas Sa volonté, ils perdaient les batailles, peu importe la taille de l’armée qu’ils parvenaient à rassembler.

Vérités pratiques pour aujourd’hui

Qu’est-ce qui pousse une personne à chercher Dieu ? Lorsque Dieu commence à appeler quelqu’un au salut, cette personne prend conscience que ses péchés se dressent entre elle et Dieu. Le péché devient un lourd fardeau et rend malheureuse la personne qui en est convaincue. Incapable de se libérer de l’esclavage du péché et prisonnier de la crainte du jugement de Dieu, le pécheur se voit voué à une éternité de souffrance dans la perdition de l’enfer. L’état de son âme devient alors une question primordiale et absorbante, à laquelle il doit absolument faire face.

Le Saint-Esprit offre doucement une espérance. Lorsque les pécheurs s’humilient, prient, confessent leurs péchés et abandonnent leur vie à Dieu, Celui-ci leur pardonne et leur accorde une paix accompagnée d’une joie et d’une reconnaissance profondes. Un premier amour ardent pour le Seigneur découle d’une véritable expérience du salut. Il est suivi du désir d’obéir au Sauveur et de Lui plaire. La présence intérieure du Saint-Esprit, jointe à un engagement ferme envers Dieu, complète le tableau de ce que signifie être spirituel et brûler de zèle pour Dieu.

Que faut-il faire pour conserver une telle consécration à Dieu ? Le chrétien nouveau-né doit être nourri du lait pur de la Parole. Un vieux cantique anglais dit : « La prière est le souffle vital du chrétien ». Dans la prière, nous remercions Dieu de tout ce qu’Il a fait pour nous, nous Lui demandons de nous faire comprendre Sa volonté et nous Lui faisons part de nos luttes intérieures. En retour, Il promet de nous accorder Son aide. Dans nos méditations, Il nous guide par les impressions du Saint-Esprit.

À mesure que nous croissons dans la grâce et dans la connaissance, notre Père céleste nous confie des tâches à accomplir. Nous sommes bénis lorsque nous nous appliquons à faire ce qu’Il nous demande. Il nous appelle à renoncer aux désirs charnels qui proviennent de ce vase d’argile dans lequel nous vivons. Cependant, pour le chrétien sincère, Ses commandements ne sont pas pénibles.

Qu’est-ce qui peut refroidir spirituellement un croyant qui se trouve dans un tel état ? Souvent, l’émotion et les sentiments que nous goûtions tant après notre rencontre avec Dieu commencent à s’estomper. Nous découvrons alors qu’il nous faut nous fier aux promesses de Dieu et vivre par la foi, ce qui n’est pas toujours facile. Les pressions sociales, comme le désir de plaire à nos amis ou à ceux que nous côtoyons, peuvent affaiblir notre empressement à plaire au Seigneur. Notre vieille nature charnelle remarque les choses séduisantes que le monde nous offre, et le diable nous souffle qu’y goûter un peu ne fera aucun mal. Nous nous laissons absorber par les préoccupations de la vie quotidienne, et notre lecture de la Bible ainsi que nos prières diminuent. Sous l’effet de telles influences, nous commençons à perdre notre ferveur : nous devenons tièdes.

L’assoupissement spirituel commence à émousser notre discernement du bien et du mal. Renoncer à nous-mêmes ne nous paraît plus aussi nécessaire, mais cette voix est très trompeuse. L’idée selon laquelle il suffirait de « suivre son cœur » est séduisante et fait paraître les anciens sentiers démodés. Nous pouvons nous engager très activement dans toutes sortes d’activités; cependant, à mesure que le fondement s’effrite, l’édifice spirituel se construit sur le sable et ne résistera pas aux tempêtes de la vie. Voilà le danger de la tiédeur !

Si nous constatons que nous sommes devenus tièdes, prenons garde à l’avertissement : Jésus affirme clairement qu’Il rejettera les tièdes s’ils ne se repentent pas. Une repentance véritable est le remède à la tiédeur et à la superficialité. Nous pourrions essayer de conserver certains griefs; le sentiment d’avoir véritablement été traités injustement peut nous empêcher de pardonner entièrement à celui qui nous a offensés. Mais lorsque le Saint-Esprit nous révèle notre état, nous sommes prêts à dire à Jésus : « Que veux-Tu que je fasse ? » Se repentir, c’est changer de direction, et non simplement réorganiser quelques éléments de notre vie ou adopter une autre manière de penser. C’est retrouver notre premier amour pour Dieu, nous charger de notre croix et suivre Jésus.

Le Seigneur déclara qu’Il préférerait que les Laodicéens soient froids ou bouillants. Pourquoi voudrait-Il que nous soyons froids plutôt que tièdes ? Dans la tiédeur, nous croyons encore être sauvés. La séduction nous empêche de nous alarmer de notre état. C’est une situation confortable, dans laquelle nous souhaitons demeurer. Nous pouvons alors proclamer que nous jouissons d’une merveilleuse communion fraternelle, de l’amour de Dieu et de ce que nous prenons pour Sa bénédiction.

Lorsqu’une personne est froide, elle sait qu’elle est éloignée de Dieu. Elle ne cherche pas à convaincre les autres ni à se persuader elle-même que tout va bien. La conscience d’être perdue rend plus réelle la perdition éternelle. La conviction suscitée par Dieu peut plus facilement atteindre une personne qui se trouve dans cet état.

Questions

1. Qu’est-ce qui fait naître la tiédeur dans la vie personnelle ?

2. Quelle importance les dévotions personnelles ont-elles ?

3. Dans quelle mesure le culte familial est-il essentiel au maintien de la vitalité spirituelle ?

4. Comment pouvons-nous nous encourager mutuellement à craindre l’Éternel et à nous parler souvent les uns aux autres ? (Malachie 3.16.)

5. Qu’est-ce qu’un « zèle pour Dieu, mais sans intelligence » ? (Romains 10.2.)

Une foi immuable

Les âmes sauvées vont-elles [directement] au ciel après la mort ?

[La première partie de cet article est une traduction d’un texte de Bob Goodnough, publié ici: https://flatlanderfaith.com/2013/04/12/do-the-saved-go-to-heaven-when-they-die/]

J’ai longtemps cru que lorsqu’un chrétien mourait, il était aussitôt conduit à travers les portes de perle jusque dans le ciel. Je suppose que cette idée me venait de la perception populaire de ce que les chrétiens croient. Il y a dix ans, mon idée reçue a été remise en question sur la base des Écritures, et ma pensée a changé.

Aujourd’hui, je crois que la réponse à la question posée ci-dessus est : « Oui, mais pas immédiatement. » Permettez-moi de m’expliquer.

En Matthieu 25, versets 31 à 46, Jésus décrit ce qui se passera au grand jour du jugement, à la fin des temps. Toutes les nations (tous les peuples) seront rassemblées devant lui, et il séparera les brebis d’avec les boucs. Ceux qui seront comptés parmi les brebis entreront dans le ciel ; ceux qui seront comptés parmi les boucs seront jetés en enfer. Cette scène n’a aucun sens si les sauvés se trouvaient déjà au ciel avant ce moment.

La Bible se soucie davantage de nous voir entretenir une relation authentique et salvatrice avec Dieu dans cette vie que de nous décrire en détail comment les choses se passeront au ciel. Mais elle nous dit que, dans le ciel, nous aurons des corps ressuscités, semblables au corps de Jésus après sa résurrection d’entre les morts. En 2 Timothée 2.18, l’apôtre Paul condamne en termes sévères ceux qui enseignent que la résurrection est déjà arrivée. Cette résurrection corporelle n’aura lieu qu’au retour du Christ en gloire pour le jugement dernier. Apocalypse 6.9 parle d’âmes sous l’autel, qui attendent le jour de la résurrection.

Deux passages bibliques sont souvent mal interprétés, donnant naissance à l’idée d’une entrée immédiate dans le ciel. Le premier se trouve en Luc 23.43, où Jésus dit au malfaiteur sur la croix : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui* tu seras avec moi dans le paradis ». L’autre est la parabole du riche et de Lazare, dans Luc 16.19-31. Le riche s’y éveille dans le « séjour des morts » et Lazare dans le « sein d’Abraham ».

* Il faut savoir que les manuscrits grecs du Nouveau Testament ne comportaient à l’origine ni virgules ni ponctuation d’aucune sorte. Les copistes écrivaient le texte en lettres majuscules continues, sans espaces ni marques de pause. La ponctuation que nous lisons aujourd’hui dans nos Bibles a été ajoutée des siècles plus tard par des éditeurs et des traducteurs, selon le sens qu’ils comprenaient du texte. Dans le cas de Luc 23.43, le placement de la virgule change tout. Si l’on ponctue « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis », Jésus promet au malfaiteur qu’il sera avec lui ce jour même. Mais si l’on ponctue « Je te le dis en vérité aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis », Jésus fait sa promesse en ce jour solennel — sans préciser quand elle s’accomplira. À mon sens, c’est cette seconde lecture qui semble plus cohérente avec le reste de la Bible, car Jésus lui-même n’est pas monté au ciel le jour de sa crucifixion : il est d’abord descendu au séjour des morts, puis est ressuscité le troisième jour. Comment aurait-il pu promettre au malfaiteur d’être avec lui au paradis ce jour-là, alors que lui-même n’y serait pas ?

Il est utile de savoir que « Paradis » et « sein d’Abraham » étaient des expressions couramment employées par les Juifs pour désigner le lieu où les justes attendraient la fin du monde et la résurrection corporelle. On se le représentait comme un jardin magnifique et paisible, où rien ne viendrait troubler leur repos. Le « séjour des morts » mentionné en Luc 16.23 est en réalité le Hadès, le lieu où les pécheurs attendent le jugement dernier. Ce n’est pas l’étang de feu et de soufre, mais c’est manifestement un lieu fort déplaisant.

Un autre indice qu’il ne s’agit que d’un arrangement temporaire se trouve dans la possibilité de communication entre le Hadès et le sein d’Abraham, bien que le caractère définitif de la séparation soit déjà établi. On a du mal à imaginer que les saints dans le ciel seraient à si courte distance de l’étang de feu et de soufre.

Il ressort des protestations rapportées en Matthieu 7.22-23 qu’il y aura des gens convaincus d’avoir subi une grave injustice et qui pourront parler à Jésus. Ils diront : « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? » Et Jésus leur répondra qu’ils n’avaient pas accompli ces œuvres à sa demande, par son Esprit ni par sa puissance, et déclarera ne les avoir jamais connus.

Je crois désormais que cette image d’une attente temporaire au Paradis ou dans le Hadès avant la résurrection correspond à l’enseignement de la Bible. Cela n’enlève rien à la promesse du ciel. Au contraire, cela la rend plus réelle.

À vrai dire, l’image populaire de saints éthérés flottant sur des nuages en grattant de la harpe ne m’a jamais semblé vraiment attrayante comme avenir à long terme. Ce vieux corps et cette vieille terre passeront, mais la Bible promet une existence corporelle dans un lieu décrit comme une terre nouvelle. Le ciel, tel que la Bible l’esquisse, semble garder une certaine ressemblance avec notre existence présente, mais sans tout ce qui cause aujourd’hui la souffrance et le chagrin, et dans la présence de notre Seigneur, de tous les saints et de tous les anges.

Quelques pensées sur la distinction entre le séjour des morts et la géhenne.

Je ne suis ni théologien ni linguiste grec ou hébreu, donc il est fort possible que je me trompe, mais je vais tenter d’expliquer mon point de vue. 

Séjour des morts

Dans le Nouveau Testament, il y a 10 références au hadès (grec)/schéol (hébreu)/séjour des morts. C’est un endroit qui ne semble pas être pas définitif, car en Apocalypse 20:14, nous voyons que le séjour des morts sera jeté dans l’étang de feu. Cela semble être un lieu de tourment déjà, dans l’attente du jugement dernier. Dans les Écritures hébraïques, le terme employé pour le royaume des morts est shéol, qui signifie tout simplement « lieu des morts » ou « des esprits/âmes décédés ». Dans le Nouveau Testament, le terme grec employé pour l’« enfer » est hadès, qui signifie également « lieu des morts ». D’autres passages du Nouveau Testament décrivent le shéol/hadès comme un lieu temporaire, où les âmes des incroyants sont gardées en attendant le jugement.

Géhenne

Pour ce qui est de la géhenne, il y a 12 références à ce terme dans le Nouveau Testament. Voici ce qu’en dit le site bible-ouverte.ch :

Le mot grec géenna vient de l’hébreu gé-Hinnom (vallée de l’Himmon) ; là où eurent lieu dans le passé des sacrifices humains (2 Chroniques 33.6, Jérémie 7.31). De ce fait, ce nom avait une consonance d’horreur pour les Juifs. De leur temps, le feu y brûlait continuellement les immondices, ce qui rappelait au peuple d’Israël le jugement réservé aux méchants. Le mot « géhenne » se trouve dans Matthieu 5.22, 29 et 30, 10.28, 18.9, 23.15 et 33, Marc 9.44, 46 et 47, Luc 12.5, Jacques 3.6.

Sauf pour cette dernière citation, c’est Jésus-Christ qui utilise cette expression pour avertir très solennellement des conséquences du péché. Il décrit la géhenne comme un endroit « où leur vers ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas » Marc 9.48.

Le sens de cette expression me semble correspondre à l’« étang de feu » utilisé dans Apocalypse 19.20, 20.10, 14 et 15.

Les petits-fils de Jude (frère de Jésus) et un Royaume qui n’est pas de ce monde

[Ce récit ne se trouve pas directement dans le Miroir des martyrs, mais j’ai découvert cette histoire au détour de mes recherches liées à la traduction du Miroir. J’ai pensé que ces découvertes pourraient intéresser d’autres personnes, et elles illustrent bien de qulle nature est le royaume de Dieu.]

Parmi les récits conservés de l’Église primitive, certains sont courts, presque anecdotiques, et pourtant d’une richesse singulière. Celui que rapporte Eusèbe de Césarée dans son Histoire ecclésiastique (livre III, chapitres 19-20), en citant l’historien chrétien Hégésippe, en fait partie. C’est un épisode que l’historien Richard Bauckham, spécialiste des origines du christianisme, qualifie d’un des témoignages les plus éclairants sur la famille de Jésus à la fin du premier siècle.

Le contexte : Domitien et la peur d’un roi

Nous sommes entre l’an 81 et l’an 96, sous le règne de l’empereur Domitien. Ce dernier est connu pour sa méfiance et ses tendances tyranniques. Comme autrefois Hérode le Grand, il redoute toute prétention royale liée au Messie juif. Selon Eusèbe, il avait même ordonné la mise à mort des descendants de la lignée de David.

C’est dans ce climat de suspicion que deux hommes sont dénoncés non pour un crime, mais pour leur origine. Il s’agit des petits-fils de Jude, lui-même frère du Seigneur selon la chair (Matthieu 13.55 ; Marc 6.3). Des manuscrits anciens (notamment le Paris MS 1555A et le Bodleian MS Barocc. 142, conservé à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford) nous ont transmis leurs noms : Zokèr (Ζωκήρ) et Jacques (Ἰάκωβος).

Ces hommes sont arrêtés par un evocatus (un ancien soldat de l’ordre équestre rappelé au service) et conduits devant l’empereur lui-même.

L’interrogatoire

Hégésippe, écrivain chrétien du IIe siècle dont les Mémoires ne survivent que par fragments dans l’œuvre d’Eusèbe, rapporte la scène avec des détails très concrets.

Domitien leur pose trois questions :

Êtes-vous de la lignée de David ? Ils répondent simplement : oui.

Quelle est votre fortune ? Leur réponse est frappante par sa modestie. À eux deux, ils ne possèdent qu’environ neuf mille deniers, non pas en argent liquide, mais en valeur foncière. Leur bien se résume à trente-neuf plèthres de terre (environ quatre hectares), qu’ils cultivent de leurs propres mains pour payer les impôts et subvenir à leurs besoins.

Selon d’autres sources, ils habitaitent le village de Koukab, en Batanée, à 18 km au sud-ouest de Damas, dans la même localité où Paul aurait rencontré le Seigneur sur la route de Damas!

Cette carte montre le village de Kaukab ou Koukab, où auraient vécu les petits-fils de Jude. La croix rouge situe une église qui commémore la conversion de Paul. Les lignes bleues représentent les tracés probables (mais incertains) de la voie romaine Via Maris, reliant Damas à la Galilée.

Quelle est la nature du royaume du Christ ? Voilà la question décisive. Mais avant même de répondre par des mots, Zokèr et Jacques font un geste éloquent : ils tendent les mains devant l’empereur. Des mains dures, calleuses, la peau épaissie par le labeur quotidien. Rien de royal ici, sinon la dignité humble du travailleur.

« Mon royaume n’est pas de ce monde »

Leur réponse verbale est tout aussi limpide, et rejoint exactement l’enseignement du Seigneur (Jean 18.36) :

Le royaume du Christ n’est ni terrestre, ni de ce monde, mais céleste et angélique. Il sera manifesté à la fin des temps, lorsque Christ viendra en gloire juger les vivants et les morts, et rendre à chacun selon ses œuvres.

Tout est dit.

Ils ne revendiquent aucun pouvoir politique. Ils n’organisent aucune révolte. Ils n’attendent pas un royaume politique ici-bas. Ils vivent, travaillent, espèrent et témoignent.

La réaction de Domitien

La suite est surprenante. L’empereur, visiblement déçu et étonné par le caractère insignifiant de ces deux paysans, ne prononce aucune condamnation. Hégésippe note qu’il les traita avec mépris, les jugeant indignes d’attention, et les relâcha.

Mais il fit davantage encore : selon le même récit, il aurait publié un édit mettant fin à la persécution contre l’Église (d’autres sources soutiennent cependant que Domitien continua sa persécution jusqu’à sa mort par assassinat).

Après la libération

Zokèr et Jacques, une fois libres, retournèrent tout naturellement au service des Églises. Hégésippe rapporte qu’ils prirent la direction de communautés chrétiennes, ce qui était considéré comme normal pour des hommes qui étaient à la fois confesseurs de la foi et parents du Seigneur selon la chair.

Ils vécurent ensuite en paix jusqu’au règne de Trajan (98–117). L’historien Hégésippe lui-même, né vers l’an 110, appartenait à la génération immédiatement suivante, ce qui confère à son témoignage une proximité remarquable avec les faits.

Après Zokèr, Jacques et Siméon fils de Clopas (leur cousin, martyrisé sous Trajan vers 107), la famille terrestre de Jésus disparaît des sources historiques. Un dernier membre possible serait un certain Conon, jardinier sur un domaine impérial, martyrisé à Magydos en Pamphylie sous la persécution de Dèce, vers 250-251.

Ce que ce récit nous enseigne

Ce court épisode contient plusieurs leçons simples, mais profondes.

Le royaume de Dieu ne menace pas les royaumes de ce monde. Ce n’est pas un royaume politique. Ceux qui le cherchent comme tel, qu’ils soient empereurs romains ou chrétiens tentés par le pouvoir temporel, se trompent de nature. C’est là la conviction des vaudois et des anabaptistes également.

La simplicité protège parfois mieux que la puissance. Ces hommes n’avaient ni richesse, ni influence, ni armée, et c’est précisément ce qui les a préservés. Leur pauvreté était leur défense.

Le témoignage passe aussi par la vie quotidienne. Leurs mains calleuses parlaient autant que leurs paroles. On pense ici à la parole de l’apôtre Paul : « Travaillez de vos propres mains, comme nous vous l’avons recommandé » (1 Thessaloniciens 4.11).

Dieu conserve toujours un reste. Même après les persécutions, il reste des témoins fidèles, souvent inconnus du monde, mais bien réels devant Dieu. Zokèr et Jacques étaient de ceux-là.

Conclusion

À première vue, ce récit pourrait sembler secondaire. Il ne raconte ni un martyre spectaculaire, ni une grande controverse doctrinale.

Et pourtant, il met en lumière quelque chose de fondamental : la nature véritable du royaume de Christ et des vrais chrétiens. Un royaume invisible, humble, patient, mais bien réel. Un royaume qui ne s’impose pas par la force, mais qui se reconnaît dans la vérité, la simplicité… et des mains marquées par le travail.


Sources et références

Confession de foi anabaptiste-mennonite (1627)

[Tirée du Miroir des martyrs de Thieleman Janszoon van Braght (1660), traduction basée sur l’original néerlandais https://play.google.com/books/reader?id=qpyxCLehkwoC&pg=GBS.RA1-PA1&hl=fr et sur les pages 27 à 33 de la version anglaise.]

Rédigée à Amsterdam le 27 septembre 1627, sous le titre Instruction Scripturale, concernant qui sont les personnes sur qui repose la paix de Dieu, et comment elles sont liées à la paix et à l’unité, donnée en réponse aux questions suivantes, dont la première est :

Quelles sont les marques fondamentales et indubitables par lesquelles les enfants de Dieu et les membres de Jésus-Christ (étant l’Église de Dieu) peuvent et doivent être connus, conformément au témoignage de la Parole du Seigneur ?

Afin de répondre correctement à cette question, nous devons considérer par quels moyens les hommes deviennent enfants de Dieu, membres de Jésus-Christ et de l’Église de Dieu. Car bien que Jésus-Christ, le Seigneur béni, soit la seule cause méritoire de la justification des hommes, de leur adoption par Dieu comme Ses enfants, et le fondement de leur salut éternel (Rm 3:24-25 ; 1 Co 1:30 ; Tt 3:7 ; Hé 5:9 ; Eph 1:5 ; Col 3:11 ; Ac 4:12), Dieu a néanmoins choisi un moyen particulier. 

Il a plu au Père céleste, de qui viennent toutes choses (1 Co 8:6) et qui est le vrai Père de toute la famille dans les cieux et sur la terre (Eph 3:14-15), d’imputer les mérites de Son Fils Jésus-Christ aux hommes et de les rendre participants de ceux-ci par le moyen de la foi en Son Fils bien-aimé, unique et monogène (Rm 3:25 ; Ga 2:16 ; Eph 2:8 ; Jn 3:15-16, 36 ; Jn 6:40). C’est par Lui qu’Il les possède comme enfants et les adopte comme héritiers de la vie éternelle, selon le témoignage de Jean, qui dit : « Il [c’est-à-dire Christ] est venu chez les siens et les siens ne l’ont point reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jn 1:11-13). 

Paul le confirme en ces termes : « Vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus Christ » (Ga 3:26). Par ce moyen qu’est la foi, acquise de la Parole de Dieu et confirmée par le Saint-Esprit, les hommes naissent de Dieu. L’appellation d’enfants de Dieu leur appartient donc véritablement, puisqu’ils ont Dieu pour Père et Christ pour Frère. Dieu le Père les reconnaît comme Ses fils et Ses filles, et Christ n’a pour cette raison pas honte de les appeler Ses frères. (Rm 10:17 ; 2 Co 4:13 ; Rm 8:16 ; Jn 1:12 ; 1 Jn 5:1 ; Jc 2:18 ; 1 P 1:23 ; Mt 5:45 ; Jn 1:12-13 ; Jn 3:2 ; Jn 20:17 ; Rm 8:15 ; Ga 4:16 ; Mt 12:50 ; 2 Co 6:18 ; Hé 2:11-12)

Ces enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ sont héritiers de Dieu, bien plus, cohéritiers dans l’héritage de leur Frère Jésus-Christ. On leur a en effet promis par Dieu le Père, par le moyen de la foi, tous les bénéfices acquis par notre Sauveur Jésus-Christ, qui sont principalement le pardon des péchés, la justification et la paix avec Dieu. Parce qu’ils sont enfants de la résurrection, ils ne seront pas condamnés, mais passeront de la mort à la vie. Ils jouiront du salut, de la vie éternelle et d’un bonheur indicible, oui, en vérité, il posséderont tout ce que possède le Seigneur Christ. (Rm 8:17 ; Eph 1:11 ; Ac 10:43 ; Rm 3:26 ; Rm 4:5 ; Rm 5:1 ; Ga 2:16 ; Lc 20:26 ; Jn 5:24 ; Mt 16:16-17 ; Mc 16:16 ; Rm 10:9 ; 1 P 1:9 ; Jn 3:16 ; Jn 6:47 ; Jn 17:3 ; Jn 20:31 ; 1 Jn 5:11 ; 1 P 1:8 ; Lc 22 ; Ap 21:7)

C’est pourquoi nous répondons, en conclusion à la question posée : La marque fondamentale et certaine des enfants de Dieu et des membres de Jésus-Christ est celle en vertu de laquelle cette appellation leur appartient en vérité conformément à la promesse de Dieu, à savoir la seule foi salvatrice qui agit par amour, sur laquelle Dieu Lui-même regarde avec bienveillance et qui seule vaut devant Lui (Ga 5:6 ; Jr 5:3 ; Os 2:2 ; Jr 5:1 ; Ac 8:37 ; Ac 15:11 ; Es 26:2). C’est pourquoi, nous, qui sommes unis à Dieu et unanimes avec Lui, devons nous en remettre à elle seule, puisque le Seigneur Christ Lui-même, promettant à Pierre le salut sur sa foi et sa confession, ajoute : « Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16:18).

Nous allons maintenant démontrer brièvement ce qu’est la foi en Christ, ce qu’il faut croire, quel est son but et quelles sont les œuvres internes et externes de la foi.

Cette foi en Christ par laquelle les hommes deviennent participants de tous les bienfaits acquis par Jésus-Christ, n’est ni une opinion incertaine ni une simple confession de la bouche, mais une confiance ferme et sûre du cœur, qui ne doute pas des choses promises par Dieu en Christ, qui a plutôt la ferme assurance que Celui qui les a promises est aussi capable de les accomplir. (Hé 11:13 ; Hé 3:6 ; Rm 10:10 ; Rm 4:20-21).

Par cette confiance ferme et sûre, celui qui croit aux promesses de Dieu est fondé en Jésus-Christ son Sauveur, parce qu’il sait que toutes les promesses de Dieu sont oui et amen en Lui. Il s’accroche fermement à celles-ci comme à une ancre de son âme, à la fois sûre et solide. (Ac 10:43 ; 1 P 1:10-11 ; Jn 8:56 ; Hé 11:26 ; 2 Co 1:20 ; Hé 6:18-19)

Il croit de tout son cœur que Dieu – désireux de montrer Son grand amour envers l’humanité qui par le péché était tombée dans la mort et de multiples corruptions, et voulant les racheter pour l’accomplissement de Ses gracieuses promesses – a envoyé dans ce monde à cette fin, lorsque s’était accompli le temps de toutes les prophéties, Son cher Fils unique bien-aimé.

Celui-ci, de toute éternité, était avec Son Père dans une grande gloire et aimé de Lui avant la fondation du monde. Il possédait de grandes richesses et était égal à Dieu Son Père. C’est par Lui que toutes choses ont été faites, et sans Lui rien n’a été fait de tout ce qui a été créé dans les cieux ou sur la terre. Tout subsiste en Lui puisqu’Il soutient toutes choses par la parole de Sa puissance. (Gn 22:18 ; Dt 8:15 ; Es 7:15 ; Es 9:6 ; Es 11:1 ; Es 40:9 ; Mi 5:2 ; Jn 3:16 ; Rm 5:8 ; Rm 9:31 ; 1 Jn 4:9-10 ; Gn 3:19 ; Livre de la Sagesse 2:24 ; 4 Esdras 7:48 ; Rm 4:5, 12 ; 1 Co 15:21 ; Rm 5:16 ; 4 Esdras 3:7 ; Gn 3:17 ; Rm 1:2 ; Rm 8:3 ; Col 1:13 ; Eph 1:7 ; Ga 4:4 ; Mc 12:6 ; Mc 1:11 ; Mt 17:5 ; Mt 3:17 ; Hé 1:8 ; Hé 7:3 ; Hé 13:8 ; Hé 1:3 ; Jn 16:28 ; Jn 17:5, 24 ; 2 Co 8:9 ; Ph 2:6 ; Ap 1:18)

Il a quitté Sa gloire divine, Sa forme et Ses richesses, est sorti de Dieu Son Père et est descendu des cieux dans ce monde, de sorte qu’une vierge Le conçut et donna naissance à ce Fils à Bethléem, où Dieu introduisit Son Fils premier-né dans le monde sous la ressemblance d’une chair de péché. (Jn 13:3 ; Jn 3:13, 31 ; Jn 6:38, 51, 62 ; Eph 4:9-10 ; Es 7:14 ; Mt 1:23 ; Lc 2:21 ; Es 9:6 ; Lc 3:6 ; Ga 4:4 ; Mi 5:2 ; Mt 2:6 ; Hé 1:6 ; Rm 8:3) 

Car la Parole s’est faite chair, elle qui était dès le commencement ; celle que les apôtres mentionnent, qu’ils ont entendue de leurs oreilles et que leurs mains ont touchée : la Parole de vie. En effet, la vie fut rendue manifeste, de sorte qu’on put voir cette vie éternelle, qui était auprès du Père. (Jn 1:14 ; 1 Jn 1:1-2 ; Jn 1:9 ; Jn 20:25, 27 ; Es 40:5, 9)

Par conséquent, tous les vrais croyants doivent honorer et attribuer à leur Sauveur, non pas comme à une créature mais comme au Créateur, tout l’honneur divin, comme ils le font pour le Père (Jn 5:23 ; Jn 3:30-31 ; Jn 20:28). Car, même si pour un peu de temps Il fut rendu inférieur aux anges, tous les anges de Dieu doivent cependant L’adorer (Ph 2:10 ; Mt 14:33 ; Hé 1:6). Et Il en est digne, Lui qui nous a tant aimés qu’Il nous a rachetés par Sa mort et nous a lavés de nos péchés par Son propre sang, qui est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, qui a détruit la puissance du diable, de la géhenne et de la mort. Il a aboli l’acte d’accusation de la loi et a pardonné tous les péchés, réconciliant avec Dieu le Père tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, en faisant la paix par le sang de Sa croix.

C’est Lui qui a mis en lumière la vie et l’immortalité, et c’est à Lui que Dieu nous a destinés pour hériter du salut éternel. (Ap 5:9 ; Ap 1:5 ; Rm 5:10 ; Ac 20:28 ; Col 1:14 ; 1 P 1:19 ; Rm 4:25 ; Rm 5:6, 8 ; Col 2:13-14, 19-20 ; Hé 2:14 ; 1 Co 15:54-55 ; Ap 20:14 ; Es 25:8 ; 2 Tm 1:10 ; Eph 1:10 ; Eph 2:13 ; 1 Th 5:9)

Ainsi, le Seigneur Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, est la véritable pierre angulaire, le chemin et la porte de la vie éternelle. Il n’y a pas d’autre nom donné à l’homme, ni dans les cieux ni sur la terre, par lequel on puisse être sauvé et devenir enfant ou héritier de Dieu, que le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. (Es 28:16 ; Rm 9:33 ; Eph 2:20 ; 1 P 2:6 ; Jn 14:6 ; Jn 10:9 ; Ac 4:12)

Le croyant, voyant par la foi que Dieu est immuable dans Ses promesses les plus grandes et les plus indicibles, se sent confiant. En effet, voyant que Dieu les accomplit en vérité par le don de Son cher et bien-aimé Fils unique, le croyant comprend qu’il n’y a rien que Dieu ne nous donnera également avec Son Fils. Il a donc la ferme assurance que les bienfaits promis dans et à travers les souffrances, la mort, le sang versé, la résurrection et l’ascension de Son Fils, lui appartiennent et qu’il les recevra en vérité. (Hé 6:17-18 ; Ps 33:4 ; Jn 3:16 ; 1 Jn 4:9 ; Eph 1:6 ; Col 1:12-14 ; 2 Tm 4:8 ; Eph 1:11-13 ; Rm 8:32, 34, 38 ; 2 P 1:3 ; Ga 2:21 ; Eph 2:17 ; 2 Co 4:6-7)

Cette foi engendre dans le cœur du croyant un goût intérieur de la bonté de Dieu et des pouvoirs du monde à venir, ce qui engendre l’allégresse, la joie et une ferme assurance de la faveur du Père dans l’âme. Grâce à cette assurance, il peut, à chaque moment de besoin, dire « Abba, Père », confiant qu’il sera entendu. 

Le croyant ne doute pas, bien que la chose promise ne soit pas apparente aux yeux humains et semble même contraire à la nature, transcendant la compréhension, l’entendement et la capacité de l’homme. (Ps 34:9 ; 1 P 2:3 ; Eph 2:7 ; Hé 6:5, 19 ; 2 Co 4:17 ; Rm 12:12 ; Rm 14:17 ; 2 Co 6:10 ; Jn 8:56 ; Ap 19:7 ; Rm 8:31, 38 ; Ps 32:1 ; 1 P 5:7 ; Ps 55:23 ; Rm 8:15 ; Ga 4:6 ; Rm 4:20 ; Jc 1:6 ; Hé 11:1 ; Rm 4:18-19 ; Hé 11:11 ; Hé 11:29)

Ainsi, le croyant, par la foi, ne regarde pas seulement aux choses qui, à travers la création et le gouvernement de Dieu, existent dans la nature (que l’homme peut saisir et comprendre), mais à la bonté et à l’omnipotence de Celui qui a promis. Devant Lui, la nature et tout pouvoir créateur doivent s’incliner, au ciel, sur terre et dans la mer, ainsi que la mort elle-même. C’est sur cette base que le croyant demeure ferme, même lorsque Dieu le met à l’épreuve au moyen de choses apparemment contradictoires, comme Abraham le père des croyants et comme beaucoup d’autres hommes pieux, car il est assuré que Dieu ne peut mentir. (Ps 52:10 ; Rm 4:21 ; Hé 11:19 ; Ps 135:5 ; Es 40:26 ; 4 Esdras 3:21, 23 ; Jos 10:13 ; Ha 3:10-11 ; Es 40:12 ; Ap 20:11 ; Pr 8:29 ; Jr 5:22 ; Ex 14:22 ; Hé 11:10, 35 ; 2 Co 1:10 ; Gn 22:1 ; 1 P 1:7)

Dieu identifie cependant au mieux cette foi venant du cœur, Lui qui, étant le seul à discerner les sentiments et les pensées du cœur, jugera aussi les signes intérieurs de la foi du cœur selon qu’Il la trouve droite ou feinte. (Jr 17:10 ; Ac 1:24 ; Ap 2:23 ; Hé 4:12)

Mais pour l’homme, qui n’a d’autre moyen de juger cette foi du cœur que par ses fruits qu’il peut entendre et voir, il y a des signes qui ont été donnés afin de l’évaluer : la confession de la bouche et l’obéissance de la foi manifestée par les œuvres extérieures. C’est pourquoi le croyant, conformément au commandement de Christ, doit confesser ouvertement devant les hommes, à l’honneur de son Créateur et Rédempteur, ce qu’il croit et expérimente dans son cœur, quelles que soient les souffrances qui peuvent en résulter pour lui. Il ne peut en être autrement, car il doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. (Mc 16:16 ; Jn 3:26 ; 1 Co 2:11 ; Jn 3:11 ; Rm 10:10 ; Rm 1:5, 16, 25 ; Ac 4:19-20) 

En effet, le Seigneur Christ a dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Mt 10:32 ; Lc 9:26). Jean dit : « Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair est de Dieu » (1 Jn 4:2), et Paul explique : « Nous avons le même esprit de foi, selon qu’il est écrit : J’ai cru, et c’est pourquoi j’ai parlé ; nous croyons aussi, et c’est pourquoi nous parlons » (2 Co 4:13).

C’est pourquoi Paul témoigne par ces mots que la confession orale, procédant d’une foi sincère, conduit au salut : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut » (Rm 10:9-10).

Cette foi manifeste aussi ses fruits extérieurs d’amour dignes de la foi. C’est pourquoi le croyant, conformément à l’enseignement de l’apôtre Pierre, doit faire preuve de toute la diligence nécessaire pour manifester à partir de sa foi, la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience, la piété, l’affection fraternelle, et l’amour, et marcher dans l’Esprit dont les fruits, tels que l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la foi, la douceur et la tempérance, sont visibles sur lui extérieurement. (2 P 1:5-7 ; Ga 5:16, 22-23 ; Ga 6:1 ; Eph 5:9) 

Par ces bons fruits et par l’amour fraternel comme signes extérieurs de la vraie vie, ils sont connus comme de bons arbres, le sel de la terre, la lumière du monde, une lumière posée sur un chandelier pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison, une ville située sur une colline qui ne peut être cachée. Ils font ainsi briller leurs bonnes œuvres devant les hommes, afin que ceux-ci, en les voyant, glorifient Dieu le Père céleste. (Mt 7:17, 20 ; Mt 12:35 ; Mt 5:13-16)

En effet, comme les enfants qui, par leur apparence et leur comportement, manifestent la forme et les qualités de leur père, et sont ainsi reconnus pour être ses enfants, de même les croyants qui, par la nouvelle naissance, sont devenus participants de la nature divine (dans la mesure où ils modèlent leurs vertus sur celles de Dieu), sont ainsi reconnus comme étant Ses enfants. Afin qu’ils puissent bien exprimer cette image, Christ et Ses apôtres les avertissent abondamment à ce sujet. 

Tel est le cas de ces paroles : « Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est aux cieux est parfait ». « Mais comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans toute votre conduite ». « Et chacun se purifie comme il est pur ». « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». « Pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné ». (2 P 1:4 ; 1 P 1:23 ; Jn 3:6 ; 1 Jn 4:7 ; 1 Jn 5:1 ; Jc 1:18 ; Jn 1:13 ; Rm 8:16 ; Mt 5:48 ; 1 P 1:15 ; 1 Jn 3:3 ; Lc 6:36 ; Eph 4:2 ; Col 3:13)

Et encore : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Mt 5:9). Le Seigneur dit aussi « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux : car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie la pluie sur les justes et sur les injustes ».

Partout donc où une telle similitude avec Dieu apparaît par le fait de revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et une sainteté que produit la vérité, ces croyants manifestent l’image de Christ dans leur chair mortelle. (Eph 4:24 ; Col 3:10 ; Ga 2:20 ; 2 Co 5:17)

Ils sont une épître de Christ, dans laquelle Christ peut être vu et lu par tous les hommes. Ils sont à juste titre appelés chrétiens et, par conséquent, sont de vrais enfants de Dieu et membres de Jésus-Christ. Tous ceux qui craignent véritablement Dieu doivent donc les reconnaître et les accepter comme appartenant à un seul corps, qui est l’Église du Dieu vivant, et comme ayant, par cette foi féconde, communion avec Dieu, le juste juge, avec Jésus, le médiateur de la Nouvelle Alliance, avec l’Église des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, avec une innombrable compagnie d’anges, et avec tous les esprits des justes rendus parfaits. (2 Co 3:2 ; Ac 11:26 ; Rm 12:5 ; Eph 4:4, 16 ; 1 Co 12:13 ; Ac 20:28 ; 1 Tm 3:15)

De cette Église, Christ est le fondement, la Tête, le Roi, le Berger, le Chef, le Maître et le Seigneur. (1 Co 3:11 ; Eph 4:15 ; Jr 33:15 ; Lc 1:33 ; Jn 10:11, 14 ; Jn 13:14)

Elle seule est Son corps, Son épouse parée, Sa colombe, Son troupeau et Son peuple, la chair spirituelle de Sa chair et l’os de Ses os. (Rm 12:5 ; Ap 21:2 ; Ct 2:14 ; Ct 4:1)

Or, bien que cette foi féconde soit la seule marque fondamentale et certaine par laquelle les enfants de Dieu et les membres de Jésus-Christ doivent être connus, et par laquelle seule ils sont aussi, par grâce, rendus participants des bienfaits (immérités) de Christ, Dieu s’est néanmoins plu à faire connaître et à confirmer aux croyants, par des signes extérieurs et visibles, les bienfaits et les mérites de Son Fils Jésus-Christ, lesquels, comme il a été dit, ne sont reçus que par la foi et conservés par l’obéissance. 

Afin que les choses signifiées (concernant les promesses de la grâce de Dieu) resplendissent plus clairement par les signes extérieurs, d’une part pour assurer la conscience des croyants dans la nouvelle alliance de la grâce de Dieu, et d’autre part pour lier les membres de Jésus-Christ dans l’unité en tant que membres appartenant à un seul corps, Dieu a institué dans l’Église du Nouveau Testament deux ordonnances ou signes adaptés à la chose signifiée, dans lesquels tous les vrais croyants trouvent un grand bienfait et un grand réconfort. Il s’agit du Saint Baptême et de la Sainte-Cène. (Eph 2:7 ; Jn 1:16 ; Mc 16:16 ; Lc 22:19 ; Ac 2:38 ; 1 Co 11:24 ; Jr 31:31 ; 1 P 3:21 ; 1 Co 12:13 ; 1 Co 10:17 ; Rm 6:5 ; Mt 28:19)

DU SAINT BAPTÊME

Le saint baptême est une ordonnance extérieure visible, dont le rite consiste en ce qui suit : On baptise avec de l’eau, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à des fins sacrées, tous ceux qui entendent, croient et reçoivent joyeusement d’un cœur pénitent la doctrine du saint Évangile, conformément à l’institution de Christ et à l’usage de Ses apôtres. (Ac 2:41 ; Mt 3:11 ; Ac 10:48)

Le bienfait que l’Éternel Dieu déclare de Sa part par le signe du baptême, est le lavage des corruptions du péché de l’âme, par l’effusion du sang de Christ, ce qui signifie le pardon des péchés, obtenu par ce sang, pour l’assurance d’une bonne conscience auprès de Dieu, assurance par laquelle les croyants se réconfortent avec la promesse du salut éternel. (Ac 22:16 ; Col 1:14 ; 1 Jn 1:7 ; Hé 1:3 ; Ap 1:5)

Les obligations que le baptême impose aux baptisés sont les suivantes : En ensevelissant leurs péchés dans la mort de Christ, ils se lient à la nouveauté de vie de Jésus, afin d’employer, en tant que membres du corps de Christ (ayant revêtu Christ), chacun ses dons particuliers, au maintien et à l’amélioration de ce corps dans les choses spirituelles et temporelles. En outre, en tant que véritable maison de Dieu et citoyens de la Jérusalem céleste, ils doivent obéir aux lois civiles de leur Roi en observant tous Ses commandements. (Rm 6:3-4 ; Col 2:12 ; Ga 3:27 ; 1 Co 12:25 ; Eph 2:19 ; Mt 28:20)

DE LA SAINTE-CÈNE

La Sainte-Cène du Seigneur est une ordonnance instituée par Jésus-Christ en Son souvenir, qui doit être observée jusqu’à Sa venue par tous ceux qui sont baptisés sur la base de la vraie foi en Christ pour former un seul corps dans l’Église du Nouveau Testament. (Mt 26:26 ; 1 Co 11:24, 26)

Ce rite consiste en ce qui suit : Un ministre de l’Évangile, conformément à l’institution de Christ et à l’usage de Ses apôtres, prend du pain et du vin dans un but saint, rompt le pain et verse le vin, puis, après avoir préparé le tout et rendu grâces, il distribue les deux aux membres croyants. Lorsqu’un croyant mange le pain rompu et boit le vin, il proclame la passion de Christ. Autrement dit, nous signifions par ce signe visible Ses souffrances amères et Sa mort, ainsi que l’effusion de Son sang précieux, leurs causes ainsi que les bienfaits de Sa mort, par lesquels l’homme reçoit la rémission de ses péchés. Cette proclamation permet à l’Église croyante de rendre grâce à Dieu pour ce bienfait et, comme il incombe aux membres d’un même corps, de vivre et de marcher ensemble ici, d’un même cœur et comme une seule âme, dans la paix, l’amour et l’unité. (Lc 22:19-20 ; Ac 2:42 ; Ac 20:11 ; 1 Co 10:16-17 ; 1 Co 11:23-25 ; Ac 4:32)

Voici la somme de tout ce qui a été dit : 

1) Le Seigneur Christ est le fondement et la seule cause méritoire du salut éternel ; 

2) La vraie foi en Lui est le moyen par lequel nous devenons enfants de Dieu et participants de Ses mérites ; 

3) On doit connaître extérieurement les enfants de Dieu par la confession et les fruits de leur foi ; 

4) Dieu, par les signes extérieurs du Saint baptême et de la Cène, met sous les yeux de Ses enfants les bienfaits de Sa grâce et les lie, en tant que membres de Jésus-Christ, à un seul corps, c’est-à-dire, à l’Église de Dieu et de Christ, Église par laquelle ils sont également avertis de l’obéissance qui Lui est due.

Ceci pourrait conclure la réponse à la première question, mais puisque l’Éternel Dieu, pour le bien-être de Son Église et la propagation de la vérité, pour l’honneur de Son nom et pour le salut de l’humanité, a institué d’autres cérémonies et lois, en plus de certaines charges que les vrais membres de l’Église de Dieu sont tenus d’observer selon les circonstances, nous les joindrons aussi brièvement que possible et convenable à ce qui a précédé. 

Nous le ferons d’autant plus que notre présentation de la paix aux personnes de même foi s’adresse en partie à elles, afin qu’il apparaisse plus clairement qu’elles s’accordent avec nous et nous avec elles dans l’ordre de la maison chrétienne, pour vivre conformément à cet ordre par l’obéissance chrétienne, ensemble dans l’amour, la paix et l’unité, sans penser pour quelque raison que ce soit à se séparer à nouveau les uns des autres.

DES CHARGES D’ENSEIGNANT ET DE DIACRE DANS L’ÉGLISE ; AUSSI COMMENT L’ÉLECTION À CES CHARGES ET LA CONFIRMATION DANS CELLES-CI DOIVENT SE DÉROULER, CONFORMÉMENT À L’ORDONNANCE DE DIEU

De même qu’un corps se compose de différents membres ayant chacun sa fonction propre et spéciale, selon l’efficacité propre à chaque partie, faisant croître le corps pour son édification, de même en est-il de l’Église de Dieu. Car, bien que chaque croyant soit un membre du corps de Christ, tous ne sont pas pour autant pasteurs, enseignants, anciens ou diacres, car ceux-ci sont ceux qui ont été dûment nommés à de telles charges. Ainsi, l’administration de ces charges, comme la prédication publique de la Parole de Dieu, l’administration des saintes ordonnances du baptême et de la Cène conformément à l’institution de Christ et l’usage de Ses apôtres, appartiennent aux personnes ordonnées et élues à cet effet : les pasteurs et enseignants, tout comme il appartient aux diacres de pourvoir aux besoins des pauvres. (Rm 12:4 ; 1 Co 12:12 ; Eph 4:7 ; Ac 20:28 ; Tt 1:1 ; Rm 12:7 ; 2 Tm 4:2 ; 1 P 5:2 ; Mt 28 ; Mc 16 ; Ac 6 ; 1 Tm 3:8 ; 1 Tm 5:9)

Concernant leur appel et leur élection à ces charges, l’Église doit tenir compte des conditions requises chez ces personnes pour qu’elles remplissent dignement lesdites charges, conformément aux exigences de Paul. (1 Tm 3 ; Tt 1) Afin de remplir ces conditions, l’Église doit se préparer avec une crainte pieuse, par le jeûne et la prière, avec une invocation constante du nom de Dieu, afin qu’Il montre, Lui qui connaît tous les cœurs, par le vote unanime de l’assemblée, ceux qu’Il considère dignes d’une telle charge. L’assemblée doit prier avec la confiance que le Seigneur, qui entend les prières de ceux qui sont assemblés en Son nom et qui exauce la requête des hommes pieux, manifestera, par Son Saint-Esprit, Sa coopération et fera ressortir ceux qu’Il sait être aptes à cette charge. Sur ce, après avoir été examinés, ces hommes sont confirmés à cette charge par les enseignants, devant l’Église,  par l’imposition des mains. (Ac 1:24 ; Ac 6 ; Lc 6:8 ; Mt 2:8 ; 1 Tm 3:10 ; 1 Tm 4:14 ; 1 Tm 5:22 ; 2 Tm 1:6)

DU LAVEMENT DES PIEDS

Nous confessons que le lavement des pieds est une ordonnance de Christ, qu’Il a Lui-même pratiquée sur Ses disciples et qu’Il a commandé aux vrais croyants d’imiter Son exemple, disant : « Si donc moi, votre Seigneur et Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait ». Et encore : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez » (Jn 13:14-15, 17).

Le but pour lequel le Seigneur a institué cette ordonnance est principalement ceci : Afin que nous puissions nous souvenir, dans une vraie humiliation, que par grâce nous sommes lavés du péché par le sang de Christ, et que Lui, notre Seigneur et Maître, par Son humble exemple, nous lie à la vraie humilité les uns envers les autres (Jn 13:8, 10, 14). L’apôtre classe le lavement des pieds parmi les bonnes œuvres (1 Tm 5:10).

DU MARIAGE

Nous tenons que le mariage est une ordonnance de Dieu, instituée pour la première fois par Dieu au Paradis et confirmée chez nos premiers parents, Adam et Ève, lesquels furent créés à l’image de Dieu, mâle et femelle, alors qu’ils étaient encore tous deux dans la faveur de Dieu. (Gn 2:22 ; Gn 1:27)

Conformément à cette première institution et en accord avec l’ordonnance de Christ (Mt 19:5), les enfants de Dieu (qui ne sont pas trop proches par la consanguinité) doivent entrer dans le mariage après avoir prié à ce sujet, et le garder inviolable, afin que chaque homme ait sa propre et unique femme, et chaque femme son propre mari, et rien ne doit les séparer, sauf l’adultère. (Lv 18 ; Lv 20 ; 1 Co 5:1 ; Mt 19 ; Rm 7:2 ; 1 Co 7:2 ; Mt 5:32 ; 1 Co 9:5)

Ainsi, il est légitime qu’un frère prenne une sœur pour femme et qu’une sœur, aussi, puisse se marier avec qui elle veut, seulement dans le Seigneur, c’est-à-dire selon l’ordonnance et le plaisir du Seigneur, comme mentionné précédemment. Mais nous ne trouvons nulle part que Dieu, par Sa Parole, ait ordonné ou institué qu’un membre croyant de l’Église puisse conclure un mariage avec une personne incroyante et mondaine. Au contraire, nous trouvons que l’Éternel Dieu était très en colère contre ceux qui faisaient ainsi, et déclarait qu’ils étaient charnels et qu’ils ne se laissaient pas conduire par Son Esprit. C’est pourquoi nous réprouvons tous ceux qui suivent en ceci la convoitise de leur propre chair, de la même manière que nous le faisons pour d’autres pécheurs charnels. (1 Co 7:39 ; Dt 7:3 ; Né 10:30 ; Né 13:25-27 ; Gn 6:6)

DE LA FONCTION DE LA MAGISTRATURE

Le pouvoir séculier, ou la magistrature, est ordonné par Dieu dans tous les pays, et ne porte pas l’épée en vain, car il est le ministre de Dieu et le vengeur, pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. (Rm 13:2, 4 ; 1 P 2:14)

Chacun doit se soumettre aux autorités supérieures. Quiconque résiste à l’autorité, résiste à l’ordonnance de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. (Rm 13:1-2)

Tous les vrais croyants, liés par la Parole de Dieu, ont donc le devoir de craindre la magistrature, de lui rendre honneur et obéissance en tout ce qui n’est pas contraire aux commandements du Seigneur et de lui payer les impôts, les tributs et les taxes, sans protester ni murmurer. En effet, conformément aux paroles de Pierre, nous devons nous soumettre à toutes les ordonnances de l’homme pour l’amour du Seigneur, et prier le Dieu tout-puissant pour les dirigeants séculiers. Nous devons aussi être grandement reconnaissants envers le Seigneur pour les gouvernements bons et raisonnables. (Rm 13:7 ; Ac 4:19 ; Ac 5:29 ; 1 P 2:13 ; Jr 29:7 ; Baruch 1:11 ; 1 Tm 2:2)

Cependant, nous ne trouvons pas que le Seigneur Jésus-Christ ait ordonné cette fonction d’autorité séculière dans Son royaume spirituel, l’Église du Nouveau Testament, ou qu’Il l’ait ajoutée aux fonctions de Son Église. Il n’a pas non plus donné à Ses disciples de lois adaptées à cette fonction et à ce gouvernement, mais Il leur a dit : Les rois et les seigneurs des païens, et ceux qui exercent l’autorité parmi eux, sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. (Mt 20:25-26 ; Lc 22:25-26) 

Nous laissons là l’affaire, car nous ne considérons pas qu’il soit nécessaire d’entrer dans plus de détails.

DE LA PRESTATION DE SERMENTS

Pour confirmer une cause qui était juste et vraie en elle-même, les pères de l’Ancien Testament étaient autorisés à jurer par le nom de Dieu. (Dt 6:13 ; Mt 5:33)

Mais le Fils du Dieu vivant, le Roi et le Législateur du Nouveau Testament, auquel nous sommes liés par le commandement d’obéir, par une voix de Dieu venant du ciel, a interdit aux chrétiens tout serment, comme le fait également l’apôtre Jacques. Par conséquent, la prestation de serment est interdite aux croyants du Nouveau Testament. (Mt 3:17 ; Mt 17:5 ; Mt 5:34 ; Jc 5:12)

DE LA SÉPARATION

La séparation ou l’exclusion de l’Église est un décret ou une sentence de celle-ci, en vertu de la Parole de Dieu et avec son autorité, contre un ou plusieurs membres de l’Église qui, par un péché ouvert, une vie scandaleuse, l’hérésie ou l’entêtement, se sont séparés de Dieu et de la communion de Jésus-Christ, et n’appartiennent plus au Royaume de Christ ou à Son Église. Par conséquent, en vertu de la Parole de Dieu, au nom de toute l’Église, la fraternité n’a plus lieu d’être. (1 Co 5:3 ; Mt 18:18 ; 1 Co 5:1 ; Rm 16:17 ; Tt 3 ; Mt 18:17 ; Es 59 ; Tt 1:16 ; 1 Co 6:9 ; Ga 5:21 ; 1 Co 5:12 ; 2 Co 2:8)

Les raisons pour lesquelles nous devons nous séparer, raisons que l’Église doit respecter dans la séparation, sont principalement les suivantes : 

1) Montrer que sa doctrine ne permet en aucun cas de tels péchés, mais qu’elle leur est totalement opposée, afin que ce faisant, la pureté de la doctrine soit préservée et le nom de Dieu glorifié (1 Tm 1:20 ; Tt 1:13 ; 2 Tm 4:15) ; 

2) Prouver en fait par la séparation qu’elle est l’ennemie du péché et qu’elle ne le tolérera en aucun cas, afin que toutes les causes de reproche envers l’Église soient évitées (1 Co 5:1-2 ; Tt 2:8) ; 

3) Éviter que par des relations et une communion constantes avec le mal, les personnes de bien ne soient mêlées au levain ou corrompues (1 Co 5:7 ; 2 Tm 2:17) ; 

4) Convaincre le pécheur dans sa conscience, par l’excommunication et le retrait, et l’amener à la honte et à la réformation, afin qu’il puisse être sauvé (2 Th 3 ; 1 Co 5:5) ; 

5) Avertir les autres qui entendent et voient cela, afin qu’ils craignent de suivre un tel mal.

Mais lorsque le pécheur séparé montre des fruits authentiques de repentance, nous devons à tout moment être prêts à le recevoir à nouveau en paix dans la communion chrétienne de l’Église, s’il le demande sincèrement. (2 Co 2)

DE LA MISE À L’ÉCART

Avoir des relations et des interactions quotidiennes — telles que manger, boire, acheter, vendre, et toutes autres transactions temporelles ou mondaines superflues — avec les apostats impies est non seulement dangereux pour les gens pieux, qui peuvent ainsi être contaminés ou être considérés comme compagnons des apostats, mais est aussi nuisible à l’apostat lui-même, puisque, par une telle association, il pourrait s’endurcir dans le péché et estimer son offense de moindre conséquence.

Nous comprenons donc d’après la Parole de Dieu, que pour éviter selon l’onction de l’Esprit les dangers du péché et des offenses, et pour amener le pécheur apostat à la honte et à la repentance, le vrai membre de Christ doit se retirer des relations quotidiennes et de la communion avec les apostats impénitents. Il doit les éviter et n’avoir rien à faire avec eux, et cela sans acception de personnes, à moins d’être lié à l’apostat par un commandement de Dieu. 

Car, en matière de mise à l’écart, personne ne devrait agir contrairement à l’amour, à la bienveillance, à la bienséance et à la justice chrétiennes, vertus suprêmes que le chrétien a le devoir de montrer à tous les hommes, même à ses ennemis. À cette fin, Dieu a donné toutes les lois, qui ne peuvent sous aucun prétexte être diminuées, encore moins enfreintes ou transgressées. (1 Co 5:5 ; 2 Tm 2:21 ; 2 Th 3 ; Tt 3 ; 2 Th 3:14 ; 2 P 1:6 ; Tt 2:12 ; Rm 13:8 ; Mt 5:44 ; Rm 13:9-10 ; 1 Tm 1:5 ; Ap 22:19 ; Mt 5:19 ; Jc 2:1)

DE LA SECONDE VENUE DE CHRIST, DE LA RÉSURRECTION DES MORTS ET DU JUGEMENT DERNIER

Enfin, nous croyons que le Fils du Dieu vivant, le Seigneur Jésus-Christ, notre unique Prophète, Prêtre et Roi, descendra visiblement du ciel comme Il y est monté, sur les nuées et avec tous les saints anges de Dieu, avec puissance et grande gloire, au cri de la voix d’un archange et au son de la trompette de Dieu, qui se fera partout entendre. Alors tous les hommes qui auront vécu sur la terre et qui seront morts, bons et méchants, justes et injustes, ressusciteront d’entre les morts, dans l’incorruptibilité avec leur propre corps dans lequel ils ont vécu ; mais ceux qui vivront encore en ce jour-là et n’auront pas goûté la mort seront changés en un clin d’œil en incorruptibilité, au dernier son de la dernière trompette. (Ac 1:11 ; Ap 1:7 ; 2 Th 1:7 ; 1 Th 4:16 ; Mt 24:50 ; So 1:16 ; Mt 25:7 ; 2 Co 5:10 ; Rm 14:11 ; Jr 5:29 ; Ac 24:15 ; 1 Co 15:42 ; Jr 26:19 ; 1 Co 15:38, 52)

Ainsi, toute la famille humaine sera placée devant le siège du jugement de Christ, afin que chacun reçoive en son corps selon ce qu’il a fait, que ce soit bien ou mal. Car le Seigneur Jésus-Christ séparera alors comme un berger les brebis des boucs. Il mettra à Sa droite ceux qui ont fait le bien, mais à Sa gauche ceux qui ont fait le mal ; et là Il prononcera la sentence éternelle et irrévocable. (2 Co 5:10 ; Mt 25:32-33, 46 ; Jd 1:14)

Aux vrais croyants qui, par la foi, ont accompli des œuvres d’amour et de miséricorde, Il dira : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Ceux-ci seront alors enlevés sur les nuées à la rencontre du Seigneur, qui les emportera avec Lui dans la vie éternelle, dans la gloire et la splendeur célestes, où ils seront pour toujours avec le Seigneur en compagnie des innombrables saints anges, avec Abraham, Isaac, Jacob et tous les hommes pieux, dans une immense et indicible joie et allégresse. (2 P 1:5 ; Mt 25:34 ; Lc 16:9 ; 2 P 1:11 ; 1 Th 4:17, 14 ; Jn 14:3 ; Jn 17:24 ; Dn 12:12 ; 1 P 1:8-9)

Mais les injustes qui n’ont pas connu Dieu ni obéi à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ et qui n’ont accompli aucune œuvre d’amour ou de miséricorde seront alors condamnés au feu éternel avec ces paroles douloureuses et intolérables : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » où « il y aura des pleurs et des grincements de dents ». (1 Co 6:9 ; 2 Th 1:8 ; Rm 2:9 ; Mt 25:41 ; Mt 22:13)

Ceux-là iront là où le ver ne meurt pas, où le feu ne s’éteint pas. Sur eux s’abattront la tribulation et l’angoisse, le mécontentement, la colère et la destruction éternelle, devant la face du Seigneur et devant la gloire de Sa puissance. (Es 66:24 ; Mc 9:46 ; Ml 4:1 ; Rm 2:9 ; 2 Th 1:9 ; 4 Esdras 9:10 ; Lc 16:24)

Que le Dieu de grâce et de miséricorde nous préserve par Jésus-Christ, Son bien-aimé Fils, et dans la puissance du Saint-Esprit, de ce terrible châtiment des impies, et qu’Il nous accorde Sa grâce, afin que nous puissions vivre saints ici sur terre et mourir heureux, en vue d’une heureuse résurrection et une joyeuse apparition en présence de Sa gloire, Amen.

NOTE : Suivent ici deux autres questions et leurs réponses que nous pourrions citer, mais nous estimons que cela n’est pas nécessaire, puisque le traité donné embrasse la substance ou la somme entière de la confession de la foi salvatrice, si elle est bien comprise.

Il y avait également une lettre en annexe, qui avait été envoyée à l’avance comme préparatif de la paix, lettre signée par diverses personnes (anciens et enseignants).

Fait à Amsterdam, le 27 septembre 1627.

ÊTES-VOUS PRÊTS POUR LE RETOUR DU SEIGNEUR ?

Article publié dans le Messager de la Vérité, 11 décembre 2024

Au milieu des années 1970, nous rendions visite à un parent et nous l’écoutions exposer l’enseignement prémillénariste. Il a dit, avec une assurance considérable : « Je crois que le Seigneur reviendra d’ici 1990. » J’ai réfléchi un moment, puis je lui ai demandé : « Es-tu prêt ? » « Non », m’a-t-il répondu.

Selon ce que je lis dans la Bible, il est beaucoup plus important d’être prêt à rencontrer le Seigneur à tout moment que de savoir quand ce moment pourrait arriver. Mais j’avoue que j’ai autrefois cru la même chose que mon parent. Un an après notre mariage, le pasteur de l’Église que nous fréquentions a enseigné une série d’études bibliques tout au long de l’hiver sur la doctrine prémillénariste dispensationaliste. Nous étions de nouveaux chrétiens et nous nous en sommes imprégnés. Après tout, il citait des versets de la Bible ; cela semblait avoir une solide base biblique.

Mais il y a un problème : j’aime lire. J’ai donc commencé à acheter des livres d’auteurs prémillénaristes bien connus, comme Hal Lindsey, John Walvoord, Dwight Pentecost et d’autres. Ils citaient les Écritures et expliquaient comment elles s’appliquaient aux événements actuels. Cela semblait tout à fait plausible, même si j’ai remarqué des divergences dans leurs interprétations, car le déroulement des événements actuels ne correspond pas toujours aux prédictions des auteurs et des prédicateurs.

J’ai été vraiment surpris lorsque j’ai lu un livre plus ancien de Lewis Sperry Chafer. Les autres auteurs que j’avais lus étaient diplômés du séminaire théologique de Dallas ; deux d’entre eux y étaient enseignants. Chafer était le fondateur du séminaire théologique de Dallas. Dans ce livre du début des années 1930, il proclamait que Benito Mussolini était l’Antéchrist. Au moment où j’ai lu le livre, Mussolini avait déjà connu une chute et une fin peu glorieuse. Cela souleva un gros point d’interrogation. Une question encore plus grande fut soulevée par sa déclaration selon laquelle l’appel à la repentance ne s’appliquait qu’aux Juifs, car, voyez-vous, les Juifs avaient rejeté Jésus. Les Gentils (païens) ne portent pas cette culpabilité et n’avaient pas besoin de se repentir ; ils devaient simplement croire en Jésus comme leur Sauveur. Je vis cela comme une contradiction totale avec ce que l’apôtre Paul dit aux Athéniens, disant que Dieu appelle maintenant tous les hommes partout dans le monde à se repentir (Actes 17.30).

Avec le temps, toute la structure de la doctrine dispensationaliste prémillénariste commença à ressembler à un fragile château de cartes. En effet, toute la doctrine du Millénium s’appuie sur un seul verset (Apocalypse 20.4), mal interprété. Je l’abandonnai et je revins au vieil enseignement selon lequel un jour viendra où Jésus reviendra une seule fois, un jour appelé « la fin du monde », jour qui pourrait arriver n’importe quand, car même au temps des Apôtres, la plupart des chrétiens pensaient que toutes les prédictions liées à la fin des temps étaient accomplies ou sur le point de l’être et les vaudois croyaient de même vers la 1200 (c.f. La noble leçon). À ce moment-là, il appellera tous les hommes, ceux qui sont vivants et ceux qui sont morts depuis longtemps, au jugement. Certains iront au tourment éternel et d’autres à la béatitude éternelle. Ce que la Bible enseigne en réalité est assez simple. La Bible enseigne qu’il est inutile de spéculer sur le moment et les circonstances de la fin (Actes 1.7 et Matthieu 24.36).

Plus tard, j’ai découvert que l’enseignement d’un Antéchrist des temps modernes qui établirait un royaume mondial et serait ensuite détruit par le Seigneur à son retour provenait de l’Église catholique romaine. Les anabaptistes qualifièrent, pendant au moins mille ans, l’Église catholique et le pape d’Antéchrist, ce qui signifiait non seulement qu’ils s’opposaient à Christ, mais qu’ils prétendaient prendre sa place. Un écrit vaudois du sud de la France datant de 1100 apr. J.-C. raconte comment l’Antéchrist avait remplacé le Saint-Esprit par ses cérémonies, faisant dépendre le salut du baptême par un prêtre catholique romain plutôt que du Saint-Esprit. Les cérémonies catholiques romaines promettaient les bienfaits du christianisme sans nécessiter de lien personnel avec Dieu ou le Saint-Esprit.

Le titre du pape, qui le proclame « vicaire » de Jésus-Christ, soit celui qui exerce tout le pouvoir et toute l’autorité de ce dernier sur Terre, équivaut à désigner le pape comme étant l’Antéchrist. Menno Simons qualifie souvent l’Église catholique romaine d’Antéchrist. Les réformateurs adoptèrent le terme d’Antéchrist et l’appliquèrent au pape et à l’ensemble du système catholique. Finalement, l’Église catholique dut faire quelque chose, alors quelques érudits jésuites écrivirent des livres donnant une image différente de ce que la Bible entendait par Antéchrist.

L’un d’entre eux était Manuel Lacunza (1731-1801), un jésuite chilien, qui prétendait dans son livre être un juif érudit nommé rabbi Juan Josaphat ben Ezra. Il décrivait l’Antéchrist comme un chef religieux et politique mondial qui apparaîtrait à la fin des temps et serait détruit par le retour de Christ. Ce livre, écrit en espagnol, fut traduit en anglais vers 1826 et excita l’imagination d’un certain nombre de personnes, le plus célèbre étant John Nelson Darby. Darby avait été avocat, puis ministre de l’Église d’Angleterre (anglicane), et dans sa désillusion envers cette Église, il décida qu’il n’y avait plus d’Église. Il parla de la ruine de l’Église, affirmant qu’elle était en ruines et qu’elle ne pouvait pas être reconstruite, restaurée ou ressuscitée. Il ne reste plus aux chrétiens que de se rassembler et de prier sans la structure et l’ordre d’une Église.

D’après Darby, s’il n’y avait plus d’Église, alors de nombreux passages de la Bible qui s’appliquaient à l’Église devaient s’appliquer à une époque future. À partir de là, il continua à élaborer sa doctrine prémillénariste et dispensationaliste, affirmant que Dieu avait offert le salut à l’humanité de six manières différentes et que chacune d’entre elles avait été un échec. La dernière était l’Église, et elle aussi avait été un échec ; par conséquent, ces versets doivent s’appliquer à une époque future où Jésus régnerait sur le monde pendant mille ans, depuis Jérusalem. Darby élabora tout un plan incluant l’enlèvement, sept années de tribulations, puis le retour de Christ, un règne de mille ans, et, à la fin de ce merveilleux et paisible règne de mille ans, les gens se rebelleraient contre Christ, ce qui conduirait à la bataille d’Armageddon et au jugement final, les gens étant assignés soit à l’enfer, soit au ciel.

Rien de tout cela n’apparaît lorsque vous lisez la Bible. Il faut un guide pour « comprendre » ce système, il ne vient pas à l’esprit spontanément lorsqu’on lit la Bible sans influence extérieure, c’est pourquoi il existe tant de livres pour vous aider à comprendre cette doctrine, tous basés sur l’imagination plutôt que sur les mots simples de l’Écriture. Darby prit le verset de l’apôtre Paul sur la division correcte de la parole de vérité comme une autorisation de découper les versets de la Bible en petits morceaux et de les réorganiser pour arriver à son plan. C’est ainsi que notre pasteur nous avait enseigné de nombreuses années auparavant. Il ne prit jamais un passage biblique entier pour l’expliquer. Il a pris des petits morceaux ici et là et les a rassemblés d’une manière qui était convaincante à ce stade de notre vie chrétienne. Mais nous ne sommes pas restés convaincus ; l’ensemble ne se tient tout simplement pas.

L’apôtre Pierre met en garde contre l’utilisation abusive des paroles de Paul, disant qu’il y a des choses difficiles à comprendre dans ses écrits, « que les personnes ignorantes et mal assurées tordent, comme les autres écritures, à leur propre perdition » (2 Pie. 3.16). Le mot « tordre » signifie ici pervertir, déchirer, ce qui est une description appropriée de ce qui se passe lorsque certaines personnes pensent qu’elles divisent correctement l’Écriture. « Diviser » signifie couper droit, enseigner correctement la vérité.

Quant à l’enlèvement secret des saints, cette idée ne vient pas de la Bible et était complètement inconnue avant 1830. C’était l’année où Margaret MacDonald, une jeune Écossaise de quinze ans, rêva que le Seigneur allait enlever son peuple de la terre avant la grande tribulation. Darby était l’un de ceux qui vinrent écouter le rêve de cette jeune femme, et [soit sous l’influence de Lacunza ou celle de Margaret MacDonald, qu’il critiqua pourtant] il l’incorpora dans sa doctrine prémillénariste.

Je suppose que Darby croyait ce qu’il enseignait. Au début du mouvement des Frères de Plymouth, il était décrit comme une personne douce et gentille qui communiait librement avec tous ceux qui professaient la foi en Jésus-Christ. Après avoir présenté sa doctrine prémillénariste dispensationaliste et que certains autres Frères de Plymouth ne voyaient pas les choses de la même manière, il se mit à défendre son enseignement. Il cessa de communier avec quiconque ne voyait pas les choses comme lui. Puis il coupa la communion avec quiconque avait des relations avec ceux qui ne pensaient pas comme lui. Finalement, il est devenu le chef de son petit groupe exclusif de Frères de Plymouth, passant d’un homme humble qui fraternisait avec n’importe qui à un pape virtuel de son petit groupe.

Ce n’est pas seulement Darby qui s’empara de cet enseignement de l’Antéchrist des derniers jours ; il existe d’autres stratagèmes. Mon père avait l’habitude d’écouter l’émission nationale canadienne « Back to the Bible Hour » tous les dimanches matin. Ernest Manning, qui était également le premier ministre de l’Alberta, parlait de Gog et Magog et de la Grande Ourse, de la Russie, et de la façon dont ils allaient attaquer Israël, ce qui conduirait à la bataille d’Armageddon. Plus on étudie le prémillénarisme, plus il devient fragile.

Les préceptes de Jésus-Christ et de nos ancêtres anabaptistes-mennonites nous enseignent que la chose la plus importante est la façon dont nous vivons notre vie au jour le jour. Nous devrions refléter la vie de Jésus-Christ en nous et fonder notre salut sur une véritable repentance, une nouvelle naissance et la communion du Saint-Esprit afin d’être sûrs de marcher avec Dieu, de l’aimer, d’aimer notre prochain comme nous-mêmes et d’être prêts à tout moment pour le retour de notre Sauveur. C’est là le point important : peu importe quand ou comment il viendra. Nous pouvons penser connaître une date, mais que se passera-t-il si nous sommes heurtés par une voiture demain alors que nous traversons la rue ? Sommes-nous prêts ? C’est la question la plus importante.

Bob Goodnough, Delisle, Saskatchewan, Canada