Coronavirus: Le plus grand danger

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Image par Karen Arnold de Pixabay

Auteur: Bob Goodnough

Une amie qui est vétérinaire m’a dit que son fournisseur habituel de gants chirurgicaux n’avait plus de stock. Comme elle ne peut pas exercer dans un cabinet vétérinaire sans eux, elle a effectué des recherches en ligne, a demandé à son mari de fouiller dans les magasins et a trouvé suffisamment de gants pour continuer.

Il y a de la peur dans l’air, les gens paniquent pour se protéger; ils achètent des gants chirurgicaux, des masques chirurgicaux et du papier hygiénique. Tout cela à cause d’une maladie qui ne semble pas être bien pire qu’une grippe ordinaire.

Quelques milliers de personnes sont décédées des suites de l’infection par COVID-19. Il y aura plus de décès, nous ne savons pas combien. Est-ce le plus grand danger auquel sont confrontés les gens dans le monde aujourd’hui? D’après les mesures drastiques prises par les gouvernements, les ligues sportives et les gens en général, on pourrait le penser.

Mais le péché est un danger bien plus grand pour l’humanité, et nous en sommes tous infectés. Jésus-Christ nous offre un remède 100 % efficace et sûr. Pourquoi certaines personnes semblent-elles craindre que le remède ne soit pire que la maladie? C’est comme l’écrivait G. K. Chesterton : « Le christianisme n’a pas été essayé et trouvé en défaut; il a été jugé difficile et n’a donc pas été essayé. » Nous les chrétiens, pouvons être quelque peu à blâmer pour cela. Le salut n’est pas un produit qui peut être vendu en utilisant les méthodes de commercialisation du monde; le seul moyen de le rendre attractif est de le vivre, chaque jour, dans tout ce que l’on fait.

Reblogué de Témoin Anabaptiste

Quel genre d’Église est celle-ci?

article original: https://temoinanabaptiste.com/2020/01/26/quel-genre-deglise-est-celle-ci/

Je suis membre de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Quel genre d’Église est-elle?

Il y a trente ans, nous vivions dans le sud-ouest de l’Ontario, une région où il y a 25 sortes d’Églises mennonites. Des gens me posaient des questions comme : votre église autorise-t-elle l’usage des voitures? De l’électricité? Des téléphones? Ils essayaient de placer l’église à laquelle j’appartenais dans une catégorie qu’ils pouvaient comprendre. Mais elle ne correspond vraiment à aucune des catégories qu’ils avaient en tête.

Une missionnaire de l’Église de Dieu en Christ, mennonite en Côte d’Ivoire est confronté à des questions similaires. Les gens lui demandent si cette église est une église évangélique. La réponse est oui, mais. Oui, nous sommes évangéliques; mais nous ne nous conformons pas à l’image que ce terme apporte à l’esprit de la plupart des gens.

Ce fut à Antioche que pour la première fois les disciples furent appelé chrétien. Ces disciples ne correspondaient à aucune catégorie familière aux habitants d’Antioche. Ils avaient cessé d’adorer dans les temples païens, mais ils n’étaient pas devenus juifs. Ils étaient quelque chose de complètement nouveau, des gens qui parlaient souvent de Jésus-Christ. Le peuple d’Antioche inventa donc un nouveau terme : chrétien. C’est toujours le meilleur terme pour nous décrire, vraiment le seul qui compte. Mais beaucoup de bagages ont été attachés à ce nom depuis Antioche. Chrétien signifie beaucoup de choses différentes selon les gens.

Les membres de l’Église de Dieu en Christ mennonite sont comme ces premiers croyants à Antioche. Nous ne prétendons pas simplement connaître Jésus; pour devenir membres de cette Église, nous devons avoir l’assurance qu’il nous connaît. Être un disciple de Jésus signifie que nous évitons tout ce qui ne lui plaît pas et nous soumettons à tout ce qu’il nous demande. Nous ne décidons pas ce qu’il n’attend de nous par le raisonnement ni par ce qui est enseigné par nos prédicateurs. Être un disciple de Jésus signifie avoir une relation réelle avec lui où il nous guide personnellement.

Il y a quelques années, le conseil municipal d’une communauté du nord de la Saskatchewan était préoccupé par les tessons de bouteilles brisés dans leurs rues. Ils essayèrent d’obtenir du gouvernement provincial qu’il interdise la vente de boissons alcoolisées dans des contenants en verre. Un chroniqueur d’un hebdomadaire, un indigène du peuple Cri écrivit dans sa chronique qu’il serait préférable qu’ils se préoccupent davantage de ce qu’il y avait dans les bouteilles. C’était le vrai problème.

Appliquons donc cette même idée à la question de quel genre d’Église est celle où nous sommes membres. Toutes les tentatives pour nous identifier par une étiquette sur notre bouteille — pour nous inscrire dans une catégorie d’église reconnaissable — ne fonctionnent pas. La différence est en ce qu’il y a à l’intérieur. Pour en revenir aux questions qui m’ont été posées il y a des années sur les voitures, l’électricité et les téléphones — avoir ou ne pas avoir ces choses n’est pas ce qui fait de nous des chrétiens. La vraie question est, que faisons-nous de ces choses, où allons-nous avec elles? Et c’est une question de cœur.

Seules les personnes baptisées par le Saint-Esprit peuvent être membres de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. La preuve de ce baptême n’est pas des choses extérieures, comme parler en langues. C’est un cœur transformé qui est rempli d’amour, de joie, de paix, de patience, de douceur, de bonté, de foi, de douceur, de tempérance. Les signes extérieurs peuvent être contrefaits, non pas les choses du cœur. Oui, une personne peut conserver une apparence du fruit de l’Esprit pendant un certain temps, mais finalement quelque chose va sortir qui révèle ce qui est vraiment dans le cœur.

J’aimerais qu’il y ait une courte description accrocheuse de l’Église qui répondrait aux questions que les gens posent souvent. Mais elle ne rentre dans aucune des niches dans lesquelles les gens voudraient le placer. J’ai décidé que c’est une bonne chose. Chrétien est la seule étiquette qui décrit cette Église. Mais ce n’est qu’en goûtant ce qu’il y a à l’intérieur que les gens peuvent commencer à comprendre ce qu’il signifie vraiment être chrétien.

Points distinctifs de l’anabaptisme

Nous nous appelons officiellement l’Église de Dieu en Christ (mennonite). Entre nous, nous nous désignons comme frères et sœurs, mais parfois pour clarifier les choses, nous utilisons des termes comme anabaptiste, mennonite ou même holdeman (dans les régions où il y a plusieurs dénominations mennonites). Nous regardons nos origines anabaptistes avec respect et reconnaissance. Malheureusement, plusieurs de ceux qui s’appellent mennonites se sont éloignés des principes et pratiques des anabaptistes et sont devenus comme les groupes protestants. Nous nous efforçons de garder les distinctions anabaptistes. Pourquoi ? Lisez donc la suite, pour comprendre :

Cet article est le faible aboutissement d’un effort pour définir ce qui distingue les anabaptistes (ou les mennonites) des autres confessions classées sous le titre de chrétiens. Beaucoup de gens ne comprennent pas la distinction.

Nous sommes bénis d’avoir un héritage et une tradition anabaptistes que nous ne voulons absolument pas perdre. Ce n’est pas simplement parce que cet héritage est historique, mais il est aussi biblique. À l’ère de la Réforme, il y eut un schisme au sein du courant principal du christianisme. Certains disent que le mouvement anabaptiste est issu de la Réforme. Mais la plupart des anabaptistes soutiennent que c’est faux, et que des groupes ayant les mêmes croyances que les anabaptistes actuels ont toujours existé en marge de l’Église catholique ou des autres Églises d’État plus tard. Ces groupes ne portaient pas forcément le nom d’anabaptiste, mais avaient les mêmes croyances et faisaient face à la même persécution. On sait par exemple que ceux qu’on a appelés vaudois et ceux qu’on a appelés anabaptistes communiquaient et s’appelaient frères à une époque (vers les années 1300-1400). Ils n’avaient pour seules différences que la culture (méridionale et alpine pour les uns et Rhénane et germanique pour les autres, en général) et l’époque de leur « apogée » (les vaudois ont presque disparu aujourd’hui et leur foi est diluée).

Certains lecteurs s’opposent à l’idée de regarder le caractère distinct anabaptiste et disent que nous devons plutôt regarder le caractère distinct biblique. Je respecte ce souci, puisque nous ne voyons pas dans les anabaptistes un modèle parfait et absolu de la vie dans l’Église. Ils étaient humains.

Plutôt, il est prudent de retourner aux Saintes Écritures et de regarder les enseignements de Christ et le travail des apôtres dans la première Église (Église primitive) pour découvrir un modèle parfait de ce que devraient être la vie chrétienne et la vie dans l’Église. Il est utile de regarder comment les gens, dans le passé, interprétaient et vivaient les Saintes Écritures. C’est pourquoi nous essayons de comprendre les Écritures et de retracer l’histoire des dépositaires de la foi.

Entre autres, nous avons observé que, lorsqu’une personne se sépare de ses racines anabaptistes, il arrive presque invariablement que bientôt elle ne suive plus du tout le chemin biblique. Ainsi nous voulons demeurer historiques et nous voulons aussi être bibliques.

Nous observons que plusieurs de ceux qui partagent leurs racines avec l’anabaptisme du seizième siècle font maintenant chemin à part. Même si nous pourrions regarder toutes les directions différentes qu’ils ont empruntées, je voudrais concentrer mon attention sur trois mouvances.

  • Les traditionalistes (mennonites conservateurs et amish) : un grand schisme eut lieu parmi les mennonites suisses de l’Allemagne du Sud et d’Alsace entre 1693 et 1698. Jacob Amman, un évêque suisse, commença à enseigner et à pratiquer, parmi d’autres choses, un respect très strict de l’évitement. Il imposa des règles strictes à propos de la coupe des vêtements, plus ou moins selon le style traditionnel des paysans alsaciens. Ceci provoqua une séparation d’avec les mennonites de Suisse. Amman excommunia plusieurs ministres qui n’étaient pas d’accord avec lui, ainsi que des personnes qu’il n’avait jamais vues. Plus tard, le parti d’Amman confessa avoir agi imprudemment en excommuniant sans le consentement des assemblées. On essaya à plusieurs reprises de réconcilier les deux parties, mais en vain. Ce furent surtout les églises mennonites d’Alsace et quelques églises de Suisse qui suivirent Amman. On en vint à les appeler amish.

Certes, les doctrines de l’excommunication et de l’évitement sont bibliques, mais elles devraient être pratiquées avec beaucoup d’amour et en harmonie avec l’œuvre du Saint-Esprit.

Un autre exemple d’erreur plus subtile est celui de la Kleine Gemeinde. En 1814, la Kleine Gemeinde (petite Église, en allemand) fut fondée dans la colonie de Molotchna. Bien qu’ayant raison de s’inquiéter du manque de vie spirituelle dans les églises de la région, il leur manquait un enseignement biblique clair concernant la conversion et l’assurance du salut.

De nos jours, il y a une variété ahurissante de groupes mennonites et amish « plain », chacun avec leur propre ensemble de règles régissant la coupe des vêtements qu’ils peuvent porter. Les différences entre les groupes sont souvent très mineures, mais elles sont strictement appliquées.

  • D’un autre côté, il y a ceux qui ont pris le chemin du piétisme, avec son emphase sur l’expérience personnelle et le témoignage. Les piétistes ont plus de soucis du salut personnel que des œuvres du salut et du maintien d’une Église pure. Ils mettent l’accent sur l’expérience de la conversion et témoignent de combien ils étaient pécheurs, comment ils sont parvenus à une terrible conscience du péché, comment ils ont eu une bataille mentale épuisante et finalement sont arrivés à une conversion critique. Maintenant, ils donnent un témoignage glorieux de paix dans leur cœur parce qu’ils ont été sauvés. Ils mettent l’accent sur la présence et l’œuvre du Saint-Esprit dans leur vie, vous racontant les expériences spirituelles qu’ils éprouvent à l’intérieur. Ils témoignent de comment le Saint-Esprit les guide dans leurs activités quotidiennes. Ils voient l’Église comme un regroupement d’individus régénérés qui ont eu une expérience parallèle en Christ et se rencontrent alors pour partager leurs expériences. Ils estiment la présence et l’œuvre du Saint-Esprit dans leur vie comme l’autorité ultime, ce qui les amène à négliger l’autorité biblique. Ayant l’Esprit de Dieu dans leur cœur, ils affirment posséder personnellement l’entière vérité au-dedans d’eux-mêmes. Ils ne tiennent donc pas compte de l’autorité de la Parole. Les anabaptistes croyaient à la nouvelle naissance. Ils croyaient aussi à la conscience individuelle, à la vie dans l’Église, et à l’habitation par le Saint-Esprit. Mais ce que nous avons décrit est loin de l’anabaptisme.
  • Finalement, il y a un groupe qui a dévié vers le protestantisme. L’idée première du protestantisme est que l’homme est et sera toujours pécheur et qu’une vie victorieuse n’est pas réaliste. Ils disent, « L’Évangile est une demande impossible, » et ils disent que notre seul espoir de vivre est que le Christ est mort pour nous. Ainsi ils prêchent, « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé » (Actes 16.31), et ils soulignent que nous sommes « justifiés par la foi » (Romains 3.28 ; 5.1 ; Galates 3.24). D’où l’accent du piétisme sur le travail du Saint-Esprit, et celle du protestantisme sur l’œuvre de Jésus-Christ qui a versé son sang pour notre expiation. Les anabaptistes croyaient à la nature pécheresse de l’humanité, et ils enseignaient la justification par la foi ; mais ils croyaient aussi dans le christianisme pratique où faire la volonté de Dieu était à la fois possible et nécessaire. Alors ce que nous avons décrit du protestantisme est loin de l’anabaptisme.

Maintenant, nous voulons regarder quelques domaines où les anabaptistes sont distincts du traditionalisme, du piétisme et du protestantisme.

1. Les anabaptistes sont distincts dans leur vision des Saintes Écritures. Pour les anabaptistes, les Saintes Écritures étaient la seule autorité. Ils devaient non seulement y croire, mais aussi y obéir. Il est vrai que les réformateurs ont semblé mettre beaucoup d’importance sur les Écritures. Luther a traduit la Bible puisqu’il désirait que chaque personne de langue allemande, même le garçon de ferme, puisse lire les Saintes Écritures. Lorsque Zwingli prêchait dans l’église de Zurich, il est devenu convaincu qu’il devait prêcher à partir de la Bible. Alors, il prêcha directement de la Parole, tout en commençant par Matthieu, et ce, verset par verset. Il parla contre l’hypocrisie, la lâcheté, l’oisiveté et la gloutonnerie. Il insista sur le repentir, l’amour et la fidélité puisqu’il prêchait la Bible. Par contre, lorsqu’il fut confronté à la question, « Quand allez-vous commencer à vivre ce que la Bible enseigne, tant dans l’Église que dans la vie chrétienne ? » Il répondit finalement, « Nous allons attendre que l’État nous en donne le droit. » Alors, pour lui, quelle était l’autorité finale ?

En contraste, les Écritures étaient la seule autorité des anabaptistes. Ils étaient très radicaux dans cette façon de voir les Écritures. Ils donnaient peu d’importance aux crédos classiques. Si quelqu’un demandait aux anabaptistes, « Qu’est-ce qui est saint ? » ils diraient qu’il n’existe rien de tel qu’un objet saint [car Dieu seul est saint]. Ils n’ont jamais accordé de valeur aux reliques. Il n’existe pas non plus d’endroit saint. Ils ne recherchèrent pas la sainteté en faisant des pèlerinages aux lieux sacrés. Leurs habits ne leur conféraient aucune sainteté non plus. Ils croyaient qu’une personne n’est sainte qu’après s’être donnée en obéissance complète au Christ et à sa Parole. Ainsi, afin d’être saints, ils recherchèrent les Écritures pour trouver quelle était la volonté de Dieu dans leur vie et c’est ainsi qu’ils vivaient. Sur cette base, ils pouvaient s’appeler mutuellement saints frères.

Les anabaptistes ne se contentèrent pas de trouver, dans les Écritures, le réconfort pour les hommes déchus. Ils prirent la totalité de la Parole. Ils y trouvèrent le réconfort et l’encouragement pour les pécheurs, mais ils y trouvèrent aussi des commandements à appliquer dans leur vie. Les Écritures leur donnèrent une vie nouvelle. Cette vie, aussi dangereuse soit-elle, était leur seule espérance. Les anabaptistes « mettaient la Parole en pratique et ne l’écoutaient pas seulement » (Jacques 1.22). Les anabaptistes adoptèrent une vision des Écritures centrée sur Christ, ce qui signifie qu’ils ne regardèrent pas la Bible comme étant « plate ». Ils voyaient plutôt l’Ancien Testament comme pointant vers Christ, et ils regardèrent les enseignements de l’Ancien Testament à la lumière de l’Évangile. Ils rejetèrent tout enseignement (même dans la Bible) qui ne concordait pas avec la vie et les enseignements du Nouveau Testament.

En contraste, les réformateurs ont regardé dans l’Ancien Testament et y ont trouvé des raisons pour justifier leur combat contre les catholiques et le martyre des anabaptistes. Les anabaptistes, eux, ont plutôt regardé toutes les Écritures à la lumière de la vie de Jésus et de ses enseignements. Si quelque chose s’appliquait à l’Ancienne Alliance pour laquelle Christ dit, « Mais moi je vous dis…, » ils suivaient Christ. Les anabaptistes étaient distincts dans leur façon d’accepter l’autorité des Saintes Écritures et dans leur obéissance à celles-ci.

2. Les anabaptistes étaient distincts dans leur vision de Christ. Chacun, religieux ou non doit répondre à la question, « Que pensez-vous de Christ ? » (Matthieu 22.42). Les gens peuvent répondre à cette question de plusieurs façons. Une personne peut dire, « Il est un prophète. Il est un messager de Dieu. Il est un maître moral envoyé de Dieu. » Une autre personne peut dire, « Il est Dieu, et il doit être adoré. » C’est là la réponse des catholiques. La messe, le chant, l’aspersion de l’eau bénite, les vénérations, les cérémonies, et les vitraux font tous partie de leurs efforts pour adorer Christ. Nous pouvons aussi dire : « Il est le Sauveur, celui qui a pris nos péchés, en qui nous trouvons le pardon, et sommes justifiés, » car tout cela est nécessaire pour la purification des péchés passés. Mais c’est aussi la réponse que donnent les protestants à la question, « Que pensez-vous de Christ ? » Ils parlent de la grandeur du salut, de l’accès à Dieu et de la communion avec Christ. Ils chantent des cantiques tels que, « Alléluia, c’est accompli ! Je crois au Fils » ou encore « Je suis sauvé par le sang de celui qui fut crucifié. » Pour eux c’est ici l’essence de toute la vie chrétienne. La justification par la foi devient si grande que la sainteté de vie, l’obéissance à Christ, et la transformation à l’image de Christ sont toutes minimisées.

« Que pensez-vous de Christ ? » Pour les anabaptistes, leur vision du Christ était qu’il est toutes ces choses. Christ est un messager. Hébreux 1.1–2 dit, « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils,… » Ils le voyaient comme étant le Sauveur. Romains 5.1 dit, « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. » Ils le voyaient comme étant le Sauveur, mais aussi comme étant leur Roi. Ils croyaient que ses disciples devaient suivre son exemple et devaient faire ce qu’il a dit. Aussi, ils croyaient que la volonté de Dieu nous est révélée dans la vie et les enseignements de Christ. La vie et les enseignements de Christ devinrent la base même avec laquelle ils comparaient toutes leurs activités. Sa vie et ses enseignements étaient considérés comme un tout.

Si l’on regarde seulement son exemple, on en vient à la pensée suivante, « Que ferait Jésus ? » Alors les gens imaginent ce que ferait Jésus s’il faisait face à une vie comme la nôtre. Les anabaptistes ne regardaient pas seulement son exemple. Les anabaptistes considéraient aussi son enseignement. Ils ne faisaient pas face à la vie en se posant la question, « Que ferait Jésus ? », mais plutôt avec la question, « Qu’est-ce que Jésus nous a commandé ? » Il est le Roi. Il est le Seigneur. Sa vie est notre exemple. Par sa vie nous voyons la volonté de Dieu, mais par ses enseignements, nous connaissons la volonté de Dieu. Ainsi nous vivons selon les commandements du Christ.

Nous pouvons résumer la vision de Christ des anabaptistes et dire comme Menno Simons a dit, « Quiconque se glorifie d’être chrétien se doit de marcher comme Christ a marché. » Il est notre Seigneur. Il est notre Sauveur. Il est notre messager. Il est le « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (1 Timothée 6.15 ; Apocalypse 19.16). Les anabaptistes ont vu en Christ l’autorité de Dieu et lui ont donné leur vie par obéissance. Comme résultat, leur vie était distincte. Ils étaient des chrétiens suivant l’exemple du Christ. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des chrétiens qui suivent cette même voie dans les autres Églises, mais à ma connaissance aucune autre Église n’a de tels préceptes et les met en pratique.

Amy et Hugues

Je me marierai, si Dieu le veut, le 22 mars prochain. Amy est une jeune femme chrétienne du Manitoba, avec qui j’ai eu le privilège de travailler pendant 4 mois. Nous voyons tous les deux que Dieu a dirigé nos vies ensemble et qu’il nous a donné un amour profond qui ira en grandissant, si nous lui restons fidèles. Vous êtes tous bienvenus pour la noce et/ou pour la réception, si vous avez l’occasion de vous déplacer.

Nous vous invitons aussi à venir à la réception à l’église de Roxton Falls. Ce sera une cérémonie de bienvenue assez informelle (surtout pour Amy), qui durera environ une heure et qui sera suivie d’un repas. À ce jour, nous ne savons pas quand cette réunion pourra avoir lieu. À bientôt!

Là où les anabaptistes et les évangéliques divergent

Témoin anabaptiste

Il existe de nombreuses similitudes entre les anabaptistes et les évangéliques. Nous croyons tous que le salut n’est possible que par le sang versé par Jésus-Christ au Calvaire. Nous croyons tous que le salut est un don de Dieu, qui nous est accordé par la nouvelle naissance et ne peut être atteint par des œuvres de justice. Nous croyons tous que les œuvres de justice doivent suivre la nouvelle naissance, qu’elles sont produites par l’œuvre du Saint-Esprit dans nos cœurs et qu’elles sont la preuve de la nouvelle vie en Jésus-Christ.

Mais il y a aussi des points où les anabaptistes et les évangéliques divergent et je crois que la divergence commence avec notre vision de l’Église. En tant qu’anabaptiste, je crois que les paroles de Jésus dans Matthieu 16.18 « sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle »…

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Joyeux Noël à tous!

Décembre 2019

Bonjour à tous,

Cela fait quelques mois que je n’ai rien écrit sur ce blogue. J’écris maintenant à plus de 100 abonnés (je ne sais pas combien d’entre vous liront ces vœux), et ce qui me frappe c’est que vous êtes presque tous des inconnus pour moi. J’aimerais pouvoir vous souhaiter « Joyeux Noël » face à face, et faire votre connaissance.

Ces derniers mois, j’ai de nouveau manqué à mon engagement d’écrire une infolettre tous les deux mois. Je suppose que je pourrais dire que c’est parce que je suis trop occupé. C’est en partie vrai. Mais aussi je n’ai pas eu beaucoup de nouvelles et ou d’inspirations à partager avec vous.

Je crois que vous êtes plusieurs à suivre le blogue d’un frère de Saskatchewan: Bob Goodnough. Lui au moins écrit régulièrement sur une bonne variété de sujets qui ont tous une application dans la vie chrétienne. Je trouve ses articles très justes et souvent ils me font réfléchir à mon engagement et ma sincérité dans la vie chrétienne. Pour ceux qui ne connaissent pas son site, vous pouvez le visite ici: https://temoinanabaptiste.com/ et vous abonner, si vous le désirez.

L’année 2019 a été une année assez occupée à la Société évangélique de bibles et traités, avec un net accroissement des demandes venant d’Europe, surtout en début d’année. Notre site web continue de mettre plus de textes en ligne dans de plus en plus de langues, et cela permet que le message de l’Évangile soit mis à la disposition des populations des pays musulmans, par exemple. https://www.traitesevangeliques.org/ Plusieurs régions du Québec ont aussi été ciblées par des distributions de traités, et le résultat démontre que dieu appelle toujours ses créatures, malgré l’endurcissement généralisé que nous voyons autour de nous.

J’aimerais simplement vous saluer tous et si j’ai manqué de vous répondre à un moment donnée, veuillez me pardonner et m’envoyer une relance. Je ferai de mon mieux pour vous répondre bientôt.

Puissent tous nos cœurs être remplis de la paix que Jésus donne lorsque nous nous abandonnons à sa volonté.

Que Dieu vous bénisse,

La foi

[Si tout fonctionne comme prévu, cet article sera publié alors que je serai en voyage pour les noces de mon frère Thierry et de Chandra, sa future épouse, en Géorgie, aux États-Unis. L’article qui suit est paru récemment dans le périodique quinzomadaire de l’Église, Le Messenger of Truth (Héraut de la vérité) , je l’ai trouvé très encourageant pour moi, qui suis aux prises avec le manque de foi très fréquemment ces derniers temps.]

« Or, la foi est une ferme attente des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit point. » (Hébreux 11.1) Le Nouveau Testament mentionne souvent la foi et notre besoin de l’avoir dans notre vie. « Car nous marchons par la foi, et non par la vue. » (2 Corinthiens 5.7) Marchons-nous par la foi ? Sinon, comment marchons-nous ?

J’aimerais exprimer quelques pensées au sujet de la foi et comment les appliquer dans notre vie quotidienne. La foi en Dieu est une puissance positive qui est disponible pour tout le monde. Nous les chrétiens, nous devrions comprendre comment exercer notre foi en Dieu dans notre marche avec Christ. Toutefois, je crois que nous ne comprenons pas toujours complètement ce qu’est la foi. Le fait que nous ne comprenions pas toujours la foi et ce qu’elle peut faire pour nous ne devrait pas nous étonner. Satan haït la foi parce qu’elle a été mise en place par Dieu pour le bien du chrétien.

Les disciples de Jésus avaient du mal à comprendre ce qu’était la foi, même lorsque Jésus était avec eux. « Et il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de petite foi ? Et s’étant levé, il parla avec autorité aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme » (Matthieu 8.26). Les disciples se trouvaient dans une tempête effroyable et ils avaient peur. Il semble que lorsque Jésus s’est réveillé, il était au moins aussi alarmé par le manque de foi des disciples que par la tempête. De même aujourd’hui, lorsque nous nous trouvons dans une terrible tempête ou lutte spirituelle, Jésus ne nous critique pas pour le problème dans lequel nous nous sommes retrouvés. Plutôt, son souci est que nous gardions notre foi et notre confiance en lui à travers tout.

Jésus s’est demandé s’il resterait de la foi lorsqu’il reviendrait. « Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18.8). Ceci indique que la foi sera attaquée dans les derniers jours. Il faut exercer la foi afin qu’elle grandisse. La société moderne n’est pas faite pour encourager la croissance de la foi, au contraire. Avec toute la connaissance et la technologie du monde moderne, nous essayons souvent de raisonner un chemin à travers les incertitudes, plutôt que d’appliquer une foi simple. Il faut de l’humilité pour avoir confiance que Dieu prendra soin de moi et de ma famille dans notre situation. Le monde offre des assurances pour protéger nos biens et nos gains si l’impensable arrivait. Quand Jésus reviendra, il viendra chercher ceux qui ont mis leur foi en lui plutôt que dans les choses terrestres. Avoir la foi en Jésus quand il viendra nous prendre au ciel sera beaucoup mieux que n’importe quelle quantité de richesses ou de renommée.

Nous devons nous assurer de choisir la foi plutôt que nos sentiments. Il est normal pour nous de faire face à des soucis, des craintes, de l’anxiété et du stress dans notre vie ici-bas. Ces sentiments sont le contraire de la foi. Ces émotions doivent être tempérées par la foi en Dieu. La vraie foi est contraire à la manière humaine de raisonner. Il faut de l’humilité et un abandon complet de nous-mêmes et de nos idées afin de vaincre la crainte et l’anxiété par la foi.

Pendant notre vie sur terre, nous ne comprendrons probablement jamais entièrement la foi, mais nous pouvons apprendre à la mettre en œuvre quotidiennement dans nos vies. La foi n’est pas une puissance qui nous fait échapper à tout problème ici sur terre, mais c’est une puissance qui nous permet de passer à travers nos épreuves. Quoi de plus positif qu’une puissance vivante venue du ciel au milieu des expériences négatives de la vie ? Certaines personnes pensent être réalistes en ayant une attitude négative. La foi ne peut jamais être négative ; donc une personne négative exprime un manque de foi.

Il se peut que la foi vienne moins facilement pour certains que pour d’autres. Des faiblesses physiques pourraient nous gêner pour avoir une foi aussi ferme que nous l’aimerions. « Puis il vint vers ses disciples et les trouva endormis ; et il dit à Pierre : Ainsi vous n’avez pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez, de peur que vous ne tombiez dans la tentation ; car l’esprit est prompt, mais la chair est faible. Il s’en alla encore pour la seconde fois, et pria disant : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe passe loin de moi sans que je la boive, que ta volonté soit faite. En revenant à eux, il les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis » (Matthieu 26.40-43).

Ceci pourrait indiquer que même si notre esprit est disposé à avoir de la foi, certaines faiblesses pourraient nous empêcher de l’exercer comme nous savons que nous devrions le faire. Même si Jésus était attristé par l’incapacité de ses disciples à rester éveillés, il reconnaissait leurs limitations physiques. Jésus comprend les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui et il connait nos cœurs. Il connait nos limitations physiques. Nous n’avons pas tous été créés identiques et égaux, et nous n’avons pas tous les mêmes forces et faiblesses. Nous avons tous notre propre niveau de compréhension. « Or, par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun d’entre vous, de n’avoir pas de lui-même une plus haute opinion qu’il ne doit, mais d’avoir des sentiments modestes, selon la mesure de la foi que Dieu a départie à chacun » (Romains 12.3). Je crois que ce verset signifie que si je suis fort dans la foi, je ne devrais pas regarder de haut quelqu’un qui a peu de foi ou qui a des doutes. Je ne devrais pas non plus m’attendre à ce que chacun exerce sa foi comme je le fais.

Nous n’avons pas tous les mêmes forces mentales. Il se peut que nous ayons de la dépression chronique ou des craintes ou des soucis obsessifs. Les gens qui n’ont pas ce type de problèmes ne comprennent généralement pas l’intensité de l’angoisse mentale de celui ou celle qui en souffre et ont souvent du mal à montrer de la compassion envers cette personne. Il est facile de dire « si seulement tu pouvais avoir la foi, ton esprit pourrait être libre ». Un tel commentaire peut accentuer l’angoisse émotionnelle de la personne éprouvée. Nous devrions être disposés à offrir notre aide, écouter et patiemment soutenir cette personne dans son apprentissage de la foi. Ceux qui ont tendance à avoir la foi plus naturellement que d’autres ont habituellement du mal à enseigner comment avoir la foi.

Avec humilité, nous devons être prêts à demander l’assistance dont nous avons besoin. L’assistance dont nous aurons besoin pour notre combat qui semble unique peut ne pas être désirable pour notre chair ou notre manière de raisonner humainement. Il se peut que nous ayons besoin d’une aide un pas à la fois afin d’apprendre à avoir la foi et il se peut que nous ayons besoin de médicaments pour nous aider à sortir d’une dépression sévère ou de craintes obsessives. À travers tout cela, si nous désirons humblement avoir la foi dans notre cœur, Dieu nous aidera à accepter les luttes auxquelles nous faisons face, à être positif lorsque tout semble négatif et à être ouvert à des conseils et de l’aide qui peuvent sembler contraires à notre propre raisonnement humain. Puissions-nous tous apprendre à vivre par la foi.

Frère David Kurtz, Pennsylvanie.

Le salut peut être perdu

Voici quelques pensées additionnelles tirées d’un livre intitulé Doctrine et pratique bibliques.

Les Écritures enseignent clairement que le salut dépend du fait d’être trouvé dans un état de fidélité quand nous arrivons à la fin de notre vie.

Jésus a dit : « Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (Matthieu 24.13). À l’ange de l’Église de Smyrne le Seigneur a dit : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Apocalypse 2.10).

Pierre a écrit : « Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné » (2 Pierre 2.21).

L’enseignement de la sécurité éternelle comme enseigné abondamment dans la chrétienté aujourd’hui est très pernicieux. Il y a beaucoup de gens qui mettent leur confiance sur une touche de Dieu ou une expérience, quelque part dans leur vie, qui les a rendus fils de Dieu pour toujours. Ils se croient sauvés, même si coupables de péchés qui sont assez évidents pour les exclure du royaume de Dieu. De telles personnes ont devant eux une déception terrible.

Il y a une sécurité éternelle dont Jésus a parlé lorsqu’il a dit : « Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père » (Jean 10.28-29).

Cette sécurité dépend toutefois sur l’obéissance et la fidélité, comme l’apôtre Pierre a enseigné dans 2 Pierre 1.5-16 où il recommande les vertus chrétiennes nécessaires pour la vie spirituelle. Il conclut : « C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. C’est ainsi, en effet, que l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée » (2 Pierre 1.10-11).

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Sécurité ou insécurité éternelle?

On enseigne aux chrétiens évangéliques d’aujourd’hui une doctrine de sécurité éternelle, mais la plupart ne sont pas conscients du fondement douteux et de l’histoire de cette doctrine. L’Église primitive ne croyait pas ainsi. Voici comment cela a commencé. Si quelqu’un est en désaccord, je le prie de de m’en faire part avec charité, car je ne suis pas à l’abri de l’erreur, mais d’aussi considérer les paroles de Paul : « et si vous pensez autrement en quelque chose, Dieu vous le révélera aussi. Cependant, au point où nous sommes parvenus, marchons suivant la même règle, et ayons les mêmes sentiments. » (Philippiens 3.15b-16)

En 312 apr. J.-C., Constantin affrontait un rival dont l’armée était deux fois plus importante que la sienne. L’histoire raconte qu’à la veille de la bataille, Constantin a eu une vision d’une croix lumineuse et qu’il aurait entendu « En ce signe, tu vaincras ». Le lendemain, ses soldats se battirent avec le signe de croix sur leurs boucliers et sur leurs étendards, et Constantin mit son rival en déroute. Cela allait marquer la fin de l’Église primitive, qui jusqu’à ce temps avait été persécutée de toutes parts et avait préservé la saine doctrine (malgré que plusieurs hérésies aient déjà perverti de nombreux chrétiens) parce qu’elle était un corps de croyants nés de nouveau et guidés par le Saint-Esprit. Maintenant commençait une transition où les chrétiens les plus faibles dans la foi et de nombreux païens allaient se joindre sous la protection de Constantin pour former une religion d’État. Il faut souligner que de nombreux écrits attestent que certains chrétiens ne se joignirent jamais à cette Église d’État, malgré la persécution.

En 313, Constantin publia l’édit de Milan, accordant la liberté de religion aux chrétiens de son empire. En 317, il assura la médiation d’un différend entre l’Église donatiste et l’Église romaine et publia un édit confisquant tous les biens religieux des donatistes et destituant leurs chefs religieux. En 325, il convoqua les dirigeants de l’Église romaine au Concile de Nicée pour établir des normes doctrinales pour l’Église. À un moment donné l’empereur fit promettre une toge et vingt pièces d’or à ceux qui se joindraient à son Église d’État, ce qui attira 12 000 nouveaux fidèles en un an dans la seule ville de Rome. Le paganisme paraissait vaincu, tandis qu’il était réellement vainqueur : son esprit dirigeait à présent l’Église romaine. Des populations entières qui, malgré leur abjuration, étaient païennes par leurs mœurs, goûts, préjugés et ignorance, passèrent sous les étendards chrétiens avec leur bagage de croyances et de pratiques superstitieuses. Le christianisme à Rome adopta et intégra une grande partie du système de l’ancien culte impérial ainsi que ses fêtes qui prirent toutes des couleurs plus ou moins chrétiennes

Constantin a favorisé le christianisme parce qu’il y voyait un moyen d’apporter la stabilité à l’Empire romain, donc il a veillé sur l’Église romaine pour la guider dans la direction qu’il désirait. Il mourut en 337 après J.-C., se faisant baptiser seulement sur son lit de mort, et l’Église catholique romaine, la seule forme de christianisme permise sous Constantin, continua à établir son autorité sur l’Empire, exigeant que tous les citoyens soient baptisés dans l’Église dès l’enfance.

Cela était contraire à la foi apostolique et exigeait qu’un homme de génie établisse un fondement doctrinal pour justifier l’établissement d’une forme de christianisme soumise à l’État. Cet homme était Augustin d’Hippone (dit saint Augustin), qui vécut de 354 à 430 apr. J.-C.  Augustin fut le premier à parler d’une Église invisible, que les vrais chrétiens sont un corps invisible connu seulement de Dieu, et que personne ne peut savoir qui parmi les membres de l’Église visible sont de vrais chrétiens.

La doctrine d’une guerre juste trouve aussi son origine dans Augustin, ainsi que la doctrine selon laquelle l’Église a le droit de contraindre les gens sur son territoire à être baptisés et de les empêcher de quitter l’Église par la force. Tout cela est absolument contraire à la simplicité de l’Évangile de Jésus.

Il a été jugé nécessaire de développer une nouvelle doctrine sur les moyens par lesquels Jésus a obtenu le pardon des péchés de l’homme déchu. La doctrine biblique selon laquelle il était le second Adam, le Fils de Dieu du ciel et l’Agneau impeccable de Dieu dont le sacrifice expié pour nos péchés a été remplacée. Le nouvel enseignement était que Jésus était en partie le fils de Marie et en partie le Fils de Dieu et que c’était le fils de Marie qui était mort sur la croix, puis descendu en enfer et qu’il avait subi des tourments incroyables équivalents au châtiment éternel de tous ceux qui seraient sauvés. C’est à cette époque que l’expression « descendit aux enfers » fut ajoutée au Credo des Apôtres. La version du Credo des Apôtres trouvée dans le Miroir des Martyrs est la version originale, sans cette phrase. Ainsi, la doctrine de la persévérance des saints est basée sur la croyance que le Christ a déjà supporté le châtiment dû aux élus, de sorte qu’il n’y ait aucune chance qu’ils aient jamais à endurer la damnation.

Augustin enseignait que Dieu avait prédestiné avant le commencement des temps ceux qui devaient être sauvés et ceux qui devaient être perdus. Les élus furent alors appelés par la grâce irrésistible, par laquelle ils ne pouvaient refuser l’appel au salut. Et à ceux-là, Dieu a accordé la persévérance, la grâce de rester sauvés tout au long de leur vie. Cette doctrine de la persévérance des saints, provenant d’Augustin, est la base de la doctrine de la sécurité éternelle, ou « une fois sauvé, toujours sauvé ».

Augustin a aussi enseigné la virginité perpétuelle de Marie. C’est pourquoi de nombreux commentateurs ont du mal à déclarer que Jacques, Jude, Simon et Joses étaient les fils naturels de Joseph et de Marie et essaient de trouver d’autres explications sur qui ils pourraient bien être.

Augustin enseignait aussi que les sacrements sont un moyen de grâce, et qu’ils le sont même si le prêtre qui les administre est un pécheur connu.

Jean Calvin était un admirateur et adepte d’Augustin. Il s’est efforcé de réformer l’Église romaine en mettant l’accent sur les doctrines enseignées pour la première fois par Augustin. Les disciples de Calvin ne se trouvent pas seulement dans les Églises réformées et presbytériennes, mais aussi dans les baptistes du Sud et dans d’autres dénominations baptistes et évangéliques. La force de l’enseignement du calvinisme varie selon les Églises, mais l’enseignement le plus simple est le calvinisme en cinq points, parfois résumé sous l’acronyme TULIP en anglais (CEEGP en français) :

– La corruption totale (ou dépravation totale) : l’homme est si complètement dépravé qu’il n’a pas la capacité de choisir d’être sauvé.

– L’élection inconditionnelle (ou double prédestination) : le salut ne dépend pas de la conduite de celui qui est sauvé.

– L’expiation limitée (ou rédemption particulière) : Christ n’est mort que pour ceux qui étaient prédestinés au salut.

– La grâce irrésistible (ou grâce efficace) : l’homme n’a pas le pouvoir de refuser l’appel au salut.

– La persévérance des saints (ou sécurité éternelle) : ceux qui sont prédestinés au salut ne peuvent jamais être perdus.

Beaucoup de chrétiens sincères croient aujourd’hui qu’une personne qui a une fois donné son cœur au Seigneur ne peut plus jamais se perdre. Si l’on aborde la Bible avec une croyance prédéterminée qu’elle enseigne la sécurité éternelle inconditionnelle des croyants, il est possible de choisir des versets pour soutenir cette opinion, mais une telle interprétation n’est pas apparente si l’on adopte une approche impartiale de la Bible dans son ensemble.

Les partisans de ce point de vue sont contraints de se replier sur eux-mêmes lorsqu’ils tentent d’expliquer des exemples réels de ceux qui ont mené une vie chrétienne victorieuse pendant des années et qui ont ensuite fait des choix qui les ont éloignés de Dieu. De telles personnes n’ont jamais vraiment été sauvées en premier lieu, affirment-ils parfois. Si tel était le cas, sur quelle base quelqu’un peut-il savoir qu’il est sauvé ? Il me semble que les gens qui disent de telles choses ont choisi une doctrine d’insécurité éternelle. D’autres disent en gros qu’on peut pécher autant qu’on veut une fois qu’on est sauvé, qu’on souffrira des châtiments sur cette terre pour cela mais que Dieu ne peut pas nous enlever le salut qu’il nous a donné une fois. C’est triste et ridicule, et c’est en partie à cause de cette croyance que beaucoup de chrétiens ne se soucient guère d’avoir une vie victorieuse sur le péché, rendant leur témoignage risible pour les non-chrétiens qui les observent.

Lisons quelques versets pour vois comment ces idées sont mensongères et que l’Esprit puisse vous éclairer si vous n’êtes pas d’accord.

Ézéchiel 3.16-21 : Fils de l’homme, je t’ai établi sentinelle sur la maison d’Israël; tu écouteras la parole de ma bouche, et tu les avertiras de ma part. Quand je dirai au méchant: « Tu mourras!  » si tu ne l’avertis pas, si tu ne lui parles pas, pour avertir le méchant de se détourner de sa mauvaise voie, afin de sauver sa vie, ce méchant-là mourra dans son iniquité; mais je redemanderai son sang de ta main. Si, au contraire, tu avertis le méchant et qu’il ne se détourne point de sa méchanceté ni de sa mauvaise voie, il mourra dans son iniquité, mais toi tu sauveras ton âme. De même, si le juste se détourne de sa justice, et fait le mal, je mettrai une pierre d’achoppement devant lui, et il mourra. Et c’est parce que tu ne l’auras pas averti, qu’il mourra dans son péché, et qu’il ne sera plus fait mention des choses justes qu’il avait faites; mais je redemanderai son sang de ta main. Si, au contraire, tu avertis le juste de ne pas pécher, et qu’il ne pèche pas, il vivra certainement, parce qu’il s’est laissé avertir, et toi, tu sauveras ton âme.

Matthieu 13.20-22 : Et celui qui a reçu la semence dans des endroits pierreux, c’est celui qui entend la parole, et qui la reçoit aussitôt avec joie; Mais il n’a point de racine en lui-même, il ne dure qu’un moment, et lorsque l’affliction ou la persécution survient à cause de la parole, il se scandalise aussitôt. Et celui qui a reçu la semence parmi les épines, c’est celui qui entend la parole; mais les soucis de ce monde et la séduction des richesses étouffent la parole, et elle devient infructueuse.

(remarquons comment plusieurs ont reçu la Parole, mais pas tous ont persévéré)

Matthieu 10.22b : mais celui qui persévérera jusqu’à la fin, c’est celui-là qui sera sauvé.

Romains 11.20b-23 : mais toi, tu subsistes par la foi; ne t’enorgueillis point, mais crains. Car si Dieu n’a point épargné les rameaux naturels, prends garde qu’il ne t’épargne pas non plus. Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu; sa sévérité à l’égard de ceux qui sont tombés, mais sa bonté envers toi, si tu persévères dans cette bonté; autrement, toi aussi tu seras retranché. Et quant à eux, s’ils ne persévèrent pas dans l’incrédulité, ils seront entés; car Dieu a le pouvoir de les enter de nouveau.

Matthieu 24.8-14 : Mais tout cela ne sera qu’un commencement de douleurs. Alors ils vous livreront pour être tourmentés, et ils vous feront mourir; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs se scandaliseront et se trahiront les uns les autres, et se haïront les uns les autres. Et plusieurs faux prophètes s’élèveront, et séduiront beaucoup de gens. Et parce que l’iniquité sera multipliée, la charité de plusieurs se refroidira. Mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé. Et cet évangile du Royaume sera prêché par toute la terre, pour servir de témoignage à toutes les nations; et alors la fin arrivera.

(remarquons ici que plusieurs qui étaient du troupeau se scandaliseront et trahiront les autres)

1 Jean 2.3-6 : Et par ceci nous savons que nous l’avons connu, savoir, si nous gardons ses commandements. Celui qui dit: Je l’ai connu, et qui ne garde point ses commandements, est un menteur, et la vérité n’est point en lui. Mais pour celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est véritablement parfait en lui, et à cela nous connaissons que nous sommes en lui. Celui qui dit qu’il demeure en lui, doit aussi marcher comme il a marché lui-même.

1 Corinthiens 9.24-27 : Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice, courent tous, mais un seul remporte le prix? Courez de telle sorte que vous le remportiez. Tout homme qui combat, s’abstient de tout; et ces gens-là le font pour avoir une couronne corruptible, mais nous pour une incorruptible. Je cours donc, non à l’aventure; je frappe, mais non pas en l’air; Mais je traite durement mon corps, et je le tiens assujetti, de peur qu’après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé.

Philippiens 2.12-16 : Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, non seulement comme en ma présence, mais plus encore maintenant en mon absence, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement; Car c’est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire selon son plaisir. Faites toutes choses sans murmures et sans disputes; Afin que vous soyez sans reproche, sans tache, enfants de Dieu, irrépréhensibles au milieu d’une génération dépravée et perverse, au sein de laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde, y portant la parole de vie; En sorte qu’au jour de Christ, je puisse me glorifier de n’avoir point couru en vain, ni travaillé en vain.

1 Timothée 1.18-20 : Mon fils Timothée, ce que je te recommande, c’est que, conformément aux prophéties qui ont été faites précédemment sur toi, tu combattes suivant elles le bon combat, En gardant la foi et une bonne conscience; quelques-uns ayant perdu celle-ci, ont fait naufrage quant à la foi; De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent à ne point blasphémer.

Hébreux 10.26,27 : Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifices pour les péchés, Mais une terrible attente du jugement et un feu ardent, qui doit dévorer les adversaires.

2 Pierre 2.20-22 : En effet si, après avoir fui les souillures du monde, par la connaissance du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, ils s’y engagent de nouveau et sont vaincus, leur dernière condition devient pire que la première. Car il leur eût mieux valu de n’avoir point connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné. Mais il leur est arrivé selon ce proverbe vrai: Le chien est retourné à ce qu’il avait vomi, et la truie, après avoir été lavée, s’est vautrée dans le bourbier.

1 Jean 5.16 : Si quelqu’un voit son frère pécher d’un péché qui ne mène point à la mort, il priera, et Dieu lui accordera la vie de ceux qui ne commettent pas un péché qui mène à la mort. Il est un péché qui mène à la mort; je ne dis pas de prier pour ce péché-là.

Je pourrais ajouter des versets, mais je crois que si ceci ne parle pas de soi-même, il ne servirait à rien de continuer.

Si ceci éclaire quelqu’un que la gloire soit rendue à Dieu seul.

Hugues Andries

Autres sources : Bible Ostervald, Flatlanderfaith.com (en anglais)

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