Qui sera sauvée en devenant mère?

Les mystérieuses voies de Dieu

Andrée Toews, née Froment

Je n’ai pas grandi dans un foyer chrétien, mais je suis reconnaissante au Seigneur d’être venu me chercher et de m’avoir attirée vers Son peuple bien-aimé.

J’ai été baptisée enfant dans l’Église catholique et j’ai fait ma première communion à onze ans, après deux années de catéchisme ; pourtant, je n’ai jamais connu de véritable refuge spirituel. À quinze ans, j’ai subi une petite opération et passé plusieurs journées solitaires à l’hôpital. Pendant mon séjour, j’ai commencé à comprendre que j’avais besoin de l’aide de Dieu. Le prêtre nous avait enseigné qu’il fallait passer par lui pour communiquer avec Dieu ; néanmoins, pour la première fois de ma vie, je me suis adressée directement à Dieu dans la prière. Par la suite, je me suis souvent tournée vers Lui pour demander Son aide.

Mon enfance a été merveilleuse. J’aimais mes parents, et ils m’aimaient tendrement. Leur mariage était beau, et notre foyer débordait d’amour. Cependant, on n’y priait jamais. Mes parents n’allaient jamais à l’église et avaient perdu confiance en l’Église catholique. J’entendais souvent mon père et son frère se demander l’un à l’autre : « Où est Dieu? »

J’ai vécu une enfance très protégée et j’ai toujours fréquenté une école de filles. À dix-huit ans, j’ai commencé à travailler dans un bureau. J’y ai brusquement découvert l’autre face du monde. J’y ai vu et entendu des gens qui ne servaient pas Dieu, mais leurs propres désirs. L’infidélité conjugale était courante, et on en parlait ouvertement.

« Dieu doit sûrement avoir quelque part un peuple au sein duquel règnent la paix, la confiance et l’amour », me disais-je.

Quelque temps plus tard, j’ai vécu une expérience dont le sens ne m’a été révélé que quatre ans après. Dieu m’a parlé clairement : « Un jour, tu seras différente des tiens. » Cette pensée étrange a troublé mon cœur. Cela voulait-il dire que je devais devenir religieuse? Je ne le voulais pas, et cette idée m’effrayait.

J’ai continué à prier, et j’ai bientôt rencontré des missionnaires qui faisaient une brève halte à Paris en route vers leurs champs de mission en Afrique. Je les connaissais peu, mais nos rencontres étaient chaleureuses et réconfortantes. Je crois que Dieu me conduisait peu à peu hors d’un passé froid et sombre.

Un jour, en rendant visite à une collègue de bureau, j’ai fait un autre pas important vers la lumière. J’ai remarqué qu’elle lisait un livre qui m’était étranger. J’ai voulu savoir ce que c’était et lui ai demandé où elle en était dans sa lecture. Elle m’a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un livre ordinaire, mais de la Bible, divisée en livres, chapitres et versets. J’avais dix-huit ans lorsque j’ai découvert la Bible pour la première fois. L’Église catholique en interdisait la lecture, et on ne m’avait appris à connaître ni Jésus ni Son enseignement sur la repentance. J’ignorais donc tout du plan du salut.

Enfant, je m’étais souvent demandé ce qui arriverait si mes parents mouraient. Serait-ce la fin? Personne ne m’avait dit que nous avions, eux comme moi, une âme immortelle. Personne ne m’avait dit que Jésus était mort pour moi personnellement. Un jour, mon amie m’a invitée à assister à des réunions de Jeunesse pour Christ et à des réunions d’évangélisation. Ces rencontres étaient si différentes, si chaleureuses ! J’y ai entendu pour la première fois des cantiques comme « Quel ami fidèle et tendre nous avons en Jésus-Christ » et « Love Lifted Me ». La prédication était dans ma langue, le français, et je pouvais la comprendre. Elle a touché mon cœur, et quelqu’un m’a donné une Bible.

L’armée allemande occupait la France depuis près de cinq ans quand les Alliés ont libéré Paris ; huit mois plus tard, j’ai rencontré Roy. « Dieu agit par des voies mystérieuses pour accomplir Ses merveilles. » Nous n’étions convertis ni l’un ni l’autre, mais je crois fermement que Dieu nous a conduits l’un vers l’autre. Roy avait grandi dans un foyer mennonite chrétien, mais n’avait jamais donné son cœur au Seigneur.

Nous nous sommes mariés, si heureux d’être enfin réunis. J’avais quitté ma patrie, la France, pour venir m’installer à Winton, en Californie ; pourtant, mon cœur était troublé. J’étais inquiète : quelque chose manquait à notre vie. Qu’était-ce? J’aimais la famille de Roy et leurs amis chrétiens, et je ressentais leur amour. Je comprenais aussi que j’avais trouvé le peuple de Dieu que j’avais tant désiré trouver, un peuple où régnaient l’amour et la confiance. Pourtant, notre vie prenait un tour de plus en plus frivole : fêtes animées, spectacles, danses. J’avais peur. Je craignais que nous ne soyons entraînés toujours plus vite et qu’un malheur ne nous attende un jour. Par moments, je sentais que Dieu me conduisait avec tant de grâce et de tendresse. Roy avait beaucoup d’amis. Ils faisaient des projets et organisaient des activités, mais peu de ces projets ou activités faisaient une place au Seigneur ou aux promesses faites au cours des difficiles années qui venaient de s’écouler.

Roy prenait des leçons de pilotage, ce qui éveillait une grande crainte dans mon cœur. S’il lui arrivait quelque chose? Je me retrouverais toute seule dans un pays étranger. Un soir, Roy suivait des cours. Il se faisait très tard, et mon inquiétude grandissait. Soudain, Dieu m’a parlé très clairement en ces mots : « Le moment est venu de changer complètement ta vie. » Mais comment, et où?

Plus tard ce soir-là, je me suis dit qu’il fallait absolument que je voie quelqu’un et que je lui parle. Je suis allée chez John et Bertha Jantz et leur ai confié mes craintes et mes préoccupations. Ils m’ont parlé de leur désir de devenir chrétiens et de servir Dieu. Ces paroles m’ont profondément frappée. Voilà ce que je voulais.

Le mot « chrétien » a brillé comme une lumière dans les ténèbres. Il était évident que Dieu voulait mon cœur, ma vie et mon entière consécration. Mes simples prières, mes désirs et les expériences de mes jeunes années trouvaient-ils maintenant leur réponse et leur accomplissement? J’ai dit au Seigneur : « Je connais si peu Ta voie, Ton peuple et l’Église. » Il m’a répondu : « Avance un pas après l’autre. »

Lorsque Roy est enfin rentré, je lui ai annoncé ma décision de devenir chrétienne. Cette déclaration l’a stupéfié et pris au dépourvu. Il a simplement répondu : « Très bien. » Ma deuxième déclaration l’a encore plus surpris : « Toi aussi, tu vas devenir chrétien. » Il a répliqué : « C’est pas comme ça que ça se passe. On peut peut-être en reparler une autre fois. » J’ai insisté : « Nous ne pouvons plus laisser cette question en suspens ni la remettre à plus tard. » Il m’a répondu : « Il est tard ; on va se coucher et on en reparle demain matin. »

Je ne crois pas être naturellement hardie, mais ce que j’ai dit ensuite l’était assurément. Je lui ai déclaré : « Personne ne se couche avant que nous ayons tous les deux réglé cette question. » Des réunions de réveil se tenaient à Winton depuis déjà quatre ou cinq semaines. Roy savait que j’étais déterminée. Il m’a promis que nous assisterions à la réunion d’évangélisation et que, si Dieu l’appelait, il répondrait à Son appel. Cette promesse m’a rassurée, et nous sommes allés nous coucher.

Le lendemain soir, nous sommes allés à l’église et avons entendu le message de l’Évangile. Lorsque l’appel a été lancé, nous avons décidé de laisser Jésus entrer dans nos cœurs et nous nous sommes levés. Notre vie n’a plus jamais été la même. Nous nous sommes entièrement consacrés au Seigneur.

Quand la main du Seigneur nous touche, tout change. Nous avons écarté de notre vie toute impureté et laissé Dieu mettre Son amour dans nos cœurs. Nous avons été baptisés et reçus au sein de l’Église de Dieu en Christ (mennonite) le 9 mars 1947, deux mois après notre mariage. J’étais désormais libre et je me sentais si bien parmi le peuple de Dieu. Nous étions reconnaissants envers notre Père céleste, dont la sagesse est parfaite et qui connaît toutes choses, et nous priions pour que nos vies, nos actes et notre fidélité glorifient le Seigneur.

-Andrée Froment Toews

Andrée Froment, née à Paris en 1926, échappa de peu à la mort en août 1944, lors de la libération de Paris, lorsqu’un soldat allemand tira plusieurs fois sur elle, alors qu’elle regardait par sa fenêtre, attendant l’arrivée imminente des Alliés. Quelques mois plus tard, Dieu permit qu’elle rencontra Roy, un infirmier dans l’armée américaine, alors qu’il sortait de la station de l’Opéra, à Paris. Roy avait été élevé dans une famille mennonite-anabaptiste non-résistante, qui ne s’engageait pas dans la guerre. Mais Roy n’avait pas choisi ce chemin. Il ne savait pas que Dieu se servirait de sa rencontre avec Andrée pour l’amener à l’Église de Dieu en 1947. Plus tard, Roy et Andrée participèrent à la fondation de l’assemblée de Scio en Oregon. Ils furent aussi impliqués dans la mission de Mouscron (sur la frontière belgo-française) dans les années 1980 et 1990. Andrée enseigna aussi le français à plusieurs missionnaires en partance pour l’Afrique et traduisit plusieurs traités et livrets publiés par l’Église. Elle quitta cette vie en septembre 2025, quelques jours avant d’atteindre l’âge de 99 ans.

Lorsque la Bible se remit à parler la langue du peuple

1160 — C’est une année qui était autrefois célébrée avec joie par beaucoup de chrétiens pieux et zélés, qui abhorraient la papauté, et dans laquelle, jusqu’à ce jour, bon nombre de ceux qui craignent Dieu se réjouissent. 

Car alors, et surtout peu de temps après, la papauté et ses superstitions reçurent le coup le plus sévère que nous ayons lu dans l’histoire ; et la vérité divine, qui, jusqu’alors, semblait, à bien des égards, avoir été piétinée de la manière la plus indigne, releva joyeusement la tête et triompha. 

Les doctrines contre le baptême des enfants, contre la prestation de serments, contre la guerre, et contre presque toutes les mauvaises pratiques et le culte corrompu de l’Église romaine, dont personne n’osait parler auparavant qu’avec crainte et tremblement, et souvent uniquement en privé, furent désormais prêchées hardiment, fréquemment et publiquement défendues, et, malgré les menaces du pape de Rome, maintenues. 

Cela commença principalement avec Pierre Valdo1 à Lyon, en France, et fut poursuivi par ses successeurs ; cependant, afin de traiter l’affaire de manière ordonnée, nous commencerons par la conversion de Pierre Valdo, pour ensuite passer à ses successeurs.

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DE LA CONVERSION DE PIERRE VALDO, ET DE L’ESSOR DES VAUDOIS, ETC.

Matthias Flacius Illyricus (Catalogus testium veritatis, entre les p. 263 et 277, d’après J. Mehrning, Baptismi Historia, p. 601), écrit : « Vers l’an 1160, plusieurs des principaux citoyens de Lyon étaient ensemble, s’entretenant de diverses choses, comme c’est l’usage durant la saison estivale, en Italie et en France. Comme ils se tenaient ainsi ensemble, l’un d’eux tomba tout à coup à terre et expira, sous leurs yeux.

Ce terrible événement, exemple de la mortalité de l’homme et de la colère divine, terrifia l’un d’entre eux, à savoir Pierre Valdo, un homme très fortuné. Il commença à réfléchir et résolut (poussé, sans aucun doute, par le Saint-Esprit) de se repentir, d’amender sa vie et d’être plus diligent dans la crainte de Dieu qu’il ne l’avait été jusque-là2

Il se mit donc à distribuer des aumônes généreusement et en temps opportun, à disposer aux bonnes choses sa famille et les autres personnes qui venaient à lui, et à les exhorter à la repentance et à la vraie piété.

Ayant ainsi fait pendant quelque temps beaucoup de bien aux pauvres, et devenant de plus en plus zélé à apprendre et à enseigner les autres, et comme les gens venaient vers lui en nombre toujours croissant, il se mit donc à leur présenter, non ses propres opinions, mais les Saintes Écritures, les exposant et les expliquant dans la langue française3 vernaculaire.

Mais l’évêque et les prélats, qui, comme le dit Christ, détiennent la clé du royaume, et pourtant n’entrent pas eux-mêmes et ne permettent pas aux autres d’entrer, furent très vexés que cet homme du commun réputé sans instruction ose traduire les Saintes Écritures en langue vernaculaire et les exposer, et que déjà un grand nombre de personnes affluaient en sa maison, qu’il instruisait et exhortait.

Pierre Valdo était profondément résolu à promouvoir à la fois l’honneur de Dieu et le salut des hommes ; et le peuple était si avide de la Parole de Dieu, laquelle n’était prêchée ni purement ni ouvertement dans les églises, qu’il ne put être détourné par le commandement de ces pharisiens papistes et de ces souverains sacrificateurs ; c’est pourquoi l’enseignant et ses disciples répondirent qu’il fallait obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.

Valdo résolut donc, malgré les commandements des méchants, de nourrir les chrétiens affamés non seulement de sa subsistance temporelle, laquelle, en raison de sa distribution libérale, diminuait de jour en jour, mais aussi de la Parole de Dieu, et de bonnes instructions et d’exhortations. 

Comme les prélats, par leur tyrannie et leurs décrets non chrétiens, cherchaient à étouffer et à exterminer la prédication pure et simple de la Parole de Dieu, une raison suffisante fut ainsi donnée à Valdo et à ses adhérents de s’enquérir avec plus de soin de la religion et des desseins des prêtres, et de s’exprimer avec plus de hardiesse contre eux.

La lutte avec les prêtres devenant de plus en plus longue et violente, davantage de corruptions et de superstitions furent découvertes dans la religion papiste, et attaquées. En ce temps-là, Valdo lut également, en langue vernaculaire, certains témoignages tirés des écrits des pères, grâce auxquels il défendit ses disciples non seulement par les Saintes Écritures, mais encore par les témoignages des anciens, contre les ennemis de la vérité.

Lorsque l’évêque, ses pharisiens papistes et ses scribes, virent avec quelle constance Valdo et ses adhérents enseignaient la Parole de Dieu, et furent irrités de voir que leur propre infamie, leur ignorance et leur inconstance dans la doctrine, ainsi que d’autres absurdités, étaient attaqués par Valdo et ses disciples, ils les excommunièrent tous. 

Peu de temps après, constatant que même l’excommunication ne pouvait les détourner de leur dessein, on les relégua dans la misère, on les persécuta par l’emprisonnement, par l’épée et par le feu, et on les traita très cruellement, de sorte qu’ils furent contraints, en raison de la détresse et du danger encourus, de quitter Lyon et de se disperser dans diverses contrées.

On peut présumer que les assemblées de Valdo, ou certaines d’entre elles, auxquelles il enseignait à Lyon, y demeurèrent quatre ou cinq ans, jusqu’à ce qu’elles soient totalement chassées de cette ville ; car Valdo était un homme d’une trempe exceptionnelle, et il est dit qu’il avait beaucoup de parents et qu’il ne pouvait donc pas être saisi ni réduit au silence du jour au lendemain ; d’ailleurs, il n’avait pas d’emblée attaqué les prêtres du pape.

Mais à la fin, ces pieux disciples furent poursuivis avec une grande fureur, dans toute la chrétienté; ils furent traqués çà et là par les inquisiteurs, ce dont nous devons rendre grâce à ces loups ravissants qui se promènent en vêtements de brebis et se font appeler moines. » J. Mehrning, Baptismi Historia, p. 601–604, d’après M. Flacius Illyricus.

Claude de Rubys rapporte que Valdo et ses disciples furent complètement expulsés de Lyon ; tandis qu’Alberto Cattaneo dit qu’ils ne purent pas l’être entièrement. Nous n’avons rien pu apprendre de plus sur cette première persécution, sinon que les vaudois, ainsi appelés d’après Valdo4, après s’être enfuis de Lyon, suivirent leur maître, puis se dispersèrent en groupes, dans diverses contrées. B. Lydius, trad./éd., De historie vanden Waldensen ghedeelt in drie deelen (Dordrecht, 1624), Iʳᵉ partie, liv. I, chap. 1, p. 3, col. 1, d’après Claude de Rubys, Histoire de Lyon, p. 269 ; A. Cattaneo, De origine Valdensium, p. 1.

NOTE : Pierre de Blois, un savant bien connu par ses écrits, enseigna, en l’an 1167, que Rome était la vraie Babylone dont Jean a prophétisé ; que les fonctionnaires de la cour romaine étaient de véritables harpies, et les prêtres, de vrais veaux de Béthel, des prêtres de Baal, des idoles égyptiennes, et qu’à Rome tout s’obtenait à prix d’argent. P. J. Twisck, Chronijck, p. 479, col. 1, d’après P. Merula, Tijdt-thresoor, p. 767.

Vers l’an 1170 — Pour l’an 1160, nous avons donné un exposé concernant Pierre Valdo et sa conversion, ainsi que du fait qu’il avait amené à la lumière du saint Évangile beaucoup de ceux qui étaient assis dans les ténèbres de la papauté. Il est rapporté de ces personnes que, dans leur doctrine, leur foi et leur vie, ils ressemblaient aux apostoliques, dont nous avons fait mention pour l’an 1155, où nous avons déclaré qu’ils étaient opposés au baptême des enfants, au purgatoire, etc. L’essor de ces personnes, appelées vaudois ou albigeois, est fixé vers l’an 1170, c’est-à-dire dix ans après que Pierre Valdo ait commencé à les enseigner. Nous traiterons de cela de manière plus complète et détaillée dans les prochaines pages. Voir J. Mehrning, Baptismi Historia, p. 599, et H. Montanus, Nietigheydt van den Kinder-doop, p. 85 ; voir aussi, Introduction au Miroir des martyrs, p. 50, col. 1, 2, (bien que l’essor principal dudit peuple y soit fixé en l’an 1176) d’après C. Baronio, pour l’an 1176, n° 1–3.

NOTE : Il ressort de plusieurs auteurs anciens que les vaudois, ou du moins des personnes professant la même foi, existaient bien avant l’an 1170, et même avant l’an 1160. En effet, dès 1160, leur nombre s’était tellement accru qu’ils furent cités à comparaître devant un synode à Rome, où ils furent condamnés comme hérétiques obstinés. Jean d’Oppido le rapporte. La même chose se produisit en l’an 1163 ou 1164 au concile de Tours. Voir J. Mehrning, Baptismi Historia, p. 676.

Par conséquent, lorsque certains auteurs fixent leur commencement vers l’an 1170, il ne faut pas entendre par là l’origine de ce peuple, mais plutôt l’époque de son essor, de son accroissement et de sa plus grande visibilité.

  1. Aussi appelé Vaudès. — NDLT ↩︎
  2. Une autre tradition concernant la conversion de Pierre Valdo est rapportée dans la Chronique universelle de l’Anonyme de Laon, rédigée vers 1218. Selon ce récit, Valdo aurait été profondément touché en entendant un jongleur chanter la vie de saint Alexis, qui avait renoncé aux richesses et aux honneurs. Il aurait ensuite demandé à un maître en théologie quelle était la voie la plus sûre et la plus parfaite pour aller à Dieu, et celui-ci lui aurait répondu par ces paroles de Jésus : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres » (Mt 19:21). Cette tradition et celle de la mort soudaine d’un ami, rapportée ici, ne s’excluent pas nécessairement : les deux événements ont pu contribuer, à des moments différents, à éveiller puis à affermir sa résolution. Il se peut également que chacune ne conserve qu’une partie d’un cheminement spirituel plus long. Faute de témoignage direct de Valdo, les circonstances précises et complètes de sa conversion demeurent incertaines. Voir Chronicon universale anonymi Laudunensis, à l’an 1173. — NDLT ↩︎
  3. Francoprovençale. — NDLT ↩︎
  4. Cette affirmation, venant à l’origine d’auteurs catholiques et reprise par Jean-Paul Perrin puis Thieleman van Braght, doit être nuancée. Il n’est pas du tout sûr que le nom des vaudois soit dérivé de Pierre Valdo, ou Vaudès, de Lyon. Plusieurs historiens et linguistes l’ont plutôt rattaché aux vallées où vivaient ces croyants, à partir de formes telles que Vallenses ou Valdenses ; d’autres ont même soutenu que Valdo aurait reçu son surnom à cause de ses rapports avec eux, ou du fait d’origines remontant à ces vallées. Alexis Muston reconnaît que cette hypothèse ne repose pas sur des preuves positives, mais la tient pour défendable et plus naturelle que l’opinion commune. Il faut donc éviter de faire de Valdo le fondateur ou l’origine certaine du nom des vaudois. Notons que dans la Noble Leçon (Nobla Leyczon), célèbre poème vaudois datant probablement de l’époque de Vaudès ou même avant, le terme « vaudès » est déjà employé pour calomnier les vrais chrétiens : « Ilh diçon qu’el es vaudes e degne de punir » (Ils disent qu’il est vaudois et digne d’être puni, ligne 373). — NDLT ↩︎

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Une foi immuable

La Noble Leçon (XIIe siècle), poème historique vaudois