Foi et Foyer #3, septembre 2026

Un répertoire des extraits du Miroir des martyrs

Bonsoir à tous,

Comme vous le savez, plusieurs extraits de la version française du Miroir des martyrs ont déjà été publiés sur ce site. Afin de les rendre plus faciles à retrouver, je les ai rassemblés dans un répertoire général, que je compte enrichir régulièrement de nouveaux récits, témoignages et textes historiques.

Lorsque ces ajouts paraîtront sous forme d’articles, les abonnés les recevront par courriel. En revanche, l’ajout d’une nouvelle page au site ne donne pas lieu à un avis automatique. Il pourra donc être utile de revenir consulter le répertoire de temps à autre.

Vous pouvez également découvrir d’autres textes qui mentionnent le Miroir des martyrs en parcourant l’étiquette qui lui est consacrée, ainsi que la catégorie plus générale des récits de martyrs.

Merci pour votre intérêt, et bonne lecture!

En Christ,

Hugues Andries

Miroir des martyrs: POMPONIO ALGIERI, JEUNE ÉTUDIANT DE PADOUE CRUELLEMENT BRÛLÉ POUR LE TÉMOIGNAGE DE JÉSUS À ROME EN 1557

LETTRE DE CONSOLATION[1]

À mes frères bien-aimés et compagnons de service de Jésus-Christ, qui êtes sortis de Babylone pour aller à la montagne de Sion, et dont je tais les noms non sans raison, grâce, paix et miséricorde de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur. Amen.

Afin d’adoucir quelque peu la douleur que vous éprouvez à cause de moi, je voudrais vous faire partager la douceur dont je jouis, afin que vous vous réjouissiez avec moi et que, dans la présence du Seigneur, vous poussiez des cris de joie et d’actions de grâce.

Je vais annoncer au monde une chose incroyable : j’ai trouvé une douceur infinie dans les entrailles du lion. Mais qui croira ce que je vais raconter ? Qui pourra le croire ?

Dans une fosse obscure, j’ai trouvé le plaisir ; dans un lieu d’amertume et de mort, le repos et l’espérance du salut ; dans l’abîme et les profondeurs de l’enfer, la joie. Là où d’autres pleurent, j’ai trouvé le rire ; là où d’autres tremblent, j’ai trouvé la force. Qui croira cela ? Dans la misère, j’ai éprouvé une très grande joie ; dans un coin solitaire, j’ai trouvé la plus glorieuse compagnie ; dans les liens les plus rigoureux, un profond repos. Toutes ces choses, mes frères en Jésus-Christ, la main généreuse de Dieu me les a accordées.

Voici, Celui qui d’abord se tenait loin de moi est maintenant près de moi. Celui que je connaissais à peine, je Le vois maintenant clairement ; Celui que je regardais autrefois de loin, je Le contemple maintenant comme présent. Celui après qui je soupirais me tend aujourd’hui la main. Il me console (2 Co 1:4), me remplit de joie, chasse loin de moi l’amertume et renouvelle en moi la force et la douceur. Il me guérit, me soutient, me relève et me fortifie.

Oh ! que le Seigneur est bon, Lui qui ne permet pas que Ses serviteurs soient tentés au-delà de leurs forces (1 Co 10:13) ! Que Son joug est doux, agréable et léger (Mt 11:30) ! Qui est semblable au Dieu Très-Haut, qui soutient et ranime ceux qui sont éprouvés ? Il guérit ceux qui sont meurtris et blessés, et les rétablit entièrement (Es 41 ; 43:20). Nul n’est semblable à Lui (Es 46:9).

Apprenez, frères bien-aimés, combien le Seigneur est doux, fidèle et miséricordieux. Il visite Ses serviteurs dans l’épreuve (Es 43:2) ; Il s’abaisse jusqu’à demeurer avec nous dans nos huttes et nos pauvres logis. Il nous donne un esprit joyeux et un cœur paisible.

Mais le monde aveugle croira-t-il ces choses ? Non. Dans son incrédulité, il dira plutôt : « Tu ne supporteras pas longtemps la chaleur, le froid et l’inconfort de ce lieu. Comment pourras-tu donc porter la croix, subir mille mépris, des reproches injustes et une honte imméritée ? Ne songeras-tu pas à ta chère patrie, aux richesses de ce monde (Mt 4:8), à tes parents, à ton rang et aux honneurs de la cour ? Pourras-tu bannir entièrement de ton esprit ce savoir glorieux qui te fortifie et te dédommage de tous tes travaux ? Perdras-tu tout cela pour rien : tes veilles, tes peines, ton labeur et ton assiduité ? À quoi bon avoir tant travaillé et étudié depuis ta jeunesse ?

« Enfin, ne crains-tu donc pas la mort qui t’attend, bien que tu sois innocent ? Quelle extrême folie et quelle ignorance ! Tu pourrais, d’un seul mot, éviter tous ces maux et échapper à la mort, et pourtant tu refuses de le prononcer. Quelle conduite méprisable ! Tu pourrais obtenir la faveur de conseillers et d’hommes illustres si excellents[2], justes, craignant Dieu, sages et bons — ou pieux —, et tu refuses volontairement de rien recevoir d’eux. »

Écoutez-moi donc, hommes aveugles et mortels. Qu’y a-t-il de plus brûlant et de plus violent que le feu qui vous est préparé ? Qu’y a-t-il de plus froid que votre propre cœur, encore plongé dans les ténèbres et privé de toute lumière (Jn 1:5) ? Qu’y a-t-il de plus pénible, de plus confus et de plus agité que votre vie ? Qu’y a-t-il de plus vil et de plus repoussant que votre vieillesse ?

Dites-moi, mes chers, quelle patrie et quelle demeure sont plus douces que la patrie céleste (2 Co 5:1) ? Quel trésor est plus grand que la vie éternelle (Jn 20:31) ? Qui sont nos parents et nos amis, sinon ceux qui gardent la Parole de Dieu (Lc 11:28) ? Où trouve-t-on une joie, des richesses et un honneur plus grands qu’au ciel (Mt 25:21) ?

Dites-moi, hommes sans intelligence : tout savoir ne nous est-il pas donné afin de connaître Dieu ? Si nous ne Le connaissons pas en vérité, tout notre travail, toutes nos veilles et tous nos efforts, oui, toutes nos entreprises, auront été dépensés en vain (Rm 1:25). Répondez-moi, malheureux : quelle consolation et quel baume peut trouver celui qui est privé de Dieu, le remède et le rafraîchissement de tous (Ex 15:26) ?

Comment peut-on dire que je crains la mort, quand celui qui parle est lui-même mort dans ses péchés et préfère ainsi la mort à la vie (1 Tm 5:6) ? Si Christ est le chemin, la vérité et la vie, peut-on trouver la vie hors de Christ (Jn 14:6) ? La chaleur m’est un frais plaisir, et l’hiver une joie dans le Seigneur. Moi qui ne crains pas la brûlure du feu, devrais-je redouter la simple chaleur (Mt 10:28) ? La glace peut-elle tourmenter celui qui se consume, se fond et s’endort dans l’amour de Dieu ?

Ce lieu est certes dur et pénible pour les coupables et les malfaiteurs ; mais, pour les innocents et les justes, il est aimable et doux. C’est d’ici que sort le miel, d’ici que coule le breuvage céleste, d’ici que jaillit le lait ; c’est ici que naît l’abondance de tous les biens.

Il est vrai que ce lieu passe pour solitaire et méprisable. Pourtant, il est pour moi comme une large vallée et l’un des lieux les plus excellents du monde.

Dites-moi, hommes misérables, pourrais-je trouver une prairie ou une lande plus agréable ? Ici, je vois des rois, des princes, des États et des nations. Ici, je vois la guerre et le combat : les uns sont taillés en pièces ; les autres remportent la victoire ; certains sont tombés dans l’abaissement ; d’autres ont été élevés à de grands honneurs.

Ici se trouve la montagne de Sion. D’ici, je m’élève et j’entre dans le ciel. Jésus-Christ se tient devant mes yeux ; autour de moi se tiennent les pères, les prophètes, les évangélistes, les apôtres et tous les serviteurs de Dieu. Le Seigneur m’embrasse et me nourrit ; les uns m’exhortent, les autres me montrent les choses saintes ; les uns me consolent, les autres m’accompagnent de leurs voix et de leurs chants.

Dirai-je maintenant que je suis seul au milieu d’une telle multitude ? J’ai ici des compagnons, des consolateurs et des exemples. J’en vois qui ont été crucifiés, d’autres décapités ; les uns lapidés (Hé 11), les autres sciés en deux ; les uns rôtis, les autres brûlés dans des poêles, des fours ou des chaudières d’huile ; les uns ont eu les yeux crevés, les autres la langue coupée ; la peau des uns a été arrachée par-dessus leur tête, tandis que d’autres ont eu les mains et les pieds tranchés (2 M 7) ; les uns ont été jetés dans des fournaises ardentes, les autres livrés en pâture aux bêtes sauvages. Il me faudrait trop de temps pour tout raconter.

Enfin, j’en vois d’autres encore qui ont subi maintes tortures et diverses formes de martyre, et cela afin de vivre maintenant, délivrés de toute souffrance. Pour eux tous, il n’existe qu’un remède, un seul médicament capable de guérir toutes leurs blessures. Ce même remède me donne la force, la vie et la joie nécessaires pour supporter toutes ces craintes et ces afflictions, qui ne durent qu’un moment et ne méritent pas qu’on en parle : c’est l’espérance que j’ai placée dans le ciel.

Je ne crains pas ceux qui m’outragent et me persécutent injustement. Celui qui habite dans les cieux rejettera et retranchera les persécuteurs, mais Il guérira et rétablira ceux qui souffrent. Je ne craindrai pas, quand bien même mille hommes m’entoureraient (Hé 13:6), car le Seigneur mon Dieu me délivrera toujours. Il est mon bouclier et mon protecteur, mon consolateur et mon Chef. Il abattra ceux qui s’opposent à moi sans cause et brisera les dents des pécheurs, car à Lui appartiennent le salut, la bénédiction, la puissance et la domination.

L’opprobre que nous subissons à cause de Christ ne nous apporte que joie et allégresse, car il est écrit : « Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous » (1 P 4:14). Puisque nous sommes ainsi assurés de notre salut, nous ne devons pas nous arrêter aux insultes injustes de ceux qui nous outragent.

Sur la terre, je n’ai ni cité permanente ni lieu de repos. Ma demeure et ma patrie sont dans les cieux (2 Co 5:1 ; Hé 13:14). Je cherche la cité nouvelle, Jérusalem, que je vois devant moi et qui vient à ma rencontre (Ap 21:2). Voici, je suis déjà en chemin. Là sont ma douce demeure, mes richesses, mes parents et mes amis, mon plaisir et mon honneur ; je ne crains pas qu’ils me fassent défaut.

Toutes les choses terrestres ne sont que des ombres. Elles passent toutes et ne sont que vanité des vanités pour ceux qui sont privés de l’espérance et de la réalité de la vie éternelle.

Les connaissances, les arts et les dons que Dieu m’a accordés furent d’abord pour moi d’agréables compagnons et délassements ; maintenant, ils portent des fruits saints. Il est vrai que j’ai sué, souffert du froid et veillé nuit et jour autant que je le pouvais. Mais ce labeur a servi et contribué à me rendre plus accompli : jamais un jour ni une heure ne se sont écoulés sans quelque progrès. Voici, le vrai visage de Dieu s’est révélé dans ma vie, et le Seigneur m’a fait éprouver une grande joie dans mon cœur (1 P 1:8). En Lui seul, je reposerai en paix.

Qui osera désormais dire que j’ai perdu mon âge et mes années ? Qui dira que j’ai perdu courage ? Mon âme a dit : « L’Éternel est mon partage ; c’est pourquoi je veux espérer en Lui » (Lm 3:24). Puisque mourir dans le Seigneur n’est pas mourir, mais entrer dans une vie bienheureuse, pourquoi un adversaire de Dieu s’oppose-t-il à moi pour m’empêcher de mourir ? Tout cela sera pour moi la joie suprême, pourvu que je puisse goûter la coupe du Seigneur.

Quel gage plus sûr de mon salut pourrais-je trouver ? N’a-t-Il pas dit : « Les hommes vous feront ce qu’ils M’ont fait » (Jn 15:20) ? Que se taise donc l’insensé qui s’est si longtemps trompé en pleine lumière. Que le monde aveugle cesse de s’imaginer de telles choses. Je dirai avec l’apôtre : « Ni la tribulation, ni l’angoisse, ni la famine, ni la nudité, ni le péril, ni la persécution, ni l’épée ne pourront nous séparer de l’amour qui est en Christ. On nous met à mort tout le jour ; nous sommes regardés comme des brebis destinées à la boucherie » (Rm 8:35-36 ; Ps 44:23).

Ainsi, nous avons part à Christ, qui a dit que le disciple n’est pas plus grand que son maître, ni le serviteur plus grand que son seigneur (Mt 10:24). Il nous a aussi commandé de nous charger chacun de notre croix et de Le suivre (Mt 16:24).

Consolez-vous, bien-aimés compagnons de service de Dieu, consolez-vous (2 Co 13:11), car nous traversons de nombreuses tentations. Que notre patience soit parfaite en tout lieu. Ces choses nous ont été annoncées sur la terre : il est écrit que ceux qui nous tueront penseront rendre à Dieu un culte et Lui offrir un sacrifice (Jn 16:2).

La crainte et la mort ne sont donc que des moyens par lesquels nous apprenons à comprendre notre vocation. Nous nous réjouissons de la vie à venir (Ph 4:4) et poussons des cris de joie dans le Seigneur, puisque, bien qu’innocents de tout crime, nous sommes battus et livrés à la mort. Car il vaut mieux souffrir pour avoir fait le bien, si telle est la volonté du Seigneur, que pour avoir fait le mal (1 P 3:17).

Nous avons pour exemples Christ et les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur, et que les enfants de l’injustice ont fait mourir selon leurs coutumes. Voyez ce que nous faisons maintenant. Heureux ceux qui sont demeurés fermes (Jc 5:10-11) ! Nous nous réjouissons de notre innocence et de la justice que Dieu nous donne. Dieu punira ceux qui nous persécutent (2 Th 1:6).

On m’a traité d’insensé parce que je ne cache pas la connaissance de Dieu et qu’il m’importe peu de parler en secret ou ouvertement. Je pourrais répondre d’un seul mot : « Pauvre homme, qui es-tu, ou qu’es-tu, toi qui ne vois pas le soleil et ne penses jamais aux paroles de Dieu ? »

Mes chers, souvenez-vous des paroles de Christ : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée ; et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur le chandelier, afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison » (Mt 5:14-15). Il dit ailleurs : « Vous serez menés devant des gouverneurs, des rois et d’autres autorités. Ne craignez donc pas ceux qui tuent le corps ; craignez plutôt Celui qui peut faire périr l’âme. C’est pourquoi, quiconque Me confessera devant les hommes, Je le confesserai aussi devant Mon Père qui est dans les cieux » (Mt 10:18, 28, 32).

Puisque le Seigneur a parlé si clairement, par quelle autorité me donnent-ils des conseils et cherchent-ils à me persuader ? Je n’abandonnerai jamais le conseil de Dieu pour suivre celui des hommes, car il est écrit : « Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs » (Ps 1:1).

Je ne renierai jamais Christ, mais je Le confesserai toutes les fois que cela sera nécessaire. Je n’estimerai pas ma vie plus précieuse que mon âme ; je n’échangerai pas le siècle à venir contre le présent. Oh ! combien peu comprend celui qui pense que nous marchons dans la voie de la folie (Sagesse 5:4).

Je ne juge pas inconvenant de déplaire aux soi-disant très puissants, très justes, très sages, très miséricordieux, très bons et très illustres sénateurs de ce lieu, dont on m’offre la grâce à condition que j’apostasie.

Mais les apôtres du Seigneur nous ont appris qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes (Ac 5:29). C’est pourquoi je n’accepte pas la grâce qu’ils m’offrent.

Je souhaite qu’ils soient rendus plus parfaits devant le Seigneur. Ils sont puissants ici-bas, il est vrai, mais il leur reste à être rendus parfaits dans le Seigneur. Ils sont certes justes, mais ils sont encore privés de Christ, fondement de la justice. Ils sont sages ; mais là où se trouve le commencement de la sagesse se trouve aussi la crainte de Dieu (Pr 9:10). On les appelle miséricordieux ; je souhaite qu’ils soient plus patients et plus soumis dans l’amour chrétien. Ils sont bons ; je leur souhaite le fondement de toute bonté, le Dieu très bon et Très-Haut (Rm 13:14). On les dit illustres ; pourtant, ils n’ont pas reçu notre Sauveur, le Très-Illustre (Mt 1:21).

Écoutez donc, ô rois, et comprenez ; instruisez-vous, juges des extrémités de la terre (Sagesse 6:2). Servez le Seigneur avec crainte et approchez-vous de Lui en tremblant. Recevez et comprenez l’instruction, de peur que le Seigneur ne S’irrite et que vous ne vous écartiez du droit chemin.

Pourquoi vous déchaînez-vous, ô peuples ? Pourquoi, nations, formez-vous de vains projets contre le Seigneur ? Rois de la terre et princes, pourquoi vous liguez-vous contre Christ, le Saint de Dieu (Ac 4:25-26) ? Jusqu’à quand chercherez-vous le mensonge et haïrez-vous la vérité ?

Convertissez-vous et revenez au Seigneur notre Dieu ; n’endurcissez pas votre cœur. Il faut reconnaître que celui qui persécute les serviteurs de Dieu persécute Dieu Lui-même, puisqu’Il a dit : « Ce que les hommes vous font, ils Me le font à Moi, et non à vous » (Za 2:8).

Mais, mes chers, dites-moi, je vous prie, en quoi ai-je mérité d’être condamné? Est-ce parce que je n’ai pas répondu aux très illustres sénateurs, mes seigneurs, selon leur bon plaisir ? Si j’ai dit quelque chose, ce n’est pas moi qui l’ai dit, puisque le Seigneur déclare que, devant les autorités, ce ne sera pas nous qui parlerons, mais l’Esprit de notre Père qui parlera en nous (Mt 10 : 18-20).

Or, si le Seigneur est fidèle et véritable — et Il l’est en vérité —, je suis innocent. C’est Lui qui m’a fait parler. Qui étais-je pour pouvoir résister à la volonté de Dieu (Ac 11:17) ? Celui qui veut reprendre de telles paroles reprend donc la Parole du Seigneur qui a agi en moi. S’il estime que le Seigneur ne doit pas être repris, qu’il cesse aussi de m’accuser, puisque je suis innocent de cette œuvre. J’ai fait ce que je ne voulais pas faire ; j’ai dit ce que je ne pensais pas dire.

Si les choses que j’ai dites ne sont ni bonnes ni vraies, et qu’on me le démontre, je reconnaîtrai qu’elles viennent de moi seul et non de Dieu. Mais si j’ai dit des choses bonnes et éprouvées, que l’on ne peut condamner avec justice, il faudra, que nous le voulions ou non, reconnaître qu’elles viennent du Seigneur. S’il en est ainsi, qui m’accusera ? Les hommes les plus sages (1 Co 1:24) ? Qui me condamnera ? Les juges les plus justes, eux qui sont pourtant sans sagesse et sans justice ?

Faites ce que vous voudrez. Les paroles du Seigneur seront-elles réduites à néant ? L’Évangile ne comptera-t-il plus (Ga 6:18) ? Certainement pas. Le royaume de Dieu n’en sera que plus précieux et plus doux aux véritables Israélites, et il se rapprochera des élus de Jésus-Christ. Mais ceux qui commettent de telles choses subiront le grand jugement de Dieu. Ceux qui tuent les justes n’échapperont pas au châtiment (2 Th 1:6).

Ô bien-aimés, levez les yeux et prenez à cœur le conseil de Dieu. Il y a peu de temps, le Seigneur vous a montré un signe de peste afin de vous conduire à la repentance. Si cet avertissement n’est pas reçu, Il tirera entièrement l’épée et frappera, par l’épée, la peste et la famine, le peuple qui élève sa corne contre Christ. Que Dieu, dans Sa miséricorde, détourne ce fléau de ce lieu.

Le très zélé serviteur de tous les croyants,

Pomponio Algieri, prisonnier et lié (Ac 12:4 ; 21:33)

Écrit dans le très aimable jardin de délices de la prison appelée Léonia, le 12 juillet 1557.[3]

COMMENT POMPONIO ALGIERI FUT OFFERT EN SACRIFICE

Ce Pomponio Algieri[4], bien que très jeune, était originaire du royaume de Naples et étudiait à Padoue. Un frère qui parlait sa langue vint auprès de lui. Pomponio l’interrogea avec diligence sur la voie et la volonté du Seigneur et l’écouta avec un grand sérieux. Il fut bientôt baptisé dans la mort du Seigneur.

Peu après, tel un héros courageux et un jeune soldat de Christ, il témoigna de ce baptême avec force, sans crainte, par ses actes ; il le scella de son sang. Il devint ainsi semblable à son Maître : comme Christ lorsqu’Il remonta du Jourdain, il fut aussitôt assailli par l’ennemi, le tentateur et ses instruments, puis jeté en prison.

Il y soutint de nombreux et rudes combats. Pourtant, le Seigneur, qu’il gardait devant les yeux, le fortifia et le consola sans cesse, avec une grande joie. C’est ce que montre abondamment le présent écrit, qu’il adressa de sa prison de Padoue aux frères d’Italie. Il voulait les fortifier et les consoler dans la tristesse qu’ils éprouvaient à cause de lui, car ils se souciaient de lui comme d’un novice dans la foi (2 Co 13:11).

Mais le Seigneur le revêtit d’une grande puissance et glorifia Son nom par lui, comme par l’une de Ses principales armes.

Après bien des épreuves, Pomponio fut envoyé à Venise. Le sénat tout entier, ou la noblesse, chercha à l’emporter sur lui, comme le tentateur avait finalement essayé de l’emporter sur Christ. Par des supplications solennelles, des flatteries et des offres d’aide et d’amitié mondaines, ses membres tentèrent de le prendre au piège et de l’éloigner de Christ (Mt 4:8). Ce n’était pas l’un des traits les moins dangereux (Ep 6:16). Mais Pomponio, telle une colonne inébranlable, rejeta et méprisa tout cela pour l’amour de Christ, afin de gagner et de garder Christ seul, à l’exemple de Moïse et de Paul (Ph 3:7-8 ; Hé 11 : 24-26).

Comme ils ne purent le faire céder, malgré de longues tentatives, il fut envoyé à Rome et livré au pape. Après un emprisonnement dur et rigoureux (Ac 16:23), il offrit enfin sa vie au Seigneur avec une grande fermeté, comme un parfum d’agréable odeur. Il suivit avec empressement et joie les traces de ses prédécesseurs et des glorieux confesseurs de Christ. Il eut ainsi part aux souffrances de son Seigneur et Maître (2 Co 1:5). Sa fin fut même couronnée d’éloges triomphants de la part de ceux qui le méprisaient, et il but jusqu’au bout la coupe qu’il avait désirée (Mt 20:22).

Après avoir essayé sur lui de nombreux moyens (1 P 4:12), on le condamna finalement au feu. Il ne devait toutefois pas être exécuté comme les autres condamnés pour la foi, dont on abrégeait les souffrances selon la coutume italienne ou française : on les pendait ou les étranglait d’abord, puis on brûlait leur corps.

Mais le Seigneur Christ réservait à ce pieux Pomponio un plus grand honneur. Il lui fallut donc entreprendre et mener à une issue triomphale un combat bien plus élevé et plus glorieux (Ep 6:11 ; Ap 2:3).

Pomponio Algieri, étudiant de Padoue, aspergé d’huile bouillante devant le bûcher. Eau-forte de Jan Luyken, 1685, publiée dans le Miroir des martyrs, livre II, p. 189. Rijksmuseum, objet RP-P-OB-44.278, domaine public. Cette image, réalisée près de cent trente ans après l’événement, n’est pas un témoignage visuel contemporain.

On le conduisit en charrette jusqu’à la place du marché. Là, on tenta une dernière fois d’obtenir sa rétractation. Un moine chartreux (les chartreux étant, selon le récit, appelés à Rome « capadociens »[5] et tenus pour de saints hommes) fut chargé de l’exhorter. Il lui tenait constamment un crucifix devant les yeux et le pressait de songer une dernière fois, avant de mourir, à son Seigneur et Rédempteur, afin de ne pas mourir ainsi, endurci et désespéré dans l’erreur.

Le moine maintenait sans cesse le crucifix devant ses yeux. Pomponio le repoussa vigoureusement de ses mains qui, d’après le récit, n’étaient pas liées. Levant les yeux vers le ciel, il s’écria dans sa langue : « Mon Seigneur et mon Dieu vit là-haut, dans les cieux », et ainsi de suite (Mt 6:9).

Les spectateurs crièrent alors d’une voix forte : « Oh ! il l’a frappé ! », voulant parler du crucifix. Puis ils ajoutèrent : « Qu’on l’emmène ! Il est entièrement endurci et aveuglé ; il n’y a plus rien à faire pour lui. » À Rome, on estime, dit le récit, que la cause est grave lorsque ces moines ne parviennent pas à convertir un condamné ; c’est pourquoi on les réserve ordinairement pour la fin.

On déshabilla alors Pomponio jusqu’à la ceinture et l’on versa d’abord de l’huile bouillante sur sa tête et sur son corps nu. Le bon et pieux Pomponio le supporta patiemment, bien qu’il en ressentît sans aucun doute cruellement la douleur (2 Maccabées 7). Il passa la main sur son visage et en arracha la peau et les cheveux.

Ce n’est qu’ensuite qu’il fut brûlé jusqu’à être réduit en cendres. C’était, selon l’auteur, chose inhabituelle en Italie : il affirme avoir vu de ses propres yeux que les condamnés n’y étaient ordinairement que rôtis et roussis dans le feu, après quoi le cadavre était emporté pour être enseveli.

Mais, comme il a été dit, ce bienheureux Pomponio devait glorifier notre Seigneur et notre Dieu d’une manière plus éclatante encore (Ap 14:13). À Dieu et au Seigneur Jésus-Christ, qui accomplit cela par lui dans la puissance du Saint-Esprit, soient la louange et la gloire pour toujours. Qu’Il nous aide, nous, pauvres et faibles mortels, à Le suivre (1 Co 11:1). Amen. Oui, Seigneur Jésus, amen.

Le frère Da. Gr.[6], auteur de ce récit d’après l’ancienne copie, ajoute :

« Cela lui arriva en l’an 1557, peu de temps avant que je ne vienne à Rome, car Pomponio était alors encore sur toutes les lèvres. J’ai aussi entendu de mes propres oreilles certains hommes qui se disaient bons papistes et qui avaient assisté à son exécution raconter avec quelle admirable fermeté il était mort. Ils disaient qu’il avait véritablement cru dans son cœur ce qu’il avait confessé de sa bouche devant tout le peuple, au milieu de son douloureux martyre. Il n’y a donc aucun doute qu’il monta aussitôt au ciel et fut sauvé. Ainsi, les adversaires eux-mêmes doivent rendre témoignage aux saints de Dieu, même contre leur volonté » (Dt 32:31).

Peu après survint l’inondation de Rome : le Tibre déborda et causa de grands dégâts. Certains Romains disaient que la ville avait autant souffert que si elle avait été mise au pillage en toute hâte. Pour ma part, je l’ai constaté, car je n’avais jamais vu une telle pénurie de pain. Je ne saurais dire combien le spectacle et la détresse étaient effrayants, surtout parmi les pauvres. Mais ils ne reconnaissent pas qu’il s’agissait d’une juste rétribution (Sagesse 19:13).


[1] Nous avons trouvé dans cette lettre tant de sagesse, de sainteté et d’excellence que nous l’avons lue d’innombrables fois, avec attention et une profonde émotion. Elle a enflammé notre amour pour Dieu et notre zèle, non seulement pour vivre avec Christ, mais encore, s’il le faut, pour mourir avec Lui et pour Sa sainte vérité. Oh ! puissions-nous en être dignes, afin que Son saint nom soit loué par nous, Ses indignes créatures ! 

[2] Il est ici question de la puissante noblesse, ou aristocratie, de Venise.

[3] Note de Van Braght : Certains avaient indiqué l’année 1555, mais c’est une erreur. [Note sur la chronologie. Les dates de 1555 et de 1557 résultent de deux traditions éditoriales distinctes. L’année 1555 est celle de l’emprisonnement d’Algieri à Padoue et de sa lettre de consolation, probablement rédigée le 21 juillet 1555 ; certains martyrologes protestants ont ensuite confondu la date de cette lettre avec celle de sa mort. L’année 1557, retenue par le Miroir des martyrs, semble provenir de la postface du frère suisse (anabaptiste) Daniel Graff, qui séjourna à Rome cette année-là et y recueillit des renseignements sur le supplice ; la date fut alors attribuée à tort à l’ensemble du récit. La mention « 12 juillet 1557 » placée à la fin de la lettre serait une transmission fautive du latin 12 calendas Augusti 1555, qui signifie en réalité le 21 juillet 1555. Les documents judiciaires et diplomatiques contemporains établissent qu’Algieri fut livré à l’Inquisition romaine en 1556 et exécuté sur la Piazza Navona le 19 août 1556. — NDLT]

[4] Note de Van Braght : Quelques auteurs anciens ignoraient que ce jeune homme, peu avant sa mort, s’était uni, par le baptême reçu sur la confession de sa foi, à l’Église anabaptiste qui porte la croix. Ils lui attribuèrent donc, par ignorance, une autre religion. [La doctrine de Pomponio Algieri, aussi appelé Algerius selon certaines sources, fait débat. Les interrogatoires de Padoue montrent qu’en juillet 1555 Algieri semblait défendre le baptême même s’il était administré improprement par un mauvais ministre. Il aurait aussi récusé l’accusation d’anabaptisme (ce qui, comme nous le savons, était commun à tous les martyrs dits anabaptistes). Une tradition issue des « Frères suisses », attestée par Daniel Graff dès 1565 et reprise par Van Braght, affirme néanmoins qu’il reçut le baptême sur confession de foi. Comme les actes de la phase romaine du procès sont perdus, une adhésion anabaptiste ultérieure ne peut être ni démontrée ni exclue dans l’état actuel de nos connaissances. — NDLT]

[5] Nous sommes très enclins à penser qu’il s’agit d’une erreur et qu’il s’agit des « capucins ». — Note de la traduction anglaise

[6] Daniel Graff. — NDLT

Naissance et décès du petit Emmanuel Andries

Emmanuel était touché d’acrânie et, conséquemment, d’anencéphalie.

Nous le retrouverons un jour, guéri, au ciel.

Merci beaucoup pour vos prières.

Hugues et Amy Andries, Louis et Étienne…

Infolettre – fin d’été 2026 – 3 nouveaux traités

Bonjour à tous !

J’espère que vous allez bien.

Cela fait déjà un bon moment que je n’ai pas envoyé d’infolettre générale. Plusieurs petites nouvelles se sont accumulées au cours des derniers mois, alors voici un aperçu de ce qui se passe du côté des traités et des publications chrétiennes en français, ainsi que quelques nouvelles de notre famille.

Quoi de neuf au niveau des traités ?

Une réédition et deux nouveaux traités évangéliques viennent s’ajouter à la documentation disponible en français.

Le cœur de l’homme a été réédité dans une version revue. Ce petit livret illustré, publié depuis longtemps par la Société évangélique de bibles et traités, présente d’une manière très visuelle le combat qui se livre dans le cœur humain et la transformation que Dieu veut y accomplir. La nouvelle version est plus courte et racontée dans un langage plus simple.

Lire « Le cœur de l’homme » en ligne

Mon chemin vers Dieu est un nouveau traité qui répond à une question fondamentale : comment un pécheur peut-il retrouver la communion avec son Créateur ? Il présente simplement le chemin du pardon et de la paix avec Dieu par Jésus-Christ.

Lire « Mon chemin vers Dieu » en ligne

Enfin, un autre nouveau traité intitulé Le savais-tu ? vient également d’être préparé en français. Il n’est pas encore disponible en ligne, mais j’espère pouvoir ajouter le lien prochainement.

Comme toujours, ces traités sont destinés à être lus, mais aussi à être partagés. N’hésitez pas à en commander pour votre propre usage ou pour la distribution.

Un nouveau livre en français

Il y a également du nouveau chez les Éditions de l’Évangile !

Un nouveau livre d’histoires bibliques en français vient de paraître : Histoires préférées de la Bible. C’est une belle ressource pour faire connaître les récits de la Bible d’une manière simple et accessible, particulièrement aux enfants et aux familles.

Voir le nouveau livre chez les Éditions de l’Évangile

Et ce n’est pas terminé : trois autres livres en français sont actuellement en cours d’élaboration. Si Dieu le permet, je pourrai vous en dire davantage dans une prochaine infolettre.

Petit à petit, notre choix de bonne littérature chrétienne en français continue donc de s’élargir. C’est encourageant !

Au cas où vous auriez manqué Foi et Foyer…

Une autre nouveauté importante de cette année est la reprise de Foi et Foyer, une petite revue chrétienne trimestrielle en français.

Le but de Foi et Foyer est d’offrir une lecture saine et édifiante aux croyants et aux familles : articles sur la vie chrétienne et le foyer, histoire et doctrine, histoires pour les enfants, poèmes et cantiques, nouvelles des assemblées et des missions, témoignages et sujets de prière.

La revue avait déjà existé dans les années 1990 et nous avons décidé cette année de lui redonner vie.

Deux numéros sont parus jusqu’à présent :

Numéro 1 – mars 2026
Lire Foi et Foyer no 1

Numéro 2 – juillet 2026
Lire Foi et Foyer no 2

L’abonnement est gratuit (en ligne, par courriel ou sur canal WhatsApp). Vous pouvez aussi télécharger les numéros en PDF et les imprimer.

Visiter le site de Foi et Foyer

Si cette revue peut être utile à quelqu’un de votre entourage, n’hésitez surtout pas à lui transmettre le lien.

Prochain numéro en septembre!

Quelques nouvelles de notre famille et un sujet de prière

De notre côté, la famille va bien, par la grâce de Dieu, et nous avons beaucoup de raisons de Lui être reconnaissants.

Cependant, nous nous préparons aussi à traverser une épreuve difficile.

Nous attendons un bébé pour le mois prochain. Au cours de la grossesse, nous avons appris qu’il s’est développé sans crâne. À moins d’un miracle de Dieu, il ne pourra probablement survivre que quelques heures après sa naissance.

Nous savons que Dieu peut aisément faire un miracle, et nous continuons de Lui confier notre enfant. Mais nous voulons aussi nous soumettre à Sa volonté et Lui faire confiance, quelle que soit la manière dont Il choisira de nous conduire.

« Dieu est pour nous un refuge et un appui, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. »
Psaume 46:2

Nous vous demandons donc de prier pour nous. Priez pour que Dieu nous donne la paix, la force et la grâce dont nous aurons besoin dans les semaines qui viennent. Priez pour la maman et pour notre bébé. Et priez surtout pour que nous puissions rester près du Seigneur et accepter avec foi ce qu’Il permettra.

Nous apprécions beaucoup les prières de nos amis, même de ceux que nous n’avons jamais rencontrés personnellement.

Merci encore à tous ceux qui prennent le temps de lire ce site, de nous écrire, de partager les publications et les traités, et de nous encourager de différentes manières. Vos messages sont toujours appréciés.

Que Dieu vous bénisse tous, garde vos familles et vous fortifie dans la foi.

Bien chaleureusement en Christ,

Hugues et Amy, ainsi que Louis et Étienne

La résurrection des morts

Survol de l’article

  • La mort n’est pas encore l’état définitif. Selon Holdeman, ni les justes ni les injustes ne reçoivent immédiatement après leur mort la plénitude de leur récompense ou de leur châtiment. Tous attendent la résurrection et le jugement final.
  • Le séjour des morts n’est pas la géhenne. Holdeman distingue soigneusement le hadès, demeure provisoire des morts, de la géhenne, châtiment final après la résurrection. Le riche de Luc 16 souffre déjà dans le séjour des morts, mais il n’est pas encore dans l’étang de feu.
  • Les justes morts sont conscients et au repos auprès de Dieu. Holdeman ne défend donc pas un « sommeil de l’âme ». Les saints jouissent déjà de la paix, mais leur pleine gloire attend encore la résurrection du corps.
  • Tous ressusciteront au dernier jour, justes comme injustes. Holdeman rejette expressément l’idée d’un intervalle de mille ans entre deux résurrections. Il admet tout au plus que les justes puissent précéder les injustes d’un instant.
  • Le corps ressuscité sera véritablement transformé. Le corps corruptible ne reviendra pas simplement dans son ancienne condition : Dieu donnera à chacun un corps spirituel, incorruptible et glorifié, semblable au corps glorieux de Jésus-Christ.
  • La résurrection possède aussi une dimension présente. La puissance qui ressuscitera les corps au dernier jour est déjà à l’œuvre aujourd’hui lorsqu’elle fait passer le croyant de la mort spirituelle à une vie nouvelle en Christ.
  • La conclusion de Holdeman est profondément pratique. La doctrine de la résurrection n’est pas pour lui une simple spéculation sur l’avenir : elle appelle chacun à examiner sa vie, à marcher dans la justice de Christ et à se préparer au jour où tous comparaîtront devant Dieu.

Article (traduction de l’anglais, lui-même traduit de l’allemand, donc il peut y avoir des formulations peu naturelles ou des erreurs qui s’y sont glissées) :

La résurrection des morts sera l’un des plus grands miracles de Dieu. Je suis profondément ému lorsque je pense que j’écris au sujet de cet important article. J’implore sincèrement l’aide du Seigneur pour cette grande tâche. Que Dieu me vienne en aide !

Dans un article précédent, j’ai brièvement parlé de la mort ; je traiterai maintenant de l’état intermédiaire entre la mort et la résurrection. Beaucoup de personnes croient qu’à sa mort, l’homme entre immédiatement soit dans la gloire éternelle, soit dans le châtiment éternel. Je ne vois pas pourquoi une résurrection des morts serait nécessaire si l’homme recevait sa récompense éternelle au moment de sa mort. J’accorde que le récit de l’homme riche semble appuyer cette opinion, mais je crains que peu de gens ne le comprennent correctement. Il me semble que cet homme riche éprouvait, dans l’état intermédiaire, des tourments semblables à ceux de la géhenne. Certaines personnes sont déjà tourmentées de façon presque insupportable dans leur conscience ; c’est un avant-goût de la géhenne, mais non la géhenne elle-même.

Le mot grec hadès (ᾅδης) est employé en Luc 16:23 pour désigner le lieu où se trouvait l’homme riche. Ce mot, hadès (ᾅδης), désigne la demeure des esprits des défunts et, parfois, le tombeau ; mais il désigne rarement le lieu du châtiment éternel, c’est-à-dire la géhenne elle-même, surtout dans le Nouveau Testament. En Matthieu 5:22 ; 18:9 ; 23:15, ainsi qu’en Marc 9:43, 45, 47, le mot grec géhenna (γέεννα, géhenne) désigne le lieu où les condamnés sont tourmentés après la résurrection des morts. Le mot hadès (ᾅδης) est employé en Matthieu 11:23, mais son sens y est quelque peu difficile à déterminer.

L’homme riche n’était pas dans la géhenne, mais dans le séjour des morts ; il n’avait pas encore été ressuscité. Le mot hadès doit donc être compris ici dans son sens général : l’homme riche était arrivé dans la demeure des morts, et sa conscience lui causait une douleur si intense qu’elle ressemblait aux tourments du feu lorsqu’il vit Lazare dans le sein d’Abraham. Il est évident que cela se passait avant la résurrection, puisque l’homme riche désirait que ses frères soient sauvés afin qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourment. Au jour du jugement, il serait inutile de faire sortir des hommes de la géhenne pour les y rejeter ensuite. Je crois donc que l’homme riche ne se trouvait pas réellement dans l’étang de feu, mais plutôt dans le séjour des morts, la demeure des esprits des défunts.

Jean vit les morts se tenir devant Dieu. Il vit la mer, la mort et le séjour des morts rendre leurs morts à la résurrection. La mort, qui retient les corps des morts dans la mer et dans les tombeaux, et le séjour des morts, qui est la demeure des esprits des défunts, rendirent tous leurs morts. Chaque corps fut réuni à l’âme qui l’avait quitté lors de la résurrection ; puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu, qui est la demeure finale des perdus. Aucune autre interprétation n’est confirmée par les Écritures. Si ces personnes avaient déjà reçu leur récompense et leur jugement, pourquoi serait-il question d’un autre jugement ?

Les Écritures enseignent que la demeure des esprits des méchants est une prison, où ils sont réservés jusqu’au jour du jugement. Sans doute en est-il là, dans une certaine mesure, comme ici-bas : beaucoup de personnes ont ici-bas la conscience accablée, tandis que d’autres entretiennent l’espérance d’être sauvées. Elles meurent dans cet état, et celles qui espéraient être sauvées demeurent dans cette illusion jusqu’au jour du jugement. Quant à celles dont la conscience était tourmentée, elles n’en souffriront pas moins dans le séjour des morts ; elles éprouveront dans leur prison de grandes souffrances de conscience et redouteront terriblement le jour du jugement.

Jésus dit :

« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Mt 7:21-23.)

Le Seigneur avertit fidèlement Ses disciples contre de tels faux prophètes, qui venaient vêtus de peaux de brebis, mais produisaient de mauvais fruits. Il dit que nous les reconnaîtrions à leurs fruits. Si beaucoup de ceux qui demeurent longtemps dans le séjour des morts pensaient avoir servi le Seigneur durant leur vie, il est évident qu’ils ne subissaient pas encore les douleurs de la géhenne avant la résurrection des morts ; autrement, ils n’auraient pas cru qu’ils seraient sauvés à cause de leurs œuvres. S’ils avaient été jetés dans la géhenne après leur mort, ils auraient su qu’ils étaient des ouvriers d’iniquité.

Il est trop évident pour être réfuté que le Sauveur parle aussi de personnes mortes longtemps avant le jugement, car tout le contexte de Son enseignement le montre. Lisez Luc 13:23-28. Ce passage prouve que le Sauveur parle de personnes qui vivaient au temps où Il enseignait, puisqu’Il dit notamment qu’elles se trouveraient dehors.

J’ai donc clairement démontré qu’un grand nombre de personnes ne seront pas jetées dans le châtiment éternel avant la résurrection des morts. Croire que Dieu jetterait certaines personnes dans la géhenne immédiatement après leur mort, mais non les autres, reviendrait à attribuer de la partialité à Dieu. J’ai montré qu’il s’agit ici d’une question de conscience : lorsque la conscience condamne, il en résulte du tourment ; mais lorsqu’elle acquitte, il peut régner une fausse paix. Cela prouve que la conscience n’est pas un guide sûr.

Quant aux justes, je crois qu’ils vont dans un lieu de repos, comme Jésus le dit au malfaiteur repentant : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23:43). Les justes ne vont pas dans la demeure des âmes des méchants ; Dieu recueille leurs esprits auprès de Lui, ils vivent pour Lui et se reposent de leurs travaux. Cependant, ils ne recevront la plénitude de leur récompense et de leur joie qu’à la résurrection des morts.

Les âmes des justes reposent sous l’autel jusqu’au jour du jugement :

« Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix forte, en disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? Une robe blanche fut donnée à chacun d’eux ; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. » (Ap 6:9-11.)

Cela prouve que ces saints martyrs n’avaient pas encore reçu leur pleine récompense après leur mort. Quoiqu’ils fussent au repos, ils n’étaient pas encore dans la gloire parfaite de Dieu. Tout ce que Paul dit au sujet d’être auprès du Seigneur, ainsi que de son désir de partir, ne contredit nullement ces déclarations. Ces âmes étaient auprès du Seigneur ; elles jouissaient du repos et de la paix et étaient délivrées de toutes les douleurs de ce monde. Paul pouvait donc parler comme il le faisait.

J’ai montré que ces âmes sous l’autel n’avaient pas encore reçu leur pleine récompense. Croire que Paul et d’autres avaient obtenu la plénitude de leur gloire avant la résurrection des morts reviendrait à croire que Dieu possède deux demeures différentes pour Ses saints défunts. Cela ne peut être démontré.

Nous avons parlé de la mort et de l’état des défunts. Nous voulons maintenant décrire la résurrection des morts. La résurrection signifie que la vie est communiquée de nouveau. En hiver, une grande partie de la nature semble morte ; mais au printemps, tout ce qui possède la vie reparaît et se renouvelle. Le morne hiver cède bientôt la place au bel été, avec sa croissance et ses fruits. Les oiseaux chantent, les arbres fleurissent, l’herbe pousse, les fruits se développent, puis vient enfin le temps de récolter ces merveilleux fruits. Quelle heureuse saison ! Mais tout ce que nous offre la nature ne suffit pas à révéler la grande gloire de la résurrection des justes.

La gloire de Dieu s’est révélée dans la résurrection de Son Fils, qui est devenu les prémices de ceux qui sont morts. Rien ne prouve qu’avant la résurrection de Christ un être humain ait jamais été ressuscité pour une vie immortelle. Des personnes avaient bien été ramenées de la mort à la vie, mais seulement à une vie mortelle ; elles demeuraient donc sujettes à la mort. Christ, en revanche, ressuscita glorifié, monta au ciel et vit éternellement auprès du Père. Il est « le premier-né des morts » (Ap 1:5).

Ceux qui furent rendus à la vie avant la résurrection de Christ le furent également par la même puissance et la même gloire de Dieu qui ressuscitèrent Jésus-Christ. Ils constituaient une figure et une preuve de la résurrection ; car si Dieu n’avait pas décrété que Jésus-Christ ressusciterait, personne n’aurait été ramené d’entre les morts et il n’y aurait pas de résurrection.

Paul dit :

« Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. » (1 Co 15:21-23.)

Cette résurrection aura lieu à la fin du monde, car c’est alors que le Seigneur viendra.

« Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. » (1 Co 15:51-52.)

« Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur : nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » (1 Th 4:15-17.)[i]

Tous les chrétiens qui seront encore en vie à la venue du Seigneur seront changés et rendus semblables à Son corps glorieux, tout comme les chrétiens qui seront morts seront glorifiés lors de la résurrection.

J’ai maintenant démontré que la résurrection et l’enlèvement auront lieu au jour du Seigneur, lorsque sonnera la dernière trompette. Que Christ viendra à la fin du monde est clairement montré dans 2 Pierre, chapitre 3, ainsi que dans beaucoup d’autres passages.

Les justes ne seront pas les seuls à ressusciter ; les impies ressusciteront également. Les saintes Écritures abondent en témoignages selon lesquels tous les peuples et toutes les nations devront comparaître devant Christ et être jugés par Lui lorsqu’Il siégera pour juger. Cela prouve qu’ils devront d’abord être ressuscités. Christ dit :

« Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » (Jn 5:28-29.)

Paul témoigna également devant Félix :

« Et ayant en Dieu cette espérance, comme ils l’ont eux-mêmes, qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes. » (Ac 24:15.)

De même que le soleil, par sa chaleur et sa puissance, fait sortir de la terre aussi bien les épines et les chardons que le blé et les autres bons fruits et les fait croître, ainsi la voix de Christ appellera hors de leurs tombeaux les justes et les injustes, afin qu’ils se tiennent devant Lui pour être jugés.

Les saintes Écritures donnent certaines raisons de penser que les justes ressusciteront peu avant les injustes. Si l’on considère le jugement, cependant, il est évident que les injustes et les justes se tiendront en même temps devant le tribunal de Christ pour recevoir leur récompense ; ils devront donc ressusciter à la même heure. Il n’est pas clairement déclaré que les justes ressusciteront peu avant les injustes ; mais on pourrait comprendre de 1 Corinthiens 15:23-24 que les justes précéderont les injustes, ne serait-ce que de l’espace d’un clin d’œil.

En Jean 5:28, cependant, il semble que les justes et les injustes entendront en même temps la voix du Fils de Dieu et ressusciteront. Cela arrivera au même moment, ou à la même heure, lors de la dernière trompette. En effet, aucune autre trompette ne sonnera après la dernière ; et puisque les justes ressusciteront alors, les injustes devront eux aussi ressusciter au son de cette trompette, à moins qu’ils ne ressuscitent sans trompette, ce qui est invraisemblable.

Je laisse cette question telle que Dieu l’a ordonnée. Il me paraît toutefois plus vraisemblable que les injustes ressusciteront avec les justes et que c’est ainsi qu’il faut comprendre Paul, en rapport avec le jugement, lorsqu’il dit : « Ensuite viendra la fin » ; car après la résurrection, Christ remettra le royaume à Dieu le Père. Je ne conteste pas l’opinion selon laquelle les justes pourraient ressusciter un instant avant les injustes, puisque la Parole de Dieu ne se prononce pas expressément sur ce point. En revanche, je conteste l’opinion de ceux qui voudraient placer entre les deux un intervalle de mille ans.

Considérons maintenant dans quel corps nous ressusciterons. Ce corps corruptible retournera à la poussière ; néanmoins, Dieu rappellera chacun à la vie. Dans Sa sagesse et Sa toute-puissance, Dieu nous a tous dénombrés ; Il rappellera notre poussière et fera que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité. Le corps corruptible est une habitation convenable pour vivre sur cette terre, mais il ne convient pas à la demeure éternelle dans le ciel, où rien ne sera corruptible.

La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu. Ceux qui seront encore en vie lorsque Christ viendra devront donc être changés, afin que ce qui est corruptible revête l’incorruptibilité.

« Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui naîtra ; c’est un simple grain, de blé peut-être, ou de quelque autre semence ; puis Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. » (1 Co 15:37-38.)

Il ne faut pas comprendre par là que le corps qui se décompose dans la terre possède en lui un germe d’où croîtrait un corps incorruptible, mais que Dieu nous donne un nouveau corps selon Sa volonté. Il est vrai qu’un grain de blé produit un autre corps de la même espèce que celui qui a été semé ; mais il n’en est pas ainsi dans la résurrection des morts. Nous ne recevrons pas de nouveau un corps corruptible semblable au premier, mais un corps incorruptible, préparé pour notre demeure céleste.

« Il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. » (1 Co 15:44.) Lisez 1 Corinthiens 15:39-54.

La multitude innombrable de ceux qui ont été ensevelis dans la mer ou sur la terre, ou dont les corps ont été consumés par le feu, ressuscitera tout entière de la poussière, et chacun recevra son propre corps spirituel et incorruptible. Notre corps faible, indigne, pécheur, naturel et corruptible ressuscitera dans la puissance et dans la gloire, dans un état incorruptible, spirituel et céleste. Notre corps d’humiliation sera glorifié et rendu semblable au corps glorieux de Jésus-Christ (Ph 3:21).

La plupart des chrétiens meurent dans une grande faiblesse, chargés des infirmités de cette vie ; les enfants aussi portent en eux le péché jusqu’à la mort. Dieu n’impute pas à Ses enfants tout ce qui leur est inconnu, car autrement Il pourrait en rejeter beaucoup. Ce corps est livré à la mort dans l’ignominie, mais il ressuscite dans la gloire.

Nous ne croyons pas que Dieu pardonne le péché après la mort. Tout péché qui n’a pas été imputé à l’homme pour sa condamnation sera laissé derrière lui à la résurrection, comme une infirmité appartenant au corps faible. Beaucoup meurent dans l’ignorance de tant de choses que je ne voudrais pas les énumérer. Quiconque a reçu beaucoup de lumière peut y réfléchir et verra qu’il en est ainsi ; ceux qui n’ont pas reçu autant de lumière peuvent eux aussi constater que ces choses sont vraies.

Nul ne doit toutefois se reposer sur son ignorance, car elle devient alors de la témérité et cesse d’être de l’ignorance. Dieu connaît la véritable ligne de partage. Il sait ce dont Il ne tient pas compte et ce qu’Il impute pour la condamnation. Les corps des enfants, qui ont été affaiblis par le péché originel, seront eux aussi glorifiés et transformés, et rendus semblables au corps glorieux de Christ par la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

La résurrection de Christ possède une double puissance. Nous faisons l’expérience de la première lorsque nous passons de la mort spirituelle à la vie ; la seconde se manifestera lors de la résurrection du corps. Pour avoir part à la seconde résurrection, nous devons avoir connu la première.

Pour être trouvés dignes de recevoir la puissance de la résurrection de Jésus, qui rendra nos corps semblables à Son corps glorieux lors de la résurrection des morts, nous devons d’abord croire à cette puissance et y avoir part. C’est elle qui nous rachète de la mort spirituelle et nous transplante dans une vie nouvelle en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Il est nécessaire que nous nous examinions très soigneusement afin de savoir si nous sommes dignes de parvenir à la résurrection des justes. Les paroles de Christ enseignent clairement qu’il en coûte quelque chose pour être trouvé digne de parvenir à la résurrection des morts :

« Mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. » (Lc 20:35 ; voir aussi Mc 8:34-38.)

Il nous faut nous examiner avec soin pour savoir si nous vivons en Christ, de peur de comparaître devant le Seigneur les mains vides et dans l’illusion en ce jour-là. Paul se proposait la résurrection comme but et cherchait à y parvenir. Il disait :

« Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi, afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts. » (Ph 3:8-11.)[ii]

Paul parle principalement de la résurrection des justes. Avons-nous, nous aussi, les mêmes sentiments que Paul ? Désirons-nous connaître Christ et la puissance de Sa résurrection ? Si nous voulons avoir part à la résurrection des justes et au royaume de Christ, nous devons faire ici-bas l’expérience de la puissance de Sa résurrection et vivre dans cette puissance, car Il est « ressuscité pour notre justification » (Rm 4:25). Si nous ne marchons pas dans la justice de Christ, nous ne possédons pas la puissance de Sa résurrection.

Quels fruits glorieux la résurrection de Christ produit-elle ! Elle en a déjà produit beaucoup et elle en produit encore. Les fruits glorieux de la résurrection de Christ ont fait sortir beaucoup de personnes des tombeaux du péché, de l’ivrognerie, de l’avarice, de l’adultère et de toutes sortes d’impiétés, pour les amener à une résurrection nouvelle et spirituelle. Dans cette vie pieuse, la puissance de Christ peut être contemplée comme dans un miroir.

Au grand jour du jugement, cette puissance de la résurrection de Christ sera manifestée d’une manière toute particulière, car les justes resplendiront alors comme le soleil dans leurs corps glorifiés. Le grand nombre des rachetés révélera pleinement la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

Quel réconfort la résurrection des morts apporte à tous ceux qui possèdent l’Esprit de Christ !

« Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8:11.)

Avant que son frère ne soit ressuscité, Jésus dit à Marthe :

« Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11:40.)

Si ressusciter un seul homme, qui était resté quatre jours dans le tombeau, était déjà une manifestation de la gloire de Dieu, combien plus grande encore sera la gloire de Dieu manifestée lors de la résurrection, lorsque d’innombrables millions de personnes ressusciteront en ce grand jour !

Dieu a accompli de nombreux miracles dans ce monde ; mais je soutiens que la résurrection des morts, au jour du Seigneur, sera l’un des plus grands miracles, sinon le plus grand, que Dieu ait jamais manifesté.

Ô jour glorieux ! Nous, enfants du Dieu tout-puissant, attendons avec joie cette consolation qui sera nôtre au jour de la résurrection. Que Dieu nous accorde la grâce d’arriver à ce jour les mains pleines, afin que nous puissions Lui apporter joyeusement nos gerbes !

Ô Dieu, bénis-nous et bénis cet article !

Jean Holdeman, 1878

Note du traducteur

La distinction que fait ici Holdeman entre le hadès (ᾅδης) et la géhenne (γέεννα) mérite d’être relevée. Dans le Nouveau Testament, ces deux termes ne désignent pas exactement la même réalité. Le hadès, rendu par « séjour des morts » dans la Louis Segond 1910, est présenté comme un état ou un lieu provisoire : en Apocalypse 20:13, « la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux », puis, au verset suivant, « la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu ». La géhenne, en revanche, est associée au jugement définitif : Jésus parle notamment de Celui « qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Mt 10:28). Cette distinction explique pourquoi Holdeman considère les souffrances de l’homme riche en Luc 16 comme réelles, mais encore antérieures au châtiment final qui suit la résurrection et le jugement.

Cette compréhension s’accorde étroitement avec l’Article 32 des trente-trois Articles de foi de 1600, reproduits dans le Miroir des martyrs. Celui-ci enseigne que les âmes des injustes sont « réservées » jusqu’au dernier jour et qu’après la résurrection, leurs âmes étant de nouveau réunies à leurs corps, elles reçoivent leur condamnation définitive. La terminologie des anciennes versions bibliques ne distinguait pas toujours nettement le séjour des morts de la géhenne ; c’est pourquoi certaines formulations anciennes peuvent paraître ambiguës en français moderne. La distinction exprimée ici par Holdeman permet de mieux comprendre la structure de son enseignement : mort, état d’attente, résurrection, jugement, puis rétribution définitive.


[i] L’édition anglaise suit l’ancien anglais de 1 Thessaloniciens 4:15, prevent (precede, R. V.). Le verbe prevent de la KJV avait alors le sens ancien de « précéder » ; la Revised Version le précisait par precede. La Segond 1910 rend directement le sens par « nous ne devancerons pas ».

[ii] Dans Philippiens 3:8, l’édition anglaise porte le mot de la KJV dung, puis ajoute entre parenthèses as refuse, R. V. La Segond 1910 traduit ici : « je les regarde comme de la boue ».

Le voyage du pèlerin moderne

Chrétien marchait toujours vers la Cité céleste. Et tout le monde trouvait qu’il était trop strict.

Il portait toujours le Livre avec lui partout où il allait. Et c’était bien là le problème.

Quand le Livre disait : « Fuis », il fuyait.
Quand il disait : « Abstenez-vous », il s’abstenait.
Quand il disait : « Renonce à toi-même », il renonçait à lui-même.
Quand il disait : « Prends ta croix », il ne demandait pas s’il en existait une plus légère.

« Tu prends tout cela beaucoup trop au sérieux », lui disait-on.

Chrétien regarda le Livre.

« Le Roi a-t-il changé ? »

« Non. »

« Alors pourquoi changerais-je ? »

Ils le traitèrent donc de légaliste.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Bientôt, il arriva dans une ville où chacun marchait la tête baissée.

Au premier abord, Chrétien pensa que les gens priaient.

Puis il aperçut les écrans lumineux qu’ils tenaient entre leurs mains.

Ils se réveillaient en tendant la main vers eux.
Ils mangeaient avec eux.
Ils les emportaient à l’église.
Ils les emmenaient jusque dans leur chambre.
Ils les mettaient entre les mains de leurs enfants.

Chrétien vit les petits apprendre le nom des célébrités avant celui des apôtres, connaître les tendances du jour avant la vérité, et parler le langage du monde avant d’avoir appris celui des Écritures.

« Qui fait de vos enfants des disciples ? » demanda Chrétien.

« Mais nous ! »

Chrétien regarda les écrans qu’ils tenaient à la main.

« En êtes-vous bien sûrs ? »

Ils dirent qu’il allait trop loin.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Puis il rencontra une femme du nom de Sentiments.

Elle disait à tous :

« Suis ton cœur. »

« Fais ce qui te donne la paix. »

« Si ta conscience ne te reprend pas, c’est que cela ne doit pas être mauvais. »

Chrétien ouvrit le Livre.

« Mais le Livre dit que le cœur est trompeur. »

Sentiments fronça les sourcils.

Chrétien serra plus fermement le Livre contre lui.

« Mes sentiments changent. Celui-ci ne change pas. »

Ils le trouvèrent dur.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Puis Chrétien arriva à la Foire aux Vanités.

Seulement, il n’était plus nécessaire de faire le voyage jusqu’à elle.

La Foire tenait désormais dans la poche de chacun.

La convoitise.
L’envie.
La médisance.
L’orgueil.
La cupidité.
Les fausses doctrines.
Les divertissements sans fin.

Tout cela était à portée d’un simple mouvement du pouce.

Ils y passaient des heures, puis s’étonnaient de n’avoir aucun appétit pour la prière.

Ils remplissaient de bruit chaque instant de silence, puis s’étonnaient de ne plus parvenir à entendre Dieu.

« Ce n’est pas un péché », protesta quelqu’un, la boîte lumineuse à la main.

Chrétien acquiesça.

« Peut-être que non. Mais je me demande si c’est encore vous qui la possédez, ou si c’est elle qui vous possède. »

Ils le trouvèrent vieux jeu.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Les années passèrent.

Le chemin devint plus étroit.

Les hommes donnèrent de nouveaux noms aux compromis.

La mondanité devint liberté.

L’impudicité devint assurance de soi.

La désobéissance devint authenticité.

Le silence devint amour.

Et la sainteté devint légalisme.

Chrétien se demanda parfois s’il n’était pas, après tout, trop strict.

Alors il ouvrit de nouveau le Livre.

Le chemin étroit s’y trouvait encore.

La croix s’y trouvait encore.

« Soyez saints dans toute votre conduite » s’y trouvait encore.

« N’aimez point le monde » s’y trouvait encore.

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements » s’y trouvait encore.

Chrétien referma le Livre.

« Ce n’est pas moi qui ai rendu le chemin étroit. C’est le Roi. »

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Enfin, il aperçut la Cité céleste.

Et soudain, tous les noms dont on l’avait affublé cessèrent de lui faire mal.

Légaliste.

Extrémiste.

Coupé du monde.

Vieux jeu.

Trop strict.

À la lumière de l’éternité, l’opinion des hommes était devenue bien petite.

Chrétien regarda le Livre usé qu’il tenait entre ses mains et songea à tout ce qu’il avait abandonné afin de lui obéir.

Et là, au seuil de l’éternité, il avait des regrets.

Mais aucun d’eux n’était celui-ci :

« J’aurais aimé faire davantage de compromis. »

Peut-être avons-nous posé la mauvaise question.

Non pas :

« Est-ce vraiment si mauvais ? »

Mais :

« Cela me rend-il davantage semblable à Christ ? »

Non pas :

« Est-ce que je me sens repris dans ma conscience ? »

Mais :

« Qu’a dit Dieu ? »

Et peut-être devrions-nous cesser d’avoir tellement peur que nos enfants nous trouvent trop stricts, au point de les livrer à un monde qui, lui, ne craint nullement d’en faire ses disciples.

La Cité céleste est devant nous.

Nos enfants nous regardent.

L’éternité approche.

Le Livre est toujours vrai.

Le chemin est toujours étroit.

Et le Roi est toujours digne.

Alors, Chrétien…

poursuis ton chemin.

Texte traduit de l’original anglais de Sarah Trent, avec son aimable permission.