Les mystérieuses voies de Dieu

Andrée Toews, née Froment

Je n’ai pas grandi dans un foyer chrétien, mais je suis reconnaissante au Seigneur d’être venu me chercher et de m’avoir attirée vers Son peuple bien-aimé.

J’ai été baptisée enfant dans l’Église catholique et j’ai fait ma première communion à onze ans, après deux années de catéchisme ; pourtant, je n’ai jamais connu de véritable refuge spirituel. À quinze ans, j’ai subi une petite opération et passé plusieurs journées solitaires à l’hôpital. Pendant mon séjour, j’ai commencé à comprendre que j’avais besoin de l’aide de Dieu. Le prêtre nous avait enseigné qu’il fallait passer par lui pour communiquer avec Dieu ; néanmoins, pour la première fois de ma vie, je me suis adressée directement à Dieu dans la prière. Par la suite, je me suis souvent tournée vers Lui pour demander Son aide.

Mon enfance a été merveilleuse. J’aimais mes parents, et ils m’aimaient tendrement. Leur mariage était beau, et notre foyer débordait d’amour. Cependant, on n’y priait jamais. Mes parents n’allaient jamais à l’église et avaient perdu confiance en l’Église catholique. J’entendais souvent mon père et son frère se demander l’un à l’autre : « Où est Dieu? »

J’ai vécu une enfance très protégée et j’ai toujours fréquenté une école de filles. À dix-huit ans, j’ai commencé à travailler dans un bureau. J’y ai brusquement découvert l’autre face du monde. J’y ai vu et entendu des gens qui ne servaient pas Dieu, mais leurs propres désirs. L’infidélité conjugale était courante, et on en parlait ouvertement.

« Dieu doit sûrement avoir quelque part un peuple au sein duquel règnent la paix, la confiance et l’amour », me disais-je.

Quelque temps plus tard, j’ai vécu une expérience dont le sens ne m’a été révélé que quatre ans après. Dieu m’a parlé clairement : « Un jour, tu seras différente des tiens. » Cette pensée étrange a troublé mon cœur. Cela voulait-il dire que je devais devenir religieuse? Je ne le voulais pas, et cette idée m’effrayait.

J’ai continué à prier, et j’ai bientôt rencontré des missionnaires qui faisaient une brève halte à Paris en route vers leurs champs de mission en Afrique. Je les connaissais peu, mais nos rencontres étaient chaleureuses et réconfortantes. Je crois que Dieu me conduisait peu à peu hors d’un passé froid et sombre.

Un jour, en rendant visite à une collègue de bureau, j’ai fait un autre pas important vers la lumière. J’ai remarqué qu’elle lisait un livre qui m’était étranger. J’ai voulu savoir ce que c’était et lui ai demandé où elle en était dans sa lecture. Elle m’a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un livre ordinaire, mais de la Bible, divisée en livres, chapitres et versets. J’avais dix-huit ans lorsque j’ai découvert la Bible pour la première fois. L’Église catholique en interdisait la lecture, et on ne m’avait appris à connaître ni Jésus ni Son enseignement sur la repentance. J’ignorais donc tout du plan du salut.

Enfant, je m’étais souvent demandé ce qui arriverait si mes parents mouraient. Serait-ce la fin? Personne ne m’avait dit que nous avions, eux comme moi, une âme immortelle. Personne ne m’avait dit que Jésus était mort pour moi personnellement. Un jour, mon amie m’a invitée à assister à des réunions de Jeunesse pour Christ et à des réunions d’évangélisation. Ces rencontres étaient si différentes, si chaleureuses ! J’y ai entendu pour la première fois des cantiques comme « Quel ami fidèle et tendre nous avons en Jésus-Christ » et « Love Lifted Me ». La prédication était dans ma langue, le français, et je pouvais la comprendre. Elle a touché mon cœur, et quelqu’un m’a donné une Bible.

L’armée allemande occupait la France depuis près de cinq ans quand les Alliés ont libéré Paris ; huit mois plus tard, j’ai rencontré Roy. « Dieu agit par des voies mystérieuses pour accomplir Ses merveilles. » Nous n’étions convertis ni l’un ni l’autre, mais je crois fermement que Dieu nous a conduits l’un vers l’autre. Roy avait grandi dans un foyer mennonite chrétien, mais n’avait jamais donné son cœur au Seigneur.

Nous nous sommes mariés, si heureux d’être enfin réunis. J’avais quitté ma patrie, la France, pour venir m’installer à Winton, en Californie ; pourtant, mon cœur était troublé. J’étais inquiète : quelque chose manquait à notre vie. Qu’était-ce? J’aimais la famille de Roy et leurs amis chrétiens, et je ressentais leur amour. Je comprenais aussi que j’avais trouvé le peuple de Dieu que j’avais tant désiré trouver, un peuple où régnaient l’amour et la confiance. Pourtant, notre vie prenait un tour de plus en plus frivole : fêtes animées, spectacles, danses. J’avais peur. Je craignais que nous ne soyons entraînés toujours plus vite et qu’un malheur ne nous attende un jour. Par moments, je sentais que Dieu me conduisait avec tant de grâce et de tendresse. Roy avait beaucoup d’amis. Ils faisaient des projets et organisaient des activités, mais peu de ces projets ou activités faisaient une place au Seigneur ou aux promesses faites au cours des difficiles années qui venaient de s’écouler.

Roy prenait des leçons de pilotage, ce qui éveillait une grande crainte dans mon cœur. S’il lui arrivait quelque chose? Je me retrouverais toute seule dans un pays étranger. Un soir, Roy suivait des cours. Il se faisait très tard, et mon inquiétude grandissait. Soudain, Dieu m’a parlé très clairement en ces mots : « Le moment est venu de changer complètement ta vie. » Mais comment, et où?

Plus tard ce soir-là, je me suis dit qu’il fallait absolument que je voie quelqu’un et que je lui parle. Je suis allée chez John et Bertha Jantz et leur ai confié mes craintes et mes préoccupations. Ils m’ont parlé de leur désir de devenir chrétiens et de servir Dieu. Ces paroles m’ont profondément frappée. Voilà ce que je voulais.

Le mot « chrétien » a brillé comme une lumière dans les ténèbres. Il était évident que Dieu voulait mon cœur, ma vie et mon entière consécration. Mes simples prières, mes désirs et les expériences de mes jeunes années trouvaient-ils maintenant leur réponse et leur accomplissement? J’ai dit au Seigneur : « Je connais si peu Ta voie, Ton peuple et l’Église. » Il m’a répondu : « Avance un pas après l’autre. »

Lorsque Roy est enfin rentré, je lui ai annoncé ma décision de devenir chrétienne. Cette déclaration l’a stupéfié et pris au dépourvu. Il a simplement répondu : « Très bien. » Ma deuxième déclaration l’a encore plus surpris : « Toi aussi, tu vas devenir chrétien. » Il a répliqué : « C’est pas comme ça que ça se passe. On peut peut-être en reparler une autre fois. » J’ai insisté : « Nous ne pouvons plus laisser cette question en suspens ni la remettre à plus tard. » Il m’a répondu : « Il est tard ; on va se coucher et on en reparle demain matin. »

Je ne crois pas être naturellement hardie, mais ce que j’ai dit ensuite l’était assurément. Je lui ai déclaré : « Personne ne se couche avant que nous ayons tous les deux réglé cette question. » Des réunions de réveil se tenaient à Winton depuis déjà quatre ou cinq semaines. Roy savait que j’étais déterminée. Il m’a promis que nous assisterions à la réunion d’évangélisation et que, si Dieu l’appelait, il répondrait à Son appel. Cette promesse m’a rassurée, et nous sommes allés nous coucher.

Le lendemain soir, nous sommes allés à l’église et avons entendu le message de l’Évangile. Lorsque l’appel a été lancé, nous avons décidé de laisser Jésus entrer dans nos cœurs et nous nous sommes levés. Notre vie n’a plus jamais été la même. Nous nous sommes entièrement consacrés au Seigneur.

Quand la main du Seigneur nous touche, tout change. Nous avons écarté de notre vie toute impureté et laissé Dieu mettre Son amour dans nos cœurs. Nous avons été baptisés et reçus au sein de l’Église de Dieu en Christ (mennonite) le 9 mars 1947, deux mois après notre mariage. J’étais désormais libre et je me sentais si bien parmi le peuple de Dieu. Nous étions reconnaissants envers notre Père céleste, dont la sagesse est parfaite et qui connaît toutes choses, et nous priions pour que nos vies, nos actes et notre fidélité glorifient le Seigneur.

-Andrée Froment Toews

Paris en octobre 1943, place de l’Opéra, un peu moins de 2 ans avant la rencontre de Roy et Andrée.

Andrée Froment, née à Paris en 1926, échappa de peu à la mort en août 1944, lors de la libération de Paris, lorsqu’un soldat allemand tira plusieurs fois sur elle, alors qu’elle regardait par sa fenêtre, attendant l’arrivée imminente des Alliés. Quelques mois plus tard, Dieu permit qu’elle rencontra Roy, un infirmier dans l’armée américaine, alors qu’il sortait de la station de l’Opéra, à Paris. Roy avait été élevé dans une famille mennonite-anabaptiste non-résistante, qui ne s’engageait pas dans la guerre. Mais Roy n’avait pas choisi ce chemin. Il ne savait pas que Dieu se servirait de sa rencontre avec Andrée pour l’amener à l’Église de Dieu en 1947. Plus tard, Roy et Andrée participèrent à la fondation de l’assemblée de Scio en Oregon. Ils furent aussi impliqués dans la mission de Mouscron (sur la frontière belgo-française) dans les années 1980 et 1990. Andrée enseigna aussi le français à plusieurs missionnaires en partance pour l’Afrique et traduisit plusieurs traités et livrets publiés par l’Église. Elle quitta cette vie en septembre 2025, quelques jours avant d’atteindre l’âge de 99 ans.

Infolettre décembre 2023

Bonjour à tous !

Comment allez-vous?

En cette fin d’année, je pense au verset suivant:

« La véritable lumière qui éclaire tout homme était venue dans le monde. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle; mais Lui le monde ne l’a pas connu. Il est venu chez les siens; et les siens ne l’ont point reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom, Qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. Et la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. » (Jean 1.9-14)

Faisons-nous partie de ceux qui ont reçu la Lumière? Sommes nous nés de Dieu? Est-ce que la Parole de Dieu habite en nous? Avons-nous contemplé sa gloire? Si notre réponse est « oui » à toutes ces questions, alors qu’attendons-nous pour adorer et servir Dieu chaque minute de notre vie et répandre la Bonne Nouvelle?

Merci au passage pour tous les commentaires, les témoignages, les lettres et les commandes de documentation évangélique que je continue à recevoir personnellement plusieurs fois par jour. C’est toujours encourageant !

Quoi de neuf au niveau des traités ?

J’ai arrêté de travailler pour la SEBT en septembre (sauf quelques projets à boucler comme vous pouvez le lire ci-dessous). J’enseigne maintenant à temps plein dans un petit centre éducatif chrétien au Québec.

Nouveaux traités en français depuis cet été

Vous pouvez vous abonner ici pour recevoir un traité par semaine par voie électronique : t.me/traites.

Traités au format audio

Dans mes moments libres, je travaille à l’enregistrement de traités audio. Il y en a déjà 14 de faits, dont 10 sont disponibles sur le site. Ils sont destinées aux enfants, aux personnes illetrées et aux malvoyants notamment. Si vous connaissez une personne qui aimerait écouter ces histoires, il suffit de chercher les symboles « casque audio » ou de vous rendre sur la page suivante: https://www.traitesevangeliques.org/audio

Traductions en malgache et en lingala

Nous continuons de traduire de plus en plus de traités, pour toucher plus de 100 langues à ce jour (notre site web en a maintenant 40, je crois). https://www.traitesevangeliques.org/language

Il y a eu 6 traités traduits en malgache il y a environ 1 an. Ils sont maintenant utilisés pour l’oeuvre à Madagascar car cette langue est plus utile que le français pour toucher toute la population de l’île.

9 traités viennent d’être traduits en lingala et nous espérons que d’autres suivront l’an prochain. Nous espérons être en mesure d’imprimer les traités en lingala en janvier ou février.

Nous remercions Dieu, car il continue de nous fournir des ouvriers pour l’oeuvre (mais il en faudrait toujours plus) et il donne aussi les fonds nécessaires (certains d’entre vous ont fait des dons, merci !) et nous avons confiance que la majorité des traités que nous envoyons partout dans le monde sont utilisés pour la gloire de Dieu et que leur contenu parle à des centaines de milliers et probablement des millions de gens chaque année. Vous pouvez continuer d’en commander et de diriger d’autres évangélistes vers nous.

Vous pouvez en apprendre plus au sujet de la SEBT ainsi que commander des traités gratuits sur la page suivante : https://missionnaireanabaptiste.org/societe-evangelique-de-bibles-et-traites/ ou directement à travers le formulaire ci-dessous.

Là où la SEBT a envoyé des représentants officiels, elle ne s’occupe pas uniquement de distribuer des traités et des petites bibles, mais aide aussi à soutenir des orphelinats, des maisons de retraite, des personnes en difficulté, des prisonniers, des personnes souffrant d’addictions diverses, des villageois pauvres dans des situations critiques. Ce n’est pas notre mission numéro 1 en tant qu’organisation d’évangélisation, mais cela fait partie de l’œuvre que Jésus nous a enseigné de faire pour notre prochain, et nul chrétien, quelle que soit sa profession ou sa vocation principale, ne peut ignorer ceux qui sont dans le besoin matériel ou émotionnel autour de lui.

Vous pouvez vous abonner ici pour recevoir un traité par semaine par voie électronique : t.me/traites.

Missionnaires en France (à la frontière de la Belgique)

Une famille de missionnaires de la SEBT s’est enfin installée à Lille début novembre. Ces missionnaires sont un couple d’Américains dans la quarantaine, avec leurs deux enfants. Ils sont occupés à apprendre le français, mais accomplissent déjà l’oeuvre du Seigneur. Priez pour eux SVP.

Autres missions

D’autres missionnaires de la SEBT et, plus largement, de l’Église de Dieu en Christ sont actifs depuis des années dans plusieurs pays francophones: le Canada, Haïti, le Burkina Faso, le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, le Vietnam et le Cambodge. Si jamais vous désirez contacter l’un d’entre eux, je peux vous aider à établir le contact.

Nouveaux livres des Éditions de l’Évangile

Marcher sur le chemin du Seigneur

Ce livre d’étude biblique contient dix-huit leçons destinées aux adolescents et conçues pour les aider à comprendre que la vie chrétienne est une route qui traverse ce monde. Les leçons couvrent des sujets tels que l’acceptation de soi, le respect des autres, le travail volontaire, fuir des passions de la jeunesse, l’engagement, la reconnaissance de l’orgueil, la foi, la crainte de Dieu, et plus encore. Chaque leçon contient des exercices et des questions de discussion.

52 pages ; broché ; Éditions de l’Évangile. 7,95 $

La vie victorieuse

John Coblentz. Avez-vous lutté dans la défaite en tant que chrétien ? Vivez-vous dans l’esclavage de la peur, de l’orgueil, de la convoitise, de la colère ou de l’apitoiement sur vous-même ? Dans ce livre, vous trouverez des conseils pratiques tirés de la Parole de Dieu qui vous montreront comment vivre dans la victoire sur le péché. Les étapes de la victoire ne sont pas toujours faciles. Mais elles sont justes et s’appuient sur toutes les ressources du Père céleste. Et elles mènent au ciel même !

96 pages ; broché ; Éditions Lampe et Lumière. 4,95 $

L’Église immuable (devrait paraître en janvier/février)

Ben Giesbrecht. Ce livre historique rigoureux de 234 pages parcourt l’histoire de l’Église sur près de 2000 ans, en éclairant au passage des époques assez obscures de l’histoire chrétienne. L’auteur s’appuie sur plus de 50 auteurs différents pour raconter l’histoire des vrais chrétiens souvent persécutés au fil des siècles.

Éditions de l’Évangile

La famille Andries vous souhaite Joyeux Noël et bonne année 2024 dans le Seigneur

Pour nous, nous rendons grâce à Dieu, car malgré quelques brêves maladies, nous nous portons très bien.

Louis grandit très bien. Il aura deux ans en février. Il commence à parler beaucoup quoique nous ne comprenions qu’une partie de ce qu’il dit.

Ma mère continue son combat contre le cancer. Après une quasi-disparition, une tumeur est réaparue cet automne près de la précédente. Maman a de plus en plus de mal à parler, mais en général son état de santé semble stable. SVP continuez de prier pour elle, elle a aussi des maux de tête.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette infolettre. Vos commentaires, questions et conseils sont les bienvenus !

Que Dieu vous bénisse tous ! S’il nous accorde une année 2024, puisse-t-elle être une année de croissance pour chacun d’entre vous.

Bien chaleureusement en Christ,

Hugues & Amy Andries (et Louis)

Comment enrayer l’islam radical

Aujourd’hui je veux commencer une réflexion sur un thème d’actualité, contrairement à la majorité de mes articles, qui traitent de sujets plus généraux et/ou doctrinaux.

En effet, nous commençons tout juste à voir l’ampleur d’un phénomène de radicalisation, plus marqué dans les pays francophones qu’ailleurs (selon une récente étude américaine qui a suscité l’ire de l’ambassadeur de France aux États-Unis), et des frappes terroristes qui touchent beaucoup le monde francophone (donc celui dans lequel nous évoluons) en ce moment : les attentats à Beyrouth ne nous ont guère surpris, mais ceux du Bardo (Tunis) de Sousse, Bamako, Ouagadougou, Grand Bassam et Paris ont choqué plus de monde… Il faut dire que moi et mes proches (nous sommes d’origine belge) n’avons pas senti de surprise en nous réveillant aux nouvelles de deux attentats à Zaventem et Maelbeek… Nous étions plutôt étonnés que cela ne s’était pas produit plus tôt.

Et pour cause: aujourd’hui, 22% de la population de Bruxelles est musulmane. Les quartiers de Saint-Josse, Molenbeek et Schaerbeek comptent tous entre 40 et 50% de musulmans. Selon les estimations et projections des experts, la population musulmane en Belgique va doubler en 20 ans entre 2010 et 2030, passant de 640 000 à 1,2 millions, (si les flux de migration se maintiennent aux niveaux actuels). Les Belges d’origine s’éloignent depuis longtemps de ces quartiers, et ne constituent aujourd’hui que 28% de la population de la région de Bruxelles, c’est-à-dire que dans quelques années ils seront non seulement minoritaires, comme ils l’ont été depuis des années, mais aussi ils ne seront plus le plus important groupe sociodémographique, car l’islam deviendra la première religion de Bruxelles, devant l’athéisme, le christianisme nominal (souvent agnostique), le bouddhisme, l’hindouisme et les mouvements sectaires.

Pour le vrai chrétien, l’invasion de l’Occident par des musulmans (entre autres) ne devrait pas être un sujet de souci personnel, car il sait quel est le vrai Dieu, et il sait que toutes choses concourent pour le bien de ceux qui aiment Dieu (Romains 8.28). Il n’a pas (vraiment) peur de mourir lors d’un attentat par exemple, car il sait où son âme ira. On peut même se dire que l’arrivée de tous ces gens venus de pays où il est souvent interdit de prêcher l’Évangile est une occasion à ne pas manquer. Saïd Oujibou, un Marocain qui s’est converti à l’Évangile en France, nous affirme dans son livre (Fier d’être Arabe et chrétien) qu’en moyenne 10 musulmans se convertissent chaque jour au christianisme évangélique en France, ce qui signifie qu’ils affirment avoir vécu une nouvelle naissance, et qu’il ont la force et le courage de le dire à leur famille, ce qui signifie qu’ils seront habituellement rejetés par celle-ci ainsi que par la communauté musulmane (l’oumma) qui auparavant les protégeait par solidarité. Il est vrai que le nombre de convertis à l’islam en France est sensiblement le même, mais ce ne sont pas des personnes nées de nouveau qui font ce pas, plutôt des agnostiques et des jeunes (surtout des femmes). Il y a aussi les personnes radicales qui, à une autre époque, auraient choisi des causes telles que le communisme, le socialisme, ou tout groupuscule extrémiste ou sectaire, qui aujourd’hui trouvent une cause à défendre dans l’islam, qui fera d’eux des héros en échange.

Des tas de politiciens s’évertuent à minimiser le choc des cultures qui s’opèrent dans toutes les grandes villes d’Europe de l’Ouest, et même en Europe de l’Est et en Amérique du Nord. En même temps, d’autres cherchent à résoudre les problèmes. Seulement, ils sont quasiment insolubles : si d’un côté vous avez des jeunes musulmans en quête d’une identité qui vivent groupés et sont frappés de plein fouet par le chômage et de l’autre vous avez de plus en plus d’Européens de tradition pseudo-chrétienne mais qui vivent « dans la débauche » (tant selon la Bible que selon le Coran) qui commencent à haïr ou du moins à avoir peur des musulmans (non sans raison, les attentats ne font que les y pousser toujours plus), la réponse sera difficile à trouver même en pompant tout l’or du monde dans ces quartiers ou en essayant de favoriser la mixité ethnique.

Situation sans espoir ? Non, car Dieu peut tout et nous pouvons tout par Christ, qui nous fortifie. (Philippiens 4.13) Une grande partie des musulmans est à la recherche de quelque chose de plus profond, qu’ils pensent pouvoir trouver dans une pratique plus radicale et « primitive » de l’islam. D’ailleurs les nouveaux convertis à l’islam sont parmi ceux qui se radicalisent le plus rapidement, et je crois que c’est en partie parce qu’ils se rendent compte que l’islam « normal » ne répond pas tant à leurs désirs et à leurs questions, en somme, à leur « vide », et donc ils vont vite plus loin dans leur recherche en essayant de se purifier de toute trace de christianisme et d’occidentalisme. Sophie Kasiki écrit dans son livre (Dans la nuit de Daech, confession d’une repentie) :

« Une religion, ça se rencontre, ça se choisit. C’est une démarche personnelle, du moins, ça devrait l’être.

Pourtant, ma conversion ne me rend pas le bonheur. Ce n’est qu’une étape dans une très longue et très profonde crise morale. L’islam ne m’apporte pas de réponse mais il me donne, dans les premiers temps, des outils de réflexion, des pistes, peut-être, pour penser le monde. Je suis engagée dans un processus tortueux.  Je cherche un sens à ma vie.  Quand on se parlait encore, Julien me disait : « mais pourquoi veux-tu qu’il y ait un sens ? Profite, savoure, partage ! Pourquoi ce qui est suffisant pour les autres ne te convient-il pas ? »

Pourquoi ce qui est suffisant pour lui ne me convient pas, c’est le fond de sa question et je suis incapable d’y répondre. Tout simplement, il faut que tout ça ait un sens. J’ai besoin qu’il y en ait.

Et je cherche, comme une créature dans le noir, pour reprendre une image religieuse. Mais c’est vraiment ce que je ressens.  J’ai l’impression d’être un insecte aveugle… »

On observe que c’est en recherchant quelque chose pour combler le vide dans sa vie que Sophie (ce n’est pas son vrai nom) est passée d’agnostique catholique à musulmane modérée puis rapidement au stade de musulmane radicale. On voit plus loin une réflexion, où elle se dit qu’aller en Syrie rejoindre Daech est une meilleure alternative que le suicide :

« Ils ont raison. Je n’ai plus d’énergie. Plus rien ne me fait envie. Seule l’obligation de me montrer une mère exemplaire parvient encore à me faire me lever le matin pour accomplir, mécaniquement, la succession des gestes quotidiens : me laver, me préparer, réveiller Hugo, lui donner son petit déjeuner, le préparer, le conduire à l’école. […] Depuis longtemps maintenant, je sais repérer ce dégoût de la vie qui m’envahit par périodes. Bientôt je ne verrai plus comme solution que partir, et par partir, j’entends mourir. Je tente de me raccrocher à la pensée de mes nièces, de Hugo. Je détruirais leur vie irrémédiablement. Mais rien n’y fait. Le désir de mourir m’envahit. Je suis passée deux fois à l’acte par le passé. J’ai appris depuis à repérer les signaux annonciateurs de cet état morbide, mais pas à les désamorcer.  Cette fois, l’idée de partir pour la Syrie vient comme une échappatoire à ce désir de mort. À moins que ce soit le moyen que j’ai trouvé pour m’ôter la vie. »

Je n’ai pas de réponses ici, et je connais mal le phénomène de l’islamisme (ou salafisme ou islam radical… il y a tant de mots qui servent à le différencier tant bien que mal de l’islam sunnite dit « normal »). Mais je crois que la meilleure alternative à offrir à ces gens, c’est d’aller évangéliser les quartiers et les pays où il y a beaucoup de misère, de chômage, de musulmans, de gens qui recherchent le sens de la vie avec sincérité… Nous faisons trop peu pour eux.

Je crois que ce vide est ressenti par plus de gens que seulement moi ou Sophie Kasiki. J’en connais beaucoup personnellement qui m’ont parlé d’un tel vide. Pour certains, Dieu l’a comblé, pour d’autres cette réponse semble trop simple… Julien, le mari de Sophie écrit ceci en parlant des jours qu’il a passé sans Sophie en attendant de ses nouvelles :
« Rien. Je continue d’écrire et d’appeler. Je tourne en rond des nuits entières, dévoré par l’insomnie.  J’allume chaque cigarette avec le mégot de la précédente. […] Je ne vis plus. Les larves du protozoaire ont une existence plus enrichissante que la mienne. »

Qu’en pensez-vous ? N’est-il pas tant d’évangéliser les musulmans et les « quartiers sensibles » ?

 

Aux lecteurs

Bonjour à tous!

C’est la fin du mois de février et je ne vous ai pas encore laissé un petit mot personnel cette année. J’ose croire que vous vous portez bien et que le Seigneur fait de grandes oeuvres en vous, mais aussi par vous dans les cœurs de ceux que vous côtoyez. Que Dieu continue de vous bénir.

J’aimerais dresser un petit bilan du ministère accompli par ce site et aussi de ce que j’ai fait (succès et revers) au cours de l’année 2015 et début 2016.

D’abord, je me dois de demander pardon pour mon manque d’assiduité. Pendant une bonne partie de l’année, je n’ai que très peu écrit. Parfois j’écrivais trop à la fois pour compenser aussi, ne vous permettant pas de lire les articles à votre rythme.

Quand je regarde le succès qu’à rencontré ce site (blogue) auprès des internautes du monde entier, je ne puis que remercier Dieu et constater qu’il y a toujours une soif spirituelle dans ce monde.

Au départ, mon blogue n’était destiné qu’à ceux que je rencontrais quotidiennement et qui me posaient des questions au sujet de la foi. Comme je n’ai pas toujours le temps de répondre à toutes leurs questions, j’avais décidé de passer mon temps oisif à écrire quelques réponses sur un site vers lequel je pourrais éventuellement les diriger.

Mais la majorité des lecteurs vient d’un tout autre public. Un publique qui s’intéresse à l’anabaptisme, à l’Église primitive, au mennonitisme, à une foi basée sur la Bible, et surtout un public demandeur de traités évangéliques et de littérature évangélique. Je reçois en moyenne une demande de traités tous les 5 jours, et ce surtout d’Afrique, mais aussi beaucoup de France. Il y a aussi eu des commandes du Québec, d’Haïti ou encore de Grèce, mais c’est avant tout l’Afrique francophone et la France qui sont intéressés par cette offre. Ensuite, une ou deux fois par mois (au moins), je reçois des courriels contenant seulement des questions au sujet de la foi, ou encore des demandes de baptêmes, ou des personnes se demandant où et comment rejoindre les assemblées de l’Église de Dieu en Christ (mennonite). J’ai eu des discussions très édifiantes avec plusieurs personnes. Dans certains cas, l’amitié s’est développée et j’ai pu échanger plus par courriel, téléphone ou même face à face avec des lecteurs intéressés par une certaine facette de missionnaireanabaptiste.org. Plusieurs personnes sont entrées en contact avec l’Église au Québec, comme au Burkina, au Bénin, en Côte d’Ivoire ou encore au Burundi. Plusieurs frères dans l’Église m’ont exprimé leur soutien en découvrant ce site.

Je me suis senti vraiment béni en voyant que le site intéressait des gens partout dans le monde, sans être un site marchand, et sans jouir de publicité, mon petit site concernant une pratique de la foi qui semble démodée pour beaucoup, a attiré l’attention de lecteurs de plus de cent pays et territoires (les Dom-Tom français sont classés séparément de la France métropolitaine) au cours de l’année 2015.

Le lectorat reste largement Français: 26% des pages vues le sont depuis la France et ses territoires et pays associés (outre-mer), selon les statistiques de WordPress, qui ne sont pas complètes, mais donnent une bonne idée du public. Le reste de l’Europe (surtout Suisse, Belgique et « Union Européenne ») fournit aussi un grand bataillon de lecteurs, qui si on ajoute la France place l’Europe au premier rang des pages vues 44% du total. Le Canada et les États-Unis sont sur les deux autres marches du podium. Le Canada est le seul autre pays que la France à dépasser les 1000 pages vues. l’Amérique du Nord représente 28% des lecteurs du site.

L’Afrique représente quand à elle 17% des pages vues, mais une bien plus forte part des demandes de traités et je dirais que 2/3 de tous mes contacts courriels proviennent d’Afrique francophone. La Côte d’Ivoire est le pays africain où missionnaireanabaptiste.org est le plus lu. Elle est suivie de près par le Cameroun, le Togo et le Burkina Faso qui sont tous dans le top 10 dans le palmarès de WordPress. Le Gabon, la RDC et le Bénin ne sont pas loin derrière et d’autres pays comme le Rwanda, le Burundi, le Maroc, L’Algérie et la Tunisie ne sont pas en reste.

L’Amérique latine (incluant l’Amérique  centrale et les Caraïbes) est de plus en plus présente avec une apparition récente d’un lectorat régulier surtout au Brésil (9e place au classement général 2015), mais aussi le Mexique, Haïti et le Pérou. C’est en partie dû au fait que j’ai quelques pages en portugais et en espagnol, mais j’observe que nombreux sont les lecteurs de ces pays qui lisent surtout mes articles en français. Je serais curieux de connaître leur profil :).

L’Asie et l’Océanie sont réduits à la portion congrue avec moins de 300 pages vues en un an… Cela s’explique probablement par le fait que le français y est peu parlé et que les christianisme et surtout l’anabaptisme n’y sont que peu représentés ou connus.

Je vous invite à continuer de me mettre au défi de vous répondre personnellement, et j’espère que le service que je vous offre vous satisfait. Si vous avez des questions, continuez à me les poser. Je désire continuer de partager avec vous les petites choses qui m’inspirent foi, amour, paix et courage tout au long de l’année.

Je veux améliorer la rubrique « coin lecture » pendant cette année. Je veux aussi pousser certains sujets sensibles et doctrinaux un peu plus loin, mais je ne sais pas encore combien de temps j’y consacrerai et quand je pourrai m’atteler à la tâche.

Je suis maintenant de retour au Canada depuis 6 mois. Je fais de la traduction, mais aussi je donne des cours de français, et je fais de l’apiculture en été. Je cherche toujours à consacrer du temps à l’évangélisation, tant face à face, en distribuant des traités autour de moi et dans les grandes villes de Québec et Montréal, que sur internet (essentiellement à travers ce site).

Continuez de prier pour moi et je prierai pour vous.

 

 

Bonne question…

Je n’ai pas honte de l’évangile, car il est la puissance de Dieu pour sauver quiconque croit. Romains 1. 16

Prêche la parole, insiste, que l’occasion soit favorable ou non. 2 Timothée 4. 2

Dans l’Ouest des États-Unis vivait un agriculteur âgé, chrétien fervent, qui ne manquait pas une occasion de parler de son Seigneur. Un jour il rendit visite à son fils, sénateur à Washington, qui le présenta à l’ambassadeur de Belgique. Soudain le vieil homme lui demanda: “Excellence, êtes-vous un chrétien véritable? Qu’en est-il de votre âme?” Ces questions, posées sous l’impulsion du Saint-Esprit, mirent son fils dans l’embarras et il détourna habilement la conversation, afin d’éviter à l’ambassadeur de devoir répondre.

Quelques mois plus tard, le vieil homme mourut. Qui peut décrire l’étonnement de son fils quand il découvrit, parmi les nombreuses couronnes mortuaires qui avaient été envoyées, un bouquet de l’Ambassade belge! L’ambassadeur avait lui-même tracé quelques mots sur une carte. Les larmes aux yeux, le sénateur lut le témoignage émouvant rendu à son père: “C’est la seule personne aux États-Unis qui se soit souciée de mon âme et m’ait demandé si j’étais chrétien”.

Combien de personnes rencontrons-nous journellement? Connaissent-elles Jésus, le Fils de Dieu? Quel serait leur avenir si le Seigneur revenait aujourd’hui? Ne perdons pas une occasion de sensibiliser ceux que nous rencontrons sur le sort éternel de leur âme. Personne ne devrait pouvoir dire de nous: Je l’ai souvent rencontré, mais il ne s’est jamais intéressé au sort de mon âme. “Le sage gagne les âmes”, déclarait le roi Salomon (Proverbes 11. 30).