Confession de foi des vaudois, datée de l’an 1120


CONFESSION DE FOI DES ANCIENS VAUDOIS

(p.79-87 de l’Histoire des vaudois de Jean-Paul Perrin, p. 284-285 du Miroir des martyrs anglais. Ce texte est adapté du texte de Perrin, lui-même une traduction de l’occitan.)

DATÉE DE L’AN 1120.
[Notez bien : 50 ans avant la conversion de Pierre Valdo (ou Vaudès)]

Comme les vaudois étaient très anciens et répandus dans de très nombreuses parties du monde, il arriva qu’ils furent contraints, de temps à autre, à la demande de ceux parmi et avec lesquels ils vivaient, de rendre compte de leur foi ; c’est pourquoi les diverses confessions des vaudois furent rédigées et subsistent encore.

Notre intention n’est toutefois pas de les rapporter toutes, mais simplement d’en présenter une ou deux, qui sont célèbres depuis les temps anciens et comptées parmi les meilleures.

Jean-Paul Perrin le Lyonnais, dans son Histoire des vaudois (Ire partie, liv. I, p. 79-87 de l’original ; traduite du français en néerlandais par J. M. V., p. 43) fait mention d’une certaine confession des vaudois, dans laquelle ils parlent de divers articles de foi, en particulier des Saintes Écritures. En voici une copie fidèle :

Article I. Nous croyons et tenons fermement tout ce qui est contenu dans les douze articles du Symbole, appelé Symbole des apôtres ; et tenons pour hérésie tout ce qui s’en écarte et ne s’accorde pas avec lesdits douze articles.

Article II. Nous croyons qu’il y a un seul Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit.

Article III. Nous reconnaissons et tenons pour Saintes Écritures canoniques les livres de la Sainte Bible, à savoir ceux-ci : Les cinq livres de Moïse, appelés la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; Josué, les Juges, Ruth, 1 Samuel, 2 Samuel1, 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques, 1 Esdras, Néhémie, Esther, Job ; le livre des Psaumes, les Proverbes de Salomon, l’Ecclésiaste, le Cantique de Salomon ; la prophétie d’Ésaïe, Jérémie, les Lamentations de Jérémie, Ézéchiel, Daniel ; Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie.

Viennent ensuite les livres des Apocryphes, qui n’ont pas été reçus par les Hébreux ; c’est pourquoi nous les lisons, comme le dit Jérôme de Stridon dans la préface des Proverbes, pour l’instruction du peuple, mais non pour confirmer l’autorité des doctrines de l’Église. Ils sont : 3 Esdras, 4 Esdras, Tobie, Judith, Sagesse ; l’Ecclésiastique, ou Siracide ; Baruch, avec la lettre de Jérémie ; les additions au livre d’Esther, du dixième chapitre jusqu’à la fin ; le Cantique des trois enfants dans la fournaise ardente ; l’histoire de Suzanne ; l’histoire du Dragon ; 1 Maccabées, 2 Maccabées et 3 Maccabées.

S’ensuivent les livres du Nouveau Testament : les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean ; les Actes des Apôtres ; les épîtres de Paul : Romains, 1 Corinthiens, 2 Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens, 2 Thessaloniciens, 1 Timothée, 2 Timothée, Tite, Philémon, Hébreux ; l’épître de Jacques ; 1 Pierre, 2 Pierre ; 1 Jean, 2 Jean, 3 Jean ; l’épître de Jude ; l’Apocalypse de Jean.

Article IV. Les livres mentionnés ci-dessus enseignent ceci : qu’il y a un seul Dieu, tout-puissant, parfaitement sage et parfaitement bon, qui a créé toutes choses par Sa bonté ; qu’Il a formé Adam à Son image et à Sa ressemblance ; mais que, par l’envie du diable et la désobéissance d’Adam, le péché est entré dans le monde, et que nous sommes pécheurs en Adam et par Adam.

Article V. Que Christ a été promis aux pères, lesquels ont reçu la loi, afin que, connaissant par elle leur péché, leur injustice et leur insuffisance, ils désirent la venue de Christ ; afin qu’Il fasse satisfaction pour leurs péchés et accomplisse Lui-même la loi.

Article VI. Que Christ est né au temps fixé par Son Père ; c’est-à-dire au temps où toute iniquité abondait ; et cela non à cause des bonnes œuvres, car tous étaient pécheurs, mais afin qu’il nous fît grâce et miséricorde, comme Celui qui est véritable.

Article VII. Que Christ est notre vie, vérité, paix, justice, berger, avocat, sacrifice et sacrificateur ; qu’Il est mort pour le salut de tous ceux qui croient, et qu’Il est ressuscité pour notre justification.

Article VIII. Et, de même, nous tenons fermement qu’il n’y a pas d’autre médiateur et avocat auprès de Dieu le Père que Jésus-Christ. Mais en ce qui concerne la vierge Marie, nous tenons qu’elle a été sainte, humble et pleine de grâce ; de même, nous croyons au sujet de tous les autres saints qu’ils attendent au ciel la résurrection de leurs corps au jour du jugement.

Article IX. Nous croyons qu’après cette vie, il n’y a que deux lieux : l’un pour les sauvés, l’autre pour les damnés, que nous appelons Paradis et Enfer ; et nous nions totalement le purgatoire, imaginé par l’Antéchrist et forgé contre la vérité.

Article X. Nous avons également toujours cru que toutes les inventions humaines, les jours de fête, les vigiles des saints, l’eau que l’on dit bénite, l’abstinence de viande à certains jours, et choses semblables, mais surtout les messes, sont une abomination indicible devant Dieu.

Article XI. Nous avons en abomination toutes les inventions humaines, comme provenant de l’Antéchrist, lesquelles apportent du trouble et nuisent à la liberté de l’esprit.

Article XII. Nous croyons que les sacrements sont des signes de la chose sainte, ou des formes visibles de la grâce invisible ; et nous estimons qu’il est bon que les croyants fassent de temps en temps usage de ces signes ou formes visibles, lorsqu’il leur est possible de le faire ; néanmoins, nous croyons et soutenons également que lesdits croyants peuvent être sauvés sans recevoir ces signes, lorsqu’ils n’ont ni le lieu ni le moyen de les recevoir ou d’en user.

Article XIII. Nous n’avons jamais reconnu d’autre sacrement que le baptême et l’eucharistie.

Article XIV. Nous devons honorer les puissances séculières par la soumission, l’obéissance, l’empressement et le paiement de ce qui leur est dû.

Les quatorze articles ci-dessus sont extraits d’un livre intitulé L’Almanach spirituel, ainsi que des Mémoires de Georges Morel. Voir aussi J.-P. Perrin, Histoire des vaudois, Iʳᵉ partie, liv. I, chap. 12, p. 79–87.

Voir les sites suivants :

https://temoinanabaptiste.com/2017/01/22/confession-de-foi-des-vaudois-de-lan-1120/

https://www.info-bible.org/livres/Histoire.Eglise.Vaudoise.2/16.htm

Cliquer pour accéder à waldensian_confession_1120.pdf

Une autre confession vaudoise datant de 1541 se trouve ici : https://www.jstor.org/stable/24282260

Cependant, il faut garder à l’esprit que la foi de ces vaudois commençait peut-être déjà à dériver, étant donné que peu de temps après on les voit prendre les armes pour se défendre et ensuite se fondre avec les protestants, alors que leurs origines étaient très différentes.

  1. Cette confession très ancienne est traditionnellement rattachée à l’an 1120. Toutefois, la forme sous laquelle elle est transmise ici semble avoir été remaniée ou mise en ordre à une époque plus tardive. La division des livres de Samuel et des Rois selon l’usage moderne, ainsi que la place des Actes immédiatement après les Évangiles, correspondent davantage aux usages bibliques réformés des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles qu’à ceux des manuscrits vaudois médiévaux, dont l’ordre des livres varie et ne suit pas toujours cette disposition. Cette mise en forme pourrait venir de Perrin lui-même ou de l’une de ses sources, notamment les matériaux attribués à Georges Morel, dans lesquels on relève quelques différences. Il faut donc distinguer entre le fond doctrinal vaudois ancien du texte et sa présentation actuelle, probablement retouchée à l’époque de la Réforme ou après celle-ci. — NDLT ↩︎

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