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Voyage au pays des Nagas (partie II)

(SVP lisez la partie I avant de lire cet article)

Rebonjour tout le monde! Voici un rapport de mon voyage dans l’État du Manipour, il y a un mois environ. Je suis navré d’avoir mis si longtemps à le composer, je n’ai eu que très peu de temps récemment pour écrire, à part ma correspondance personnelle. Vous pouvez vous abonner à mes lettres si celle-ci vous plaît. J’écris une lettre à tous les mois environ, mais pas toujours dans le même style. Dans ces quelques pages, je raconterai comment moi, Hugues Andries, et Bryan Dirks, lui aussi missionnaire avec moi en Inde, sommes allés visiter des missionnaires américains au Manipour (Shane et Rachel Koehn et leurs trois enfants, Sherlyn Friesen, tutrice de leurs enfants, et Nelson et Marilyn Dyck), ainsi que des membres de l’Église récemment baptisés (Shangba et Rhina Maram et Kabijohn). N’hésitez pas à critiquer ou à poser des questions! 

Suite du Voyage au pays des Nagas

Vendredi, le 30 mai

Nous posons le drain et remplissons la tranchée creusée deux jours plus tôt. Toujours pas de courant, ce qui nous force à laver nos vêtements à la main. Comme j’ai fort à faire, Sherlyn offre de laver les miens, je n’ai eu qu’à l’aider à les essorer puis à les pendre sur l’une des cordes à linge. Comme le soleil n’illumine pas très bien la clairière, ils ne sécheront pas avant la prochaine pluie. À midi, nous descendons la colline vers l’école de Shangba, où je dois raconter une histoire biblique aux enfants grâce à un jeu d’images en feutre. Après quoi ils chantent quelques chants et nous prions ensemble. Il y a peut-être quarante enfants. Au retour, nous empruntons un autre chemin, qui nous fera découvrir les restes d’une batterie antiaérienne japonaise. En 1944, les forces nippones se mettent en devoir d’assiéger Imphal et Kohima, les deux derniers verrous avant la plaine du Brahmapoutre, qu’ils n’atteindront jamais. Les Japonais craignent les chasseurs de têtes Nagas et n’osent donc pas entièrement occuper la région, mais seulement des points clés, comme dans le cas de Maram, qui se trouve le long de la route entre Imphal et Kohima. Ils installeront une batterie antiaérienne sur la pointe de la colline de Kabinam pour contrôler une vallée importante que longe l’autoroute. L’endroit est idéal pour voir les chasseurs britanniques arriver de loin. On observe plusieurs trous de tirailleurs et quelques tranchées en arrivant près de la pointe. Puis des cratères laissés par les bombes des Rosbifs. On observe des terrassements effectués par les Japonais pour installer leurs canons à l’abri des regards, mais on voit aussi que ce fut en vain. Plusieurs énormes trous dans la colline témoignent de l’attaque implacable des Anglais. Il ne reste plus rien des canons. Les Nagas en ont fondu tout l’acier. On dit que de temps en temps on retrouve encore des vieux fusils ou même des bombes qui n’ont pas explosé. À ce propos, je vous ferai remarquer que toutes les cloches d’églises de la région sont faites de vieux obus. Les Nagas n’ont pas peur de les décortiquer avec un marteau et une cisaille. Quelques-uns y ont laissé leur vie.

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Bryan, Kabijohn et moi profitons de la beauté du paysage et de la température idéale, pour parler pendant une heure ou deux de l’Église en Amérique, de la culture locale, de la haine des villageois, et du besoin de renouveau parmi les baptistes de la région, dont la grande majorité n’est pas née de nouveau. Le soir, à la lumière de quelques lampes solaires, nous sommes une quinzaine à nous réunir dans la maison de Nelson pour chanter en anglais et en maram. Il y a un chant maram que j’aime beaucoup; il parle du besoin impérieux de naître de nouveau. C’est une mélodie que je n’ai encore jamais entendue, mais elle est tellement touchante lorsqu’elle est chantée par des Nagas, qui ont des voix magnifiques…

Samedi, le 31 mai.

La journée entière se passera à Maram Khullen, capitale du royaume Maram Naga, qui se trouve à 2200m d’altitude, soit 500m de plus que Kabinam, où Shane et sa famille habitent. On nous montre la hutte du roi, puis d’un vice-roi. Cette dernière sert aussi de refuge réservé aux garçons. Selon la tradition, ils peuvent venir ici trouver du repos, jouer, s’amuser sans restriction, avec la seule condition d’apporter du bois pour le feu. Les filles n’ont pas le droit de visiter les lieux. Belle collection de lances, boucliers et javelots. À l’extérieur, on observe des squelettes d’oiseaux attrapés strictement à la main lors de cérémonies rituelles. L’extérieur de la majorité des habitations est décoré de têtes en bois, symbolisant le nombre de têtes coupées par l’ancêtre de la famille. J’ai compté cinquante-trois têtes sur celle de la famille de Kabijohn. À une époque on exhibait les crânes humains, mais depuis la prohibition de cette pratique dans les années 30, on les a remplacées par des répliques en bois. Aujourd’hui les tribus se battent toujours, mais avec des armes à feu, et en général on ne tue plus un membre d’une tribu voisine sous seul prétexte qu’il est d’une tribu ennemie. Le dernier incident de cette sorte dans la région de Maram remonte aux années 90.
Tout au long de la journée, Kabi nous sert de guide, expliquant mille et une traditions de sa tribu. Nous prenons tous quelques tours à jeter une grosse pierre en essayant de la faire atterrir sur le sommet d’une butte. D’autres épreuves plus loin demandent un peu plus de virilité. Il fallait sauter par-dessus une pierre qui faisait 1,2 mètre de haut sans élan, en écartant les jambes, et atterrir à au moins un mètre de la pierre. On nous montra des piliers de granite semblables à ceux que les Celtes érigèrent. On dit qu’autrefois les hommes de la tribu devaient démontrer leur courage en sautant d’une roche à l’autre. Ces roches font presque trois mètres de haut, mais leur circonférence n’excède pas 50 cm et elles sont espacées de près de 2 mètres chacune. La vue de la vallée me coupe le souffle… Je pense que cette région peut prétendre au titre de « paradis sur terre » ou de « jardin d’Eden » autant que l’île de Bora Bora, le plateau du Cachemire, ou encore le Machu Picchu.
J’ai pris un coup de soleil semblable à celui que j’avais eu à Cusco au Pérou il y a quatre ans. Comme quoi il faut se méfier du soleil quand on est dans les montagnes; pour ceux qui ne le savaient pas. Rouge comme un homard, je ne me suis plus exposé au soleil pendant le reste de notre séjour. Cela m’a empêché d’avoir d’aussi bons souvenirs de mes derniers jours au Manipur que des premiers. Je me suis souvent enduit de lotion et d’aloès, mais rien n’y faisait : mon visage, mes oreilles, ma nuque et mes bras étaient grillés : ma peau a pelé légèrement en plusieurs endroits environ une semaine après l’incident.

Dimanche, le 1er juin

Après un petit déjeuner de bonne heure, nous dévalons la pente vers l’église construite par Shangba. Plusieurs missionnaires venus prêcher dans ce bâtiment ont avoué qu’ils n’avaient jamais encore été dans une église d’où l’on a une si belle vue de la création de Dieu. Pour ma part, je m’y dirige en cherchant à rester hors de vue du soleil; un parapluie m’étant d’une assistance inestimable. Le culte commence juste après 7h30 et dura jusqu’à 9h. Les chants en maram sont une fois de plus les plus captivants. L’assemblée est constituée d’environ 20 adultes, dont plusieurs étudiants, et 20 enfants. Frère Shangba apporte des pensées au sujet de l’amour de Dieu, de comment nul n’a mérité cet amour, mais qu’il l’offre à chacun. Son sermon est en somme un appel à naître de nouveau si tel n’était pas encore le cas, ou à redédier notre vie à Lui, parce qu’il nous a tant aimés.
Après ce culte Kabi, Bryan et moi nous nous séparons du reste de l’assemblée. Tandis qu’ils vont prendre le thé et que Shane raconte une histoire biblique aux enfants de l’orphelinat de Shangba, Kabi gravit la montagne pour raconter une autre histoire aux enfants d’un autre village. Une quarantaine d’enfants se réunissent dans un vieux bâtiment qui ressemble à une grange, mais qui est en réalité la salle communautaire. C’est un village catholique. Kabi raconte l’histoire de Noé en maram, illustrant le récit grâce au jeu d’images en feutre. Puis les enfants chantent et colorient des images. Quand tout est fini, je ramasse les crayons et nous redescendons vers la maison de Shane où nous mangerons un délicieux repas de viande de buffle.
L’après-midi vers 15h nous filons à Maram centre où se trouve le centre de documentation de notre Église. Il abrite un bureau de traités, une bibliothèque où chacun peut emprunter des livres, quelques étagères de livres à vendre, des imprimantes pour photocopier, imprimer ou numériser des documents pour les élèves de Don Bosco. On y trouve aussi des boissons gazeuses, une machine Nescafé et des paquets de biscuits. À l’arrière se trouve un petit local où depuis peu quelques voisins se rassemblent avec la famille de Shane, Kabi, ainsi que John et sa sœur. Bryan y apporta un récit de la Bible analysé d’un point de vue plus adulte que les précédents qui étaient plutôt destinés aux enfants. Après quelques chants et quelques paroles d’encouragement de Shane, nous mettons un terme à la réunion. Nous passons au Centre de documentation, qui est habituellement fermé le dimanche pour faire quelques photocopies de nos passeports que Shane et Rachel devront présenter aux services de renseignement lors de leur interrogatoire mensuel. Le curé de la paroisse se présente sous prétexte de vouloir acheter des minutes pour son portable. Mais plusieurs croient qu’il est venu voir ce qui se passait, attiré par les chants. On dit que les catholiques de la région font tout leur possible pour empêcher leurs fidèles d’aller au Centre de documentation, une élève ayant été menacée d’être boutée hors de son auberge si elle n’arrêtait pas d’y aller,  il semble donc suspect que le curé lui-même enfreigne ce boycottage.
Le soir, nous nous réunissons encore chez Shangba pour chanter et lire des versets. Chacun est invité à apporter un témoignage. Shane m’avait demandé d’avance si je serais prêt à partager le récit de ma nouvelle naissance avec mes nouveaux amis. Je raconterai volontiers cette expérience. Bryan, Kabi et Shangba font de même. C’est une soirée touchante, où j’ai compris combien nous étions devenus proches en l’espace de quelques jours. Les garçons présents étaient captivés. Pour beaucoup, je pense que c’était la dernière fois que je les voyais sur cette terre. Un nouveau venu : Yurthing, de la tribu Tangkhul Naga. Il se lia si bien d’amitié avec nous qu’il se présenta le matin suivant, vers 5h, une heure avant notre départ. Ici à Maram il vit dans un foyer catholique, bien qu’il soit baptiste d’origine. C’est pourquoi il n’a pas pu venir à nos cultes avant aujourd’hui, car maintenant il est libre de faire ce qu’il veut, le semestre vient de se terminer, il va retourner dans son village demain.

Lundi, le 2 juin

Comme je disais donc, Yurthing se présente chez nous le matin de notre départ. John arrive bientôt, suivi de près par Kabijohn. Je passe 45 minutes à parler de mon pays à ces amis qui m’interrogent beaucoup au sujet de l’agriculture, puis de notre Église. J’aurais tant à leur dire! Nous passons quelque temps à manier la nouvelle catapulte de Bryan, qui lui a été offerte en cadeau d’adieu par Kabijohn. Vers 6 heures, toute la famille de Shane ainsi que Sherlyn, Bryan et moi nous entassons dans le Boléro, disant adieu à cette merveilleuse contrée.
Le voyage pour Dimapour, ville située au Nagaland, durera près de quatre heures, avec un bref arrêt à Kohima. À Dimapour, nous faisons le tour de 6 librairies chrétiennes pour y déposer des traités. J’achète aussi du miel du Nagaland, provenant d’une petite abeille sans dard, appelée Trigona sps.
À l’hôtel, je déguste un délicieux curry d’œuf, alors que Bryan ne parvient pas à se détacher de son téléphone… (Je ne savais pas à l’époque qu’il était fiancé, à une fille des Philippines qui plus est, c’est pourquoi je ne pouvais pas comprendre pourquoi il était toujours au téléphone ou en train de rédiger un texto.)
Dans la chambre d’hôtel, nous jouons quelques jeux de cartes avec Shane et Sherlyn, alors que Rachel se repose et que les enfants jouent d’autres jeux. Sherlyn mentionne son bonheur d’avoir eu la visite de quelques jeunes pendant les deux ans de travail missionnaire qu’elle vient de terminer (elle quitte l’Inde le 10 juin). Elle disait s’être sentie très seule parfois, et déconnectée, décalée des jeunes restés en Amérique. Une heure de sommeil.

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En rouge, les étapes en train: de Siliguri à Gauhati et de Dimapour à Siliguri au retour. En bleu, le trajet en avion de Gauhati à Imphal. En vert, les trajets en voiture d’Imphal à Maram et de Maram à Dimapour en passant par Kohima. Point jaune: Maram.

Mardi le 3 juin 2014

Vers 0h30, Shane nous conduit (Bryan et moi) à la gare de Dimapour. Comme il n’y a pas de trains au Manipour, nous avons dû venir ici pour nous embarquer pour Siliguri, sur le Rajdhani Express. Ayant dit nos adieux, il ne nous reste qu’à trouver un endroit pour nous asseoir en attendant le train, qui devrait arriver en gare vers 2h. Il y a beaucoup de monde à la gare, même au milieu de la nuit. Plusieurs sont étendus sur le sol, profondément endormis. Un jeune homme Naga cherche ostensiblement à impressionner les jeunes femmes qui passent par là en riant très fort, en les apostrophant au passage, ou en se battant avec d’autres hommes, s’en prenant même à un nain. J’ai bien envie de lui dire deux mots, mais au lieu je me mets à prier pour lui. Pour la première fois, je comprends pourquoi ce pays a un taux de viol élevé, bien que bien moindre que celui des États-Unis, champions du monde incontestés en la matière. (Selon les journaux locaux en tout cas, un tiers des viols déclarés à la police dans le monde sont aux États-Unis, alors que l’Inde se placerait au troisième rang.)

Notre train arrive enfin. Il a dix minutes de retard. Nous nous installons dans nos couchettes. Après vingt minutes, le contrôleur vient vérifier nos billets. Il nous signale que nos billes sont pour 24 heures plus tard… Le problème est que nous avons dû payer pour un billet de Dibrugarh à Siliguri, alors que nous ne nous embarquons qu’à Dimapour. À l’agence de voyages, j’avais donc demandé un billet pour le 3 juin, puisque c’était à cette date que nous quittions Dimapour. Mais ce train-ci s’appelait le train du 2 juin, puisqu’il quittait Dibrugarh le 2. Donc nous sommes sur le mauvais train. On nous menace de nous faire débarquer au prochain arrêt ou de nous faire payer une amende de 14 000 roupies, alors que nos billets n’avaient coûté que 4 000 roupies. Un voyageur qui dort dans le même compartiment prend notre parti et offre de payer un pot-de-vin au contrôleur. Au bout de 30 minutes de discussions, lorsque le contrôleur se rend compte que nous ne sommes pas Indiens (apparemment l’obscurité et mon hindi approximatif l’avaient trompé), mais « Canadiens » (je n’avais pas pris la peine de mentionner la nationalité de Bryan, généralement moins bien accueillie que la mienne), le contrôleur ne demande pas de pot-de-vin, mais seulement qu’à la gare de Gauhati nous payions on billet de deuxième classe pour le trajet Gauhati-Siliguri. J’appelle donc mon agence de voyages pour annuler le billet du lendemain. En fin de compte, nous parvenons à épargner 500 roupies parce que même après de frais d’annulation et un billet de dernière minute entre Gauhati et Siliguri, le voyage revient moins cher, car nous n’avons pas eu à payer pour le trajet de Dimapour à Gauhati. Mais nous avons perdu une heure de sommeil par contre. Enjambant le Brahmapoutre une dernière fois, nous continuons vers Siliguri à travers les rizières, la jungle et les petits villages adhivasis ou bengalis. Arrivée à Siliguri vers 14h.

Tout est bien qui finit bien, merci Seigneur, de nous avoir protégés tout au long du voyage. Nous aurons toujours de très bons souvenirs de cette excursion dans le Nord-Est.
Bon, il faut continuer la vie de tous les jours et ne pas trop rêver ou envier les missionnaires postés là-bas…

Que Dieu vous bénisse tous!

Hugues

« Afin que Christ habite dans vos cœurs par la foi; et que, enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » (Épître de Saint Paul aux Éphésiens, chapitre 3, versets dix-sept à dix-neuf)

Voyage au pays des Nagas (partie I)

Rebonjour tout le monde! Voici un rapport de mon voyage dans l’État du Manipour, il y a un mois environ. Je suis navré d’avoir mis si longtemps à le composer, je n’ai eu que très peu de temps récemment pour écrire, à part ma correspondance personnelle. Vous pouvez vous abonner à mes lettres si celle-ci vous plaît. J’écris une lettre à tous les mois environ, mais pas toujours dans le même style. Dans ces quelques pages, je raconterai comment moi, Hugues Andries, et Bryan Dirks, lui aussi missionnaire avec moi en Inde, sommes allés visiter des missionnaires américains au Manipour (Shane et Rachel Koehn et leurs trois enfants, Sherlyn Friesen, tutrice de leurs enfants, et Nelson et Marilyn Dyck), ainsi que des membres de l’Église récemment baptisés (Shangba et Rhina Maram et Kabijohn). N’hésitez pas à critiquer ou à poser des questions!

Voyage au pays des Nagas

« Il n’y a que deux sortes d’individus, ceux avec des meubles et ceux avec des valises. »
Albert Londres

Depuis longtemps, Bryan et moi parlions d’aller voir nos frères et sœurs au Manipour. Nous y avons deux couples de missionnaires, une enseignante venue des États-Unis, et depuis peu trois membres issus de la tribu Maram Naga. Les missionnaires sont Nelson et Marilyn Dyck (de l’Ohio), Shane et Rachel Koehn et trois enfants ainsi que Sherlyn Friesen (tous de l’Idaho). Les membres de l’Église locale sont T. Shangba et Rhina Maram (un couple dans la trentaine) et Kabijohn, un jeune diplômé en sociologie âgé de 22 ans.

C’est donc pour voir ces gens que nous voulions aller visiter cette région au nord-est de l’Inde. Nous avions déjà rencontré Shane, Rachel, Samantha, Béthanie et Jesse lors de leur passage par Siliguri en route vers le Népal. Les autres nous étaient tous étrangers. Nous voulions comprendre comment leur petite assemblée d’une trentaine de personnes fonctionnait et vivre les mêmes expériences que nos missionnaires là-bas. Comme nous avons de nombreux voisins ici à Siliguri qui viennent du Manipour, nous avions aussi hâte de savoir de quoi ils parlaient lorsqu’ils parlaient de leur culture, de leur nourriture, du paysage de leur région, de leur histoire de chasseurs de têtes, etc.

Après avoir souvent parlé de voyager dans le Nord-Est, voici que nous avons enfin eu l’oreille de nos superviseurs : nous les avons convaincus du fait que nous n’étions pas très occupés et qu’il valait mieux nous envoyer en visite chez nos frères Nagas que de nous laisser désœuvrés.

Nous voilà donc en gare de Siliguri, le 26 mai, attendant le Capital Express. (En fait, nos premiers billets étaient datés du 22, mais Bryan avait une telle fièvre le 14 et le 15 que nous avions repoussé notre voyage de quelques jours.) Michael et Mélissa et leurs deux enfants nous ont accompagnés à la gare. Le train n’arrive pas. Je pratique mon hindi avec un policier musulman pendant une heure. On nous apprend que notre train qui devait arriver à 12h35 n’arrivera pas bien avant 14h. Bryan, quant à lui, parle à un jeune garçon puis à un groupe de touristes : 3 Suédois, une Suédoise, et un Italien. Ils attendent un autre train, qui a 25 heures de retard… Il fait chaud, vivement la fraîcheur des montagnes du Manipour!
Enfin, vers 15h, notre train se pointe à l’horizon. Pas trop tôt, mais j’ai pitié des Suédois, ils sont toujours sur le quai. Ils reviennent de quelques semaines dans l’Himalaya, et je crois qu’ils ont très chaud. Ils vont avoir encore plus chaud à Bénarès, leur prochaine étape.
Une fois notre compartiment trouvé, nous commençons à admirer le paysage qui défile devant nos yeux. Nous n’avons jamais pris le train vers l’est de Siliguri, seulement vers Calcutta, au sud. Nous reconnaissons le paysage pendant la première demi-heure du trajet, car nous l’avons déjà observé depuis notre Mahindra Scorpio lors de nos camps d’aide médicale dans cette région du piémont de l’Himalaya appelée « Dooars ». Plus tard, nous observons les montagnes du Bhoutan se profiler à l’horizon. Comme il fait un peu trop frais dans notre compartiment climatisé, je finis par passer le plus clair de mon temps debout ou même accroupi dans l’embrasure de la porte d’accès de la voiture. À la tombée de la nuit, je reviens à ma couchette pour bavarder un brin avec Bryan, avant de m’endormir. Un cheminot très attentionné (et peut-être intéressé) nous offre ses services : faire nos lits, nous apporter du thé, nous acheter un repas à la prochaine gare (Alipourdouar). C’est ainsi que nous nous retrouvons en train de manger du pouri et un ragoût de pommes de terre. Évidemment, une fois notre festin terminé, notre ami se pointe pour percevoir ses gages. Il ne veut pas me dire combien il a payé pour cette nourriture, espérant que je tombe dans le piège. Je savais d’avance qu’il voudrait un somme rondelette, mais je ne lui en veux pas, c’est de bonne guerre. Je lui donne donc 300 roupies (5 dollars) pour le repas pour deux et pour ses services. Il veut 100 roupies de plus, je refuse, il n’insiste pas… J’ai dû trop le payer déjà. Dodo.
Je me réveille en sueur, le rideau de ma couchette est tiré, ce qui empêche une climatisation efficace. Nous sommes presque en vue de Kamakhya, le terminus. Dans l’obscurité profonde, je distingue que nous sommes en train de franchir le célèbre Brahmapoutre, que je n’ai encore jamais vu. Nous arrivons à Kamakhya vers minuit, avec trois heures de retard. Il s’agit maintenant de trouver un hôtel encore ouvert à cette heure-ci. L’humidité et une odeur putride nous environnent, les moustiques sont légion. Nous sommes donc maintenant le 27, je devrais amorcer un autre paragraphe.

 

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En rouge, les étapes en train: de Siliguri à Gauhati et de Dimapour à Siliguri au retour. En bleu, le trajet en avion de Gauhati à Imphal. En vert, les trajets en voiture d’Imphal à Maram et de Maram à Dimapour en passant par Kohima. Point jaune: Maram.

 

Mardi le 27 mai 2014.

Un taxiwala (chauffeur de taxi à trois roues) appelle un ami aubergiste. Ça s’arrange : il nous conduit à l’hôtel où nous trouvons une chambre pour 1250 roupies, ce qui n’est pas mal à cette heure du matin! Bien sûr, elle n’est pas climatisée, mais il y a un ventilateur, une douche, … et des moustiques. Nous passons une nuit relativement reposante. Bryan se lève vers six heures, moi vers 7h30. (J’ignorais à l’époque qu’il était fiancé et que c’est pour parler à sa famille et à sa fiancée que Bryan s’était esquivé si tôt.)
Après avoir réglé la note et trouvé notre déjeuner au fond d’une ruelle nauséabonde, nous montons à bord d’un taxi qui nous mènera à l’aéroport pour la coquette somme de 400 roupies. Nous arrivons bien à l’heure, ce qui nous permet de déguster du chocolat et les banalités écrites par quelques journalistes, surtout au sujet du résultat des élections récentes ici en Inde.
Après un vol sans histoire de moins d’une heure, nous atterrissons sur le plateau d’Imphal, région centrale du Manipour, dont nous avons pu admirer la beauté depuis la troposphère. L’une des particularités du paysage est la profusion de petits massifs couleur ocre qui s’élèvent tels des taupières dans la plaine remplie de rizières.
Ah oui, j’oubliais qu’à notre entrée au Manipour, nous avons eu droit à l’interrogatoire de routine auquel tous les étrangers sont sujets. Nous avons informé les services de renseignement de certaines des raisons de notre voyage, j’ai appelé notre frère Shangba pour qu’il parle à l’officier, ce qui lui a permis de recouper mes informations et de vérifier que nous serions correctement hébergés. J’emboîte le pas à Bryan, qui se dirige déjà vers la sortie où Shane et Rachel nous attendent. Nous faisons aussi la connaissance de Sherilyn, enseignante de leurs trois enfants. Après un frugal sandwich (très rare dans ce pays), nous prenons l’autoroute nationale qui relie le Manipour au reste de l’Inde. Cette route, nous la remontons jusqu’à Maram, où habitent nos amis. En 1944, les Britanniques empruntaient péniblement cette même route dans le sens inverse, c’est-à-dire du nord au sud depuis Kohima, pour libérer Imphal, alors assiégée par les Japonais. Je reviendrai plus tard sur ces âpres combats entre des forces nippones sous-équipées, malades et pratiquement à pied, contre des Britanniques faisant face à des velléités indépendantistes dans tout l’empire des Indes.
Arrivés chez Shane et Rachel, nous n’avons que le temps de prendre une petite douche froide avec un pichet que nous plongions dans un seau de 20 litres, avant de nous rendre à la soirée de chant chez notre frère Shangba. Là nous rencontrons aussi Kabijohn, notre frère de 22 ans, ainsi qu’une dizaine d’autres garçons, surtout étudiants à l’Université Don Bosco qui n’est qu’à trois ou quatre kilomètres de là. La majorité des enfants de l’orphelinat de Shangba, mêlés à ses propres enfants, a également répondu présent. La soirée se passe bien : une mante religieuse persiste à se poser sur mon recueil de chants, puis s’attaque au dos de mon voisin, avant d’être jetée au sol d’un revers de ma main. Nous apprenons un ou deux nouveaux chants, en anglais comme en maram naga. Nous quittons les lieux impatients de voir un autre jour poindre afin de mieux connaître nos nouveaux amis si sympathiques.

Mercredi, le 28 mai 2014

Pas de courant. Nous profitons de la journée pour passer le plus clair de notre temps dehors : soit à admirer ce nouveau paysage, soit en faisant des filets de poisson-chat, soit en creusant une tranchée pour un nouveau drain souterrain qui devrait empêcher l’eau de rester piégée derrière la maison. La maison est bâtie sur le flanc d’un fort escarpement, au milieu d’une forêt de pins. Comme la maison se situe dans une clairière, la vue est indescriptible… Mais il paraît qu’il y a un inconvénient : lorsqu’il pleut, l’eau s’accumule au pied du mur de la demeure et crée un nid moustique. Nous creusons donc une tranchée de 35 centimètres de profondeur avec une pioche, une pelle et un seau, pour poser le drain; ce qui ne sera pas sans conséquence pour mes mains et mon dos, devenus peu accoutumés à ce genre de travail.
À midi, les autres missionnaires, Nelson et Marilyn Dyck, se joignent à nous pour faire honneur au poisson que Shane a préparé.
En fin d’après-midi, Kabijohn, John, et Paharyii (prononcer paheurw) s’embarquent avec Bryan Shane et moi pour aller acheter des provisions pour le pique-nique du lendemain. Les marchands du bazar de Maram sont presque tous des hindiphones venus du Bihar ou des Népalis. Nous employons donc amplement nos connaissances de hindi avec eux, ce qui a le don de peindre un sourire sur leurs lèvres et de peut-être faire baisser les prix.
Le souper se déroule sous la faible lumière d’une lampe à batterie solaire. Au fond, c’est une journée qui m’aura redonné envie de travailler physiquement, après avoir passé neuf mois à user le fond de mon pantalon sur la chaise en plastique du bureau de Siliguri ou dans le salon des croyants qui nous invitent à prendre le thé (chaï) chez eux.

terasses riz

 

Jeudi, le 29 mai

Le grand jour du pique-nique! Hop! Après un (petit) déjeuner sans histoire, mais délicieux, nous entamons une journée qui s’avérera remplie d’histoires, et qui semble déjà alléchante. Le ciel est couvert, il se met à crachiner. Vite, j’assiste Shane comme je peux. Il pose une toile au-dessus du coffre du pickup (un Mahindra Bolero Camper 4X4), qu’il fixe solidement à l’armature grâce à son expertise en matière de nœuds et compagnie. En route! Nous nous arrêtons chez Kabijohn pour embarquer le reste des provisions et de la troupe. Les femmes nous suivent dans le Boléro (roues motrices) de Nelson. Je m’installe confortablement dans la cabine du Camper avec quelques garçons, Shangba, et Shane. Bryan et cinq autres garçons se font une place dans le coffre sous la toile.
Après une demi-heure de route sur la route asphaltée, Shane braque à gauche et descend un chemin escarpé en gravier. En descendant graduellement vers la rivière où se tiendra le repas, nous passons d’abord par une forêt dont la plupart des arbres viennent d’être coupés. La rivière se trouve maintenant à 700 mètres plus bas selon le GPS. Ensuite c’est la forêt (quasi) vierge, très verte, mais ponctuée par les couleurs parfois vives des orchidées omniprésentes. Comme cela me change des bougainvillées que nous trouvons à Siliguri… Au détour du chemin, nous apercevons une clairière où quelques indigènes élèvent des chèvres et des buffles, dont la viande est très appréciée dans cette contrée, contrairement au reste de l’Inde. Après près d’une heure de zigzag dans la jungle, Nelson décide que la pente devient trop abrupte pour lui permettre de rebrousser chemin plus tard (nous avons déjà dû pousser son véhicule une fois, lorsque son châssis avait raboté le sol), ce qui oblige certains d’entre nous à marcher à partir de ce point.
J’en profite pour parler de mon enfance avec Kabijohn, qui me raconte la sienne ainsi que les péripéties au long du parcours qui l’a mené à devenir membre de l’Église. Nous tombons enfin sur l’endroit où le Camper a dû s’arrêter. Nous sommes à côté des quelques terrasses où l’on s’apprête à planter du riz. Le paysage me rappelle singulièrement les images de la guerre d’Indochine qui sont à jamais gravées dans mon esprit, ou encore « le pont sur la rivière Kwaï », dont le cadre est la Birmanie voisine. Nous prenons chacun notre part du fardeau, puis à la queue leu leu, nous dévalons un sentier boueux qui longe la falaise entre les lianes. À un moment donné, il faut sauter sur un rocher 60 centimètres plus bas, ce qui n’est pas aisé quand on a des sandales crottées et une marmite remplie de vaisselle entre les mains. Les dames ont eu un peu de mal là; je pense que c’est surtout leur dignité qui a souffert, ce qui n’est pas un moindre mal. La rivière dans laquelle nous avions pensé pouvoir nager est aussi brune que du chaï. Je pense que je passerai cette fois.
Au travail! Les hommes vont chercher du bois pour le feu. Ils vont aussi chercher du bambou pour édifier une tente qui nous abritera au cas où la pluie se remettrait à tomber et pour construire un petit radeau. Les femmes épluchent l’ail et les oignons. Au bord de la rivière, j’aide Kabijohn à laver les intestins des trois poulets étranglés pour l’occasion (nous les avions amenés jusqu’ici vivants). Tout le poulet y passera, les seules parties qu’on ne mange pas sont les plumes et ce qu’il y avait dans les intestins… Je passe aussi une partie de mon temps à parler de la traduction d’un livre en hindi (Une Étude de Doctrine chrétienne en français).* mon tuteur de hindi est le traducteur de ce livre, je dois lui demander d’accélérer le rythme afin que nous ayons le temps de travailler la typographie avant le premier août, date à laquelle Nelson et Marilyn iront au Rajasthan aider de nouveaux croyants à comprendre les Écritures.
Bref, la journée se passe bien, le soleil sort de sa cachette, et je déguste l’un des meilleurs repas jamais imaginés. Paharyii nous gâte en se jetant dans l’eau nous offrant un spectacle de natation dans le courant qui semble plutôt fort. Il grimpera aussi à quelques reprises sur des arbres pour en arracher des orchidées de toutes sortes pour les dames. Il est un athlète complet : on dit qu’il participe souvent aux marathons de la région montagneuse de Maram et qu’on l’a même exclu des tournois de foot de la tribu Maram parce qu’il est trop bon, sous prétexte qu’il ne fait pas partie de la même tribu… Dommage pour lui!

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Orchidées du Manipour

Enfin, nous revenons chez Shane et Rachel, fourbus de fatigue et d’excitation. Il fait déjà nuit. Je suis si heureux d’avoir pu parler à Kabijohn et à Shangba au sujet des nombreuses persécutions auxquelles ils font face depuis qu’ils ont choisi de se joindre à l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Les baptistes ont plusieurs fois menacé Shangba détruire sa maison, son lieu de culte, de le bouter hors de la région administrée par la tribu… Rien n’y fait, il tient bon. Priez pour lui, il a une lourde charge : un orphelinat en plus de ses cinq ou six enfants, une école pour les enfants défavorisés, une auberge pour des étudiants à l’Université Don Bosco… Tout cela sans mécène permanent depuis qu’il a quitté l’Église baptiste.

à suivre en partie II…

Mais pas tout de suite…

Surprise tout le monde!

Je suis toujours à Siliguri… Je n’ai pas pris le train cet après-midi, parce que mon collègue Bryan avait une forte fièvre, de la diarrhée, tout cela en plus de la toux qu’il avait depuis quelques jours. Je sens que la toux me gagne aussi…

Enfin, nous avons donc annulé nos billets, et j’ai passé l’après-midi à en acheter d’autres pour cinq jours plus tard, le 26. Tout un processus! Ah l’Inde est peut-être bien la plus grande démocratie du monde, mais c’est aussi la plus grande bureaucratie!

J’ai eu du mal à accepter que Bryan n’était pas assez en forme pour m’accompagner, mais finalement je me suis résigné. Je n’avais pas hâte d’aller faire la file pendant des heures par cette chaleur, pour d’abord annuler nos billets, puis pour en acheter d’autres… Enfin, Dieu m’a montré combien mes pensées étaient ridicules, en me montrant déjà pourquoi il voulait nous garder à Siliguri un peu plus longtemps. J’ai eu la chance de me trouver avec des gens très sympathiques, ce qui me permit de pratiquer mon hindi. La température s’est rafraîchie, et il s’est mis à pleuvoir. J’ai enfin mis la main sur nos billets, et en arrivant chez nous tout trempé que j’étais, j’ai trouvé Bryan en train de parler à trois hommes venus chercher des traités. Il était le seul au bureau. S’il avait été absent (en route vers le Manipour par exemple), il n’y aurait eu personne pour accueillir ces hommes qui avaient grand besoin de traités. Ils prenaient le bus le soir même pour Calcutta afin d’évangéliser la banlieue de Howrah. Que c’est stupide de croire que nous savons toujours quel tournant les événements devraient prendre…

Je vais donc essayer de poster plus d’articles dans les prochains jours. Je remarque qu’il y a plusieurs personnes en France et en Guyane qui sont venus faire un tour sur mon blog. Merci!

Hugues

Je pars en voyage…

Bonsoir tout le monde!

Bon je vous laisse un petit message pour que vous ne vous impatientiez pas. Je sais que mon blog est loin d’être complet, j’aimerais ajouter beaucoup d’articles mais le temps me manque. Bon et avec ça, demain je prends le train pour le Manipour, un État du nord-est de l’Inde sur la frontière birmane. Pays peuplé d’ex-chasseurs de têtes Nagas. Je vais y visiter les deux petites assemblées naissantes, fruit d’un appel lancé il y a environ trois ans par un Naga qui avait lu l’un de nos traités évangéliques, ramassé au bord de la route au Kerala, dans le sud de l’Inde. Depuis, deux familles missionnaires sont allés évangéliser dans la région. Il y a eu plusieurs baptêmes en 2013 et un ce printemps. Beaucoup des jeunes étudiants s’intéresse à la foi anabaptiste-mennonite, ce qui est rarement le cas dans d’autres régions du monde. La majorité des Nagas sont de confession baptiste (nominale) mais ne mettent pas tous leur foi en pratique et y mêlent de nombreuses superstitions.

C’est aussi une région très pauvre de l’Inde, je ne prendrai même pas la peine d’emmener mon ordinateur, comme je n’y vais que pour 10 jours environ. Il y a peu d’électricité, et le service internet est de mauvaise qualité. D’ailleurs je sens que je vais tellement m’amuser et passer mon temps à apprendre la culture et la cuisine locale (mais il y aura aussi des discussions plus sérieuses), que je n’aurai pas de temps pour m’adonner à la lecture et l’écriture.

J’aurais plus de détails à ajouter, mais je sens que cela n’intéresserait personne. J’aurai peut-être quelques anecdotes à raconter à mon retour.

 

Je prie pour vous…

A+