Saint-Exupéry, Pilote de guerre : l’humanisme en échec

Récemment, je suis tombé sur « Pilote de guerre – vol sur Arras » d’Antoine de Saint-Exupéry[1] (l’auteur du « Petit Prince », et de plusieurs ouvrages où il raconte son vécu de pilote). L’auteur y raconte un vol de reconnaissance qu’il a fait en 1940, en pleine défaite ou débâcle de la France face à l’Allemagne nazie. Il commence très désillusionné, il est clair que la France perd la guerre, l’armée en retraite est désorganisée, la mission qu’il doit accomplir est presque de l’ordre du suicide, et les renseignements recueillis ne serviront à rien parce qu’ils ne pourront pas être transmis à temps à qui que ce soit qui pourrait en faire quelque chose d’utile. Saint-Exupéry a l’impression qu’on continue à se battre et à mourir pour montrer que la France n’a pas abandonné, parce qu’il faut bien que la défaite fasse des morts. La perspective sur cette période historique par quelqu’un qui la vit est très intéressante – il écrit en 1942, et mourra en 1944 aux commandes de son appareil, dans une mission de reconnaissance en vue du débarquement en Provence.

Mais j’ai surtout été frappé par la fin du livre. Au cours du survol d’Arras, où il est pris pour cible par la DCA allemande, Saint-Exupéry est frappé par une compréhension renouvelée de la situation, et de ce qui donne goût et sens à la vie. Pour lui, un être humain isolé est comme perdu, il n’y a que l’appartenance à un tout plus grand qui donne une valeur et un sens. Et cette appartenance ne se fait que par le sacrifice, c’est lorsqu’on est prêt à se donner pour une cause, une terre, une nation qu’on y appartient réellement et qu’on y trouve une signification. Pour lui, la défaite de la France est le signe d’une défaite ou en tout cas d’un échec de la civilisation à laquelle il appartient. Et le fondement de cette civilisation est pour lui l’humanisme, où l’idée de l’Humain, de l’Humanité, vaut plus que chaque individu. Il répète plusieurs fois l’exemple du mineur enseveli, pour lequel on est prêt à risquer la vie de cent autres mineurs, pas parce que sa vie vaut plus que les leurs, mais parce que c’est le principe de l’humanité qu’on sauve. Ne pas abandonner le mineur est signe de la valeur accordée à l’Humanité. Et pour Saint-Exupéry, c’est cette compréhension de l’Humanité qui justifiait que la France se batte pour les intérêts de la Pologne, fut-ce sans espoir, et cette compréhension qui a manqué chez tous ceux qui se sont démoralisé, qui ont qualifié la guerre d’absurde, qui ont prôné le laissez-faire. Il se qualifie lui-même de « passager clandestin », avec tous ceux qui ont profité de l’existence de cette civilisation sans se donner pour elle.

Mais plus intéressant encore, Saint-Exupéry est très conscient de l’origine et de la fondation de l’Humanisme qu’il prône et auquel il adhère. Il montre très clairement comment ses valeurs découlent de valeurs chrétiennes fondées sur Dieu, sauf que dans l’Humanisme, on a gardé les valeurs en remplaçant Dieu par l’Homme comme valeur suprême. Je cite deux passages où l’on voit bien cette pensée :

« Je connais bien l’origine de ce champ de forces. Durant des siècles ma civilisation a contemplé Dieu à travers les hommes. L’homme était créé à l’image de Dieu. On respectait Dieu en l’homme. Les hommes étaient frères en Dieu. Ce reflet de Dieu conférait une dignité inaliénable à chaque homme. Les relations de l’homme avec Dieu fondaient avec évidence les devoirs de chacun vis-à-vis de soi-même ou d’autrui[2] ».

« Je comprends la signification des devoirs de charité qui m’étaient prêchés. La charité servait Dieu au travers de l’individu. Elle était due à Dieu, quelle que fût la médiocrité de l’individu. Cette charité n’humiliait pas le bénéficiaire, ni ne le ligotait par les chaînes de la gratitude, puisque ce n’était pas à lui, mais à Dieu, que le don était adressé. L’exercice de cette charité, par contre, n’était jamais hommage rendu à la médiocrité, à la bêtise ou à l’ignorance. Le médecin se devait d’engager sa vie dans les soins au pestiféré le plus vulgaire. Il servait Dieu. Il n’était pas diminué par la nuit blanche passée au chevet d’un voleur.

Ma civilisation, héritière de Dieu, a fait ainsi de la charité, don à l’Homme au travers de l’individu. [3]»

Saint-Exupéry suit la même démarche que ce dernier passage sur plusieurs autres sujets : une égalité qui ne justifie ni chaos ni indifférenciation, un respect pour chacun qui ne valorise pas la médiocrité, une fraternité fondée sur une appartenance commune, une humilité qui s’allie au respect de soi, une responsabilité de tous envers chacun, appuyée sur une espérance. Il  montre dans chaque cas ce qui découlait du regard chrétien, et conclut que sa civilisation a fait de même par respect pour l’Homme plutôt que pour Dieu. J’apprécie la transparence de Saint-Exupéry ; il me semble manifeste que l’humanisme est une tentative de vivre sans Dieu bien des valeurs chrétiennes, mais il est réjouissant de lire quelqu’un qui le reconnaît.

Saint-Exupéry écrit en reconnaissant un échec de « sa civilisation », mais en espérant que celle-ci se ressaisisse. À noter que pour lui, l’échec de l’Humanisme arrive lorsque que la somme des individus remplace l’idée de l’Homme. Lorsqu’ au lieu de penser à l’idéal de l’Humanité, on considère chaque personne individuellement, le rêve et les principes qui constituent la civilisation humaniste se meurent. Presque 80 ans plus tard, que peut-on dire de la situation de l’Humanisme ? La civilisation prônée par Saint-Exupéry s’est elle ressaisie ?

Ses idéaux n’ont certes pas entièrement disparu, comme l’ont montré récemment encore les soignants et leur engagement lors de la crise du COVID-19, ou comme les travailleurs humanitaires le démontrent sans cesse. Mais en prenant une vue d’ensemble, les vœux de Saint-Exupéry ne semblent guère s’être accomplis. Il n’y a plus guère d’idéal commun pour lequel chacun soit prêt à se sacrifier, et l’individualisme est la norme, la mesure de toute chose plutôt qu’une exception. Penser qu’un idéal vaut plus que sa propre vie est souvent vu comme du fanatisme plutôt que comme de la vertu. De plus, dans le discours la focalisation sur l’efficacité, le rapport coût-bénéfice et la rentabilité remplacent de plus en plus le principe d’humanité. Par ailleurs, un courant comme l’antispécisme combat radicalement l’idée de faire de l’humain la valeur suprême, puisque cela reconnaît à l’homme une place privilégiée. Et de fait, les antispécistes ont à mon sens raison de dire que dans une vision athée, l’être humain ne peut pas avoir de place privilégiée.

L’Humanisme prôné par un Saint-Exupéry est ainsi à l’agonie, même si par exemple un Luc Ferry prône encore le même genre d’idées, avec son « humanisme de l’homme-Dieu ». Mais l’Humanisme ne peut tenir que sur un fonds de valeurs chrétiennes imprégnant la société, il peut tenter de prolonger la vie de ce capital, mais ne peut pas le revivifier. La valeur accordée à l’humain ne peut éviter de sombrer dans l’individualisme qu’en gardant son ancrage en Dieu, bienveillant créateur du monde, qui fit l’homme à son image. Ce don lors de la création se perçoit suffisamment pour que l’Humanisme reste attirant, mais sans remonter à sa vraie source, il est condamné à disparaître ou au mieux à vivoter. Si donc il y a une nostalgie pour un véritable Humanisme, le temps est venu de se replonger dans le Christianisme qui lui a donné naissance.

Jean-René Moret, Juin 2020

[1]     Antoine de Saint-Exupéry, Pilote de guerre, Folio 824, Gallimard, Paris, 1942.

[2]     P. 200.

[3]     p.202-203.

Coronavirus: Le plus grand danger

toilet-roll-220415_640

Image par Karen Arnold de Pixabay

Auteur: Bob Goodnough

Une amie qui est vétérinaire m’a dit que son fournisseur habituel de gants chirurgicaux n’avait plus de stock. Comme elle ne peut pas exercer dans un cabinet vétérinaire sans eux, elle a effectué des recherches en ligne, a demandé à son mari de fouiller dans les magasins et a trouvé suffisamment de gants pour continuer.

Il y a de la peur dans l’air, les gens paniquent pour se protéger; ils achètent des gants chirurgicaux, des masques chirurgicaux et du papier hygiénique. Tout cela à cause d’une maladie qui ne semble pas être bien pire qu’une grippe ordinaire.

Quelques milliers de personnes sont décédées des suites de l’infection par COVID-19. Il y aura plus de décès, nous ne savons pas combien. Est-ce le plus grand danger auquel sont confrontés les gens dans le monde aujourd’hui? D’après les mesures drastiques prises par les gouvernements, les ligues sportives et les gens en général, on pourrait le penser.

Mais le péché est un danger bien plus grand pour l’humanité, et nous en sommes tous infectés. Jésus-Christ nous offre un remède 100 % efficace et sûr. Pourquoi certaines personnes semblent-elles craindre que le remède ne soit pire que la maladie? C’est comme l’écrivait G. K. Chesterton : « Le christianisme n’a pas été essayé et trouvé en défaut; il a été jugé difficile et n’a donc pas été essayé. » Nous les chrétiens, pouvons être quelque peu à blâmer pour cela. Le salut n’est pas un produit qui peut être vendu en utilisant les méthodes de commercialisation du monde; le seul moyen de le rendre attractif est de le vivre, chaque jour, dans tout ce que l’on fait.

Reblogué de Témoin Anabaptiste

Quel genre d’Église est celle-ci?

article original: https://temoinanabaptiste.com/2020/01/26/quel-genre-deglise-est-celle-ci/

Je suis membre de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Quel genre d’Église est-elle?

Il y a trente ans, nous vivions dans le sud-ouest de l’Ontario, une région où il y a 25 sortes d’Églises mennonites. Des gens me posaient des questions comme : votre église autorise-t-elle l’usage des voitures? De l’électricité? Des téléphones? Ils essayaient de placer l’église à laquelle j’appartenais dans une catégorie qu’ils pouvaient comprendre. Mais elle ne correspond vraiment à aucune des catégories qu’ils avaient en tête.

Une missionnaire de l’Église de Dieu en Christ, mennonite en Côte d’Ivoire est confronté à des questions similaires. Les gens lui demandent si cette église est une église évangélique. La réponse est oui, mais. Oui, nous sommes évangéliques; mais nous ne nous conformons pas à l’image que ce terme apporte à l’esprit de la plupart des gens.

Ce fut à Antioche que pour la première fois les disciples furent appelé chrétien. Ces disciples ne correspondaient à aucune catégorie familière aux habitants d’Antioche. Ils avaient cessé d’adorer dans les temples païens, mais ils n’étaient pas devenus juifs. Ils étaient quelque chose de complètement nouveau, des gens qui parlaient souvent de Jésus-Christ. Le peuple d’Antioche inventa donc un nouveau terme : chrétien. C’est toujours le meilleur terme pour nous décrire, vraiment le seul qui compte. Mais beaucoup de bagages ont été attachés à ce nom depuis Antioche. Chrétien signifie beaucoup de choses différentes selon les gens.

Les membres de l’Église de Dieu en Christ mennonite sont comme ces premiers croyants à Antioche. Nous ne prétendons pas simplement connaître Jésus; pour devenir membres de cette Église, nous devons avoir l’assurance qu’il nous connaît. Être un disciple de Jésus signifie que nous évitons tout ce qui ne lui plaît pas et nous soumettons à tout ce qu’il nous demande. Nous ne décidons pas ce qu’il n’attend de nous par le raisonnement ni par ce qui est enseigné par nos prédicateurs. Être un disciple de Jésus signifie avoir une relation réelle avec lui où il nous guide personnellement.

Il y a quelques années, le conseil municipal d’une communauté du nord de la Saskatchewan était préoccupé par les tessons de bouteilles brisés dans leurs rues. Ils essayèrent d’obtenir du gouvernement provincial qu’il interdise la vente de boissons alcoolisées dans des contenants en verre. Un chroniqueur d’un hebdomadaire, un indigène du peuple Cri écrivit dans sa chronique qu’il serait préférable qu’ils se préoccupent davantage de ce qu’il y avait dans les bouteilles. C’était le vrai problème.

Appliquons donc cette même idée à la question de quel genre d’Église est celle où nous sommes membres. Toutes les tentatives pour nous identifier par une étiquette sur notre bouteille — pour nous inscrire dans une catégorie d’église reconnaissable — ne fonctionnent pas. La différence est en ce qu’il y a à l’intérieur. Pour en revenir aux questions qui m’ont été posées il y a des années sur les voitures, l’électricité et les téléphones — avoir ou ne pas avoir ces choses n’est pas ce qui fait de nous des chrétiens. La vraie question est, que faisons-nous de ces choses, où allons-nous avec elles? Et c’est une question de cœur.

Seules les personnes baptisées par le Saint-Esprit peuvent être membres de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. La preuve de ce baptême n’est pas des choses extérieures, comme parler en langues. C’est un cœur transformé qui est rempli d’amour, de joie, de paix, de patience, de douceur, de bonté, de foi, de douceur, de tempérance. Les signes extérieurs peuvent être contrefaits, non pas les choses du cœur. Oui, une personne peut conserver une apparence du fruit de l’Esprit pendant un certain temps, mais finalement quelque chose va sortir qui révèle ce qui est vraiment dans le cœur.

J’aimerais qu’il y ait une courte description accrocheuse de l’Église qui répondrait aux questions que les gens posent souvent. Mais elle ne rentre dans aucune des niches dans lesquelles les gens voudraient le placer. J’ai décidé que c’est une bonne chose. Chrétien est la seule étiquette qui décrit cette Église. Mais ce n’est qu’en goûtant ce qu’il y a à l’intérieur que les gens peuvent commencer à comprendre ce qu’il signifie vraiment être chrétien.

Points distinctifs de l’anabaptisme

Nous nous appelons officiellement l’Église de Dieu en Christ (mennonite). Entre nous, nous nous désignons comme frères et sœurs, mais parfois pour clarifier les choses, nous utilisons des termes comme anabaptiste, mennonite ou même holdeman (dans les régions où il y a plusieurs dénominations mennonites). Nous regardons nos origines anabaptistes avec respect et reconnaissance. Malheureusement, plusieurs de ceux qui s’appellent mennonites se sont éloignés des principes et pratiques des anabaptistes et sont devenus comme les groupes protestants. Nous nous efforçons de garder les distinctions anabaptistes. Pourquoi ? Lisez donc la suite, pour comprendre :

Cet article est le faible aboutissement d’un effort pour définir ce qui distingue les anabaptistes (ou les mennonites) des autres confessions classées sous le titre de chrétiens. Beaucoup de gens ne comprennent pas la distinction.

Nous sommes bénis d’avoir un héritage et une tradition anabaptistes que nous ne voulons absolument pas perdre. Ce n’est pas simplement parce que cet héritage est historique, mais il est aussi biblique. À l’ère de la Réforme, il y eut un schisme au sein du courant principal du christianisme. Certains disent que le mouvement anabaptiste est issu de la Réforme. Mais la plupart des anabaptistes soutiennent que c’est faux, et que des groupes ayant les mêmes croyances que les anabaptistes actuels ont toujours existé en marge de l’Église catholique ou des autres Églises d’État plus tard. Ces groupes ne portaient pas forcément le nom d’anabaptiste, mais avaient les mêmes croyances et faisaient face à la même persécution. On sait par exemple que ceux qu’on a appelés vaudois et ceux qu’on a appelés anabaptistes communiquaient et s’appelaient frères à une époque (vers les années 1300-1400). Ils n’avaient pour seules différences que la culture (méridionale et alpine pour les uns et Rhénane et germanique pour les autres, en général) et l’époque de leur « apogée » (les vaudois ont presque disparu aujourd’hui et leur foi est diluée).

Certains lecteurs s’opposent à l’idée de regarder le caractère distinct anabaptiste et disent que nous devons plutôt regarder le caractère distinct biblique. Je respecte ce souci, puisque nous ne voyons pas dans les anabaptistes un modèle parfait et absolu de la vie dans l’Église. Ils étaient humains.

Plutôt, il est prudent de retourner aux Saintes Écritures et de regarder les enseignements de Christ et le travail des apôtres dans la première Église (Église primitive) pour découvrir un modèle parfait de ce que devraient être la vie chrétienne et la vie dans l’Église. Il est utile de regarder comment les gens, dans le passé, interprétaient et vivaient les Saintes Écritures. C’est pourquoi nous essayons de comprendre les Écritures et de retracer l’histoire des dépositaires de la foi.

Entre autres, nous avons observé que, lorsqu’une personne se sépare de ses racines anabaptistes, il arrive presque invariablement que bientôt elle ne suive plus du tout le chemin biblique. Ainsi nous voulons demeurer historiques et nous voulons aussi être bibliques.

Nous observons que plusieurs de ceux qui partagent leurs racines avec l’anabaptisme du seizième siècle font maintenant chemin à part. Même si nous pourrions regarder toutes les directions différentes qu’ils ont empruntées, je voudrais concentrer mon attention sur trois mouvances.

  • Les traditionalistes (mennonites conservateurs et amish) : un grand schisme eut lieu parmi les mennonites suisses de l’Allemagne du Sud et d’Alsace entre 1693 et 1698. Jacob Amman, un évêque suisse, commença à enseigner et à pratiquer, parmi d’autres choses, un respect très strict de l’évitement. Il imposa des règles strictes à propos de la coupe des vêtements, plus ou moins selon le style traditionnel des paysans alsaciens. Ceci provoqua une séparation d’avec les mennonites de Suisse. Amman excommunia plusieurs ministres qui n’étaient pas d’accord avec lui, ainsi que des personnes qu’il n’avait jamais vues. Plus tard, le parti d’Amman confessa avoir agi imprudemment en excommuniant sans le consentement des assemblées. On essaya à plusieurs reprises de réconcilier les deux parties, mais en vain. Ce furent surtout les églises mennonites d’Alsace et quelques églises de Suisse qui suivirent Amman. On en vint à les appeler amish.

Certes, les doctrines de l’excommunication et de l’évitement sont bibliques, mais elles devraient être pratiquées avec beaucoup d’amour et en harmonie avec l’œuvre du Saint-Esprit.

Un autre exemple d’erreur plus subtile est celui de la Kleine Gemeinde. En 1814, la Kleine Gemeinde (petite Église, en allemand) fut fondée dans la colonie de Molotchna. Bien qu’ayant raison de s’inquiéter du manque de vie spirituelle dans les églises de la région, il leur manquait un enseignement biblique clair concernant la conversion et l’assurance du salut.

De nos jours, il y a une variété ahurissante de groupes mennonites et amish « plain », chacun avec leur propre ensemble de règles régissant la coupe des vêtements qu’ils peuvent porter. Les différences entre les groupes sont souvent très mineures, mais elles sont strictement appliquées.

  • D’un autre côté, il y a ceux qui ont pris le chemin du piétisme, avec son emphase sur l’expérience personnelle et le témoignage. Les piétistes ont plus de soucis du salut personnel que des œuvres du salut et du maintien d’une Église pure. Ils mettent l’accent sur l’expérience de la conversion et témoignent de combien ils étaient pécheurs, comment ils sont parvenus à une terrible conscience du péché, comment ils ont eu une bataille mentale épuisante et finalement sont arrivés à une conversion critique. Maintenant, ils donnent un témoignage glorieux de paix dans leur cœur parce qu’ils ont été sauvés. Ils mettent l’accent sur la présence et l’œuvre du Saint-Esprit dans leur vie, vous racontant les expériences spirituelles qu’ils éprouvent à l’intérieur. Ils témoignent de comment le Saint-Esprit les guide dans leurs activités quotidiennes. Ils voient l’Église comme un regroupement d’individus régénérés qui ont eu une expérience parallèle en Christ et se rencontrent alors pour partager leurs expériences. Ils estiment la présence et l’œuvre du Saint-Esprit dans leur vie comme l’autorité ultime, ce qui les amène à négliger l’autorité biblique. Ayant l’Esprit de Dieu dans leur cœur, ils affirment posséder personnellement l’entière vérité au-dedans d’eux-mêmes. Ils ne tiennent donc pas compte de l’autorité de la Parole. Les anabaptistes croyaient à la nouvelle naissance. Ils croyaient aussi à la conscience individuelle, à la vie dans l’Église, et à l’habitation par le Saint-Esprit. Mais ce que nous avons décrit est loin de l’anabaptisme.
  • Finalement, il y a un groupe qui a dévié vers le protestantisme. L’idée première du protestantisme est que l’homme est et sera toujours pécheur et qu’une vie victorieuse n’est pas réaliste. Ils disent, « L’Évangile est une demande impossible, » et ils disent que notre seul espoir de vivre est que le Christ est mort pour nous. Ainsi ils prêchent, « Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras sauvé » (Actes 16.31), et ils soulignent que nous sommes « justifiés par la foi » (Romains 3.28 ; 5.1 ; Galates 3.24). D’où l’accent du piétisme sur le travail du Saint-Esprit, et celle du protestantisme sur l’œuvre de Jésus-Christ qui a versé son sang pour notre expiation. Les anabaptistes croyaient à la nature pécheresse de l’humanité, et ils enseignaient la justification par la foi ; mais ils croyaient aussi dans le christianisme pratique où faire la volonté de Dieu était à la fois possible et nécessaire. Alors ce que nous avons décrit du protestantisme est loin de l’anabaptisme.

Maintenant, nous voulons regarder quelques domaines où les anabaptistes sont distincts du traditionalisme, du piétisme et du protestantisme.

1. Les anabaptistes sont distincts dans leur vision des Saintes Écritures. Pour les anabaptistes, les Saintes Écritures étaient la seule autorité. Ils devaient non seulement y croire, mais aussi y obéir. Il est vrai que les réformateurs ont semblé mettre beaucoup d’importance sur les Écritures. Luther a traduit la Bible puisqu’il désirait que chaque personne de langue allemande, même le garçon de ferme, puisse lire les Saintes Écritures. Lorsque Zwingli prêchait dans l’église de Zurich, il est devenu convaincu qu’il devait prêcher à partir de la Bible. Alors, il prêcha directement de la Parole, tout en commençant par Matthieu, et ce, verset par verset. Il parla contre l’hypocrisie, la lâcheté, l’oisiveté et la gloutonnerie. Il insista sur le repentir, l’amour et la fidélité puisqu’il prêchait la Bible. Par contre, lorsqu’il fut confronté à la question, « Quand allez-vous commencer à vivre ce que la Bible enseigne, tant dans l’Église que dans la vie chrétienne ? » Il répondit finalement, « Nous allons attendre que l’État nous en donne le droit. » Alors, pour lui, quelle était l’autorité finale ?

En contraste, les Écritures étaient la seule autorité des anabaptistes. Ils étaient très radicaux dans cette façon de voir les Écritures. Ils donnaient peu d’importance aux crédos classiques. Si quelqu’un demandait aux anabaptistes, « Qu’est-ce qui est saint ? » ils diraient qu’il n’existe rien de tel qu’un objet saint [car Dieu seul est saint]. Ils n’ont jamais accordé de valeur aux reliques. Il n’existe pas non plus d’endroit saint. Ils ne recherchèrent pas la sainteté en faisant des pèlerinages aux lieux sacrés. Leurs habits ne leur conféraient aucune sainteté non plus. Ils croyaient qu’une personne n’est sainte qu’après s’être donnée en obéissance complète au Christ et à sa Parole. Ainsi, afin d’être saints, ils recherchèrent les Écritures pour trouver quelle était la volonté de Dieu dans leur vie et c’est ainsi qu’ils vivaient. Sur cette base, ils pouvaient s’appeler mutuellement saints frères.

Les anabaptistes ne se contentèrent pas de trouver, dans les Écritures, le réconfort pour les hommes déchus. Ils prirent la totalité de la Parole. Ils y trouvèrent le réconfort et l’encouragement pour les pécheurs, mais ils y trouvèrent aussi des commandements à appliquer dans leur vie. Les Écritures leur donnèrent une vie nouvelle. Cette vie, aussi dangereuse soit-elle, était leur seule espérance. Les anabaptistes « mettaient la Parole en pratique et ne l’écoutaient pas seulement » (Jacques 1.22). Les anabaptistes adoptèrent une vision des Écritures centrée sur Christ, ce qui signifie qu’ils ne regardèrent pas la Bible comme étant « plate ». Ils voyaient plutôt l’Ancien Testament comme pointant vers Christ, et ils regardèrent les enseignements de l’Ancien Testament à la lumière de l’Évangile. Ils rejetèrent tout enseignement (même dans la Bible) qui ne concordait pas avec la vie et les enseignements du Nouveau Testament.

En contraste, les réformateurs ont regardé dans l’Ancien Testament et y ont trouvé des raisons pour justifier leur combat contre les catholiques et le martyre des anabaptistes. Les anabaptistes, eux, ont plutôt regardé toutes les Écritures à la lumière de la vie de Jésus et de ses enseignements. Si quelque chose s’appliquait à l’Ancienne Alliance pour laquelle Christ dit, « Mais moi je vous dis…, » ils suivaient Christ. Les anabaptistes étaient distincts dans leur façon d’accepter l’autorité des Saintes Écritures et dans leur obéissance à celles-ci.

2. Les anabaptistes étaient distincts dans leur vision de Christ. Chacun, religieux ou non doit répondre à la question, « Que pensez-vous de Christ ? » (Matthieu 22.42). Les gens peuvent répondre à cette question de plusieurs façons. Une personne peut dire, « Il est un prophète. Il est un messager de Dieu. Il est un maître moral envoyé de Dieu. » Une autre personne peut dire, « Il est Dieu, et il doit être adoré. » C’est là la réponse des catholiques. La messe, le chant, l’aspersion de l’eau bénite, les vénérations, les cérémonies, et les vitraux font tous partie de leurs efforts pour adorer Christ. Nous pouvons aussi dire : « Il est le Sauveur, celui qui a pris nos péchés, en qui nous trouvons le pardon, et sommes justifiés, » car tout cela est nécessaire pour la purification des péchés passés. Mais c’est aussi la réponse que donnent les protestants à la question, « Que pensez-vous de Christ ? » Ils parlent de la grandeur du salut, de l’accès à Dieu et de la communion avec Christ. Ils chantent des cantiques tels que, « Alléluia, c’est accompli ! Je crois au Fils » ou encore « Je suis sauvé par le sang de celui qui fut crucifié. » Pour eux c’est ici l’essence de toute la vie chrétienne. La justification par la foi devient si grande que la sainteté de vie, l’obéissance à Christ, et la transformation à l’image de Christ sont toutes minimisées.

« Que pensez-vous de Christ ? » Pour les anabaptistes, leur vision du Christ était qu’il est toutes ces choses. Christ est un messager. Hébreux 1.1–2 dit, « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils,… » Ils le voyaient comme étant le Sauveur. Romains 5.1 dit, « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ. » Ils le voyaient comme étant le Sauveur, mais aussi comme étant leur Roi. Ils croyaient que ses disciples devaient suivre son exemple et devaient faire ce qu’il a dit. Aussi, ils croyaient que la volonté de Dieu nous est révélée dans la vie et les enseignements de Christ. La vie et les enseignements de Christ devinrent la base même avec laquelle ils comparaient toutes leurs activités. Sa vie et ses enseignements étaient considérés comme un tout.

Si l’on regarde seulement son exemple, on en vient à la pensée suivante, « Que ferait Jésus ? » Alors les gens imaginent ce que ferait Jésus s’il faisait face à une vie comme la nôtre. Les anabaptistes ne regardaient pas seulement son exemple. Les anabaptistes considéraient aussi son enseignement. Ils ne faisaient pas face à la vie en se posant la question, « Que ferait Jésus ? », mais plutôt avec la question, « Qu’est-ce que Jésus nous a commandé ? » Il est le Roi. Il est le Seigneur. Sa vie est notre exemple. Par sa vie nous voyons la volonté de Dieu, mais par ses enseignements, nous connaissons la volonté de Dieu. Ainsi nous vivons selon les commandements du Christ.

Nous pouvons résumer la vision de Christ des anabaptistes et dire comme Menno Simons a dit, « Quiconque se glorifie d’être chrétien se doit de marcher comme Christ a marché. » Il est notre Seigneur. Il est notre Sauveur. Il est notre messager. Il est le « Roi des rois, et Seigneur des seigneurs » (1 Timothée 6.15 ; Apocalypse 19.16). Les anabaptistes ont vu en Christ l’autorité de Dieu et lui ont donné leur vie par obéissance. Comme résultat, leur vie était distincte. Ils étaient des chrétiens suivant l’exemple du Christ. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des chrétiens qui suivent cette même voie dans les autres Églises, mais à ma connaissance aucune autre Église n’a de tels préceptes et les met en pratique.

Amy et Hugues

Je me marierai, si Dieu le veut, le 22 mars prochain. Amy est une jeune femme chrétienne du Manitoba, avec qui j’ai eu le privilège de travailler pendant 4 mois. Nous voyons tous les deux que Dieu a dirigé nos vies ensemble et qu’il nous a donné un amour profond qui ira en grandissant, si nous lui restons fidèles. Vous êtes tous bienvenus pour la noce et/ou pour la réception, si vous avez l’occasion de vous déplacer.

Nous vous invitons aussi à venir à la réception à l’église de Roxton Falls. Ce sera une cérémonie de bienvenue assez informelle (surtout pour Amy), qui durera environ une heure et qui sera suivie d’un repas. À ce jour, nous ne savons pas quand cette réunion pourra avoir lieu. À bientôt!

Là où les anabaptistes et les évangéliques divergent

Témoin anabaptiste

Il existe de nombreuses similitudes entre les anabaptistes et les évangéliques. Nous croyons tous que le salut n’est possible que par le sang versé par Jésus-Christ au Calvaire. Nous croyons tous que le salut est un don de Dieu, qui nous est accordé par la nouvelle naissance et ne peut être atteint par des œuvres de justice. Nous croyons tous que les œuvres de justice doivent suivre la nouvelle naissance, qu’elles sont produites par l’œuvre du Saint-Esprit dans nos cœurs et qu’elles sont la preuve de la nouvelle vie en Jésus-Christ.

Mais il y a aussi des points où les anabaptistes et les évangéliques divergent et je crois que la divergence commence avec notre vision de l’Église. En tant qu’anabaptiste, je crois que les paroles de Jésus dans Matthieu 16.18 « sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle »…

Voir l’article original 606 mots de plus

Joyeux Noël à tous!

Décembre 2019

Bonjour à tous,

Cela fait quelques mois que je n’ai rien écrit sur ce blogue. J’écris maintenant à plus de 100 abonnés (je ne sais pas combien d’entre vous liront ces vœux), et ce qui me frappe c’est que vous êtes presque tous des inconnus pour moi. J’aimerais pouvoir vous souhaiter « Joyeux Noël » face à face, et faire votre connaissance.

Ces derniers mois, j’ai de nouveau manqué à mon engagement d’écrire une infolettre tous les deux mois. Je suppose que je pourrais dire que c’est parce que je suis trop occupé. C’est en partie vrai. Mais aussi je n’ai pas eu beaucoup de nouvelles et ou d’inspirations à partager avec vous.

Je crois que vous êtes plusieurs à suivre le blogue d’un frère de Saskatchewan: Bob Goodnough. Lui au moins écrit régulièrement sur une bonne variété de sujets qui ont tous une application dans la vie chrétienne. Je trouve ses articles très justes et souvent ils me font réfléchir à mon engagement et ma sincérité dans la vie chrétienne. Pour ceux qui ne connaissent pas son site, vous pouvez le visite ici: https://temoinanabaptiste.com/ et vous abonner, si vous le désirez.

L’année 2019 a été une année assez occupée à la Société évangélique de bibles et traités, avec un net accroissement des demandes venant d’Europe, surtout en début d’année. Notre site web continue de mettre plus de textes en ligne dans de plus en plus de langues, et cela permet que le message de l’Évangile soit mis à la disposition des populations des pays musulmans, par exemple. https://www.traitesevangeliques.org/ Plusieurs régions du Québec ont aussi été ciblées par des distributions de traités, et le résultat démontre que dieu appelle toujours ses créatures, malgré l’endurcissement généralisé que nous voyons autour de nous.

J’aimerais simplement vous saluer tous et si j’ai manqué de vous répondre à un moment donnée, veuillez me pardonner et m’envoyer une relance. Je ferai de mon mieux pour vous répondre bientôt.

Puissent tous nos cœurs être remplis de la paix que Jésus donne lorsque nous nous abandonnons à sa volonté.

Que Dieu vous bénisse,

La foi

[Si tout fonctionne comme prévu, cet article sera publié alors que je serai en voyage pour les noces de mon frère Thierry et de Chandra, sa future épouse, en Géorgie, aux États-Unis. L’article qui suit est paru récemment dans le périodique quinzomadaire de l’Église, Le Messenger of Truth (Héraut de la vérité) , je l’ai trouvé très encourageant pour moi, qui suis aux prises avec le manque de foi très fréquemment ces derniers temps.]

« Or, la foi est une ferme attente des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit point. » (Hébreux 11.1) Le Nouveau Testament mentionne souvent la foi et notre besoin de l’avoir dans notre vie. « Car nous marchons par la foi, et non par la vue. » (2 Corinthiens 5.7) Marchons-nous par la foi ? Sinon, comment marchons-nous ?

J’aimerais exprimer quelques pensées au sujet de la foi et comment les appliquer dans notre vie quotidienne. La foi en Dieu est une puissance positive qui est disponible pour tout le monde. Nous les chrétiens, nous devrions comprendre comment exercer notre foi en Dieu dans notre marche avec Christ. Toutefois, je crois que nous ne comprenons pas toujours complètement ce qu’est la foi. Le fait que nous ne comprenions pas toujours la foi et ce qu’elle peut faire pour nous ne devrait pas nous étonner. Satan haït la foi parce qu’elle a été mise en place par Dieu pour le bien du chrétien.

Les disciples de Jésus avaient du mal à comprendre ce qu’était la foi, même lorsque Jésus était avec eux. « Et il leur dit : Pourquoi avez-vous peur, gens de petite foi ? Et s’étant levé, il parla avec autorité aux vents et à la mer, et il se fit un grand calme » (Matthieu 8.26). Les disciples se trouvaient dans une tempête effroyable et ils avaient peur. Il semble que lorsque Jésus s’est réveillé, il était au moins aussi alarmé par le manque de foi des disciples que par la tempête. De même aujourd’hui, lorsque nous nous trouvons dans une terrible tempête ou lutte spirituelle, Jésus ne nous critique pas pour le problème dans lequel nous nous sommes retrouvés. Plutôt, son souci est que nous gardions notre foi et notre confiance en lui à travers tout.

Jésus s’est demandé s’il resterait de la foi lorsqu’il reviendrait. « Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18.8). Ceci indique que la foi sera attaquée dans les derniers jours. Il faut exercer la foi afin qu’elle grandisse. La société moderne n’est pas faite pour encourager la croissance de la foi, au contraire. Avec toute la connaissance et la technologie du monde moderne, nous essayons souvent de raisonner un chemin à travers les incertitudes, plutôt que d’appliquer une foi simple. Il faut de l’humilité pour avoir confiance que Dieu prendra soin de moi et de ma famille dans notre situation. Le monde offre des assurances pour protéger nos biens et nos gains si l’impensable arrivait. Quand Jésus reviendra, il viendra chercher ceux qui ont mis leur foi en lui plutôt que dans les choses terrestres. Avoir la foi en Jésus quand il viendra nous prendre au ciel sera beaucoup mieux que n’importe quelle quantité de richesses ou de renommée.

Nous devons nous assurer de choisir la foi plutôt que nos sentiments. Il est normal pour nous de faire face à des soucis, des craintes, de l’anxiété et du stress dans notre vie ici-bas. Ces sentiments sont le contraire de la foi. Ces émotions doivent être tempérées par la foi en Dieu. La vraie foi est contraire à la manière humaine de raisonner. Il faut de l’humilité et un abandon complet de nous-mêmes et de nos idées afin de vaincre la crainte et l’anxiété par la foi.

Pendant notre vie sur terre, nous ne comprendrons probablement jamais entièrement la foi, mais nous pouvons apprendre à la mettre en œuvre quotidiennement dans nos vies. La foi n’est pas une puissance qui nous fait échapper à tout problème ici sur terre, mais c’est une puissance qui nous permet de passer à travers nos épreuves. Quoi de plus positif qu’une puissance vivante venue du ciel au milieu des expériences négatives de la vie ? Certaines personnes pensent être réalistes en ayant une attitude négative. La foi ne peut jamais être négative ; donc une personne négative exprime un manque de foi.

Il se peut que la foi vienne moins facilement pour certains que pour d’autres. Des faiblesses physiques pourraient nous gêner pour avoir une foi aussi ferme que nous l’aimerions. « Puis il vint vers ses disciples et les trouva endormis ; et il dit à Pierre : Ainsi vous n’avez pu veiller une heure avec moi ! Veillez et priez, de peur que vous ne tombiez dans la tentation ; car l’esprit est prompt, mais la chair est faible. Il s’en alla encore pour la seconde fois, et pria disant : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe passe loin de moi sans que je la boive, que ta volonté soit faite. En revenant à eux, il les trouva encore endormis ; car leurs yeux étaient appesantis » (Matthieu 26.40-43).

Ceci pourrait indiquer que même si notre esprit est disposé à avoir de la foi, certaines faiblesses pourraient nous empêcher de l’exercer comme nous savons que nous devrions le faire. Même si Jésus était attristé par l’incapacité de ses disciples à rester éveillés, il reconnaissait leurs limitations physiques. Jésus comprend les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui et il connait nos cœurs. Il connait nos limitations physiques. Nous n’avons pas tous été créés identiques et égaux, et nous n’avons pas tous les mêmes forces et faiblesses. Nous avons tous notre propre niveau de compréhension. « Or, par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun d’entre vous, de n’avoir pas de lui-même une plus haute opinion qu’il ne doit, mais d’avoir des sentiments modestes, selon la mesure de la foi que Dieu a départie à chacun » (Romains 12.3). Je crois que ce verset signifie que si je suis fort dans la foi, je ne devrais pas regarder de haut quelqu’un qui a peu de foi ou qui a des doutes. Je ne devrais pas non plus m’attendre à ce que chacun exerce sa foi comme je le fais.

Nous n’avons pas tous les mêmes forces mentales. Il se peut que nous ayons de la dépression chronique ou des craintes ou des soucis obsessifs. Les gens qui n’ont pas ce type de problèmes ne comprennent généralement pas l’intensité de l’angoisse mentale de celui ou celle qui en souffre et ont souvent du mal à montrer de la compassion envers cette personne. Il est facile de dire « si seulement tu pouvais avoir la foi, ton esprit pourrait être libre ». Un tel commentaire peut accentuer l’angoisse émotionnelle de la personne éprouvée. Nous devrions être disposés à offrir notre aide, écouter et patiemment soutenir cette personne dans son apprentissage de la foi. Ceux qui ont tendance à avoir la foi plus naturellement que d’autres ont habituellement du mal à enseigner comment avoir la foi.

Avec humilité, nous devons être prêts à demander l’assistance dont nous avons besoin. L’assistance dont nous aurons besoin pour notre combat qui semble unique peut ne pas être désirable pour notre chair ou notre manière de raisonner humainement. Il se peut que nous ayons besoin d’une aide un pas à la fois afin d’apprendre à avoir la foi et il se peut que nous ayons besoin de médicaments pour nous aider à sortir d’une dépression sévère ou de craintes obsessives. À travers tout cela, si nous désirons humblement avoir la foi dans notre cœur, Dieu nous aidera à accepter les luttes auxquelles nous faisons face, à être positif lorsque tout semble négatif et à être ouvert à des conseils et de l’aide qui peuvent sembler contraires à notre propre raisonnement humain. Puissions-nous tous apprendre à vivre par la foi.

Frère David Kurtz, Pennsylvanie.

Le salut peut être perdu

Voici quelques pensées additionnelles tirées d’un livre intitulé Doctrine et pratique bibliques.

Les Écritures enseignent clairement que le salut dépend du fait d’être trouvé dans un état de fidélité quand nous arrivons à la fin de notre vie.

Jésus a dit : « Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (Matthieu 24.13). À l’ange de l’Église de Smyrne le Seigneur a dit : « Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Apocalypse 2.10).

Pierre a écrit : « Car mieux valait pour eux n’avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l’avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné » (2 Pierre 2.21).

L’enseignement de la sécurité éternelle comme enseigné abondamment dans la chrétienté aujourd’hui est très pernicieux. Il y a beaucoup de gens qui mettent leur confiance sur une touche de Dieu ou une expérience, quelque part dans leur vie, qui les a rendus fils de Dieu pour toujours. Ils se croient sauvés, même si coupables de péchés qui sont assez évidents pour les exclure du royaume de Dieu. De telles personnes ont devant eux une déception terrible.

Il y a une sécurité éternelle dont Jésus a parlé lorsqu’il a dit : « Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père » (Jean 10.28-29).

Cette sécurité dépend toutefois sur l’obéissance et la fidélité, comme l’apôtre Pierre a enseigné dans 2 Pierre 1.5-16 où il recommande les vertus chrétiennes nécessaires pour la vie spirituelle. Il conclut : « C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. C’est ainsi, en effet, que l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera pleinement accordée » (2 Pierre 1.10-11).

Lire aussi: Sécurité ou insécurité éternelle?