Le voyage du pèlerin moderne

Chrétien marchait toujours vers la Cité céleste. Et tout le monde trouvait qu’il était trop strict.

Il portait toujours le Livre avec lui partout où il allait. Et c’était bien là le problème.

Quand le Livre disait : « Fuis », il fuyait.
Quand il disait : « Abstenez-vous », il s’abstenait.
Quand il disait : « Renonce à toi-même », il renonçait à lui-même.
Quand il disait : « Prends ta croix », il ne demandait pas s’il en existait une plus légère.

« Tu prends tout cela beaucoup trop au sérieux », lui disait-on.

Chrétien regarda le Livre.

« Le Roi a-t-il changé ? »

« Non. »

« Alors pourquoi changerais-je ? »

Ils le traitèrent donc de légaliste.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Bientôt, il arriva dans une ville où chacun marchait la tête baissée.

Au premier abord, Chrétien pensa que les gens priaient.

Puis il aperçut les écrans lumineux qu’ils tenaient entre leurs mains.

Ils se réveillaient en tendant la main vers eux.
Ils mangeaient avec eux.
Ils les emportaient à l’église.
Ils les emmenaient jusque dans leur chambre.
Ils les mettaient entre les mains de leurs enfants.

Chrétien vit les petits apprendre le nom des célébrités avant celui des apôtres, connaître les tendances du jour avant la vérité, et parler le langage du monde avant d’avoir appris celui des Écritures.

« Qui fait de vos enfants des disciples ? » demanda Chrétien.

« Mais nous ! »

Chrétien regarda les écrans qu’ils tenaient à la main.

« En êtes-vous bien sûrs ? »

Ils dirent qu’il allait trop loin.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Puis il rencontra une femme du nom de Sentiments.

Elle disait à tous :

« Suis ton cœur. »

« Fais ce qui te donne la paix. »

« Si ta conscience ne te reprend pas, c’est que cela ne doit pas être mauvais. »

Chrétien ouvrit le Livre.

« Mais le Livre dit que le cœur est trompeur. »

Sentiments fronça les sourcils.

Chrétien serra plus fermement le Livre contre lui.

« Mes sentiments changent. Celui-ci ne change pas. »

Ils le trouvèrent dur.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Puis Chrétien arriva à la Foire aux Vanités.

Seulement, il n’était plus nécessaire de faire le voyage jusqu’à elle.

La Foire tenait désormais dans la poche de chacun.

La convoitise.
L’envie.
La médisance.
L’orgueil.
La cupidité.
Les fausses doctrines.
Les divertissements sans fin.

Tout cela était à portée d’un simple mouvement du pouce.

Ils y passaient des heures, puis s’étonnaient de n’avoir aucun appétit pour la prière.

Ils remplissaient de bruit chaque instant de silence, puis s’étonnaient de ne plus parvenir à entendre Dieu.

« Ce n’est pas un péché », protesta quelqu’un, la boîte lumineuse à la main.

Chrétien acquiesça.

« Peut-être que non. Mais je me demande si c’est encore vous qui la possédez, ou si c’est elle qui vous possède. »

Ils le trouvèrent vieux jeu.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Les années passèrent.

Le chemin devint plus étroit.

Les hommes donnèrent de nouveaux noms aux compromis.

La mondanité devint liberté.

L’impudicité devint assurance de soi.

La désobéissance devint authenticité.

Le silence devint amour.

Et la sainteté devint légalisme.

Chrétien se demanda parfois s’il n’était pas, après tout, trop strict.

Alors il ouvrit de nouveau le Livre.

Le chemin étroit s’y trouvait encore.

La croix s’y trouvait encore.

« Soyez saints dans toute votre conduite » s’y trouvait encore.

« N’aimez point le monde » s’y trouvait encore.

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements » s’y trouvait encore.

Chrétien referma le Livre.

« Ce n’est pas moi qui ai rendu le chemin étroit. C’est le Roi. »

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Enfin, il aperçut la Cité céleste.

Et soudain, tous les noms dont on l’avait affublé cessèrent de lui faire mal.

Légaliste.

Extrémiste.

Coupé du monde.

Vieux jeu.

Trop strict.

À la lumière de l’éternité, l’opinion des hommes était devenue bien petite.

Chrétien regarda le Livre usé qu’il tenait entre ses mains et songea à tout ce qu’il avait abandonné afin de lui obéir.

Et là, au seuil de l’éternité, il avait des regrets.

Mais aucun d’eux n’était celui-ci :

« J’aurais aimé faire davantage de compromis. »

Peut-être avons-nous posé la mauvaise question.

Non pas :

« Est-ce vraiment si mauvais ? »

Mais :

« Cela me rend-il davantage semblable à Christ ? »

Non pas :

« Est-ce que je me sens repris dans ma conscience ? »

Mais :

« Qu’a dit Dieu ? »

Et peut-être devrions-nous cesser d’avoir tellement peur que nos enfants nous trouvent trop stricts, au point de les livrer à un monde qui, lui, ne craint nullement d’en faire ses disciples.

La Cité céleste est devant nous.

Nos enfants nous regardent.

L’éternité approche.

Le Livre est toujours vrai.

Le chemin est toujours étroit.

Et le Roi est toujours digne.

Alors, Chrétien…

poursuis ton chemin.

Texte traduit de l’original anglais de Sarah Trent, avec son aimable permission.

Du danger de la tiédeur

Leçon d’école du dimanche numéro 9

2 août 2026

Lecture préparatoire : Apocalypse 3

Texte de la leçon : Apocalypse 3.14-21; 2 Rois 13.15-19

Introduction

La tiédeur désigne d’abord une température située quelque part entre le chaud et le froid. Cette image sert également à mesurer notre ferveur spirituelle. Dieu désire que nous soyons remplis de zèle; Il veut que nous soyons bouillants. Lorsque nous sommes animés d’une telle ferveur, le salut de notre âme devient notre préoccupation première, et le salut de notre prochain nous tient également à cœur.

Les dangers sournois de la tiédeur sont l’assoupissement et la négligence. À mesure que nous cédons à ces tendances, notre ardeur pour le service chrétien diminue; céder à la tentation ne nous paraît plus aussi dangereux, et l’objet de notre premier amour perd de son importance. Dans cet état, nous perdrons assurément la grâce et la puissance.

Verset clé

Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, et regarde en arrière, n’est pas propre au royaume de Dieu » (Luc 9.62).

Texte de la leçon

Apocalypse 3.14 Écris à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu :

15 Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant !

16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche.

17 Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu,

18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies.

19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi.

20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi.

21 Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône.

2 Rois 13.15 Élisée lui dit : Prends un arc et des flèches. Et il prit un arc et des flèches.

16 Puis Élisée dit au roi d’Israël : Bande l’arc avec ta main. Et quand il l’eut bandé de sa main, Élisée mit ses mains sur les mains du roi,

17 et il dit : Ouvre la fenêtre à l’orient. Et il l’ouvrit. Élisée dit : Tire. Et il tira. Élisée dit : C’est une flèche de délivrance de la part de l’Éternel, une flèche de délivrance contre les Syriens; tu battras les Syriens à Aphek jusqu’à leur extermination.

18 Élisée dit encore : Prends les flèches. Et il les prit. Élisée dit au roi d’Israël : Frappe contre terre. Et il frappa trois fois, et s’arrêta.

19 L’homme de Dieu s’irrita contre lui, et dit : Il fallait frapper cinq ou six fois; alors tu aurais battu les Syriens jusqu’à leur extermination; maintenant tu les battras trois fois.

Étude de la leçon

Bien que Jean ait écrit ces paroles aux Églises d’Asie, le message lui-même venait de Jésus. Celui-ci Se présenta aux Laodicéens afin qu’ils reconnaissent Son autorité. La Parole de Dieu nous apprend que, dans les derniers temps, c’est-à-dire l’ère de l’Évangile, Dieu nous a parlé par Son Fils (Hébreux 1.2), le témoin fidèle et véritable, le Fils premier-né de Dieu.

Comme Il l’avait fait pour toutes les autres Églises, Jésus jugea les Laodicéens d’après leurs œuvres. Les œuvres révèlent les affections du cœur. Comme beaucoup de chrétiens au cœur partagé, ils ne se rendaient probablement pas compte à quel point leurs actions dévoilaient clairement leur véritable attachement. À mesure que leur amour pour Dieu diminuait, les choses du monde commençaient à retenir leur attention. Leurs convoitises charnelles prirent plus d’importance que la vie spirituelle, et les préoccupations matérielles occupèrent une place prépondérante. Ils avaient acquis assez de prospérité pour ne plus éprouver le besoin de demander à Dieu de pourvoir à leurs besoins quotidiens.

Les Laodicéens possédaient les biens matériels de ce monde, mais ce qui leur arrivait réellement semblait échapper à leur compréhension. La vie était confortable et ils pouvaient satisfaire leurs désirs charnels. Sans comprendre à quel point la grâce rédemptrice de Jésus les avait jusque-là préservés, ils retombèrent dans leur ancienne condition misérable, privés de la bénédiction de Dieu et des dons du Saint-Esprit. Lorsque le plaisir a perdu son attrait, le vide du cœur revient et laisse derrière lui frustration et malheur. Peu à peu, la séduction leur avait ôté la vue spirituelle. L’attrait et l’intérêt grandissants qu’ils éprouvaient pour les choses du monde formaient comme une cataracte qui les empêchait de voir. Les Laodicéens étaient devenus aveugles. Ils avaient rejeté les robes de justice qui leur avaient été accordées pour revêtir les vêtements de l’orgueil. Spirituellement, ils étaient nus, dépouillés et indigents.

Que pouvaient faire ces pauvres chrétiens de Laodicée ? Quelles possibilités leur restaient-ils ? Ils pouvaient continuer à justifier leur conduite et conclure qu’il n’était pas tellement important de prendre la vie chrétienne au sérieux ni d’en manifester extérieurement les fruits. Ils pouvaient aussi se repentir. Jésus avait dit : « Ayez du zèle et repentez-vous. Vous devez revenir à la vérité. Je vous demanderai de rechercher les véritables richesses; vous devez être de nouveau revêtus d’humilité. Si vous ne vous repentez pas, vous Me répugnez. Vous ne pouvez plus souiller Mon Église. »

Le message de Jésus aux Laodicéens était un message de miséricorde. Parce qu’Il les aimait, Il ne pouvait pas les laisser persévérer dans la séduction; Il les reprit donc et les châtia. La repentance leur ouvrirait la porte du pardon et les laverait dans le sang versé de Jésus. Elle les détacherait également de l’or terrestre pour reporter leurs affections sur l’or céleste et pur. La robe de la justice de Jésus pourrait de nouveau couvrir leur nature pécheresse. Ils auraient toutefois besoin de l’aide de leurs frères spirituels, qui agirait comme un collyre afin de les aider à retrouver la vue spirituelle.

Le passage du deuxième livre des Rois nous montre la foi tiède de Joas, roi d’Israël. Il n’avait pas abandonné les péchés de Jéroboam, le premier roi qui avait fait pécher Israël. Si Joas désirait être délivré des Syriens, ce n’était pas pour qu’Israël puisse servir Dieu de tout son cœur. Ce qui le préoccupait surtout, c’était que les Syriens les empêchaient de vivre librement selon leurs désirs pécheurs. Dieu envoya Élisée afin d’encourager Joas en vue de la délivrance d’Israël. Le manque de zèle de Joas irrita le prophète et déplut certainement à Dieu. À cause de cette insuffisance, Israël ne serait jamais entièrement délivré.

Le roi manifesta son manque de consécration par son manque de zèle. Sa tentative sans conviction révèle que sa fidélité envers Dieu était partagée. Lorsque les Israélites se consacraient entièrement à Dieu, Il les délivrait aussi bien par un petit nombre que par un grand. Mais lorsqu’ils n’accomplissaient pas Sa volonté, ils perdaient les batailles, peu importe la taille de l’armée qu’ils parvenaient à rassembler.

Vérités pratiques pour aujourd’hui

Qu’est-ce qui pousse une personne à chercher Dieu ? Lorsque Dieu commence à appeler quelqu’un au salut, cette personne prend conscience que ses péchés se dressent entre elle et Dieu. Le péché devient un lourd fardeau et rend malheureuse la personne qui en est convaincue. Incapable de se libérer de l’esclavage du péché et prisonnier de la crainte du jugement de Dieu, le pécheur se voit voué à une éternité de souffrance dans la perdition de l’enfer. L’état de son âme devient alors une question primordiale et absorbante, à laquelle il doit absolument faire face.

Le Saint-Esprit offre doucement une espérance. Lorsque les pécheurs s’humilient, prient, confessent leurs péchés et abandonnent leur vie à Dieu, Celui-ci leur pardonne et leur accorde une paix accompagnée d’une joie et d’une reconnaissance profondes. Un premier amour ardent pour le Seigneur découle d’une véritable expérience du salut. Il est suivi du désir d’obéir au Sauveur et de Lui plaire. La présence intérieure du Saint-Esprit, jointe à un engagement ferme envers Dieu, complète le tableau de ce que signifie être spirituel et brûler de zèle pour Dieu.

Que faut-il faire pour conserver une telle consécration à Dieu ? Le chrétien nouveau-né doit être nourri du lait pur de la Parole. Un vieux cantique anglais dit : « La prière est le souffle vital du chrétien ». Dans la prière, nous remercions Dieu de tout ce qu’Il a fait pour nous, nous Lui demandons de nous faire comprendre Sa volonté et nous Lui faisons part de nos luttes intérieures. En retour, Il promet de nous accorder Son aide. Dans nos méditations, Il nous guide par les impressions du Saint-Esprit.

À mesure que nous croissons dans la grâce et dans la connaissance, notre Père céleste nous confie des tâches à accomplir. Nous sommes bénis lorsque nous nous appliquons à faire ce qu’Il nous demande. Il nous appelle à renoncer aux désirs charnels qui proviennent de ce vase d’argile dans lequel nous vivons. Cependant, pour le chrétien sincère, Ses commandements ne sont pas pénibles.

Qu’est-ce qui peut refroidir spirituellement un croyant qui se trouve dans un tel état ? Souvent, l’émotion et les sentiments que nous goûtions tant après notre rencontre avec Dieu commencent à s’estomper. Nous découvrons alors qu’il nous faut nous fier aux promesses de Dieu et vivre par la foi, ce qui n’est pas toujours facile. Les pressions sociales, comme le désir de plaire à nos amis ou à ceux que nous côtoyons, peuvent affaiblir notre empressement à plaire au Seigneur. Notre vieille nature charnelle remarque les choses séduisantes que le monde nous offre, et le diable nous souffle qu’y goûter un peu ne fera aucun mal. Nous nous laissons absorber par les préoccupations de la vie quotidienne, et notre lecture de la Bible ainsi que nos prières diminuent. Sous l’effet de telles influences, nous commençons à perdre notre ferveur : nous devenons tièdes.

L’assoupissement spirituel commence à émousser notre discernement du bien et du mal. Renoncer à nous-mêmes ne nous paraît plus aussi nécessaire, mais cette voix est très trompeuse. L’idée selon laquelle il suffirait de « suivre son cœur » est séduisante et fait paraître les anciens sentiers démodés. Nous pouvons nous engager très activement dans toutes sortes d’activités; cependant, à mesure que le fondement s’effrite, l’édifice spirituel se construit sur le sable et ne résistera pas aux tempêtes de la vie. Voilà le danger de la tiédeur !

Si nous constatons que nous sommes devenus tièdes, prenons garde à l’avertissement : Jésus affirme clairement qu’Il rejettera les tièdes s’ils ne se repentent pas. Une repentance véritable est le remède à la tiédeur et à la superficialité. Nous pourrions essayer de conserver certains griefs; le sentiment d’avoir véritablement été traités injustement peut nous empêcher de pardonner entièrement à celui qui nous a offensés. Mais lorsque le Saint-Esprit nous révèle notre état, nous sommes prêts à dire à Jésus : « Que veux-Tu que je fasse ? » Se repentir, c’est changer de direction, et non simplement réorganiser quelques éléments de notre vie ou adopter une autre manière de penser. C’est retrouver notre premier amour pour Dieu, nous charger de notre croix et suivre Jésus.

Le Seigneur déclara qu’Il préférerait que les Laodicéens soient froids ou bouillants. Pourquoi voudrait-Il que nous soyons froids plutôt que tièdes ? Dans la tiédeur, nous croyons encore être sauvés. La séduction nous empêche de nous alarmer de notre état. C’est une situation confortable, dans laquelle nous souhaitons demeurer. Nous pouvons alors proclamer que nous jouissons d’une merveilleuse communion fraternelle, de l’amour de Dieu et de ce que nous prenons pour Sa bénédiction.

Lorsqu’une personne est froide, elle sait qu’elle est éloignée de Dieu. Elle ne cherche pas à convaincre les autres ni à se persuader elle-même que tout va bien. La conscience d’être perdue rend plus réelle la perdition éternelle. La conviction suscitée par Dieu peut plus facilement atteindre une personne qui se trouve dans cet état.

Questions

1. Qu’est-ce qui fait naître la tiédeur dans la vie personnelle ?

2. Quelle importance les dévotions personnelles ont-elles ?

3. Dans quelle mesure le culte familial est-il essentiel au maintien de la vitalité spirituelle ?

4. Comment pouvons-nous nous encourager mutuellement à craindre l’Éternel et à nous parler souvent les uns aux autres ? (Malachie 3.16.)

5. Qu’est-ce qu’un « zèle pour Dieu, mais sans intelligence » ? (Romains 10.2.)

Foi et Foyer #2, juillet 2026

Bonjour à tous,

La revue Foi et Foyer vient de sortir un numéro de 48 pages inspirantes!

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Ou téléchargez la revue ici:

Le sens de la vie à l’heure de l’IA…

Qu’est-ce que l’économat chrétien ? 3ᵉ partie

Traduction de: https://flatlanderfaith.com/2012/12/02/what-is-christian-stewardship-part-3/

Le Nouveau Testament nous exhorte à « racheter le temps ». Notre compréhension de cette expression est étroitement liée à notre conception de l’économat. Ceux qui voient l’économat surtout sous un angle matériel interprètent cette parole comme une injonction à employer chaque minute à quelque activité profitable.

Il est toutefois intéressant de remarquer que, si nous regardons le contexte, l’apôtre Paul se préoccupait davantage des choses spirituelles lorsqu’il parlait de racheter le temps. En Éphésiens 5.16, il s’agit de veiller à notre propre salut. En Colossiens 4.5, il s’agit de notre témoignage envers ceux du dehors.

Le mot grec employé ici ne désigne pas une quantité de temps, mais plutôt la qualité du moment. Il est parfois traduit par « occasion ». Y a-t-il des moments où l’Esprit nous pousse à prendre le temps de prier, de méditer la Parole de Dieu, mais où nous sommes trop occupés à être de bons économes ? Cela, ce n’est pas racheter le temps. Y a-t-il des voisins à visiter, des enfants auxquels raconter des histoires, des lettres à écrire, mais nous sommes trop occupés ? Cela, ce n’est pas racheter le temps. Avons-nous rencontré aujourd’hui quelqu’un qui semblait chercher des réponses, ou simplement un peu de bonté humaine, mais nous étions trop occupés ? Notre conception de l’économat est-elle en train de nous détourner de notre véritable raison d’être dans ce monde ?

Nous ne pouvons pas servir Dieu et Mammon. Si nous mettions réellement l’économat spirituel en premier, aurions-nous un tel problème avec le matérialisme ? À tout le moins, je doute que ce soit encore un si grand mystère. Si nous cherchons notre sécurité dans les choses matérielles, dans l’argent et dans ce que l’argent peut acheter, dans une source de revenu sûre, dans le maintien des apparences, dans le souci de toujours faire les choses à peu près comme il faut, alors c’est là de « la convoitise, qui est une idolâtrie ». Notre choix est clair : choisir Mammon, qui promet la sécurité terrestre mais livre à l’oppression ; ou choisir Jésus, qui nous offre la véritable sécurité lorsque toutes ces choses terrestres viennent à manquer.

Qu’est-ce que l’économat chrétien ? (2ᵉ partie)

Traduction de l’article par Bob Goodnough: https://flatlanderfaith.com/2012/12/01/what-is-christian-stewardship-part-2/

Voir les autres articles sur ce thème: https://missionnaireanabaptiste.org/?s=intendant

La parabole de l’économe infidèle, que l’on trouve en Luc 16, a laissé perplexes bien des commentateurs. La conduite de cet économe est clairement contraire aux idées reçues sur ce qu’est un bon économat. Pourtant, le verset 8 dit : « Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. » Certains commentateurs tentent de se tirer d’affaire en faisant remarquer que c’est le maître de cet économe qui parlait, et que notre Seigneur ne pourrait jamais approuver une telle conduite. Mais cette façon de voir manque le point essentiel : Jésus nous demande justement de tirer instruction du comportement de cet économe.

La conclusion de cette parabole se trouve au verset 13 : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Ce verset fait partie intégrante de l’explication de la parabole de l’économe infidèle. Le séparer de la parabole, c’est la rendre obscure, et peut-être même incompréhensible.

Quel est donc le message de la parabole de l’économe infidèle ? Nous avons ici un homme qui avait été serviteur de Mamon, exigeant tout ce qui était dû à son maître afin d’assurer sa propre subsistance et sa propre sécurité. En tant qu’économe, il avait la responsabilité de fixer le loyer que chacun des fermiers de son maître devait payer, afin de pourvoir aux besoins de la maison de celui-ci. Il ajoutait ensuite assez à chaque loyer pour couvrir les besoins de sa propre maison. L’économe de cette parabole semble avoir vécu dans l’abondance.

Il est appelé infidèle, non parce qu’il aurait manqué de fidélité envers Mamon, mais à cause de son étroite alliance avec Mamon, qui est lui-même injuste, comme le montrent les versets 9 et 11. Et comme il arrive tôt ou tard à tous ceux qui se confient en Mamon, il se retrouve trahi. Tout ce en quoi il avait mis sa confiance va lui être enlevé. C’est alors que la lumière se fait, et qu’il change de direction. Auparavant, il opprimait les autres en exigeant d’eux le paiement jusqu’à la limite de leurs capacités. Maintenant, il administre une mesure de grâce aux débiteurs de son maître en les libérant d’une partie de leurs dettes. Tant qu’il est encore économe, il a pleinement le pouvoir de le faire ; et il semble qu’il efface simplement la part qu’il prélevait pour lui-même. Il comprend désormais qu’à long terme, il sera dans son intérêt d’alléger, autant qu’il le peut, les fardeaux des autres.

Cette interprétation peut poser problème aux chrétiens qui voient l’économat comme concernant principalement l’acquisition et la gestion des biens matériels. Nous pouvons dire que la volonté de Dieu est que nous exercions un bon économat de nos possessions matérielles afin de pouvoir partager avec les autres et soutenir des œuvres missionnaires. Cependant, un observateur pourrait se demander si nous sommes davantage motivés par la part que nous voulons garder pour nous-mêmes que par celle que nous prévoyons de donner à Dieu.

Les besoins des autres occupent-ils vraiment une grande place dans l’esprit des chrétiens qui s’emploient activement à être de bons économes ? En réalité, il n’y a pas beaucoup de place pour la compassion dans ce type d’économat. Il devient facile de penser que les pauvres sont pauvres parce qu’ils ne veulent pas travailler et ne prennent pas soin de ce qu’ils possèdent déjà. On établit souvent une distinction entre les pauvres « méritants » et ceux qui le seraient moins ; distinction bien commode lorsqu’on se trouve devant des personnes dont les besoins sont très réels, même s’ils sont peut-être en partie le résultat de leurs propres choix.

Nous disons que tout ce que nous possédons appartient à Dieu, et que nous n’en sommes que les économes. Mais un observateur impartial de nos pratiques commerciales et de notre mode de vie arriverait-il à cette conclusion ?

Qu’est-ce que l’économat chrétien ? (1ʳᵉ partie)

[Traduction de l’article https://flatlanderfaith.com/2012/11/30/what-is-christian-stewardship-part-1/ de Bob Goodnough]

Voir aussi l’article: https://missionnaireanabaptiste.org/2026/04/13/quest-ce-quun-bon-intendant-luc-16/

Le chrétien vit dans un monde presque entièrement gouverné par la poursuite du gain matériel. Des gouvernements qui semblaient inébranlables sont tombés parce qu’ils n’ont pas pu fournir les biens matériels que leurs citoyens convoitaient. Le christianisme nominal a depuis longtemps conclu une alliance avec les forces matérialistes.

L’Église catholique a maintenu pendant de nombreux siècles un enseignement contre l’usure ; mais des catholiques entreprenants ont trouvé des moyens de contourner cet enseignement. Au Moyen Âge, l’Église catholique s’est vue contrainte d’emprunter à intérêt auprès de banquiers juifs [qui ne pouvaient exercer l’usure envers d’autres juifs, mais qui n’avaient pas d’interdit concernant les chrétiens]. Jean Calvin fut le premier des réformateurs à approuver explicitement l’usure. C’est aussi lui qui formula les principes par lesquels une grande partie de la chrétienté moderne s’engage pleinement dans le domaine matériel au nom de l’« économat » (ou « intendance »).

Chrétiens et non-chrétiens ont cherché à résoudre la domination que Mammon exerce sur l’humanité. Nous connaissons l’oppression causée par les tentatives de mise en œuvre de la société idéale de Karl Marx. La doctrine protestante de l’économat ne diffère guère, en réalité, de l’enseignement de Marx : les chrétiens doivent s’efforcer de gagner tout ce qu’ils peuvent, afin de pouvoir ensuite partager avec ceux qui sont dans le besoin. Les disciples des réformateurs ne se sont pas montrés sensiblement plus compatissants que ceux de Marx. Les protestants se sont engagés dans le colonialisme, l’esclavage et le commerce d’une manière plus froide et plus calculée que les catholiques. Ils croyaient que la prospérité matérielle était une preuve de la faveur de Dieu. Cette position rendait, selon eux, juste et convenable que le groupe favorisé détermine dans quelle mesure les moins favorisés pouvaient participer aux bénédictions matérielles.

Nos ancêtres anabaptistes et mennonites n’ont jamais pris part à une telle oppression, parce qu’ils avaient une conception différente de la place des biens matériels dans la vie chrétienne. Si, aujourd’hui, notre vision de la nature et du danger du matérialisme manque de clarté, ne serait-ce pas parce que nous avons, sans nous en rendre compte, absorbé une grande part de l’enseignement protestant concernant l’argent et les possessions ?

Dans les épîtres du Nouveau Testament, le concept d’« intendance » n’est employé que dans le sens de l’administration de l’Évangile (le grec oikonomos est traduit par dispensateur ou économe) :

— 1 Pierre 4:10 :
« Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. »

— Tite 1:7 :
« Car il faut que l’évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu’il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain honteux. »

— 1 Corinthiens 4:1-2 :
« Ainsi, qu’on nous regarde comme des serviteurs de Christ, et des dispensateurs des mystères de Dieu. Du reste, ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle. »

En Romains 16:23 et Galates 4:2, où le sens désigne clairement une fonction civile, les traducteurs ont employé d’autres termes :

— Romains 16:23 :
« Gaïus, mon hôte et celui de toute l’Église, vous salue ; Éraste, le trésorier de la ville, vous salue, ainsi que le frère Quartus. »

— Galates 4:2 :
« Mais il est sous des tuteurs et des administrateurs jusqu’au temps marqué par le père. »

Quant au mot oikonomia, traduit par « administration » dans Luc 16, il est rendu différemment dans les épîtres, notamment par charge ou dispensation :

— 1 Corinthiens 9:17 :
« Si je le fais de bon cœur, j’en ai la récompense ; mais si je le fais malgré moi, c’est une charge qui m’est confiée. »

— Éphésiens 1:10 :
« pour le mettre à exécution lorsque les temps seraient accomplis, de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. »

— Éphésiens 3:2 :
« si du moins vous avez appris quelle est la dispensation de la grâce de Dieu, qui m’a été donnée pour vous. »

— Colossiens 1:25 :
« C’est d’elle que j’ai été fait ministre, selon la charge que Dieu m’a donnée auprès de vous, afin que j’annonce pleinement la parole de Dieu. »