L’islam radical et le vrai chrétien

Ces derniers jours, il a beaucoup été question de terrorisme et de djihad dans les médias. Il y a eu l’attentat en Tunisie, où un homme a causé la mort de plus de trente touristes et en a blessé une soixantaine de plus. Un musulman français a aussi décapité son employeur et blessé plusieurs personnes en faisant exploser des bouteilles de gaz. Au Koweït, un kamikaze saoudien sunnite a tué plus d’une vingtaine de chiites lors de la prière (et blessé plus de 200 autres personnes). Les chababs somaliens s’en sont pris à des forces de paix burundaises en Somalie et l’État Islamique a attaqué Kobané de plus belle; tout ça le 26 juin. 

http://www.lemonde.fr/international/article/2015/06/27/saint-quentin-fallavier-sousse-kobane-koweit-somalie-vague-d-attaques-djihadistes_4663046_3210.html

Devant l’ampleur de la cruauté de ces gens et en voyant la souffrance infligée au monde à cause de la religion, plusieurs se dégoûtent de la religion, ou plus spécifiquement s’en prennent aux religions qui causent le plus de conflits (comme l’islam). Le chrétien, qui est déjà persuadé que suivre les préceptes de Jésus représente le seul chemin vers le salut, a parfois tendance à lui aussi attaquer l’islam verbalement. Un pasteur en Irlande du nord fait face à la justice britannique pour avoir affirmé que l’islam était une religion satanique et païenne, alors que la loi britannique interdit de dire de telles choses qui pourraient provoquer l’ire des citoyens musulmans.

Examinons donc un peu quelle devrait être l’approche du chrétien face aux musulmans et aussi face à l’islam radical.

Le chrétien se doit avant tout d’aimer tout être humain, quelle que soit sa religion ou sa dénomination (et aussi s’il est sans religion). Jean 13.34,35 Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.

Ceci inclut aussi de ne pas considérer son pays ou son groupe ethnique comme étant supérieur aux autres. S’il est vrai qu’il y ait des différences au niveau du développement des différentes sociétés, devant Dieu les gens qui les constituent sont tous de la même valeur et ont tous le même choix de le louer et de le servir ou de le renier et de le haïr.

Pour moi, je n’ai jamais eu de problème à éprouver de l’amitié pour les musulmans que je connais (ici en Inde aussi bien qu’au Québec). Mais il m’est arrivé de penser que l’on ne devrait pas permettre aux musulmans d’immigrer en masse dans des pays occidentaux ou encore qu’on devrait essayer de mieux les intégrer à la société locale. Ce sont là des opinions politiques que j’ai parfois adoptées parce que je voyais la radicalisation d’une partie des jeunes musulmans en Europe et au Québec. Pourtant, en tant que chrétien pèlerin sur cette terre, je n’ai vraiment aucun droit à une opinion politique, car je ne prends pas part aux élections et au fonctionnement de l’État par conviction. C’est aussi ma conviction que nous ne devrions jamais nous permettre des pensées ou des propos haineux à l’encontre de quelque groupe religieux. Même si tous les musulmans étaient des terroristes (ce qui est TRÈS LOIN d’être le cas), nous n’aurions pas le droit d’en haïr un seul.

Ce dimanche après-midi, mon ami Hamid, fils d’un imam « missionnaire », est venu me voir pour me parler pendant 2 heures. Je lui ai donné une leçon de français, et de culture française, il m’a parlé de certaines prophéties islamiques (dont une concernant la possible fin du monde vendredi prochain), et nous avons discuté de ses projets d’avenir. J’aime bien lui parler, c’est un échange culturel très riche que de lui parler pendant quelques heures. J’ai aussi été chez lui, où son père et lui m’ont enseigné des rudiments de l’écriture nastaliq, de l’arabe et de l’ourdou, tout en s’interrompant pour m’enseigner comment consommer le pain, boire de l’eau ou se couper les ongles selon la tradition musulmane. Je trouve ces échanges d’une valeur inestimable.

Maintenant, aimer des hommes ne revient pas à la même chose que d’aimer leur religion. L’islam est une religion contraire aux préceptes enseignés par Jésus Christ. D’abord, il n’y a aucun concept de nouvelle naissance. Les musulmans croient pouvoir s’assurer une place au ciel par les oeuvres (surtout les fameux « cinq piliers »). Il y a beaucoup de violence commise par les musulmans au nom de Dieu, et ce même par leur prophète Mahomet, contrairement à la foi chrétienne, où notre Seigneur Jésus n’a jamais pris les armes bien que de nombreux soi-disant chrétiens aient fait la guerre en son nom aussi (ce qui est fort regrettable). Le Dieu dont le Coran nous parle ne peut être le même que celui de la Bible, car celui du Coran est un Dieu ambigu qui semble hésiter entre la colère et l’orgueil; alors que celui que nous adorons est amour, bien qu’il lui soit impossible de tolérer le péché, tant il est juste. 1 Jean 4.8 Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.

Je ne me souviens pas d’avoir jamais entendu un sermon à l’encontre de l’islam, et j’ai confiance que ce n’est pas nécessaire dans l’Église, car je ne vois pas l’utilité de fustiger une idéologie si différente de la nôtre: aucun d’entre nous à ma connaissance n’est tenté de se convertir à l’islam. J’ai par contre parfois discuté de certains aspects de l’islam avec des amis ou même mon ministre (pasteur) qui a encouragé les jeunes gens de l’Église de lire aussi un peu les écritures des autres grandes religions afin de mieux savoir de quoi nous parlions si un jour nous étions confrontés à des gens de telles croyances.  Bien sûr, ceci ne devrait se faire qu’après être persuadé de la véracité de la Bible et bien établi dans les doctrines bibliques.

Je recommande à tous de s’écarter du chemin de la haine à l’encontre de personnes d’autres croyances et aujourd’hui je parle tout particulièrement des musulmans. Je crois que nous avons fort à faire pour attirer ces gens à Christ, mais il y en a plusieurs déjà qui ont été ajoutés à l’Église et j’espère que nous pourrons faire plus afin de reconnaître comment les toucher, quand leur parler et leur témoigner l’amour de Jésus et la vraie joie de vivre pour Dieu. Un quart de la population du monde est de confession musulmane. Ils font partie de ceux que Jésus nous a dit d’évangéliser. Parfois ils nous font peur, mais je crois que cela ne devrait être qu’une raison de plus de prêcher le vrai évangile parmi eux. 

Le diable a réellement trouvé un moyen terriblement efficace d’écarter des millions d’âmes de Dieu à travers cette croyance qui comporte tant de ressemblances aux préceptes bibliques, mais qui donne aussi les clés du pouvoir et du plaisir charnel à bon nombre de ses pratiquants. Cherchons à vaincre Satan sur tous les fronts, par la grâce de Dieu!

Quel type de missionnaire suis-je?

Il y a une semaine, je rencontrais Arnaud, un étudiant Français en architecture, qui était de passage au Rabelais, restaurant français à Siliguri, dont le propriétaire est son ami. Pour l’anecdote, Arnaud fait une maîtrise au sujet du célèbre architecte français « Le Corbusier » qui a planifié la ville de Chandigarh où Arnaud étudie et dont il hait le style et l’idéologie.

Je me suis entretenu de choses et d’autres avec Arnaud pendant une heure environ. Il n’avait pas l’air pressé. Nous étions plutôt d’accord sur de nombreux sujets: notre amour pour l’histoire, notre interprétation de celle-ci semblait assez proche, de la nécessité d’apprendre des langues, de l’hégémonie agaçante de l’anglais qui s’infiltre si facilement dans notre vocabulaire, amour pour la France et pour l’Inde ou encore la Russie. Je dirais que son anglophobie était plus forte que la mienne, alors que je trouve parfois que je ne suis déjà pas assez charitable envers ceux-ci. Mais notre plus grande différence fut observée au début de la conversation: Arnaud m’ayant demandé ce que je faisais ici, je lui ai parlé un peu du travail humanitaire que nous accomplissons, ce qui a entraîné plusieurs remarques de sa part démontrant le peu d’affection qu’il a pour les ONG.

Depuis, j’ai été poussé à me reposer ces questions que je me suis déjà posé plusieurs fois: quelle sorte de missionnaire suis-je?

Suis-je un missionnaire casanier ou aventurier? Il y a probablement des excès dans les deux. Un missionnaire casanier ne peut pas voir grand monde, puisqu’il ne sort presque jamais de chez lui, et tout le monde sait qu’il est très rare que les « indigènes » (c-à-d les gens locaux) viennent rendre visite à un tel étranger, à moins de venir lui demander de l’argent. Toutefois, nous ne pouvons pas devenir missionnaire seulement par esprit d’aventure. Ce n’est que si nous faisons notre travail pour Dieu et non pour notre propre satisfaction que nous pouvons être utiles à Dieu. Arnaud se méfiait de la malhonnêteté des ONG, sclérosées par des membres qui recherchent une vie facile, profitant du soutient des gens en Europe ou en Amérique du Nord pour se la couler douce dans un pays où la grande vie est facilement accessible avec relativement peu d’argent. Je connais de tels missionnaires ici à Siliguri, qui font leur marché de temps à autre, qui vont au cinéma trois fois par semaine, qui se promène en voiture haut de gamme, qui partent en randonnée dans l’Himalaya tous les mois, qui ne se réveillent qu’à 10h, et qui font faire tout le ménage et une partie de leur nourriture par une bonne (si celle-ci sait faire de la nourriture américaine). Évidemment, ils ne sont pas tous comme ça, mais je crois que la majorité des missionnaires ont été tentés de faire ainsi au moins dans une certaine mesure. C’est à éviter à tout prix afin de montrer que nous voulons être des égaux avec ceux que nous évangélisons.

Par contre, il arrive aussi que nous soyons trop ambitieux ou aventureux, à la recherche de gloire et de reconnaissance dans la sphère missionnaire. Là, je dois dire que j’ai de grosses tentations parfois. J’aimerais tant commencer des projets géniaux, écrire et traduire de nombreux livres, voir de nombreux gens se joindre à l’Église au cours de mon temps dans un certain endroit, être connu pour mon zèle et mon désir de servir Dieu. Mais bien que ces désirs soient bons en soit, ils sont dangereux lorsqu’ils ne sont plus associés à un esprit humble et ouvert à l’Esprit de Dieu. Ils deviennent l’oeuvre du diable qui cherche à nous donner un esprit d’indépendance qui nous fera différer de plus en plus de nos frères, jusqu’au jour où finalement nous ne serons plus réellement frères dans la foi et où nous découvrirons que nous ne servions pas Dieu, mais nous-même. Dieu ne bénit pas les bonnes œuvres que nous faisons à l’encontre de sa volonté. Il est dangereux de prendre ce chemin, pour notre âme, et pour celles de ceux qui nous suivrons, croyant écouter Dieu. Voici un petit exemple de ce que font les gens de bonne volonté mais qui ne sont pas dirigés par l’Esprit. Arnaud m’a raconté qu’il y a bien des endroits en Afrique où des ONG creusent des puits au milieu du village. Il disait que parfois les habitants détruisent ces puits parce que selon leurs traditions, le puits doit être à l’extérieur du village afin que les femmes aient un lieu désigné pour se rassembler et parler sans l’interférence des hommes. Si ces volontaires avaient été plus attentifs à la voix de Dieu, n’auraient-ils pas fait un peu plus de recherche au sujet de la culture locale, n’auraient-ils pas entendu Dieu leur dire: « non, pas ici, cela indignera les gens » ou encore « c’est à pure perte, ne le faites pas! »?

Encore une question: suis-je charitable envers ceux autour de moi? Suis-je capable d’aimer chaque mendiant qui vient à la porte? Ai-je assez d’amour pour passer du temps à prier avec un lépreux ou pour aller à l’église une troisième fois dans la journée au lieu de relaxer dans mon salon ou dans un restaurant à air climatisé? Suis-je égoïste au point de ne pas accepter de prendre un inconnu avec moi dans ma voiture sous prétexte qu’il pourrait être dangereux et me voler quelque chose? Suis-je disposé à accepter les coutumes locales pour ce qu’elles sont et me montrer moins rigide dans ce qui n’a rien à voir avec la religion, mais seulement avec des différents cultures? Je pourrais continuer, mais je crois que vous me comprenez.

Prions Dieu qu’il nous donne tous d’être de vrais missionnaires pour lui partout où nous sommes.

 

Prions pour les chrétiens d’Irak et du Levant

Bonjour,

Nous vivons pour la plupart dans le confort et la paix. Malgré les défis quotidiens de la vie chrétienne, nul ne nous menace de mort.

Il en va autrement en Irak et en Syrie, surtout dans les régions contrôlées par l’ÉI.

Je vous demande donc instamment de tous prier sincèrement pour les chrétiens de cette région. Peut-être ont-ils d’autres croyances que vous, cependant ils sont vos frères. Et pour ceux d’entre eux qui ne sont pas nés de nouveau, priez spécialement qu’ils rencontrent leur Sauveur personnel avant que leurs persécuteurs ne mettent fin à leurs jours. Priez aussi que sous les persécutions, les discriminations et les tortures, ils tiennent ferment et soient un témoignage pour Dieu. Priez enfin pour leur persécuteurs, qui ont eux aussi besoin d’être touché par l’amour de Dieu et de venir à Lui.

Nombreux sont les réfugiés au Kurdistan, en Syrie, au Liban, en France… Priez pour leurs conditions de vies, et qu’ils puissent être une lumière à ceux autour d’eux.
Priez enfin pour les chrétiens (de France, du Liban, et d’autres pays) qui leur viennent en aide, afin qu’ils puissent leur témoigner un amour réel et avoir des moyens suffisants pour soulager leurs douleurs.

Merci à tous,

Hugues

Introspections

Le maréchal de Lattre de Tassigny disait: « le lever des couleurs, C’est comme la prière du matin, et lorsqu’on les ramène, c’est le moment d’introspection du soir pour le soldat ».
Je crois malheureusement que l’importance de la vie spirituelle dépasse celle de la vie militaire à telle point qu’on ne devrait pas les comparer de manière si sérieuse. Cependant, je dois avouer que si ces paroles prêtées au grand maréchal sont vraiment de lui, je devine que la prière et l’introspection tenaient une place importante dans sa vie.
Nous ne nous poserons plus de questions à sont sujet, ni à propos du salut d’hommes comme lui.
Je ne ferai que garder deux mots: le prière, et l’introspection.

Ce soir, alors que je revenais à pied d’un souper chez des amis Indiens, je me suis mis à penser à cette phrase du célèbre Maréchal de France. Il faisait déjà nuit; au loin je voyais des éclairs à la hauteur de la frontière entre l’Inde et le Bangladesh. Le terrain était sec, la route poussiéreuse: il n’a pas plu depuis deux jours, malgré que nous sommes au beau milieu de la mousson! Il paraît que cette année est anormale. À un moment donné, je me demandai si je ne venais pas d’apercevoir un éléphant à quelques pas. Fausse alerte!… On dit qu’ils rodent dans les parages nuitamment, et que plusieurs personnes ont été victimes de ces bêtes la nuit ou même au petit matin. Quelques cyclistes me dépassent, les phares d’une voiture m’éblouissent.

Mais qu’est-ce que je fais de mon temps? À quoi étais-je encore en train de penser? À un livre que j’aimerais lire? À une recherche que je veux faire sur Google aussitôt que j’arrive à la maison? au livre que je traduis? Aux problèmes économiques et sociaux de la France? À une jeune fille rencontrée ici en Inde ou encore au Canada?

Un peu de tout cela, pour vous donner une idée. Il y a des pensées qui sont bien-sûr plus édifiantes que d’autres, ou plus utiles. Mais à ce moment-là, je ne pensais pas vraiment à Dieu. Je ne pensais pas non plus à mon âme qu’il est venu secourir un jour quand elle avait soif. Depuis, comme il me l’a promis dans la Bible, j’ai accès à une source inépuisable de pensées, de courage, d’amour, vers laquelle il me suffit de me tourner pour m’en abreuver. Mais il paraît que parfois je préfère m’aventurer loin de ce puits qui m’a été donné, loin, oh si loin dans la sécheresse de la sagesse humaine.

À l’idée d’une rencontre avec un éléphant ou encore en pensant aux gens qui viennent peut-être d’être frappés par la foudre, mes pensées se tournent vers le Créateur de l’univers, mon Père.

« Père, J’ai besoin de ta présence! » C’est ma première réaction. Je suis honteux en pensant à tout ce qui a traversé mon esprit depuis ma dernière pensée accordée à Celui qui me protège et qui m’aime à chaque instant de ma vie. « Dieu, aide-moi à revoir ma journée, à y voir mes fautes, mes transgressions, mes motifs, afin de mieux faire demain. » C’est ma petite prière soupirée alors que je rencontre deux hommes dans le noir.

Je revois alors le moment ce matin où je n’avais accordé que deux minutes à la Parole de Dieu, parce que j’avais faim et que je voulais aller voir ma boîte de réception de courriels… Comme je suis ridicule d’accorder si souvent autant d’importance aux petites choses qui passent, alors que ma relation et ma communion avec mon Père importent par-dessus tout. Tout s’explique maintenant: j’ai laissé Dieu au chevet de mon lit ce matin après une courte prière, je ne l’ai pas invité à prendre part à toutes mes décisions du jour. Tout en priant à une ou deux reprises, je n’ai pas consciemment chercher son réconfort, son approbation, son amour au cours de la journée. Comment puis-je encore mériter son amour et sa protection? Mais au fait, où donc est passée cette sensation chaude qui m’envahit lorsque je le sens proche? Est-il parti? Ou est-ce moi qui me suis éloigné?

La réponse est claire, heureusement. C’est humiliant de l’avouer, mais depuis quelques temps, il est rare que je prête bien attention à la voix du Saint-Esprit. Je ne traite plus Jésus comme un frère. Je lis rarement ma Bible pendant plus de cinq minutes, et ma prière du matin est encore plus courte que ma lecture  de la Parole. Quelle honte, quelle misère.

Je pourrais me consoler en me disant que rares sont ceux sur cette terre qui lisent leur Bible autant que moi, qui font autant de bonnes œuvres ou qui sacrifient autant pour la cause de Christ; mais moi alors, quels sont mes motifs dans tout cela? Est pour ma propre gloire que je continue de vivre une forme de vie chrétienne? Ou me suis-je peut-être trompé en pensant que mon enthousiasme et mon intérêt dans certaines choses de ma vie remplacerait ce que l’Esprit et la Parole m’avaient auparavant donné?

Oui c’est ça! J’ai cru pouvoir changer le régime spirituel de mon âme sans qu’elle n’en pâtisse, mais je me suis endormi et maintenant je me rends compte de mes erreurs! Des centaines de pensées défilent dans mon petit cerveau. Je veux passer ce temps non à penser aux choses terrestres, mais aux choses célestes. Bientôt mon esprit se calme, je commence à voir comme tout ceci est si petit et comme mes pensées ambitieuses sont risibles pour Dieu. Ce n’est pas en menant une introspection égoïste, où je chercherais à m’améliorer pour avoir une bonne réputation, que je trouverai la paix. Ce qu’il me faut, c’est un moment de prière et d’introspection au cours duquel je communiquerai avec mon Seigneur. Je lui présente ce que j’ai fait aujourd’hui, ce que j’ai pensé, ce que j’ai dit. Je Lui appartiens, mes actions et mes pensées Lui appartiennent donc aussi. Plus je passe de temps à faire cela, plus sa voix devient claire à mes oreilles. Je vois maintenant quelles pensées adressées à mon ami Bryan ne provenaient pas de Dieu, mais de ma chair pécheresse. Ce mouvement d’humeur plutôt contre quelqu’un qui m’avait insulté… Cela non plus. Que faire? Je suis un pécheur!

C’est alors que des paroles réconfortantes viennent à l’esprit: « ma grâce te suffit, car ma puissance es’accomplit dans la faiblesse ». 2 Corinthiens 12.9. Ces paroles adressées à Paul il y a 2000 ans, s’appliquent toujours à moi! Comme c’est merveilleux. Je continue ma route, arrivant finalement chez nous au bout d’une demi-heure. Je suis parvenu à penser et à parler à mon Père pendant la majorité du trajet. Cela n’a même pas vraiment été le fruit d’un effort de disciple: lorsque j’ai pris la peine de le regarder dans les yeux, ma conversation avec Dieu n’a pas laissé de lace à la distraction. Bien-sûr, j’étais toujours conscient des piétons et des voitures occasionnellement rencontrées, mais mes soucis terrestres avaient disparu.

Dieu veut vous donner cette expérience comme il me l’a offerte une nouvelle fois. Il veut effacer vos péchés, vous réconforter, écarter vos soucis. Croyez-le il le fera en un rien de temps! Ne soyez pas ingrats envers votre Créateur: donnez-lui quelques minutes de chaque jours de chaque heure, pour qu’il puisse vous diriger, que sa Parole s’ancre dans votre cœur, que votre oreille devienne accoutumée au chuchotement du Saint-Esprit. Pour cela, il suffit de retirer vos écouteurs, de ne plus penser à votre portefeuille, de ne plus chercher la gratification de la chaire, bref. Cela est un effort impossible pour une personne qui n’est pas née de nouveau, mais lorsque vous avez abandonné votre vie de manière inconditionnelle dans les mains de Dieu, vous comprendrez, et vous serez heureux à jamais.

 

Hugues

Le duc et le galérien

À l’époque où la France entretenait encore une flotte importante de galères sur la Méditerranée, il y avait parfois de nombreux prisonniers politiques et religieux qui étaient condamnés à devenir galériens, ce qui était un sort bien moins enviable que celui de croupir en prison. Mais on sait aussi qu’il y avait de nombreux criminels à bord, qui méritaient de perdre leur liberté.

Ce récit n’est pas celui des Huguenots galériens que l’on peut lire dans des livres tels que « Le baron de Salgas » de Sabine Malpach. Je suis sûr que vous avez tous lu des romans ou des histoires vraies au sujet de ceux qui furent condamnés aux galères injustement. La petite anecdote dont je vais parler n’a rien à voir avec ces injustices. Il s’agit d’une histoire vraie dont la morale est à la portée de tous.

Un duc, personnage éminent à la cour de Louis XIV, était de visite à Marseille. Il décida de monter sur une galère. En marchant parmi les galériens, le duc se mit à en interroger certains, leur demandant pourquoi ils se trouvaient à bord. L’un des galériens invoqua une fausse accusation, l’autre dit que le juge avait été corrompu, et ainsi de suite tous les galériens interrogés semblaient être victimes d’une justice partiale et corrompue.
Mais un homme fit exception; il dit : «Monsieur, je mérite mon sort. J’ai volé de l’argent. Je suis le seul coupable. »
Après un instant de réflexion de duc répliqua : « Ah maraud! Que fais-tu donc en compagnie de tous ces honnêtes hommes? Sors d’ici, tu ne mérites pas d’être parmi eux! » C’est ainsi qu’un galérien pénitent retrouva la liberté.

La clé de ma liberté se trouve là aussi : avouer. Avouer que j’ai péché, que je suis un pécheur de nature, et que j’ai cruellement besoin de pardon. Ce n’est pas en avouant que j’ai transgressé que je suis déclaré juste; au contraire, cette justice vient de Dieu à travers notre foi en Jésus-Christ. Mais la confession est un pas important vers la repentance et la foi salutaire.

Le péché est si trompeur. Il peut être tellement difficile à reconnaître en nous-même. Il est pénible d’avouer le péché ouvertement. Cela peut mener au pécher de l’autojustification ou du pharisaïsme; péché rarement confessé, mais si souvent présent dans nos vies.

Mourir tranquille

Nous supplions pour Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui.

2 Corinthiens 5. 20, 21

Mourir tranquille

Lors du décès d’un célèbre commentateur sportif, les médias rappelaient un des mots qui l’avaient rendu populaire: “Maintenant, on peut mourir tranquille”. Il l’avait prononcé en commentant la victoire de l’équipe de France de football en finale de la coupe du monde. Ses paroles allaient probablement au-delà de ses pensées, mais elles témoignaient de sa passion pour le foot. Son plus grand souhait venait d’être exaucé, et sur le moment, il en éprouvait une pleine satisfaction.

Mais est-ce suffisant pour mourir tranquille? Le penser serait de la légèreté, de l’insouciance grave. Il faudrait être bien inconscient pour déclarer pouvoir mourir tranquille sans être en règle avec Dieu. Nos passions ne doivent pas nous faire oublier la solennité du moment où nous serons face à face avec Dieu. Il y a bien longtemps, un prophète avertissait chacun: “Prépare-toi à rencontrer ton Dieu” (Amos 4. 12). Nous avons besoin de nous préparer, car nous sommes par nature ses ennemis dans nos pensées. Mais il nous a donné le moyen d’être réconciliés avec lui par la mort de son Fils, car Jésus Christ a “fait la paix par le sang de sa croix” (Colossiens 1. 20). Ainsi la foi en Jésus Christ, et elle seule, nous procure une justice qui nous permet d’avoir la paix avec Dieu. Alors seulement, la mort peut être envisagée avec sérénité car Dieu, juge de tous (Hébreux 12. 23), recevra celui qui l’a cru comme un enfant bien-aimé, pardonné de ses péchés et réconcilié avec lui par le sacrifice de Jésus Christ.

Des questions?

Nous avons tous des questions. Certaines plus sérieuses que d’autres.
Il y a des questions qu’on peut poser à n’importe qui, celles qui demandent l’aide d’un spécialiste en la matière, celles qu’on a honte de poser mais qu’on pose quand même, et celles qu’on ne pose jamais.

Ce blog me donne déjà, et me donnera souvent, l’occasion de réfléchir à certains sujets, de poser des questions pointues à des amis, de consulter la Bible qui contient toutes les réponse à la vie spirituelle, et d’apporter ces réponses aux lecteurs de ce blog, avec quelques-unes de mes propres idées.

J’aimerais que chacun se sente libre de poser des questions, soit sous forme de commentaire, soit en m’adressant un courriel. Je rappelle que je ne suis pas un spécialiste, mais il est vrai que j’en sais plus au sujet de la foi anabaptiste que la majorité des internautes, pour la bonne raison que je m’efforce de vivre selon cette foi, qui n’est malheureusement pas un chemin que beaucoup empruntent aujourd’hui.

Je signale ici que je viens de rédiger une nouvelle page: Église de Dieu en Christ, mennonite. C’est une brève introduction à notre foi, qui vous donnera un bon aperçu de nos croyances et de notre profession de foi. Nous essayons, par la grâce de Dieu, de vivre en harmonie et en obéissance avec les principes énoncés dans cette page, qui sont tous fondés dans les Écritures. Je serais heureux si chacun lisait cette confession de foi, même si vous n’êtes pas d’accord avec celle-ci.

Je sais que la religion est devenue un sujet presque tabou pour certains; d’autres cherchent constamment, presque obsessionnellement, à démontrer que la Bible est truquée, fausse, dotée d’un sens politique, etc. Je ne suis pas d’accord, et ce à cause de l’amour et de la puissance réelle que je trouve en moi et que j’admire en tant d’autres qui ont accepté le sang de Jésus, qui se sont repentis de leurs péchés, et qui combattent aujourd’hui les forces du mal.

Bon, je vous laisse! Merci pour vos encouragements!

Hugues

Votons pour Jésus (Partie I)

Votons pour Jésus!

Il y a quelques années, au cours de la campagne électorale américaine qui se termina par la deuxième victoire consécutive de Barack Obama, j’ai remarqué qu’un ami Américain habitant alors à Montréal avait fixé une affiche politique dans sa chambre : sur fond de drapeau américain, quatre mots : « I vote for Jesus » (Je vote pour Jésus). Plus tard, j’ai aussi aperçu un autocollant portant la même inscription sur le pare-chocs d’une voiture aux États-Unis.
Quel est le message de ces affiches?

Jésus se mêle-t-il de politique? Est-il une alternative à Barack Obama pour les Américains, à François Hollande pour les Français, à Stephen Harper pour les Canadiens ou Narendra Modi pour les Indiens? Ma première réponse est non! Jésus n’est pas présent physiquement sur cette terre, il n’est citoyen d’aucun de ces pays, il n’aurait d’ailleurs aucune chance d’être élu, car il ne promet pas une vie facile à ceux qui désirent le suivre. Pendant son séjour sur terre, il a pris une approche neutre politiquement, ne choisissant de soutenir ni le courant nationaliste Juif, ni l’occupant Romain.

Mais attendez un peu! En tant que bon citoyen de notre pays, ne voulons-nous pas ce qu’il y a de mieux pour le diriger? Jésus ne serait-il pas le meilleur dirigeant d’une nation?… Il ne serait pas corrompu, n’aurait pas de haine à l’encontre d’une partie de la population, pas de favoritisme, pas de haine envers d’autres peuples, un désintéressement complet. Les impôts seraient équitables, la justice serait réellement impartiale et omnisciente, la nation vivrait peut-être austèrement mais elle serait en paix. Les partis d’opposition ne seraient jamais muselés, mais ils ne trouveraient presque rien à critiquer, et le peuple ne les soutiendrait plus. Le politiquement correct n’existerait plus. La seule référence serait la Bible. Quel paradis sur terre!

MAIS. Même si nous votions tous pour Jésus, il n’accepterait jamais d’être notre souverain temporel. Bien qu’ayant tous pouvoirs, il a choisi de ne pas se mêler de la politique des hommes. « Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi. » (Jean 18.36)

Si Jésus ne veut pas se mêler de la direction des affaires matérielles dans ce monde, veut-il que ses disciples s’en mêlent? Jusqu’à récemment, il était bon pour un politicien de se présenter comme un défenseur des valeurs chrétiennes (sauf dans des pays non-chrétiens ou laïques comme la France). Souvent cela était hypocrite, puisqu’il est très difficile pour un dirigeant de respecter tous les enseignements de la Bible : honnêteté, amour du prochain (parti d’opposition), l’humilité, ne pas gaspiller, chercher son intérêt, etc. Il est vrai que parfois l’exercice du pouvoir a été bien mené par un souverain ou politicien chrétien, mais jamais sans faute. Le pouvoir vient avec beaucoup de tentations. Même David, roi d’Israël commit des péchés. Cependant il était un homme de Dieu.

(à suivre en partie II)

La famille unie dans la prière sera unie pour la vie…

Voici un article paru sur le site www.christianismeaujourdhui.info. J’ai vraiment apprécié son contenu, qui concorde avec mes convictions au sujet de la prière et de l’adoration en famille. Je pense que tout anabaptiste serait d’accord avec ces propos. C’est pourquoi j’ai cité l’article en entier. Je sais que ce n’est pas très original, et j’aurais quelques commentaires à apporter, mais je n’ai pas le temps ces jours-ci. J’essaie d’avoir une bonne variété d’articles sur mon blog. J’écrirai mes idées un peu plus tard. Patience!

 

– Invité de la rédaction – Détenteurs du bon modèle conjugal, les chrétiens, dans la pratique, ne sont pas forcément les meilleurs ambassadeurs du mariage. Nancy Decorvet donne dix raisons à cet état de fait. Parti pris.

1. Négligence du culte en couple
Le regard des évangéliques est quasi méprisant envers ce qui a fait la force des Juifs et des Camisards au travers des persécutions: le culte de famille journalier. Il était comme la pierre angulaire d’un univers familial où maîtres, enfants, domestiques, ensemble à genoux ou autour d’une table, apprenaient les grandes vérités bibliques par cœur ou par imprégnation.

2. Les abus de l’égalité
Une bourrasque idéaliste, une tornade d’ignorance promouvant l’égalité, souffle sur nous. Alors, même si l’on peut déclarer l’égalité des créatures créées par Dieu, il n’en demeure pas moins qu’il y a des moches bêtes et méchants, des intelligents beaux ou conquérants et des différences entre riches et pauvres. Or le mythe de l’égalité va jusqu’à nommer inégalité les différences biologiques entre hommes et femmes. Que d’hérésies ne cautionnons-nous pas aujourd’hui au nom de l’égalité, dans des cercles bien pensants, au sein même de nos Eglises! Monde évaporé, monde de fiction et surtout monde de confusion, qui sape les fondations des familles chrétiennes.

3. Où est la responsabilité de l’homme?
On prétend aujourd’hui vouloir abolir, au sein d’une famille, la responsabilité première du mari et père, bienheureux de justifier son manque de présence et de dialogue avec chacun de ses enfants, bienheureux de déléguer l’autorité à sa femme, professionnellement active et dans un épuisement total. D’où moult conflits conjugaux et intergénérationnels en perspective.
A force de proclamer que nous avons tous en nous un élément masculin et un élément féminin, nous interchangeons les rôles, le flou s’installe et les modèles familiaux deviennent ceux des avatars qui envahissent nos écrans. Il reste donc parent 1 et parent 2…

4. La tolérance à tout prix
L’idéologie de la tolérance fait office de brouillard anesthésiant. Tolérance à soi-même et pas forcément à son conjoint. La liturgie de mariage a disparu. Chaque conjoint crée sa propre promesse, au point que j’ai entendu: «Je promets de te rester fidèle et de rester fidèle à moi-même». Quelques mois plus tard, ces conjoints chrétiens, respectivement à leur deuxième et troisième mariage, divorçaient. Reprenons en mains les fondements bibliques de notre couple et cessons d’être passifs face aux autorités politiques qui s’arrogent le droit d’imposer leurs propres normes, par exemple par l’enseignement de la sexualité à l’école maternelle. Restons fermes dans nos convictions que Dieu n’est pas un dieu du bien et du mal, mais le Dieu saint, unique et sans ténèbres.

5. Un féminisme excessif
Je ne me reconnais plus dans le féminisme post-moderne, qui sape de plus en plus la maternité envisagée comme un frein à l’épanouissement de la carrière. Comment des jeunes femmes aujourd’hui pourraient-elles apprivoiser et laisser jaillir ce qui est enfoui en elles, la fantastique force créatrice de la maternité? Est-ce si épanouissant de travailler dans un laboratoire avec des éprouvettes plutôt que de se consacrer pour un temps à ses enfants tout petits?

27/01/14 Christianisme aujourd’hui

 

Proverbes 6.20 Mon fils, garde le commandement de ton père, et n’abandonne point l’enseignement de ta mère.

Colossiens 4.2 Persévérez dans la prière, y veillant avec actions de grâces;

Jacques 5.16 Confessez vos fautes les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris; car la prière fervente du juste a une grande efficace.

La noble leçon

1 O frères, écoutez une noble leçon :
2 Souvent devons veiller et être en oraison
3 Car nous voyons ce monde être près de  son terme
4 Moult soigneux devrions être de bonnes œuvres faire
5 Car nous voyons ce monde de la fin approcher.
6 Bien a mille et cent ans accomplis entièrement
7 Que fut écrite l’heure que nous sommes au dernier temps
8 Peu nous devrions convoiter, car nous sommes au reste.
9 Chaque jour voyons les signes venir à accomplissement
10 Accroissement de mal et diminution de bien.
11 Ceci sont les périls que l’Écriture dit :
12 L’Évangile ceci raconte, et saint Paul aussi
13 Que nul homme qui vive ne peut savoir sa fin
14 Pour cela devons plus jamais craindre, car nous ne sommes certains
15 Si la mort nous prendra ou aujourd’hui ou demain
16 Mais quand viendra Jésus au jour du jugement
17 Un chacun recevra pour entier paiement,
18 Et ceux qui auront fait mal et qui auront fait bien.
19 Mais l’Écriture dit, et nous croire cela devons
20 Que tous hommes du monde par deux chemins tiendront
21 Les bons iront en gloire et les méchants au tourment.
22 Mais celui qui ne croira en ce partage –
23 Qu’il regarde l’Écriture du fin commencement
24 Depuis qu’Adam fut formé jusqu’au temps présent
25 Là pourra trouver, s’il aura entendement,
26 Que peu sont les sauvés, à voir le restant.
27 Mais chacune personne, laquelle veut bien opérer,
28 Le nom de Dieu le Père doit être au commencer,
29 Et appeler en aide le sien glorieux Fils cher,
30 Fils de sainte Marie,
31 Et le Saint-Esprit, afin qu’il nous donne bonne voie.
32 Ces trois, la sainte Trinité,
33 Comme un Dieu doivent être priés
34 Plein de toute sagesse et de toute puissance et de toute bonté.
35 Celui-ci devons souvent prier et requérir
36 Que nous donne force encontre l’ennemi,
37 Que nous le puissions vaincre devant la notre fin,
38 C’est-à-dire le monde et le diable et la chair,
39 Et nous donne sagesse accompagnée de bonté,
40 Que nous puissions connaître la voie de vérité,
41 Et garder pure l’âme que Dieu nous a donnée,
42 L’âme et le corps en voie de charité,
43 Ainsi que nous aimons la sainte Trinité
44 Et le prochain, car Dieu cela a commandé
45 Non-seulement celui qui nous fait bien, mais celui qui nous fait mal,
46 Et avoir ferme espérance au Roi céleste
47 Que à la fin nous auberge au sien glorieux hôtel
48 Mais celui qui ne fera ce qui se contient en cette leçon
49 N’entrera en la sainte maison.
50 Mais cela est de grief (difficile) tenir à la méchante gent
51 Lesquels aiment trop l’or et l’argent,
52 Et ont les promesses de Dieu en mépris,
53 Et qui ne gardent la loi et les commandements
54 Ni la laissent garder à aucune bonne gent,
55 Mais selon leur pouvoir, y font empêchement.
56 Et pourquoi est ce mal entre humaine gent.

57 Parce que Adam pécha du fin commencement,
58 Car il mangea de la pomme outre défense,
59 Et aux autres germa le grain de mauvaise semence
60 Et acquit à soi mort et aux autres successeurs.
61 Bien pouvons dire que là eut mauvais morceau                                                                                                                                                    62Mais Christ a racheté les bons par la sienne passion,
63 Mais pour cela nous trouvons en cette leçon
64 Que Adam fut mécréant à Dieu le sien créateur
65 De ceci pouvons voir que maintenant sont faits pires,
66 Vu qu’ils abandonnent Dieu le Père tout-puissant,
67 Et croient aux idoles à leur détriment
68 Ce que défend la loi qui fut du commencement,
69 Loi de nature s’appelle, commune à toute gent,
70 Laquelle Dieu plaça au cœur de son premier formé
71 De pouvoir faire mal on bien lui donna franchise :
72 Le mal lui a défendu, le bien lui a commandé :
73 Ceci pouvez vous bien voir qu’il a été mal gardé,
71 Vu que avons laissé le bien, et le mal avons opéré,
75 Comme fit Caïn, le premier fils d’Adam,
76 Qui occit son frère Abel sans aucune raison,
77 Mais parce qu’il était bon
78 Et avait sa foi au Seigneur et non à créature
79 Ainsi pouvons prendre exemple de la loi de nature
80 Laquelle avons corrompue, passé avons la mesure
81 Péché avons au Créateur et offensé à la créature.
82 Noble loi était celle, laquelle Dieu nous donna,
83 Au cœur d’un chacun homme écrite la posa,
84 Afin qu’il l’eût et gardât et enseignât droiture,
85 Aimât Dieu en son cœur sur toute créature
86 Et craignît et servît, n’y posât mesure,
87 Vu que n’est trouvé en la sainte Écriture
88 Gardât ferme le mariage, ce noble pacte;
89 Eût paix avec les frères et aimât toute autre gent,
90 Haït orgueil et aimât humilité,
91 Et fît aux autres comme voudrait être fait à soi;
92 Et s’il faisait le contraire, qu’il en fût puni.
93 Peu furent ceux qui la loi bien gardèrent,
91 Et nombreux furent ceux qui la loi transgressèrent
95 Et le Seigneur abandonnèrent, ne donnant à lui honneur,
96 Mais crurent au démon et à la sienne tentation :
97 Beaucoup  aimèrent le monde, et peu le paradis
98 Et servirent au corps beaucoup plus qu’à l’esprit ;
99 Pour cela nous trouvons que plusieurs en sont péris.
100 Ainsi se peut reprendre tout homme qui dit
101 Que Dieu ne fit les gens pour laisser eux périr ;
102 Mais garde soi un chacun afin que n’arrive comme à eux,
103 Que le déluge vînt et détruisît les félons.
101 Mais Dieu fit faire arche en laquelle il enferma les bons
105 Tant fut augmenté le mal et le bien diminué
106 Qu’en tout le monde ne se trouve sinon huit sauvés:
107 Grand exemple pouvons prendre en cette sentence
108 Que nous nous gardions de mal et fassions pénitence.
109 Vu que Jésus-Christ a dit, et en saint Lue est écrit,
110 Que tous ceux qui ne la feront périront tous;
111 Mais ceux qui échappèrent, Dieu leur fit promesse
112 Que jamais en eau ne périra le monde,
113 Ceux-là s’augmentèrent et furent multipliés ;
114 Du bien que Dieu leur fit peu furent mémoratifs                                                                                                                                                   115Mais eurent tant peu de foi et tant grande peur,
116 Qu’ils ne crurent bien au dit de leur Seigneur,
117 Mais craignaient que les eaux noyassent encore le monde
118 Et dirent de faire tour pour réduire soi là,
119 Et bien la commencèrent selon ce qui est écrit,
120 Et disaient de faire elle et si large et si haute et si grande
121 Qu’elle parvînt jusqu’au ciel, mais ne purent faire autant,
122 Vu qu’elle déplut à Dieu, et leur en fit mine.                                                                                                                                        123 Babylone avait nom cette grande cité,
124 Et maintenant est dite confusion pour la sienne méchanceté.
125 Alors était un langage entre toute la gent,
126 Mais afin qu’ils ne s’entendissent Dieu fit dispersion,
127 Afin qu’ils ne fissent la tour qu’ils avaient commencée.
128 Les langages furent par tout le monde répandus.
129 Après péchèrent grièvement, abandonnant la loi, c’est à dire la loi de nature,
130 Comme se peut prouver par la sainte Écriture
131 Vu que cinq cités périrent, lesquelles faisaient le mal
132 En feu et en soufre Dieu les condamna
133 Il détruisit les félons et les bons délivra
134 Ce fut Loth et ceux de son hôtel que l’ange en tira
135 Quatre furent par nombre, mais l’un se condamna,
136 Ce fut la femme parce qu’elle regarda contre défense.
137 Ici a grand exemple à toute humaine gent
138 Qu’ils se doivent garder de ce que Dieu défend.
139 En ce temps fut Abraham, homme plaisant à Dieu,
140 Et engendra un patriarche dont furent les Juifs
141 Noble gent furent ceux-là en la crainte de Dieu
142 En Égypte habitèrent entre autre méchante gent
143 Là furent opprimés et contraints par longtemps,
144 Et crièrent au Seigneur, et il leur transmit Moyse,
145 Et délivra son peuple et détruisit l’autre Sent :
146 Par la mer Rouge passèrent, comme par belle issue;
147 Mais les ennemis d’eux, lesquels les poursuivaient, y périrent tous.
148 Plusieurs autres signes Dieu au sien peuple fit;
119 Il les nourrit quarante ans au désert, et leur donna la loi
150 En deux tables de pierre la transmit par Moyse :
151 Et trouvèrent là y écrite et ordonnée noblement.
152 Un seigneur démontre être à toute gent,
153 Et celui-là dussent croire et aimer de tout leur coeur,
154 Et craindre et servir jusqu’au jour de la fin
155 Et un chacun aimât le prochain comme soi
156 Conseillassent les veuves, et les orphelins soutenir,
157 Aubergeassent les pauvres, et les nus revêtir,
158 Nourrissent les affamés et les errants dirigeassent,
159 Et la loi de lui très-fort dussent garder;
160 Et aux gardants promit le règne céleste.
161 Le service des idoles leur mit en défense,
162 Homicides, adultères et toute fornication,
163 Mentir et parjurer et fausse promesse
164 Usure et rapine et mauvaise convoitise,
165 Ensuite avarice et toute félonie;
166 Aux bons promit vie, et les méchants tuait.
167 Alors était justice en la sienne seigneurie,
168 Car ceux qui transgressaient et faisaient méchamment
169 Étaient tués et détruits sans pardon ;
170 Mais l’Écriture dit, et beaucoup est manifeste,
171 Que trente mille furent les restés au désert,
172 Trente mille et plus, selon que dit la loi,
173 lis furent tués de glaives, de feu et de serpents,
171 Et plusieurs autres périrent de l’extermination,
175 La terre se divisa, et les reçut l’enfer.
176 Ainsi nous nous pouvons reprendre de notre grand assoupissement.
177 Mais ceux qui firent bien le plaisir du Seigneur
178 Héritèrent la terre de promission.
179 Beaucoup fut de noble gent en cette façon,
180 Comme fut David et le roi Salomon,
181 Isaïe, Jérémie et beaucoup autres hommes,
182 Lesquels combattaient pour la loi et faisaient défense,
183 Un peuple était à Dieu choisi de tout le monde :
181 Les ennemis qui les poursuivaient étaient plusieurs d’entour;
185 Grand exemple pouvons prendre en cette leçon :
186 Quand ils gardaient la loi et les commandements,
187 Dieu combattait pour eux encontre l’autre gent;
188 Mais quand ils péchaient et faisaient méchamment,
189 Ils étaient tués et détruits et pris de l’autre gent ;
190 Tant fut égaré le peuple et plein de grande richesse
191 Qu’il va détourner les pas encontre son Seigneur;
192 C’est pourquoi nous trouvons en cette leçon
193 Que le roi de Babylone les mit en sa prison:
191 Là furent. opprimés et sous contrainte par longtemps
195 Et crièrent au Seigneur avec le coeur repentant :
196 C’est pourquoi les ramena en Jérusalem,
197 Peu furent les obéissants qui gardèrent la loi
198 Et eussent la crainte d’offenser le leur roi ;
199 Mais y eut quelque gent pleins de si grande fausseté
200 Ce furent les pharisiens et les autres écrivains;
201 Qu’ils gardassent la loi beaucoup était d’apparence
202 Afin que la gent cela vissent, pour être plus honorés
203 Mais peu vaut cet honneur qui bientôt vient à chute

204 Ils persécutaient les saints et les justes et les bons ;
205 Avec pleurs et avec gémissement priaient le Seigneur
206 Qu’il descendit en terre pour sauver ce monde,
207 Car tout l’humain lignage allait à perdition.
208 Alors Dieu transmit l’ange à une noble demoiselle le lignage de roi;
209 Noblement la salue, car cela appartenait à elle
210 Ensuite lui dit : « Ne crains, Marie,
211 Car le Saint-Esprit est en ta compagnie
212 De toi naîtra fils que appelleras Jésus ;
213 Il sauvera son peuple de ce qu’il a offensé. »
214 Neuf mois le porta au sien ventre la vierge glorieuse,
215 Mais afin qu’elle ne fût pas reprise, de Joseph fut épouse
216 Pauvre était notre Dame et Joseph aussi ;
217 Mais cela devons croire, car l’Évangile le dit
218 Qu’en la crèche le posèrent quand fut né l’enfant,
219 De langes l’enveloppèrent, pauvrement fut aubergé
220 Ici se peuvent reprendre les convoiteux et les avares
221 Qui d’amasser or ne se veulent cesser:
222 Plusieurs miracles furent, quand fut né le Seigneur,
223 Car Dieu envoya l’ange annoncer aux pâtres,
224 Et en Orient apparut une étoile aux trois barons ;
225 Gloire fut donnée à Dieu au ciel, et en terre paix aux bons
226 Mais avant un peu souffrit persécution
227 Mais l’enfant croissait par grâce et par âge
228 Et en sagesse divine en laquelle il était enseigné
229 Et appela douze apôtres lesquels sont bien nommés

230 Et voulut changer la loi qu’auparavant avait donnée
231 Il ne la changea pas, vu qu’elle fut abandonnée,
232 Mais la renouvela, vu qu’elle fut mal gardée.
233 Et reçut le baptême pour donner salut
234 Et dit aux apôtres que baptisassent la gent;
235 Car alors aussi commençait le renouvellement.
236 Bien défend la loi vieille forniquer et adultérer,
237 Mais la nouvelle reprend voir et convoiter :
238 La loi vieille octroie de rompre le mariage,
239 Et que carte de répudiation se dut donner ;
240 Mais la nouvelle dit de ne pas prendre la laissée,
241 Et que personne ne sépare ce que Dieu a joint
242 La loi vieille maudit le ventre qui fruit n’a pas porté,
243 Mais la nouvelle conseille garder virginité
244 La loi vieille défend seulement parjurer,
245 Mais la nouvelle dit à l’avenir non jurer,
246 Et que plus de oui ou de non ne soit en ton parler :
247 La loi vieille commande combattre les ennemis et rendre mal pour mal;
248 Mais la nouvelle dit : «Ne te veuille venger,
249 Mais laisse la vengeance au Roi céleste,
250 Et laisse vivre en paix ceux qui te feront mal,
251 Et trouveras pardon du Roi céleste. »
252 La loi vieille dit : « Aime les tiens amis, et auras en haine les ennemis. »
253 Mais la nouvelle dit : « Ne feras plus ainsi,
251 Mais aimez les vôtres ennemis et faites bien à ceux lesquels haïront vous,
255 Et priez pour les persécutants et les accusants vous. »
256 La loi vieille commande punir les malfaisants ;
257 Mais la nouvelle dit: « Pardonne à toute gent,
258 Et trouveras pardon du Père tout-puissant
259 Car si tu ne pardonnes, non auras sauvement. »
260 Aucun ne doit occire ni haïr aucune gent
261 Pas même ni simple ni pauvre ne devons mépriser,
262 Ni tenir vil l’étranger qui vient d’autre pays,
263 Car en ce monde nous sommes tous pèlerins:
264 Mais parce que nous sommes tous frères, devons tous Dieu servir.
265 C’est la loi nouvelle que Jésus-Christ a dit que nous devons garder

266 Et appela les siens apôtres et fit à eux commandement
267 Que allassent par le monde et enseignassent la gent,
268 Juifs et Grecs prêchassent et toute humaine gent
269 Et donna à eux pouvoir sur les serpents,
270 Chassassent les demons et guérissent les infirmes,
271 Ressuscitassent les morts et purifiassent les lépreux
272 Et fissent aux autres comme il avait fait à eux
273 D’or ni &argent ne fussent possédant,
271 Mais avec vie et vêtement se tinssent contents
275 Aimassent soi entre eux et eussent bonne paix :
276 Ainsi donc leur promit le règne céleste,
277 Et à ceux qui tiendront pauvreté spirituelle ;
278 Mais qui saurait quels sont, ils seraient tôt nombrés,
279 Qui veulent être pauvres par propre volonté.
280 De ce qui était à venir il leur va annoncer,
281 Comme il devait mourir et puis ressusciter,
282 Et leur dit les signes et les démonstrations
283 Lesquels devaient venir avant la fin
284 Plusieurs belles paraboles dit à eux et à la gent
285 Lesquelles furent écrites au Nouveau Testament.
286 Mais, si Christ voulons aimer et suivre sa doctrine,
287 Nous convient à veiller et lire l’Écriture.
288 Là nous pourrons trouver, quand nous aurons lu,
289 Que seulement pour faire bien Christ fut persécuté
290 Il ressuscitait les morts par divine vertu,
291 Et faisait voir les aveugles qui jamais n’avaient vu
292 Il purifiait les lépreux et les sourds faisait ouïr,
293 Et chassait les démons, faisant toutes vertus;
294 Et quand il faisait plus de bien, plus était persécuté
295 C’étaient les pharisiens qui le poursuivaient
296 Et ceux du roi Hérode et l’autre gent du clergé
297 Car ils avaient envie parce que la gent le suivait
298 Et parce que la gent croyait en lui et en les siens commandements
299 Pensèrent lui occire et faire la trahison
300 Et parlèrent à Juda, et tirent avec lui convention
301 Que s’il le leur livrait, il aurait trente pièces d’argent,
302 Et Judas fut convoiteux et fit la tradition,
303 Et livra son Seigneur entre la méchante gent.
301 Les Juifs furent ceux qui le crucifièrent;
305 Les pieds et les mains fortement lui clouèrent,
306 Et couronne d’épines en la tête lui posèrent ;
307 Disant à lui plusieurs reproches ils le blasphémèrent
308 Il dit qu’il avait soif, de fiel et de vinaigre l’abreuvèrent.
309 Tant furent les tourments amers et douloureux
310 Que l’âme partit du corps pour sauver les pécheurs.
311 Le corps resta là pendu haut en la croix
312 Au milieu de deux larrons.
313 Quatre plaies lui firent sans les autres coups,
314 Puis lui firent la cinquième pour faire le complément
315 Car un des cavaliers vint et lui ouvrit le côté ;
316 Alors sortit sang et eau ensemble mêlé.
317 Tous les apôtres fuirent, mais un y retourna,
318 Et était là avec les Maries debout près la croix.
319 Grande douleur avaient tous, mais notre Dame plus grande
320 Quand elle voyait son Fils mort, nu, en souffrance sur la croix.
321 Des bons fut enseveli, et gardé des félons ;
322 Et tira les siens d’enfer et ressuscita au troisième jour,
323 Et apparut aux siens comme il avait dit à eux.
321 Alors eurent grande joie quand ils virent le Seigneur,
325 Et furent confortés, car auparavant avaient grand peur,
326 Et demeura avec eux jusqu’au jour de l’ascension.
327 Alors monta en gloire le notre Sauveur,
328 Et dit à les siens apôtres et aux autres enseignants
329 Que jusqu’à la fin du monde serait toujours avec eux.
330 Mais quand vint à Pentecôte, se ressouvint d’eux,
331 Et leur transmit le Saint-Esprit, lequel est consolateur
332 Et enseigna les apôtres par divine doctrine,
333 Et surent les langages et la sainte Écriture.

334 Alors leur souvint de ce qu’il avait dit,
335 Sans crainte parlaient de la doctrine de Christ
336 Juifs et Grecs prêchaient, faisant plusieurs miracles,
337 Et les croyants baptisaient au nom de Jésus-Christ.
338 Alors fut fait un peuple de nouveaux convertis:
339 Chrétiens furent nommés, parce qu’ils croyaient en Christ.
340 Mais cela trouvons que l’Écriture dit,
311 Très-fort les poursuivaient Juifs et Sarrasins
312 Mais tant furent forts les apôtres en la crainte du Seigneur,
313 Et les hommes et les femmes qui étaient avec eux
344 Que pour eux ne laissaient ni leurs faits ni leurs dits,
345 Tant que plusieurs en occirent comme ils avaient Jésus-Christ
316 Grands furent les tourments selon ce qui est écrit,
347 Seulement parce qu’ils démontraient la voie de Jésus-Christ;
348 Mais lesquels les poursuivaient ne leur était de tant mal crainte,
349 Car ils n’avaient la foi de notre Seigneur Jésus-Christ,
350 Comme de ceux qui cherchent ores accusation et qui persécutent tant,
351 Que chrétiens doivent être, mais mal en font semblant,
352 Mais en cela se peuvent reprendre ceux qui persécutent et conforter les bons;
353 Car ne se trouve en Écriture sainte ni par raison
354 Que les saints persécutassent aucun ni missent en prison
355 Mais après les apôtres furent quelques docteurs
356 Lesquels montraient la voie de Christ, le notre Sauveur.
357 Mais encore s’en trouve quelques uns au temps présent,
358 Lesquels sont manifestes à très-peu de la gent,
359 La voie de Jésus-Christ très-fort voudraient montrer,
360 Mais tant sont persécutés qu’à peine le peuvent faire

361 Tant sont les faux chrétiens aveuglés par erreur,
362 Et beaucoup plus que les autres ceux qui doivent être pasteurs,
363 Vu qu’ils persécutent et tuent ceux qui sont meilleurs
364 Et laissent en paix les faux et les trompeurs !
365 Mais en cela se peut connaître qu’ils ne sont bons pasteurs,
366 Car ils n’aiment les brebis sinon pour la toison
367 Mais l’Écriture dit, et nous le pouvons voir,
368 Que si y en a quelqu’un bon qui aime et craigne Jésus-Christ, 
369 Qui ne veuille maudire ni jurer ni mentir,
 
370 Ni adultérer ni occire ni prendre de autrui,
 
371 Ni venger soi de les siens ennemis,
 
372 Ils disent qu’il est
 Vaudois (sorcier!?) et digne de punir,
373 Et lui trouvent accusation en mensonge et tromperie.
374 Ainsi ils pourraient ôter ce qu’il a de son juste chagrin
375 Mais fortement se conforte celui qui souffre pour l’amour du Seigneur;
376 Car le royaume du ciel lui sera apprêté au partir de ce monde
377 Alors aura grande gloire s’il a en déshonneur
378 Mais en cela est manifeste la méchanceté d’eux
379 Vu que qui veut maudire et mentir et jurer,
380 Prêter à usure et occire et adultérer,
381 Et venger soi de ceux qui lui font mal,
382 Ils disent qu’il est prud’homme, et loyal homme renommé
383 Mais à la fin se garde qu’il ne soit trompé :
384 Quand le mal le presse tant qu’a peine peut parler,
385 Il demande le prêtre et se veut confesser;
386 Mais, selon l’Écriture, il a trop tardé, laquelle dit
387 « Sain et vif te confesse et n’attends à la fin. »
388 Le prêtre lui demande s’il a aucun péché
389 Deux mots ou trois répond et tôt a dépêché.
390 Bien lui dit le prêtre qu’il ne peut être absous,
391 S’il ne rend tout l’autrui et amende les siens torts.
392 Mais quand il entend ceci il a grand pensement,
393 Et pense entre soi que, s’il rend entièrement,
391 Quoi restera aux siens enfants, et que dira la gent
395 Et commande aux siens enfants, qu’ils amendent les siens torts,
396 Et fait pacte avec le prêtre afin qu’il puisse être absous:
397 S’il a cent livres de l’autrui ou encore deux cents,
398 Le prêtre l’acquitte pour cent sols ou encore pour moins
399 Et lui fait réprimande et lui promet pardon ;
400 Qu’il fasse dire messe pour lui et pour les siens pères,
401 Et leur promet pardon soit à juste, ou soit à félon ;
402 Enconséquence lui pose la main sur la tête
403 Quand il lui donne plus, lui fait plus grande fête,
404 Et lui fait entendement qu’il est moult bien absous
405 Mais mal sont indemnisés ceux de qui il a eu les torts.
406 Mais il sera trompé en telle absolution ;
407 Et celui qui le fait croire y pèche mortellement.
408 Mais j’ose le dire, car se trouve en vrai,
409 Que tous les papes qui furent de Sylvestre
(NDE: le premier Pape, du temps de Constantin = début de l’église romaine) 
jusqu’à celui-ci
410 Et tous les cardinaux, et tous les évêques, et tous les abbés,
411 Tout ceux-là ensemble n’ont tant de pouvoir
412 Qu’ils puissent pardonner un seul péché mortel.
413 Seulement Dieu pardonne, vu qu’autre ne le peut faire.

414 Mais ceci doivent faire ceux qui sont pasteurs:
415 Prêcher doivent le peuple et être en oraison,
416 Et paître eux souvent de divine doctrine,
417 Et châtier les péchants, donnant à eux discipline,
418 C’est vrai avertissement qu’ils aient repentance ;
419 Purement se confessent sans aucun manquement,
420 Et qu’ils fassent pénitence, en la vie présente,
421 De jeûner, faire aumônes et prier avec cœur bouillant
422 Car par ces choses trouve l’âme sauvement
423 De nous mauvais chrétiens lesquels avons péché
421 La loi de Jésus-Christ avons abandonné,
425 Car n’avons crainte ni foi ni charité
426 Repentir nous convient et n’y devons tarder
427 Avec pleurs et avec repentance nous convient amender
428 L’offense que avons faite par trois péchés mortels,
429 Par convoitise d’œil, et par plaisir de chair,
430 Et par orgueil de vie par quoi nous avons fait les maux
431 Car par cette voie nous devons suivre et tenir,
432 Si nous voulons aimer et suivre Jésus-Christ
433 Pauvreté spirituelle de coeur devons tenir,
431 Et aimer chasteté et Dieu humblement servir
435 Alors suivrions la voie du Seigneur Jésus-Christ,
436 Et aurions la victoire de les notres ennemis.
437 Brièvement est raconté en cette leçon
438 De les trois lois que Dieu donna au monde.
439 La première loi démontre à qui a sens et raison,
440 C’est à connaître Dieu et honorer le sien Créateur ;
441 Car celui qui a entendement peut penser entre soi
442 Qu’il ne s’est pas formé ni les autres aussi ;
443 De ceci peut connaître celui qui a sens et raison
414 Que c’est un Seigneur Dieu lequel a formé le monde;
445 Et, reconnaissant lui, moult le devons honorer
446 Car ceux furent damnés qui ne le voulurent faire.
447 Mais la seconde loi, que Dieu donna à Moyse,
648 Nous enseigne à conserver Dieu et servir lui fortement,
449 Car il condamne et punit tout homme qui l’offense.
450 Mais la troisième loi, laquelle est ores au temps présent
451 Nous enseigne aimer Dieu de bon cœur et servir purement
4 52 Car Dieu attend le pécheur et lui donne délai
453 Afin qu’il puisse faire pénitence en la vie présente.
454 Autre. loi d’ici en avant ne devons plus avoir,
455 Sinon ensuivre Jésus-Christ, et faire le sien bon plaisir,
456 Et garder fermement ce qu’il a commandé,
457 Et être très-avisés quand viendra l’Antéchrist,
458 Afin que nous ne croyions ni à son fait ni à son dit
459 Car, selon l’Écriture, sont maintenant faits plusieurs Antéchrist.
460 Car Antéchrist sont tous ceux qui contrastent à Christ.
461 Plusieurs signes et grandes démonstrations
462 Seront dès ce temps jusqu’au jour du jugement
463 Le ciel et la terre brûleront, et mourront tous les vivants
461 Puis ressusciteront tous en vie permanente
465 Et seront aplanis tous les édifices.
466 Alors sera fait le dernier jugement
467 Dieu séparera le sien peuple, selon ce qui est écrit
468 Aux méchants il dira: « Séparez-vous de moi,
469 Allez au feu éternel qui jamais n’aura fin ;
470 Par trois grièves conditions serez presses là
471 Par multitude de peines et par âpre tourment,
472 Et parce que serez damnés sans faute. »
473 De quoi nous garde Dieu par le sien plaisir
474 Et donne ouir ce qu’il dira aux siens avant qu’il soit guère
475 Disant : « Venez-vous-en avec moi, bénis du mien Père,
476 Et possédez le règne apprêté à vous du commencement du monde
477 Auquel vous aurez plaisir, richesses et honneurs. »
478 Plaise à ce Seigneur qui forma tout le monde,
479 Que nous soyons des élus pour être dans sa cour!

 

À Dieu grâces, Amen