Dernières persécutions en Suisse mentionnées dans le Miroir des martyrs


SEPT CENTS PERSONNES OPPRIMÉES ET PERSÉCUTÉES À BERNE

En l’an 16711, une persécution sévère éclata de nouveau contre les anabaptistes dans le canton de Berne ; cette persécution fut si rigoureuse et si prolongée qu’il semblait que les autorités ne cesseraient pas avant d’avoir complètement chassé ce peuple de leur canton ou de l’avoir exterminé. Il en résulta qu’environ sept cents personnes, petites et grandes, se virent contraintes de quitter leur demeure, d’abandonner leurs biens et, pour beaucoup d’entre elles, leurs proches, ainsi que leur patrie terrestre, et de gagner le Palatinat avec les autres, dans l’espoir que le Seigneur ferait en sorte qu’elles puissent y trouver un lieu de résidence.

Nous avons été témoins oculaires de ce qui se passa à leur arrivée en ce lieu, et nous avons visité un à un les lieux où ils s’étaient rendus pour chercher demeure.

Cependant, comme nous avions reçu, juste avant de nous rendre là-bas, de la part des persécutés eux-mêmes, ainsi que d’autres personnes qui écrivaient en leur nom en s’appuyant sur leurs dires, plusieurs lettres qui décrivent clairement les circonstances et les conditions de cette persécution, telles que nous les avions entendues de leur propre bouche, nous avons jugé opportun de les reproduire ici, afin que le lecteur chrétien, en les lisant, puisse s’imaginer qu’il entend le récit, non pas de témoins oculaires ou auditifs, mais des personnes mêmes qui ont subi ladite persécution. En voici la teneur :

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EXTRAIT DE LA PREMIÈRE LETTRE, DATÉE DU 7 AVRIL 1671, EN PROVENANCE D’OBERSÜLZEN2

Quant à la demande de nos amis concernant la situation de nos frères suisses dans le canton de Berne, le fait est qu’ils se trouvent dans une situation très triste, comme nous l’avons appris de la bouche des fugitifs qui sont arrivés ici, dont certains se trouvent encore dans ma maison. 

Ils rapportent qu’ils sont quotidiennement traqués par les gendarmes et que tous ceux qui se font prendre sont emmenés prisonniers en la ville de Berne, de sorte qu’il y a environ quatre semaines, une quarantaine d’hommes et de femmes y étaient emprisonnés. On en a également flagellé certains et plusieurs ont été bannis du pays, dont l’un est arrivé ici. 

On a également flagellé un ministre de la Parole, puis on l’a conduit hors du pays, en Bourgogne, où, à son arrivée, on l’a d’abord marqué au fer rouge, puis laissé partir dans les vallées. 

Cependant, comme il ne pouvait se faire comprendre de personne, il dut marcher pendant trois jours avec son corps brûlé avant que ses plaies ne soient soignées et qu’il obtienne un peu de secours. Il était dans un tel état que, lorsqu’on le dévêtit pour panser ses plaies, le pus coula le long de son dos, comme me l’a raconté lui-même un frère qui aida à panser sa plaie. Cet ami est arrivé en Alsace avec deux femmes et un homme, qui avaient également été flagellés et exilés. 

Ils [les dirigeants bernois] agissent avec une grande sévérité et, semble-t-il, ne renonceront pas à leur objectif tant qu’ils n’auront pas complètement banni de leur pays et exterminé ce peuple inoffensif.

Il semble en outre que rien de plus ne puisse être fait en faveur de ces frères persécutés ; car outre le fait que les amis d’Amsterdam et d’ailleurs ont travaillé pendant plusieurs années à cette cause, de sorte que plusieurs lettres de recommandation favorables des seigneurs des États de Hollande, et en particulier de la ville d’Amsterdam, ainsi que d’autres personnes de qualité, ont été envoyées aux magistrats ; par ailleurs, en l’an 1660, un messager nommé Adolf de Vreede leur a été envoyé ; cependant, il n’a guère pu agir en faveur de nos amis là-bas. Par conséquent, je ne vois pas comment nos amis pourraient actuellement faire quoi que ce soit qui puisse soulager nos frères persécutés là-bas. Il nous faudra attendre patiemment la délivrance que le Seigneur notre Dieu se plaira à leur accorder.

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EXTRAIT DE LA DEUXIÈME LETTRE D’OBERSÜLZEN, LE 23 MAI 1671

La persécution de nos amis continue avec la même rigueur qu’auparavant, si bien que nous sommes étonnés qu’ils ne se hâtent pas davantage de quitter le pays. De temps à autre, un ou deux arrivent au compte-gouttes ; mais la plupart restent encore en amont de Strasbourg, en Alsace. 

Certains vont dans les forêts couper du bois, d’autres vont sur les coteaux travailler dans les vignobles, dans l’espoir, me semble-t-il, que la tranquillité reviendra peu à peu et qu’ils pourront alors retourner plus aisément dans leurs demeures abandonnées ; mais je crains que ce jour ne vienne pas si tôt et qu’ils ne se trouvent grandement déçus dans leur espoir.

Les magistrats de Berne ont fait enchaîner six des prisonniers, parmi lesquels se trouvait un père de neuf enfants, afin de les vendre pour être galériens entre Milan et Malte ; quant à ce qu’ils comptent faire des autres prisonniers, nous ne le savons pas. L’un des prisonniers, un vieil homme d’environ quatre-vingts ans, est mort en prison. Que le Seigneur les console dans leur chagrin et les fortifie dans leur faiblesse, afin qu’ils puissent porter patiemment la croix et lutter fidèlement jusqu’à la fin pour la vérité de l’Évangile, et ainsi obtenir finalement le salut promis et la couronne de vie. Amen.

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EXTRAIT DE LA TROISIÈME LETTRE D’OBERSÜLZEN, LE 13 OCTOBRE 1671

Hendrick de Backer, ami très estimé et frère bien-aimé en Christ, je te souhaite, ainsi qu’aux tiens, grâce et paix en abondance, de la part de Dieu notre Père céleste, par notre Seigneur Jésus-Christ, en guise de salut fraternel. Amen.

Pour répondre à ta demande touchant la situation de nos frères suisses persécutés : Le 11 du mois dernier, il fut décidé lors du conseil plénier à Berne d’envoyer les prisonniers masculins jeunes et robustes aux galères, comme cela avait déjà été fait pour six d’entre eux ; quant aux âgés et aux faibles, ils veulent soit les bannir, soit les garder en emprisonnement perpétuel. 

Un certain gentilhomme de Berne, apprenant cette décision et ému de compassion, se rendit auprès des magistrats et leur demanda de bien vouloir surseoir à l’envoi des prisonniers, le temps qu’il se rende auprès de leurs frères dans la foi résidant en Alsace pour voir s’ils consentiraient à se porter garants des prisonniers et à promettre que ceux-ci, après avoir quitté le pays, n’y reviendraient pas sans autorisation.

Il obtint gain de cause. Se rendant en Alsace chez nos amis, il leur présenta l’affaire ; ceux-ci, dès qu’ils l’eurent entendue, acceptèrent sur-le-champ les conditions et promirent que, si les autorités de Berne consentaient à leur remettre les prisonniers, ils se porteraient garants d’eux et les aideraient à trouver un lieu de résidence. 

Nos amis, si je ne me trompe, firent cette promesse au gentilhomme (il s’appelait Beatus Fischer), non seulement de vive voix, mais aussi par écrit. Sur ce, il leur promit à nouveau de faire de son mieux auprès des autorités de Berne, espérant obtenir d’elles qu’elles conduisent les prisonniers jusqu’à Bâle, d’où les amis pourront les emmener avec eux. Nous sommes donc impatients de les accueillir, attendant chaque jour d’apprendre qu’ils sont arrivés en Alsace ou qu’ils viennent ici nous rejoindre.

En ce moment même, quatre frères suisses sont arrivés chez moi avec leurs femmes et leurs enfants. Ils m’ont dit que beaucoup d’autres sont en route, car la persécution et les recherches s’intensifient quotidiennement. 

Sur ce, je te recommande, avec une salutation chrétienne et fraternelle, à la garde du Très-Haut, pour ton salut éternel.

Ton ami affectueux et frère en Christ,

JAKOB EVERLING

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EXTRAIT DE LA QUATRIÈME LETTRE, DATÉE DU 2 NOVEMBRE 1671

Quant à nos amis suisses, ils arrivent désormais par ici en grands groupes, si bien que plus de deux cents personnes sont déjà arrivées, parmi lesquelles se trouvent maintes personnes âgées, aux cheveux gris, hommes et femmes, qui ont atteint soixante-dix, quatre-vingts, voire quatre-vingt-dix ans ; il y en a aussi un certain nombre qui sont infirmes et boiteux. 

Portant leurs ballots sur le dos, des enfants dans les bras, certains de bonne humeur, d’autres les larmes aux yeux, en particulier les personnes âgées et fragiles, qui, dans leur grand âge, sont désormais contraintes d’errer dans la misère et de se rendre en des pays étrangers. Beaucoup d’entre eux n’ont rien sur quoi dormir la nuit, de sorte que moi-même et d’autres personnes avec moi avons dû, depuis environ deux semaines, nous donner pour mission régulière de leur fournir un abri et d’autres choses nécessaires.

Nous nous attendons chaque jour à de nouveaux arrivants, et nous espérons que, lorsque la plupart d’entre eux auront quitté le pays, les prisonniers seront également libérés. Adieu.

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Par la suite, de plus en plus de fugitifs expulsés descendirent de Suisse vers le Palatinat, près de sept cents personnes au total, jeunes et vieux, parmi lesquelles des familles de huit, dix et même jusqu’à douze enfants, qui avaient à peine pu emporter assez pour leurs frais de voyage, comme le montre l’extrait suivant :

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EXTRAIT DE LA CINQUIÈME LETTRE PROVENANT D’OBERSÜLZEN, LE 5 JANVIER 1672

Il est arrivé dans la région en amont de Heidelberg un homme, ministre dans le Nord, ayant douze enfants, pour la plupart très jeunes, mais qui n’avait, si j’ai bien compris, emporté avec lui que quatre rixdales en argent et un cheval en très mauvais état. D’autres ont apporté avec eux un peu d’argent, mais beaucoup d’entre eux n’ont rien du tout, de sorte qu’après un examen approfondi, on a trouvé parmi deux cent quatre-vingt-deux personnes, mille quarante-six rixdales. Et dans le bailliage d’Alzey, parmi deux cent quinze personnes, six cent huit rixdales. Dans le bailliage de Dirmstein, on a compté cent quarante-quatre personnes ; mais je n’ai pas appris quels sont leurs moyens ; cependant, à en juger par les apparences, je les tiens pour étant les plus démunis. 

En somme, nous constatons que leur nombre se compose d’environ quatre-vingts familles complètes, auxquelles s’ajoutent des veuves, des personnes seules et des maris ou des femmes qui ont dû abandonner leurs conjoints, car ces derniers, étant attachés à la religion réformée, ne pouvaient se résoudre à partir. Au total, six cent quarante et une personnes, dont les fonds ne s’élèvent à rien de plus que la modeste somme déjà évoquée ; vous pouvez donc aisément concevoir qu’une aide considérable leur sera nécessaire. Par ailleurs, à ce que nous comprenons, une centaine de personnes supplémentaires séjournent en Alsace, que nous attendons également en début d’année. Adieu. 

Fin des extraits des lettres.

Par la suite, les assemblées de frères résidant dans les Provinces-Unies, en mars de la même année 1672, envoyèrent certains des leurs dans le Palatinat, lesquels, voyageant partout auprès des frères persécutés, les écoutant et les voyant, non seulement constatèrent que ce qui précède était vrai, mais aussi que certains de ces derniers étaient déjà arrivés d’Alsace, qui, n’ayant pas apporté plus de fonds que les autres, furent aidés et consolés comme les précédents, par l’aide commune des assemblées fortunées des Provinces-Unies.

De plus, ils apprirent de la bouche même de certains des quarante qui avaient été prisonniers, que ceux-ci avaient tous été libérés et, conformément à la demande du gentilhomme susmentionné, conduits à Bâle, où ils avaient été remis à leurs frères, auprès desquels ils s’étaient ensuite établis. 

Mais lorsqu’on demanda aux principaux d’entre eux pourquoi ils n’étaient pas partis plus tôt chercher des lieux où ils pourraient vivre plus librement selon leur conscience, vu que les autorités ne les empêchaient point de partir, ils donnèrent diverses raisons, dont les suivantes n’étaient pas les moindres :

1. Il semble que les assemblées s’étaient considérablement développées et multipliées, de sorte que, bien que sous la croix, elles avaient néanmoins prospéré comme une rose parmi les épines, et qu’on pouvait s’attendre à une accroissement quotidien encore plus important, car de nombreuses personnes se manifestaient, ayant vu la lumière jaillir des ténèbres, et commençaient à l’aimer et à la rechercher. 

Les ministres, considérant cela dans leur cœur, étaient réticents à quitter le pays, craignant que cette moisson prometteuse ne soit ainsi perdue et que beaucoup ne renoncent à leur bonne résolution ; c’est pourquoi ils préféraient souffrir un peu plutôt que de partir, afin de sauver encore quelques âmes de la perdition et les amener à Christ.

2. Une deuxième raison était qu’ils ne pouvaient partir si aisément vers d’autres pays, parce qu’il y avait parmi eux beaucoup de familles divisées, dont le mari ou la femme était dans l’Église, tandis que le conjoint fréquentait encore l’Église publique [réformée]. Si ce dernier ne consentait pas à suivre son conjoint persécuté en abandonnant tout pour quitter le pays, cela causait de grands tourments et beaucoup de chagrin. Il y avait même plusieurs ministres qui n’étaient pas exempts de cette difficulté. Deux ministres dont les femmes n’étaient pas dans l’Église, se trouvaient là dans le Palatinat. Ayant été secrètement avertis par un bon ami, ils avaient également dû s’enfuir nuitamment, sans savoir encore si leurs femmes les suivraient, ou si, aimant leurs biens plus que leurs maris, elles resteraient au pays et abandonneraient leurs maris. Ces situations créaient davantage de chagrin et de difficultés, d’autant plus que les autorités accordaient au conjoint resté au pays, la liberté de se remarier et de chercher un autre époux. Ces raisons, entre autres, les avaient retenus de quitter librement leur patrie terrestre et les avaient portés à attendre jusqu’à ce qu’il leur soit impossible d’y demeurer plus longtemps tout en conservant une bonne conscience.

En vérité, il est déplorable qu’à cette époque, alors que la lumière de l’Évangile a brillé depuis si longtemps parmi les protestants, on trouve encore parmi eux ceux qui jugent bon de persécuter des sujets qui sont à tous égards bons et pieux, et qui ne diffèrent d’eux que sur certains points touchant la religion chrétienne.

Ah, comme on tient si peu compte, dans une telle conduite, de l’enseignement de notre Sauveur, qui nous dit de faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils nous fassent. Et pourtant, ils [ces mêmes réformés] se plaignent des persécutions infligées à leurs coreligionnaires en France, en Hongrie et ailleurs. Mais qu’en pensez-vous, ne serait-il pas juste de leur répondre de la même manière que l’apôtre Paul répondit aux Juifs, en Romains 2:21 ? Assurément, de plein droit.

Nous concluons ce récit par cette prière sincère, à savoir que Dieu le Seigneur daigne diriger les cœurs de ceux qui détiennent l’autorité, afin que nous puissions mener sous leur gouvernement et leur domination une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. Et s’il advenait que le grand Dieu juge bon de permettre la persécution de Ses croyants ici ou là, qu’Il daigne alors demeurer auprès d’eux dans Sa sollicitude et Sa consolation paternelles, et qu’Il accorde par Sa grâce que leurs afflictions soient accompagnées de patience, leur foi de persévérance, et leurs vertus de fidélité ; tout cela pour l’honneur de Son nom, qui ne saurait être assez loué, et pour le salut de leurs âmes, par Christ notre Seigneur et Sauveur. Amen.

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HANS HASLIBACHER, EN L’AN 1571

En lien avec le récit ci-dessus des persécutions qui s’abattirent sur les frères suisses, nous estimons qu’il n’est pas hors de propos d’ajouter ce qui suit, à savoir qu’un frère âgé et pieux (communément appelé Haslibacher, car il était né à Haslibach) fut arrêté pour sa foi et emmené à Berne, où il fut traité très cruellement en prison et gravement torturé.

Mais comme il demeurait, malgré tout, fermement attaché à sa foi, il reçut peu après, un vendredi, la visite en prison de plusieurs docteurs qui discutèrent avec lui ; il se comporta avec tant de courage, défendant sa simple confession de foi, qu’ils ne purent rien obtenir de lui. Sur ce, les docteurs revinrent le lendemain, samedi, lui parlèrent plus durement et plus sévèrement, le menaçant que s’il n’abjurait pas sa foi, sa tête serait posée à ses pieds. 

Le bon vieil homme répondit courageusement qu’il n’abjurerait en aucun cas sa foi, mais qu’il s’y tiendrait fermement attaché, car il était parfaitement sûr que sa foi était si agréable à Dieu qu’Il ne l’abandonnerait point dans la détresse et la mort.

Il arriva alors, selon des témoignages dignes de foi, que dans la nuit suivante, du samedi au dimanche, il fut réconforté et fortifié par une vision divine, et exhorté à demeurer fidèlement attaché à la foi qu’il avait embrassée ; et que, même s’ils le menaçaient terriblement, au point même de le mettre à mort par l’épée, il ne devait néanmoins point en être terrifié, car le Seigneur serait à ses côtés et ne permettrait pas qu’il en ressente la moindre douleur.

Lorsque, le lundi, ces docteurs vinrent à nouveau le voir et discutèrent avec lui comme auparavant, s’efforçant de l’ébranler dans sa foi, ajoutant que s’il n’abjurait pas, il serait puni de mort le lendemain, Haslibacher répondit hardiment : « Je préfère qu’on me coupe la tête plutôt que d’apostasier ma foi. »

Sur ce, lorsque les docteurs le quittèrent, il tomba dans un profond sommeil qui dura jusqu’à minuit ; on raconte qu’il fit alors un rêve dans lequel il lui fut montré qu’ils allaient le décapiter (ce qui le réveilla brusquement), et il lui fut révélé d’une manière particulière qu’il serait puni par l’épée, mais qu’il y aurait trois signes particuliers par lesquels son innocence apparaîtrait aux yeux des hommes.3

1.  Was wend wir aber heben an, Zu singen von ein’m alten Mann,    Der war von Haßlibach, Haßlibacher ward er genannt, Aus der Kilchöri Summiswald.1.  Mais de quoi voulons-nous commencer À chanter, sinon d’un vieil homme,    Qui venait de Haslibach, On l’appelait Haslibacher, De la paroisse de Sumiswald.
2.  Da das der lieb Gott zu thät lan, Daß er wurd hart geklaget an,    Wohl um den Glauben sein, Da hat man ihn gefangen hart, Führt ihn gen Bern wohl in die Stadt.2. Quand le Dieu d’amour permit Qu’il soit durement accusé,    À cause de sa foi, Alors on le captura brutalement, Et on le mena dans la ville de Berne.
3. Und da er nun gefangen ward, Gepeinigt und gemartert hart,    Wohl um sein Glauben schon, Jedoch war er beständig g’seyn, In seiner Marter, Angst und Pein.3. Et lorsqu’il fut donc fait prisonnier, Tourmenté et durement martyrisé,    Pour sa foi assurément, Il demeura pourtant ferme et constant Dans son martyre, son angoisse et sa douleur.
4. An ein’m Freytag, thut mich verstahn, Thäten die G’lehrten zu ihm gahn,    Wohl in die G’fangenschaft, Fingen zu disputieren an, Er soll von sein’m Glauben abstahn.4. Un vendredi, comprenez-le bien, Les érudits vinrent auprès de lui,    Jusque dans sa prison ; Ils commencèrent à disputer, Exigeant qu’il renonce à sa foi.
5. Der Haßlibacher auf der Stätt Sie überdisputiret hätt,    Da sprach er bald zu ihn’n, Von mein’m Glaub’n thu ich micht abstan, Eh will ich Leib und Leben lahn.5. Haslibacher, sur-le-champ, Les surpassa dans le débat ;    Alors il leur dit aussitôt : Je ne renonce point à ma foi ; Je donnerai plutôt mon corps et ma vie.
6. Und da es nun am Samstag war, Die G’lehrten gingen aber dar,    Redten ihm heftig zu, Du mußt von deinem Glauben stahn, Oder man wird dein Haupt abschlan.6. Et lorsque vint le samedi, Les docteurs s’y rendirent encore,    Et lui parlèrent vivement : Tu dois renoncer à ta foi, Ou l’on te tranchera la tête.
7. Gar bald er ihn’n zur Antwort gab, Ich steh nicht von mein’m Glauben ab,    Ich halt ihn festiglich, Dann mein Glaub ist vor Gott so gut, Er wird mich han in Schirm und Hut.7. Aussitôt il leur répondit : Je ne renonce point à ma foi,    Je m’y tiens fermement ; Car ma foi est agréable devant Dieu, Il me gardera sous Sa protection.
8. Und wie es war am Samstag Nacht, Ein Engel Gottes kam mit Macht,    Zum Haßlibacher hin, Sprach, Gott hat mich zu dir gesendt, Zu trösten dich vor deinem End.8. Et quand vint la nuit du samedi, Un ange de Dieu vint avec puissance    Auprès de Haslibacher, Et dit : Dieu m’a envoyé vers toi, Pour te consoler avant ta fin.
9. Weiters thu ich dir zeigen an, Von deinem Glauben thu nicht stahn,    Darauf bleib steif und vest, Dein Glaub der ist vor Gott so gut, Er hält dein Seel in guter Hut.9. Je t’annonce encore ceci : Ne renonce point à ta foi ;    Demeure ferme et constant en elle. Ta foi est agréable devant Dieu, Il garde ton âme sous bonne protection.
10. Ob man dir schon wird dräuen hart, Man woll dich richten mit dem Schwerdt,    Erschrick du nicht darob, Ich will an deiner Seiten stahn, Kein Schmerzen wirst dardurch ampfahn.10. Même si l’on te menace durement, Disant qu’on veut t’exécuter par l’épée,    Ne t’en effraie point ; Je me tiendrai à tes côtés, Et tu n’en recevras aucune douleur.
11. Und da es an dem Montag war, Die G’lehrten kamen nochmal dar,    Zum Haßlibacher hin, Fingen mit ihn zu reden an, Er soll von seinem Glauben stahn.11. Et lorsque vint le lundi, Les docteurs revinrent encore    Auprès de Haslibacher ; Ils commencèrent à lui parler, Pour qu’il renonce à sa foi.
12. Wo nicht, sagten sie ohne Spott, Morgen mußt du leiden den Tod.    Der Haßlibacher sprach : Eh ich von meinem Glauben stahn, Eh laß ich mir mein Haupt abschlan.12. Sinon, dirent-ils sans détour, Demain tu devras souffrir la mort.    Le Haslibacher dit : Plutôt que de renoncer à ma foi, Je me laisserai trancher la tête.
13. Hört wie es am Montag zu Nacht, Der Haßlibacher hart entschlaft,    Bis um die Mitternacht, Da traumet ihm es seye Tag, Man wolle ihm sein Haupt abschlagn.13. Écoutez comme, dans la nuit du lundi, Haslibacher dormait profondément    Jusqu’à minuit ; Alors il rêva qu’il faisait jour, Et qu’on allait lui trancher la tête.
14. Der Haßlibacher wacht darob, Da war es bey ihm heiter Tag,    Ein Büchlein lag vor ihm, Ein Engel Gottes zu ihm sagt: Lies du was in dem Büchlein staht.14. Alors Haslibacher se réveilla, Voici, il faisait clair comme en plein jour autour de lui,    Un petit livre était posé devant lui ; Un ange de Dieu lui dit : Lis ce qui est écrit dans ce petit livre.
15. Da er das Büchlein lesen thät, Fand er daß es darinnen steht,    Man werd sein Haupt abschlan, Drey Zeichen werd Gott sehen lahn, Daß man ihme unrecht gethan.15. Quand il lut le petit livre, Il trouva qu’il y était écrit    Qu’on lui trancherait la tête ; Dieu ferait paraître trois signes, Montrant qu’on lui avait fait injustice.
16. Und da ers ausgelesen hat,  Da wurd es wieder finster Nacht,    Gar bald er wied’r entschlief, Und schlaft bis an den heitern Tag, Daß man zu ihm ihns G’fängniß kam.16. Et lorsqu’il eut fini de le lire, La nuit redevint obscure ;    Bientôt il se rendormit, Et dormit jusqu’au grand jour, Lorsque l’on vint à lui dans la prison.
17. Da wünscht man ihm ein guten Tag, Gar bald er ihn’n gedanket hat,    Darnach sagt man zu ihm, Das Göttlich Wort er hören soll. Sonst müßt er ess’n das Henkermahl.17. On lui souhaita le bonjour ; Il les en remercia aussitôt.    Puis on lui dit Qu’il devait entendre la Parole divine, Sinon il lui faudrait prendre le repas du condamné.
18. Von mein’m Glaub thu ich nicht abstahn, Das Göttlich Wort ich selber kann,    Mein Sach befehl ich Gott, Es ist mein’m Herz ein ringe Buß, Wann ich unschuldig sterben muß.18. Je ne renonce point à ma foi ; La Parole divine, je la connais moi-même.    Je remets ma cause à Dieu ; C’est pour mon cœur une peine légère  De devoir mourir innocent.
19. Ins Wirthshaus führt man ihn fürwahr, Man stellt ihm Ess’n und Trinken dar,    Dan Henker neben ihm Daß er soll in ein Grausen komm’n Und noch vom Glauben gar abstohn.19. On le mena, en vérité, dans l’auberge, On mit devant lui mets et breuvage,    Le bourreau assis près de lui, Afin qu’il soit saisi d’effroi Et renonce encore à sa foi.
20. Der Täufer sprach zum Henker gut, Nun eßt und trinkt, seyd wohl zu Muth,    Ihr werdet heutigs Tags Hinrichten mein unschultig Blut, Ist aber meiner Seelen gut.20. L’anabaptiste parla avec bonté au bourreau : Maintenant, mangez et buvez, et prenez courage.    Aujourd’hui même, Vous répandrez mon sang innocent, Mais c’est pour le bien de mon âme. 
21. Er sprach auch, Gott wird sehen lan Drey Zeichen, das thut wohl verstahn,    Die wird man sehen bald, Wann ihr mir schlaget ab mein Haupt, Springts in mein Hut und lachet laut.21. Il dit aussi : Dieu fera voir Trois signes, comprenez-le bien,    Et on les verra bientôt : Quand vous me trancherez la tête, Elle sautera dans mon chapeau et rira tout haut.
22. Das ander Zeichen wird geschehn, Das wird man an der Sonnen sehn,    Aufs dritt habt fleißig Acht, Die Sonn wird werd’n wie rothes Blut, Der Stadel-Brunn auch schwitzen Blut.22. Le deuxième signe se produira, On le verra sur le soleil.    Au troisième signe, prenez bien garde : Le soleil deviendra comme du sang rouge, Et la fontaine de la ville suintera aussi du sang.
23. Der Richter zu den Herren sagt, Auf die drey Zeichen habet Acht,    Und sehet wohl darauf, Wann nun diß alles soll geschehn, So g’schicht es eurer Seelen weh.23. Le juge dit aux seigneurs : Prenez garde aux trois signes,    Et observez-les bien ; Si tout cela devait advenir, Ce serait pour le malheur de vos âmes.
24. Und da das Mahl nun hat ein End, Man wolt ihm binden seine Händ,    Der Haßlibacher sprach : Ich bitt euch Meister Lorenz schon, Ihr wollt mich ungebunden lohn.24. Et quand le repas fut terminé, On voulut lui lier les mains,    Mais Haslibacher dit : Je vous prie, Maître Lorenz, De me laisser sans liens.
25. Ich bin gutwillig und bereit, Mein Tod mich heftig wohl erfreut,    Daß ich von hinnen soll, Aber Gott woll erbarmen sich, Die zum Tod verurtheilet mich.25. Je suis de bonne volonté et prêt, Ma mort me réjouit grandement,    Puisqu’il me faut partir d’ici ; Mais que Dieu ait pitié De ceux qui m’ont condamné à mort.
26. Da er nun auf die Richtstatt kam, Sein Hut von seinem Haupt abnahm,    Und legt ihn für die Leut, Euch bitt ich Meister Lorenz gut, Laßt mir hie liegen meinen hut.26. Lorsqu’il arriva au lieu de l’exécution, Il ôta son chapeau de sa tête    Et le posa devant le peuple. Bon Maître Lorenz, je vous prie, Laissez-moi poser mon chapeau ici.
27. Hiemit fiel er auf seine Kney, Ein Vater Unser oder zwey    Er da gebetet hat, Mein Sach ist jetzt gesetzt zu Gott, Thust jetzt nur eurem Urtheil Statt.27. Alors il tomba à genoux, Un Notre Père ou deux    Là, il pria. Ma cause est désormais remise à Dieu, Exécutez donc votre sentence.
28. Darnach man ihm sein Haupt abschlug, Da sprang es wieder in sein Hut,    Die Zeichen hat man g’seh’n, Die Sonne ward wie rothes Blut. Der Stadel-Brunn thät schwitzen Blut.28. Puis on lui trancha la tête ; Elle rebondit dans son chapeau,    On vit les signes, Le soleil devint rouge comme du sang. Et la fontaine de la ville suinta du sang.
29. Da sprach ein alter Herre gut, Des Täufers Mund lacht in dem Hut,    Da sagt ein grauer Herr, Hätt ihr den Täufer leben lahn, Es würd euch ewig wohl ergahn.29. Alors un vieux seigneur dit avec gravité : La bouche du baptiste rit dans le chapeau.    Puis un seigneur aux cheveux gris dit : Si vous aviez laissé vivre l’anabaptiste, Il en eût été bien pour vous à jamais.
30. Die Herren sprachen insgemein, Kein Täfer wir mehr richten wend,    Da sprach ein alter Herr : Wär es nach meinem Willen gahn, Den Täufer hätt man leben lahn.30. Les seigneurs dirent tous ensemble : Nous ne voulons plus condamner de baptiste ;    Alors un vieux seigneur dit : S’il en avait été selon ma volonté, On aurait laissé vivre l’anabaptiste.
31. Der Henker der sprach mit Unmuth : Heut hab ich g’richt unschuldig Blut.    Da sprach ein alter Herr, Des Täufers Mund hat g’lacht im Hut, Das bedeut Gottes Straff und Ruth.31. Le bourreau parla avec amertume : Aujourd’hui, j’ai jugé du sang innocent.    Alors un vieil homme dit : La bouche du baptiste a ri dans le chapeau ; Cela annonce le châtiment et la verge de Dieu.
32. Der uns diß Liedlein hat gemacht, Der war ums Leb’n in G’fangenschaft,    Den Sündern thät ers z’Lieb, Ein Herr ihm Federn und Tinten bracht, Er schenkt uns das zu guter Nacht.32. Celui qui nous composa ce petit chant Était emprisonné, risquant sa vie ;    Il le fit par amour pour les pécheurs. Un seigneur lui apporta plumes et encre ; Il nous l’a offert pour nous souhaiter Adieu.

NOTE : Lorsque l’édition allemande du Miroir des martyrs était sur le point d’être imprimée, un extrait fut reçu et inséré, que Hans Lötscher4 avait copié du Turm Buch5 à Berne et qui avait été conservé par Christian Kropf ; en voici la teneur :

Dans le canton de Berne, les personnes suivantes furent exécutées à cause de leur foi :

En l’an 1529 : Hans Seckler6, menuisier et chapelier, d’Aarau.

En l’an 1530 : Konrad Eicher de Steffisburg ; deux croyants de la seigneurie de Biglen ; un rétameur7 de l’Emmental ; Ulrich Schneider, de Lützelflüh ; un jeune garçon du Valais ; Högerli8, de la seigneurie d’Aarbourg.

En l’an 1536 : le 2 mai, Moritz Losenegger.

En l’an 1537 : Bernhard Wälti de Rüderswil, le 7 juillet ; Hans Schweitzer de Rüegsau, Jürg Hoffser d’Obergallbach, de la seigneurie de Signau, le 28 août, Ulrich Bichsel ; Barbeli Willer de Hasli ; Barbeli zur Studen de Sumiswald ; Catharina Friedli Imhoff ; Verena Issoli de Schüpbach, de la seigneurie de Signau ; Ulrich de Rüegsau.

En l’an 1538 : Cunas Seidenkohen de Constance, le 28 mars ; Peter Stucki, de Wimmis, le 16 avril ; Ulrich Huber de Röthenbach im Emmental, de la seigneurie de Signau ; Hans Willer, en août ; Elsbeth Kipfer de Sumiswald ; deux femmes, le 28 mai, l’une de Sumiswald, l’autre de Grosshöchstetten ; Peter Wessenmiller de Wimmis, le 17 septembre ; Steffen Rüegsegger, le 8 décembre, qui fut exécuté à Einigen ; un habitant de la seigneurie de Signau ; un habitant de Sumiswald ; Rudolph Iseli de Tannental.

En l’an 1539 : Lorenz Eberli de Grünenmatt, le 3 juin ; Hans Schumacher d’Argovie, de Wynstägen9.

En l’an 1542 : un habitant d’Oberbipp, le 1er mai ; Peter Ancken, de Siebenthal.

En l’an 1543 : Christian Oberlen, le 17 septembre ; Hans Ancken d’Amsoldingen ; Wälti Gerber10 du Streithalter, de la seigneurie de Signau.

En l’an 1571, le 20 décembre : Hans Haslibacher, de la seigneurie de Sumiswald, qui fut exécuté à Haslibach11.

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  1. Il s’agit ici d’un ajout de l’édition néerlandaise de 1685. Certains des faits évoqués ici datent donc d’un peu après la mort de l’auteur original, Thieleman van Braght, décédé en 1664. ↩︎
  2. Petite commune dans le Palatinat, à environ 27 km d’Alzey. Ces lettres n’ont peut-être pas toutes été écrites par la même personne, le seul signataire connu étant Jakob Eberling. Elles étaient vraisemblablement destinées à Hans Vlamingh, diacre de l’assemblée mennonite d’Amsterdam (mennonite flamand zoniste pour être précis). — NDLT ↩︎
  3. Comme il est fait mention de trois signes, qui ne sont toutefois pas détaillés, mais qui figurent dans une hymne (la dernière du Gesangbuch der Taufgesinnten), nous insérons ici, afin de compléter le récit, cette hymne dans son intégralité. Nous ajouterons toutefois que ni cette hymne ni la liste des martyrs suisses, copiée par Hans Lötscher, qui le suit, ne figuraient dans les éditions néerlandaises du Miroir des martyrs, mais furent ajoutées par la suite dans les éditions allemandes. L’hymne, qui ne figure que partiellement en allemand, est ici donnée dans son intégralité. — Note des éditeurs de la version anglaise.
    Gesangbuch der Taufgesinnten: Recueil de cantiques des anabaptistes, plus connu sous le nom “Ausbund”. Ce cantique fut imprimé séparément à de nombreuses reprises en Europe. Il fut relié avec un Ausbund paru au milieu des années 1660, sans toutefois en faire partie (Wolkan, p. 154). En dehors de cela, il ne figure dans aucune édition européenne de l’Ausbund, mais apparaît dans la première édition américaine de 1742, sous le titre « Das 140. Lied » (cantique 140), ainsi que dans chacune des éditions américaines suivantes. — NDLT ↩︎
  4. Hans Lötscher (souvent orthographié Lörsch ou Latschar dans les archives de Pennsylvanie) n’était pas un historien, mais lui-même un prisonnier. Il était pasteur dans le Simmental et fut emprisonné le 26 septembre 1667 à l’orphelinat bernois (qui servait de prison). Pendant sa détention, avant d’être condamné aux galères, il réussit à accéder au « livre de la tour » (registre officiel de la Commission anabaptiste). Il copia secrètement les noms de 40 martyrs exécutés à Berne entre 1529 et 1571. Cette liste fut sortie clandestinement de la prison. Elle fut ensuite apportée en Pennsylvanie et, lorsque le Miroir des martyrs fut traduit en allemand au cloître d’Ephrata en 1748, on ajouta cette liste dans la marge. Hans Lötscher passa 4 ans en prison et 2 ans sur les galères, après quoi il mourut, vers l’an 1673. — NDLT ↩︎
  5. Le Turm Buch, le « livre de la tour » fait référence au registre de la Täuferkammer (la commission anabaptiste) ou aux registres pénitentiaires conservés aux archives de l’État de Berne. Ces livres étaient appelés « livres de la tour » car ils consignaient les noms, les interrogatoires et les condamnations des personnes détenues dans les différentes tours des remparts de la ville (comme la Käfigturm) ou à l’orphelinat (Waisenhaus). — NDLT ↩︎
  6. Hans Seckler (également connu sous le nom de Hans Hansmann, maroquinier) fut torturé puis noyé à Berne le 8 juillet 1529, avec Hans Dreier (Treyer) et Heini Seiler. Ils furent les premières victimes de la persécution des anabaptistes à Berne. — NDLT ↩︎
  7. Moritz Kessler, mis à mort en 1535. — NDLT ↩︎
  8. Mis à mort en l’an 1532 ou 1535. — NDLT ↩︎
  9. « Wynstägen » désigne un lieu ou une ferme spécifique, souvent orthographié Wünistern ou Wüni- dans les documents anciens, situé à Safenwil, une commune du district de Zofingen dans le canton d’Argovie, en Suisse. — NDLT ↩︎
  10. Wälti Gerber, de Röthenbach im Emmental, aurait été exécuté le 30 juillet 1566. — NDLT ↩︎
  11. Hans Haslibacher – Le dernier nom sur la liste. Décapité le 20 octobre 1571 et non le 20 décembre. Hans Haslibacher fut exécuté à Berne et non à Haslibach. Après 1571, les autorités bernoises changèrent de tactique, passant de l’exécution à l’emprisonnement à perpétuité, aux amendes lourdes et au bannissement (y compris vers les galères) 
    Ici se termine l’ajout de l’édition allemande. — NDLT
    ↩︎

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