De l’Église catholique et autres Églises de l’antéchrist

Voici quelques lignes, notez qu’il ne s’agit que d’une seule phrase (c’est lourd hein?), écrites par Menno Simons, pasteur anabaptiste au XVIe siècle. Il était auparavant prêtre dans l’Église catholique, mais voyant l’erreur de celle-ci, et convaincu qu’il ne pourrait pas la réformer, il se joignit aux anabaptistes, qui plus tard furent appelés par son nom : mennonites. Il s’attaque ici aux grands maux de l’Église catholique, qui était souvent décrite comme l’Église de l’Antéchrist par les anabaptistes de cette époque.

« Là où le baptême est pratiqué sans l’ordre et la Parole du Christ, comme il est de coutume chez ceux qui non seulement baptisent sans la foi, mais aussi sans raison et sans conscience; là où le pouvoir et la représentation du baptême, à savoir, la mort au péché, la vie nouvelle, la circoncision du cœur, etc., sont non seulement ignorés, mais aussi méprisés par ceux de l’âge mûr; et où le pain et le vin sont distribués à l’avare, à l’arrogant et à l’impénitent; où le salut est recherché dans de simples principes, des mots et des cérémonies, et où la vie est dirigée contrairement à l’amour parfait, c’est là l’Église de l’antéchrist. »
(Complete works of Menno Simons, cité sur le blog de Bob Goodnough, flatlanderfaith.wordpress.com)

« Petits enfants, c’est ici la dernière heure; et comme vous avez entendu dire que l’antéchrist vient, il y a dès maintenant plusieurs antéchrists; par où nous connaissons que c’est la dernière heure. Ils sont sortis d’entre nous, mais ils n’étaient pas des nôtres; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous; mais c’est afin qu’il fût manifesté que tous ne sont pas des nôtres.
Pour vous, vous avez reçu l’onction de la part du Saint, et vous connaissez toutes choses. Je vous ai écrit, non que vous ne connaissiez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez, et parce que nul mensonge ne vient de la vérité. Qui est menteur, si ce n’est celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. » (1 Jean 2.18-22)

Dieu nous aime trop pour nous jeter en enfer… ?

Cette phrase, ou des affirmations similaires, sont monnaie courante aujourd’hui.
Cela est tellement faux qu’il me semble incroyable qu’on puisse croire une chose pareille, mais le Malin est tellement rusé qu’il est capable de prendre l’apparence d’un ange de lumière et de nous dérouter complètement. À nous de sonder nos cœurs pour connaître le chemin de Dieu. Tout ce qui vient de Dieu sera confirmé par la Bible. Mais ce qui vient du diable ne peut tenir lorsque nous nous soumettons entièrement à Dieu, lui demandant de nous diriger par son Esprit et par sa Parole. J’ai quelques pensées au sujet de la justice de Dieu, j’espère que je saurai les exposer assez clairement afin qu’elles puissent servir à semer une semence de vérité dans le cœur de chacun, croyant comme non-croyant.

Luke Troyer, mon instructeur de classes doctrinales et bibliques au Kentucky, m’a un jour raconté la triste fin d’un frère de notre Église. Celui-ci, d’un âge avancé, mais encore sain d’esprit, passa les dernières semaines de sa vie alité, dans un hôpital. Je crois qu’il était atteint d’un cancer.
Son décès fut malheureusement beaucoup plus dramatique que celui de la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, qui rendent l’âme sereinement. Lorsqu’on lui apprit qu’il n’avait aucune chance de s’en tirer, il commença à laisser libre cours à son désespoir, sa haine et ses remords. Il passa les derniers jours de sa vie à tordre les draps de son lit, à chercher à les déchirer avec ses dents, et à demander de l’eau. Il était tellement dérangé qu’on ne pouvait même pas lui faire boire l’eau d’un verre : il fallait imbiber la pointe du drap dans l’eau, puis lui tendre le drap, sur lequel il se ruait aussitôt. Bref, il mourut d’en d’affreuses souffrance, troublé, loin de la paix que Dieu donne aux siens, même sur le bûcher ou sur l’échafaud.
Après son décès, en le fouillant, on trouva sur lui un carnet contenant la liste des frères auxquels il n’avait pas pardonné leur offense (avec des indications sur la nature des griefs). S’il ne leur avait pas pardonné leurs péchés, parfois bien petits et involontaires, comment Dieu pouvait-il lui pardonner?
Que dit la Bible? (Matthieu 6.12) « Pardonne-nous nos péchés, comme aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». (Luc 17.3) « Prenez garde à vous. Si ton frère t’a offensé, reprends-le; et s’il se repent, pardonne-lui. » il est clair que Dieu, bien qu’il nous aime d’un amour que nous ne pouvons pas commencer à comprendre, hait le péché à tel point qu’il ne peut pardonner à un pécheur qui ne pardonne pas à un autre pécheur. Bien-sûr, si ce pécheur veut pardonner, mais n’en a simplement pas la force, Dieu est fidèle pour lui donner la grâce de pardonner.

Je veux profiter de cette occasion pour rappeler qu’en aucun cas nous ne prétendons que tous ceux qui font partie de Dieu en Christ seront sauvés au Jugement Dernier. Malheureusement, toutes les Églises du monde ont des membres qui ne sont pas sincères, qui suivent la tradition parce que leurs amis et leur famille le font. Je crois que la majorité de ceux-ci ont vu la beauté de la vie chrétienne, et sont probablement nés de nouveau, mais ont perdu le premier amour qu’ils avaient pour Christ et l’Église, devenant dès lors comme l’Église de Laodicée dans l’Apocalypse. Il est clair que Dieu peut rejeter les âmes de ceux qui ne l’ont pas aimé lorsque la fin du monde viendra. Il est très dangereux d’enseigner qu’il n’y aura pas de punition pour ceux qui n’ont pas obéi. On peut prêcher beaucoup au sujet de l’amour de Jésus, qui est le message majeur de sa vie, mais si l’on nie ou si l’on passe sous silence qu’il vint pour nous sauver du péché et de l’enfer, le pouvoir de notre prédication s’en trouvera vite affaibli.

J’aimerais encore partager un extrait d’un article que j’ai lu récemment dans un livre dévotionnel :

Psaume 96.10 « Dites parmi les nations: L’Éternel règne; aussi le monde est ferme et ne chancelle point; il jugera les peuples avec équité. »
« Jésus ne prit aucun détour lorsqu’il dit ceci : «Mais je vous montrerai qui vous devez craindre; craignez celui qui, après avoir ôté la vie, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne; oui, je vous le dis, c’est celui-là que vous devez craindre. » (Luc 12.5). Les pensées graves concernant la mort et l’enfer peuvent grandement nous aider à considérer la vie sous un angle différent. Cependant, certains théologiens et pasteurs minimisent ces réalités.
Il y a plusieurs années, un pasteur se fit dévaliser par un ancien employé. L’homme fut arrêté et condamné à une longue peine d’emprisonnement. Pensant qu’il toucherait la conscience du condamné, le pasteur lui demanda : « Comment pouvais-tu être vil au point de voler ton bon vieux patron? »
La réponse le laissa complètement bouche bée : « C’est vous-même qui m’avez tenté de commettre une telle offense contre la loi », lui dit-il, « Je vous ai souvent entendu dire, en public comme face-à-face, que tous les hommes vivront le bonheur absolu après la mort, et qu’il n’existe rien de tel que l’enfer ou que la punition éternelle dans le monde à venir. Puisque vous avez écarté ma plus grande crainte, pourquoi devrais-je craindre une peine bien moindre? »

« Du reste, mon fils, prends garde à ces choses. À faire beaucoup de livres, il n’y a point de fin, et tant d’étude n’est que fatigue pour le corps. Écoutons la conclusion de tout ce discours: Crains Dieu, et garde ses commandements; car c’est là le tout de l’homme. Car Dieu fera venir toute œuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. »
(Ecclésiastes 12.14-16)

Le glaive de l’anabaptiste

Récemment, je me suis intéressé aux œuvres de Ruben Saillens (1855-1942), pasteur Français ayant écrit plusieurs ouvrages en français et en anglais. Grâce à sa maîtrise de l’anglais (rare à son époque), il traduisit les paroles de bon nombre de chants, dont 53 chants qui se trouvent aujourd’hui dans le recueil célébrons Dieu, que mon assemblée au Québec utilise.

Lisez aussi un article similaire sur Témoin anabaptiste.

Ruben Saillens était très intrigué par les anabaptistes, avec lesquels les baptistes partageaient une longue histoire commune. Il relate dans l’un de ses ouvrages sa rencontre avec un anabaptiste en Suisse. Il nous transmet aussi quelques récits datant de plusieurs siècles qui illustrent bien l’esprit de non-résistance qui les animait. Saillens lui-même remarqua que c’était là la différence majeure entre les anabaptistes et les baptistes ou les protestants.

Voici l’un des récits qu’il rapporte dans l’Ami de la Maison :

« Le dogme principal des anabaptistes, celui qui les distingue de toutes les autres sectes religieuses du continent européen (la Société des Amis, ou Quakers, étant surtout anglo-saxonne), c’est le principe de la non-résistance. Eux-mêmes s’appellent les Chrétiens sans défense ; ils refusent de porter des armes, même pour résister aux voleurs de grand chemin ; ils ne sont, par conséquent, ni soldats, ni gendarmes, ni gardes-champêtres ; ils prennent à la lettre l’ordre de Jésus-Christ : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre ». Ils ont l’héroïsme de la paix. Cette secte a vécu dans les pays du monde les plus batailleurs, et dans les époques les plus agitées, recevant des coups de tous les belligérants et n’en rendant jamais aucun ; foulée aux pieds par toutes les armées, comme l’herbe des champs sous le pas des chevaux, qui se redresse pour repousser ensuite drue et vivace comme auparavant.
Sur toutes les questions fondamentales : – foi dans la Bible et dans le Sauveur ressuscité – les anabaptistes ressemblent aux autres chrétiens évangéliques.
J’avais beaucoup entendu parler de ces anabaptistes, sans en avoir jamais vu un seul. J’avais lu sur leur compte des anecdotes très intéressantes ; celle-ci entre autres :
Un jour, pendant la guerre de Trente-Ans, en Allemagne, un parti de fourrageurs s’arrête devant la porte d’un anabaptiste :
« Eh ! Bonhomme, dit le chef de l’escouade, montre-nous un champ de trèfle où nous pourrons faire du fourrage pour les chevaux du détachement !
– Volontiers, répondit le vieillard, suivez-moi, Messieurs. »
Il conduit les soldats le long d’un chemin au bord duquel s’étalaient des champs superbes : « Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin, mon vieux, dit l’officier ; voici du foin qui fera très bien notre affaire. »
Mais l’anabaptiste continua de marcher : « Faites-moi le plaisir, dit-il d’un air presque suppliant, d’avancer encore un peu ; je vous montrerai un champ où vous aurez de l’herbe en suffisance. »
L’officier, supposant que le bonhomme voulait leur offrir ce qu’il y avait de mieux dans le pays en fait de fourrage, continue à le suivre. On arrive enfin à une pièce de terre assez grande, mais où le trèfle n’était pas meilleur ni plus beau que celui qu’on avait passé :
« Voilà, Messieurs, prenez-en à votre aise !
– Mais pourquoi donc, cria l’officier en colère, nous avoir menés si loin, puisque tu ne nous donnes rien de mieux que ce que nous aurions pu récolter bien avant ?
– Je vais vous dire, répondit l’excellent homme. Les champs que nous avons vus sont ceux de mes voisins, celui-ci est le mien. Puisqu’il faut que quelqu’un soit dépouillé, j’aime mieux que ce soit moi. »
L’officier fut surpris de cette naïveté sublime, de cet héroïsme si simple, mais si supérieur au sien !
Aimez-vous ce genre de grandeur d’âme ? Ces anecdotes-là vous reposent-elles un peu des hauts faits guerriers, de l’odeur de sang et de poudre qui se dégage des annales de l’humanité civilisée ? » (L’Ami de la maison, juillet 1895)

Si un homme te frappe sur une joue, présente aussi l’autre

Voici un autre récit au sujet de la non-résistance anabaptiste.
Attention : je ne relate pas ces histoires par vantardise. Je veux seulement démontrer que la non-résistance, que je considère être un principe biblique, peut apporter beaucoup de bénédictions, même sur cette terre. Mais ce n’est pas à cause des bénédictions terrestres que je soutiens que nous devons pratiquer la non-résistance, mais par obéissance à la Parole de Dieu, qui enseigne que le royaume de Dieu n’est pas sur cette terre et que nous devrions tendre l’autre joue lorsqu’on nous frappe sur l’une. Tuer un homme, ou même récriminer lorsque l’on cherche à nous faire le mal, ne concorde pas avec les principes de l’amour enseignés par Jésus.

Je rends maintenant la parole à Ruben Saillens:

 Écoutez encore ce petit trait ; il est amusant et véridique :
Un anabaptiste et sa femme dormaient en paix dans leur cabane au bord de la route, lorsqu’une bande de jeunes gens, revenant de festoyer du village voisin, vinrent à passer.
« Tiens, voilà la maison de Chose, le vieil anabaptiste… Si nous lui jouions un bon tour ? dit l’un d’eux.
– Oui, mais lequel ?
– J’ai une idée, cria le boute-en-train de la troupe. Nous allons lui démolir son toit, sans le réveiller, si c’est possible. Il aura ainsi le plaisir de dormir à la belle étoile sans le savoir. »Voyez-vous leur épatement, au matin, en ne voyant plus de toit sur leur tête ? (Je ne garantis pas le mot : épatement ; il est d’invention récente ; mais les vauriens de tous temps ont eu un argot à eux.)
L’idée fut aussitôt approuvée, et voilà nos jeunes gens montés sur le chaume, qu’ils ôtent gerbe à gerbe, silencieusement, avec des rires étouffés…
Mais le bonhomme ne dormait que d’un œil. Il s’éveille en plein, entend un peu de bruit, lève la tête, voit les étoiles briller par un large trou au-dessus de lui. Il entend des voix qui chuchotent ; il a compris…
« Femme, dit-il à sa moitié endormie près de lui, lève-toi promptement et prépare du café. »
La femme obéit, et tous deux sont lestement habillés. Puis, l’anabaptiste ouvre sa porte et crie aux jeunes gens :
« Mes amis, vous faites un travail fatigant. Quand vous aurez fini, j’espère que vous voudrez bien nous faire le plaisir d’entrer et de boire un peu de café chaud, cela vous reposera. »
Le tonnerre tombant au milieu d’eux n’aurait pas produit plus d’effarement dans la troupe que l’apparition et le simple langage du bonhomme.
Tous nos jeunes gens, penauds, descendirent du toit sans dire mot, et pressés par le chrétien et sa femme, entrèrent chez lui.
Le café était prêt ; on le but. Le vieillard adressa à ses jeunes hôtes quelques paroles chrétiennes et affectueuses ; plusieurs furent touchés. Enfin, le boute-en-train s’écria :
« Tout ça, mes amis, c’est très bien Mais maintenant que nous avons découvert le toit, il faut le remettre en place. »
Ainsi fut fait. Quelques gerbes de paille neuve remplacèrent le chaume pourri, et la cabane se porta mieux… « Douceur fait plus que violence ».
Mais aurai-je le temps de vous raconter ma visite à la ferme de l’anabaptiste ? Mes histoires ont pris toute la place, et me voilà forcé d’écrire ici, comme pour un roman-feuilleton, la formule consacrée : « la suite au prochain numéro ». »
(L’Ami de la maison, juillet 1895)

Les effets de la télévision

La télévision

Le Monde dans votre foyer

« N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde… » (1 Jean 2 :15)

Parmi les divertissements de ce siècle, la télévision a l’une des influences les plus néfastes. Ce loisir endort doucement le monde moralement et spirituellement. Les forces sinistres du mal ont envahi le salon d’innombrables foyers grâce à cet instrument. Des scènes répugnantes de débauche et de crime ont pris pied au sein du foyer. Ce danger est à prendre bien plus au sérieux que les maux plus apparents qui nous entourent, parce qu’il est permis dans le foyer et que les parents en approuvent.

La majorité des parents n’ont jamais pensé à emmener leurs enfants dans une boîte de nuit, ou dans tout autre endroit de plaisirs obscènes ou de divertissements discutables. Cependant, ces mêmes vices sont étalés devant les yeux des jeunes comme des adultes sur cet écran dans nos foyers. Satan a gagné une formidable victoire! A-t-on jamais trouvé un outil comparable pour complètement détruire les jeunes de tant de nations? C’est un fait établi que ce qui passe par la porte de l’œil crée une vive impression. Le menu habituel de la télévision inclut des scènes de braquage, de bagarres, de meurtres, de beuverie, de tabagisme, de danse et montre des images d’hommes et de femmes en tenue très légère. En vérité, les vies morales et spirituelles de nombreuses personnes sont en danger. On nourrit quotidiennement des millions de personnes de crime brutal et de violence, et peu sont ceux qui ont la force morale de résister à ce régime, parrainé par des hommes impies. De nombreux téléspectateurs concèdent qu’il y a beaucoup de mauvais aspects à la télévision, mais ils cherchent à justifier sa présence chez eux par les bonnes choses que l’on peut voir à la télévision : les services religieux, les émissions éducatives, les documentaires, l’actualité, la météo et la bourse. Ils ont l’intention de changer de canal lorsqu’une publicité ou une émission discutable se présente, mais trop souvent ils n’en font pas l’effort le moment venu. Beaucoup de notre précieux temps est gaspillé devant la télé. La Bible nous met en garde contre une telle perte de temps quand il est écrit : « Prenez donc garde à vous conduire avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des personnes sages; Rachetez le temps; car les jours sont mauvais. » (Éphésiens 5 :15, 16)

Des enfants innocents suivent l’exemple laissé par leurs parents. Ignorant le danger, un grand nombre de parents permettent à la télévision, dont l’influence reste mal appréciée aujourd’hui, de prendre une place proéminente dans leur foyer. Elle devient un service de garde d’enfants permettant de libérer les parents lorsqu’un autre loisir les appelle. La crainte et l’horreur que nous voyons à la télévision n’est pas ce que nous voulons pour nos foyers; il faudrait plutôt enseigner la crainte de Dieu et le respect.

Nombreux sont les juges, magistrats et éducateurs qui ont émis des signaux d’alarme au sujet des ravages de la télévision. Les enfants sont tellement absorbés par l’univers fantastique de la télé, que certaines écoles offrent des classes de maternelle ayant pour but d’aider l’enfant à comprendre le monde réel.

Les émissions télévisées deviennent de plus en plus dégénérées. La vie en famille se dégrade. On fait passer des scènes de divorce, d’adultère et d’avortement pour des choses anodines. Les antennes paraboliques permettent de capter les films obscènes et la pornographie d’autres pays. Les magnétoscopes permettent d’enregistrer les scènes honteuses diffusées en notre absence afin de pouvoir les jouer à un moment plus propice; ou encore on peut visionner des vidéos obscènes. Il y a aussi les émissions de sports vingt-quatre heures sur vingt-quatre qui permettent à notre esprit de ne pas penser à la réalité.

Tous les parents croyants devraient aider à sonner cette alarme! Satan s’est infiltré dans nos foyers sous les traits de la télévision. Où sont passées les conversations paisibles et intimes si essentielles à l’unité familiale et au bien-être? Où sont passés les temps de prières ou les soirées d’inspiration où père, mère, fils et fille se plaisaient à chanter ensemble? Pour certains, ces temps-là sont oubliés depuis des générations. Au lieu de cela, on dérobe les les meilleures et les plus nobles bénédictions de la vie au monde, pour le nourrir de ce que ce siècle froid nous offre : des cosses vides. Tout ce sensationnel, ce bataclan, cette ordure, ne vous satisfera jamais, et ne pourra pas compenser ce que vous avez déjà perdu : une vie paisible dans un foyer où Dieu prend la première place. Il serait très difficile pour un foyer abritant une télévision ou tout appareil similaire de maintenir un environnement favorable à une vie chrétienne pure et vertueuse : les choses qui sont vraies, honnêtes, justes, pures, aimables, etc. (Philippiens 4 :8)

Nous vivons dans les derniers temps. Le jugement de Dieu s’abattra bientôt sur cette race cherchant le plaisir. Parce que le péché et l’iniquité abondent, l’amour des hommes devient froid (Matthieu 24 :12). Lorsque le jour de grâce prendra fin, il n’y aura plus aucun remède, nul ne pourra plus s’amender. Il vaut mieux vivre sans téléviseur que de s’attirer la colère de Dieu et un jour devoir répondre de nos enfants auxquels nous avons manqué d’enseigner le droit chemin. « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » (Matthieu 6 :24). « Instruis le jeune enfant selon la voie qu’il doit suivre; lors même qu’il sera devenu vieux, il ne s’en éloignera point. » (Proverbes 22 :6)

En lisant ces dérangeantes et affreuses vérités, ne sentons nous pas en nos cœurs une invitation aux choses meilleures et à un bonheur plus parfait? « C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et vous séparez, dit le Seigneur, et ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous recevrai » (2 Corinthiens 6 :17). Le plan de Dieu pour que trouvions la joie nous entraîne loin de la corruption qui prévaut dans la société d’aujourd’hui et nous attire près de Lui, où nous trouverons la satisfaction de l’âme. La vraie joie de vivre ne vient pas de l’excitation ou de l’assouvissement momentané, mais plutôt en ayant le trésor durable de la paix d’esprit et de cœur. Répondons à l’invitation de Dieu en nous détachant de tout ce qui détruit et qui corrompt. Tenons fermement à ce qui apporte les vraies valeurs, l’amour et le bonheur dans nos cœurs ainsi que dans nos foyers.

La noble leçon

Nous avons essayé de mettre à jour l’ancienne langue dans laquelle était écrit ce poème occitan en le comparant avec une version plus récente. Nous n’avons pas toujours réussi à garder les rimes, mais nous espérons que le sens est raisonnablement clair. Une autre traduction est disponible ici.

Le poème dit au vers 6 qu’il y a déjà 1100 ans depuis que l’apôtre Jean a dit que c’était les derniers temps, citant 1 Jean 2.8. Cela placerait le moment de l’écriture de La noble leçon dans la dernière partie du 12e siècle.

Mais certains érudits optent pour une date ultérieure, aux alentours de 1400. Leur raison principale semble être que ce n’est qu’en 1184 que Pierre Valdo a été excommunié par l’Église catholique romaine. Ils considèrent cela comme le début du mouvement vaudois.

Pourtant, la foi vaudoise existait avant Pierre Valdo. Il est probable que les vaudois doivent leur nom aux vallées alpines où ils ont été les plus actifs. Il est fort probable que Pierre Valdo lui-même tire son nom de la région. Dans sa profession de foi de 1180, il se nomme Valdesius, probablement du latin vallis densa. Ce serait une description des vallées alpines du Dauphiné (et de la région voisine du Piémont en Italie). Cette région se situe juste à l’est de Lyon. Nous avons notamment une confession de foi vaudoise, qui date de bien avant Valdo et le Miroir des Martyrs ou encore Jean-Paul Perrin citent de nombreuses sources qui attestent de la présences d’anabaptistes dans les vallées alpines depuis au moins l’an 800 et, selon les vaudois eux-mêmes, vers l’an 330 après Jésus-Christ, du temps du pape Sylvestre, qui accepta d’être corrompu par les largesses matérielles impériales, causant le rejet de plusieurs chrétiens sincères, dont les donatistes et ceux qui seraient plus tard appelées, vaudois ou léonistes, ainsi que les bogomiles. Ceux-ci furent alors forcés de trouver refuge dans les lieux reculés de l’empire ou de souffrir la persécution et parfois le martyre.

Valdesius est le seul nom que nous ayons de sa propre main. Il ne semble pas qu’il ait jamais utilisé le prénom Pierre, mais que cela ait été ajouté par d’autres un siècle ou deux plus tard. Valdo semble une version plus moderne de son nom, il s’appelait probablement Vaudès dans la langue franco-provençale de son époque.

1 Ô frères, écoutez une noble leçon :
2 Souvent devons veiller et être en oraison
3 Car nous voyons ce monde être près de son terme
4 Moult soigneux devrions être de bonnes œuvres faire
5 Car nous voyons ce monde de la fin approcher.
6 Bien a mille et cent ans accomplis entièrement
7 Que fut écrite l’heure que nous sommes au dernier temps
8 Peu nous devrions convoiter, car nous sommes au reste.
9 Chaque jour voyons les signes venir à accomplissement
10 Accroissement de mal et diminution de bien.
11 Ceci sont les périls que l’Écriture dit :
12 L’Évangile ceci raconte, et saint Paul aussi
13 Que nul homme qui vive ne peut savoir sa fin
14 Pour cela devons plus jamais craindre, car nous ne sommes certains
15 Si la mort nous prendra ou aujourd’hui ou demain
16 Mais quand viendra Jésus au jour du jugement
17 Un chacun recevra pour entier paiement,
18 Et ceux qui auront fait mal et qui auront fait bien.
19 Mais l’Écriture dit, et nous croire cela devons
20 Que tous hommes du monde par deux chemins tiendront
21 Les bons iront en gloire et les méchants au tourment.
22 Mais celui qui ne croira en ce partage –
23 Qu’il regarde l’Écriture du fin commencement
24 Depuis qu’Adam fut formé jusqu’au temps présent
25 Là pourra trouver, s’il aura entendement,
26 Que peu sont les sauvés, à voir le restant.
27 Mais chacune personne, laquelle veut bien opérer,
28 Le nom de Dieu le Père doit être au commencer,
29 Et appeler en aide le sien glorieux Fils cher,
30 Fils de sainte Marie,
31 Et le Saint-Esprit, afin qu’il nous donne bonne voie.
32 Ces trois, la sainte Trinité,
33 Comme un Dieu doivent être priés
34 Plein de toute sagesse et de toute puissance et de toute bonté.
35 Celui-ci devons souvent prier et requérir
36 Que nous donne force encontre l’ennemi,
37 Que nous le puissions vaincre devant la notre fin,
38 C’est-à-dire le monde et le diable et la chair,
39 Et nous donne sagesse accompagnée de bonté,
40 Que nous puissions connaître la voie de vérité,
41 Et garder pure l’âme que Dieu nous a donnée,
42 L’âme et le corps en voie de charité,
43 Ainsi que nous aimons la sainte Trinité
44 Et le prochain, car Dieu cela a commandé
45 Non seulement celui qui nous fait bien, mais celui qui nous fait mal,
46 Et avoir ferme espérance au Roi céleste
47 Que à la fin nous auberge au sien glorieux hôtel
48 Mais celui qui ne fera ce qui se contient en cette leçon
49 N’entrera en la sainte maison.
50 Mais cela est de grief (difficile) tenir à la méchante gent
51 Lesquels aiment trop l’or et l’argent,
52 Et ont les promesses de Dieu en mépris,
53 Et qui ne gardent la loi et les commandements
54 Ni la laissent garder à aucune bonne gent,
55 Mais selon leur pouvoir, y font empêchement.
56 Et pourquoi est ce mal entre humaine gent.

57 Parce que Adam pécha du fin commencement,
58 Car il mangea de la pomme outre défense,
59 Et aux autres germa le grain de mauvaise semence
60 Et acquit à soi mort et aux autres successeurs.
61 Bien pouvons dire que là eut mauvais morceau

62 Mais Christ a racheté les bons par la sienne passion,
63 Mais pour cela nous trouvons en cette leçon
64 Que Adam fut mécréant à Dieu le sien créateur
65 De ceci pouvons voir que maintenant sont faits pires,
66 Vu qu’ils abandonnent Dieu le Père tout-puissant,
67 Et croient aux idoles à leur détriment
68 Ce que défend la loi qui fut du commencement,
69 Loi de nature s’appelle, commune à toute gent,
70 Laquelle Dieu plaça au cœur de son premier formé
71 De pouvoir faire mal on bien lui donna franchise :
72 Le mal lui a défendu, le bien lui a commandé :
73 Ceci pouvez vous bien voir qu’il a été mal gardé,
71 Vu que avons laissé le bien, et le mal avons opéré,
75 Comme fit Caïn, le premier fils d’Adam,
76 Qui occit son frère Abel sans aucune raison,
77 Mais parce qu’il était bon
78 Et avait sa foi au Seigneur et non à créature
79 Ainsi pouvons prendre exemple de la loi de nature
80 Laquelle avons corrompue, passé avons la mesure
81 Péché avons au Créateur et offensé à la créature.
82 Noble loi était celle, laquelle Dieu nous donna,
83 Au cœur d’un chacun homme écrite la posa,
84 Afin qu’il l’eût et gardât et enseignât droiture,
85 Aimât Dieu en son cœur sur toute créature
86 Et craignît et servît, n’y posât mesure,
87 Vu que n’est trouvé en la sainte Écriture
88 Gardât ferme le mariage, ce noble pacte;
89 Eût paix avec les frères et aimât toute autre gent,
90 Haït orgueil et aimât humilité,
91 Et fît aux autres comme voudrait être fait à soi;
92 Et s’il faisait le contraire, qu’il en fût puni.
93 Peu furent ceux qui la loi bien gardèrent,
91 Et nombreux furent ceux qui la loi transgressèrent
95 Et le Seigneur abandonnèrent, ne donnant à lui honneur,
96 Mais crurent au démon et à la sienne tentation :
97 Beaucoup  aimèrent le monde, et peu le paradis
98 Et servirent au corps beaucoup plus qu’à l’esprit ;
99 Pour cela nous trouvons que plusieurs en sont péris.
100 Ainsi se peut reprendre tout homme qui dit
101 Que Dieu ne fit les gens pour laisser eux périr ;
102 Mais garde soi un chacun afin que n’arrive comme à eux,
103 Que le déluge vînt et détruisît les félons.
101 Mais Dieu fit faire arche en laquelle il enferma les bons
105 Tant fut augmenté le mal et le bien diminué
106 Qu’en tout le monde ne se trouve sinon huit sauvés:
107 Grand exemple pouvons prendre en cette sentence
108 Que nous nous gardions de mal et fassions pénitence.
109 Vu que Jésus-Christ a dit, et en saint Lue est écrit,
110 Que tous ceux qui ne la feront périront tous;
111 Mais ceux qui échappèrent, Dieu leur fit promesse
112 Que jamais en eau ne périra le monde,
113 Ceux-là s’augmentèrent et furent multipliés ;
114 Du bien que Dieu leur fit peu furent mémoratifs                                                                                                                                                  

115Mais eurent tant peu de foi et tant grande peur,
116 Qu’ils ne crurent bien au dit de leur Seigneur,
117 Mais craignaient que les eaux noyassent encore le monde
118 Et dirent de faire tour pour réduire soi là,
119 Et bien la commencèrent selon ce qui est écrit,
120 Et disaient de faire elle et si large et si haute et si grande
121 Qu’elle parvînt jusqu’au ciel, mais ne purent faire autant,
122 Vu qu’elle déplut à Dieu, et leur en fit mine.

123 Babylone avait nom cette grande cité,
124 Et maintenant est dite confusion pour la sienne méchanceté.
125 Alors était un langage entre toute la gent,
126 Mais afin qu’ils ne s’entendissent Dieu fit dispersion,
127 Afin qu’ils ne fissent la tour qu’ils avaient commencée.
128 Les langages furent par tout le monde répandus.
129 Après péchèrent grièvement, abandonnant la loi, c’est à dire la loi de nature,
130 Comme se peut prouver par la sainte Écriture
131 Vu que cinq cités périrent, lesquelles faisaient le mal
132 En feu et en soufre Dieu les condamna
133 Il détruisit les félons et les bons délivra
134 Ce fut Loth et ceux de son hôtel que l’ange en tira
135 Quatre furent par nombre, mais l’un se condamna,
136 Ce fut la femme parce qu’elle regarda contre défense.
137 Ici a grand exemple à toute humaine gent
138 Qu’ils se doivent garder de ce que Dieu défend.
139 En ce temps fut Abraham, homme plaisant à Dieu,
140 Et engendra un patriarche dont furent les Juifs
141 Noble gent furent ceux-là en la crainte de Dieu
142 En Égypte habitèrent entre autre méchante gent
143 Là furent opprimés et contraints par longtemps,
144 Et crièrent au Seigneur, et il leur transmit Moyse,
145 Et délivra son peuple et détruisit l’autre Sent :
146 Par la mer Rouge passèrent, comme par belle issue;
147 Mais les ennemis d’eux, lesquels les poursuivaient, y périrent tous.
148 Plusieurs autres signes Dieu au sien peuple fit;
119 Il les nourrit quarante ans au désert, et leur donna la loi
150 En deux tables de pierre la transmit par Moyse :
151 Et trouvèrent là y écrite et ordonnée noblement.
152 Un seigneur démontre être à toute gent,
153 Et celui-là dussent croire et aimer de tout leur coeur,
154 Et craindre et servir jusqu’au jour de la fin
155 Et un chacun aimât le prochain comme soi
156 Conseillassent les veuves, et les orphelins soutenir,
157 Aubergeassent les pauvres, et les nus revêtir,
158 Nourrissent les affamés et les errants dirigeassent,
159 Et la loi de lui très-fort dussent garder;
160 Et aux gardants promit le règne céleste.
161 Le service des idoles leur mit en défense,
162 Homicides, adultères et toute fornication,
163 Mentir et parjurer et fausse promesse
164 Usure et rapine et mauvaise convoitise,
165 Ensuite avarice et toute félonie;
166 Aux bons promit vie, et les méchants tuait.
167 Alors était justice en la sienne seigneurie,
168 Car ceux qui transgressaient et faisaient méchamment
169 Étaient tués et détruits sans pardon ;
170 Mais l’Écriture dit, et beaucoup est manifeste,
171 Que trente mille furent les restés au désert,
172 Trente mille et plus, selon que dit la loi,
173 lis furent tués de glaives, de feu et de serpents,
171 Et plusieurs autres périrent de l’extermination,
175 La terre se divisa, et les reçut l’enfer.
176 Ainsi nous nous pouvons reprendre de notre grand assoupissement.
177 Mais ceux qui firent bien le plaisir du Seigneur
178 Héritèrent la terre de promission.
179 Beaucoup fut de noble gent en cette façon,
180 Comme fut David et le roi Salomon,
181 Isaïe, Jérémie et beaucoup autres hommes,
182 Lesquels combattaient pour la loi et faisaient défense,
183 Un peuple était à Dieu choisi de tout le monde :
181 Les ennemis qui les poursuivaient étaient plusieurs d’entour;
185 Grand exemple pouvons prendre en cette leçon :
186 Quand ils gardaient la loi et les commandements,
187 Dieu combattait pour eux encontre l’autre gent;
188 Mais quand ils péchaient et faisaient méchamment,
189 Ils étaient tués et détruits et pris de l’autre gent ;
190 Tant fut égaré le peuple et plein de grande richesse
191 Qu’il va détourner les pas encontre son Seigneur;
192 C’est pourquoi nous trouvons en cette leçon
193 Que le roi de Babylone les mit en sa prison:
191 Là furent. opprimés et sous contrainte par longtemps
195 Et crièrent au Seigneur avec le coeur repentant :
196 C’est pourquoi les ramena en Jérusalem,
197 Peu furent les obéissants qui gardèrent la loi
198 Et eussent la crainte d’offenser le leur roi ;
199 Mais y eut quelque gent pleins de si grande fausseté
200 Ce furent les pharisiens et les autres écrivains;
201 Qu’ils gardassent la loi beaucoup était d’apparence
202 Afin que la gent cela vissent, pour être plus honorés
203 Mais peu vaut cet honneur qui bientôt vient à chute

204 Ils persécutaient les saints et les justes et les bons ;
205 Avec pleurs et avec gémissement priaient le Seigneur
206 Qu’il descendit en terre pour sauver ce monde,
207 Car tout l’humain lignage allait à perdition.
208 Alors Dieu transmit l’ange à une noble demoiselle le lignage de roi;
209 Noblement la salue, car cela appartenait à elle
210 Ensuite lui dit : « Ne crains, Marie,
211 Car le Saint-Esprit est en ta compagnie
212 De toi naîtra fils que appelleras Jésus ;
213 Il sauvera son peuple de ce qu’il a offensé. »
214 Neuf mois le porta au sien ventre la vierge glorieuse,
215 Mais afin qu’elle ne fût pas reprise, de Joseph fut épouse
216 Pauvre était notre Dame et Joseph aussi ;
217 Mais cela devons croire, car l’Évangile le dit
218 Qu’en la crèche le posèrent quand fut né l’enfant,
219 De langes l’enveloppèrent, pauvrement fut aubergé
220 Ici se peuvent reprendre les convoiteux et les avares
221 Qui d’amasser or ne se veulent cesser:
222 Plusieurs miracles furent, quand fut né le Seigneur,
223 Car Dieu envoya l’ange annoncer aux pâtres,
224 Et en Orient apparut une étoile aux trois barons ;
225 Gloire fut donnée à Dieu au ciel, et en terre paix aux bons
226 Mais avant un peu souffrit persécution
227 Mais l’enfant croissait par grâce et par âge
228 Et en sagesse divine en laquelle il était enseigné
229 Et appela douze apôtres lesquels sont bien nommés

230 Et voulut changer la loi qu’auparavant avait donnée
231 Il ne la changea pas, vu qu’elle fut abandonnée,
232 Mais la renouvela, vu qu’elle fut mal gardée.
233 Et reçut le baptême pour donner salut
234 Et dit aux apôtres que baptisassent la gent;
235 Car alors aussi commençait le renouvellement.
236 Bien défend la loi vieille forniquer et adultérer,
237 Mais la nouvelle reprend voir et convoiter :
238 La loi vieille octroie de rompre le mariage,
239 Et que carte de répudiation se dut donner ;
240 Mais la nouvelle dit de ne pas prendre la laissée,
241 Et que personne ne sépare ce que Dieu a joint
242 La loi vieille maudit le ventre qui fruit n’a pas porté,
243 Mais la nouvelle conseille garder virginité
244 La loi vieille défend seulement parjurer,
245 Mais la nouvelle dit à l’avenir non jurer,
246 Et que plus de oui ou de non ne soit en ton parler :
247 La loi vieille commande combattre les ennemis et rendre mal pour mal;
248 Mais la nouvelle dit : «Ne te veuille venger,
249 Mais laisse la vengeance au Roi céleste,
250 Et laisse vivre en paix ceux qui te feront mal,
251 Et trouveras pardon du Roi céleste. »
252 La loi vieille dit : « Aime les tiens amis, et auras en haine les ennemis. »
253 Mais la nouvelle dit : « Ne feras plus ainsi,
251 Mais aimez les vôtres ennemis et faites bien à ceux lesquels haïront vous,
255 Et priez pour les persécutants et les accusants vous. »
256 La loi vieille commande punir les malfaisants ;
257 Mais la nouvelle dit: « Pardonne à toute gent,
258 Et trouveras pardon du Père tout-puissant
259 Car si tu ne pardonnes, non auras sauvement. »
260 Aucun ne doit occire ni haïr aucune gent
261 Pas même ni simple ni pauvre ne devons mépriser,
262 Ni tenir vil l’étranger qui vient d’autre pays,
263 Car en ce monde nous sommes tous pèlerins:
264 Mais parce que nous sommes tous frères, devons tous Dieu servir.
265 C’est la loi nouvelle que Jésus-Christ a dit que nous devons garder

266 Et appela les siens apôtres et fit à eux commandement
267 Que allassent par le monde et enseignassent la gent,
268 Juifs et Grecs prêchassent et toute humaine gent
269 Et donna à eux pouvoir sur les serpents,
270 Chassassent les demons et guérissent les infirmes,
271 Ressuscitassent les morts et purifiassent les lépreux
272 Et fissent aux autres comme il avait fait à eux
273 D’or ni &argent ne fussent possédant,
271 Mais avec vie et vêtement se tinssent contents
275 Aimassent soi entre eux et eussent bonne paix :
276 Ainsi donc leur promit le règne céleste,
277 Et à ceux qui tiendront pauvreté spirituelle ;
278 Mais qui saurait quels sont, ils seraient tôt nombrés,
279 Qui veulent être pauvres par propre volonté.
280 De ce qui était à venir il leur va annoncer,
281 Comme il devait mourir et puis ressusciter,
282 Et leur dit les signes et les démonstrations
283 Lesquels devaient venir avant la fin
284 Plusieurs belles paraboles dit à eux et à la gent
285 Lesquelles furent écrites au Nouveau Testament.
286 Mais, si Christ voulons aimer et suivre sa doctrine,
287 Nous convient à veiller et lire l’Écriture.
288 Là nous pourrons trouver, quand nous aurons lu,
289 Que seulement pour faire bien Christ fut persécuté
290 Il ressuscitait les morts par divine vertu,
291 Et faisait voir les aveugles qui jamais n’avaient vu
292 Il purifiait les lépreux et les sourds faisait ouïr,
293 Et chassait les démons, faisant toutes vertus;
294 Et quand il faisait plus de bien, plus était persécuté
295 C’étaient les pharisiens qui le poursuivaient
296 Et ceux du roi Hérode et l’autre gent du clergé
297 Car ils avaient envie parce que la gent le suivait
298 Et parce que la gent croyait en lui et en les siens commandements
299 Pensèrent lui occire et faire la trahison
300 Et parlèrent à Juda, et tirent avec lui convention
301 Que s’il le leur livrait, il aurait trente pièces d’argent,
302 Et Judas fut convoiteux et fit la tradition,
303 Et livra son Seigneur entre la méchante gent.
301 Les Juifs furent ceux qui le crucifièrent;
305 Les pieds et les mains fortement lui clouèrent,
306 Et couronne d’épines en la tête lui posèrent ;
307 Disant à lui plusieurs reproches ils le blasphémèrent
308 Il dit qu’il avait soif, de fiel et de vinaigre l’abreuvèrent.
309 Tant furent les tourments amers et douloureux
310 Que l’âme partit du corps pour sauver les pécheurs.
311 Le corps resta là pendu haut en la croix
312 Au milieu de deux larrons.
313 Quatre plaies lui firent sans les autres coups,
314 Puis lui firent la cinquième pour faire le complément
315 Car un des cavaliers vint et lui ouvrit le côté ;
316 Alors sortit sang et eau ensemble mêlé.
317 Tous les apôtres fuirent, mais un y retourna,
318 Et était là avec les Maries debout près la croix.
319 Grande douleur avaient tous, mais notre Dame plus grande
320 Quand elle voyait son Fils mort, nu, en souffrance sur la croix.
321 Des bons fut enseveli, et gardé des félons ;
322 Et tira les siens d’enfer et ressuscita au troisième jour,
323 Et apparut aux siens comme il avait dit à eux.
321 Alors eurent grande joie quand ils virent le Seigneur,
325 Et furent confortés, car auparavant avaient grand peur,
326 Et demeura avec eux jusqu’au jour de l’ascension.
327 Alors monta en gloire le notre Sauveur,
328 Et dit à les siens apôtres et aux autres enseignants
329 Que jusqu’à la fin du monde serait toujours avec eux.
330 Mais quand vint à Pentecôte, se ressouvint d’eux,
331 Et leur transmit le Saint-Esprit, lequel est consolateur
332 Et enseigna les apôtres par divine doctrine,
333 Et surent les langages et la sainte Écriture.

334 Alors leur souvint de ce qu’il avait dit,
335 Sans crainte parlaient de la doctrine de Christ
336 Juifs et Grecs prêchaient, faisant plusieurs miracles,
337 Et les croyants baptisaient au nom de Jésus-Christ.
338 Alors fut fait un peuple de nouveaux convertis:
339 Chrétiens furent nommés, parce qu’ils croyaient en Christ.
340 Mais cela trouvons que l’Écriture dit,
311 Très-fort les poursuivaient Juifs et Sarrasins
312 Mais tant furent forts les apôtres en la crainte du Seigneur,
313 Et les hommes et les femmes qui étaient avec eux
344 Que pour eux ne laissaient ni leurs faits ni leurs dits,
345 Tant que plusieurs en occirent comme ils avaient Jésus-Christ
316 Grands furent les tourments selon ce qui est écrit,
347 Seulement parce qu’ils démontraient la voie de Jésus-Christ;
348 Mais lesquels les poursuivaient ne leur était de tant mal crainte,
349 Car ils n’avaient la foi de notre Seigneur Jésus-Christ,
350 Comme de ceux qui cherchent ores accusation et qui persécutent tant,
351 Que chrétiens doivent être, mais mal en font semblant,
352 Mais en cela se peuvent reprendre ceux qui persécutent et conforter les bons;
353 Car ne se trouve en Écriture sainte ni par raison
354 Que les saints persécutassent aucun ni missent en prison
355 Mais après les apôtres furent quelques docteurs
356 Lesquels montraient la voie de Christ, le notre Sauveur.
357 Mais encore s’en trouve quelques uns au temps présent,
358 Lesquels sont manifestes à très-peu de la gent,
359 La voie de Jésus-Christ très-fort voudraient montrer,
360 Mais tant sont persécutés qu’à peine le peuvent faire

361 Tant sont les faux chrétiens aveuglés par erreur,
362 Et beaucoup plus que les autres ceux qui doivent être pasteurs,
363 Vu qu’ils persécutent et tuent ceux qui sont meilleurs
364 Et laissent en paix les faux et les trompeurs !
365 Mais en cela se peut connaître qu’ils ne sont bons pasteurs,
366 Car ils n’aiment les brebis sinon pour la toison
367 Mais l’Écriture dit, et nous le pouvons voir,
368 Que si y en a quelqu’un bon qui aime et craigne Jésus-Christ, 
369 Qui ne veuille maudire ni jurer ni mentir, 
370 Ni adultérer ni occire ni prendre de autrui, 
371 Ni venger soi de les siens ennemis, 
372 Ils disent qu’il est Vaudois (aussi un terme pour « sorcier »!) et digne de punir
,
373 Et lui trouvent accusation en mensonge et tromperie.
374 Ainsi ils pourraient ôter ce qu’il a de son juste chagrin
375 Mais fortement se conforte celui qui souffre pour l’amour du Seigneur;
376 Car le royaume du ciel lui sera apprêté au partir de ce monde
377 Alors aura grande gloire s’il a en déshonneur
378 Mais en cela est manifeste la méchanceté d’eux
379 Vu que qui veut maudire et mentir et jurer,
380 Prêter à usure et occire et adultérer,
381 Et venger soi de ceux qui lui font mal,
382 Ils disent qu’il est prud’homme, et loyal homme renommé
383 Mais à la fin se garde qu’il ne soit trompé :
384 Quand le mal le presse tant qu’a peine peut parler,
385 Il demande le prêtre et se veut confesser;
386 Mais, selon l’Écriture, il a trop tardé, laquelle dit
387 « Sain et vif te confesse et n’attends à la fin. »
388 Le prêtre lui demande s’il a aucun péché
389 Deux mots ou trois répond et tôt a dépêché.
390 Bien lui dit le prêtre qu’il ne peut être absous,
391 S’il ne rend tout l’autrui et amende les siens torts.
392 Mais quand il entend ceci il a grand pensement,
393 Et pense entre soi que, s’il rend entièrement,
391 Quoi restera aux siens enfants, et que dira la gent
395 Et commande aux siens enfants, qu’ils amendent les siens torts,
396 Et fait pacte avec le prêtre afin qu’il puisse être absous:
397 S’il a cent livres de l’autrui ou encore deux cents,
398 Le prêtre l’acquitte pour cent sols ou encore pour moins
399 Et lui fait réprimande et lui promet pardon ;
400 Qu’il fasse dire messe pour lui et pour les siens pères,
401 Et leur promet pardon soit à juste, ou soit à félon ;
402 En conséquence lui pose la main sur la tête
403 Quand il lui donne plus, lui fait plus grande fête,
404 Et lui fait entendement qu’il est moult bien absous
405 Mais mal sont indemnisés ceux de qui il a eu les torts.
406 Mais il sera trompé en telle absolution ;
407 Et celui qui le fait croire y pèche mortellement.
408 Mais j’ose le dire, car se trouve en vrai,
409 Que tous les papes qui furent de Sylvestre
(NDE: le premier Pape, du temps de Constantin = début de l’église romaine) 
jusqu’à celui-ci
410 Et tous les cardinaux, et tous les évêques, et tous les abbés,
411 Tout ceux-là ensemble n’ont tant de pouvoir
412 Qu’ils puissent pardonner un seul péché mortel.
413 Seulement Dieu pardonne, vu qu’autre ne le peut faire.

414 Mais ceci doivent faire ceux qui sont pasteurs:
415 Prêcher doivent le peuple et être en oraison,
416 Et paître eux souvent de divine doctrine,
417 Et châtier les péchants, donnant à eux discipline,
418 C’est vrai avertissement qu’ils aient repentance ;
419 Purement se confessent sans aucun manquement,
420 Et qu’ils fassent pénitence, en la vie présente,
421 De jeûner, faire aumônes et prier avec cœur bouillant
422 Car par ces choses trouve l’âme sauvement
423 De nous mauvais chrétiens lesquels avons péché
421 La loi de Jésus-Christ avons abandonné,
425 Car n’avons crainte ni foi ni charité
426 Repentir nous convient et n’y devons tarder
427 Avec pleurs et avec repentance nous convient amender
428 L’offense que avons faite par trois péchés mortels,
429 Par convoitise d’œil, et par plaisir de chair,
430 Et par orgueil de vie par quoi nous avons fait les maux
431 Car par cette voie nous devons suivre et tenir,
432 Si nous voulons aimer et suivre Jésus-Christ
433 Pauvreté spirituelle de coeur devons tenir,
431 Et aimer chasteté et Dieu humblement servir
435 Alors suivrions la voie du Seigneur Jésus-Christ,
436 Et aurions la victoire de les notres ennemis.
437 Brièvement est raconté en cette leçon
438 De les trois lois que Dieu donna au monde.
439 La première loi démontre à qui a sens et raison,
440 C’est à connaître Dieu et honorer le sien Créateur ;
441 Car celui qui a entendement peut penser entre soi
442 Qu’il ne s’est pas formé ni les autres aussi ;
443 De ceci peut connaître celui qui a sens et raison
414 Que c’est un Seigneur Dieu lequel a formé le monde;
445 Et, reconnaissant lui, moult le devons honorer
446 Car ceux furent damnés qui ne le voulurent faire.
447 Mais la seconde loi, que Dieu donna à Moyse,
448 Nous enseigne à conserver Dieu et servir lui fortement,
449 Car il condamne et punit tout homme qui l’offense.
450 Mais la troisième loi, laquelle est ores au temps présent
451 Nous enseigne aimer Dieu de bon cœur et servir purement
4 52 Car Dieu attend le pécheur et lui donne délai
453 Afin qu’il puisse faire pénitence en la vie présente.
454 Autre. loi d’ici en avant ne devons plus avoir,
455 Sinon ensuivre Jésus-Christ, et faire le sien bon plaisir,
456 Et garder fermement ce qu’il a commandé,
457 Et être très-avisés quand viendra l’Antéchrist,
458 Afin que nous ne croyions ni à son fait ni à son dit
459 Car, selon l’Écriture, sont maintenant faits plusieurs Antéchrist.
460 Car Antéchrist sont tous ceux qui contrastent à Christ.
461 Plusieurs signes et grandes démonstrations
462 Seront dès ce temps jusqu’au jour du jugement
463 Le ciel et la terre brûleront, et mourront tous les vivants
461 Puis ressusciteront tous en vie permanente
465 Et seront aplanis tous les édifices.
466 Alors sera fait le dernier jugement
467 Dieu séparera le sien peuple, selon ce qui est écrit
468 Aux méchants il dira: « Séparez-vous de moi,
469 Allez au feu éternel qui jamais n’aura fin ;
470 Par trois grièves conditions serez presses là
471 Par multitude de peines et par âpre tourment,
472 Et parce que serez damnés sans faute. »
473 De quoi nous garde Dieu par le sien plaisir
474 Et donne ouïr ce qu’il dira aux siens avant qu’il soit guère
475 Disant : « Venez-vous-en avec moi, bénis du mien Père,
476 Et possédez le règne apprêté à vous du commencement du monde
477 Auquel vous aurez plaisir, richesses et honneurs. »
478 Plaise à ce Seigneur qui forma tout le monde,
479 Que nous soyons des élus pour être dans sa cour!

À Dieu grâces, Amen