La résurrection des morts

Survol de l’article

  • La mort n’est pas encore l’état définitif. Selon Holdeman, ni les justes ni les injustes ne reçoivent immédiatement après leur mort la plénitude de leur récompense ou de leur châtiment. Tous attendent la résurrection et le jugement final.
  • Le séjour des morts n’est pas la géhenne. Holdeman distingue soigneusement le hadès, demeure provisoire des morts, de la géhenne, châtiment final après la résurrection. Le riche de Luc 16 souffre déjà dans le séjour des morts, mais il n’est pas encore dans l’étang de feu.
  • Les justes morts sont conscients et au repos auprès de Dieu. Holdeman ne défend donc pas un « sommeil de l’âme ». Les saints jouissent déjà de la paix, mais leur pleine gloire attend encore la résurrection du corps.
  • Tous ressusciteront au dernier jour, justes comme injustes. Holdeman rejette expressément l’idée d’un intervalle de mille ans entre deux résurrections. Il admet tout au plus que les justes puissent précéder les injustes d’un instant.
  • Le corps ressuscité sera véritablement transformé. Le corps corruptible ne reviendra pas simplement dans son ancienne condition : Dieu donnera à chacun un corps spirituel, incorruptible et glorifié, semblable au corps glorieux de Jésus-Christ.
  • La résurrection possède aussi une dimension présente. La puissance qui ressuscitera les corps au dernier jour est déjà à l’œuvre aujourd’hui lorsqu’elle fait passer le croyant de la mort spirituelle à une vie nouvelle en Christ.
  • La conclusion de Holdeman est profondément pratique. La doctrine de la résurrection n’est pas pour lui une simple spéculation sur l’avenir : elle appelle chacun à examiner sa vie, à marcher dans la justice de Christ et à se préparer au jour où tous comparaîtront devant Dieu.

Article (traduction de l’anglais, lui-même traduit de l’allemand, donc il peut y avoir des formulations peu naturelles ou des erreurs qui s’y sont glissées) :

La résurrection des morts sera l’un des plus grands miracles de Dieu. Je suis profondément ému lorsque je pense que j’écris au sujet de cet important article. J’implore sincèrement l’aide du Seigneur pour cette grande tâche. Que Dieu me vienne en aide !

Dans un article précédent, j’ai brièvement parlé de la mort ; je traiterai maintenant de l’état intermédiaire entre la mort et la résurrection. Beaucoup de personnes croient qu’à sa mort, l’homme entre immédiatement soit dans la gloire éternelle, soit dans le châtiment éternel. Je ne vois pas pourquoi une résurrection des morts serait nécessaire si l’homme recevait sa récompense éternelle au moment de sa mort. J’accorde que le récit de l’homme riche semble appuyer cette opinion, mais je crains que peu de gens ne le comprennent correctement. Il me semble que cet homme riche éprouvait, dans l’état intermédiaire, des tourments semblables à ceux de la géhenne. Certaines personnes sont déjà tourmentées de façon presque insupportable dans leur conscience ; c’est un avant-goût de la géhenne, mais non la géhenne elle-même.

Le mot grec hadès (ᾅδης) est employé en Luc 16:23 pour désigner le lieu où se trouvait l’homme riche. Ce mot, hadès (ᾅδης), désigne la demeure des esprits des défunts et, parfois, le tombeau ; mais il désigne rarement le lieu du châtiment éternel, c’est-à-dire la géhenne elle-même, surtout dans le Nouveau Testament. En Matthieu 5:22 ; 18:9 ; 23:15, ainsi qu’en Marc 9:43, 45, 47, le mot grec géhenna (γέεννα, géhenne) désigne le lieu où les condamnés sont tourmentés après la résurrection des morts. Le mot hadès (ᾅδης) est employé en Matthieu 11:23, mais son sens y est quelque peu difficile à déterminer.

L’homme riche n’était pas dans la géhenne, mais dans le séjour des morts ; il n’avait pas encore été ressuscité. Le mot hadès doit donc être compris ici dans son sens général : l’homme riche était arrivé dans la demeure des morts, et sa conscience lui causait une douleur si intense qu’elle ressemblait aux tourments du feu lorsqu’il vit Lazare dans le sein d’Abraham. Il est évident que cela se passait avant la résurrection, puisque l’homme riche désirait que ses frères soient sauvés afin qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourment. Au jour du jugement, il serait inutile de faire sortir des hommes de la géhenne pour les y rejeter ensuite. Je crois donc que l’homme riche ne se trouvait pas réellement dans l’étang de feu, mais plutôt dans le séjour des morts, la demeure des esprits des défunts.

Jean vit les morts se tenir devant Dieu. Il vit la mer, la mort et le séjour des morts rendre leurs morts à la résurrection. La mort, qui retient les corps des morts dans la mer et dans les tombeaux, et le séjour des morts, qui est la demeure des esprits des défunts, rendirent tous leurs morts. Chaque corps fut réuni à l’âme qui l’avait quitté lors de la résurrection ; puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu, qui est la demeure finale des perdus. Aucune autre interprétation n’est confirmée par les Écritures. Si ces personnes avaient déjà reçu leur récompense et leur jugement, pourquoi serait-il question d’un autre jugement ?

Les Écritures enseignent que la demeure des esprits des méchants est une prison, où ils sont réservés jusqu’au jour du jugement. Sans doute en est-il là, dans une certaine mesure, comme ici-bas : beaucoup de personnes ont ici-bas la conscience accablée, tandis que d’autres entretiennent l’espérance d’être sauvées. Elles meurent dans cet état, et celles qui espéraient être sauvées demeurent dans cette illusion jusqu’au jour du jugement. Quant à celles dont la conscience était tourmentée, elles n’en souffriront pas moins dans le séjour des morts ; elles éprouveront dans leur prison de grandes souffrances de conscience et redouteront terriblement le jour du jugement.

Jésus dit :

« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Mt 7:21-23.)

Le Seigneur avertit fidèlement Ses disciples contre de tels faux prophètes, qui venaient vêtus de peaux de brebis, mais produisaient de mauvais fruits. Il dit que nous les reconnaîtrions à leurs fruits. Si beaucoup de ceux qui demeurent longtemps dans le séjour des morts pensaient avoir servi le Seigneur durant leur vie, il est évident qu’ils ne subissaient pas encore les douleurs de la géhenne avant la résurrection des morts ; autrement, ils n’auraient pas cru qu’ils seraient sauvés à cause de leurs œuvres. S’ils avaient été jetés dans la géhenne après leur mort, ils auraient su qu’ils étaient des ouvriers d’iniquité.

Il est trop évident pour être réfuté que le Sauveur parle aussi de personnes mortes longtemps avant le jugement, car tout le contexte de Son enseignement le montre. Lisez Luc 13:23-28. Ce passage prouve que le Sauveur parle de personnes qui vivaient au temps où Il enseignait, puisqu’Il dit notamment qu’elles se trouveraient dehors.

J’ai donc clairement démontré qu’un grand nombre de personnes ne seront pas jetées dans le châtiment éternel avant la résurrection des morts. Croire que Dieu jetterait certaines personnes dans la géhenne immédiatement après leur mort, mais non les autres, reviendrait à attribuer de la partialité à Dieu. J’ai montré qu’il s’agit ici d’une question de conscience : lorsque la conscience condamne, il en résulte du tourment ; mais lorsqu’elle acquitte, il peut régner une fausse paix. Cela prouve que la conscience n’est pas un guide sûr.

Quant aux justes, je crois qu’ils vont dans un lieu de repos, comme Jésus le dit au malfaiteur repentant : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23:43). Les justes ne vont pas dans la demeure des âmes des méchants ; Dieu recueille leurs esprits auprès de Lui, ils vivent pour Lui et se reposent de leurs travaux. Cependant, ils ne recevront la plénitude de leur récompense et de leur joie qu’à la résurrection des morts.

Les âmes des justes reposent sous l’autel jusqu’au jour du jugement :

« Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix forte, en disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ? Une robe blanche fut donnée à chacun d’eux ; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. » (Ap 6:9-11.)

Cela prouve que ces saints martyrs n’avaient pas encore reçu leur pleine récompense après leur mort. Quoiqu’ils fussent au repos, ils n’étaient pas encore dans la gloire parfaite de Dieu. Tout ce que Paul dit au sujet d’être auprès du Seigneur, ainsi que de son désir de partir, ne contredit nullement ces déclarations. Ces âmes étaient auprès du Seigneur ; elles jouissaient du repos et de la paix et étaient délivrées de toutes les douleurs de ce monde. Paul pouvait donc parler comme il le faisait.

J’ai montré que ces âmes sous l’autel n’avaient pas encore reçu leur pleine récompense. Croire que Paul et d’autres avaient obtenu la plénitude de leur gloire avant la résurrection des morts reviendrait à croire que Dieu possède deux demeures différentes pour Ses saints défunts. Cela ne peut être démontré.

Nous avons parlé de la mort et de l’état des défunts. Nous voulons maintenant décrire la résurrection des morts. La résurrection signifie que la vie est communiquée de nouveau. En hiver, une grande partie de la nature semble morte ; mais au printemps, tout ce qui possède la vie reparaît et se renouvelle. Le morne hiver cède bientôt la place au bel été, avec sa croissance et ses fruits. Les oiseaux chantent, les arbres fleurissent, l’herbe pousse, les fruits se développent, puis vient enfin le temps de récolter ces merveilleux fruits. Quelle heureuse saison ! Mais tout ce que nous offre la nature ne suffit pas à révéler la grande gloire de la résurrection des justes.

La gloire de Dieu s’est révélée dans la résurrection de Son Fils, qui est devenu les prémices de ceux qui sont morts. Rien ne prouve qu’avant la résurrection de Christ un être humain ait jamais été ressuscité pour une vie immortelle. Des personnes avaient bien été ramenées de la mort à la vie, mais seulement à une vie mortelle ; elles demeuraient donc sujettes à la mort. Christ, en revanche, ressuscita glorifié, monta au ciel et vit éternellement auprès du Père. Il est « le premier-né des morts » (Ap 1:5).

Ceux qui furent rendus à la vie avant la résurrection de Christ le furent également par la même puissance et la même gloire de Dieu qui ressuscitèrent Jésus-Christ. Ils constituaient une figure et une preuve de la résurrection ; car si Dieu n’avait pas décrété que Jésus-Christ ressusciterait, personne n’aurait été ramené d’entre les morts et il n’y aurait pas de résurrection.

Paul dit :

« Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement. » (1 Co 15:21-23.)

Cette résurrection aura lieu à la fin du monde, car c’est alors que le Seigneur viendra.

« Voici, je vous dis un mystère : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera, et les morts ressusciteront incorruptibles, et nous, nous serons changés. » (1 Co 15:51-52.)

« Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur : nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. » (1 Th 4:15-17.)[i]

Tous les chrétiens qui seront encore en vie à la venue du Seigneur seront changés et rendus semblables à Son corps glorieux, tout comme les chrétiens qui seront morts seront glorifiés lors de la résurrection.

J’ai maintenant démontré que la résurrection et l’enlèvement auront lieu au jour du Seigneur, lorsque sonnera la dernière trompette. Que Christ viendra à la fin du monde est clairement montré dans 2 Pierre, chapitre 3, ainsi que dans beaucoup d’autres passages.

Les justes ne seront pas les seuls à ressusciter ; les impies ressusciteront également. Les saintes Écritures abondent en témoignages selon lesquels tous les peuples et toutes les nations devront comparaître devant Christ et être jugés par Lui lorsqu’Il siégera pour juger. Cela prouve qu’ils devront d’abord être ressuscités. Christ dit :

« Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » (Jn 5:28-29.)

Paul témoigna également devant Félix :

« Et ayant en Dieu cette espérance, comme ils l’ont eux-mêmes, qu’il y aura une résurrection des justes et des injustes. » (Ac 24:15.)

De même que le soleil, par sa chaleur et sa puissance, fait sortir de la terre aussi bien les épines et les chardons que le blé et les autres bons fruits et les fait croître, ainsi la voix de Christ appellera hors de leurs tombeaux les justes et les injustes, afin qu’ils se tiennent devant Lui pour être jugés.

Les saintes Écritures donnent certaines raisons de penser que les justes ressusciteront peu avant les injustes. Si l’on considère le jugement, cependant, il est évident que les injustes et les justes se tiendront en même temps devant le tribunal de Christ pour recevoir leur récompense ; ils devront donc ressusciter à la même heure. Il n’est pas clairement déclaré que les justes ressusciteront peu avant les injustes ; mais on pourrait comprendre de 1 Corinthiens 15:23-24 que les justes précéderont les injustes, ne serait-ce que de l’espace d’un clin d’œil.

En Jean 5:28, cependant, il semble que les justes et les injustes entendront en même temps la voix du Fils de Dieu et ressusciteront. Cela arrivera au même moment, ou à la même heure, lors de la dernière trompette. En effet, aucune autre trompette ne sonnera après la dernière ; et puisque les justes ressusciteront alors, les injustes devront eux aussi ressusciter au son de cette trompette, à moins qu’ils ne ressuscitent sans trompette, ce qui est invraisemblable.

Je laisse cette question telle que Dieu l’a ordonnée. Il me paraît toutefois plus vraisemblable que les injustes ressusciteront avec les justes et que c’est ainsi qu’il faut comprendre Paul, en rapport avec le jugement, lorsqu’il dit : « Ensuite viendra la fin » ; car après la résurrection, Christ remettra le royaume à Dieu le Père. Je ne conteste pas l’opinion selon laquelle les justes pourraient ressusciter un instant avant les injustes, puisque la Parole de Dieu ne se prononce pas expressément sur ce point. En revanche, je conteste l’opinion de ceux qui voudraient placer entre les deux un intervalle de mille ans.

Considérons maintenant dans quel corps nous ressusciterons. Ce corps corruptible retournera à la poussière ; néanmoins, Dieu rappellera chacun à la vie. Dans Sa sagesse et Sa toute-puissance, Dieu nous a tous dénombrés ; Il rappellera notre poussière et fera que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité. Le corps corruptible est une habitation convenable pour vivre sur cette terre, mais il ne convient pas à la demeure éternelle dans le ciel, où rien ne sera corruptible.

La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu. Ceux qui seront encore en vie lorsque Christ viendra devront donc être changés, afin que ce qui est corruptible revête l’incorruptibilité.

« Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui naîtra ; c’est un simple grain, de blé peut-être, ou de quelque autre semence ; puis Dieu lui donne un corps comme il lui plaît, et à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. » (1 Co 15:37-38.)

Il ne faut pas comprendre par là que le corps qui se décompose dans la terre possède en lui un germe d’où croîtrait un corps incorruptible, mais que Dieu nous donne un nouveau corps selon Sa volonté. Il est vrai qu’un grain de blé produit un autre corps de la même espèce que celui qui a été semé ; mais il n’en est pas ainsi dans la résurrection des morts. Nous ne recevrons pas de nouveau un corps corruptible semblable au premier, mais un corps incorruptible, préparé pour notre demeure céleste.

« Il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. » (1 Co 15:44.) Lisez 1 Corinthiens 15:39-54.

La multitude innombrable de ceux qui ont été ensevelis dans la mer ou sur la terre, ou dont les corps ont été consumés par le feu, ressuscitera tout entière de la poussière, et chacun recevra son propre corps spirituel et incorruptible. Notre corps faible, indigne, pécheur, naturel et corruptible ressuscitera dans la puissance et dans la gloire, dans un état incorruptible, spirituel et céleste. Notre corps d’humiliation sera glorifié et rendu semblable au corps glorieux de Jésus-Christ (Ph 3:21).

La plupart des chrétiens meurent dans une grande faiblesse, chargés des infirmités de cette vie ; les enfants aussi portent en eux le péché jusqu’à la mort. Dieu n’impute pas à Ses enfants tout ce qui leur est inconnu, car autrement Il pourrait en rejeter beaucoup. Ce corps est livré à la mort dans l’ignominie, mais il ressuscite dans la gloire.

Nous ne croyons pas que Dieu pardonne le péché après la mort. Tout péché qui n’a pas été imputé à l’homme pour sa condamnation sera laissé derrière lui à la résurrection, comme une infirmité appartenant au corps faible. Beaucoup meurent dans l’ignorance de tant de choses que je ne voudrais pas les énumérer. Quiconque a reçu beaucoup de lumière peut y réfléchir et verra qu’il en est ainsi ; ceux qui n’ont pas reçu autant de lumière peuvent eux aussi constater que ces choses sont vraies.

Nul ne doit toutefois se reposer sur son ignorance, car elle devient alors de la témérité et cesse d’être de l’ignorance. Dieu connaît la véritable ligne de partage. Il sait ce dont Il ne tient pas compte et ce qu’Il impute pour la condamnation. Les corps des enfants, qui ont été affaiblis par le péché originel, seront eux aussi glorifiés et transformés, et rendus semblables au corps glorieux de Christ par la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

La résurrection de Christ possède une double puissance. Nous faisons l’expérience de la première lorsque nous passons de la mort spirituelle à la vie ; la seconde se manifestera lors de la résurrection du corps. Pour avoir part à la seconde résurrection, nous devons avoir connu la première.

Pour être trouvés dignes de recevoir la puissance de la résurrection de Jésus, qui rendra nos corps semblables à Son corps glorieux lors de la résurrection des morts, nous devons d’abord croire à cette puissance et y avoir part. C’est elle qui nous rachète de la mort spirituelle et nous transplante dans une vie nouvelle en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur.

Il est nécessaire que nous nous examinions très soigneusement afin de savoir si nous sommes dignes de parvenir à la résurrection des justes. Les paroles de Christ enseignent clairement qu’il en coûte quelque chose pour être trouvé digne de parvenir à la résurrection des morts :

« Mais ceux qui seront trouvés dignes d’avoir part au siècle à venir et à la résurrection des morts ne prendront ni femmes ni maris. » (Lc 20:35 ; voir aussi Mc 8:34-38.)

Il nous faut nous examiner avec soin pour savoir si nous vivons en Christ, de peur de comparaître devant le Seigneur les mains vides et dans l’illusion en ce jour-là. Paul se proposait la résurrection comme but et cherchait à y parvenir. Il disait :

« Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi, afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts. » (Ph 3:8-11.)[ii]

Paul parle principalement de la résurrection des justes. Avons-nous, nous aussi, les mêmes sentiments que Paul ? Désirons-nous connaître Christ et la puissance de Sa résurrection ? Si nous voulons avoir part à la résurrection des justes et au royaume de Christ, nous devons faire ici-bas l’expérience de la puissance de Sa résurrection et vivre dans cette puissance, car Il est « ressuscité pour notre justification » (Rm 4:25). Si nous ne marchons pas dans la justice de Christ, nous ne possédons pas la puissance de Sa résurrection.

Quels fruits glorieux la résurrection de Christ produit-elle ! Elle en a déjà produit beaucoup et elle en produit encore. Les fruits glorieux de la résurrection de Christ ont fait sortir beaucoup de personnes des tombeaux du péché, de l’ivrognerie, de l’avarice, de l’adultère et de toutes sortes d’impiétés, pour les amener à une résurrection nouvelle et spirituelle. Dans cette vie pieuse, la puissance de Christ peut être contemplée comme dans un miroir.

Au grand jour du jugement, cette puissance de la résurrection de Christ sera manifestée d’une manière toute particulière, car les justes resplendiront alors comme le soleil dans leurs corps glorifiés. Le grand nombre des rachetés révélera pleinement la puissance de la résurrection de Jésus-Christ.

Quel réconfort la résurrection des morts apporte à tous ceux qui possèdent l’Esprit de Christ !

« Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » (Rm 8:11.)

Avant que son frère ne soit ressuscité, Jésus dit à Marthe :

« Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11:40.)

Si ressusciter un seul homme, qui était resté quatre jours dans le tombeau, était déjà une manifestation de la gloire de Dieu, combien plus grande encore sera la gloire de Dieu manifestée lors de la résurrection, lorsque d’innombrables millions de personnes ressusciteront en ce grand jour !

Dieu a accompli de nombreux miracles dans ce monde ; mais je soutiens que la résurrection des morts, au jour du Seigneur, sera l’un des plus grands miracles, sinon le plus grand, que Dieu ait jamais manifesté.

Ô jour glorieux ! Nous, enfants du Dieu tout-puissant, attendons avec joie cette consolation qui sera nôtre au jour de la résurrection. Que Dieu nous accorde la grâce d’arriver à ce jour les mains pleines, afin que nous puissions Lui apporter joyeusement nos gerbes !

Ô Dieu, bénis-nous et bénis cet article !

Jean Holdeman, 1878

Note du traducteur

La distinction que fait ici Holdeman entre le hadès (ᾅδης) et la géhenne (γέεννα) mérite d’être relevée. Dans le Nouveau Testament, ces deux termes ne désignent pas exactement la même réalité. Le hadès, rendu par « séjour des morts » dans la Louis Segond 1910, est présenté comme un état ou un lieu provisoire : en Apocalypse 20:13, « la mort et le séjour des morts rendirent les morts qui étaient en eux », puis, au verset suivant, « la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu ». La géhenne, en revanche, est associée au jugement définitif : Jésus parle notamment de Celui « qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne » (Mt 10:28). Cette distinction explique pourquoi Holdeman considère les souffrances de l’homme riche en Luc 16 comme réelles, mais encore antérieures au châtiment final qui suit la résurrection et le jugement.

Cette compréhension s’accorde étroitement avec l’Article 32 des trente-trois Articles de foi de 1600, reproduits dans le Miroir des martyrs. Celui-ci enseigne que les âmes des injustes sont « réservées » jusqu’au dernier jour et qu’après la résurrection, leurs âmes étant de nouveau réunies à leurs corps, elles reçoivent leur condamnation définitive. La terminologie des anciennes versions bibliques ne distinguait pas toujours nettement le séjour des morts de la géhenne ; c’est pourquoi certaines formulations anciennes peuvent paraître ambiguës en français moderne. La distinction exprimée ici par Holdeman permet de mieux comprendre la structure de son enseignement : mort, état d’attente, résurrection, jugement, puis rétribution définitive.


[i] L’édition anglaise suit l’ancien anglais de 1 Thessaloniciens 4:15, prevent (precede, R. V.). Le verbe prevent de la KJV avait alors le sens ancien de « précéder » ; la Revised Version le précisait par precede. La Segond 1910 rend directement le sens par « nous ne devancerons pas ».

[ii] Dans Philippiens 3:8, l’édition anglaise porte le mot de la KJV dung, puis ajoute entre parenthèses as refuse, R. V. La Segond 1910 traduit ici : « je les regarde comme de la boue ».

À propos du sabbat

tiré du Spiegel der Wahrheit (Miroir de la vérité) de Jean Holdeman, partie 2, pages 127-128

traduit de l’allemand

Je n’ai trouvé aucune confession vaudoise sur le sabbat et serais très reconnaissant à quiconque pourrait m’éclairer sur ce point. Les écrits de nos frères mentionnent également peu le sabbat.

Menno écrit : « Si quelqu’un est en Jésus-Christ, il est une nouvelle créature. L’ancien est passé, voici, toutes choses sont devenues nouvelles », etc. C’est là la première résurrection : nous sommes greffés en lui par la ressemblance de sa mort, c’est-à-dire par la mort de la nature pécheresse de l’Adam terrestre avec tous ses membres et mauvais désirs. Ainsi pouvons-nous participer à la résurrection, sachant que notre vieil homme doit être crucifié avec lui, afin que le corps pécheur puisse se reposer et observer le sabbat spirituel en Christ. Œuvres complètes (en néerlandais), page 173.

« Le saint sabbat du Seigneur – désormais spirituel et non littéral, perpétuel pour les vrais chrétiens – ne se célèbre pas par des vêtements coûteux, des festins, la boisson, la vanité et l’oisiveté (comme le fait le monde insouciant lors de ses sabbats extérieurs et jours de loisirs). Il se vit dans la véritable crainte de Dieu, avec une conscience pure et libre, une conduite irréprochable dans l’amour de Dieu et du prochain – ce qui constitue le véritable culte – afin de célébrer et sanctifier éternellement le Seigneur.

Les fidèles évitent les rassemblements publics qui, hélas, ne sont pas consacrés à Christ mais à l’Antéchrist, dans toute sorte de vanité, d’hypocrisie, de pompe et de splendeur, lors des sabbats et jours fériés, avec leur culte impénitent qui ne mène qu’à la séduction. Ainsi, d’un cœur pur dans la crainte de Dieu, ils peuvent témoigner aux assemblées des saints dans le véritable culte, convaincre les injustes, et faire connaître la vérité et la saine doctrine pour le bien et l’amélioration de tous. » Œuvres complètes (en néerlandais), page 262.

Claes Ganglofs dit : « Il en va de même pour les jours et fêtes annuelles qu’Israël devait observer selon la Loi, y compris la célébration du septième jour du sabbat. Tout cela n’était que jusqu’au Christ, qui en était la véritable essence. Ces observances ont pris fin en Christ, comme l’Écriture le montre clairement (Col. 2.16-17).

Cependant, à l’époque des apôtres, certains croyants issus du judaïsme voulaient encore observer certains jours et aliments selon la Loi. Cela créa des obstacles et des désaccords parmi les croyants : certains voulaient maintenir l’observance des sabbats et fêtes annuelles selon la Loi, tandis que d’autres ne distinguaient aucun jour particulier et les considéraient tous égaux. » Article sur l’Église de Dieu, page 109.

Ganglofs enseigne ensuite (pages 110-111) que les croyants doivent se tolérer mutuellement s’ils ont des opinions différentes sur le sabbat et la nourriture, s’appuyant sur Romains 14. Il précise : « Le véritable sabbat consiste désormais à être libre du péché et à vivre en Christ, qui est notre véritable jour de repos. Comme la Pâque israélite préfigurait le Christ, véritable agneau pascal sacrifié pour nous, tous les croyants en Christ doivent maintenant célébrer spirituellement leur Pâque au Seigneur. De même, lors de la Pentecôte israélite, l’assemblée apportait les prémices au Seigneur – ce qui représente maintenant les fruits de l’Esprit, répandus sur les croyants par le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. »

Témoignages des martyrs

Le Miroir des martyrs rapporte que Wolfgang de Mos déclara : « Je ne dis rien d’autre au sujet des jours de jeûne, des dimanches et des jours saints que ce qui est écrit dans le Nouveau Testament. » Martyrs Mirror, p.435

Mankager de Füssen est cité ainsi : « Au sujet du dimanche : Dieu tout-puissant créa le monde en six jours et se reposa le septième ; de là vient l’origine du dimanche. J’en reste là : le travail n’est pas interdit, mais il faut célébrer et jeûner des péchés. » Martyrs Mirror, p. 436.

Les premiers chrétiens et le sabbat

Eusèbe affirme que les premiers chrétiens n’observaient pas le sabbat – il fait sans doute référence au sabbat juif (ouvrage anglais, page 14 ; voir aussi page 332, note de bas de page). Schaff, dans son histoire, soutient que le dimanche fut célébré depuis l’époque apostolique (Volume 2, page 378).

De nombreux auteurs s’accordent avec Eusèbe et Schaff, mais d’autres affirment que l’observance du dimanche comme sabbat fut introduite par Constantin. Je laisse ces débats en suspens pour l’instant, n’ayant pas eu l’occasion de rechercher suffisamment dans les sources pour trancher.

Clarification sur Constantin

Après recherche, je constate que Constantin n’a pas inauguré l’observance du dimanche, mais qu’il l’a légalement imposée aux sujets de son empire – nuance importante.

Notre pratique actuelle

Si Dieu m’accorde sa grâce et me maintient en vie, j’ai l’intention d’étudier plus profondément l’histoire du sabbat. Depuis le début de mon ministère, nous n’avons connu ni trouble ni désaccord sur cette question dans l’Église, et je n’ai trouvé aucune discordance à ce sujet dans les écrits des frères.

Nous observons le premier jour de la semaine car nous avons été éduqués ainsi, et nous l’observons strictement – du moins certains d’entre nous. Nous exigeons que tous les membres marchent sans reproche, honorent les autorités et n’offensent personne, car Paul enseigna que les Corinthiens ne devaient offenser ni les Juifs, ni les Grecs, ni l’Église de Dieu (1 Cor. 10,32).

Réflexions personnelles et questions

Je regrette de ne pouvoir écrire plus en détail sur cet article. La raison en est simple : je ne suis pas aussi éclairé sur ce sujet que je le souhaiterais.

Mes convictions actuelles

J’ai lu de nombreuses explications sur la doctrine du sabbat, mais je ne veux pas prendre l’espace pour exposer ces différentes opinions. Aucune explication ne me satisfait davantage que celles de Menno Simons et Claes Ganglofs, et pourtant j’ai quelques réserves. Je suis disposé à faire la volonté de Dieu, et si jamais je trouve une meilleure explication, directement ou indirectement, je m’y conformerai.

Il me paraît clair que Dieu donna le sabbat aux Israélites par la loi pour leur rappeler leur repos après la servitude d’Égypte. Ils ne devaient ni allumer de feu, ni cuire, ni cuisiner, mais se reposer complètement comme ils se reposaient maintenant du service d’Égypte. Ceci préfigurait Christ, notre sabbat spirituel, dans lequel nous nous reposons de nos péchés (Deutéronome 5.15 ; Colossiens 2.16-17 ; Hébreux 10.1).

Je ne veux pas suggérer que les enfants de Dieu n’observaient aucun jour de repos avant la sortie d’Égypte, mais plutôt qu’ils ne l’observaient pas selon cette loi spécifique.

Questions non résolues

Bien que le Christ soit la fin de ce sabbat légal et simultanément notre repos du péché et le repos éternel promis au peuple de Dieu, il me semble que, selon le principe de la création et la nature des choses, un temps défini devrait être consacré au repos et au culte jusqu’à notre entrée dans le repos céleste.

Or, bien que nous célébrions le dimanche, je ne trouve pas dans l’Évangile, avec la clarté nécessaire, la raison du changement du septième jour au premier jour de la semaine :

  • Où trouve-t-on le commandement de célébrer le premier jour de la semaine ?
  • Où est-il écrit que les disciples de Jésus célébraient ce jour comme sabbat ?
  • Comment prouver de manière irréfutable que le Saint-Esprit fut répandu le premier jour de la semaine ?

Je demande plus de lumière sur ces questions.

Je confie cette question à Dieu. Si Dieu m’accorde sa grâce, j’espère en dire davantage à l’avenir – mais quand, ou même si cela arrivera, Dieu seul le sait.

Des questions?

Nous avons tous des questions. Certaines plus sérieuses que d’autres.
Il y a des questions qu’on peut poser à n’importe qui, celles qui demandent l’aide d’un spécialiste en la matière, celles qu’on a honte de poser mais qu’on pose quand même, et celles qu’on ne pose jamais.

Ce blog me donne déjà, et me donnera souvent, l’occasion de réfléchir à certains sujets, de poser des questions pointues à des amis, de consulter la Bible qui contient toutes les réponse à la vie spirituelle, et d’apporter ces réponses aux lecteurs de ce blog, avec quelques-unes de mes propres idées.

J’aimerais que chacun se sente libre de poser des questions, soit sous forme de commentaire, soit en m’adressant un courriel. Je rappelle que je ne suis pas un spécialiste, mais il est vrai que j’en sais plus au sujet de la foi anabaptiste que la majorité des internautes, pour la bonne raison que je m’efforce de vivre selon cette foi, qui n’est malheureusement pas un chemin que beaucoup empruntent aujourd’hui.

Je signale ici que je viens de rédiger une nouvelle page: Église de Dieu en Christ, mennonite. C’est une brève introduction à notre foi, qui vous donnera un bon aperçu de nos croyances et de notre profession de foi. Nous essayons, par la grâce de Dieu, de vivre en harmonie et en obéissance avec les principes énoncés dans cette page, qui sont tous fondés dans les Écritures. Je serais heureux si chacun lisait cette confession de foi, même si vous n’êtes pas d’accord avec celle-ci.

Je sais que la religion est devenue un sujet presque tabou pour certains; d’autres cherchent constamment, presque obsessionnellement, à démontrer que la Bible est truquée, fausse, dotée d’un sens politique, etc. Je ne suis pas d’accord, et ce à cause de l’amour et de la puissance réelle que je trouve en moi et que j’admire en tant d’autres qui ont accepté le sang de Jésus, qui se sont repentis de leurs péchés, et qui combattent aujourd’hui les forces du mal.

Bon, je vous laisse! Merci pour vos encouragements!

Hugues