Enfants de Dieu

Voyez de quel amour le Père nous a fait don, que nous soyons appelés enfants de Dieu… Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu.

1 Jean 3. 1, 2

Enfants de Dieu

Quel titre! Qui peut y prétendre? C’est Dieu qui le donne à ceux qui reçoivent Jésus comme leur Sauveur, de la même façon que, à ma naissance, mes parents m’ont donné leur nom.

La Bible nous dit: “À tous ceux qui l’ont reçu (Jésus), il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, c’est-à-dire à ceux qui croient en son nom – qui sont nés… de Dieu” (Jean 1. 12, 13). Ceux qui croient sont nés de Dieu. Ils reçoivent sa vie, la vie éternelle. Dieu les appelle ses enfants.

Dieu voudrait que nous ayons les mêmes caractères que lui. Il est lumière (1 Jean 1. 5), et il nous demande de nous conduire “comme des enfants de lumière” (Éphésiens 5. 8). Il est aussi amour (1 Jean 4. 8) et l’Esprit Saint verse son amour dans nos cœurs (Romains 5. 5) pour que nous le vivions dans toutes nos relations, en particulier avec nos frères et sœurs de la famille de Dieu.

Il existe aussi une maison de famille, que tous les enfants de Dieu habiteront un jour, la maison du Père (Jean 14. 2).

Un bel héritage m’est réservé, comme à tous ceux de la famille, “conservé dans les cieux” (1 Pierre 1. 4): il ne peut ni perdre sa valeur ni disparaître.

Mais le plus beau de tout, c’est que j’ai un Père, qui m’aime de façon inconditionnelle et veille toujours sur moi. “Le Père lui-même vous aime” (Jean 16. 27).

Appartenez-vous à cette famille?

Un monde conçu par le hasard?

 » Tout ce que Dieu conçoit est sérieusement pensé et réfléchi. Rien de ce qu’il a crée dans le monde n’est dénué de sens, car Dieu a un plan dans ce qu’il fait. Quotidiennement, de l’homme de science au petit enfant, chacun peut, à sa mesure, observer la portée de la sagesse de Dieu dans la création et en admirer ses bienfaits, s’il ouvre les yeux un tant soit peu sur le miracle de la vie. »

Samuel Hatzakortzian, Crées pour adorer Dieu

Dieu nous aime trop pour nous jeter en enfer… ?

Cette phrase, ou des affirmations similaires, sont monnaie courante aujourd’hui.
Cela est tellement faux qu’il me semble incroyable qu’on puisse croire une chose pareille, mais le Malin est tellement rusé qu’il est capable de prendre l’apparence d’un ange de lumière et de nous dérouter complètement. À nous de sonder nos cœurs pour connaître le chemin de Dieu. Tout ce qui vient de Dieu sera confirmé par la Bible. Mais ce qui vient du diable ne peut tenir lorsque nous nous soumettons entièrement à Dieu, lui demandant de nous diriger par son Esprit et par sa Parole. J’ai quelques pensées au sujet de la justice de Dieu, j’espère que je saurai les exposer assez clairement afin qu’elles puissent servir à semer une semence de vérité dans le cœur de chacun, croyant comme non-croyant.

Luke Troyer, mon instructeur de classes doctrinales et bibliques au Kentucky, m’a un jour raconté la triste fin d’un frère de notre Église. Celui-ci, d’un âge avancé, mais encore sain d’esprit, passa les dernières semaines de sa vie alité, dans un hôpital. Je crois qu’il était atteint d’un cancer.
Son décès fut malheureusement beaucoup plus dramatique que celui de la majorité des chrétiens d’aujourd’hui, qui rendent l’âme sereinement. Lorsqu’on lui apprit qu’il n’avait aucune chance de s’en tirer, il commença à laisser libre cours à son désespoir, sa haine et ses remords. Il passa les derniers jours de sa vie à tordre les draps de son lit, à chercher à les déchirer avec ses dents, et à demander de l’eau. Il était tellement dérangé qu’on ne pouvait même pas lui faire boire l’eau d’un verre : il fallait imbiber la pointe du drap dans l’eau, puis lui tendre le drap, sur lequel il se ruait aussitôt. Bref, il mourut d’en d’affreuses souffrance, troublé, loin de la paix que Dieu donne aux siens, même sur le bûcher ou sur l’échafaud.
Après son décès, en le fouillant, on trouva sur lui un carnet contenant la liste des frères auxquels il n’avait pas pardonné leur offense (avec des indications sur la nature des griefs). S’il ne leur avait pas pardonné leurs péchés, parfois bien petits et involontaires, comment Dieu pouvait-il lui pardonner?
Que dit la Bible? (Matthieu 6.12) « Pardonne-nous nos péchés, comme aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». (Luc 17.3) « Prenez garde à vous. Si ton frère t’a offensé, reprends-le; et s’il se repent, pardonne-lui. » il est clair que Dieu, bien qu’il nous aime d’un amour que nous ne pouvons pas commencer à comprendre, hait le péché à tel point qu’il ne peut pardonner à un pécheur qui ne pardonne pas à un autre pécheur. Bien-sûr, si ce pécheur veut pardonner, mais n’en a simplement pas la force, Dieu est fidèle pour lui donner la grâce de pardonner.

Je veux profiter de cette occasion pour rappeler qu’en aucun cas nous ne prétendons que tous ceux qui font partie de Dieu en Christ seront sauvés au Jugement Dernier. Malheureusement, toutes les Églises du monde ont des membres qui ne sont pas sincères, qui suivent la tradition parce que leurs amis et leur famille le font. Je crois que la majorité de ceux-ci ont vu la beauté de la vie chrétienne, et sont probablement nés de nouveau, mais ont perdu le premier amour qu’ils avaient pour Christ et l’Église, devenant dès lors comme l’Église de Laodicée dans l’Apocalypse. Il est clair que Dieu peut rejeter les âmes de ceux qui ne l’ont pas aimé lorsque la fin du monde viendra. Il est très dangereux d’enseigner qu’il n’y aura pas de punition pour ceux qui n’ont pas obéi. On peut prêcher beaucoup au sujet de l’amour de Jésus, qui est le message majeur de sa vie, mais si l’on nie ou si l’on passe sous silence qu’il vint pour nous sauver du péché et de l’enfer, le pouvoir de notre prédication s’en trouvera vite affaibli.

J’aimerais encore partager un extrait d’un article que j’ai lu récemment dans un livre dévotionnel :

Psaume 96.10 « Dites parmi les nations: L’Éternel règne; aussi le monde est ferme et ne chancelle point; il jugera les peuples avec équité. »
« Jésus ne prit aucun détour lorsqu’il dit ceci : «Mais je vous montrerai qui vous devez craindre; craignez celui qui, après avoir ôté la vie, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne; oui, je vous le dis, c’est celui-là que vous devez craindre. » (Luc 12.5). Les pensées graves concernant la mort et l’enfer peuvent grandement nous aider à considérer la vie sous un angle différent. Cependant, certains théologiens et pasteurs minimisent ces réalités.
Il y a plusieurs années, un pasteur se fit dévaliser par un ancien employé. L’homme fut arrêté et condamné à une longue peine d’emprisonnement. Pensant qu’il toucherait la conscience du condamné, le pasteur lui demanda : « Comment pouvais-tu être vil au point de voler ton bon vieux patron? »
La réponse le laissa complètement bouche bée : « C’est vous-même qui m’avez tenté de commettre une telle offense contre la loi », lui dit-il, « Je vous ai souvent entendu dire, en public comme face-à-face, que tous les hommes vivront le bonheur absolu après la mort, et qu’il n’existe rien de tel que l’enfer ou que la punition éternelle dans le monde à venir. Puisque vous avez écarté ma plus grande crainte, pourquoi devrais-je craindre une peine bien moindre? »

« Du reste, mon fils, prends garde à ces choses. À faire beaucoup de livres, il n’y a point de fin, et tant d’étude n’est que fatigue pour le corps. Écoutons la conclusion de tout ce discours: Crains Dieu, et garde ses commandements; car c’est là le tout de l’homme. Car Dieu fera venir toute œuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal. »
(Ecclésiastes 12.14-16)

Le glaive de l’anabaptiste

Récemment, je me suis intéressé aux œuvres de Ruben Saillens (1855-1942), pasteur Français ayant écrit plusieurs ouvrages en français et en anglais. Grâce à sa maîtrise de l’anglais (rare à son époque), il traduisit les paroles de bon nombre de chants, dont 53 chants qui se trouvent aujourd’hui dans le recueil célébrons Dieu, que mon assemblée au Québec utilise.

Lisez aussi un article similaire sur Témoin anabaptiste.

Ruben Saillens était très intrigué par les anabaptistes, avec lesquels les baptistes partageaient une longue histoire commune. Il relate dans l’un de ses ouvrages sa rencontre avec un anabaptiste en Suisse. Il nous transmet aussi quelques récits datant de plusieurs siècles qui illustrent bien l’esprit de non-résistance qui les animait. Saillens lui-même remarqua que c’était là la différence majeure entre les anabaptistes et les baptistes ou les protestants.

Voici l’un des récits qu’il rapporte dans l’Ami de la Maison :

« Le dogme principal des anabaptistes, celui qui les distingue de toutes les autres sectes religieuses du continent européen (la Société des Amis, ou Quakers, étant surtout anglo-saxonne), c’est le principe de la non-résistance. Eux-mêmes s’appellent les Chrétiens sans défense ; ils refusent de porter des armes, même pour résister aux voleurs de grand chemin ; ils ne sont, par conséquent, ni soldats, ni gendarmes, ni gardes-champêtres ; ils prennent à la lettre l’ordre de Jésus-Christ : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre ». Ils ont l’héroïsme de la paix. Cette secte a vécu dans les pays du monde les plus batailleurs, et dans les époques les plus agitées, recevant des coups de tous les belligérants et n’en rendant jamais aucun ; foulée aux pieds par toutes les armées, comme l’herbe des champs sous le pas des chevaux, qui se redresse pour repousser ensuite drue et vivace comme auparavant.
Sur toutes les questions fondamentales : – foi dans la Bible et dans le Sauveur ressuscité – les anabaptistes ressemblent aux autres chrétiens évangéliques.
J’avais beaucoup entendu parler de ces anabaptistes, sans en avoir jamais vu un seul. J’avais lu sur leur compte des anecdotes très intéressantes ; celle-ci entre autres :
Un jour, pendant la guerre de Trente-Ans, en Allemagne, un parti de fourrageurs s’arrête devant la porte d’un anabaptiste :
« Eh ! Bonhomme, dit le chef de l’escouade, montre-nous un champ de trèfle où nous pourrons faire du fourrage pour les chevaux du détachement !
– Volontiers, répondit le vieillard, suivez-moi, Messieurs. »
Il conduit les soldats le long d’un chemin au bord duquel s’étalaient des champs superbes : « Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin, mon vieux, dit l’officier ; voici du foin qui fera très bien notre affaire. »
Mais l’anabaptiste continua de marcher : « Faites-moi le plaisir, dit-il d’un air presque suppliant, d’avancer encore un peu ; je vous montrerai un champ où vous aurez de l’herbe en suffisance. »
L’officier, supposant que le bonhomme voulait leur offrir ce qu’il y avait de mieux dans le pays en fait de fourrage, continue à le suivre. On arrive enfin à une pièce de terre assez grande, mais où le trèfle n’était pas meilleur ni plus beau que celui qu’on avait passé :
« Voilà, Messieurs, prenez-en à votre aise !
– Mais pourquoi donc, cria l’officier en colère, nous avoir menés si loin, puisque tu ne nous donnes rien de mieux que ce que nous aurions pu récolter bien avant ?
– Je vais vous dire, répondit l’excellent homme. Les champs que nous avons vus sont ceux de mes voisins, celui-ci est le mien. Puisqu’il faut que quelqu’un soit dépouillé, j’aime mieux que ce soit moi. »
L’officier fut surpris de cette naïveté sublime, de cet héroïsme si simple, mais si supérieur au sien !
Aimez-vous ce genre de grandeur d’âme ? Ces anecdotes-là vous reposent-elles un peu des hauts faits guerriers, de l’odeur de sang et de poudre qui se dégage des annales de l’humanité civilisée ? » (L’Ami de la maison, juillet 1895)

Si un homme te frappe sur une joue, présente aussi l’autre

Voici un autre récit au sujet de la non-résistance anabaptiste.
Attention : je ne relate pas ces histoires par vantardise. Je veux seulement démontrer que la non-résistance, que je considère être un principe biblique, peut apporter beaucoup de bénédictions, même sur cette terre. Mais ce n’est pas à cause des bénédictions terrestres que je soutiens que nous devons pratiquer la non-résistance, mais par obéissance à la Parole de Dieu, qui enseigne que le royaume de Dieu n’est pas sur cette terre et que nous devrions tendre l’autre joue lorsqu’on nous frappe sur l’une. Tuer un homme, ou même récriminer lorsque l’on cherche à nous faire le mal, ne concorde pas avec les principes de l’amour enseignés par Jésus.

Je rends maintenant la parole à Ruben Saillens:

 Écoutez encore ce petit trait ; il est amusant et véridique :
Un anabaptiste et sa femme dormaient en paix dans leur cabane au bord de la route, lorsqu’une bande de jeunes gens, revenant de festoyer du village voisin, vinrent à passer.
« Tiens, voilà la maison de Chose, le vieil anabaptiste… Si nous lui jouions un bon tour ? dit l’un d’eux.
– Oui, mais lequel ?
– J’ai une idée, cria le boute-en-train de la troupe. Nous allons lui démolir son toit, sans le réveiller, si c’est possible. Il aura ainsi le plaisir de dormir à la belle étoile sans le savoir. »Voyez-vous leur épatement, au matin, en ne voyant plus de toit sur leur tête ? (Je ne garantis pas le mot : épatement ; il est d’invention récente ; mais les vauriens de tous temps ont eu un argot à eux.)
L’idée fut aussitôt approuvée, et voilà nos jeunes gens montés sur le chaume, qu’ils ôtent gerbe à gerbe, silencieusement, avec des rires étouffés…
Mais le bonhomme ne dormait que d’un œil. Il s’éveille en plein, entend un peu de bruit, lève la tête, voit les étoiles briller par un large trou au-dessus de lui. Il entend des voix qui chuchotent ; il a compris…
« Femme, dit-il à sa moitié endormie près de lui, lève-toi promptement et prépare du café. »
La femme obéit, et tous deux sont lestement habillés. Puis, l’anabaptiste ouvre sa porte et crie aux jeunes gens :
« Mes amis, vous faites un travail fatigant. Quand vous aurez fini, j’espère que vous voudrez bien nous faire le plaisir d’entrer et de boire un peu de café chaud, cela vous reposera. »
Le tonnerre tombant au milieu d’eux n’aurait pas produit plus d’effarement dans la troupe que l’apparition et le simple langage du bonhomme.
Tous nos jeunes gens, penauds, descendirent du toit sans dire mot, et pressés par le chrétien et sa femme, entrèrent chez lui.
Le café était prêt ; on le but. Le vieillard adressa à ses jeunes hôtes quelques paroles chrétiennes et affectueuses ; plusieurs furent touchés. Enfin, le boute-en-train s’écria :
« Tout ça, mes amis, c’est très bien Mais maintenant que nous avons découvert le toit, il faut le remettre en place. »
Ainsi fut fait. Quelques gerbes de paille neuve remplacèrent le chaume pourri, et la cabane se porta mieux… « Douceur fait plus que violence ».
Mais aurai-je le temps de vous raconter ma visite à la ferme de l’anabaptiste ? Mes histoires ont pris toute la place, et me voilà forcé d’écrire ici, comme pour un roman-feuilleton, la formule consacrée : « la suite au prochain numéro ». »
(L’Ami de la maison, juillet 1895)