Sentinelle

Qu’il est doux de marcher dans les voix du Seigneur,
Faire sa volonté donne un réel bonheur.
Qu’il est doux de savoir qu’il revient pour régner ;
Établir son royaume de paix et d’équité.

Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Nous vivons dans un temps de patience de Dieu,
Et sa grâce s’exerce envers qui se repent.
Le sang de Jésus-Christ est pour lui suffisant.
C’est pourquoi il appelle tous les hommes en tous lieux.

Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Écoute, prête l’oreille, un appel retentit :
Que l’homme d’iniquité abandonne ses pensées
Et le méchant sa voie, Dieu en aura pitié.
C’est l’appel de la croix à tous les cœurs contrits.

Sentinelle que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Il est le Dieu qui est, qui était et qui vient.
Il est un Dieu moral, un Père compatissant.
Il sonde les cœurs et connaît chaque humain,
Il ne confond jamais coupable et innocent.

Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Heureux celui qui est lavé de ses souillures
Par le sang de l’Agneau immolé sur la croix.
À l’arbre de la vie éternelle il a droit,
Si humblement il cherche intégrité, droiture.

Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Le jugement de Dieu, un jour arrivera,
La grâce du Seigneur, ce jour-là, prendra fin.
Lorsque l’iniquité, son comble, aura atteint,
La colère divine, rien ne l’arrêtera.

Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Dieu t’a donné du temps afin de te sauver,
Crois-tu, impunément, jouir de ton péché ?
Révise tes désirs, ils sont mal ciblés.
Tu vas manquer le but, Dieu va te condamner.

Sentinelle, que dis-tu de la nuit ?
Le matin vient, la nuit aussi.

Tu traces ton parcours vers sa destination
En orientant tes voiles selon ta décision.
Vois, aujourd’hui encore, le vent reste propice,
Jésus t’offre la vie par son grand sacrifice.

  • Annick Markmann

Jésus pardonne

(Marc 2, Luc 5)

Ils le savaient : hier quand le jour se couchait,
Dans la maison de Pierre, le prophète revenait.
On le leur avait dit, les rumeurs courent vite,
C’est pourquoi, ce matin, le bonheur les habite.

Ils sont là, tous les quatre, marchant d’un pas altier,
Sur la voie qui, longeant le lac de Galilée,
Va à Capernaüm. Pour se synchroniser,
Ils chantent en marchant, les psaumes des degrés.

Car il leur faut marcher d’un pas bien ajusté.
Ils portent à l’épaule les branches d’un brancard
Où un paralytique par leur marche est bercé.
Ils veulent arriver ce matin sans retard.

Oui, le Nazaréen guérira leur ami.
Il étendra sa main au-dessus de sa tête,
Parlera à son corps qui retrouvera vie,
Ils en sont réjouis, c’est déjà jour de fête.

Les voilà arrivés à la demeure de Pierre,
Mais une grande foule entoure la maison.
Et comment approcher pour cette guérison
Ils ne peuvent entrer avec cette civière.

Voilà la solution ! il leur faut des cordages !
Un pêcheur dans sa cour en a pour son usage.
Ils montent sur le toit par le simple escalier,
Le découvrent en partie, passent le paralysé.

Le Rabbi dans la salle commune enseignait.
Pharisiens et docteurs de la loi l’écoutaient.
Lorsqu’au milieu d’eux, la civière descendit,
Jésus mesure la foi animant ces amis.

« Prends courage, dit-il, tes péchés sont ôtés. »
Les spécialistes de la loi se dirent en eux-mêmes.
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi, il blasphème !
Dieu seul peut pardonner aux hommes leurs péchés. »

Sachant ce qu’ils pensaient, Jésus leur avait dit :
« Pourquoi donc, dans vos cœurs, raisonnez-vous ainsi ?
Qu’est-il le plus facile de dire à ce paralysé :
Que ses péchés sont pardonnés ou de marcher ? »

Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme
A sur terre, le pouvoir de pardonner les péchés,
« Je te l’ordonne, lève-toi, dit-il au paralysé,
Prends ton brancard et retourne à ton home. »

À l’instant, devant tous ces témoins rassemblés,
Sautant hors de son lit, l’homme s’était levé
Avait pris la civière où il était couché.
Et tous louaient Dieu pour sa grande bonté.

Nos cinq amis reprirent la route en Galilée.
Ils marchaient, célébrant en mutuelle harmonie,
Pleins de reconnaissance, et leur foi comblée,
La gloire du grand Dieu qui pardonne et guérit.

  • Annick Markmann

Un chant

Mon récit de ce jour vient du siècle dernier,
D’une mine à charbon au beau Pays de Galles.
Sur un coup de grisou, tout s’était éboulé
Les parois, le plafond, d’une galerie principale.

L’alerte a retenti jusque dans le village.
Vite s’est rassemblée l’équipe de sauvetage.
Dans un lieu confiné, des mineurs sont bloqués,
L’oxygène va manquer, ils peinent à respirer.

Serré, tout contre l’autre, chacun d’eux est conscient
Qu’il vit probablement, là, ses derniers instants.
Cependant, deux chrétiens disaient avec bonheur
Être prêts à partir rencontrer leur Seigneur.

Ils prêchent l’Évangile parmi leurs compagnons
Qui écoutent, attentifs, ce qui leur semble bon.
Adonc, chacun désire mettre en ordre sa vie,
C’est comment les voilà sauvés par Jésus-Christ.

La gloire de l’Éternel remplit la galerie,
Alors spontanément tous les mineurs saisis,
S’unissent pour chanter un merveilleux cantique,
Qui monte de leur être en ce temps dramatique :

« Torrents d’amour et de grâce,
Amour du Sauveur en croix.
À ce grand fleuve qui passe,
Je m’abandonne et je crois.

Je crois en ton sacrifice, Ô Jésus, Agneau de Dieu.
Et couvert par ta justice, J’entrerai dans le saint lieu. »

Les sauveteurs cherchant le lieu de l’accident,
Entendent s’élever un doux murmure, un chant.
Une course effrénée s’engage contre le temps,
Pour dégager l’équipe avant étouffement.

Les familles accourues attendent anxieusement,
Quand arrive l’annonce : « Ils sont tous vivants. »
Ils remontent en effet, fourbus et épuisés,
Couverts de poussière, noirs de la tête aux pieds.

Leurs proches stupéfaits les voient se rassembler,
Se prendre par la main, et tous s’agenouiller.
Le regard vers le ciel, alors ils entonnèrent,
Le chant que dans l’Esprit, unis, ils composèrent :

« Ah, que partout se répande,
Ce fleuve à la grande voix,
Que tout l’univers entende,
L’appel qui vient de la croix.

Je crois à ton sacrifice, Ô Jésus, Agneau de Dieu,
Et couvert par ta justice, J’entrerai dans le Saint lieu. »

Et lorsque l’écrivain connu, A. J. Cronin,
Qui était là présent au carreau de la mine,
Vit ces hommes blafards, tout souillés de charbon,
Qui avaient échappé à l’enfer des grands fonds,

Tournés entièrement vers leur puissant Sauveur,
L’homme athée qu’il était laissa couler ses larmes,
Il lâcha le péché, le doute, toutes leurs armes,
Et se livra contrit au grand Dieu Rédempteur.

« Que toute âme condamnée,
Pour qui tu versas ton sang,
Soit au Père ramenée
Par ton amour tout puissant.

Je crois à ton sacrifice, Ô Jésus, Agneau de Dieu,
Et couvert par ta justice, J’entrerai dans le saint lieu. »

Mentir, ou non?

À l’orée du bois de Clermont,
Il est une vieille maison.
Dont l’aspect ne paye pas de mine,
C’est là qu’habitait Caroline.

La maison était isolée,
Loin de tout quartier habité.
Un chemin privé s’y rendait,
Que peu de personnes empruntaient.

Un Dimanche, le culte fini,
Le Pasteur songeur avait dit
À quelques fidèles chrétiens,
Qu’un arrivage était en train.

L’arrivage dont il s’agissait,
Était des Juifs qui fuyaient.
Sa maison étant bien placée
Ils ne seraient pas inquiétés.

Caroline avait proposé
D’accueillir un couple traqué,
Lequel logeait dans sa maison,
Depuis la dernière lunaison.

Ce matin à la première heure,
Un jeune homme était survenu,
Il était le fils du Pasteur
Et dit : « Quelqu’un vous a vendue. »

Branle-bas de combat sonné !
Mais dans la maison isolée,
Il existait un lieu caché,
Sous la cuisine, sous le plancher.

C’était une cave voûtée,
Creusée à même le rocher,
Et quand la trappe était levée,
On descendait par l’escalier.

On avait installé ici,
Table, chaises et couchage.
Lampe à huile pour l’éclairage,
Le nécessaire pour la survie.

Vite, avec armes et bagages,
Les invités changent d’étage.
Puis, la trappe bien refermée,
Le grand tapis est replacé.

Il faut encore tirer la table,
Jusqu’au centre du tapis,
Effacer toute trace de vie
De ce couple bannissable.

Caroline vient de poser
Sur la table son déjeuner,
Lorsque dans la cour ombragée,
Une traction noire est entrée.

Ce sont deux hommes en gabardine
Avec un Officier Allemand
Qui pénètrent dans la cuisine,
Portant des regards arrogants.

Sous mandat de perquisition,
Ils brassent tout de fond en comble,
Sondent les murs de la maison,
Sans qu’aucun verdict ne tombe.

Avant de partir dépités,
L’un s’approcha de Caroline.
Revolver sur sa poitrine,
Il l’avait ainsi questionnée :

« Vous avez recueilli des juifs,
Où les avez-vous cachés ? »
C’était un moment décisif,
Mentir ou dire la vérité ?

Notre Caroline est chrétienne,
Elle ne ment pas, quoi qu’il advienne.
« Sous la table ! » dit-elle en riant.
Les hommes riaient en partant.

Dans la nuit suivant l’incident,
On avait jugé plus prudent,
De déplacer les exilés,
Vers un autre lieu isolé.

  • Annick Markmann

Le jardin intérieur

Il est bon de savoir cultiver son jardin,
Disait Candide sous la plume de Voltaire.
Le jardin intérieur est un précieux bien,
Un coin du cœur caché, enfoui, solitaire.

C’est là que Matthias enterrait ses mensonges,
Ses craintes et ses peurs, ce qui ruine ou qui ronge.
Dans ce lieu il creusait un trou et déposait,
Ce qui lui faisait honte, le gênait, l’humiliait.

Il recouvrait le tout des plaisirs de ce monde,
Amourettes, copains, vantardise, faconde.
Du rosé de ses vignes, ensuite il l’arrosait,
Et quand il était gris, tout ça, il l’oubliait.

C’était un cimetière, son jardin personnel.
Il décorait ses tombes des fleurs qu’il étalait,
Moto, voiture, et réussite professionnelle.
Mais au fond de son cœur, il n’avait pas la paix.

Sur cette voie mortelle, Matthias avançait,
Le parfum du péché toujours le séduisait.
Jusqu’à une heure bénie, où sans savoir comment,
Il fût convaincu d’un jour de jugement.

Il comparaîtrait devant le Juge suprême,
Et serait condamné pour ce qu’il avait fait.
Ses cadavres cachés se levèrent d’eux-mêmes,
Défilèrent, révélant combien ils étaient laids.

Alors il les cita un à un par leur nom,
Pleurant amèrement de les avoir commis.
Ils lui faisaient horreur, ses désirs, ses passions,
Et le fils de Dieu, à son compte les prit.

Il fut pardonné, Matthias, le pécheur,
Car son cœur repentant aspirait au pardon.
Il quitta le péché, la dissimulation,
Son jardin refléta la gloire du Seigneur.

  • Annick Markmann

Clément

C’est une vieille église, au cœur d’un vieux village
Avec sa haute nef, ses travées, ses statues,
La lumière colorée rayonnant des vitrages,
Ses portes latérales qui donnent sur la rue.

Quiconque veut entrer, pousse le lourd battant
De l’une de ces portes ouvertes à tout passant.
Or, Monsieur le curé est tourmenté de voir
Depuis une quinzaine, qu’un homme entre le soir.

Quand sonne l’Angélus, c’est réglé, il est là,
Il entre, et peu de temps après, il s’en va.
Il y a dans l’église de multiples trésors
Des statues polychromes, même des coupes d’or.

Il faudra surveiller dit le prêtre au bedeau,
Ce que cet homme fait chaque soir dans l’église.
L’homme, on le connaît peu, il est un chemineau
Qui passe chaque année au moment des cerises.

Pour mieux tout observer, le Bedeau s’est caché
L’Angélus vibre encore dans le soir printanier,
L’homme qui est entré, vient au pied de la croix,
S’assied sur l’un des bancs, et élève sa voix:

« Jésus, c’est Clément! »
Il attend un moment puis se lève et s’en va.
Le même scénario marque le jour suivant.
Mais le troisième soir, la porte ne s’ouvre pas.

Car à un coin de rue, quand il traversa,
Clément fut renversé par une automobile.
À l’hôpital, une ambulance le porta.
Bassin lésé, il lui faut rester immobile.

De jour en jour, il va de mieux en mieux
Sans jamais que l’on voit venir une visite.
La chaise près du lit ne gêne pas qu’un peu,
On lui avait donné la chambre la plus petite.

Aussi, ce matin-là, l’infirmière pressée,
Avait saisi la chaise afin de l’enlever.
Mais Clément l’en avait vivement dissuadée,
Sous prétexte que le soir il était visité.

Aux membres du service, l’infirmière en parlait.
On jugea le malade tant soit peu dérangé.
Personne n’avait vu qui que ce soit entrer,
Dans la petite chambre où Clément guérissait.

L’infirmière revient auprès de son patient.
« Vous êtes seul au monde, dites-le simplement.
La visite dont vous parlez, personne ne l’a vue,
Nous sommes prêts à penser qu’elle est non avenue. »

Ce n’est pas étonnant, que personne ne l’ait vue,
Pourtant à l’Angélus elle vient près de mon lit.
Elle s’assied sur la chaise et doucement me dit:
« Clément, c’est Jésus! »

Annick Makmann

Poème 40: Le Chemin

C’est un chemin montant bordé de fleurs sauvages,
Un chemin caillouteux que longe un clair ruisseau.
Ses eaux sont le miroir du ciel bleu, des nuages,
Qui courent dans l’azur vers des pays nouveaux.

Et le chemin s’élève au-dessus des alpages,
Où paissent les brebis, les moutons, les agneaux,
Vers les sommets abrupts, et les nus paysages,
Les rochers qui affleurent, la source du ruisseau.

Dans le fond d’une grotte, du rocher sourd l’eau,
Et au creux de la pierre, en cascade elle tombe.
Les siècles ont formé là une nappe profonde,
Dont l’onde pure et claire donne vie au ruisseau.

Tout près, j’ai découvert, une grotte cachée,
Une caverne étroite où j’aime m’installer,
Par les chaleurs d’été et leurs nuits étoilées,
Pour dormir, loin de tout, réfléchir et prier.

Fut-elle le refuge d’hommes préhistoriques
Au temps des dinosaures, des ours effrayants ?
La présence de l’eau est un choix stratégique
Pour qui veut survivre, à travers les temps.

Au seuil de la caverne, qu’un rayon d’or éclaire,
Je domine la plaine, les monts et les coteaux.
Ma vue s’étend au loin, de la terre à la mer
Qui recueille en son sein l’eau claire du ruisseau.

Il fait bon être ici, dans la paix que Dieu donne,
La confiance en celui qui nous a rachetés.
Abreuvé à sa source, heureux se trouve l’homme
Comme un arbre, auprès d’un cours d’eau, planté.

Lorsqu’arrive le soir, que la lumière décline,
Quand le soleil couchant plonge derrière les cimes,
Tandis que je bois l’eau fraîche du clair ruisseau,
Un bonheur qui m’étreint descend des lieux très hauts.

-Annick Markmann