Mentir, ou non?

À l’orée du bois de Clermont,
Il est une vieille maison.
Dont l’aspect ne paye pas de mine,
C’est là qu’habitait Caroline.

La maison était isolée,
Loin de tout quartier habité.
Un chemin privé s’y rendait,
Que peu de personnes empruntaient.

Un Dimanche, le culte fini,
Le Pasteur songeur avait dit
À quelques fidèles chrétiens,
Qu’un arrivage était en train.

L’arrivage dont il s’agissait,
Était des Juifs qui fuyaient.
Sa maison étant bien placée
Ils ne seraient pas inquiétés.

Caroline avait proposé
D’accueillir un couple traqué,
Lequel logeait dans sa maison,
Depuis la dernière lunaison.

Ce matin à la première heure,
Un jeune homme était survenu,
Il était le fils du Pasteur
Et dit : « Quelqu’un vous a vendue. »

Branle-bas de combat sonné !
Mais dans la maison isolée,
Il existait un lieu caché,
Sous la cuisine, sous le plancher.

C’était une cave voûtée,
Creusée à même le rocher,
Et quand la trappe était levée,
On descendait par l’escalier.

On avait installé ici,
Table, chaises et couchage.
Lampe à huile pour l’éclairage,
Le nécessaire pour la survie.

Vite, avec armes et bagages,
Les invités changent d’étage.
Puis, la trappe bien refermée,
Le grand tapis est replacé.

Il faut encore tirer la table,
Jusqu’au centre du tapis,
Effacer toute trace de vie
De ce couple bannissable.

Caroline vient de poser
Sur la table son déjeuner,
Lorsque dans la cour ombragée,
Une traction noire est entrée.

Ce sont deux hommes en gabardine
Avec un Officier Allemand
Qui pénètrent dans la cuisine,
Portant des regards arrogants.

Sous mandat de perquisition,
Ils brassent tout de fond en comble,
Sondent les murs de la maison,
Sans qu’aucun verdict ne tombe.

Avant de partir dépités,
L’un s’approcha de Caroline.
Revolver sur sa poitrine,
Il l’avait ainsi questionnée :

« Vous avez recueilli des juifs,
Où les avez-vous cachés ? »
C’était un moment décisif,
Mentir ou dire la vérité ?

Notre Caroline est chrétienne,
Elle ne ment pas, quoi qu’il advienne.
« Sous la table ! » dit-elle en riant.
Les hommes riaient en partant.

Dans la nuit suivant l’incident,
On avait jugé plus prudent,
De déplacer les exilés,
Vers un autre lieu isolé.

  • Annick Markmann

Baptiser avec trop d’eau

(Traduction d’un article de Robert Goodnough paru il y a deux semaines en anglais ici: https://flatlanderfaith.com/2024/07/09/baptizing-with-too-much-water/) Pour lire plus d’articles au sujet du baptême, suivez ce lien: https://missionnaireanabaptiste.org/category/confessions-de-foi-et-doctrine/bapteme/. Pour aller plus loin, vous pourriez aussi lire la page suivante: https://missionnaireanabaptiste.org/de-lanabaptisme-et-des-vrais-disciples/un-miroir-du-bapteme-par-heinrich-funk-2e-chapitre/.

Je rendais visite à un pasteur baptiste l’autre jour et, d’une manière ou d’une autre, la conversation s’est portée sur le baptême. Il estimait que l’Église à laquelle j’appartiens ne baptise pas correctement parce que nous n’immergeons pas. Je l’ai renvoyé à deux passages du Nouveau Testament. Dans 1 Pierre 3, Pierre parle de l’arche de Noé comme d’un exemple de baptême et en 1 Corinthiens 10, l’apôtre Paul fait référence au passage de la Mer Rouge comme d’un exemple de baptême. J’ai dit qu’il me semble que ceux qui ont été immergés [l’armée de pharaon] n’ont pas été baptisés et que ceux qui n’ont pas été immergés [les enfants d’Israël] ont été baptisés.

Sa réponse : « Si la Bible dit qu’ils ont été baptisés, ils ont été immergés! »

Pourquoi certaines personnes sont-elles si attachées à une idée pour laquelle les preuves sont si minces ? Robert Young, auteur de Young’s Analytical Concordance of the Bible, a fait l’observation suivante :

« Je ne connais vraiment aucune hérésie (mot que j’utilise dans son sens original, c’est-à-dire « opinion ») parmi les chrétiens qui ait moins de fondement que celle de l’immersion, et pourtant ses défenseurs utilisent les affirmations les plus téméraires, qui ont gagné du terrain parmi les critiques et les lexicographes – qui se suivent comme un troupeau de moutons – entièrement par l’audace de l’assertion. »

En latin ou en français, le mot immersion signifie submerger quelque chose dans l’eau ; il ne dit rien de sortir cette chose, ou cette personne, de l’eau. [Le vrai mot grec qui signifie « immerger » est καταδυω (kataduo, plonger en bas, 6 occurrences dans la Septante) et non baptizo.] Dans l’exemple de l’arche, tous les habitants du monde, à l’exception de ceux qui se trouvaient dans l’arche, ont été immergés et n’ont jamais été revus. Ceux qui étaient dans l’arche ont sans doute senti des gouttes de pluie sur leur tête avant que l’arche ne soit complètement fermée. La dernière partie du Psaume 77 parle du passage de la Mer Rouge : «Les eaux te virent, ô Dieu! Les eaux te virent; elles tremblèrent; même les abîmes s’émurent. Les nues se répandirent en eaux», décrit l’expérience des Israélites. L’armée égyptienne, elle, a bien été immergée et les corps des soldats ont été rejetés sur le rivage.

Paul parle, en Romains 6.4 et Colossiens 2.12, d’être enseveli avec le Christ par le baptême. Je ne vois pas comment on peut faire de l’ensevelissement de Jésus une métaphore de l’immersion. Jésus n’a pas été enterré dans le sol, mais déposé sur le rebord de la paroi d’une grotte spacieuse creusée dans le roc. Deuxièmement, c’est le corps mortel de Jésus qui a été mis au tombeau, et non le Christ ressuscité. L’eau du baptême ne lave pas du péché, elle est le symbole de la mort de l’ancien corps du péché et de notre vie nouvelle, avec la vie de Christ à l’intérieur. Adam Clarke, dans son commentaire sur Romains 6.2, mentionne qu’à Rome, jeter trois poignées de poussière sur un cadavre était considéré comme un enterrement correct.

Dans le Nouveau Testament, le mot grec baptismos est utilisé pour désigner différentes sortes de lavages, y compris le lavage des tables (Matthieu 7.4). Le véritable sens de baptismos est de laver, sans aucune référence au mode de lavage.

Il existe un baptême qui lave nos péchés. C’est le baptême du Saint-Esprit, qui fait partie de la nouvelle naissance. Heinrich Funk (1697-1760), le premier évêque anabaptiste-mennonite en Amérique du Nord, a écrit une brochure intitulée Un Miroir du Baptême, dans laquelle il montre que ce baptême est le premier et le plus important, et qu’il est une exigence pour ceux qui demandent le baptême d’eau. Et la façon la plus appropriée d’administrer le baptême d’eau est de la même manière que le baptême du Saint-Esprit, de le verser d’en haut.

La Grande Omission

Poème # 25 Réflexions de Covid

[Contexte: ce poème a été écrit en 2021 par une chrétienne âgée habitant en France, comme vous le savez probablement déjà, si vous suivez la série depuis le début. J’habite au Québec, je m’efforce de ne pas m’impliquer dans la politique et avec le recul d’aujourd’hui peut-être écrirait-elle autre chose, mais je le laisse ici pour sa valeur spirituelle sans nécessairement entièrement partager son analyse.]

La plage était déserte et le vent soufflait fort,
La mer rugissait dans un violent effort,
Les vagues déferlaient et moussaient sur le sable.
Nicolas marchait seul dans l’embrun redoutable.

C’était un temps terrible qui se revêtait d’ombre.
L’avenir se fermait sous des pièges sans nombre.
Il allait de l’avant résistant malgré tout,
La marée qui montait lui mouillait les genoux.

Nicolas connait bien le rythme des marées,
En dépit de la nuit, son pas reste assuré.
Encore quelques minutes et il allait atteindre
La plage et son voilier que le vent faisait geindre.

Il marchait sur le gué qu’envahissaient les eaux,
Le passage caché balisé de poteaux.
Il allait traverser, atteindre l’amarrage
Sans que soit submergé le chemin d’étiage.

Ses pensées vers Jésus alors se portaient :
Comme le seul chemin pour aller vers le Père,
Ainsi en était-il du sentier solitaire,
Conduisant au bateau qu’alors il atteignait.

C’est fou se disait-il, comme tout a changé
Et comme peu à peu s’enfuient nos libertés.
Diviser pour régner, voilà la solution.
Le village mondial se pointe à l’horizon !

De cette pandémie, on ne sortait pas vite,
Elle avait engendré un effroi sans limites.
Il y avait eu des morts, n’était-ce pas voulu ?
On n’avait pas soigné, alors qu’on l’aurait pu.

S’étaient manifestés des hommes de combat
Disant pouvoir traiter et guérir bien des cas.
Mais on les a exclus, appelés charlatans.
Et l’opinion trompée suivit ce mouvement.

Les infos diffusées avaient pour but inique,
De troubler les consciences et créer la panique.
Les nombres avancés étaient souvent faussés,
Les esprits scientifiques contestés, condamnés.

Il fallait vacciner. Ce fut la politique
De nos gouvernements, on bouscula l’éthique.
Sans recul, à tout bras, on a fait des rappels
Une fois, deux fois puis trois, et c’était sans appel.

On lave les cerveaux, on arrive à ses fins.
Il faut être injecté pour rester citoyen.
Les vaccinés pourtant, tombent malades aussi,
Ils sont contaminants, où est la tromperie ?

Un esprit de mensonge, esprit d’aveuglement,
Souffle sur le pays, comme souffle le vent
Qui persiste et finit par amener la pluie.
Mais Nicolas n’est pas dehors sans abri.

Dans son voilier solide, comme il se sent bien
Malgré les pandémies, l’avenir incertain.
Sa vie reste fondée sur ce que dit la Bible,
La parole d’un Dieu qui demeure invincible.

Et bien que la folie sévisse dans le monde,
Il est ici paisible. Dehors le tonnerre gronde.
Son cœur se réjouit quand l’orage prend fin,
Il réglera ses voiles et partira demain.

  • Annick Markmann

Les anabaptistes furent persécutés à cause de leur pureté

[Ceci est la traduction DeepL d’un article paru en anglais sur le site https://flatlanderfaith.com/2023/10/11/anabaptists-were-persecuted-because-of-their-purity/. SVP pardonnez toute erreur qui s’y serait glissée, je n’ai que peut de temps pour écrire et réviser les textes ces temps-ci]

La déclaration suivante a été faite en 1538 par un dirigeant anabaptiste anonyme lors d’une réunion entre les réformés suisses et les anabaptistes à Berne :

« Alors que nous étions encore dans l’Église nationale, nous avons reçu beaucoup d’instructions des écrits de Luther, de Zwingli et d’autres, concernant la messe et d’autres cérémonies papales, et nous avons appris qu’elles étaient vaines. Cependant, nous avons constaté un grand manque en ce qui concerne la repentance, la conversion et la véritable vie chrétienne. C’est sur ces choses que mon esprit s’est penché. J’attendais et j’espérais un an ou deux, car le ministre avait beaucoup à dire sur l’amendement de la vie, les dons aux pauvres, l’amour mutuel et l’abstention du mal. Mais je ne pouvais pas fermer les yeux sur le fait que la doctrine qui avait été prêchée et qui était basée sur la Parole de Dieu n’était pas appliquée. Il n’y avait pas de début de vraie vie chrétienne, et il n’y avait pas d’unité dans l’enseignement concernant les choses nécessaires. Et bien que la messe et les images aient finalement été abolies, la vraie repentance et l’amour chrétien n’ont pas été mis en évidence. Les changements ne concernaient que les choses extérieures. Cela me donna l’occasion d’approfondir ces questions. Dieu envoya alors ses messagers, Conrad Grebel et d’autres, avec lesquels je me suis entretenu des enseignements fondamentaux des apôtres, de la vie et de la pratique chrétiennes. J’ai trouvé en eux des hommes qui s’étaient abandonnés à la doctrine du Christ par la « Busfertigkeit » [repentance attestée par des fruits]. Avec leur aide, nous avons établi une congrégation dans laquelle le repentir était attesté par une nouveauté de vie en Christ. »

Les catholiques romains, les luthériens et les réformés ont tous été témoins de la pureté de vie des anabaptistes et l’ont considérée comme une preuve de leur grande perversion :

Heinrich Bullinger (réformé suisse) a écrit :

« Ceux qui s’unissent à eux seront reçus par leurs ministres dans leur Église par le rebaptême, la repentance et la nouveauté de vie. Ils mènent désormais leur vie sous l’apparence d’une conduite spirituelle tranquille. Ils dénoncent la convoitise, l’orgueil, le blasphème, les conversations obscènes et l’immoralité du monde, la boisson et la gourmandise. Bref, leur hypocrisie est grande et multiple ».

Franz Agricola (catholique romain) a écrit :

« Parmi les sectes hérétiques existantes, il n’y en a aucune qui, en apparence, mène une vie plus modeste ou plus pieuse que les anabaptistes. En ce qui concerne leur vie publique extérieure, ils sont irréprochables. On ne trouve chez eux ni mensonge, ni tromperie, ni juron, ni querelle, ni langage grossier, ni manger et boire de façon immodérée, ni exhibition personnelle extérieure, mais de l’humilité, de la patience, de la droiture, de la netteté, de l’honnêteté, de la tempérance, de la franchise dans une telle mesure qu’on pourrait supposer qu’ils ont le Saint-Esprit de Dieu ».

Bullinger, Agricola et la plupart des autres dirigeants des Églises d’État des années 1500 se sentaient tellement menacés par la vie à l’image du Christ des anabaptistes qu’ils estimaient que la seule solution était de les tuer tous.

Depuis lors, nous avons vécu plusieurs siècles de tolérance. Lorsque nous considérons les événements du monde qui nous entoure aujourd’hui, il semble que le temps approche où ceux qui mènent une vie chrétienne pure et ne font pas de compromis avec le monde pourraient à nouveau être l’objet d’une telle haine de la part des compromis bien-pensants du monde.

La dilution homéopathique du christianisme

Article par Robert Goodnough traduit du site : https://flatlanderfaith.com/2023/09/24/homeopathic-dilution-of-christianity-2/

En bref, l’homéopathie est une branche de la médecine alternative qui traite les maladies à l’aide de substances naturelles diluées bien au-delà du point où toute trace de la substance d’origine peut être détectée. Certains la qualifient de charlatanisme, d’autres affirment qu’elle fonctionne là où d’autres méthodes échouent. Elle a ceci de positif que l’on peut affirmer avec certitude qu’elle ne provoque pas d’effets secondaires nocifs. Je ne pense pas que l’on puisse en dire autant du christianisme édulcoré.

Très tôt dans l’histoire du christianisme, certains ont trouvé que le christianisme non dilué était un médicament trop fort à leur goût et ont commencé à l’édulcorer, tout en affirmant qu’il n’avait rien perdu de son pouvoir salvateur. De nos jours, il existe différents niveaux de dilution, qui prétendent tous être bons pour ce qui nous afflige, mais qui sont incapables de prouver leur efficacité.

Martin Luther voyait clairement de nombreux torts de l’Église (catholique) à laquelle il appartenait à l’origine et voulut établir une Église de croyants sincères. Cependant, en 1522, il se rendit compte que les choses ne se passaient pas comme il l’avait prévu et il exprima l’espoir plutôt désespéré que « nous, qui sommes actuellement presque des païens sous un nom chrétien, puissions encore organiser une assemblée chrétienne ». Il commença à envisager de former un cercle restreint de croyants sincères au sein de l’Église luthérienne, qui confesseraient l’Évangile par leur vie autant que par leur langue. Il finit par abandonner ce projet, se rendant compte qu’il ne trouverait pas suffisamment de personnes pour le mettre en œuvre.

Pourtant, les anabaptistes ne rencontraient aucune difficulté à trouver de telles personnes. Ils prêchaient et vivaient un Évangile rigoureux, intransigeant et non dilué qui transformait réellement les vies. La réputation des anabaptistes était telle que, pendant les persécutions du XVIe siècle, une personne qui menait une vie honnête et morale, ne jurait pas et ne se querellait pas pouvait facilement se trouver accusée d’être anabaptiste simplement à cause de sa vie irréprochable.

Le baptême est le point clé sur lequel les anabaptistes se distinguent des catholiques et des protestants. Nous comprenons que la Bible enseigne que le baptême ne peut être proposé qu’à ceux qui ont l’âge et la compréhension nécessaires pour conclure une alliance volontaire avec Dieu et l’Église. C’est le moyen de rassembler une Assemblée de rachetés. À cette fin, le converti doit pouvoir se présenter devant l’assemblée avec un témoignage de repentance et de nouvelle naissance, et l’assemblée doit pouvoir témoigner qu’elle a observé le fruit de la repentance et une vie transformée. Le baptême est donc le symbole que le converti ne marche plus dans les voies du monde mais qu’il s’est uni au peuple de Dieu.

J’ai fréquenté de nombreuses Églises dans mes jeunes années et j’ai rencontré beaucoup de personnes merveilleuses. Je rencontre encore certaines d’entre elles de temps en temps et je les considère comme des ami(e)s. Cependant, toutes ces Églises étaient une assemblée mixte de vrais croyants, de ceux qui essayaient de se faire croire qu’ils étaient croyants et de beaucoup de ceux qui ne savaient pas vraiment ce qu’ils croyaient. Il y avait peu de preuves du pouvoir de transformation des vies.

J’ai écouté beaucoup de prédicateurs différents, j’ai même assisté à de puissantes campagnes de réveil. Des parties de l’Évangile ont été prêchées, mais certains sujets étaient soigneusement évités pour ne pas offenser. De telles tactiques n’ont pas le pouvoir de rassembler une Église de rachetés. La signification du baptême et les conditions du baptême y étaient édulcorées, ce qui a abouti à un évangile édulcoré qui n’offrait pas de directives claires aux âmes malades du péché pour qu’elles trouvent la source de la guérison.

Le salut vient de Dieu, pas de l’Église. Néanmoins, le discernement spirituel est nécessaire pour rassembler uniquement des croyants dans l’Église et pour révéler clairement la voie du salut aux autres.

« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ». Il n’existe pas de chrétien invisible ; si aucun fruit visible n’apparaît dans la vie d’une personne, il n’y a aucune raison de la soupçonner d’être chrétienne. Il y a des chrétiens faibles, mais ce n’est pas la même chose. En vérité, nous sommes tous faibles, mais ceux qui font vraiment confiance à Dieu se reconnaissent à leurs fruits.

-Bob Goodnough

Confession de foi des vaudois, datée de l’an 1120

CONFESSION DE FOI DES ANCIENS VAUDOIS

(p.79-87 de l’Histoire des vaudois de Jean-Paul Perrin, p. 284-285 du Miroir des martyrs anglais. Ce texte est adapté du texte de Perrin, lui-même une traduction de l’occitan.)

DATÉE DE L’AN 1120.
[Notez bien : 50 ans avant la conversion de Pierre Valdo (ou Vaudès)]

Comme les vaudois étaient très anciens et répandus dans de très nombreuses parties du monde, il arriva qu’ils furent contraints, de temps à autre, à la demande de ceux parmi et avec lesquels ils vivaient, de rendre compte de leur foi ; c’est pourquoi les diverses confessions des vaudois furent rédigées et subsistent encore.

Notre intention n’est toutefois pas de les rapporter toutes, mais simplement d’en présenter une ou deux, qui sont célèbres depuis les temps anciens et comptées parmi les meilleures.

Jean-Paul Perrin le Lyonnais, dans son Histoire des vaudois (Ire partie, liv. I, p. 79-87 de l’original ; traduite du français en néerlandais par J. M. V., p. 43) fait mention d’une certaine confession des vaudois, dans laquelle ils parlent de divers articles de foi, en particulier des Saintes Écritures. En voici une copie fidèle :

Article I. Nous croyons et tenons fermement tout ce qui est contenu dans les douze articles du Symbole, appelé Symbole des apôtres ; et tenons pour hérésie tout ce qui s’en écarte et ne s’accorde pas avec lesdits douze articles.

Article II. Nous croyons qu’il y a un seul Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit.

Article III. Nous reconnaissons et tenons pour Saintes Écritures canoniques les livres de la Sainte Bible, à savoir ceux-ci : Les cinq livres de Moïse, appelés la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; Josué, les Juges, Ruth, 1 Samuel, 2 Samuel1, 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques, 1 Esdras, Néhémie, Esther, Job ; le livre des Psaumes, les Proverbes de Salomon, l’Ecclésiaste, le Cantique de Salomon ; la prophétie d’Ésaïe, Jérémie, les Lamentations de Jérémie, Ézéchiel, Daniel ; Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie.

Viennent ensuite les livres des Apocryphes, qui n’ont pas été reçus par les Hébreux ; c’est pourquoi nous les lisons, comme le dit Jérôme de Stridon dans la préface des Proverbes, pour l’instruction du peuple, mais non pour confirmer l’autorité des doctrines de l’Église. Ils sont : 3 Esdras, 4 Esdras, Tobie, Judith, Sagesse ; l’Ecclésiastique, ou Siracide ; Baruch, avec la lettre de Jérémie ; les additions au livre d’Esther, du dixième chapitre jusqu’à la fin ; le Cantique des trois enfants dans la fournaise ardente ; l’histoire de Suzanne ; l’histoire du Dragon ; 1 Maccabées, 2 Maccabées et 3 Maccabées.

S’ensuivent les livres du Nouveau Testament : les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean ; les Actes des Apôtres ; les épîtres de Paul : Romains, 1 Corinthiens, 2 Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens, 2 Thessaloniciens, 1 Timothée, 2 Timothée, Tite, Philémon, Hébreux ; l’épître de Jacques ; 1 Pierre, 2 Pierre ; 1 Jean, 2 Jean, 3 Jean ; l’épître de Jude ; l’Apocalypse de Jean.

Article IV. Les livres mentionnés ci-dessus enseignent ceci : qu’il y a un seul Dieu, tout-puissant, parfaitement sage et parfaitement bon, qui a créé toutes choses par Sa bonté ; qu’Il a formé Adam à Son image et à Sa ressemblance ; mais que, par l’envie du diable et la désobéissance d’Adam, le péché est entré dans le monde, et que nous sommes pécheurs en Adam et par Adam.

Article V. Que Christ a été promis aux pères, lesquels ont reçu la loi, afin que, connaissant par elle leur péché, leur injustice et leur insuffisance, ils désirent la venue de Christ ; afin qu’Il fasse satisfaction pour leurs péchés et accomplisse Lui-même la loi.

Article VI. Que Christ est né au temps fixé par Son Père ; c’est-à-dire au temps où toute iniquité abondait ; et cela non à cause des bonnes œuvres, car tous étaient pécheurs, mais afin qu’il nous fît grâce et miséricorde, comme Celui qui est véritable.

Article VII. Que Christ est notre vie, vérité, paix, justice, berger, avocat, sacrifice et sacrificateur ; qu’Il est mort pour le salut de tous ceux qui croient, et qu’Il est ressuscité pour notre justification.

Article VIII. Et, de même, nous tenons fermement qu’il n’y a pas d’autre médiateur et avocat auprès de Dieu le Père que Jésus-Christ. Mais en ce qui concerne la vierge Marie, nous tenons qu’elle a été sainte, humble et pleine de grâce ; de même, nous croyons au sujet de tous les autres saints qu’ils attendent au ciel la résurrection de leurs corps au jour du jugement.

Article IX. Nous croyons qu’après cette vie, il n’y a que deux lieux : l’un pour les sauvés, l’autre pour les damnés, que nous appelons Paradis et Enfer ; et nous nions totalement le purgatoire, imaginé par l’Antéchrist et forgé contre la vérité.

Article X. Nous avons également toujours cru que toutes les inventions humaines, les jours de fête, les vigiles des saints, l’eau que l’on dit bénite, l’abstinence de viande à certains jours, et choses semblables, mais surtout les messes, sont une abomination indicible devant Dieu.

Article XI. Nous avons en abomination toutes les inventions humaines, comme provenant de l’Antéchrist, lesquelles apportent du trouble et nuisent à la liberté de l’esprit.

Article XII. Nous croyons que les sacrements sont des signes de la chose sainte, ou des formes visibles de la grâce invisible ; et nous estimons qu’il est bon que les croyants fassent de temps en temps usage de ces signes ou formes visibles, lorsqu’il leur est possible de le faire ; néanmoins, nous croyons et soutenons également que lesdits croyants peuvent être sauvés sans recevoir ces signes, lorsqu’ils n’ont ni le lieu ni le moyen de les recevoir ou d’en user.

Article XIII. Nous n’avons jamais reconnu d’autre sacrement que le baptême et l’eucharistie.

Article XIV. Nous devons honorer les puissances séculières par la soumission, l’obéissance, l’empressement et le paiement de ce qui leur est dû.

Les quatorze articles ci-dessus sont extraits d’un livre intitulé L’Almanach spirituel, ainsi que des Mémoires de Georges Morel. Voir aussi J.-P. Perrin, Histoire des vaudois, Iʳᵉ partie, liv. I, chap. 12, p. 79–87.

Voir les sites suivants :

https://temoinanabaptiste.com/2017/01/22/confession-de-foi-des-vaudois-de-lan-1120/

https://www.info-bible.org/livres/Histoire.Eglise.Vaudoise.2/16.htm

Cliquer pour accéder à waldensian_confession_1120.pdf

Une autre confession vaudoise datant de 1541 se trouve ici : https://www.jstor.org/stable/24282260

Cependant, il faut garder à l’esprit que la foi de ces vaudois commençait peut-être déjà à dériver, étant donné que peu de temps après on les voit prendre les armes pour se défendre et ensuite se fondre avec les protestants, alors que leurs origines étaient très différentes.

  1. Cette confession très ancienne est traditionnellement rattachée à l’an 1120. Toutefois, la forme sous laquelle elle est transmise ici semble avoir été remaniée ou mise en ordre à une époque plus tardive. La division des livres de Samuel et des Rois selon l’usage moderne, ainsi que la place des Actes immédiatement après les Évangiles, correspondent davantage aux usages bibliques réformés des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles qu’à ceux des manuscrits vaudois médiévaux, dont l’ordre des livres varie et ne suit pas toujours cette disposition. Cette mise en forme pourrait venir de Perrin lui-même ou de l’une de ses sources, notamment les matériaux attribués à Georges Morel, dans lesquels on relève quelques différences. Il faut donc distinguer entre le fond doctrinal vaudois ancien du texte et sa présentation actuelle, probablement retouchée à l’époque de la Réforme ou après celle-ci. — NDLT ↩︎