Histoire d’un martyrologe
Le Miroir des martyrs de Thieleman van Braght n’est pas né de rien. Il est l’aboutissement d’une longue tradition de recueils destinés à préserver le souvenir des chrétiens qui avaient souffert et donné leur vie pour leur foi. Son histoire remonte à près d’un siècle avant la publication de la première édition de l’ouvrage que nous connaissons aujourd’hui.
Le Miroir des martyrs s’inscrit dans cette lignée de mémoires et de témoignages. Avant l’édition monumentale de 1660, les anabaptistes avaient déjà pris l’habitude de consigner leurs souffrances dans d’autres recueils précieux, portant la mémoire des martyrs avec la même ferveur que les premiers chrétiens qui, dans des écrits parfois appelés les Acta (Actes des martyrs), honoraient leurs frères et sœurs mis à mort pour la foi. L’auteur, avec l’aide de Dieu, a voulu graver dans les cœurs cette histoire sainte. Comme l’écrit le psalmiste : « Elle a du prix aux yeux de l’Éternel, la mort de ceux qui l’aiment » (Ps 116:15).
En 1562, soit un an après le décès du prédicateur Menno Simons, parut clandestinement aux Pays-Bas Het Offer des Heeren (Le Sacrifice du Seigneur), premier martyrologe anabaptiste-mennonite imprimé connu. Petit et facile à dissimuler, ce recueil contenait des récits, des lettres, des cantiques et des comptes rendus d’entretiens ou d’interrogatoires. Il était destiné à consoler et à fortifier les croyants persécutés, et préparait ceux qui risquaient à leur tour de connaître le même sort à demeurer fidèles devant le sacrifice qui pouvait les attendre.[1]

Le recueil s’ouvrait sur le martyre d’Étienne, rapporté dans les Actes des apôtres, puis présentait le procès et l’exécution de Michael Sattler, l’un des premiers dirigeants des Frères suisses. Venait ensuite le témoignage d’Anna Janz, de Rotterdam, première martyre des Pays-Bas à y figurer. Ces récits et ces lettres furent largement lus parmi les anabaptistes. Au moins onze éditions sont connues entre 1562 et 1599, le recueil s’enrichissant progressivement de nouveaux témoignages. Ces textes constituèrent l’un des fondements des martyrologes plus volumineux du siècle suivant, puis du Miroir des martyrs.
Ces témoignages ne furent pas transmis uniquement par les récits et les lettres. Les chants en conservèrent aussi la mémoire et permirent aux assemblées de reprendre les paroles de ceux qui avaient souffert pour la foi. Lors de la préparation du grand recueil de 1615, plusieurs récits chantés furent mis en prose. Le texte que Van Braght recueillit et enrichit conservait ainsi la trace de cette transmission, à la fois écrite et chantée, de génération en génération.
Le recueil ne conservait pas seulement le souvenir des morts : ses lecteurs y trouvaient de quoi affermir leur propre témoignage. Le testament de Maeyken van Deventer, mise à mort en 1573, reprend ainsi plusieurs passages de celui qu’Anneken de Rotterdam avait laissé à son fils en 1539. En 1589, Joos de Tollenaere comparait les questions de ses interrogateurs à celles qu’il avait lues dans l’Offer-boeck. Les écrits des premiers martyrs préparaient ainsi d’autres croyants à demeurer fidèles dans l’épreuve.[2]
Sous l’impulsion de Hans de Ries et avec les matériaux réunis notamment par Jacques Outerman et Joost Govertsz, une Histoire des martyrs (Historie der Martelaren) fut publiée à Haarlem en 1615. Sa transmission fut malheureusement aussi marquée par les désaccords entre les assemblées. Pieter Janszoon Twisck, qui estimait que certains témoignages avaient été modifiés, en donna à Hoorn des versions revues en 1617 et en 1626, accompagnées d’une confession de foi. Préserver la mémoire des martyrs engageait donc aussi la fidélité à la doctrine qu’ils avaient confessée.[3]
En 1631 parut à Haarlem, chez Hans Passchiers van Wesbusch, une nouvelle édition intitulée Martelaers Spiegel der Werelose Christenen t’zedert Anno 1524 (Miroir des martyrs des chrétiens sans défense, depuis l’an 1524). Ce recueil, publié lorsque Van Braght avait six ans, est le premier de cette tradition martyrologique anabaptiste néerlandaise à porter le titre de Miroir des martyrs. Il reprenait les différents héritages des recueils de 1615, de 1617 et de 1626, et racontait principalement les souffrances des anabaptistes depuis 1524.
Quelques décennies plus tard, Thieleman Janszoon van Braght, serviteur[4] de l’assemblée mennonite de Dordrecht, entreprit de rééditer et d’enrichir cet ouvrage. Au départ, comme il le dit au début du livre, Van Braght comptait reprendre presque tel quel le Martelaers Spiegel der Werelose Christenen, publié à Haarlem en 1631, et y ajouter seulement quelques nouveaux récits. Au fil de ses recherches, toutefois, et poussé par l’inspiration divine, Van Braght élargit son projet bien au-delà de ce qu’il avait d’abord envisagé et ajouta plus de 400 pages de nouveaux matériaux au texte de 1631.
La première édition de son ouvrage, intitulée Het Bloedigh Tooneel der Doops-gesinde, en Weereloose Christenen (Le Théâtre sanglant des anabaptistes et chrétiens sans défense), fut publiée à Dordrecht en 1660. L’auteur reprend une grande partie du recueil de 1631, mais le remanie et l’augmente considérablement, en élargissant notamment le récit aux quinze premiers siècles de l’histoire chrétienne. Malgré son nouveau titre, sa page de titre reconnaît expressément cette filiation : il s’agit d’« une augmentation du précédent Miroir des martyrs » (de 1631). L’ouvrage était désormais composé de deux livres : le premier présentait l’histoire du baptême et des martyrs au cours des quinze premiers siècles de l’ère chrétienne, tandis que le second relatait les souffrances des anabaptistes aux XVIe et XVIIe siècles, de manière plus exhaustive.
Le Second livre conserve ainsi de nombreuses voix : lettres écrites en prison, confessions, comptes rendus d’interrogatoires, sentences et témoignages sur les dernières heures des condamnés. Les frères des anciens Pays-Bas y occupent une place prépondérante. Les frères de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche et de Moravie y sont également représentés, selon les documents dont les compilateurs avaient pu disposer.
Van Braght ne se contenta pas de reprendre les recueils antérieurs. Il rechercha aussi des documents permettant de préciser et de compléter les récits transmis. Par exemple, dans celui de Joris Wippe, il indique avoir retrouvé et recopié la sentence de mort dans les archives de Dordrecht. Il distingue cette pièce des renseignements repris du Martelaers Spiegel der Werelose Christenen (1631) et de ceux qu’il emprunte à Van Beverwijck sur les membres du tribunal, et prend soin de préciser que l’unanimité du jugement n’est pas établie. Ceci donne un aperçu concret du travail qui accompagna la préparation de son ouvrage.[5]
Cette organisation répondait à un dessein précis. Van Braght voulait montrer que la véritable Église de Christ ne s’était jamais éteinte depuis le temps des apôtres, mais qu’elle avait subsisté à travers les siècles, malgré les persécutions et les nombreuses déviations doctrinales. Les anabaptistes du XVIe siècle ne représentaient donc pas une nouvelle religion née de la Réforme, comme leurs opposants le prétendaient, mais les héritiers de cette Église fidèle, qui avait préservé les enseignements de Christ et de Ses apôtres, notamment le baptême des croyants et la non-résistance. Pour établir cette continuité, Van Braght s’appuya sur de nombreuses chroniques, confessions de foi et histoires de martyrs, retraçant les témoignages de la vraie foi depuis l’Église primitive jusqu’à son époque.
Conscient que son œuvre pouvait susciter des critiques, Van Braght prit grand soin de documenter ses affirmations à partir de nombreuses sources historiques. Dans le Premier livre, entièrement écrit de sa plume, il prit soin de citer plus de 300 ouvrages pour appuyer ses dires, laissant notamment divers auteurs catholiques démontrer eux-mêmes le caractère peu recommandable de divers papes.
Pour mener ce travail, Van Braght utilisa des chroniques et des histoires de martyrs provenant de milieux confessionnels divers. Certaines autorités anciennes lui étaient connues par l’intermédiaire d’ouvrages plus récents. Il rapprochait les versions dont il disposait, examinait leurs divergences et signalait parfois les incertitudes qu’il ne pouvait résoudre. Le Miroir porte ainsi la marque d’un travail de recherche et de comparaison, guidé par le souci de transmettre fidèlement les témoignages et de montrer la permanence de l’Église de Christ.[6]
Les archives de l’Église réformée de Dordrecht témoignent des tensions que suscitaient ses activités. En 1650, il fut convoqué devant le consistoire pour répondre de propos qu’il avait tenus publiquement contre la confession réformée. Le 12 février 1660, le même consistoire s’inquiéta de rumeurs concernant la publication prochaine d’un nouveau martyrologe mennonite et envisagea d’en référer au censeur des livres.[7]
C’est justement pour fortifier ses frères et sœurs que Van Braght tenait tant à publier ce livre. À une époque où les flammes des persécutions s’éteignaient peu à peu, il voyait bien le danger que la foi s’affaiblisse dans le confort d’un monde épris de prospérité. Face à cette menace, ce livre devait constituer un rempart, un appel vibrant à ne pas oublier les sacrifices des anciens. L’Église, forgée dans le feu du rejet et du sang, avait porté sa croix avec une fidélité inébranlable, à travers seize siècles de persécution. Puis, au XVIIe siècle, dans les Pays-Bas entrés dans leur Siècle d’or, une tolérance nouvelle apparut, accompagnée de richesses et de tentations d’assimilation et de dilution. Plusieurs anabaptistes, attirés par l’aisance et les choses mondaines, oublièrent les commandements de Dieu. « Ne déplace pas la borne ancienne, que tes pères ont posée » (Pr 22:28). « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi » (Hé 13:7). Dans ce contexte, il fallait que des voix s’élèvent pour rappeler l’essence de la foi : une vie entièrement soumise à Christ, coûte que coûte, sans compromis.
Dans sa préface, Van Braght souligne que le danger n’avait pas disparu avec l’apaisement des persécutions : il avait changé de forme. Satan, qui venait autrefois ouvertement comme un lion rugissant, se présentait désormais comme un ange de lumière. La sécurité et l’aisance pouvaient endormir les consciences, tandis que des enseignements séduisants menaçaient la foi et la vie chrétienne séparée du monde, rendu si attirant par les plaisirs mondains aisément accessibles.
En somme, le Miroir des martyrs n’est pas seulement un recueil de centaines de récits de martyrs : il constitue également une réponse à plusieurs martyrologes mennonites publiés auparavant. Van Braght s’inquiétait de voir certains mennonites se réclamer de la lignée des martyrs et se présenter comme les gardiens de leur héritage, tout en s’éloignant de la foi qu’ils avaient professée. Les divisions entre les assemblées donnaient en outre prise à l’accusation selon laquelle les anabaptistes n’étaient que des sectaires interprétant la Bible selon leur propre jugement. Il fallait rappeler que la fidélité envers Dieu exigeait de conserver la foi des anciens martyrs et de suivre leur exemple.
Ainsi, d’une part, le Miroir des martyrs défend les doctrines du baptême des croyants, de la non-résistance et de l’Église en tant que corps de Christ, face à l’Église catholique romaine, à l’Église luthérienne, à l’Église zwinglienne et à l’Église réformée des Pays-Bas. D’autre part, l’ouvrage combat les tendances qui poussaient certains mennonites à adopter les conceptions théologiques d’autres Églises et à abandonner les principes anabaptistes. Les confessions de foi et les témoignages des martyrs permettaient de rappeler aux assemblées divisées la foi reçue des apôtres. Ainsi, le Miroir des martyrs était à la fois un témoignage historique, une défense de la foi transmise depuis les apôtres et un appel à la fidélité.
La non-résistance n’était pas seulement un souvenir du temps des bûchers. Même lorsque les exécutions diminuaient, le refus de prendre les armes ou d’assurer certains services de garde exposait encore les croyants à des pressions et à des sanctions. En retraçant les témoignages de cette fidélité à travers les siècles, Van Braght répondait donc aussi aux épreuves de son temps.[8]
En 1685, vingt et un ans après la mort de Van Braght, survenue en 1664, à l’âge de 39 ans, une deuxième édition parut à Amsterdam. Son titre réunissait désormais les deux appellations : Het Bloedig Tooneel, of Martelaers Spiegel der Doops-gesinde of Weereloose Christenen (Le Théâtre sanglant, ou Miroir des martyrs des anabaptistes ou chrétiens sans défense). Elle comportait des corrections, des ajouts (notamment les persécutions en Suisse jusqu’en 1672) et des illustrations représentant les souffrances des martyrs. C’est sous cette forme monumentale que l’ouvrage acquit une renommée durable.[9]
Dans leur avertissement, les éditeurs présentent les changements apportés depuis 1660 et précisent : « Nous avons surtout enrichi l’index du Second livre, en y répertoriant non seulement les nouveaux documents insérés dans l’ouvrage, mais aussi, tout particulièrement, des lettres et d’autres éléments importants qui n’étaient pas mentionnés dans l’ancien index. » Les ajouts de 1685 prolongent le récit jusqu’en 1672 : l’ouvrage couvre ainsi la période allant du temps de Christ à cette dernière année.
Le Miroir des martyrs, martyrologe d’une ampleur exceptionnelle, contenant notamment des confessions de foi importantes, dont celle de Dordrecht (1632), fut largement diffusé aux Pays-Bas et accompagna l’émigration anabaptiste vers l’Amérique du Nord, bien que les exemplaires dans sa langue d’origine soient devenus très rares.
Les mennonites de Pennsylvanie souhaitaient transmettre ces témoignages à leurs enfants, qui lisaient l’allemand plutôt que le néerlandais. Dans des lettres de 1742 et de 1745, ils demandèrent l’aide de leurs frères des Pays-Bas, préoccupés par la fidélité des générations suivantes devant la menace de guerre. Un petit choix de récits avait déjà paru en allemand en 1745. La traduction intégrale fut finalement entreprise à Ephrata, en Pennsylvanie. Peter Miller la réalisa, tandis que Heinrich Funck et Dielman Kolb en contrôlaient la fidélité au néerlandais. La première partie parut en 1748 et la seconde en 1749, sous le titre Der blutige Schauplatz, oder Märtyrer-Spiegel der Tauffsgesinnten oder Wehrlosen Christen.[10]
La menace de guerre pesait alors sur la colonie, et les mennonites subissaient les pressions de leurs voisins pour s’associer à l’effort militaire contre les Français et les Amérindiens. Ce volume de quelque 1 512 pages demeura, jusqu’à la guerre d’Indépendance américaine, le plus gros livre jamais imprimé dans les colonies d’Amérique du Nord. Une édition de cette traduction parut en 1780 à Pirmasens et se répandit au Palatinat, en Alsace et ailleurs en Europe, où elle marqua profondément les assemblées anabaptistes de langue allemande. Régulièrement réimprimée en Amérique, la traduction de Miller reste très répandue dans les communautés mennonites germanophones, en particulier aux États-Unis et au Canada.
Une première traduction anglaise, réalisée par Israel Daniel Rupp à partir de l’allemand de Peter Miller, parut à Lancaster en 1836–1837. Une autre traduction, directement faite du néerlandais par Benjamin Millard puis poursuivie par Edward Bean Underhill, fut publiée à Londres en deux volumes en 1850 et 1853 ; elle demeura inachevée. Celle de Joseph F. Sohm (Martyrs Mirror), publiée aux États-Unis en 1886, repose principalement sur l’édition néerlandaise de 1685. La version de Rupp est aujourd’hui très rare ; celle de Sohm demeure bien connue en Amérique du Nord, notamment au sein des communautés mennonites et amish.[11]
Une autre version allemande, remaniée, a paru en Allemagne en 2025, illustrée et en trois volumes, dans une langue plus accessible au lecteur d’aujourd’hui. En français, quelques récits, souvent sous forme abrégée, ont paru 2003 et en 2013, sous les titres Miroir des martyrs et Dans le ventre de la baleine. À son tour, la traduction intégrale actuellement en cours de révision s’inscrit dans cette longue histoire, tandis qu’une traduction espagnole est également en préparation.
Ainsi, du petit livre que les croyants persécutés pouvaient dissimuler sous leurs vêtements jusqu’au vaste ouvrage destiné à transmettre leur mémoire aux générations futures, le Miroir des martyrs a traversé les siècles sans perdre sa raison d’être : rappeler le témoignage de ceux qui sont demeurés fidèles à Christ jusqu’à la mort.
[1] Samuel Cramer, introduction bibliographique à Het Offer des Heeren, Bibliotheca Reformatoria Neerlandica, t. II, 1904, p. 8–9 et 38–39. Voir aussi la préface de Van Braght à ses amis et compagnons en Jésus-Christ.
[2] James W. Lowry, The Martyrs’ Mirror Made Plain, p. 68–70 et 75–77 ; Thieleman van Braght, Martyrs Mirror, trad. Joseph F. Sohm, 1886, p. 453–454, 977–979 et 1072.
[3] Olivier Donneau, Le martyre et le temps. Tieleman Jansz. van Braght, le martyrologe mennonite et l’histoire, mémoire de DEA en histoire des religions, Université de Liège, 1997–1998, p. 69–71.
[4] Ministre, enseignant, ou ancien.
[5] Thieleman van Braght, Martyrs Mirror, trad. Joseph F. Sohm, 1886, Second livre, p. 585, récit de Joris Wippe. La sentence est distinguée des renseignements empruntés à Van Beverwijck.
[6] Donneau, p. 79–87, notamment p. 85–86 ; sur la succession doctrinale et personnelle et la permanence réelle de l’Église selon Van Braght, p. 117–118, 128 et 131–132.
[7] Actes du consistoire réformé de Dordrecht, 12 février 1660, archives 27, inv. 7, f. 137, transcription d’André den Haan ; pour 1650, Donneau, p. 65–66.
[8] Lowry, p. 107–114.
[9] Lowry, p. 72–74 ; David Luthy, A History of the Printings of The Martyrs’ Mirror: Dutch • German • English 1660–2012, Pathway Publishers, 2013, p. 10–11 et 66. Les adresses de libraires varient selon les exemplaires ; certains portent les noms de Hieronymus Sweerts, Jan ten Hoorn, Jan Bouman et Daniel van den Dalen.
[10] Lowry, p. 80–82 ; Luthy, p. 12–16. La demande du 19 octobre 1745 est reproduite par Luthy d’après Mennonite Year Book and Almanac, 1910, p. 25–27.
[11] Lowry, p. 71–73 et 82 ; Luthy, p. 59–60.