Voyage au pays des Nagas (partie I)

Rebonjour tout le monde! Voici un rapport de mon voyage dans l’État du Manipour, il y a un mois environ. Je suis navré d’avoir mis si longtemps à le composer, je n’ai eu que très peu de temps récemment pour écrire, à part ma correspondance personnelle. Vous pouvez vous abonner à mes lettres si celle-ci vous plaît. J’écris une lettre à tous les mois environ, mais pas toujours dans le même style. Dans ces quelques pages, je raconterai comment moi, Hugues Andries, et Bryan Dirks, lui aussi missionnaire avec moi en Inde, sommes allés visiter des missionnaires américains au Manipour (Shane et Rachel Koehn et leurs trois enfants, Sherlyn Friesen, tutrice de leurs enfants, et Nelson et Marilyn Dyck), ainsi que des membres de l’Église récemment baptisés (Shangba et Rhina Maram et Kabijohn). N’hésitez pas à critiquer ou à poser des questions!

Voyage au pays des Nagas

« Il n’y a que deux sortes d’individus, ceux avec des meubles et ceux avec des valises. »
Albert Londres

Depuis longtemps, Bryan et moi parlions d’aller voir nos frères et sœurs au Manipour. Nous y avons deux couples de missionnaires, une enseignante venue des États-Unis, et depuis peu trois membres issus de la tribu Maram Naga. Les missionnaires sont Nelson et Marilyn Dyck (de l’Ohio), Shane et Rachel Koehn et trois enfants ainsi que Sherlyn Friesen (tous de l’Idaho). Les membres de l’Église locale sont T. Shangba et Rhina Maram (un couple dans la trentaine) et Kabijohn, un jeune diplômé en sociologie âgé de 22 ans.

C’est donc pour voir ces gens que nous voulions aller visiter cette région au nord-est de l’Inde. Nous avions déjà rencontré Shane, Rachel, Samantha, Béthanie et Jesse lors de leur passage par Siliguri en route vers le Népal. Les autres nous étaient tous étrangers. Nous voulions comprendre comment leur petite assemblée d’une trentaine de personnes fonctionnait et vivre les mêmes expériences que nos missionnaires là-bas. Comme nous avons de nombreux voisins ici à Siliguri qui viennent du Manipour, nous avions aussi hâte de savoir de quoi ils parlaient lorsqu’ils parlaient de leur culture, de leur nourriture, du paysage de leur région, de leur histoire de chasseurs de têtes, etc.

Après avoir souvent parlé de voyager dans le Nord-Est, voici que nous avons enfin eu l’oreille de nos superviseurs : nous les avons convaincus du fait que nous n’étions pas très occupés et qu’il valait mieux nous envoyer en visite chez nos frères Nagas que de nous laisser désœuvrés.

Nous voilà donc en gare de Siliguri, le 26 mai, attendant le Capital Express. (En fait, nos premiers billets étaient datés du 22, mais Bryan avait une telle fièvre le 14 et le 15 que nous avions repoussé notre voyage de quelques jours.) Michael et Mélissa et leurs deux enfants nous ont accompagnés à la gare. Le train n’arrive pas. Je pratique mon hindi avec un policier musulman pendant une heure. On nous apprend que notre train qui devait arriver à 12h35 n’arrivera pas bien avant 14h. Bryan, quant à lui, parle à un jeune garçon puis à un groupe de touristes : 3 Suédois, une Suédoise, et un Italien. Ils attendent un autre train, qui a 25 heures de retard… Il fait chaud, vivement la fraîcheur des montagnes du Manipour!
Enfin, vers 15h, notre train se pointe à l’horizon. Pas trop tôt, mais j’ai pitié des Suédois, ils sont toujours sur le quai. Ils reviennent de quelques semaines dans l’Himalaya, et je crois qu’ils ont très chaud. Ils vont avoir encore plus chaud à Bénarès, leur prochaine étape.
Une fois notre compartiment trouvé, nous commençons à admirer le paysage qui défile devant nos yeux. Nous n’avons jamais pris le train vers l’est de Siliguri, seulement vers Calcutta, au sud. Nous reconnaissons le paysage pendant la première demi-heure du trajet, car nous l’avons déjà observé depuis notre Mahindra Scorpio lors de nos camps d’aide médicale dans cette région du piémont de l’Himalaya appelée « Dooars ». Plus tard, nous observons les montagnes du Bhoutan se profiler à l’horizon. Comme il fait un peu trop frais dans notre compartiment climatisé, je finis par passer le plus clair de mon temps debout ou même accroupi dans l’embrasure de la porte d’accès de la voiture. À la tombée de la nuit, je reviens à ma couchette pour bavarder un brin avec Bryan, avant de m’endormir. Un cheminot très attentionné (et peut-être intéressé) nous offre ses services : faire nos lits, nous apporter du thé, nous acheter un repas à la prochaine gare (Alipourdouar). C’est ainsi que nous nous retrouvons en train de manger du pouri et un ragoût de pommes de terre. Évidemment, une fois notre festin terminé, notre ami se pointe pour percevoir ses gages. Il ne veut pas me dire combien il a payé pour cette nourriture, espérant que je tombe dans le piège. Je savais d’avance qu’il voudrait un somme rondelette, mais je ne lui en veux pas, c’est de bonne guerre. Je lui donne donc 300 roupies (5 dollars) pour le repas pour deux et pour ses services. Il veut 100 roupies de plus, je refuse, il n’insiste pas… J’ai dû trop le payer déjà. Dodo.
Je me réveille en sueur, le rideau de ma couchette est tiré, ce qui empêche une climatisation efficace. Nous sommes presque en vue de Kamakhya, le terminus. Dans l’obscurité profonde, je distingue que nous sommes en train de franchir le célèbre Brahmapoutre, que je n’ai encore jamais vu. Nous arrivons à Kamakhya vers minuit, avec trois heures de retard. Il s’agit maintenant de trouver un hôtel encore ouvert à cette heure-ci. L’humidité et une odeur putride nous environnent, les moustiques sont légion. Nous sommes donc maintenant le 27, je devrais amorcer un autre paragraphe.

 

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En rouge, les étapes en train: de Siliguri à Gauhati et de Dimapour à Siliguri au retour. En bleu, le trajet en avion de Gauhati à Imphal. En vert, les trajets en voiture d’Imphal à Maram et de Maram à Dimapour en passant par Kohima. Point jaune: Maram.

 

Mardi le 27 mai 2014.

Un taxiwala (chauffeur de taxi à trois roues) appelle un ami aubergiste. Ça s’arrange : il nous conduit à l’hôtel où nous trouvons une chambre pour 1250 roupies, ce qui n’est pas mal à cette heure du matin! Bien sûr, elle n’est pas climatisée, mais il y a un ventilateur, une douche, … et des moustiques. Nous passons une nuit relativement reposante. Bryan se lève vers six heures, moi vers 7h30. (J’ignorais à l’époque qu’il était fiancé et que c’est pour parler à sa famille et à sa fiancée que Bryan s’était esquivé si tôt.)
Après avoir réglé la note et trouvé notre déjeuner au fond d’une ruelle nauséabonde, nous montons à bord d’un taxi qui nous mènera à l’aéroport pour la coquette somme de 400 roupies. Nous arrivons bien à l’heure, ce qui nous permet de déguster du chocolat et les banalités écrites par quelques journalistes, surtout au sujet du résultat des élections récentes ici en Inde.
Après un vol sans histoire de moins d’une heure, nous atterrissons sur le plateau d’Imphal, région centrale du Manipour, dont nous avons pu admirer la beauté depuis la troposphère. L’une des particularités du paysage est la profusion de petits massifs couleur ocre qui s’élèvent tels des taupières dans la plaine remplie de rizières.
Ah oui, j’oubliais qu’à notre entrée au Manipour, nous avons eu droit à l’interrogatoire de routine auquel tous les étrangers sont sujets. Nous avons informé les services de renseignement de certaines des raisons de notre voyage, j’ai appelé notre frère Shangba pour qu’il parle à l’officier, ce qui lui a permis de recouper mes informations et de vérifier que nous serions correctement hébergés. J’emboîte le pas à Bryan, qui se dirige déjà vers la sortie où Shane et Rachel nous attendent. Nous faisons aussi la connaissance de Sherilyn, enseignante de leurs trois enfants. Après un frugal sandwich (très rare dans ce pays), nous prenons l’autoroute nationale qui relie le Manipour au reste de l’Inde. Cette route, nous la remontons jusqu’à Maram, où habitent nos amis. En 1944, les Britanniques empruntaient péniblement cette même route dans le sens inverse, c’est-à-dire du nord au sud depuis Kohima, pour libérer Imphal, alors assiégée par les Japonais. Je reviendrai plus tard sur ces âpres combats entre des forces nippones sous-équipées, malades et pratiquement à pied, contre des Britanniques faisant face à des velléités indépendantistes dans tout l’empire des Indes.
Arrivés chez Shane et Rachel, nous n’avons que le temps de prendre une petite douche froide avec un pichet que nous plongions dans un seau de 20 litres, avant de nous rendre à la soirée de chant chez notre frère Shangba. Là nous rencontrons aussi Kabijohn, notre frère de 22 ans, ainsi qu’une dizaine d’autres garçons, surtout étudiants à l’Université Don Bosco qui n’est qu’à trois ou quatre kilomètres de là. La majorité des enfants de l’orphelinat de Shangba, mêlés à ses propres enfants, a également répondu présent. La soirée se passe bien : une mante religieuse persiste à se poser sur mon recueil de chants, puis s’attaque au dos de mon voisin, avant d’être jetée au sol d’un revers de ma main. Nous apprenons un ou deux nouveaux chants, en anglais comme en maram naga. Nous quittons les lieux impatients de voir un autre jour poindre afin de mieux connaître nos nouveaux amis si sympathiques.

Mercredi, le 28 mai 2014

Pas de courant. Nous profitons de la journée pour passer le plus clair de notre temps dehors : soit à admirer ce nouveau paysage, soit en faisant des filets de poisson-chat, soit en creusant une tranchée pour un nouveau drain souterrain qui devrait empêcher l’eau de rester piégée derrière la maison. La maison est bâtie sur le flanc d’un fort escarpement, au milieu d’une forêt de pins. Comme la maison se situe dans une clairière, la vue est indescriptible… Mais il paraît qu’il y a un inconvénient : lorsqu’il pleut, l’eau s’accumule au pied du mur de la demeure et crée un nid moustique. Nous creusons donc une tranchée de 35 centimètres de profondeur avec une pioche, une pelle et un seau, pour poser le drain; ce qui ne sera pas sans conséquence pour mes mains et mon dos, devenus peu accoutumés à ce genre de travail.
À midi, les autres missionnaires, Nelson et Marilyn Dyck, se joignent à nous pour faire honneur au poisson que Shane a préparé.
En fin d’après-midi, Kabijohn, John, et Paharyii (prononcer paheurw) s’embarquent avec Bryan Shane et moi pour aller acheter des provisions pour le pique-nique du lendemain. Les marchands du bazar de Maram sont presque tous des hindiphones venus du Bihar ou des Népalis. Nous employons donc amplement nos connaissances de hindi avec eux, ce qui a le don de peindre un sourire sur leurs lèvres et de peut-être faire baisser les prix.
Le souper se déroule sous la faible lumière d’une lampe à batterie solaire. Au fond, c’est une journée qui m’aura redonné envie de travailler physiquement, après avoir passé neuf mois à user le fond de mon pantalon sur la chaise en plastique du bureau de Siliguri ou dans le salon des croyants qui nous invitent à prendre le thé (chaï) chez eux.

terasses riz

 

Jeudi, le 29 mai

Le grand jour du pique-nique! Hop! Après un (petit) déjeuner sans histoire, mais délicieux, nous entamons une journée qui s’avérera remplie d’histoires, et qui semble déjà alléchante. Le ciel est couvert, il se met à crachiner. Vite, j’assiste Shane comme je peux. Il pose une toile au-dessus du coffre du pickup (un Mahindra Bolero Camper 4X4), qu’il fixe solidement à l’armature grâce à son expertise en matière de nœuds et compagnie. En route! Nous nous arrêtons chez Kabijohn pour embarquer le reste des provisions et de la troupe. Les femmes nous suivent dans le Boléro (roues motrices) de Nelson. Je m’installe confortablement dans la cabine du Camper avec quelques garçons, Shangba, et Shane. Bryan et cinq autres garçons se font une place dans le coffre sous la toile.
Après une demi-heure de route sur la route asphaltée, Shane braque à gauche et descend un chemin escarpé en gravier. En descendant graduellement vers la rivière où se tiendra le repas, nous passons d’abord par une forêt dont la plupart des arbres viennent d’être coupés. La rivière se trouve maintenant à 700 mètres plus bas selon le GPS. Ensuite c’est la forêt (quasi) vierge, très verte, mais ponctuée par les couleurs parfois vives des orchidées omniprésentes. Comme cela me change des bougainvillées que nous trouvons à Siliguri… Au détour du chemin, nous apercevons une clairière où quelques indigènes élèvent des chèvres et des buffles, dont la viande est très appréciée dans cette contrée, contrairement au reste de l’Inde. Après près d’une heure de zigzag dans la jungle, Nelson décide que la pente devient trop abrupte pour lui permettre de rebrousser chemin plus tard (nous avons déjà dû pousser son véhicule une fois, lorsque son châssis avait raboté le sol), ce qui oblige certains d’entre nous à marcher à partir de ce point.
J’en profite pour parler de mon enfance avec Kabijohn, qui me raconte la sienne ainsi que les péripéties au long du parcours qui l’a mené à devenir membre de l’Église. Nous tombons enfin sur l’endroit où le Camper a dû s’arrêter. Nous sommes à côté des quelques terrasses où l’on s’apprête à planter du riz. Le paysage me rappelle singulièrement les images de la guerre d’Indochine qui sont à jamais gravées dans mon esprit, ou encore « le pont sur la rivière Kwaï », dont le cadre est la Birmanie voisine. Nous prenons chacun notre part du fardeau, puis à la queue leu leu, nous dévalons un sentier boueux qui longe la falaise entre les lianes. À un moment donné, il faut sauter sur un rocher 60 centimètres plus bas, ce qui n’est pas aisé quand on a des sandales crottées et une marmite remplie de vaisselle entre les mains. Les dames ont eu un peu de mal là; je pense que c’est surtout leur dignité qui a souffert, ce qui n’est pas un moindre mal. La rivière dans laquelle nous avions pensé pouvoir nager est aussi brune que du chaï. Je pense que je passerai cette fois.
Au travail! Les hommes vont chercher du bois pour le feu. Ils vont aussi chercher du bambou pour édifier une tente qui nous abritera au cas où la pluie se remettrait à tomber et pour construire un petit radeau. Les femmes épluchent l’ail et les oignons. Au bord de la rivière, j’aide Kabijohn à laver les intestins des trois poulets étranglés pour l’occasion (nous les avions amenés jusqu’ici vivants). Tout le poulet y passera, les seules parties qu’on ne mange pas sont les plumes et ce qu’il y avait dans les intestins… Je passe aussi une partie de mon temps à parler de la traduction d’un livre en hindi (Une Étude de Doctrine chrétienne en français).* mon tuteur de hindi est le traducteur de ce livre, je dois lui demander d’accélérer le rythme afin que nous ayons le temps de travailler la typographie avant le premier août, date à laquelle Nelson et Marilyn iront au Rajasthan aider de nouveaux croyants à comprendre les Écritures.
Bref, la journée se passe bien, le soleil sort de sa cachette, et je déguste l’un des meilleurs repas jamais imaginés. Paharyii nous gâte en se jetant dans l’eau nous offrant un spectacle de natation dans le courant qui semble plutôt fort. Il grimpera aussi à quelques reprises sur des arbres pour en arracher des orchidées de toutes sortes pour les dames. Il est un athlète complet : on dit qu’il participe souvent aux marathons de la région montagneuse de Maram et qu’on l’a même exclu des tournois de foot de la tribu Maram parce qu’il est trop bon, sous prétexte qu’il ne fait pas partie de la même tribu… Dommage pour lui!

orchidée manipour 2 orchidée manipour

Orchidées du Manipour

Enfin, nous revenons chez Shane et Rachel, fourbus de fatigue et d’excitation. Il fait déjà nuit. Je suis si heureux d’avoir pu parler à Kabijohn et à Shangba au sujet des nombreuses persécutions auxquelles ils font face depuis qu’ils ont choisi de se joindre à l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Les baptistes ont plusieurs fois menacé Shangba détruire sa maison, son lieu de culte, de le bouter hors de la région administrée par la tribu… Rien n’y fait, il tient bon. Priez pour lui, il a une lourde charge : un orphelinat en plus de ses cinq ou six enfants, une école pour les enfants défavorisés, une auberge pour des étudiants à l’Université Don Bosco… Tout cela sans mécène permanent depuis qu’il a quitté l’Église baptiste.

à suivre en partie II…

Seul avec vos fardeaux?

(Jésus dit:) Je vous laisse la paix; je vous donne ma paix; je ne vous donne pas, moi, comme le monde donne. Que votre cœur ne soit pas troublé, ni craintif.

Jean 14. 27

Rejetez sur lui tout votre souci, car il prend soin de vous.

1 Pierre 5. 7

Seul avec vos fardeaux?

Cet étudiant qui échoue à ses examens, ce chef d’entreprise contraint de déposer le bilan, ce père de famille accidenté, ces victimes de guerres fratricides sans fin, qui s’en soucie vraiment? Jour après jour, nous apprenons de tels faits divers; ils occupent notre esprit quelque temps, ensuite… nous les oublions. Comment se mettre vraiment à la place des autres? Et puis, chacun a ses soucis…

La Bible rapporte ainsi le désespoir d’un homme: “Il n’y a personne qui me reconnaisse; tout refuge est perdu pour moi; il n’y a personne qui s’enquière de mon âme” (Psaume 142. 4).

Personne? Non, il y a une exception: Dieu lui-même, notre créateur, Seigneur du ciel et de la terre, s’intéresse à chacun de nous. N’est-il pas celui qui donne la vie et la respiration, et toutes choses? (Lire Actes 17. 22-28) Jésus dit aux foules, pour montrer à quel point l’existence de chacun de nous compte pour lui: “Même les cheveux de votre tête sont tous comptés” (Luc 12. 7).

Peut-être avez-vous ignoré jusqu’ici son existence, tout en profitant de ses dons journaliers. Ne fait-il pas “lever son soleil sur les méchants et sur les bons” (Matthieu 5. 45)? Dieu est même venu en personne sur cette terre en Jésus, son Fils. Dieu le Fils a été proche des êtres humains, qui ont pu le voir, l’écouter, le toucher. Crucifié pour que l’homme puisse s’approcher de Dieu, Jésus est ressuscité. Avant de quitter les siens, il leur a dit, comme à chaque croyant: “Moi je suis avec vous tous les jours, jusqu’à l’achèvement du siècle” (Matthieu 28. 20).

 

Lu sur le site de « la bonne semence »

Et si je rate?

Confie-toi de tout ton cœur à l’Éternel, et ne t’appuie pas sur ton intelligence; dans toutes tes voies connais-le, et il dirigera tes sentiers.

Proverbes 3. 5, 6

Remets ta voie sur l’Éternel, et confie-toi en lui.

Psaume 37. 5

Si je rate…

Devant les portes du centre d’examen, les étudiants se pressent. Après avoir travaillé dur, ils viennent passer aujourd’hui “le concours”, but de leurs efforts. Les candidats sont nombreux, mais très peu seront pris.

En attendant qu’on les appelle, certains discutent:

– Quand je pense que tout mon avenir va se jouer dans les heures qui viennent, j’ai froid dans le dos, gémit Romain.

– J’ai tout misé sur ce concours. Si je rate… Non, je n’ose même pas y penser… marmonne un autre étudiant.

– Moi, si je rate, je n’ai plus d’avenir, déclare un redoublant.

Luc écoute ses camarades en silence. Lui aussi a travaillé dur. Il est stressé ce matin, comme tout le monde. Il aimerait bien réussir. Mais Luc est chrétien, et son état d’esprit est différent. Il s’est bien préparé, mais il a remis à Dieu son Père l’issue de ses efforts. “Si je rate?” Eh bien, Luc sait que Dieu fait travailler toutes choses – toutes, donc aussi un échec éventuel – pour son bien (Romains 8. 28).

Jeunes croyants, estimez comme une expérience particulièrement utile de traverser ces moments d’incertitude avec Dieu. N’oubliez pas non plus le vrai but de votre vie, votre avenir céleste, qui vous est déjà assuré. Quel contraste avec ceux qui n’ont pas d’espérance! Vous avez appris à vous mobiliser pour réussir une étape de votre vie sur la terre. Que cela vous aide à vous consacrer au Christ, à mieux l’aimer, le connaître, le suivre et le servir.

Je me souviens des jours où j’étais tellement stressé à cause de mes examens du Bac, auxquels je me sentais mal préparé parce que toute mon éducation s’était effectuée à distance. Les espoirs que mon père fondait sur mes résultats me pesaient énormément. Je ne parvenais pas à me soustraire à la crainte de sa réaction lorsqu’il verrait mes notes, qui seraient certainement plus basses qu’il n’espérait. Je dramatisais; déprimé,  j’avais des insomnies. Quel poids pour mon jeune âge!

Dieu n’a pas voulu que l’homme ait à supporter ces épreuves par sa propre force. Certains y parviennent, mais d’autres ne supportent pas le pression que la société exerce sur eux et finissent par craquer, tombant dans les abîmes de la déprime, de la révolte ou du suicide. Si j’avais été plus attentif à la voix de Dieu à cette époque, j’aurais compris qu’il me chuchotait doucement que je n’avais pas à supporter ce fardeau, qu’il avait porté mes épreuves pour moi sur la croix, et que si seulement j’acceptais son sang rédempteur et que je lui confiais toute ma vie, sachant qu’il il est tout puissant, et qu’il connaît déjà mon avenir, j’aurais pu être beaucoup plus serein.

Souvenons-nous que même si nous raton l’une des épreuves que la société cherche à imposer sur nos vies, rien n’est perdu, et que Dieu a un plan pour nous qui dépasse ce que nous imaginions. Dieu n’a pas seulement besoin de bacheliers, de professeurs, d’hommes d’affaires, ou encore de théologiens. L’homme le plus doué du monde est inutile à Dieu, s’il n’a pas l’humilité de soumettre sa vie à la volonté de son Créateur. Dieu n’a jamais créé de la camelote. Chaque homme peut lui être utile d’une manière entièrement unique.

 

Le duc et le galérien

À l’époque où la France entretenait encore une flotte importante de galères sur la Méditerranée, il y avait parfois de nombreux prisonniers politiques et religieux qui étaient condamnés à devenir galériens, ce qui était un sort bien moins enviable que celui de croupir en prison. Mais on sait aussi qu’il y avait de nombreux criminels à bord, qui méritaient de perdre leur liberté.

Ce récit n’est pas celui des Huguenots galériens que l’on peut lire dans des livres tels que « Le baron de Salgas » de Sabine Malpach. Je suis sûr que vous avez tous lu des romans ou des histoires vraies au sujet de ceux qui furent condamnés aux galères injustement. La petite anecdote dont je vais parler n’a rien à voir avec ces injustices. Il s’agit d’une histoire vraie dont la morale est à la portée de tous.

Un duc, personnage éminent à la cour de Louis XIV, était de visite à Marseille. Il décida de monter sur une galère. En marchant parmi les galériens, le duc se mit à en interroger certains, leur demandant pourquoi ils se trouvaient à bord. L’un des galériens invoqua une fausse accusation, l’autre dit que le juge avait été corrompu, et ainsi de suite tous les galériens interrogés semblaient être victimes d’une justice partiale et corrompue.
Mais un homme fit exception; il dit : «Monsieur, je mérite mon sort. J’ai volé de l’argent. Je suis le seul coupable. »
Après un instant de réflexion de duc répliqua : « Ah maraud! Que fais-tu donc en compagnie de tous ces honnêtes hommes? Sors d’ici, tu ne mérites pas d’être parmi eux! » C’est ainsi qu’un galérien pénitent retrouva la liberté.

La clé de ma liberté se trouve là aussi : avouer. Avouer que j’ai péché, que je suis un pécheur de nature, et que j’ai cruellement besoin de pardon. Ce n’est pas en avouant que j’ai transgressé que je suis déclaré juste; au contraire, cette justice vient de Dieu à travers notre foi en Jésus-Christ. Mais la confession est un pas important vers la repentance et la foi salutaire.

Le péché est si trompeur. Il peut être tellement difficile à reconnaître en nous-même. Il est pénible d’avouer le péché ouvertement. Cela peut mener au pécher de l’autojustification ou du pharisaïsme; péché rarement confessé, mais si souvent présent dans nos vies.

Jésus fait grâce aujourd’hui… mais demain?

Là où le péché abondait, la grâce a surabondé.

Romains 5. 20

Maintenant… la justice de Dieu est manifestée…, la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ envers tous, et sur tous ceux qui croient.

Romains 3. 21, 22

Aujourd’hui Jésus pardonne

On raconte qu’un prince parcourait les rues de sa ville, en Inde, lorsqu’il aperçut un attroupement. On lui amena alors un homme surpris en flagrant délit de vol afin qu’il le punisse. Le prince répondit simplement: “Je ne suis pas au tribunal, je fais grâce à cet homme”. Puis il conseilla au voleur de changer de conduite. Cet homme, heureux d’être laissé en liberté, avait une belle occasion de devenir honnête, mais il préféra continuer à voler et finit même par tuer. Arrêté et emprisonné, il fut à nouveau conduit devant le prince, mais au tribunal cette fois-ci. Il avait espéré encore le pardon, mais il fut condamné à la pendaison. Peut-être comprit-il, malheureusement trop tard, qu’il avait abusé de la grâce dont il avait bénéficié.

La Bible déclare que nous sommes tous injustes et pécheurs devant le Dieu saint (Romains 3. 10, 23). Mais Dieu est aussi amour (1 Jean 4. 8) et il nous révèle sa grâce merveilleuse accordée par Jésus, mort pour nos fautes et pour nos péchés (1 Corinthiens 15. 3). Ne méprisons pas sa bonté. Dieu nous assure que celui qui entend sa parole, et qui croit en Jésus le Sauveur, a la vie éternelle. Il ne viendra pas en jugement, mais il passe de la mort à la vie (Jean 5. 24). Jésus Christ est aujourd’hui le Sauveur; un jour il sera le Juge de ceux qui auront refusé son pardon. “Méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longue attente, ignorant que la bonté de Dieu te pousse à la repentance?” (Romains 2. 4)

Nourriture équilibrée

Mettez la Parole en pratique, et ne vous contentez pas de l’écouter.

Jacques 1. 22

Équilibre spirituel

Les médias nous donnent beaucoup de conseils raisonnables pour garder une bonne forme physique: “Mangez de façon équilibrée – ni trop salé, ni trop sucré, ni trop gras… Adaptez votre alimentation à votre âge… Faites de l’exercice”.

On peut transposer ces principes à la santé spirituelle du chrétien. Il se nourrit par la lecture de la Bible. Il y a certains principes à respecter:

– Manger de façon équilibrée: On recommande de varier les aliments (légumes, féculents, laitages…) pour ne pas souffrir de carences. De même, il est bon de lire toute la Parole de Dieu. Elle comporte des enseignements riches et variés; ne nous limitons pas toujours aux mêmes textes. Je me souviens d’un temps dans ma vie où je ne lisais que dans les épîtres de Paul. Bien qu’il y ait beaucoup d’enseignements et de nourritures spirituelle dans ses écrits, cela de vite monotone et lassant: je tombais si souvent sur les mêmes versets. Il faut lire l’Ancien Testament aussi, car celui-ci comporte un nombre surprenant de parallèles avec la vie du chrétien. Il est bon de connaître l’histoire du peuple de Dieu. Les Évangiles sont aussi très nécessaires car ils contiennent les paroles de Jésus lui-même, en termes simples, (pas aussi détaillé que Paul, mais applicable à toutes les situations de la vie).

– Ni trop salé, ni trop sucré, ni trop gras: La Parole contient des exhortations et avertissements, des consolations, des enseignements doctrinaux… Si nous ne lisons que des paroles sévères, nous serons découragés. Si nous nous limitons aux encouragements, nous risquons d’être satisfaits de nous-mêmes. Nous avons besoin aussi de la saine doctrine, pour vivre à la gloire de Dieu.

– Adaptez votre alimentation à votre âge: Un jeune enfant n’a pas les mêmes besoins qu’un adolescent, un adulte ou une personne âgée. Recueillons dans la Parole de Dieu ce qui correspond à notre âge spirituel. L’enfant a besoin des histoires principales de l’Ancien Testament ainsi que du contenu des quatre Évangiles. L’adolescent à besoin des mises en garde et des encouragements à vivre une vie simple, près de Dieu, fuyant le péché et la tentation.

– Faites de l’exercice: Si quelqu’un mange sans jamais faire d’exercice, sa santé en souffrira. De même, il n’est pas sain pour un chrétien de lire sa Bible toute la journée. Ce qu’il a lu, il doit l’assimiler et le mettre en pratique dans sa vie quotidienne. En ceci se trouve le point le plus difficile de la vie chrétienne pour la majorité d’entre nous. Il y en a tant qui veulent apprendre plus de théologie, mais si peu qui sont prêts à utiliser leur connaissances en pratique. C’est souvent par orgueil que nous voulons apprendre, pour pouvoir à notre tour « conseiller » d’autres personnes. Cela est contraire à l’esprit de l’Évangile. Il ne faut pas faire de l’exercice seulement dans quelques domaines (ceux où nous excellons), soyons disposés à humblement exercer chaque partie de notre corps spirituel, quitte à commettre des erreurs dont d’autres pourraient se moquer.

Mourir tranquille

Nous supplions pour Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui.

2 Corinthiens 5. 20, 21

Mourir tranquille

Lors du décès d’un célèbre commentateur sportif, les médias rappelaient un des mots qui l’avaient rendu populaire: “Maintenant, on peut mourir tranquille”. Il l’avait prononcé en commentant la victoire de l’équipe de France de football en finale de la coupe du monde. Ses paroles allaient probablement au-delà de ses pensées, mais elles témoignaient de sa passion pour le foot. Son plus grand souhait venait d’être exaucé, et sur le moment, il en éprouvait une pleine satisfaction.

Mais est-ce suffisant pour mourir tranquille? Le penser serait de la légèreté, de l’insouciance grave. Il faudrait être bien inconscient pour déclarer pouvoir mourir tranquille sans être en règle avec Dieu. Nos passions ne doivent pas nous faire oublier la solennité du moment où nous serons face à face avec Dieu. Il y a bien longtemps, un prophète avertissait chacun: “Prépare-toi à rencontrer ton Dieu” (Amos 4. 12). Nous avons besoin de nous préparer, car nous sommes par nature ses ennemis dans nos pensées. Mais il nous a donné le moyen d’être réconciliés avec lui par la mort de son Fils, car Jésus Christ a “fait la paix par le sang de sa croix” (Colossiens 1. 20). Ainsi la foi en Jésus Christ, et elle seule, nous procure une justice qui nous permet d’avoir la paix avec Dieu. Alors seulement, la mort peut être envisagée avec sérénité car Dieu, juge de tous (Hébreux 12. 23), recevra celui qui l’a cru comme un enfant bien-aimé, pardonné de ses péchés et réconcilié avec lui par le sacrifice de Jésus Christ.