Un livre unique et uni

Bon, ces jours-ci je ne trouve manifestement pas le temps ou l’inspiration pour écrire des articles de mon cru, mais je tenais à ne pas rester silencieux trop longtemps.

Je trouve inspirant de penser comment le plan du salut n’aurait jamais pu être inventé par une imagination humaine, c’est trop mystérieusement simple, trop peu glorieux pour la chair, trop différent de tout mythe inventé par l’homme (sauf ceux qui s’en inspirent pour créer des histoires similaires). Dieu est grand et il est bon!

Je continue à travailler 3-4 jours par semaine sur la révision de la traduction française du Miroir des martyrs, probablement le livre le plus inspirant et éclairant au monde, après la Bible, bien évidemment. Le reste du temps, j’enseigne le français et l’histoire-géo, ou je travaille à l’élaboration de nouveaux livres chrétiens.

Si Dieu le permet, nous aurons terminé d’ici 1 ou 2 ans.

Priez pour nous svp. Je continuerai de publier des extraits de ce livre ici et là.

Que Dieu vous bénisse tous en cette nouvelle année !

Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. (Jérémie 29:11)

À propos du sabbat

tiré du Spiegel der Wahrheit (Miroir de la vérité) de Jean Holdeman, partie 2, pages 127-128

traduit de l’allemand

Je n’ai trouvé aucune confession vaudoise sur le sabbat et serais très reconnaissant à quiconque pourrait m’éclairer sur ce point. Les écrits de nos frères mentionnent également peu le sabbat.

Menno écrit : « Si quelqu’un est en Jésus-Christ, il est une nouvelle créature. L’ancien est passé, voici, toutes choses sont devenues nouvelles », etc. C’est là la première résurrection : nous sommes greffés en lui par la ressemblance de sa mort, c’est-à-dire par la mort de la nature pécheresse de l’Adam terrestre avec tous ses membres et mauvais désirs. Ainsi pouvons-nous participer à la résurrection, sachant que notre vieil homme doit être crucifié avec lui, afin que le corps pécheur puisse se reposer et observer le sabbat spirituel en Christ. Œuvres complètes (en néerlandais), page 173.

« Le saint sabbat du Seigneur – désormais spirituel et non littéral, perpétuel pour les vrais chrétiens – ne se célèbre pas par des vêtements coûteux, des festins, la boisson, la vanité et l’oisiveté (comme le fait le monde insouciant lors de ses sabbats extérieurs et jours de loisirs). Il se vit dans la véritable crainte de Dieu, avec une conscience pure et libre, une conduite irréprochable dans l’amour de Dieu et du prochain – ce qui constitue le véritable culte – afin de célébrer et sanctifier éternellement le Seigneur.

Les fidèles évitent les rassemblements publics qui, hélas, ne sont pas consacrés à Christ mais à l’Antéchrist, dans toute sorte de vanité, d’hypocrisie, de pompe et de splendeur, lors des sabbats et jours fériés, avec leur culte impénitent qui ne mène qu’à la séduction. Ainsi, d’un cœur pur dans la crainte de Dieu, ils peuvent témoigner aux assemblées des saints dans le véritable culte, convaincre les injustes, et faire connaître la vérité et la saine doctrine pour le bien et l’amélioration de tous. » Œuvres complètes (en néerlandais), page 262.

Claes Ganglofs dit : « Il en va de même pour les jours et fêtes annuelles qu’Israël devait observer selon la Loi, y compris la célébration du septième jour du sabbat. Tout cela n’était que jusqu’au Christ, qui en était la véritable essence. Ces observances ont pris fin en Christ, comme l’Écriture le montre clairement (Col. 2.16-17).

Cependant, à l’époque des apôtres, certains croyants issus du judaïsme voulaient encore observer certains jours et aliments selon la Loi. Cela créa des obstacles et des désaccords parmi les croyants : certains voulaient maintenir l’observance des sabbats et fêtes annuelles selon la Loi, tandis que d’autres ne distinguaient aucun jour particulier et les considéraient tous égaux. » Article sur l’Église de Dieu, page 109.

Ganglofs enseigne ensuite (pages 110-111) que les croyants doivent se tolérer mutuellement s’ils ont des opinions différentes sur le sabbat et la nourriture, s’appuyant sur Romains 14. Il précise : « Le véritable sabbat consiste désormais à être libre du péché et à vivre en Christ, qui est notre véritable jour de repos. Comme la Pâque israélite préfigurait le Christ, véritable agneau pascal sacrifié pour nous, tous les croyants en Christ doivent maintenant célébrer spirituellement leur Pâque au Seigneur. De même, lors de la Pentecôte israélite, l’assemblée apportait les prémices au Seigneur – ce qui représente maintenant les fruits de l’Esprit, répandus sur les croyants par le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. »

Témoignages des martyrs

Le Miroir des martyrs rapporte que Wolfgang de Mos déclara : « Je ne dis rien d’autre au sujet des jours de jeûne, des dimanches et des jours saints que ce qui est écrit dans le Nouveau Testament. » Martyrs Mirror, p.435

Mankager de Füssen est cité ainsi : « Au sujet du dimanche : Dieu tout-puissant créa le monde en six jours et se reposa le septième ; de là vient l’origine du dimanche. J’en reste là : le travail n’est pas interdit, mais il faut célébrer et jeûner des péchés. » Martyrs Mirror, p. 436.

Les premiers chrétiens et le sabbat

Eusèbe affirme que les premiers chrétiens n’observaient pas le sabbat – il fait sans doute référence au sabbat juif (ouvrage anglais, page 14 ; voir aussi page 332, note de bas de page). Schaff, dans son histoire, soutient que le dimanche fut célébré depuis l’époque apostolique (Volume 2, page 378).

De nombreux auteurs s’accordent avec Eusèbe et Schaff, mais d’autres affirment que l’observance du dimanche comme sabbat fut introduite par Constantin. Je laisse ces débats en suspens pour l’instant, n’ayant pas eu l’occasion de rechercher suffisamment dans les sources pour trancher.

Clarification sur Constantin

Après recherche, je constate que Constantin n’a pas inauguré l’observance du dimanche, mais qu’il l’a légalement imposée aux sujets de son empire – nuance importante.

Notre pratique actuelle

Si Dieu m’accorde sa grâce et me maintient en vie, j’ai l’intention d’étudier plus profondément l’histoire du sabbat. Depuis le début de mon ministère, nous n’avons connu ni trouble ni désaccord sur cette question dans l’Église, et je n’ai trouvé aucune discordance à ce sujet dans les écrits des frères.

Nous observons le premier jour de la semaine car nous avons été éduqués ainsi, et nous l’observons strictement – du moins certains d’entre nous. Nous exigeons que tous les membres marchent sans reproche, honorent les autorités et n’offensent personne, car Paul enseigna que les Corinthiens ne devaient offenser ni les Juifs, ni les Grecs, ni l’Église de Dieu (1 Cor. 10,32).

Réflexions personnelles et questions

Je regrette de ne pouvoir écrire plus en détail sur cet article. La raison en est simple : je ne suis pas aussi éclairé sur ce sujet que je le souhaiterais.

Mes convictions actuelles

J’ai lu de nombreuses explications sur la doctrine du sabbat, mais je ne veux pas prendre l’espace pour exposer ces différentes opinions. Aucune explication ne me satisfait davantage que celles de Menno Simons et Claes Ganglofs, et pourtant j’ai quelques réserves. Je suis disposé à faire la volonté de Dieu, et si jamais je trouve une meilleure explication, directement ou indirectement, je m’y conformerai.

Il me paraît clair que Dieu donna le sabbat aux Israélites par la loi pour leur rappeler leur repos après la servitude d’Égypte. Ils ne devaient ni allumer de feu, ni cuire, ni cuisiner, mais se reposer complètement comme ils se reposaient maintenant du service d’Égypte. Ceci préfigurait Christ, notre sabbat spirituel, dans lequel nous nous reposons de nos péchés (Deutéronome 5.15 ; Colossiens 2.16-17 ; Hébreux 10.1).

Je ne veux pas suggérer que les enfants de Dieu n’observaient aucun jour de repos avant la sortie d’Égypte, mais plutôt qu’ils ne l’observaient pas selon cette loi spécifique.

Questions non résolues

Bien que le Christ soit la fin de ce sabbat légal et simultanément notre repos du péché et le repos éternel promis au peuple de Dieu, il me semble que, selon le principe de la création et la nature des choses, un temps défini devrait être consacré au repos et au culte jusqu’à notre entrée dans le repos céleste.

Or, bien que nous célébrions le dimanche, je ne trouve pas dans l’Évangile, avec la clarté nécessaire, la raison du changement du septième jour au premier jour de la semaine :

  • Où trouve-t-on le commandement de célébrer le premier jour de la semaine ?
  • Où est-il écrit que les disciples de Jésus célébraient ce jour comme sabbat ?
  • Comment prouver de manière irréfutable que le Saint-Esprit fut répandu le premier jour de la semaine ?

Je demande plus de lumière sur ces questions.

Je confie cette question à Dieu. Si Dieu m’accorde sa grâce, j’espère en dire davantage à l’avenir – mais quand, ou même si cela arrivera, Dieu seul le sait.

Hymne d’adieu d’un martyr anabaptiste mort sur le bûcher en 1527

Puisque maintenant il faut que nous nous quittions,Que Dieu veuille nous accompagner,Chacun à sa place!Là, vous voulez vous soucier avec zèleDe manifester votre vieEn conformité avec le contenu de a Parole de Dieu. C’est ceci ce que nous devrions exiger,Et ne pas nous laisser aller ;La fin s’approche rapidement.Nous ne connaissons pas le lendemain,Pour cela, […]

Hymne d’adieu d’un martyr anabaptiste mort sur le bûcher en 1527

Le martyre de Polycarpe

POLYCARPE, DISCIPLE DE L’APÔTRE JEAN ET ÉVÊQUE DE L’ÉGLISE DE SMYRNE, MIS À MORT PAR LE FEU ET PAR L’ÉPÉE, POUR SA FOI AU FILS DE DIEU, EN L’AN 168

Nous lisons dans l’Apocalypse de Jean, que le Seigneur commanda à Son serviteur Jean d’écrire certaines choses à l’ange (c’est-à-dire l’évêque ou le docteur) de l’Église de Smyrne, pour avertir le docteur ainsi que pour le service de l’Église : « Écris à l’ange de l’Église de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : Je connais ta tribulation et ta pauvreté… Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Ap 2:8-10). Ces paroles du Seigneur Jésus indiquent que les croyants de Smyrne, et leur docteur, étaient dans la tribulation et la pauvreté, et que davantage de souffrances les attendaient encore. Le Seigneur les exhorta donc à la constance et promit de leur donner la couronne de vie.

En ce qui concerne le docteur de cette Église, la plupart des écrivains anciens l’appellent Polycarpe et disent qu’il était un disciple de l’apôtre Jean. Il avait entendu Jean prêcher la Parole de Dieu et s’était associé à ceux qui avaient connu le Seigneur Jésus-Christ personnellement. Jean l’avait nommé évêque ou surveillant de l’Église de Smyrne.

Quant aux souffrances dont le Seigneur a dit qu’elles lui arriveraient ainsi qu’à l’Église dont il était le docteur, elles commencèrent quelque temps après. Ainsi, ce bon berger précéda bon nombre de brebis de son troupeau, qui le suivirent fidèlement. Cependant, nous ne parlerons ici que du berger, Polycarpe.

Nous lisons que trois jours avant d’être arrêté et condamné à mort, il fut soudainement pris de sommeil, au milieu de sa prière. Alors qu’il rêvait, il eut une vision dans laquelle il vit l’oreiller sur lequel sa tête était couchée s’enflammer soudainement et être consumé. Instantanément réveillé, il conclut qu’il devait être brûlé à cause du nom de Christ. 

Lorsque ceux qui cherchaient à l’arrêter se furent approchés de très près, ses amis s’efforcèrent de le cacher et l’amenèrent donc dans une autre localité. Ses persécuteurs le découvrirent néanmoins peu après. En effet, ils avaient saisi deux garçons qu’ils flagellèrent pour les obliger à dire où se trouvait Polycarpe. Bien qu’il eût pu facilement s’enfuir de la chambre où il était vers une autre maison voisine, il ne le fit pas, mais dit : « Que la volonté du Seigneur soit faite ». Il descendit donc les escaliers, à la rencontre de ses persécuteurs, qu’il reçut si gentiment que ceux qui ne l’avaient pas connu auparavant dirent avec regret : « Pourquoi devions-nous tant nous hâter pour arrêter un si vieil homme ? »

Polycarpe fit immédiatement dresser une table pour les gens d’armes et les pressa affectueusement de manger. Il les supplia de lui accorder une heure pour prier dans le calme sans être dérangé, pendant qu’ils mangeraient, ce qu’ils lui accordèrent. Lorsqu’il eut fini sa prière et que fut écoulée l’heure au cours de laquelle il avait réfléchi sur sa vie et recommandé à Dieu et à son Sauveur l’Église dont il était le docteur, les gens d’armes le juchèrent sur un âne et le conduisirent en ville, le jour du sabbat de la grande fête.

Nicétès et son fils Hérode, appelé le prince de paix, allèrent à sa rencontre, le prirent de l’âne, et le firent asseoir avec eux dans leur carrosse, cherchant ainsi à l’inciter à apostasier Christ. Ils disaient : « Que vous importe de dire : Seigneur empereur, et d’offrir devant lui un sacrifice ou de l’encens, pour vous sauver la vie ? » Au début, Polycarpe ne fit aucune réponse, mais comme ils persistaient à lui poser la question et à exiger une réponse, il finit par dire : « Je ne ferai jamais ce que vous me demandez et me conseillez de faire. » Lorsqu’ils virent qu’il était inébranlable dans sa foi, ils commencèrent à l’insulter et, en même temps, le poussèrent hors du chariot, de sorte qu’en tombant, il se blessa grièvement la jambe. Il ne laissa cependant jamais paraître qu’il avait été blessé par la chute, mais, dès qu’il se releva, il se rendit de nouveau volontairement entre les mains des gens d’armes pour être conduit plus loin jusqu’au lieu d’exécution, marchant aussi rapidement que si rien ne l’empêchait.

Dès que Polycarpe fut entré dans le cirque, ou l’amphithéâtre, où il devait être exécuté, une voix lui vint du ciel, disant : « Sois fort, ô Polycarpe ! et vaillant dans ta confession, et dans les souffrances qui t’attendent. » Personne ne vit celui dont on entendit la voix, mais beaucoup de chrétiens qui se tenaient autour l’entendirent. Cependant, à cause du grand tumulte, la plupart du peuple ne put l’entendre. Néanmoins cela servit à fortifier Polycarpe et ceux qui entendirent la voix.

Le proconsul de la ville l’exhorta à avoir compassion pour son grand âge, et, en jurant par la fortune de l’empereur, à renier Christ. Polycarpe donna la réponse franche suivante, « Cela fait quatre-vingt-six ans que je sers mon Seigneur Jésus-Christ, et Il ne m’a jamais fait aucun mal. Comment puis-je renier mon Roi, qui m’a jusqu’ici préservé de tout mal et qui m’a si fidèlement racheté ? »

Alors le proconsul le menaça de le faire déchirer par des fauves, s’il ne renonçait pas à sa résolution, disant : « Les bêtes auxquelles je te livrerai, sont prêtes, à moins que tu ne changes d’avis. » Sans crainte, Polycarpe répondit : « Qu’elles viennent, car ma détermination est immuable. L’affliction ne peut nous convertir ni nous faire passer du bien au mal ; mais il vaudrait mieux que ceux (les méchants) qui persistent dans leur méchanceté se convertissent au bien. » Le magistrat répondit : « Si tu ne te repens pas encore et que tu méprises les fauves, je te ferai brûler au feu. » Une fois encore Polycarpe répondit : « Tu me menaces d’un feu qui brûlera peut-être pendant une heure, puis s’éteindra bientôt ; mais tu ne connais pas le feu du futur jugement de Dieu, qui est préparé et réservé pour la punition et le tourment éternels des impies. Mais pourquoi tardes-tu ? Apporte les bêtes, ou le feu, ou tout ce que tu choisiras : tu ne me pousseras pas, par l’un ou l’autre, à renier Christ, mon Seigneur et Sauveur. »

Finalement, lorsque le peuple réclama sa mort, le proconsul le livra pour être brûlé. On rassembla instantanément un grand tas de fagots et de copeaux de bois. Lorsque Polycarpe vit cela, il se déshabilla et ôta ses chaussures pour se coucher sur le bois, sans vêtements. Les bourreaux s’apprêtaient à le clouer au bois, mais il dit : « Laissez-moi ainsi. Celui qui m’a donné la force de supporter la douleur du feu, me fortifiera aussi pour que je reste immobile dans le feu, même si vous ne me clouez pas au bois. » Ils ne l’attachèrent donc pas avec des clous, mais simplement avec une corde, lui liant les mains derrière le dos. Ainsi, préparé pour un sacrifice consumé par le feu et placé sur le bois comme un agneau sacrificiel, il pria Dieu : « Ô Père de Ton Fils bien-aimé et béni, notre Seigneur Jésus-Christ, par qui nous avons reçu la connaissance salvatrice de Ton saint nom ; Dieu des anges et des puissances, et de toutes les créatures, mais surtout de tous les justes qui vivent sous Tes yeux, je Te remercie de ce que Tu m’as appelé à ce jour et à cette heure, et de m’avoir jugé digne d’avoir ma part et ma place au nombre des saints martyrs, et dans la coupe des souffrances de Christ. Ainsi, je souffre avec Lui, et je participe à Ses douleurs. Je Te prie, ô Seigneur, que Tu veuilles bien me recevoir aujourd’hui comme une offrande grasse parmi le nombre de Tes saints martyrs, comme Toi seul, ô Dieu de vérité, qui ne peux mentir, tu m’y as préparé et tu me l’as fait connaître, oui, et tu l’as ultimement accompli. C’est pourquoi je Te remercie et Te loue devant les autres hommes, et j’honore Ton saint nom par Jésus-Christ, Ton Fils bien-aimé, le Souverain Sacrificateur éternel, à qui, avec Toi et le Saint-Esprit, soit la gloire, maintenant et à jamais. Amen. »

Dès qu’il eut prononcé le dernier mot de sa prière (le mot « Amen »), les bourreaux allumèrent le bois sur lequel il était placé ; et lorsque les flammes s’élevèrent au-dessus du corps de Polycarpe, on constata, au grand étonnement de tous, que le feu ne le blessait que peu, ou pas du tout. On ordonna alors au bourreau de le transpercer avec une épée, ce qui fut fait immédiatement, de sorte que le sang, soit à cause de la chaleur du feu, soit pour quelque autre raison, sortit si abondamment de la blessure que le feu en fut presque éteint. C’est ainsi que ce témoin fidèle de Jésus-Christ, étant mort par le feu et par l’épée, entra dans le repos des saints vers l’an 168.

Sources: Eusèbe de Césarée, Hist. Eccl., liv. IV, chap. 15 (1588), p. 66–70 ; cf. A. Mellinus, liv. I, Van de Historie, p. 40–41, col. 1–4 ; d’après Irénée de Lyon, liv. III, chap. 3 ; Épiphane de Salamine, Panarion (hér.) ; Jérôme, De viris illustribus (art. « Polycarpe ») ; Eusèbe de Césarée, liv. IV, chap. 13 ; liv. V, chap. 19 ; J. Gysius, Hist. Mart., an 168, p. 17, col. 2 ; P. J. Twisck, Chronijck, liv. II (an 168), p. 45, col. 2.

Le martyre d’Ignace vers l’an 111 ap. Jésus-Christ

DU TÉMOIGNAGE D’IGNACE TOUCHANT LE BAPTÊME

De l’an 71 à l’an 111 — On dit qu’Ignace prospéra en ce temps-là. Il fut le deuxième évêque d’Antioche après Pierre et, selon les chroniques, il exerça son ministère au temps de l’apôtre Jean. Écrivant sur le baptême, il n’en parle que d’une manière qui implique clairement qu’il doit être accompagné de foi, d’amour et de patience.

Dans sa lettre à Polycarpe, évêque de Smyrne, il écrit entre autres : « Qu’aucun de vous ne soit trouvé apostat. Que votre baptême soit votre arme, votre foi votre casque, l’amour une lance, la patience une armure complète ».

Dans une lettre aux Tralliens, il écrit encore : « Il me semble que vous ne vivez pas selon la chair, mais selon Jésus-Christ, qui est mort pour nous ; afin que, croyant en Sa mort, vous puissiez, par le baptême, participer à Sa résurrection. »

Dans la lettre adressée à ceux de Philadelphie, il dit ceci : « Voyant, donc, qu’il y a un seul Dieu et Père non engendré et un seul Fils, Verbe et Homme engendré, un seul Consolateur, l’Esprit de Vérité, et une seule foi, un seul baptême et une seule Église, que les apôtres ont fondée avec leur sueur et leur travail, dans le sang de Christ d’un bout de la terre à l’autre, c’est pourquoi vous, en tant que peuple particulier et génération sainte, devez aussi faire toutes choses avec un cœur unanime en Christ ».Qui ne voit pas qu’Ignace, en plaçant dans cet ordre la prédication, la foi, le baptême et l’Église, entend montrer que, selon l’ordonnance de Christ, la prédication doit précéder la foi ; que la foi conduit au baptême ; et qu’après le baptême, le croyant devient membre de l’Église ? Et ces membres, en tant que peuple particulier et génération sainte, doivent agir d’un même cœur en Christ ? Car c’est là le sens des paroles d’Ignace. Voir, concernant les lettres d’Ignace citées plus haut : H. Montanus, De Nietigheydt van den Kinder-doop, 2ᵉ éd., p. 4–5 ; ainsi que J. du Bois (quoique interprétant mal ces lettres), Contre Montanus, éd. 1648, p. 16–22.

IGNACE, DISCIPLE DE L’APÔTRE JEAN, DÉVORÉ PAR DES FAUVES DANS UN CIRQUE À ROME, À CAUSE DU TÉMOIGNAGE DU FILS DE DIEU, EN L’AN 111

Ignace, disciple de l’apôtre Jean et successeur de Pierre et d’Évode, était au service de l’Église de Christ à Antioche en Syrie. C’était un homme craignant Dieu, très pieux, fidèle et diligent dans ses ministères. Il était surnommé Théophore, c’est-à-dire, Porteur de Dieu, apparemment parce qu’il portait souvent dans sa bouche le nom de Dieu et de son Sauveur et qu’il menait une vie pieuse. Il avait coutume de dire fréquemment : « La vie de l’homme est une mort continuelle, à moins que Christ ne vive en nous. » De même : « Le Christ crucifié est mon seul et entier amour. » Et : « Celui qui se laisse appeler d’un autre nom que Christ n’est pas de Dieu. » Et encore : « Autant le monde hait les chrétiens, autant Dieu les aime. » A. Mellinus, p. 15, col. 1, au sujet d’Ignace d’Antioche (Epist. ad Romanos et autres).

Après ses victoires sur les Daces, les Arméniens, les Assyriens et d’autres peuples d’Orient, l’empereur Trajan en remercia les dieux à Antioche, leur offrant de riches sacrifices comme si c’étaient eux qui lui avaient donné la victoire. Ignace, rapporte Nicéphore, l’ayant appris, le reprit publiquement dans le temple même.

L’empereur, extrêmement en colère à ce sujet, fit arrêter Ignace, mais, par crainte de tumulte, parce qu’Ignace était tenu en grand respect à Antioche, il ne le fit pas punir là, mais le confia entre les mains de dix soldats et l’envoya lié à Rome, pour y être puni.

Entre-temps, sa condamnation à mort lui fut annoncée : de quelle manière et en quel lieu il devait mourir ; en l’occurrence, qu’il serait mis en pièces par des bêtes sauvages à Rome.

En chemin, il écrivit plusieurs épîtres de consolation à ses amis, les fidèles en Jésus-Christ et aussi à différentes Églises, comme à celles de Smyrne, d’Éphèse, de Philadelphie, de Tralles, de Magnésie, de Tarse, de Philippes et surtout à l’Église de Christ à Rome. Il envoya ces lettres avant son arrivée là-bas. Il semble que l’idée d’être mis en pièces par les dents des bêtes sauvages était constamment présente dans son esprit pendant le voyage, non avec crainte, mais plutôt avec un désir sincère. C’est ce qu’il mentionne dans sa lettre à l’Église de Rome, écrivant ainsi : « En voyageant de Syrie à Rome, sur mer et sur terre, de jour et de nuit, je combats avec des fauves, lié entre dix léopards1, et plus je les caresse et me montre amical envers eux, plus ils deviennent cruels et malins. Cependant, à travers les cruautés et les tourments qu’ils m’infligent quotidiennement, je suis de plus en plus exercé et instruit. Néanmoins, je n’en suis pas justifié. Ah, si seulement j’étais déjà avec les bêtes, prêtes à me dévorer ! J’espère que d’ici peu, je les trouverai telles que je souhaite qu’elles soient, c’est-à-dire assez cruelles pour me détruire promptement. Mais si elles ne me tombent pas dessus et ne me déchirent pas, je les séduirai gentiment, afin qu’elles ne m’épargnent pas, comme elles ont déjà épargné plusieurs chrétiens, mais qu’elles me déchirent rapidement et me dévorent. Pardonnez-moi de parler ainsi ; je sais ce dont j’ai besoin. Maintenant seulement je commence à être un disciple de Christ. Je ne considère ni les choses visibles ni les invisibles dont le monde est étonné. Il me suffit de devenir participant de Christ. Que le diable et les méchants m’affligent de toutes sortes de douleurs et de tourments, par le feu, par la croix, par la lutte contre les bêtes sauvages, par la dispersion des membres et des os de mon corps. Tout cela, je l’estime fort peu, si seulement je jouis de Christ. Priez seulement pour moi, afin que la force intérieure et extérieure me soit donnée, non seulement pour dire ou écrire cela, mais aussi pour l’accomplir et le supporter, afin que je puisse non seulement être appelé chrétien, mais aussi être trouvé tel en vérité. » Ignace d’Antioche, Epist. ad Romanos.

Arrivé à Rome, il fut remis par les soldats au consul, avec les lettres de l’empereur qui contenaient sa condamnation à mort. Il fut gardé en prison plusieurs jours, jusqu’à un certain jour de fête des Romains, où le consul, conformément à l’ordre de l’empereur, le fit amener dans l’amphithéâtre. Tout d’abord, ils cherchèrent, par de nombreux tourments, à l’inciter à blasphémer le nom de Christ et à offrir des sacrifices aux dieux. Mais comme Ignace ne faiblissait pas dans sa foi, mais, plus le supplice durait, plus il était fortifié dans son refus d’offrir des sacrifices païens, il fut aussitôt condamné par le Sénat romain et immédiatement jeté devant les lions.

Alors qu’Ignace était emmené hors de la présence du Sénat vers l’enceinte la plus intime, ou fosse aux lions, il répétait fréquemment le nom de Jésus dans la conversation qu’il avait, en chemin, avec les croyants, ainsi que dans sa prière secrète à Dieu. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il agissait ainsi, il répondit : « Mon cher Jésus, mon Sauveur, est si profondément inscrit dans mon cœur, que je suis convaincu que si mon cœur devait être ouvert et découpé en morceaux, le nom de Jésus se trouverait écrit sur chaque morceau. » Par cela, cet homme pieux indiquait que non seulement sa bouche, mais les parties les plus intimes de son cœur étaient remplies de l’amour de Jésus, car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Ainsi, Paul aussi, étant rempli de l’amour de Jésus-Christ, a employé, dans ses lettres, jusqu’à deux cents fois (selon ce qu’on a compté) le terme « Notre Seigneur Jésus-Christ ». Il répète aussi le nom « Jésus » jusqu’à cinq cents fois.

Lorsque toute la multitude du peuple fut rassemblée pour assister à la mort d’Ignace (car le bruit s’était répandu dans toute la ville qu’un évêque avait été amené de Syrie, qui, selon la sentence de l’empereur, devait combattre contre les bêtes sauvages), Ignace fut amené et placé au milieu de l’amphithéâtre. Alors Ignace, avec un cœur audacieux, s’adressa ainsi au peuple qui se tenait autour : « Ô Romains, vous tous qui êtes venus assister à ce combat de vos propres yeux, sachez que ce châtiment ne m’a pas été infligé à cause d’un méfait ou d’un crime, car je n’en ai jamais commis, mais pour parvenir à Dieu, que je désire ardemment, et dont la jouissance est mon désir insatiable. Car, je suis le grain de Dieu. Je suis broyé par les dents de la bête, afin que je sois trouvé un pain pur de Christ, qui est pour moi le pain de vie. » Ces paroles furent prononcées par Ignace alors qu’il se tenait au milieu de l’amphithéâtre et qu’il entendait les lions rugir, ce que les frères de l’Église qui se tenaient également parmi le peuple entendirent et attestèrent.Aussitôt qu’il eut prononcé ces mots, deux lions épouvantables et affamés lui furent relâchés de leurs fosses, qui le déchirèrent et le dévorèrent aussitôt, ne laissant presque rien, ou du moins très peu, même de ses os. Ainsi s’endormit, heureux dans le Seigneur, ce fidèle martyr de Jésus-Christ, en l’an 111, la douzième année de l’empereur Trajan. Comparez avec A. Mellinus, Hist. der vervolg. en ’t martelaers der eerste christenen, liv. I, (Dordrecht, éd. 1619), p. 25, col. 1–4, et p. 26, col. 1 ; avec J. Gysius, Hist. Mart., p. 15, col. 2–3 ; ainsi qu’avec W. Baudart, dans Apophthegmata Christiana, (Dordrecht, 1640), liv. I, dans le 2e Apophtegme, sous le nom d’Ignace, p. 37–38, et de divers autres auteurs.


  1. Toutes les traductions du grec que nous avons pu consulter ajoutent ici un élément de contexte manquant dans le texte néerlandais du Miroir : après la mention des dix léopards, Ignace précise « je veux parler des soldats qui me gardent », ce qui semble plus plausible étant donné le comportement de ces « léopards ». — NDLT ↩︎

Le Martyre d’Étienne

ÉTIENNE, L’UN DES SEPT DIACRES DE L’ÉGLISE DE JÉRUSALEM,
LAPIDÉ À L’EXTÉRIEUR DE LA PORTE DE LA VILLE PAR LES AFFRANCHIS,
EN L’AN 34 apr. J.-C., PEU APRÈS LA MORT DE CHRIST

Étienne, dont le nom signifie couronne en grec, était l’un des sept diacres de l’Église de Jérusalem, un homme plein de foi et de la sagesse de Dieu (Ac 6:5).

Il connaissait bien les saintes Écritures de l’Ancien Testament et était très éloquent. Il arriva que certains membres de la synagogue des affranchis1, des Cyrénéens, des Alexandrins et de ceux de Cilicie et d’Asie, se disputèrent avec Étienne. Ils ne purent résister à la sagesse et à l’esprit par lequel il parlait. Puis ils subornèrent quelques hommes pour qu’ils disent : Nous l’avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent, et l’emmenèrent au sanhédrin. Ils produisirent de faux témoins, qui dirent : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la loi ; car nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazaréen, détruira ce lieu, et changera les coutumes que Moïse nous a données. Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin ayant fixé les regards sur Étienne, son visage leur parut comme celui d’un ange (Ac 6:9-15).

Alors le souverain sacrificateur lui dit : Les choses sont-elles ainsi ? Là-dessus, cet homme pieux s’expliqua et répondit avec plusieurs arguments ; il cita en outre, avec une éloquence céleste et avec un raisonnement incontestable, de nombreux passages de l’Ancien Testament, pour montrer que Christ est le vrai Messie et que l’Évangile est vrai (Ac 7:1-53).

Mais quand il commença à leur dévoiler avec une grande ardeur leur propre soif de sang, leur colère s’enflamma encore plus contre lui, car ces choses les blessaient au cœur et ils grinçaient des dents contre lui (v. 54).

« Mais Étienne, rempli du Saint Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (v. 55 et 56).

« Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul » (v. 57 et 58).

À ce moment-là, il cria et dit : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s’endormit » (v. 59 et 60).

Telle fut la fin de cet homme honnête, Étienne, à qui l’honneur de Jésus-Christ était plus cher que sa propre vie. Il est dit que cela eut lieu l’an trente-quatre après la naissance de Christ, la dix-neuvième année du règne de Tibère, qui était la trente-huitième année de son âge. Cela se produisit la septième année après le baptême de Christ. Nicéphore Calliste, Hist. Eccl., liv. II, chap. 3.

Après cela, des hommes pieux s’occupèrent du corps, et le portèrent au tombeau, pleurant grandement ce pieux martyr (Ac 8:2). Les pierres étaient pour lui comme des sources de douceur. Augustin, Soliloques, chap. 22.
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(Tiré du Miroir des Martyrs, traduction des p. 70-72 de la version anglaise)

  1. Ou « Libertins » — NDLT ↩︎

POURQUOI IL EST IMPOSSIBLE QUE PIERRE AIT ÉTÉ LE PREMIER ÉVÊQUE À ROME (ET ENCORE MOINS PAPE)

[Traduction des pages 25-30 du Miroir des martyrs de 1660 (en néerlandais) https://play.google.com/books/reader?id=qpyxCLehkwoC&pg=GBS.RA3-PA18&hl=fr]

DE L’ABSENCE DE FONDEMENT DE CEUX QUI ONT COUTUME DE FAIRE REMONTER LA SUCCESSION ROMAINE À PIERRE LE SAINT APÔTRE, ET EN QUOI CELA CONSISTE

Outre que les trois passages proposés ne sont d’aucune utilité aux papistes pour prouver la suprématie de Pierre sur les autres apôtres et sur l’ensemble de l’Église chrétienne, il s’ensuit diverses raisons et circonstances qui montrent clairement que la succession des papes, qu’ils feraient découler de Pierre, ne tient pas, mais est infondée et fausse.

Car, pour en venir au fait, il ne peut pas être démontré que Pierre ait jamais été à Rome (où se trouve le siège du pape), sauf à la fin de sa vie, et qu’alors il n’a pas été reçu comme pape, mais a été mis à mort comme martyr, avec Paul, son compagnon apôtre, à cause du témoignage de Jésus-Christ, comme nous l’avons démontré de manière circonstanciée dans l’histoire des saints martyrs, concernant l’an 69. Voir aussi Pseudo-Hégésippe, De excidio urbis Hierosolymitanæ, liv. III, chap. 2 ; W. Baudart, Apophthegmata Christiana, liv. I, d’après Jérôme, De viris illustribus ; J. Strack, In festo Johannis Evangelistæ, etc.

Eusèbe cite les paroles de Denys, docteur de l’Église de Corinthe, concernant la venue de Paul et de Pierre à Rome, ainsi que leur prédication, qui fut la cause de leur mort : « Ils, (Paul et Pierre), étaient tous deux ensemble dans notre assemblée de Corinthe, et ont de là enseigné dans toute l’Italie ; ils enseignèrent aussi dans cette ville (Rome, dont il avait parlé précédemment) ; où ils furent tous deux couronnés martyrs en même temps ». Eusèbe de Césarée, Chronicon Ecclesiasticum, éd. 1588, liv. II, chap. 25.

Il parle de la venue et de la prédication de Pierre, à Rome, comme si elle avait eu lieu à la fin de sa vie ; et bien qu’il mette la venue et la prédication de Paul dans le même temps, la venue de Paul dans cette ville s’est néanmoins produite beaucoup plus tôt que la venue de Pierre, qui a eu lieu peu avant leur mort ; à cette époque, tous deux ont prêché ensemble le saint Évangile dans cette ville.

Que Paul y ait été beaucoup plus tôt et plus longtemps, cela ressort de toutes les circonstances des Actes des apôtres. Car tandis que Pierre prêchait à Césarée, Antioche, Jérusalem et en d’autres lieux, Paul fut amené à Rome et, y étant arrivé, « demeura deux ans entiers dans une maison qu’il avait louée. Il recevait tous ceux qui venaient le voir, prêchant le royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ, en toute liberté et sans obstacle. » Ainsi se termine le récit des Actes des Apôtres, sans mentionner davantage concernant Pierre. Voir Ac 28:30-31.

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DIVERSES RAISONS, TIRÉES DES SAINTES ÉCRITURES, MONTRANT QUE PIERRE N’ÉTAIT PAS À ROME PENDANT LE TEMPS QUE PAUL Y ÉTAIT, SAUF (COMME CELA A ÉTÉ EXPLIQUÉ CI-DESSUS) À LA FIN DE SA VIE

Dans cette démonstration, nous renoncerons à la méthode employée par Sébastien Franck, Jean Gysius et d’autres, qui ont écrit syllogistiquement sur ce sujet, et nous nous en limiterons uniquement au témoignage formel (ou, du moins, à ses simples déductions), de l’Écriture Sainte, sur laquelle nous nous proposons de fonder notre argumentation.

Raison. — Premier argument. — Lorsque Paul approchait de la ville de Rome, où il devait comparaître devant César, les frères1 sortirent de la ville pour le rencontrer, jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois Tavernes, et Paul, en les voyant, prit courage. Ac 28:15 : Mais parmi eux, Pierre n’est pas mentionné une seule fois, ce qui aurait assurément été le cas s’il avait été avec eux et avait occupé le siège épiscopal à cet endroit, comme certains le prétendent.

Deuxième argument. — Quand il arriva que Paul eut à rendre compte pour la première fois devant l’empereur, il fut abandonné de tous, et personne ne l’assista, de sorte qu’il s’en plaignit à Timothée (2 Tm 4:16). Or, si Pierre avait été à Rome, il n’aurait certainement pas abandonné Paul, qu’il avait l’habitude d’appeler son frère bien-aimé (2 P 3:15), mais il l’aurait soutenu avec des conseils et une réelle assistance, selon ses capacités. Cela, cependant, ne s’est pas produit, ce qui montre clairement qu’il n’était pas là à cette époque ; à moins que quelqu’un puisse conclure, que lui, qui avait auparavant abandonné son Seigneur et Sauveur (ce qui était une affaire de grande importance), aurait probablement aussi abandonné Paul, qui était inférieur.

On peut répondre à cela que Pierre, au moment où il abandonna Christ, n’était pas rempli du don du Saint-Esprit, qui ne fut déversé sur les apôtres qu’après l’ascension de Christ (Ac 2:1-3) ; il pouvait donc facilement chuter ; mais maintenant, étant rempli du Saint-Esprit2, il en était tout autrement, à tel point que lui et ses compagnons apôtres ne craignaient aucune souffrance, pas même la mort elle-même. Comparez Ac 4:19-21 avec Ac 5:40-42 et Ac 12 : 3-4. Voir aussi 1 P 3:14 et 1 P 4:16.

De plus, dans la plainte de Paul à Timothée, il ne mentionne aucunement que Pierre l’ait abandonné, ce qui, si cela s’était produit, n’aurait certainement pas été passé sous silence, comme ce serait une affaire notable, d’autant plus qu’il mentionne par leur nom certains de ceux qui l’ont abandonné, comme Démas, Alexandre le forgeron, etc.

Troisième argument. — Lorsque Paul était enfermé en prison à Rome et enchaîné, il rendit hommage à Onésiphore, parce qu’il lui avait rendu visite et qu’il n’avait pas eu honte de sa chaîne, sans rien mentionner des autres, en disant : « Que le Seigneur répande sa miséricorde sur la maison d’Onésiphore, car il m’a souvent consolé, et il n’a pas eu honte de mes chaînes » (2 Tm 1:16).

Mais pourquoi ne rend-il pas hommage à Pierre de lui avoir rendu visite dans ses liens ? ou, si Pierre était là et ne l’a pas fait, mais avait honte de sa chaîne, pourquoi ne se plaint-il pas, qu’un si grand homme, qui aurait dû être un chef pour les autres, ait été si négligent à cet égard ?

Si Pierre avait été dans la ville à cette époque, qu’il lui eut rendu visite ou non en prison, Paul n’aurait assurément pas gardé un silence total à son sujet, soit pour l’en louer, soit pour s’en plaindre.

Quatrième argument. — Lorsque plusieurs s’étaient éloignés de Paul, pendant qu’il était en prison, il fit mention d’un homme qui était resté près de lui ou avec lui, à savoir dans la ville de Rome. Il l’appelle Luc et dit : Luc seul est avec (ou près de) moi (2 Tm 4:11). Il s’ensuit qu’au moment où Paul écrivait ceci, Pierre n’était pas à Rome, sinon il n’y aurait pas eu que Luc avec lui.

Cinquième argument. — Juste après les paroles mentionnées ci-dessus, Paul demande à Timothée d’amener Marc avec lui lorsqu’il viendrait vers lui, car il lui serait très utile pour son ministère, en disant : Prends Marc, et amène-le avec toi (quand tu viendras) ; car il m’est utile pour le ministère (2 Tm 4:11).

Or, si Pierre était à Rome à ce moment, pourquoi Paul était-il obligé d’envoyer chercher Marc pour le ministère ? Ou encore, s’il n’était pas loin, pourquoi n’a-t-il pas envoyé chercher Pierre ? Certainement, s’il l’avait envoyé chercher, celui-ci n’aurait pas refusé de venir, à moins qu’il n’en ait été empêché par une cause importante : et on pourrait alors conclure que Pierre était là depuis un temps considérable, puisque, comme nous le constaterons, ils moururent tous deux assez longtemps après.

Mais il n’apparaît pas que Paul l’ait envoyé chercher, d’où on ne peut conclure qu’il soit venu en réponse à sa convocation. Et même s’il était venu à ce moment, son séjour là n’aurait pas pu durer plusieurs années, encore moins vingt-cinq ans, comme le disent les papistes, puisque la mort l’a rattrapé, ainsi que Paul, comme il est indiqué à sa juste place. Cependant, l’ajout de toute cette argumentation est inutile et superflu.

Sixième argument. — Paul a écrit plusieurs épîtres aux croyants depuis sa prison à Rome : aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, à Timothée, à Philémon, etc. Il y insère diverses salutations de la part des croyants de l’Église à Rome, tout comme il fait parfois mention de ses compagnons d’œuvre au début de celles-ci ; mais il ne mentionne jamais Pierre. En voici des exemples.

Au début de l’épître aux Philippiens, il écrit ces mots : « Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ ». Or, pourquoi n’ajoute-t-il pas ici : et Simon Pierre ?

Presque de la même manière, il commence l’épître aux Colossiens, en disant : « Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et le frère Timothée. » Pourquoi n’ajoute-t-il pas : et Pierre, l’apôtre en chef ? 

En concluant ces épîtres, il ajoute les salutations des saints qui étaient avec lui. Aux Philippiens, il écrit : « Tous les saints vous saluent, et principalement ceux de la maison de César » (Ph 4:21-22). Aux Colossiens il adresse ces paroles : « Épaphras, qui est des vôtres, vous salue : un serviteur de Christ » (Col 4:12). Aussi : « Luc, le médecin bien-aimé, vous salue » (v. 14).

Pierre n’est pas du tout mentionné ici, ce qui, s’il avait été là, aurait certainement été tout à fait nécessaire.

Il a suivi cette même pratique dans toutes les autres épîtres qu’il a écrites depuis Rome. Il dit à Timothée : « Eubulus, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent » (2 Tm 4:21).

À Philémon : « Épaphras… te salue, ainsi que Marc, Aristarque… » (Phm 1:23-24).

Il y aurait beaucoup à dire sur ce sujet, mais tout cela se résume ainsi : que ce serait une chose étrange si Pierre était à Rome lorsque Paul a écrit ses épîtres depuis la prison romaine, que ce dernier n’ait jamais mentionné dans ces épîtres une salutation de Pierre (ce que, comme indiqué, il n’a pas fait) ; voyant qu’il mentionne les salutations de différents chefs et membres de l’Église romaine, qu’il appelle par leur nom ; il est donc tout à fait raisonnable de conclure que Pierre n’était pas là à cette époque.

NOTE : Outre les six arguments mentionnés, prouvant que pendant le temps où Paul était emprisonné sous Néron, Pierre n’était pas à Rome, selon le témoignage des Saintes Écritures, il s’ensuit diverses circonstances montrant (par la même autorité des Saintes Écritures), que même pendant le temps où Paul était sorti de prison, Pierre ne se trouvait pas dans cette ville.

Première circonstance. — Ici nous devons considérer pourquoi Paul a écrit une épître à l’Église de Rome (épître qui existe encore), tant pour confirmer la foi chrétienne que pour stimuler les vertus morales, si Pierre était là à cette époque et avait la charge de ladite Église ? ou, si pour des raisons importantes il était nécessaire qu’il leur écrive, pourquoi n’a-t-il pas envoyé cette épître à Pierre, leur chef, comme il l’a fait à Timothée, le docteur de l’Église d’Éphèse, et à Tite, le docteur de l’Église de l’île de Crète ?

Ou, du moins, si nous regardons le contenu de cette épître, nous pouvons très bien considérer, pourquoi il ne lui a pas adressé une salutation, ou ne l’a pas mentionné une seule fois par son nom ? voyant qu’il a rempli presque un chapitre entier avec les noms de ceux qu’il salue à Rome : comme Aquilas et sa femme Prisca (ou Priscille), Épaïnète et Marie, ainsi qu’Andronic, Junias, Amplias, Urbain, Apellès, Hérodion, ceux de la maison de Narcisse (les femmes), Tryphène et Tryphose, Perside, Rufus, Asyncrite, Phlégon, Hermès, Patrobas, Philologue, Nérée, etc., tout au long de Romains 16, sans faire aucune mention de la personne ou du nom de Pierre ; d’où on peut conclure à nouveau pour de bonnes raisons ce qui a été conclu précédemment à partir du récit des salutations que Paul a écrites alors qu’il était en prison à Rome, à savoir que Pierre n’était pas dans cette ville à ce moment-là.

Deuxième circonstance. — Lorsqu’il arriva ensuite que Paul, après avoir parcouru l’Arabie et le pays de Damas, revint au bout de trois ans, avec un désir particulier de voir Pierre ; il ne le chercha pas à Rome, mais à Jérusalem ; où, lorsqu’il l’eut trouvé, il demeura quinze jours chez lui : puis il repartit dans les contrées de la Syrie et de la Cilicie (Ga 1:17-21).

Troisième circonstance. — Lorsque quatorze années supplémentaires se furent écoulées, à savoir celles passées par Paul dans son voyage en Syrie et en Cilicie, où se trouvait Pierre ? Certainement pas à Rome, mais à Antioche ; car là Paul s’approcha de lui et le réprimanda, parce qu’il avait mangé avec les païens en présence des juifs3. Comparez Ga 2:1 avec les versets 11 et 12.

Quatrième circonstance. — Quand certains vinrent de la Judée, et troublèrent les frères, disant que, s’ils n’étaient pas circoncis selon le rite de Moïse, ils ne pouvaient être sauvés, Paul, Barnabas et d’autres hommes pieux furent envoyés vers les apôtres et les anciens, pour les consulter sur l’affaire, Pierre, ainsi que les autres personnes auxquelles ils avaient été envoyés, se trouvait à Jérusalem (Ac 15:1-7).

Cinquième circonstance. — En Galates 2:7, nous lisons que les incirconcis (c’est-à-dire les païens) furent confiés à Paul et les circoncis (c’est-à-dire les juifs ou la nation juive) à Pierre, et, au verset 9, que Pierre (appelé alors Céphas) avec Jacques et Jean donnèrent la main d’association à Paul et à Barnabas, et convinrent que ces derniers devraient aller vers les païens, et eux vers les circoncis (les juifs) pour leur prêcher l’Évangile.

Il est donc établi que Pierre était à proprement parler un apôtre des juifs (après que cet accord ait été conclu) et non des païens. Mais s’il avait enseigné parmi les Romains, qui étaient païens par nature, il aurait largement outrepassé son engagement et sa promesse, ce qu’on ne doit certainement pas supposer d’un homme aussi grand et éminent que l’était Pierre à ce moment-là.

Sixième circonstance. — Des deux épîtres de Pierre, et en particulier des paroles en 1 P 1:1, il apparaît évident qu’il a prêché aux étrangers de la dispersion dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie (c’est-à-dire à ceux des douze tribus d’Israël qui y étaient dispersés) conformément à l’affirmation de Jacques (chap. 1:1). Comme ces contrées sont parfois éloignées les unes des autres, certaines sont distantes de quelques centaines de lieues4, il aurait fallu plusieurs années pour les parcourir et y prêcher. Il est clair que pendant ce temps-là, Pierre ne pouvait se trouver simultanément là-bas et à Rome ; ce qui est incontestable.

Septième circonstance. —À la fin de la première épître de Pierre, à savoir 1 P 5:13, nous lisons : « L’Église des élus qui est à Babylone vous salue… »

Comment Pierre pouvait-il envoyer une salutation de la part de l’Église de Babylone, s’il n’était pas avec elle à Babylone à ce moment-là ? Mais s’il était à Babylone, il n’était pas à Rome, à moins qu’il n’ait eu deux corps, ce dont nous ne lisons rien, et que nous n’avons aucune raison de croire.

Huitième circonstance. — Ceux qui soutiennent que Pierre était évêque à Rome ne font aucune distinction entre les mots apôtre, ou messager, et évêque, ou surveillant ; pourtant il y a toujours eu une différence marquée entre la charge d’apôtre et celle d’évêque.

La charge d’un apôtre était de voyager d’un pays à l’autre, oui, même à travers le monde entier, et de prêcher l’Évangile à ceux qui ne l’avaient pas encore entendu. Il n’était donc pas lié à un lieu ou à une Église en particulier, comme cela ressort de Mt 28:19 ; Mc 16:15.

D’autre part, la charge d’un évêque ou d’un surveillant était de veiller, de prendre soin, de paître et de gouverner, comme un berger son troupeau, une Église particulière à laquelle l’Évangile avait déjà été prêché et qui avait accepté la foi et le symbole du saint baptême. Comparez Ac 20:28 avec 1 Tm 3:1-5 ; Tt 1:5-7.

Or, c’est un fait que, à proprement parler, ce n’est pas cette dernière charge, mais la première qui a été enjointe à Pierre, car il se donne le premier nom mentionné : apôtre (voir 1 P 1:1 et 2 P 1:1) ; c’est dans ce but que Christ Lui-même l’avait choisi (Lc 6:13-14) et envoyé, comme cela peut se voir clairement dans le dernier chapitre de Matthieu et de Marc.

Comment se fait-il alors que Pierre ait siégé comme évêque de l’Église à Rome ? Qui plus est, pendant un nombre considérable d’années ! À moins qu’il ne soit dit que Pierre ait abandonné sa charge, et ait accepté une autre fonction et un autre ministère que celui auquel il avait été appelé ; ce qu’il serait difficile de prouver, puisque rien n’est mentionné à ce sujet dans les Écritures Saintes.

Remarques complémentaires sur les circonstances précédentes

Si l’on devait se tenir uniquement au témoignage des saintes Écritures, n’acceptant rien d’autre comme digne de foi, il ne pourrait en aucun cas être démontré que Pierre ait été à Rome ; mais, puisque les saintes Écritures ne rapportent pas tout ce qui s’est passé, le témoignage de certains auteurs reconnus de cette époque peut être accepté comme crédible, pourvu que leur témoignage ne contredise pas ce qui est exprimé dans les saintes Écritures.

Nous avons démontré, d’après les écrits apostoliques, que pendant le temps où Paul écrivait ses épîtres dans la prison de Rome, et aussi pendant toute la période où il (Pierre) prêchait dans les pays étrangers, Pierre n’était pas à Rome, mais à Jérusalem, à Antioche, dans le Pont, en Galatie, en Cappadoce, et dans d’autres lieux où les juifs étaient dispersés. C’est ce que nous avons clairement démontré, d’abord par six arguments, puis par huit circonstances tirées des saintes Écritures. Mais quant à l’endroit où se trouvait Pierre, ou comment il est mort, après que Paul eut écrit sa dernière épître depuis Rome, les Écritures n’en disent rien.

C’est pourquoi le témoignage de ces auteurs que nous venons de citer ne peut pas bien être contredit. Ils soutiennent que Pierre est venu à Rome peu avant sa mort et qu’il y a donné sa vie pour la doctrine de la vérité évangélique ; sans rien y mentionner de son épiscopat, et encore moins de sa papauté. 

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DISCORDANCE ENTRE AUTEURS PAPISTES. 1. LA QUESTION DE SAVOIR SI PIERRE ÉTAIT À ROME.

2. COMBIEN DE TEMPS IL Y A ÉTÉ ÉVÊQUE. 3. QUI LUI A SUCCÉDÉ

Le principe commun des papistes est que Pierre siégeait comme évêque principal à Rome. Cependant, les auteurs qu’ils citent à cet effet diffèrent grandement. En effet, en ce qui concerne son arrivée dans cette ville, certains la fixent à l’an 41 ; d’autres au début du règne de l’empereur Claude ; quelques-uns à la deuxième année de ce même Claude ; d’autres à la quatrième année ; d’autres encore au début du règne de Néron ; et enfin, d’autres à la quatorzième année après la conversion de Paul, etc., comme cela est noté dans les écrits d’Irénée, Orose, Damase, Hornantius, Thomas d’Aquin, les Vies des Saints, etc.

Concernant la durée de son mandat d’évêque, il n’y a pas moins de désaccords, tout comme sur la durée de son absence de son évêché pour séjourner dans d’autres lieux. Cortésius parle de dix-huit ans, Panvinio de sept ans, Bellarmin de cinq ans ; mais l’opinion générale parmi eux est qu’il a siégé vingt-cinq ans sur la chaire gouvernant leur Église ; même si certains s’y opposent catégoriquement. Voir les trois derniers auteurs mentionnés.

En ce qui concerne celui qui lui succéda dans son évêché, il existe beaucoup de confusion et d’incertitude parmi les auteurs.

Certains écrivent que Clément succéda à Pierre, comme le rapporte Tertullien ; d’autres, que Lin lui succéda, comme le disent Irénée, Eusèbe, Épiphane, etc. Tertullien, De Praescriptione Haereticorum, 32 ; Jérôme de Stridon, Contra Jovinianum.

D’autres encore affirment que Lin reprit la charge de Pierre deux ans avant la mort de ce dernier, comme le mentionne Damase, etc.

D’autres, que Pierre ordonna que Clément lui succède après la mort de Lin. In Pontific. Petr., etc. ; Clem. in Epistolam ad Jacobum, etc.

Certains écrivent aussi que la chaire de Pierre demeura vacante du vivant de Lin et de Clet, car Clément, ordonné par Pierre pour être son successeur, ne voulait pas l’occuper de leur vivant, selon leurs dires, ce dont témoigne Bellarmin.

D’autres disent que Lin occupa la chaire onze ans après la mort de Pierre (voir Eusèbe) ; d’autres encore, que Lin mourut avant Pierre et par conséquent ne fut pas son successeur dans la charge épiscopale (voir Torres, Sophrone, etc.).

Certains ajoutent qu’Anaclet succéda à Pierre et Clément à Anaclet. Jean Chrysostome, Homilia de Agone Petri et Pauli ; In Chronicum ; In Anno Clementis.

Enfin, d’autres affirment que Pierre et Lin furent évêques simultanément à Rome, le premier occupant le siège supérieur et le second le siège inférieur. Rufin d’Aquilée, Sabellicus et Torres, In vita Petri.


  1. Il n’est pas mentionné dans le texte par lequel des autres apôtres ces frères de Rome furent convertis ; mais il se peut qu’ils se soient convertis le jour de la Pentecôte à Jérusalem, car à cette époque des étrangers de Rome s’y trouvaient (Ac 2:10). ↩︎
  2. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité (Jn 16:13). ↩︎
  3. Il semble manquer la fin du raisonnement ici, comme on peut le constater en lisant les versets 11 à 14. Paul a effectivement réprimandé Pierre. Cependant, cela ne semble pas être pour le fait d’avoir mangé avec des païens en soi, mais pour son hypocrisie : il mangeait avec les païens lorsqu’il n’y avait pas de circoncis dans l’assemblée, mais lorsque des judaïsants vinrent à Antioche, il s’esquiva, et chercha même à judaïser les païens lui-même. — NDLT ↩︎
  4. « honderten meer mijlen » dans l’original. Il s’agit probablement de milles d’Allemagne (environ deux lieues de France, ou 7,5 km) — NDLT ↩︎