Se faire pigeonner

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Te souviens-tu ami, de l’affaire du pigeon,
Et comme nous reçûmes ainsi une leçon.
Je ne veux pas parler des pigeons qui tournaient
Et qui se décrochaient lorsque tu les tirais.

À ce tir aux oiseaux, tu étais très habile
Et tes flèches volaient, frappaient les volatiles.
Ce matin-là pourtant, c’était un autre enjeu
Qui nous livrait armés dans l’automne brumeux.

Nous marchions d’un bon pas sur le glissant sentier.
Il avait plu la nuit, les prés étaient trempés.
Mes chaussures prenaient l’eau et j’avais froid partout,
Mais nous allions au bois rejoindre Guy et Lou.

Guy t’en avait parlé, il avait repéré,
En plein cœur du grand bois, un endroit déboisé,
Une clairière étroite et à ses quatre coins,
Les cendres de quatre feux qui restaient en témoins.

Il en avait conclu en éclairé stratège,
Que l’ennemi nazi dans la nuit qui protège,
Avec les collabos, en ce lieu bien caché,
Dressait des plans iniques pour les exécuter.

C’était donc en espions que nous pensions aller,
Guidés par Guy et Lou, voir, puis dénoncer
Aux forces résistantes, la grande découverte,
Qu’elles utiliseraient comme botte secrète.

Et nos cœurs d’enfants étaient pleins de hardiesse.
Nous étions des héros à l’âme vengeresse.
Armés de nos fusils, nous voilà arrivés
Au lieu du rendez-vous, près de deux peupliers.

Nous l’avons vu ensemble, il était au repos
Sur le fil barbelé qui clôturait l’enclos.
Je ne sais pas pourquoi, t’es-tu cru dans ton jeu ?
Tu as soudain crié : « Préparez arme, en joue, feu ! »

Joignant le geste à la parole, tu tires sur le pigeon.
Le projectile l’atteint et le frappe en plein front.
Il est tombé à terre, on s’est précipités.
Il était vraiment mort, et j’en fus atterrée.

Quand Guy est arrivé, nous étions à genoux
Sur le sol gorgé d’eau, à regarder le trou
Que le plomb avait fait et d’où coulait le sang,
Comme coulaient les pleurs de nos cœurs d’enfants.

Il n’a pas versé une larme avec nous,
Et c’est avec le pied qu’il retourna l’oiseau.
« Ben, mon vieux, a-t-il dit, t’as pas raté ton coup !
Regarde, il est bagué, c’est celui du Jeannot.

Et le Jeannot, sais-tu ce qu’il a déclaré ?
Si quelqu’un touche un jour à mes pigeons bagués,
Avec ma carabine, que je charge au gros sel,
Je lui tire dans le cul, afin qu’il s’en rappelle ! »

Alors, toi et moi, surpris on n’a rien dit.
On a pris le pigeon, on l’a enveloppé
Avec nos deux mouchoirs, c’est moi qui l’ai porté.
Tu portais les fusils et on a suivi Guy.

L’attrait de la clairière, des feux, s’est envolé.
On a tout regardé, nos yeux étaient voilés.
Et le secret espoir de vaincre l’ennemi
Par la conspiration avait perdu son prix.

Le terme de la visite est enfin arrivé,
Car de quitter ces lieux, nous étions empressés.
« Avant que vous partiez, attendez, a dit Guy.
Vas-y Lou, ils sont beaux, n’est-ce pas leurs fusils ! »

« Les fusils sont à nous ! » leur avons-nous crié.
Mais alors de tes mains, ils les ont arrachés.
« Quand le Jeannot saura celui qui a tué
Son pigeon préféré ! » nous ont-ils opposé.

Et on leur a laissé ces précieux trésors,
Que nous avions payés du fruit de nos efforts.
Au fond de ton jardin, tu as creusé la tombe
Où reposent à jamais nos rêves les plus sombres.

Avant de l’enterrer, on a serré l’oiseau,
Dans un petit coffret vidé de mes joyaux.
On a mis une croix de deux brins de branchage.
On a écrit son nom : « Henri VIII courage. »

Ce nom on l’a trouvé dans un tube d’acier,
Que le pigeon portait sous ses plumes caché.
On a pleuré longtemps de découragement
Et décidé de n’en rien dire à nos parents.

Alors, pendant deux mois, on a vécu l’enfer,
Ruinés, pillés, esclaves de nos deux tortionnaires.
« Quand le Jeannot saura » furent leurs mots vainqueurs.
Ils nous ont soutiré jusqu’à l’argent du beurre.

Nos goûtés, nos bonbons, les sous de nos tirelires.
Chaque jour un peu plus, ne cessant de nous dire :
« Quand le Jeannot saura qui a tué l’oiseau. »
Et nous avons donné tous nos biens les plus beaux.

On a même souvent rédigé leurs devoirs,
Avant que de rentrer, assis sur le trottoir.
J’ai porté leurs cartables, j’ai ciré leurs souliers.
Jusqu’au jour où vraiment, j’ai été dépassée.

Comme j’allais au pain,
Les pièces dans la main,
Ils ont voulu l’argent,
Celui de mes parents.

« Quand le Jeannot saura qui a tué… »
Pleurant à gros sanglots, chez moi, je suis rentrée.
Vers Maman qui s’inquiète, je viens me réfugier
Et j’ai tout raconté, elle en fut bouleversée.

Elle en parle à papa, ta Mère est descendue
Et là devant les trois, nous avons comparu.
Ils nous conseillèrent le jour même d’aller
Jusque chez le Jeannot et de tout avouer.

Emporte aussi le tube, t’a dit encore Papa,
Car c’est important, surtout, ne l’oublie pas.
Nous sommes arrivés, tremblant de tous nos êtres,
On l’a vu au piano, à travers la fenêtre.

Puis on frappe au carreau, il est venu vers nous,
Il nous fait entrer et dit : « Que voulez-vous ? »
Alors tu t’es lancé et lui as déclaré :
« J’ai tué votre Henri et j’en suis désolé. »

Il n’a pas compris et au milieu des larmes,
Nous avons raconté l’épisode des armes.
Quand tu lui as tendu le tube retrouvé,
Il a lu le message et tout s’est éclairé.

Nous prenant dans ses bras, il dit : « Je vous pardonne. »
Nous étions libérés, la vérité est bonne.
Il a saisi un livre, nous a lu un récit
Qui parlait de pardon, de bonheur et de vie.

Je n’ai pas bien compris, j’étais trop bouleversée.
Quand nous sommes partis, il nous a embrassés.
Et le matin suivant, quand Lou m’a susurré
« Si le Jeannot savait… », alors j’ai rigolé.

« Il le sait, vois-tu, et nous a pardonnés. »

J’ai retrouvé hier, le texte dans la Bible,
Que nous a lu Jeannot il y a si longtemps.
Ses mots en sont précis et éclairent la cible,
De toute cette histoire vécue par deux enfants.

Psaume 32 de David. La bénédiction du pardon. Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné !… Je t’ai fait connaître mon péché… Et tu en as effacé la peine…

-Annick Markmann

Qui ?

Te souviens-tu, ami, de l’histoire entendue,
de nos premiers parents et du fruit défendu.
Comment la mort surgit et comment le bonheur
d’une vie de confiance s’était enfui sur l’heure.

Quand Adam se voit nu, de la peur il ressent.
Des feuilles d’un figuier, il fait un vêtement.
Il est pris de panique, il entend venir Dieu,
tente de se cacher avec Ève, à ses yeux.

« Adam, où es-tu ? » Dieu qui l’aime l’appelle.
« Qui t’a dit que tu es nu ? » Dieu l’interpelle.
Aucune voix audible avant n’avait rien dit,
alors pourquoi Adam soudain avait-il fui ?

À l’intérieur de lui, quelqu’un avait parlé.
Quelqu’un qui parle en nous dévoile nos péchés.
Nous le connaissons tous, il met nos âmes à nu.
Si nous nous égarons, il nous dit : « Que fais-tu ? »

Ce quelqu’un là, c’est la conscience.

Silencieux, dans la nuit, il avance à grands pas,
caché dans son manteau, il s’appelle Judas.
Il a vendu Jésus trente pièces d’argent,
C’est le prix d’un esclave qu’il a reçu comptant.

Il était un disciple et bien plus un apôtre,
il a fait des miracles avec les onze autres.
Il aimait trop l’argent, et les trente deniers
étaient assez tentants pour le faire bifurquer.

Mais les pièces reçues vont lui brûler les doigts,
et au sol dans le temple, il les jette. Pourquoi ?
Qui le pousse à aller dire aux principaux prêtres,
« J’ai vendu l’innocent et j’ai trahi mon maître. »

Ce quelqu’un là, c’est la conscience.

Un combat comparable trouble le jour suivant,
l’âme d’un autre apôtre, tu vas voir comment.
Pierre, sûr de lui, n’avait-il pas clamé
qu’il ne pourrait jamais, Jésus abandonner ?

On se souvient de la réponse que fit le Maître :
« Au chant du coq, tu m’auras renié trois fois. »
Pierre dans le Prétoire, s’approche d’un feu de bois
Un soldat s’y chauffant prétend le reconnaître.

« Tu es de ses disciples, toi ? – Je n’en suis pas ! »
Pour la troisième fois, Pierre le renia.
À ce moment précis, un coq avait chanté.
Le regard de Jésus vers Pierre s’était tourné.

Pierre a quitté les lieux, il pleure amèrement.
Dis-moi ce qui soudain lui arrache ces larmes,
ce qui vient l’éclairer et ce qui le désarme,
lui montrant la laideur de ses trois reniements ?

Ce quelqu’un là, c’est la conscience.

C’est elle qui depuis notre enfance nous donne,
d’évaluer le poids de nos agissements.
Elle ne nous lâche pas, nous parle et nous talonne.
On ne peut l’écarter, elle pointe présent.

On se laisse reprendre ou on lui dit : « Tais-toi !
Je ne t’ai pas sonnée, j’en ai marre, laisse-moi ! »
Mais on la sait tenace, on en est héritier.
Elle est la sentinelle, qui garde nos sentiers.

Le péché a bon goût et procure du plaisir.
On restait hésitant, cependant il attire.
La tentation est là et qui va résister ?
Dans le feu du désir, la voix s’est estompée.

Elle renaîtra ensuite, le péché consommé,
et elle est insistante, on se sent accusé.
Il est trop tard alors, l’acte a été commis,
il est là bien présent et inscrit dans la vie.

Les fautes accomplies, qui peut les effacer ?
Qui peut te purifier du poids de ton passé ?
Face à ce grand dilemme, il te faut un Sauveur
Qui saura te garder en tout lieu, à toute heure.

Jésus est ce Sauveur si tu veux l’accepter.
Il a déjà payé le prix pour ton péché.
Et si tu es sincère, si tu désires changer,
Il viendra, en Seigneur, en toi, pour y régner.

-Annick Markmann

Golgotha

« Trois croix sont dressées sur le mont Golgotha,
Trois hommes sont condamnés à mourir sur le bois. »
J’écoutais ce refrain, je me suis endormie,
Les paroles chantées, en rêve m’ont suivie.

En haut de la colline où j’étais arrivée,
Là sur la terre nue, trois croix étaient couchées.
Un morceau de papier voletait puis tomba
Sur la croix du milieu, où il demeura.

Je m’approchais alors pour voir ce que c’était.
Sur le papier fixé, mon nom se détachait
En grosses lettres sombres. Je me vis désignée
À mourir sur la croix, j’en fus terrorisée.

Parmi des pharisiens je courus me cacher.
Ils parlaient hébreu, je les ai écoutés.
Je compris qu’aujourd’hui seraient crucifiés
Deux drilles de Barabas, lui-même libéré.

Ils étaient nus et sur le bois déjà cloués.
Au poteau transversal, leurs bras étaient liés,
Leurs poignets, leurs talons, de grands clous transpercés.
Dans leur grande douleur, je les entends hurler.

Entre eux deux, étendue, ma croix demeurait vide.
Lequel me livrerait de ces badauds avides,
Satisfaits de voir là des hommes redoutés,
Recevoir un salaire qu’ils ont bien mérité.

Quand Il est arrivé, Il saignait de partout.
La couronne d’épines l’avait percé de trous,
Et de son front sanglant coulait en fins filets,
Le sang de l’innocent qui pour moi se livrait.

Ils ont pris sa tunique, et son corps dénudé
Était tout déchiré par le fouet acéré.
Ses pieds étaient souillés des poussières
De la terre lorsqu’ils l’ont couché sur le bois du calvaire.

Aucun cri n’est sorti de ses lèvres asséchées,
Quand sa chair s’ouvrait sous les coups martelés.
C’est à la troisième heure qu’ils le crucifièrent,
C’est entre deux brigands qu’ensuite ils l’élevèrent.

On redressa les croix à l’aide de cordages ;
Pour être vues de tous, placées sur le passage.
Un murmure s’amplifia dans le groupe où j’étais :
« Bien fait pour lui ! Ah ! Ah ! Pour qui il se prenait ? »

Rouge du sang versé, mon nom glissa à terre,
Puis le vent le saisit, l’éleva dans les airs.
Je le perdis de vue, mais je savais très bien,
Que l’homme qui mourait le tenait dans sa main.

Dans l’atroce souffrance d’une lente asphyxie,
le Sauveur sur la croix pardonne ses ennemis.
Chargé de nos péchés, il subit l’infamie.
Le fils de Dieu mourait pour nous donner la vie.

Les oiseaux charognards, bêtes errantes et chiens,
Se rassemblent déjà en vue du grand festin.
L’un des brigands supplie : « oh, souviens-toi de moi,
Lorsque tu reviendras, lorsque tu seras Roi ! »

La confiance en Jésus, au rachat par la croix,
Voilà le seul chemin, le salut par la foi.
« Aujourd’hui, tu seras avec moi, au paradis, »
Brusquement vient la nuit, le ciel s’est obscurci.

Des ténèbres épaisses assombrissent la terre,
Jésus est fait péché et séparé du Père.
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
C’est par amour pour nous que le Christ s’est livré.

Au temple ce soir-là, le schofar sonnait,
Lorsque le fils de Dieu sur la croix expirait.
Je l’entendis sonner au plein cœur de l’orage.
Je m’éveillai soudain, le tonnerre faisait rage.

Alors ce vieux cantique qu’on chantait autrefois,
Surgit tout à nouveau et j’élevais ma voix,
Pour toi, pour moi, pour le brigand qui fut cloué,
Pour tous ceux qui voudront être en Jésus sauvés.

« Attaché à la croix pour moi,
Attaché à la croix pour moi,
Il a pris mon péché, Il m’a délivré,
Attaché à la croix pour moi. »

Annick Markmann

Hirondelles, frêles hirondelles

Je perçois grandissant à l’intérieur de moi,
une douce émotion et une joie profonde,
à regarder voler au-dessus des vieux toits,
de jeunes hirondelles en boucles vagabondes.

Elles inscrivent, en larges lettres rondes,
mille mots sombres dans le ciel clair,
planent légères, plongent le bec ouvert,
près des surfaces où les insectes abondent.

Qu’écrit donc le vol des vives hirondelles
s’élevant et plongeant en un trait élégant ?
En courbes éphémères, leur valse rituelle,
parle d’éternité et de brièveté du temps.

Il est court en effet, le temps de l’estivage,
de la croissance avant le grand rassemblement,
avant que soit l’automne, le périlleux voyage,
l’Afrique colorée, ses glorieux printemps.

C’est pourquoi, près des toits, volent dix hirondelles,
qui tourbillonnent, plongent, chassent en truissotant,
dans l’air frais du matin, sans relâche s’appellent,
se regroupent un instant, s’égaillent brusquement.

Sur les fils souvent, pourquoi s’assemblent-elles ?
Vingt, trente, cent, leur nombre va croissant.
D’où viennent-elles ? Quel mystérieux appel
dit à chacune « Viens, c’est bientôt le moment. »

Le nombre étant atteint, le jour étant venu,
quand en secret résonne un signal attendu,
des milliers qui pépient sur les fils, serrées,
l’une d’elle s’envole, monte jusqu’aux nuées.

Alors mille hirondelles en vagues se détachent,
bruyant nuage, dans le silence d’un ciel serein.
Une loi éternelle, du cœur de leur instinct,
guide leur vol au lieu où leur survie s’attache.

Un jour viendra aussi où les croyants fidèles,
qui se sont repentis, vivent selon l’Esprit,
entendront à leur tour, venant du ciel un cri,
comme un son de schofar, l’appel de l’éternel.

Alors, les morts en Christ seront ressuscités,
les vivants en Jésus se verront transformés.
Dans les cieux à leur tour ils seront enlevés,
rejoignant le Seigneur venu pour les chercher.

Annick Markmann

Temporaire, éternel.

Les feuilles mortes tombent toujours
de l’arbre avec les frimas.
Elles volent dans le vent des jours,
mais l’arbre lui ne meurt pas.

Au ralenti la vie demeure,
cachée dans l’arbre qui somnole.
La sève est le puissant symbole,
d’une vie qui jamais ne meurt.

Quand les saisons de notre histoire,
s’effeuillent au livre où tout s’inscrit,
en creux sillons dans nos mémoires,
demeurent joies, peines et soucis.

Notre séjour est temporaire
et la mort ne lésine pas
Elle fauche largement son aire,
vous mène de vie à trépas.

C’est donc ainsi que de l’enfance,
aux jours de la maturité,
nous passons de l’insouciance,
à l’heure de la vérité.

Quand le corps retourne à la terre,
l’âme et l’esprit s’en sont allés,
dans l’éternité près du père,
s’ils ont cherché sa volonté.

Ne comptons pas sur nos mérites,
car alors nous croirions en vain.
Le ciel est pour tous ceux qu’habite
l’humble, le doux, Christ le seul bien.

Annick Markmann

Merci !

De notre coin de terre jusqu’à notre arrivée,
La route était bien longue et le temps défilait.
Avec le soleil nous nous étions levés,
C’était l’après-midi, et mon mari dormait.

Nous avions tour à tour, conduit au long des heures.
Nous étions maintenant sur les voies secondaires.
L’Odenwald se parait de tons d’or et de verts.
Je devais avancer, éviter la torpeur.

L’écoute d’une cassette aidait mon attention.
L’harmonique des chants, les voix et la musique,
Les paroles chantées m’emplissaient d’émotions.
L’espace se ponctuait de beaux versets bibliques.

Par son sens opportun, l’un d’eux m’avait touchée
« Je garde ton départ, aussi ton arrivée. »
Il ajoutait : « dès maintenant et à jamais. »
Au ralenti, derrière un camion, je roulais.

La route n’était pas large, mais le temps me pressait.
Je mis mon clignotant, à gauche me déportais.
Rien derrière, rien en face, alors je m’engageais
Et jusqu’à la moitié du camion remontais.

Derrière le camion, je me suis retrouvée.
Ma volonté à moi, c’était de dépasser.
Tout s’est fait malgré moi, je ne peux l’expliquer,
Ça s’est fait hors du temps, mais nous étions sauvés.

Dans toute sa vitesse, une voiture lancée,
Passait en sens inverse, quel choc ç’aurait été !
Une main invisible nous avait déplacés,
Dans la conformité au verset écouté.

Annick Markmann

Au commencement

Tu m’avais demandé de t’écrire une histoire
Inspirée de la Bible, afin de t’éclairer.
Je vais donc essayer et te donner à croire
Les débuts de ce monde et de l’humanité.

Au commencement, Dieu crée, est-il écrit,
Les cieux, la terre et tout ce qu’elle contient.
Des atomes terrestres, il forme l’être humain.
Lui donne son esprit, le souffle de la vie.

Il choisit de faire l’homme à l’image de Dieu.
Il crée l’homme et la femme, puis ainsi les bénit :
« Multipliez-vous, devenez très nombreux,
Que la terre soit remplie ; vous soit assujettie. »

Il était en Éden, un luxuriant verger
Où Dieu avait planté des arbres par milliers.
C’est là, dans ce séjour, qu’Il plaça les humains.
Chaque soir, Dieu venait les voir, dans le jardin.

L’homme se nourrissait de plantes variées
Et des fruits délicieux qu’il pouvait récolter.
Il poussait cependant au centre du jardin,
Deux arbres dont le nom n’était pas anodin.

L’arbre de la vie, se nommait le premier.
Il donne la vigueur et ses feuilles guérissent.
Son fruit est nécessaire afin qu’il nourrisse
Une vie qui s’étend jusqu’à l’éternité.

Une vie abondante dans la contemplation
Des bleutés paysages au rythme des saisons.
Une vie de liberté, une vie d’adoration
Et avec Dieu toujours, une vraie communion.

L’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Tel était le nom du deuxième dont Dieu dit :
« Tu n’en mangeras pas. Si tu goûtes à son fruit,
Tu mourras. » Interdiction claire et loyale !

Dans le jardin, les animaux étaient nombreux
Et le serpent était le plus rusé d’entre eux.
À la femme il susurre : « Dieu a-t-il vraiment dit,
Des arbres du jardin, ne mangez pas les fruits ? »

« Les fruits de tous les arbres chaque jour nous mangeons
Un arbre du jardin seulement fait exception.
Dieu nous l’a interdit, de peur que nous mourions. »
« Vous n’allez pas mourir, mais son fruit est trop bon ! »

« Vous serez comme Dieu, vous deviendrez puissants. »
Séduite, Ève en mangea, en donna à Adam.
L’humanité ainsi, faisait le choix fatal,
De décider, sans Dieu, ce qui est bien ou mal.

Voilà, je t’ai décrit ce qui est arrivé,
Cet instant décisif où tout a basculé.
Un homme, une femme, toute l’humanité,
Deux arbres, deux paroles, deux destinées.

La voix du serpent ou bien la voix de Dieu,
La mort ou bien la vie, l’enfer ou bien les cieux.

Annick Markmann