Le voyage du pèlerin moderne

Chrétien marchait toujours vers la Cité céleste. Et tout le monde trouvait qu’il était trop strict.

Il portait toujours le Livre avec lui partout où il allait. Et c’était bien là le problème.

Quand le Livre disait : « Fuis », il fuyait.
Quand il disait : « Abstenez-vous », il s’abstenait.
Quand il disait : « Renonce à toi-même », il renonçait à lui-même.
Quand il disait : « Prends ta croix », il ne demandait pas s’il en existait une plus légère.

« Tu prends tout cela beaucoup trop au sérieux », lui disait-on.

Chrétien regarda le Livre.

« Le Roi a-t-il changé ? »

« Non. »

« Alors pourquoi changerais-je ? »

Ils le traitèrent donc de légaliste.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Bientôt, il arriva dans une ville où chacun marchait la tête baissée.

Au premier abord, Chrétien pensa que les gens priaient.

Puis il aperçut les écrans lumineux qu’ils tenaient entre leurs mains.

Ils se réveillaient en tendant la main vers eux.
Ils mangeaient avec eux.
Ils les emportaient à l’église.
Ils les emmenaient jusque dans leur chambre.
Ils les mettaient entre les mains de leurs enfants.

Chrétien vit les petits apprendre le nom des célébrités avant celui des apôtres, connaître les tendances du jour avant la vérité, et parler le langage du monde avant d’avoir appris celui des Écritures.

« Qui fait de vos enfants des disciples ? » demanda Chrétien.

« Mais nous ! »

Chrétien regarda les écrans qu’ils tenaient à la main.

« En êtes-vous bien sûrs ? »

Ils dirent qu’il allait trop loin.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Puis il rencontra une femme du nom de Sentiments.

Elle disait à tous :

« Suis ton cœur. »

« Fais ce qui te donne la paix. »

« Si ta conscience ne te reprend pas, c’est que cela ne doit pas être mauvais. »

Chrétien ouvrit le Livre.

« Mais le Livre dit que le cœur est trompeur. »

Sentiments fronça les sourcils.

Chrétien serra plus fermement le Livre contre lui.

« Mes sentiments changent. Celui-ci ne change pas. »

Ils le trouvèrent dur.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Puis Chrétien arriva à la Foire aux Vanités.

Seulement, il n’était plus nécessaire de faire le voyage jusqu’à elle.

La Foire tenait désormais dans la poche de chacun.

La convoitise.
L’envie.
La médisance.
L’orgueil.
La cupidité.
Les fausses doctrines.
Les divertissements sans fin.

Tout cela était à portée d’un simple mouvement du pouce.

Ils y passaient des heures, puis s’étonnaient de n’avoir aucun appétit pour la prière.

Ils remplissaient de bruit chaque instant de silence, puis s’étonnaient de ne plus parvenir à entendre Dieu.

« Ce n’est pas un péché », protesta quelqu’un, la boîte lumineuse à la main.

Chrétien acquiesça.

« Peut-être que non. Mais je me demande si c’est encore vous qui la possédez, ou si c’est elle qui vous possède. »

Ils le trouvèrent vieux jeu.

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Les années passèrent.

Le chemin devint plus étroit.

Les hommes donnèrent de nouveaux noms aux compromis.

La mondanité devint liberté.

L’impudicité devint assurance de soi.

La désobéissance devint authenticité.

Le silence devint amour.

Et la sainteté devint légalisme.

Chrétien se demanda parfois s’il n’était pas, après tout, trop strict.

Alors il ouvrit de nouveau le Livre.

Le chemin étroit s’y trouvait encore.

La croix s’y trouvait encore.

« Soyez saints dans toute votre conduite » s’y trouvait encore.

« N’aimez point le monde » s’y trouvait encore.

« Si vous m’aimez, gardez mes commandements » s’y trouvait encore.

Chrétien referma le Livre.

« Ce n’est pas moi qui ai rendu le chemin étroit. C’est le Roi. »

Et Chrétien poursuivit son chemin.

Enfin, il aperçut la Cité céleste.

Et soudain, tous les noms dont on l’avait affublé cessèrent de lui faire mal.

Légaliste.

Extrémiste.

Coupé du monde.

Vieux jeu.

Trop strict.

À la lumière de l’éternité, l’opinion des hommes était devenue bien petite.

Chrétien regarda le Livre usé qu’il tenait entre ses mains et songea à tout ce qu’il avait abandonné afin de lui obéir.

Et là, au seuil de l’éternité, il avait des regrets.

Mais aucun d’eux n’était celui-ci :

« J’aurais aimé faire davantage de compromis. »

Peut-être avons-nous posé la mauvaise question.

Non pas :

« Est-ce vraiment si mauvais ? »

Mais :

« Cela me rend-il davantage semblable à Christ ? »

Non pas :

« Est-ce que je me sens repris dans ma conscience ? »

Mais :

« Qu’a dit Dieu ? »

Et peut-être devrions-nous cesser d’avoir tellement peur que nos enfants nous trouvent trop stricts, au point de les livrer à un monde qui, lui, ne craint nullement d’en faire ses disciples.

La Cité céleste est devant nous.

Nos enfants nous regardent.

L’éternité approche.

Le Livre est toujours vrai.

Le chemin est toujours étroit.

Et le Roi est toujours digne.

Alors, Chrétien…

poursuis ton chemin.

Texte traduit de l’original anglais de Sarah Trent, avec son aimable permission.

Comment les chrétiens peuvent-ils combattre le racisme?

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  1. Commençons par nous-mêmes. La première chose à faire est de reconnaître les sentiments que nous avons à l’égard des gens qui sont différents de nous. Arrêtons de dire en nous-mêmes que nous n’avons pas de tels sentiments, que nous aimons tout le monde de la même façon. Ce n’est tout simplement pas vrai. Regardons en profondeur, reconnaissons les idées que nous avons au sujet des gens qui ont des couleurs de peau différentes ou des accents différents des nôtres; la façon dont nous voyons les pauvres, les gens d’autres confessions religieuses, les malades mentaux, les mères célibataires, la liste sera interminable. Admettons les craintes que nous avons à l’égard de ce genre de personnes.
  2. Parlons-en à Dieu. Confessons à Dieu les pensées et les sentiments impurs que nous trouvons en nous. Lisons ce que Dieu dit dans sa Parole sur nos relations avec les autres; lisons comment Jésus ne reculait…

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Quel genre d’Église est celle-ci?

article original: https://temoinanabaptiste.com/2020/01/26/quel-genre-deglise-est-celle-ci/

Je suis membre de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Quel genre d’Église est-elle?

Il y a trente ans, nous vivions dans le sud-ouest de l’Ontario, une région où il y a 25 sortes d’Églises mennonites. Des gens me posaient des questions comme : votre église autorise-t-elle l’usage des voitures? De l’électricité? Des téléphones? Ils essayaient de placer l’église à laquelle j’appartenais dans une catégorie qu’ils pouvaient comprendre. Mais elle ne correspond vraiment à aucune des catégories qu’ils avaient en tête.

Une missionnaire de l’Église de Dieu en Christ, mennonite en Côte d’Ivoire est confronté à des questions similaires. Les gens lui demandent si cette église est une église évangélique. La réponse est oui, mais. Oui, nous sommes évangéliques; mais nous ne nous conformons pas à l’image que ce terme apporte à l’esprit de la plupart des gens.

Ce fut à Antioche que pour la première fois les disciples furent appelé chrétien. Ces disciples ne correspondaient à aucune catégorie familière aux habitants d’Antioche. Ils avaient cessé d’adorer dans les temples païens, mais ils n’étaient pas devenus juifs. Ils étaient quelque chose de complètement nouveau, des gens qui parlaient souvent de Jésus-Christ. Le peuple d’Antioche inventa donc un nouveau terme : chrétien. C’est toujours le meilleur terme pour nous décrire, vraiment le seul qui compte. Mais beaucoup de bagages ont été attachés à ce nom depuis Antioche. Chrétien signifie beaucoup de choses différentes selon les gens.

Les membres de l’Église de Dieu en Christ mennonite sont comme ces premiers croyants à Antioche. Nous ne prétendons pas simplement connaître Jésus; pour devenir membres de cette Église, nous devons avoir l’assurance qu’il nous connaît. Être un disciple de Jésus signifie que nous évitons tout ce qui ne lui plaît pas et nous soumettons à tout ce qu’il nous demande. Nous ne décidons pas ce qu’il n’attend de nous par le raisonnement ni par ce qui est enseigné par nos prédicateurs. Être un disciple de Jésus signifie avoir une relation réelle avec lui où il nous guide personnellement.

Il y a quelques années, le conseil municipal d’une communauté du nord de la Saskatchewan était préoccupé par les tessons de bouteilles brisés dans leurs rues. Ils essayèrent d’obtenir du gouvernement provincial qu’il interdise la vente de boissons alcoolisées dans des contenants en verre. Un chroniqueur d’un hebdomadaire, un indigène du peuple Cri écrivit dans sa chronique qu’il serait préférable qu’ils se préoccupent davantage de ce qu’il y avait dans les bouteilles. C’était le vrai problème.

Appliquons donc cette même idée à la question de quel genre d’Église est celle où nous sommes membres. Toutes les tentatives pour nous identifier par une étiquette sur notre bouteille — pour nous inscrire dans une catégorie d’église reconnaissable — ne fonctionnent pas. La différence est en ce qu’il y a à l’intérieur. Pour en revenir aux questions qui m’ont été posées il y a des années sur les voitures, l’électricité et les téléphones — avoir ou ne pas avoir ces choses n’est pas ce qui fait de nous des chrétiens. La vraie question est, que faisons-nous de ces choses, où allons-nous avec elles? Et c’est une question de cœur.

Seules les personnes baptisées par le Saint-Esprit peuvent être membres de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. La preuve de ce baptême n’est pas des choses extérieures, comme parler en langues. C’est un cœur transformé qui est rempli d’amour, de joie, de paix, de patience, de douceur, de bonté, de foi, de douceur, de tempérance. Les signes extérieurs peuvent être contrefaits, non pas les choses du cœur. Oui, une personne peut conserver une apparence du fruit de l’Esprit pendant un certain temps, mais finalement quelque chose va sortir qui révèle ce qui est vraiment dans le cœur.

J’aimerais qu’il y ait une courte description accrocheuse de l’Église qui répondrait aux questions que les gens posent souvent. Mais elle ne rentre dans aucune des niches dans lesquelles les gens voudraient le placer. J’ai décidé que c’est une bonne chose. Chrétien est la seule étiquette qui décrit cette Église. Mais ce n’est qu’en goûtant ce qu’il y a à l’intérieur que les gens peuvent commencer à comprendre ce qu’il signifie vraiment être chrétien.

« Je suis croyant mais non pratiquant »…

Quel profit y a-t-­il… si quelqu’un dit qu’il a la foi, et qu’il n’ait pas d’œuvres?… Montre-moi ta foi sans œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi.

Jacques 2. 14, 18

Pour moi, vivre, c’est Christ.

Philippiens 1. 21

Pratiquer ou vivre?

«Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête», disait Gandhi.

(Il y a beaucoup à retenir des préceptes des penseurs et philosophes de ce monde, même si nous ne sommes pas d’accord avec leur vie ou leur message global. Cependant, il faut prendre garde de ne pas se laisser attirer par la part de vérité dans leurs discours pour accepter le reste, c’est pourquoi, d’habitude je m’abstiens de les citer, mais je fais parfois des exceptions.)

Nous voilà avec des amis en train d’échanger sur le sujet, religion et foi, souvent débattu. Plusieurs reconnaissent «croire et ne pas pratiquer». Puis l’un d’entre eux, après réflexion, ajoute: «Soyons honnêtes, si je ne pratique pas, c’est parce que cela ne m’intéresse pas!» Voilà un point de vue honnête pour une fois, et lucide. Malheureusement, ce jeune homme n’est pas intéressé par le salut, probablement parce qu’il n’a jamais réellement connu de vrais chrétiens «pratiquants»; mais au moins il le reconnaît. Hélas, il y en a beaucoup, même parmi ceux qui se disent nés de nouveau, qui croient pouvoir croire en Dieu, mais ne pas vivre comme il nous le demande, ce qui revient à ne pas être régénéré (en passant, vous avez vu tous ces accents sur ce mot??? ça m’épate!) . Ne pas être faire de notre mieux pour suivre Dieu alors que nous disons chrétien, c’est un reproche pour l’Église et le message de Jésus, mort sur la croix pour nous rendre purs. Nous avons tous commis ce péché, mais lorsque nous nous en repentons, Dieu nous pardonne. Cependant, à ceux qui y retombent sans cesse ou à ceux qui ne se repentent pas de cela, Dieu retire sa grâce et ne les reconnaît plus comme ses fils et ses filles. Il est miséricordieux pour les aider à revenir, mais seulement lorsqu’ils se rendent compte du blasphème et du péché que cette vie constituait.

Une foi de façade n’est pas la foi. La Bible nous fait comprendre que la foi qui ne se pratique pas est «morte» (Jacques 2. 17), elle n’a ni vie ni valeur. On ne peut séparer la foi de son application à la vie pratique. Si j’ai accepté Jésus pour mon Sauveur personnel, c’est afin de vivre en relation avec lui.

«Pratiquer», cela veut-il dire se plier chaque jour à des obligations, obéir à des lois? Au contraire, pour le croyant vivant sa vie avec Christ, c’est un choix du cœur, librement consenti. Il est question, non pas de pratiquer une religion, mais de vivre une relation, une communion avec une personne vivante, Jésus, que Dieu m’a donné pour Sauveur et Seigneur. Être chrétien, c’est vivre avec Dieu et pour Dieu. «Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles», que nous les accomplissions (Éphésiens 2. 10).

Roi, libère-toi toi-même

Jésus leur répondit: En vérité, en vérité, je vous dis: Quiconque pratique le péché est esclave du péché.

Jean 8. 34

Si donc le Fils (de Dieu) vous affranchit, vous serez réellement libres.

Jean 8. 36

Roi, libère-toi toi-même

Un roi vint un jour voir Épictète, le philosophe esclave qu’il admirait, et lui offrit de le libérer. “Libère-toi toi-même”, répliqua Épictète. Son visiteur protesta: “Mais je suis roi!” Le philosophe répondit: “Un roi, dominé par ses passions, est en esclavage; un esclave qui domine ses passions est libre. Roi, libère-toi toi-même!”

Le philosophe avait ainsi l’intuition que la vraie liberté est d’abord intérieure. Et cela, c’est un des messages de la foi chrétienne, bien qu’elle soit souvent perçue comme un ensemble de règles, de frustrations, d’interdits. L’évangile est bien plutôt un message de liberté! Une libération qui n’est pas à acquérir par nos propres efforts, comme le pensait Épictète, mais à recevoir comme un don de Dieu.

C’est une affaire de confiance. Nous recevons cette liberté en croyant au Seigneur Jésus qui, par sa mort sur la croix, nous apporte le pardon de toutes nos fautes et nous libère de notre asservissement au mal.

Cette liberté nouvelle est à vivre chaque jour. Et là se manifeste pleinement le paradoxe énoncé par Jésus: “Quiconque voudra sauver sa vie la perdra; mais quiconque perdra sa vie à cause de moi la trouvera” (Matthieu 16. 25). En d’autres termes: qui veut à tout prix défendre sa liberté la perdra, mais qui accepte de la “perdre” en se plaçant avec confiance entre les mains de Dieu, trouvera la vraie liberté, comme un merveilleux cadeau de l’amour de Dieu.