Confession de foi anabaptiste-mennonite (1627)

[Tirée du Miroir des martyrs de Thieleman Janszoon van Braght (1660), traduction basée sur l’original néerlandais https://play.google.com/books/reader?id=qpyxCLehkwoC&pg=GBS.RA1-PA1&hl=fr et sur les pages 27 à 33 de la version anglaise.]

Rédigée à Amsterdam le 27 septembre 1627, sous le titre Instruction Scripturale, concernant qui sont les personnes sur qui repose la paix de Dieu, et comment elles sont liées à la paix et à l’unité, donnée en réponse aux questions suivantes, dont la première est :

Quelles sont les marques fondamentales et indubitables par lesquelles les enfants de Dieu et les membres de Jésus-Christ (étant l’Église de Dieu) peuvent et doivent être connus, conformément au témoignage de la Parole du Seigneur ?

Afin de répondre correctement à cette question, nous devons considérer par quels moyens les hommes deviennent enfants de Dieu, membres de Jésus-Christ et de l’Église de Dieu. Car bien que Jésus-Christ, le Seigneur béni, soit la seule cause méritoire de la justification des hommes, de leur adoption par Dieu comme Ses enfants, et le fondement de leur salut éternel (Rm 3:24-25 ; 1 Co 1:30 ; Tt 3:7 ; Hé 5:9 ; Eph 1:5 ; Col 3:11 ; Ac 4:12), Dieu a néanmoins choisi un moyen particulier. 

Il a plu au Père céleste, de qui viennent toutes choses (1 Co 8:6) et qui est le vrai Père de toute la famille dans les cieux et sur la terre (Eph 3:14-15), d’imputer les mérites de Son Fils Jésus-Christ aux hommes et de les rendre participants de ceux-ci par le moyen de la foi en Son Fils bien-aimé, unique et monogène (Rm 3:25 ; Ga 2:16 ; Eph 2:8 ; Jn 3:15-16, 36 ; Jn 6:40). C’est par Lui qu’Il les possède comme enfants et les adopte comme héritiers de la vie éternelle, selon le témoignage de Jean, qui dit : « Il [c’est-à-dire Christ] est venu chez les siens et les siens ne l’ont point reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jn 1:11-13). 

Paul le confirme en ces termes : « Vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus Christ » (Ga 3:26). Par ce moyen qu’est la foi, acquise de la Parole de Dieu et confirmée par le Saint-Esprit, les hommes naissent de Dieu. L’appellation d’enfants de Dieu leur appartient donc véritablement, puisqu’ils ont Dieu pour Père et Christ pour Frère. Dieu le Père les reconnaît comme Ses fils et Ses filles, et Christ n’a pour cette raison pas honte de les appeler Ses frères. (Rm 10:17 ; 2 Co 4:13 ; Rm 8:16 ; Jn 1:12 ; 1 Jn 5:1 ; Jc 2:18 ; 1 P 1:23 ; Mt 5:45 ; Jn 1:12-13 ; Jn 3:2 ; Jn 20:17 ; Rm 8:15 ; Ga 4:16 ; Mt 12:50 ; 2 Co 6:18 ; Hé 2:11-12)

Ces enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ sont héritiers de Dieu, bien plus, cohéritiers dans l’héritage de leur Frère Jésus-Christ. On leur a en effet promis par Dieu le Père, par le moyen de la foi, tous les bénéfices acquis par notre Sauveur Jésus-Christ, qui sont principalement le pardon des péchés, la justification et la paix avec Dieu. Parce qu’ils sont enfants de la résurrection, ils ne seront pas condamnés, mais passeront de la mort à la vie. Ils jouiront du salut, de la vie éternelle et d’un bonheur indicible, oui, en vérité, il posséderont tout ce que possède le Seigneur Christ. (Rm 8:17 ; Eph 1:11 ; Ac 10:43 ; Rm 3:26 ; Rm 4:5 ; Rm 5:1 ; Ga 2:16 ; Lc 20:26 ; Jn 5:24 ; Mt 16:16-17 ; Mc 16:16 ; Rm 10:9 ; 1 P 1:9 ; Jn 3:16 ; Jn 6:47 ; Jn 17:3 ; Jn 20:31 ; 1 Jn 5:11 ; 1 P 1:8 ; Lc 22 ; Ap 21:7)

C’est pourquoi nous répondons, en conclusion à la question posée : La marque fondamentale et certaine des enfants de Dieu et des membres de Jésus-Christ est celle en vertu de laquelle cette appellation leur appartient en vérité conformément à la promesse de Dieu, à savoir la seule foi salvatrice qui agit par amour, sur laquelle Dieu Lui-même regarde avec bienveillance et qui seule vaut devant Lui (Ga 5:6 ; Jr 5:3 ; Os 2:2 ; Jr 5:1 ; Ac 8:37 ; Ac 15:11 ; Es 26:2). C’est pourquoi, nous, qui sommes unis à Dieu et unanimes avec Lui, devons nous en remettre à elle seule, puisque le Seigneur Christ Lui-même, promettant à Pierre le salut sur sa foi et sa confession, ajoute : « Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16:18).

Nous allons maintenant démontrer brièvement ce qu’est la foi en Christ, ce qu’il faut croire, quel est son but et quelles sont les œuvres internes et externes de la foi.

Cette foi en Christ par laquelle les hommes deviennent participants de tous les bienfaits acquis par Jésus-Christ, n’est ni une opinion incertaine ni une simple confession de la bouche, mais une confiance ferme et sûre du cœur, qui ne doute pas des choses promises par Dieu en Christ, qui a plutôt la ferme assurance que Celui qui les a promises est aussi capable de les accomplir. (Hé 11:13 ; Hé 3:6 ; Rm 10:10 ; Rm 4:20-21).

Par cette confiance ferme et sûre, celui qui croit aux promesses de Dieu est fondé en Jésus-Christ son Sauveur, parce qu’il sait que toutes les promesses de Dieu sont oui et amen en Lui. Il s’accroche fermement à celles-ci comme à une ancre de son âme, à la fois sûre et solide. (Ac 10:43 ; 1 P 1:10-11 ; Jn 8:56 ; Hé 11:26 ; 2 Co 1:20 ; Hé 6:18-19)

Il croit de tout son cœur que Dieu – désireux de montrer Son grand amour envers l’humanité qui par le péché était tombée dans la mort et de multiples corruptions, et voulant les racheter pour l’accomplissement de Ses gracieuses promesses – a envoyé dans ce monde à cette fin, lorsque s’était accompli le temps de toutes les prophéties, Son cher Fils unique bien-aimé.

Celui-ci, de toute éternité, était avec Son Père dans une grande gloire et aimé de Lui avant la fondation du monde. Il possédait de grandes richesses et était égal à Dieu Son Père. C’est par Lui que toutes choses ont été faites, et sans Lui rien n’a été fait de tout ce qui a été créé dans les cieux ou sur la terre. Tout subsiste en Lui puisqu’Il soutient toutes choses par la parole de Sa puissance. (Gn 22:18 ; Dt 8:15 ; Es 7:15 ; Es 9:6 ; Es 11:1 ; Es 40:9 ; Mi 5:2 ; Jn 3:16 ; Rm 5:8 ; Rm 9:31 ; 1 Jn 4:9-10 ; Gn 3:19 ; Livre de la Sagesse 2:24 ; 4 Esdras 7:48 ; Rm 4:5, 12 ; 1 Co 15:21 ; Rm 5:16 ; 4 Esdras 3:7 ; Gn 3:17 ; Rm 1:2 ; Rm 8:3 ; Col 1:13 ; Eph 1:7 ; Ga 4:4 ; Mc 12:6 ; Mc 1:11 ; Mt 17:5 ; Mt 3:17 ; Hé 1:8 ; Hé 7:3 ; Hé 13:8 ; Hé 1:3 ; Jn 16:28 ; Jn 17:5, 24 ; 2 Co 8:9 ; Ph 2:6 ; Ap 1:18)

Il a quitté Sa gloire divine, Sa forme et Ses richesses, est sorti de Dieu Son Père et est descendu des cieux dans ce monde, de sorte qu’une vierge Le conçut et donna naissance à ce Fils à Bethléem, où Dieu introduisit Son Fils premier-né dans le monde sous la ressemblance d’une chair de péché. (Jn 13:3 ; Jn 3:13, 31 ; Jn 6:38, 51, 62 ; Eph 4:9-10 ; Es 7:14 ; Mt 1:23 ; Lc 2:21 ; Es 9:6 ; Lc 3:6 ; Ga 4:4 ; Mi 5:2 ; Mt 2:6 ; Hé 1:6 ; Rm 8:3) 

Car la Parole s’est faite chair, elle qui était dès le commencement ; celle que les apôtres mentionnent, qu’ils ont entendue de leurs oreilles et que leurs mains ont touchée : la Parole de vie. En effet, la vie fut rendue manifeste, de sorte qu’on put voir cette vie éternelle, qui était auprès du Père. (Jn 1:14 ; 1 Jn 1:1-2 ; Jn 1:9 ; Jn 20:25, 27 ; Es 40:5, 9)

Par conséquent, tous les vrais croyants doivent honorer et attribuer à leur Sauveur, non pas comme à une créature mais comme au Créateur, tout l’honneur divin, comme ils le font pour le Père (Jn 5:23 ; Jn 3:30-31 ; Jn 20:28). Car, même si pour un peu de temps Il fut rendu inférieur aux anges, tous les anges de Dieu doivent cependant L’adorer (Ph 2:10 ; Mt 14:33 ; Hé 1:6). Et Il en est digne, Lui qui nous a tant aimés qu’Il nous a rachetés par Sa mort et nous a lavés de nos péchés par Son propre sang, qui est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, qui a détruit la puissance du diable, de la géhenne et de la mort. Il a aboli l’acte d’accusation de la loi et a pardonné tous les péchés, réconciliant avec Dieu le Père tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, en faisant la paix par le sang de Sa croix.

C’est Lui qui a mis en lumière la vie et l’immortalité, et c’est à Lui que Dieu nous a destinés pour hériter du salut éternel. (Ap 5:9 ; Ap 1:5 ; Rm 5:10 ; Ac 20:28 ; Col 1:14 ; 1 P 1:19 ; Rm 4:25 ; Rm 5:6, 8 ; Col 2:13-14, 19-20 ; Hé 2:14 ; 1 Co 15:54-55 ; Ap 20:14 ; Es 25:8 ; 2 Tm 1:10 ; Eph 1:10 ; Eph 2:13 ; 1 Th 5:9)

Ainsi, le Seigneur Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, est la véritable pierre angulaire, le chemin et la porte de la vie éternelle. Il n’y a pas d’autre nom donné à l’homme, ni dans les cieux ni sur la terre, par lequel on puisse être sauvé et devenir enfant ou héritier de Dieu, que le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. (Es 28:16 ; Rm 9:33 ; Eph 2:20 ; 1 P 2:6 ; Jn 14:6 ; Jn 10:9 ; Ac 4:12)

Le croyant, voyant par la foi que Dieu est immuable dans Ses promesses les plus grandes et les plus indicibles, se sent confiant. En effet, voyant que Dieu les accomplit en vérité par le don de Son cher et bien-aimé Fils unique, le croyant comprend qu’il n’y a rien que Dieu ne nous donnera également avec Son Fils. Il a donc la ferme assurance que les bienfaits promis dans et à travers les souffrances, la mort, le sang versé, la résurrection et l’ascension de Son Fils, lui appartiennent et qu’il les recevra en vérité. (Hé 6:17-18 ; Ps 33:4 ; Jn 3:16 ; 1 Jn 4:9 ; Eph 1:6 ; Col 1:12-14 ; 2 Tm 4:8 ; Eph 1:11-13 ; Rm 8:32, 34, 38 ; 2 P 1:3 ; Ga 2:21 ; Eph 2:17 ; 2 Co 4:6-7)

Cette foi engendre dans le cœur du croyant un goût intérieur de la bonté de Dieu et des pouvoirs du monde à venir, ce qui engendre l’allégresse, la joie et une ferme assurance de la faveur du Père dans l’âme. Grâce à cette assurance, il peut, à chaque moment de besoin, dire « Abba, Père », confiant qu’il sera entendu. 

Le croyant ne doute pas, bien que la chose promise ne soit pas apparente aux yeux humains et semble même contraire à la nature, transcendant la compréhension, l’entendement et la capacité de l’homme. (Ps 34:9 ; 1 P 2:3 ; Eph 2:7 ; Hé 6:5, 19 ; 2 Co 4:17 ; Rm 12:12 ; Rm 14:17 ; 2 Co 6:10 ; Jn 8:56 ; Ap 19:7 ; Rm 8:31, 38 ; Ps 32:1 ; 1 P 5:7 ; Ps 55:23 ; Rm 8:15 ; Ga 4:6 ; Rm 4:20 ; Jc 1:6 ; Hé 11:1 ; Rm 4:18-19 ; Hé 11:11 ; Hé 11:29)

Ainsi, le croyant, par la foi, ne regarde pas seulement aux choses qui, à travers la création et le gouvernement de Dieu, existent dans la nature (que l’homme peut saisir et comprendre), mais à la bonté et à l’omnipotence de Celui qui a promis. Devant Lui, la nature et tout pouvoir créateur doivent s’incliner, au ciel, sur terre et dans la mer, ainsi que la mort elle-même. C’est sur cette base que le croyant demeure ferme, même lorsque Dieu le met à l’épreuve au moyen de choses apparemment contradictoires, comme Abraham le père des croyants et comme beaucoup d’autres hommes pieux, car il est assuré que Dieu ne peut mentir. (Ps 52:10 ; Rm 4:21 ; Hé 11:19 ; Ps 135:5 ; Es 40:26 ; 4 Esdras 3:21, 23 ; Jos 10:13 ; Ha 3:10-11 ; Es 40:12 ; Ap 20:11 ; Pr 8:29 ; Jr 5:22 ; Ex 14:22 ; Hé 11:10, 35 ; 2 Co 1:10 ; Gn 22:1 ; 1 P 1:7)

Dieu identifie cependant au mieux cette foi venant du cœur, Lui qui, étant le seul à discerner les sentiments et les pensées du cœur, jugera aussi les signes intérieurs de la foi du cœur selon qu’Il la trouve droite ou feinte. (Jr 17:10 ; Ac 1:24 ; Ap 2:23 ; Hé 4:12)

Mais pour l’homme, qui n’a d’autre moyen de juger cette foi du cœur que par ses fruits qu’il peut entendre et voir, il y a des signes qui ont été donnés afin de l’évaluer : la confession de la bouche et l’obéissance de la foi manifestée par les œuvres extérieures. C’est pourquoi le croyant, conformément au commandement de Christ, doit confesser ouvertement devant les hommes, à l’honneur de son Créateur et Rédempteur, ce qu’il croit et expérimente dans son cœur, quelles que soient les souffrances qui peuvent en résulter pour lui. Il ne peut en être autrement, car il doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. (Mc 16:16 ; Jn 3:26 ; 1 Co 2:11 ; Jn 3:11 ; Rm 10:10 ; Rm 1:5, 16, 25 ; Ac 4:19-20) 

En effet, le Seigneur Christ a dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Mt 10:32 ; Lc 9:26). Jean dit : « Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair est de Dieu » (1 Jn 4:2), et Paul explique : « Nous avons le même esprit de foi, selon qu’il est écrit : J’ai cru, et c’est pourquoi j’ai parlé ; nous croyons aussi, et c’est pourquoi nous parlons » (2 Co 4:13).

C’est pourquoi Paul témoigne par ces mots que la confession orale, procédant d’une foi sincère, conduit au salut : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut » (Rm 10:9-10).

Cette foi manifeste aussi ses fruits extérieurs d’amour dignes de la foi. C’est pourquoi le croyant, conformément à l’enseignement de l’apôtre Pierre, doit faire preuve de toute la diligence nécessaire pour manifester à partir de sa foi, la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience, la piété, l’affection fraternelle, et l’amour, et marcher dans l’Esprit dont les fruits, tels que l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la foi, la douceur et la tempérance, sont visibles sur lui extérieurement. (2 P 1:5-7 ; Ga 5:16, 22-23 ; Ga 6:1 ; Eph 5:9) 

Par ces bons fruits et par l’amour fraternel comme signes extérieurs de la vraie vie, ils sont connus comme de bons arbres, le sel de la terre, la lumière du monde, une lumière posée sur un chandelier pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison, une ville située sur une colline qui ne peut être cachée. Ils font ainsi briller leurs bonnes œuvres devant les hommes, afin que ceux-ci, en les voyant, glorifient Dieu le Père céleste. (Mt 7:17, 20 ; Mt 12:35 ; Mt 5:13-16)

En effet, comme les enfants qui, par leur apparence et leur comportement, manifestent la forme et les qualités de leur père, et sont ainsi reconnus pour être ses enfants, de même les croyants qui, par la nouvelle naissance, sont devenus participants de la nature divine (dans la mesure où ils modèlent leurs vertus sur celles de Dieu), sont ainsi reconnus comme étant Ses enfants. Afin qu’ils puissent bien exprimer cette image, Christ et Ses apôtres les avertissent abondamment à ce sujet. 

Tel est le cas de ces paroles : « Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est aux cieux est parfait ». « Mais comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans toute votre conduite ». « Et chacun se purifie comme il est pur ». « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». « Pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné ». (2 P 1:4 ; 1 P 1:23 ; Jn 3:6 ; 1 Jn 4:7 ; 1 Jn 5:1 ; Jc 1:18 ; Jn 1:13 ; Rm 8:16 ; Mt 5:48 ; 1 P 1:15 ; 1 Jn 3:3 ; Lc 6:36 ; Eph 4:2 ; Col 3:13)

Et encore : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Mt 5:9). Le Seigneur dit aussi « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux : car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie la pluie sur les justes et sur les injustes ».

Partout donc où une telle similitude avec Dieu apparaît par le fait de revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et une sainteté que produit la vérité, ces croyants manifestent l’image de Christ dans leur chair mortelle. (Eph 4:24 ; Col 3:10 ; Ga 2:20 ; 2 Co 5:17)

Ils sont une épître de Christ, dans laquelle Christ peut être vu et lu par tous les hommes. Ils sont à juste titre appelés chrétiens et, par conséquent, sont de vrais enfants de Dieu et membres de Jésus-Christ. Tous ceux qui craignent véritablement Dieu doivent donc les reconnaître et les accepter comme appartenant à un seul corps, qui est l’Église du Dieu vivant, et comme ayant, par cette foi féconde, communion avec Dieu, le juste juge, avec Jésus, le médiateur de la Nouvelle Alliance, avec l’Église des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, avec une innombrable compagnie d’anges, et avec tous les esprits des justes rendus parfaits. (2 Co 3:2 ; Ac 11:26 ; Rm 12:5 ; Eph 4:4, 16 ; 1 Co 12:13 ; Ac 20:28 ; 1 Tm 3:15)

De cette Église, Christ est le fondement, la Tête, le Roi, le Berger, le Chef, le Maître et le Seigneur. (1 Co 3:11 ; Eph 4:15 ; Jr 33:15 ; Lc 1:33 ; Jn 10:11, 14 ; Jn 13:14)

Elle seule est Son corps, Son épouse parée, Sa colombe, Son troupeau et Son peuple, la chair spirituelle de Sa chair et l’os de Ses os. (Rm 12:5 ; Ap 21:2 ; Ct 2:14 ; Ct 4:1)

Or, bien que cette foi féconde soit la seule marque fondamentale et certaine par laquelle les enfants de Dieu et les membres de Jésus-Christ doivent être connus, et par laquelle seule ils sont aussi, par grâce, rendus participants des bienfaits (immérités) de Christ, Dieu s’est néanmoins plu à faire connaître et à confirmer aux croyants, par des signes extérieurs et visibles, les bienfaits et les mérites de Son Fils Jésus-Christ, lesquels, comme il a été dit, ne sont reçus que par la foi et conservés par l’obéissance. 

Afin que les choses signifiées (concernant les promesses de la grâce de Dieu) resplendissent plus clairement par les signes extérieurs, d’une part pour assurer la conscience des croyants dans la nouvelle alliance de la grâce de Dieu, et d’autre part pour lier les membres de Jésus-Christ dans l’unité en tant que membres appartenant à un seul corps, Dieu a institué dans l’Église du Nouveau Testament deux ordonnances ou signes adaptés à la chose signifiée, dans lesquels tous les vrais croyants trouvent un grand bienfait et un grand réconfort. Il s’agit du Saint Baptême et de la Sainte-Cène. (Eph 2:7 ; Jn 1:16 ; Mc 16:16 ; Lc 22:19 ; Ac 2:38 ; 1 Co 11:24 ; Jr 31:31 ; 1 P 3:21 ; 1 Co 12:13 ; 1 Co 10:17 ; Rm 6:5 ; Mt 28:19)

DU SAINT BAPTÊME

Le saint baptême est une ordonnance extérieure visible, dont le rite consiste en ce qui suit : On baptise avec de l’eau, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à des fins sacrées, tous ceux qui entendent, croient et reçoivent joyeusement d’un cœur pénitent la doctrine du saint Évangile, conformément à l’institution de Christ et à l’usage de Ses apôtres. (Ac 2:41 ; Mt 3:11 ; Ac 10:48)

Le bienfait que l’Éternel Dieu déclare de Sa part par le signe du baptême, est le lavage des corruptions du péché de l’âme, par l’effusion du sang de Christ, ce qui signifie le pardon des péchés, obtenu par ce sang, pour l’assurance d’une bonne conscience auprès de Dieu, assurance par laquelle les croyants se réconfortent avec la promesse du salut éternel. (Ac 22:16 ; Col 1:14 ; 1 Jn 1:7 ; Hé 1:3 ; Ap 1:5)

Les obligations que le baptême impose aux baptisés sont les suivantes : En ensevelissant leurs péchés dans la mort de Christ, ils se lient à la nouveauté de vie de Jésus, afin d’employer, en tant que membres du corps de Christ (ayant revêtu Christ), chacun ses dons particuliers, au maintien et à l’amélioration de ce corps dans les choses spirituelles et temporelles. En outre, en tant que véritable maison de Dieu et citoyens de la Jérusalem céleste, ils doivent obéir aux lois civiles de leur Roi en observant tous Ses commandements. (Rm 6:3-4 ; Col 2:12 ; Ga 3:27 ; 1 Co 12:25 ; Eph 2:19 ; Mt 28:20)

DE LA SAINTE-CÈNE

La Sainte-Cène du Seigneur est une ordonnance instituée par Jésus-Christ en Son souvenir, qui doit être observée jusqu’à Sa venue par tous ceux qui sont baptisés sur la base de la vraie foi en Christ pour former un seul corps dans l’Église du Nouveau Testament. (Mt 26:26 ; 1 Co 11:24, 26)

Ce rite consiste en ce qui suit : Un ministre de l’Évangile, conformément à l’institution de Christ et à l’usage de Ses apôtres, prend du pain et du vin dans un but saint, rompt le pain et verse le vin, puis, après avoir préparé le tout et rendu grâces, il distribue les deux aux membres croyants. Lorsqu’un croyant mange le pain rompu et boit le vin, il proclame la passion de Christ. Autrement dit, nous signifions par ce signe visible Ses souffrances amères et Sa mort, ainsi que l’effusion de Son sang précieux, leurs causes ainsi que les bienfaits de Sa mort, par lesquels l’homme reçoit la rémission de ses péchés. Cette proclamation permet à l’Église croyante de rendre grâce à Dieu pour ce bienfait et, comme il incombe aux membres d’un même corps, de vivre et de marcher ensemble ici, d’un même cœur et comme une seule âme, dans la paix, l’amour et l’unité. (Lc 22:19-20 ; Ac 2:42 ; Ac 20:11 ; 1 Co 10:16-17 ; 1 Co 11:23-25 ; Ac 4:32)

Voici la somme de tout ce qui a été dit : 

1) Le Seigneur Christ est le fondement et la seule cause méritoire du salut éternel ; 

2) La vraie foi en Lui est le moyen par lequel nous devenons enfants de Dieu et participants de Ses mérites ; 

3) On doit connaître extérieurement les enfants de Dieu par la confession et les fruits de leur foi ; 

4) Dieu, par les signes extérieurs du Saint baptême et de la Cène, met sous les yeux de Ses enfants les bienfaits de Sa grâce et les lie, en tant que membres de Jésus-Christ, à un seul corps, c’est-à-dire, à l’Église de Dieu et de Christ, Église par laquelle ils sont également avertis de l’obéissance qui Lui est due.

Ceci pourrait conclure la réponse à la première question, mais puisque l’Éternel Dieu, pour le bien-être de Son Église et la propagation de la vérité, pour l’honneur de Son nom et pour le salut de l’humanité, a institué d’autres cérémonies et lois, en plus de certaines charges que les vrais membres de l’Église de Dieu sont tenus d’observer selon les circonstances, nous les joindrons aussi brièvement que possible et convenable à ce qui a précédé. 

Nous le ferons d’autant plus que notre présentation de la paix aux personnes de même foi s’adresse en partie à elles, afin qu’il apparaisse plus clairement qu’elles s’accordent avec nous et nous avec elles dans l’ordre de la maison chrétienne, pour vivre conformément à cet ordre par l’obéissance chrétienne, ensemble dans l’amour, la paix et l’unité, sans penser pour quelque raison que ce soit à se séparer à nouveau les uns des autres.

DES CHARGES D’ENSEIGNANT ET DE DIACRE DANS L’ÉGLISE ; AUSSI COMMENT L’ÉLECTION À CES CHARGES ET LA CONFIRMATION DANS CELLES-CI DOIVENT SE DÉROULER, CONFORMÉMENT À L’ORDONNANCE DE DIEU

De même qu’un corps se compose de différents membres ayant chacun sa fonction propre et spéciale, selon l’efficacité propre à chaque partie, faisant croître le corps pour son édification, de même en est-il de l’Église de Dieu. Car, bien que chaque croyant soit un membre du corps de Christ, tous ne sont pas pour autant pasteurs, enseignants, anciens ou diacres, car ceux-ci sont ceux qui ont été dûment nommés à de telles charges. Ainsi, l’administration de ces charges, comme la prédication publique de la Parole de Dieu, l’administration des saintes ordonnances du baptême et de la Cène conformément à l’institution de Christ et l’usage de Ses apôtres, appartiennent aux personnes ordonnées et élues à cet effet : les pasteurs et enseignants, tout comme il appartient aux diacres de pourvoir aux besoins des pauvres. (Rm 12:4 ; 1 Co 12:12 ; Eph 4:7 ; Ac 20:28 ; Tt 1:1 ; Rm 12:7 ; 2 Tm 4:2 ; 1 P 5:2 ; Mt 28 ; Mc 16 ; Ac 6 ; 1 Tm 3:8 ; 1 Tm 5:9)

Concernant leur appel et leur élection à ces charges, l’Église doit tenir compte des conditions requises chez ces personnes pour qu’elles remplissent dignement lesdites charges, conformément aux exigences de Paul. (1 Tm 3 ; Tt 1) Afin de remplir ces conditions, l’Église doit se préparer avec une crainte pieuse, par le jeûne et la prière, avec une invocation constante du nom de Dieu, afin qu’Il montre, Lui qui connaît tous les cœurs, par le vote unanime de l’assemblée, ceux qu’Il considère dignes d’une telle charge. L’assemblée doit prier avec la confiance que le Seigneur, qui entend les prières de ceux qui sont assemblés en Son nom et qui exauce la requête des hommes pieux, manifestera, par Son Saint-Esprit, Sa coopération et fera ressortir ceux qu’Il sait être aptes à cette charge. Sur ce, après avoir été examinés, ces hommes sont confirmés à cette charge par les enseignants, devant l’Église,  par l’imposition des mains. (Ac 1:24 ; Ac 6 ; Lc 6:8 ; Mt 2:8 ; 1 Tm 3:10 ; 1 Tm 4:14 ; 1 Tm 5:22 ; 2 Tm 1:6)

DU LAVEMENT DES PIEDS

Nous confessons que le lavement des pieds est une ordonnance de Christ, qu’Il a Lui-même pratiquée sur Ses disciples et qu’Il a commandé aux vrais croyants d’imiter Son exemple, disant : « Si donc moi, votre Seigneur et Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait ». Et encore : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez » (Jn 13:14-15, 17).

Le but pour lequel le Seigneur a institué cette ordonnance est principalement ceci : Afin que nous puissions nous souvenir, dans une vraie humiliation, que par grâce nous sommes lavés du péché par le sang de Christ, et que Lui, notre Seigneur et Maître, par Son humble exemple, nous lie à la vraie humilité les uns envers les autres (Jn 13:8, 10, 14). L’apôtre classe le lavement des pieds parmi les bonnes œuvres (1 Tm 5:10).

DU MARIAGE

Nous tenons que le mariage est une ordonnance de Dieu, instituée pour la première fois par Dieu au Paradis et confirmée chez nos premiers parents, Adam et Ève, lesquels furent créés à l’image de Dieu, mâle et femelle, alors qu’ils étaient encore tous deux dans la faveur de Dieu. (Gn 2:22 ; Gn 1:27)

Conformément à cette première institution et en accord avec l’ordonnance de Christ (Mt 19:5), les enfants de Dieu (qui ne sont pas trop proches par la consanguinité) doivent entrer dans le mariage après avoir prié à ce sujet, et le garder inviolable, afin que chaque homme ait sa propre et unique femme, et chaque femme son propre mari, et rien ne doit les séparer, sauf l’adultère. (Lv 18 ; Lv 20 ; 1 Co 5:1 ; Mt 19 ; Rm 7:2 ; 1 Co 7:2 ; Mt 5:32 ; 1 Co 9:5)

Ainsi, il est légitime qu’un frère prenne une sœur pour femme et qu’une sœur, aussi, puisse se marier avec qui elle veut, seulement dans le Seigneur, c’est-à-dire selon l’ordonnance et le plaisir du Seigneur, comme mentionné précédemment. Mais nous ne trouvons nulle part que Dieu, par Sa Parole, ait ordonné ou institué qu’un membre croyant de l’Église puisse conclure un mariage avec une personne incroyante et mondaine. Au contraire, nous trouvons que l’Éternel Dieu était très en colère contre ceux qui faisaient ainsi, et déclarait qu’ils étaient charnels et qu’ils ne se laissaient pas conduire par Son Esprit. C’est pourquoi nous réprouvons tous ceux qui suivent en ceci la convoitise de leur propre chair, de la même manière que nous le faisons pour d’autres pécheurs charnels. (1 Co 7:39 ; Dt 7:3 ; Né 10:30 ; Né 13:25-27 ; Gn 6:6)

DE LA FONCTION DE LA MAGISTRATURE

Le pouvoir séculier, ou la magistrature, est ordonné par Dieu dans tous les pays, et ne porte pas l’épée en vain, car il est le ministre de Dieu et le vengeur, pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. (Rm 13:2, 4 ; 1 P 2:14)

Chacun doit se soumettre aux autorités supérieures. Quiconque résiste à l’autorité, résiste à l’ordonnance de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. (Rm 13:1-2)

Tous les vrais croyants, liés par la Parole de Dieu, ont donc le devoir de craindre la magistrature, de lui rendre honneur et obéissance en tout ce qui n’est pas contraire aux commandements du Seigneur et de lui payer les impôts, les tributs et les taxes, sans protester ni murmurer. En effet, conformément aux paroles de Pierre, nous devons nous soumettre à toutes les ordonnances de l’homme pour l’amour du Seigneur, et prier le Dieu tout-puissant pour les dirigeants séculiers. Nous devons aussi être grandement reconnaissants envers le Seigneur pour les gouvernements bons et raisonnables. (Rm 13:7 ; Ac 4:19 ; Ac 5:29 ; 1 P 2:13 ; Jr 29:7 ; Baruch 1:11 ; 1 Tm 2:2)

Cependant, nous ne trouvons pas que le Seigneur Jésus-Christ ait ordonné cette fonction d’autorité séculière dans Son royaume spirituel, l’Église du Nouveau Testament, ou qu’Il l’ait ajoutée aux fonctions de Son Église. Il n’a pas non plus donné à Ses disciples de lois adaptées à cette fonction et à ce gouvernement, mais Il leur a dit : Les rois et les seigneurs des païens, et ceux qui exercent l’autorité parmi eux, sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. (Mt 20:25-26 ; Lc 22:25-26) 

Nous laissons là l’affaire, car nous ne considérons pas qu’il soit nécessaire d’entrer dans plus de détails.

DE LA PRESTATION DE SERMENTS

Pour confirmer une cause qui était juste et vraie en elle-même, les pères de l’Ancien Testament étaient autorisés à jurer par le nom de Dieu. (Dt 6:13 ; Mt 5:33)

Mais le Fils du Dieu vivant, le Roi et le Législateur du Nouveau Testament, auquel nous sommes liés par le commandement d’obéir, par une voix de Dieu venant du ciel, a interdit aux chrétiens tout serment, comme le fait également l’apôtre Jacques. Par conséquent, la prestation de serment est interdite aux croyants du Nouveau Testament. (Mt 3:17 ; Mt 17:5 ; Mt 5:34 ; Jc 5:12)

DE LA SÉPARATION

La séparation ou l’exclusion de l’Église est un décret ou une sentence de celle-ci, en vertu de la Parole de Dieu et avec son autorité, contre un ou plusieurs membres de l’Église qui, par un péché ouvert, une vie scandaleuse, l’hérésie ou l’entêtement, se sont séparés de Dieu et de la communion de Jésus-Christ, et n’appartiennent plus au Royaume de Christ ou à Son Église. Par conséquent, en vertu de la Parole de Dieu, au nom de toute l’Église, la fraternité n’a plus lieu d’être. (1 Co 5:3 ; Mt 18:18 ; 1 Co 5:1 ; Rm 16:17 ; Tt 3 ; Mt 18:17 ; Es 59 ; Tt 1:16 ; 1 Co 6:9 ; Ga 5:21 ; 1 Co 5:12 ; 2 Co 2:8)

Les raisons pour lesquelles nous devons nous séparer, raisons que l’Église doit respecter dans la séparation, sont principalement les suivantes : 

1) Montrer que sa doctrine ne permet en aucun cas de tels péchés, mais qu’elle leur est totalement opposée, afin que ce faisant, la pureté de la doctrine soit préservée et le nom de Dieu glorifié (1 Tm 1:20 ; Tt 1:13 ; 2 Tm 4:15) ; 

2) Prouver en fait par la séparation qu’elle est l’ennemie du péché et qu’elle ne le tolérera en aucun cas, afin que toutes les causes de reproche envers l’Église soient évitées (1 Co 5:1-2 ; Tt 2:8) ; 

3) Éviter que par des relations et une communion constantes avec le mal, les personnes de bien ne soient mêlées au levain ou corrompues (1 Co 5:7 ; 2 Tm 2:17) ; 

4) Convaincre le pécheur dans sa conscience, par l’excommunication et le retrait, et l’amener à la honte et à la réformation, afin qu’il puisse être sauvé (2 Th 3 ; 1 Co 5:5) ; 

5) Avertir les autres qui entendent et voient cela, afin qu’ils craignent de suivre un tel mal.

Mais lorsque le pécheur séparé montre des fruits authentiques de repentance, nous devons à tout moment être prêts à le recevoir à nouveau en paix dans la communion chrétienne de l’Église, s’il le demande sincèrement. (2 Co 2)

DE LA MISE À L’ÉCART

Avoir des relations et des interactions quotidiennes — telles que manger, boire, acheter, vendre, et toutes autres transactions temporelles ou mondaines superflues — avec les apostats impies est non seulement dangereux pour les gens pieux, qui peuvent ainsi être contaminés ou être considérés comme compagnons des apostats, mais est aussi nuisible à l’apostat lui-même, puisque, par une telle association, il pourrait s’endurcir dans le péché et estimer son offense de moindre conséquence.

Nous comprenons donc d’après la Parole de Dieu, que pour éviter selon l’onction de l’Esprit les dangers du péché et des offenses, et pour amener le pécheur apostat à la honte et à la repentance, le vrai membre de Christ doit se retirer des relations quotidiennes et de la communion avec les apostats impénitents. Il doit les éviter et n’avoir rien à faire avec eux, et cela sans acception de personnes, à moins d’être lié à l’apostat par un commandement de Dieu. 

Car, en matière de mise à l’écart, personne ne devrait agir contrairement à l’amour, à la bienveillance, à la bienséance et à la justice chrétiennes, vertus suprêmes que le chrétien a le devoir de montrer à tous les hommes, même à ses ennemis. À cette fin, Dieu a donné toutes les lois, qui ne peuvent sous aucun prétexte être diminuées, encore moins enfreintes ou transgressées. (1 Co 5:5 ; 2 Tm 2:21 ; 2 Th 3 ; Tt 3 ; 2 Th 3:14 ; 2 P 1:6 ; Tt 2:12 ; Rm 13:8 ; Mt 5:44 ; Rm 13:9-10 ; 1 Tm 1:5 ; Ap 22:19 ; Mt 5:19 ; Jc 2:1)

DE LA SECONDE VENUE DE CHRIST, DE LA RÉSURRECTION DES MORTS ET DU JUGEMENT DERNIER

Enfin, nous croyons que le Fils du Dieu vivant, le Seigneur Jésus-Christ, notre unique Prophète, Prêtre et Roi, descendra visiblement du ciel comme Il y est monté, sur les nuées et avec tous les saints anges de Dieu, avec puissance et grande gloire, au cri de la voix d’un archange et au son de la trompette de Dieu, qui se fera partout entendre. Alors tous les hommes qui auront vécu sur la terre et qui seront morts, bons et méchants, justes et injustes, ressusciteront d’entre les morts, dans l’incorruptibilité avec leur propre corps dans lequel ils ont vécu ; mais ceux qui vivront encore en ce jour-là et n’auront pas goûté la mort seront changés en un clin d’œil en incorruptibilité, au dernier son de la dernière trompette. (Ac 1:11 ; Ap 1:7 ; 2 Th 1:7 ; 1 Th 4:16 ; Mt 24:50 ; So 1:16 ; Mt 25:7 ; 2 Co 5:10 ; Rm 14:11 ; Jr 5:29 ; Ac 24:15 ; 1 Co 15:42 ; Jr 26:19 ; 1 Co 15:38, 52)

Ainsi, toute la famille humaine sera placée devant le siège du jugement de Christ, afin que chacun reçoive en son corps selon ce qu’il a fait, que ce soit bien ou mal. Car le Seigneur Jésus-Christ séparera alors comme un berger les brebis des boucs. Il mettra à Sa droite ceux qui ont fait le bien, mais à Sa gauche ceux qui ont fait le mal ; et là Il prononcera la sentence éternelle et irrévocable. (2 Co 5:10 ; Mt 25:32-33, 46 ; Jd 1:14)

Aux vrais croyants qui, par la foi, ont accompli des œuvres d’amour et de miséricorde, Il dira : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Ceux-ci seront alors enlevés sur les nuées à la rencontre du Seigneur, qui les emportera avec Lui dans la vie éternelle, dans la gloire et la splendeur célestes, où ils seront pour toujours avec le Seigneur en compagnie des innombrables saints anges, avec Abraham, Isaac, Jacob et tous les hommes pieux, dans une immense et indicible joie et allégresse. (2 P 1:5 ; Mt 25:34 ; Lc 16:9 ; 2 P 1:11 ; 1 Th 4:17, 14 ; Jn 14:3 ; Jn 17:24 ; Dn 12:12 ; 1 P 1:8-9)

Mais les injustes qui n’ont pas connu Dieu ni obéi à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ et qui n’ont accompli aucune œuvre d’amour ou de miséricorde seront alors condamnés au feu éternel avec ces paroles douloureuses et intolérables : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » où « il y aura des pleurs et des grincements de dents ». (1 Co 6:9 ; 2 Th 1:8 ; Rm 2:9 ; Mt 25:41 ; Mt 22:13)

Ceux-là iront là où le ver ne meurt pas, où le feu ne s’éteint pas. Sur eux s’abattront la tribulation et l’angoisse, le mécontentement, la colère et la destruction éternelle, devant la face du Seigneur et devant la gloire de Sa puissance. (Es 66:24 ; Mc 9:46 ; Ml 4:1 ; Rm 2:9 ; 2 Th 1:9 ; 4 Esdras 9:10 ; Lc 16:24)

Que le Dieu de grâce et de miséricorde nous préserve par Jésus-Christ, Son bien-aimé Fils, et dans la puissance du Saint-Esprit, de ce terrible châtiment des impies, et qu’Il nous accorde Sa grâce, afin que nous puissions vivre saints ici sur terre et mourir heureux, en vue d’une heureuse résurrection et une joyeuse apparition en présence de Sa gloire, Amen.

NOTE : Suivent ici deux autres questions et leurs réponses que nous pourrions citer, mais nous estimons que cela n’est pas nécessaire, puisque le traité donné embrasse la substance ou la somme entière de la confession de la foi salvatrice, si elle est bien comprise.

Il y avait également une lettre en annexe, qui avait été envoyée à l’avance comme préparatif de la paix, lettre signée par diverses personnes (anciens et enseignants).

Fait à Amsterdam, le 27 septembre 1627.

Le martyre d’Ignace vers l’an 111 ap. Jésus-Christ

DU TÉMOIGNAGE D’IGNACE TOUCHANT LE BAPTÊME

De l’an 71 à l’an 111 — On dit qu’Ignace prospéra en ce temps-là. Il fut le deuxième évêque d’Antioche après Pierre et, selon les chroniques, il exerça son ministère au temps de l’apôtre Jean. Écrivant sur le baptême, il n’en parle que d’une manière qui implique clairement qu’il doit être accompagné de foi, d’amour et de patience.

Dans sa lettre à Polycarpe, évêque de Smyrne, il écrit entre autres : « Qu’aucun de vous ne soit trouvé apostat. Que votre baptême soit votre arme, votre foi votre casque, l’amour une lance, la patience une armure complète ».

Dans une lettre aux Tralliens, il écrit encore : « Il me semble que vous ne vivez pas selon la chair, mais selon Jésus-Christ, qui est mort pour nous ; afin que, croyant en Sa mort, vous puissiez, par le baptême, participer à Sa résurrection. »

Dans la lettre adressée à ceux de Philadelphie, il dit ceci : « Voyant, donc, qu’il y a un seul Dieu et Père non engendré et un seul Fils, Verbe et Homme engendré, un seul Consolateur, l’Esprit de Vérité, et une seule foi, un seul baptême et une seule Église, que les apôtres ont fondée avec leur sueur et leur travail, dans le sang de Christ d’un bout de la terre à l’autre, c’est pourquoi vous, en tant que peuple particulier et génération sainte, devez aussi faire toutes choses avec un cœur unanime en Christ ».Qui ne voit pas qu’Ignace, en plaçant dans cet ordre la prédication, la foi, le baptême et l’Église, entend montrer que, selon l’ordonnance de Christ, la prédication doit précéder la foi ; que la foi conduit au baptême ; et qu’après le baptême, le croyant devient membre de l’Église ? Et ces membres, en tant que peuple particulier et génération sainte, doivent agir d’un même cœur en Christ ? Car c’est là le sens des paroles d’Ignace. Voir, concernant les lettres d’Ignace citées plus haut : H. Montanus, De Nietigheydt van den Kinder-doop, 2ᵉ éd., p. 4–5 ; ainsi que J. du Bois (quoique interprétant mal ces lettres), Contre Montanus, éd. 1648, p. 16–22.

IGNACE, DISCIPLE DE L’APÔTRE JEAN, DÉVORÉ PAR DES FAUVES DANS UN CIRQUE À ROME, À CAUSE DU TÉMOIGNAGE DU FILS DE DIEU, EN L’AN 111

Ignace, disciple de l’apôtre Jean et successeur de Pierre et d’Évode, était au service de l’Église de Christ à Antioche en Syrie. C’était un homme craignant Dieu, très pieux, fidèle et diligent dans ses ministères. Il était surnommé Théophore, c’est-à-dire, Porteur de Dieu, apparemment parce qu’il portait souvent dans sa bouche le nom de Dieu et de son Sauveur et qu’il menait une vie pieuse. Il avait coutume de dire fréquemment : « La vie de l’homme est une mort continuelle, à moins que Christ ne vive en nous. » De même : « Le Christ crucifié est mon seul et entier amour. » Et : « Celui qui se laisse appeler d’un autre nom que Christ n’est pas de Dieu. » Et encore : « Autant le monde hait les chrétiens, autant Dieu les aime. » A. Mellinus, p. 15, col. 1, au sujet d’Ignace d’Antioche (Epist. ad Romanos et autres).

Après ses victoires sur les Daces, les Arméniens, les Assyriens et d’autres peuples d’Orient, l’empereur Trajan en remercia les dieux à Antioche, leur offrant de riches sacrifices comme si c’étaient eux qui lui avaient donné la victoire. Ignace, rapporte Nicéphore, l’ayant appris, le reprit publiquement dans le temple même.

L’empereur, extrêmement en colère à ce sujet, fit arrêter Ignace, mais, par crainte de tumulte, parce qu’Ignace était tenu en grand respect à Antioche, il ne le fit pas punir là, mais le confia entre les mains de dix soldats et l’envoya lié à Rome, pour y être puni.

Entre-temps, sa condamnation à mort lui fut annoncée : de quelle manière et en quel lieu il devait mourir ; en l’occurrence, qu’il serait mis en pièces par des bêtes sauvages à Rome.

En chemin, il écrivit plusieurs épîtres de consolation à ses amis, les fidèles en Jésus-Christ et aussi à différentes Églises, comme à celles de Smyrne, d’Éphèse, de Philadelphie, de Tralles, de Magnésie, de Tarse, de Philippes et surtout à l’Église de Christ à Rome. Il envoya ces lettres avant son arrivée là-bas. Il semble que l’idée d’être mis en pièces par les dents des bêtes sauvages était constamment présente dans son esprit pendant le voyage, non avec crainte, mais plutôt avec un désir sincère. C’est ce qu’il mentionne dans sa lettre à l’Église de Rome, écrivant ainsi : « En voyageant de Syrie à Rome, sur mer et sur terre, de jour et de nuit, je combats avec des fauves, lié entre dix léopards1, et plus je les caresse et me montre amical envers eux, plus ils deviennent cruels et malins. Cependant, à travers les cruautés et les tourments qu’ils m’infligent quotidiennement, je suis de plus en plus exercé et instruit. Néanmoins, je n’en suis pas justifié. Ah, si seulement j’étais déjà avec les bêtes, prêtes à me dévorer ! J’espère que d’ici peu, je les trouverai telles que je souhaite qu’elles soient, c’est-à-dire assez cruelles pour me détruire promptement. Mais si elles ne me tombent pas dessus et ne me déchirent pas, je les séduirai gentiment, afin qu’elles ne m’épargnent pas, comme elles ont déjà épargné plusieurs chrétiens, mais qu’elles me déchirent rapidement et me dévorent. Pardonnez-moi de parler ainsi ; je sais ce dont j’ai besoin. Maintenant seulement je commence à être un disciple de Christ. Je ne considère ni les choses visibles ni les invisibles dont le monde est étonné. Il me suffit de devenir participant de Christ. Que le diable et les méchants m’affligent de toutes sortes de douleurs et de tourments, par le feu, par la croix, par la lutte contre les bêtes sauvages, par la dispersion des membres et des os de mon corps. Tout cela, je l’estime fort peu, si seulement je jouis de Christ. Priez seulement pour moi, afin que la force intérieure et extérieure me soit donnée, non seulement pour dire ou écrire cela, mais aussi pour l’accomplir et le supporter, afin que je puisse non seulement être appelé chrétien, mais aussi être trouvé tel en vérité. » Ignace d’Antioche, Epist. ad Romanos.

Arrivé à Rome, il fut remis par les soldats au consul, avec les lettres de l’empereur qui contenaient sa condamnation à mort. Il fut gardé en prison plusieurs jours, jusqu’à un certain jour de fête des Romains, où le consul, conformément à l’ordre de l’empereur, le fit amener dans l’amphithéâtre. Tout d’abord, ils cherchèrent, par de nombreux tourments, à l’inciter à blasphémer le nom de Christ et à offrir des sacrifices aux dieux. Mais comme Ignace ne faiblissait pas dans sa foi, mais, plus le supplice durait, plus il était fortifié dans son refus d’offrir des sacrifices païens, il fut aussitôt condamné par le Sénat romain et immédiatement jeté devant les lions.

Alors qu’Ignace était emmené hors de la présence du Sénat vers l’enceinte la plus intime, ou fosse aux lions, il répétait fréquemment le nom de Jésus dans la conversation qu’il avait, en chemin, avec les croyants, ainsi que dans sa prière secrète à Dieu. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il agissait ainsi, il répondit : « Mon cher Jésus, mon Sauveur, est si profondément inscrit dans mon cœur, que je suis convaincu que si mon cœur devait être ouvert et découpé en morceaux, le nom de Jésus se trouverait écrit sur chaque morceau. » Par cela, cet homme pieux indiquait que non seulement sa bouche, mais les parties les plus intimes de son cœur étaient remplies de l’amour de Jésus, car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Ainsi, Paul aussi, étant rempli de l’amour de Jésus-Christ, a employé, dans ses lettres, jusqu’à deux cents fois (selon ce qu’on a compté) le terme « Notre Seigneur Jésus-Christ ». Il répète aussi le nom « Jésus » jusqu’à cinq cents fois.

Lorsque toute la multitude du peuple fut rassemblée pour assister à la mort d’Ignace (car le bruit s’était répandu dans toute la ville qu’un évêque avait été amené de Syrie, qui, selon la sentence de l’empereur, devait combattre contre les bêtes sauvages), Ignace fut amené et placé au milieu de l’amphithéâtre. Alors Ignace, avec un cœur audacieux, s’adressa ainsi au peuple qui se tenait autour : « Ô Romains, vous tous qui êtes venus assister à ce combat de vos propres yeux, sachez que ce châtiment ne m’a pas été infligé à cause d’un méfait ou d’un crime, car je n’en ai jamais commis, mais pour parvenir à Dieu, que je désire ardemment, et dont la jouissance est mon désir insatiable. Car, je suis le grain de Dieu. Je suis broyé par les dents de la bête, afin que je sois trouvé un pain pur de Christ, qui est pour moi le pain de vie. » Ces paroles furent prononcées par Ignace alors qu’il se tenait au milieu de l’amphithéâtre et qu’il entendait les lions rugir, ce que les frères de l’Église qui se tenaient également parmi le peuple entendirent et attestèrent.Aussitôt qu’il eut prononcé ces mots, deux lions épouvantables et affamés lui furent relâchés de leurs fosses, qui le déchirèrent et le dévorèrent aussitôt, ne laissant presque rien, ou du moins très peu, même de ses os. Ainsi s’endormit, heureux dans le Seigneur, ce fidèle martyr de Jésus-Christ, en l’an 111, la douzième année de l’empereur Trajan. Comparez avec A. Mellinus, Hist. der vervolg. en ’t martelaers der eerste christenen, liv. I, (Dordrecht, éd. 1619), p. 25, col. 1–4, et p. 26, col. 1 ; avec J. Gysius, Hist. Mart., p. 15, col. 2–3 ; ainsi qu’avec W. Baudart, dans Apophthegmata Christiana, (Dordrecht, 1640), liv. I, dans le 2e Apophtegme, sous le nom d’Ignace, p. 37–38, et de divers autres auteurs.


  1. Toutes les traductions du grec que nous avons pu consulter ajoutent ici un élément de contexte manquant dans le texte néerlandais du Miroir : après la mention des dix léopards, Ignace précise « je veux parler des soldats qui me gardent », ce qui semble plus plausible étant donné le comportement de ces « léopards ». — NDLT ↩︎

Un baptême authentique: pourquoi le baptême est si important (pas pour les raisons habituellement évoquées)

Baptiser avec trop d’eau

(Traduction d’un article de Robert Goodnough paru il y a deux semaines en anglais ici: https://flatlanderfaith.com/2024/07/09/baptizing-with-too-much-water/) Pour lire plus d’articles au sujet du baptême, suivez ce lien: https://missionnaireanabaptiste.org/category/confessions-de-foi-et-doctrine/bapteme/. Pour aller plus loin, vous pourriez aussi lire la page suivante: https://missionnaireanabaptiste.org/de-lanabaptisme-et-des-vrais-disciples/un-miroir-du-bapteme-par-heinrich-funk-2e-chapitre/.

Je rendais visite à un pasteur baptiste l’autre jour et, d’une manière ou d’une autre, la conversation s’est portée sur le baptême. Il estimait que l’Église à laquelle j’appartiens ne baptise pas correctement parce que nous n’immergeons pas. Je l’ai renvoyé à deux passages du Nouveau Testament. Dans 1 Pierre 3, Pierre parle de l’arche de Noé comme d’un exemple de baptême et en 1 Corinthiens 10, l’apôtre Paul fait référence au passage de la Mer Rouge comme d’un exemple de baptême. J’ai dit qu’il me semble que ceux qui ont été immergés [l’armée de pharaon] n’ont pas été baptisés et que ceux qui n’ont pas été immergés [les enfants d’Israël] ont été baptisés.

Sa réponse : « Si la Bible dit qu’ils ont été baptisés, ils ont été immergés! »

Pourquoi certaines personnes sont-elles si attachées à une idée pour laquelle les preuves sont si minces ? Robert Young, auteur de Young’s Analytical Concordance of the Bible, a fait l’observation suivante :

« Je ne connais vraiment aucune hérésie (mot que j’utilise dans son sens original, c’est-à-dire « opinion ») parmi les chrétiens qui ait moins de fondement que celle de l’immersion, et pourtant ses défenseurs utilisent les affirmations les plus téméraires, qui ont gagné du terrain parmi les critiques et les lexicographes – qui se suivent comme un troupeau de moutons – entièrement par l’audace de l’assertion. »

En latin ou en français, le mot immersion signifie submerger quelque chose dans l’eau ; il ne dit rien de sortir cette chose, ou cette personne, de l’eau. [Le vrai mot grec qui signifie « immerger » est καταδυω (kataduo, plonger en bas, 6 occurrences dans la Septante) et non baptizo.] Dans l’exemple de l’arche, tous les habitants du monde, à l’exception de ceux qui se trouvaient dans l’arche, ont été immergés et n’ont jamais été revus. Ceux qui étaient dans l’arche ont sans doute senti des gouttes de pluie sur leur tête avant que l’arche ne soit complètement fermée. La dernière partie du Psaume 77 parle du passage de la Mer Rouge : «Les eaux te virent, ô Dieu! Les eaux te virent; elles tremblèrent; même les abîmes s’émurent. Les nues se répandirent en eaux», décrit l’expérience des Israélites. L’armée égyptienne, elle, a bien été immergée et les corps des soldats ont été rejetés sur le rivage.

Paul parle, en Romains 6.4 et Colossiens 2.12, d’être enseveli avec le Christ par le baptême. Je ne vois pas comment on peut faire de l’ensevelissement de Jésus une métaphore de l’immersion. Jésus n’a pas été enterré dans le sol, mais déposé sur le rebord de la paroi d’une grotte spacieuse creusée dans le roc. Deuxièmement, c’est le corps mortel de Jésus qui a été mis au tombeau, et non le Christ ressuscité. L’eau du baptême ne lave pas du péché, elle est le symbole de la mort de l’ancien corps du péché et de notre vie nouvelle, avec la vie de Christ à l’intérieur. Adam Clarke, dans son commentaire sur Romains 6.2, mentionne qu’à Rome, jeter trois poignées de poussière sur un cadavre était considéré comme un enterrement correct.

Dans le Nouveau Testament, le mot grec baptismos est utilisé pour désigner différentes sortes de lavages, y compris le lavage des tables (Matthieu 7.4). Le véritable sens de baptismos est de laver, sans aucune référence au mode de lavage.

Il existe un baptême qui lave nos péchés. C’est le baptême du Saint-Esprit, qui fait partie de la nouvelle naissance. Heinrich Funk (1697-1760), le premier évêque anabaptiste-mennonite en Amérique du Nord, a écrit une brochure intitulée Un Miroir du Baptême, dans laquelle il montre que ce baptême est le premier et le plus important, et qu’il est une exigence pour ceux qui demandent le baptême d’eau. Et la façon la plus appropriée d’administrer le baptême d’eau est de la même manière que le baptême du Saint-Esprit, de le verser d’en haut.

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION

C’est fou comment quelques films et quelques images récemment créées peuvent influencer l’idée que les gens se font du baptême de Jésus et dans l’Église primitive…

En voyant votre engouement pour le sujet du mode de baptême, je me suis permis de traduire cet excellent article qui traite essentiellement de l’histoire des deux modes de baptême (les autres pages mentionnées citent plus les Écritures alors qu’ici on examine la pratique historique de l’Église primitive, ainsi que les origines païennes du baptême par immersion.

Publié en anglais le 28 février 2022 par Bob Goodnough sur https://flatlanderfaith.com/2022/02/28/the-mode-of-baptism/

Extrait de Introduction to Theology, page 239 par J. C. Wenger, © 1954 par Herald Press, Scottdale, Pa.. :

En 1899, un pasteur chrétien de Pennsylvanie (A. D. Wenger) visita les catacombes de Rome. Un jour, il marcha sur la voie Appienne jusqu’à la catacombe de Saint Callixte. « J’avais déjà visité deux fois d’autres parties de cette catacombe, mais cette fois-ci, j’ai dit au guide que je voulais voir des fresques de baptême. Nous sommes rapidement arrivés à une fresque datant de la fin du deuxième siècle, où un pasteur est représenté en train de baptiser un jeune candidat. Le ministre se tient sur la berge et le candidat dans l’eau. Une poignée d’eau vient d’être trempée et posée sur la tête du candidat, où la main du ministre repose encore, peut-être pour prononcer une bénédiction. On voit clairement de petits filets d’eau tomber de la tête du demandeur. . .

Voici fort probablement une des fresques mentionnées dans ce texte

« Nous avons continué un peu plus loin jusqu’à une autre fresque très semblable à la précédente et du même âge, mais les pieds du ministre semblent être juste un peu au bord du ruisseau et aucune eau n’est représentée comme tombant de la tête du demandeur qui est dans l’eau et se tient droit.

« Nous sommes allés encore plus loin vers l’est, sous la colline et sous la voie Appienne. . . C’est là que nous avons trouvé le baptême de Jésus par Jean le Baptiste. Jean se tient au bord du Jourdain et le Christ se tient dans l’eau en dessous de lui. C’est aussi ce que représente la photo du musée. Le baptême par immersion d’une main sur la tête semble tout juste terminé et Jean se penche légèrement en avant, la main au coude du Christ pour l’aider à « sortir directement de l’eau » … C’est la fresque du baptême qui a été attribuée par certains à l’an 107 de notre ère.

« J’ai demandé au guide de me montrer quelques fresques représentant d’autres modes de baptême. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas d’autres modes de baptême représentés dans les catacombes ».

Extrait de Water Baptism – The Doctrine of the Mode, pages 14 & 15, (souligné dans l’original. Écrit par le Révérend W. A. Mackay, B.A., D.D., réimprimé par D. W. Friesen & Sons, Altona, Man.)

Mais aux deuxième et troisième siècles, l’état des choses est vraiment déplorable. La tendance à attribuer des vertus particulières à des formes extérieures n’avait cessé de croître, jusqu’à ce que les immersions nues, accompagnées d’exorcisme, d’onction et de toutes sortes de superstitions, se déchaînent dans des pratiques scandaleuses et inconvenantes. On pensait que l’eau même du baptême avait une vertu salvatrice. Tout comme on croyait que le pain et le vin, après la consécration, devenaient le corps et le sang réels du Christ, on croyait que l’eau du baptême, après l’invocation, possédait la présence réelle de l’Esprit. La conclusion naturelle était que plus il y avait d’eau, mieux c’était, et que l’eau devait être appliquée sur tout le corps pour que la régénération soit complète. C’est pourquoi nous trouvons aujourd’hui des immersions trines à l’état nu, accompagnées d’exorcisme, d’onction, de distribution de sel et de lait au candidat, de vêtements blancs comme neige et une couronne de feuilles sempervirentes. Rappelez-vous qu’il n’y a pas une seule immersion ancienne qui n’ait été accompagnée de ces autres superstitions. Il y a exactement la même autorité pour l’immersion que pour la nudité, l’exorcisme, l’onction, etc.

La première mention de l’immersion comme mode de baptême est faite par Tertullien, et il la mentionne associée à toutes les pratiques ci-dessus, puis il reconnaît que toutes ces pratiques (y compris l’immersion) sont fondées sur la tradition et dépourvues de l’autorité des Écritures. Il s’exprime ainsi : « Pour ces règles et d’autres semblables, si tu demandes une loi dans l’Écriture, tu n’en trouveras pas » (voir De Corona Militis, chapitres 3 et 4).

C’est ainsi que l’immersion, en tant que mode de baptême, est devenue courante.

Les citations suivantes sont extraites de A Third Way, par Paul M. Lederach, © 1980 by Herald Press.

Le baptême est administré à un croyant, non pas sur la base de ce qu’il sait, mais comme l’indiquent les Écritures et la foi mennonite historique, sur l’évidence de la nouvelle vie (nouvelle naissance). . .

En ce qui concerne le baptême, les anabaptistes diffèrent de manière significative de la plupart des protestants, ainsi que du catholicisme romain, non seulement parce qu’ils ne baptisent pas les bébés, mais aussi en raison de l’importance accordée au baptême par rapport à d’autres pratiques de l’Église.

En général, l’Église catholique (dans la messe) et les Églises protestantes accordent beaucoup plus d’attention à la communion qu’au baptême. Cependant, chez les anabaptistes, le baptême occupe la première place parce que le baptême est l’élément critique pour la réalisation d’une Église régénérée et disciplinée.

Le baptême est le moyen qui permet de rassembler une société rachetée, une société de pèlerins, séparée du mal, du monde non régénéré.

Le baptême est le symbole de la rupture avec le monde.

En termes de lier et de délier, certains ont vu dans le baptême un moyen de « lier » et dans la discipline un moyen de « délier ».

Au cœur du baptême se trouve un engagement – un engagement envers le Père, le Fils, le Saint-Esprit et les autres croyants à vivre une vie de disciple en pèlerinage.

Le baptême est un symbole ; ce n’est pas un sacrement. Il s’agit d’une ordonnance et, en tant qu’ordonnance, il s’agit essentiellement d’un outil d’enseignement. Mais que symbolise le baptême ? Cette question a donné lieu à un détour malheureux dans la vie de l’Église. Pour une raison ou une autre, l’Église a souvent discuté du mode de baptême tout en manquant souvent sa signification. Historiquement, il y a eu deux façons de baptiser : l’immersion et le versement ou l’aspersion.

En fait, aucun des deux modes ne peut véhiculer tout le symbolisme. L’immersion symbolise la participation à la mort, à l’ensevelissement et à la résurrection de Jésus. Le croyant est immergé dans l’eau et en ressort. Mais l’immersion a soulevé de nombreuses autres questions : Comment se fait-elle ? Le croyant est-il immergé vers l’avant ou vers l’arrière ? Est-il immergé une ou trois fois ?

L’immersion symbolise la Pentecôte et le déversement de l’Esprit. Lors du versement, la personne à baptiser s’agenouille et, après l’administration de l’eau, elle se voit offrir la main droite de la communion fraternelle. . .

(Pages 81 à 83)

Mais chez les anabaptistes, le témoignage du baptisé ne suffisait pas. Le témoignage supplémentaire de la congrégation était nécessaire. Il ne suffisait pas qu’une personne vienne dire à l’assemblée : « J’ai reçu le Saint-Esprit ». Cette affirmation devait être authentifiée par des frères et sœurs qui pouvaient dire : « Oui, nous voyons l’œuvre de l’Esprit dans votre vie ».

Un problème auquel l’Église est confrontée aujourd’hui est celui des affirmations non authentifiées des chrétiens de nom (page 85). Lors du baptême d’eau, il y avait une confession de foi orale. La personne baptisée déclarait publiquement : « Je crois en Dieu : « Je crois en Dieu. Je crois en Jésus-Christ. Je crois en l’Esprit Saint. Je regrette mes péchés. Je promets de vivre une vie de fidélité à Jésus-Christ jusqu’à la mort ». En plus de la confession de foi orale et de la promesse de fidélité, il y avait une transaction qui, aujourd’hui, est souvent ignorée. Le baptisé se plaçait sous la tutelle, la discipline et la communion de la communauté fidèle. Mais cela ne suffisait pas. La congrégation s’engageait également à offrir au baptisé son amour, son attention et sa discipline. (Pages 86 et 87)

Quelques réflexions personnelles :

– Même les premiers baptistes, tant en Angleterre qu’en Amérique, ne pratiquaient pas l’immersion. L’immersion a été introduite en Angleterre vers 1633 et à Rhode Island en 1644. (voir l’article au sujet de John Smyth)

– Si l’on considère que le mot grec baptizo signifie l’immersion et seulement l’immersion, cela pose un sérieux problème. L’immersion signifie placer un objet sous l’eau. Elle n’inclut pas l’idée de sortir cet objet de l’eau. Certains auteurs baptistes ont eu l’honnêteté de le reconnaître. [Comme mentionné dans d’autres articles sur ce site, il y a plusieurs cas où le mot « baptizo » est utilisé dans les Écritures d’une manière qui signifie « laver » et qui pourrait difficilement signifier « immerger ».] D’ailleurs, le vrai terme grec qui signifie « immersion » est kata duo.

– La Didachè, un document du christianisme primitif, écrit quelque part entre 50 et 190 ap. J-C, longtemps perdu, puis retrouvé à Jérusalem en 1873, ne mentionne pas non plus le baptême par immersion. Ce texte semble indiquer un ordre de priorité quant au lieu de baptême, qui devrait, selon l’auteur, se faire dans l’eau vive (une rivière) de préférence, mais peut aussi être faite dans de l’eau froide, de l’eau chaude ou hors de l’eau en versant 3 fois de l’eau sur la tête du croyant. Le fait d’être dans l’eau lors du baptême n’implique en rien d’y être immergé (voir les images des catacombes). Évidemment, il faut rester prudent avec les écrits comme ceux-ci qui ne font pas autorité au-dessus de la Bible, qui ont longtemps été cachés et qui portent des traces de plusieurs retouches ou même de plusieurs couches rédactionnelles.

– L’attachement émotionnel féroce des baptistes et d’autres personnes à l’immersion indique une crainte sous-jacente que l’on ne puisse pas être sauvé sans le baptême par immersion. Pourtant, le baptême n’est-il pas simplement un symbole? Si Dieu n’a pas explicitement indiqué comment baptiser (tout comme il n’a pas explicitement enseigné comment pratiquer la circoncision), cela implique soit que la méthode exacte importe peu, soit qu’elle est considérée évidente d’elle-même, auquel cas il faudrait étudier le contexte, le reste de la Bible et la tradition pour cerner ce point.

– Un certain nombre d’utilisations scripturaires du mot baptême font référence au baptême du Saint-Esprit au moment de la conversion, ou au baptême de sang (opposition et persécution) et non au baptême d’eau.

– Le baptême symbolise ce baptême du Saint-Esprit, ainsi que la séparation d’avec le monde et l’identification avec le peuple de Dieu.

– Le baptême par immersion est trop souvent vu par ses défenseurs comme étant le moyen de purification et d’entrée du Saint-Esprit en l’homme. Pourtant, nous voyons bien dans les Écritures qu’un larron qui n’a jamais été baptisé a pu être sauvé et nous voyons des personnes comme Corneille obtenir le Saint-Esprit avant le baptême. Le baptême n’est qu’un symbole de ce qui est déjà arrivé dans le coeur: la nouvelle naissance.

– Le baptême par immersion est parfois pratiqué de manière inconvenante ou indécente, par exemple quand un ou des hommes immergent une femme peu vêtue dans l’eau, touchant son corps en plusieurs endroits. Les vêtements mouillés de cette femme laissent parfois voir des choses qui ne sont pas compatibles avec la modestie biblique.

– Autres réflexions sur le même sujet: D’autres questions au sujet du baptême par immersion

et

et

Baptiser avec trop d’eau

D’autres questions au sujet du baptême par immersion

Publié le 12 juillet 2019 par Bob Goodnough

Sur le même sujet, je recommande vivement la lecture de ces deux articles également :

POURQUOI JE CROIS AU BAPTÊME PAR ASPERSION

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION

Le pouvoir de la propagande est tel que, quand quelque chose est proclamé assez fort et assez souvent, les gens sont persuadés que la chose doit être vraie, que c’est le seul moyen possible de comprendre les circonstances données. Mais la plupart du temps, lorsqu’on y regarde de près, l’argument semble beaucoup plus fragile qu’il ne le semble en premier lieu.

Prenons par exemple la question du baptême par immersion. Les partisans de l’immersion la font paraître simple et évidente. Ce dont ils ne parlent pas, ce sont les énormes différences d’opinion au sein de leur propre camp.

Un converti devrait-il être baptisé au nom de Jésus ou au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ?

Le converti doit-il aller sous l’eau une fois, ou trois fois, une fois pour chaque personne de la Trinité ?

Le converti doit-il se pencher en avant ou en arrière pour aller sous l’eau ?

Est-il acceptable de baptiser par immersion dans un bassin à l’intérieur, ou faut-il le faire à l’extérieur dans un plan d’eau naturel ?

Si c’est à l’extérieur, le faire dans un lac est-il correct ou doit-il être fait dans l’eau courante d’une rivière ?

On peut se poser tant de questions, comme: Comment Philippe et l’eunuque ont-ils trouvé assez d’eau pour une immersion en plein désert du Néguev? Comment 3000 personnes ont-elles été baptisées par immersion dans un cité sur une montagne où l’eau est rarissime (Jérusalem)? Pourquoi cet endroit de baptême n’est-il pas connu et transformé en lieu de pèlerinage comme Bethléem, Golgotha ou tant d’autres hauts lieux du Nouveau Testament?

Ce n’est pas mon désir de ridiculiser qui que ce soit. Des personnes dévouées et bien intentionnées sont convaincues d’avoir trouvé des preuves infaillibles dans la Bible pour chacune de ces pratiques, et elles sont également convaincues que ceux qui adhèrent à n’importe quelle autre opinion se trompent. Je signale simplement à quel point la question peut devenir compliquée. Ces opinions ont toutes été la cause de divisions entre Églises et il existe aujourd’hui des Églises qui tiennent fermement à chacune de ces méthodes de baptême.

Peut-être que la vraie question est : sommes-nous sauvés par le baptême ? Je crois que la réponse biblique est oui, mais quel baptême? En fait, le baptême qui sauve est le baptême du Saint-Esprit (et le sang et les souffrance de Christ). Il n’y a pas de pouvoir salvateur dans l’eau appliquée à l’extérieur du corps.

L’immersion était pratiquée à Babylone et en Égypte, basée sur la conviction que l’eau avait un pouvoir de purification spirituel. Les chrétiens croient que ce pouvoir est dans le sang de Jésus et non dans l’eau.

La plupart des synagogues disposent d’un bassin d’immersion rituelle pour se purifier des souillures. Comme un flux de sang est une souillure, les femmes doivent pratiquer cette immersion tous les mois. En général, il s’agit d’un acte personnel, sans témoins. Il n’y a pas de parallèle ici au baptême chrétien.

Le baptême d’eau témoigne du fait que l’Église accepte officiellement le fait qu’un converti est né de nouveau et baptisé du Saint-Esprit et que la vie qu’il vit maintenant montre la preuve de l’action du Saint-Esprit dans son cœur. Le baptême fondé sur la prétention auto authentifiée d’une personne d’être née de nouveau ne suffit pas à la faire jouir d’une communion spirituelle avec d’autres chrétiens vraiment nés de nouveau.

Il y a trente ans, j’ai visité un musée à Montréal avec une réplique des catacombes à Rome. Au cours de la promenade, il y avait une petite grotte à chaque tournant et à l’intérieur se trouvaient des représentations de la vie des premiers chrétiens qui passèrent une grande partie de leur vie à se cacher dans les catacombes. Une de ces grottes représentait une scène de baptême. Ceux qui étaient en train d’être baptisés étaient des adultes et le baptême se faisait par aspersion. Même si ce musée avait été créé par l’Église catholique romaine, je crois que c’était une représentation assez exacte des chrétiens à cette époque. Je crois que le musée n’existe plus aujourd’hui.

Sur le même sujet, je recommande vivement la lecture de ces deux articles également :

POURQUOI JE CROIS AU BAPTÊME PAR ASPERSION

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION

POURQUOI JE CROIS AU BAPTÊME PAR ASPERSION

Publié le 7 juillet 2019 par Bob Goodnough

Sur le même sujet, je recommande vivement la lecture de ces articles également :

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION

D’autres questions au sujet du baptême par immersion

2e chapitre du Miroir du Baptême (1744) de Henri Funk

Vitrail représentant le baptême de Jésus

Purification symbolique : Dans l’Ancien Testament, on trouve diverses lois concernant la sanctification et la purification. Dans chaque cas, il y avait une condition qui qualifiait une personne puis une cérémonie se faisait par aspersion de sang, d’huile ou d’eau.

La tribu de Lévi avait pris le côté de Dieu au moment où les enfants d’Israël ont fait le veau d’or (Exode 32. 26-28). En raison de leur zèle pour Dieu, il les a choisis pour servir dans le tabernacle et plus tard dans le temple. Avant de commencer à exercer leurs fonctions, ils devaient avoir trente ans (Nombre 4) et se soumettre à un rituel de consécration (Nombres 8. 7) : « Tu leur feras ainsi pour les purifier : fais sur eux aspersion de l’eau de purification pour le péché ; ils feront passer le rasoir sur toute leur chair, laveront leurs vêtements, et se purifieront ».

Aaron était le porte-parole et l’assistant de Moïse, celui qui avait accompli les miracles devant Pharaon. Plus tard, il est devenu le souverain sacrificateur. Exode 29 parle de la consécration d’Aaron et de ses fils. Le verset 7 dit : « Et tu prendras l’huile de l’onction ; tu la répandras sur sa tête, et tu l’oindras. ».

David a été choisi par Dieu pour être le roi d’Israël. Quand il inspectait les fils de Jessé (aussi appelé Isaï), Dieu a dit à Samuel : « Ne prends point garde à son visage ni à la grandeur de sa taille… L’Éternel ne regarde point à ce que l’homme regarde ; l’homme regarde à ce qui paraît aux yeux ; mais l’Éternel regarde au cœur » (1 Samuel 16. 7). Finalement, pour indiquer celui qui Dieu avait choisi, « Alors Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères, et depuis ce jour-là l’Esprit de l’Éternel saisit David » (v. 13).

Nombres 19 parle d’une eau de purification contenant de la cendre d’une vache rousse, sans tache ni défaut. La cendre était mélangée avec de l’eau dans un vase et un homme pur prenait de l’hysope et la trempait dans l’eau pour faire l’aspersion sur tout ce qui était impur : tente, ustensiles ou personnes. Ces impuretés étaient un type de péché et la personne impure devait quitter le camp jusqu’à ce qu’elle ne soit plus impure. L’aspersion de cette eau de purification était le moyen de recevoir cette personne dans le camp, une sorte de réintégration.

Ézéchiel 36.25 dit : « Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. »

Les purifications rituelles de la loi et de la prophétie d’Ézéchiel annonçaient (typifiaient) la véritable purification rendue possible par Jésus-Christ. Jésus a dit à la Samaritaine qu’il pourrait lui donner de l’eau vive qui deviendrait une source jaillissant jusqu’à dans la vie éternelle (Jean 4.13,14).

Purification interne : il semble que ceux qui ont consulté des lexiques grecs dans le but d’établir que baptizo a pour seul sens l’immersion ont choisi leur témoignage avec soin. D’autres personnes ont consulté ces mêmes lexiques et ont découvert que la signification fondamentale de baptizo est « laver » ou « nettoyer ». Ils affirment que c’est un mot utilisé pour désigner l’effet, pas le moyen utilisé pour obtenir cet effet. Le vrai mot grec qui signifie « immerger » est καταδυω (kataduo, plonger en bas, 6 occurrences dans la Septante) et non baptizo.

Dans Marc 16.16, Jésus a dit : « Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ». Cela signifie-t-il qu’il existe un pouvoir salvateur dans le baptême extérieur ? Je crois plutôt que le mot baptisé dans ce verset se réfère à une purification interne (lavage) du cœur.

Ce n’est que par le sang versé de Jésus que nos péchés peuvent être pardonnés. Mais les Écritures parlent également de la nécessité de purifier nos cœurs et nos esprits afin que nous ne continuions pas à pécher volontairement. L’eau appliquée à l’extérieur du corps, que ce soit par aspersion ou par immersion, ne peut pas faire cela, pas plus que le sang et l’eau des cérémonies de la loi de l’Ancien Testament.

« Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre de la génisse, qu’on répand sur ceux qui sont souillés, les sanctifie quant à la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert à Dieu, lui-même, sans tache, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! » (Hébreux 9.13,14). « Approchons-nous avec un cœur sincère, dans une pleine certitude de foi, ayant les cœurs purifiés des souillures d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure » (Hébreux 10.22). L’apôtre Paul dit que l’Église a été lavée par l’eau de la Parole (Éphésiens 5.26). La Parole de Dieu a le pouvoir de nous purifier si nous la laissons agir en nous.

Lorsque le soldat a percé le côté de Jésus avec une lance, du sang et de l’eau ont coulé (Jean 19.34). L’apôtre Jean dit : « C’est ce même Jésus, le Christ, qui est venu avec l’eau et le sang ; non seulement avec l’eau, mais avec l’eau et le sang ; et c’est l’Esprit qui en rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité » (1 Jean 5.6). Lorsque nous venons à Dieu pour demander pardon, c’est le sang qui couvre nos péchés. Mais nous ne devons pas ignorer l’autre aspect du salut : la purification du cœur. L’eau qui a coulé du côté de Jésus est la preuve que cette purification nous est également offerte à travers la mort expiatoire de Jésus. Quel avantage y aurait-il à avoir nos péchés passés pardonnés, si c’était simplement pour continuer de vivre dans le péché ? Ou à quoi cela servirait-il de purifier notre cœur si les péchés du passé ne pouvaient être pardonnés ? Mais, grâce à Dieu, il nous offre le salut complet, le pardon et la purification, à condition que nous nous détournions de nos péchés. « Non, vous dis-je ; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de même » (Luc 13.3).

Quelques doutes sur l’immersion : Jésus était à la fois roi et sacrificateur. À l’âge de trente ans, il est venu à Jean-Baptiste pour se faire baptiser. Lorsque Jean a d’abord refusé, Jésus a dit : « Ne t’y oppose pas pour le moment ; car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir tout ce qui est juste. Alors il ne s’y opposa plus » (Matthieu 3.15). Christ ne faisait-il pas allusion à la nécessité de satisfaire aux exigences de la loi cérémonielle avant d’entrer dans son ministère ?

Lorsque je lis le reste de ce récit dans les évangiles, je ne trouve aucune indication concernant la manière dont Jean a exécuté le baptême. Il me semble probable que Jésus et Jean sont entrés dans des eaux peu profondes et que Jean a aspergé Jésus avec un peu d’eau, peut-être avec un bouquet d’hysope qu’il avait plongé dans la rivière, ou peut-être a-t-il versé de l’eau qu’il avait recueillie entre ses mains.

Cependant, je peux comprendre comment on peut imaginer que Jésus a été immergé dans le Jourdain si on est convaincu que le mot grec baptizo a le seul sens de l’immersion. Puisque je ne suis pas convaincu de cela, ce n’est pas une image d’immersion qui me vient à l’esprit lorsque je lis ces récits.

Il est encore plus difficile pour moi de voir une immersion dans certains des autres baptêmes mentionnés dans le Nouveau Testament. Dans le neuvième chapitre des Actes, Saul avait passé trois jours sans manger ni boire quand Ananias vint le baptiser. Les versets 17 et 18 nous disent qu’Ananias est arrivé à la maison, a prié pour que Saul recouvre la vue et l’a baptisé. Alors Saul a eu quelque chose à manger et sa force lui est revenue. Il n’y a aucune mention dans ce récit qu’ils sont partis pour trouver une rivière où Saul pourrait être baptisé, et j’ai du mal à croire qu’ils l’aient fait.

Au seizième chapitre, Paul et Silas étaient en prison et, après un tremblement de terre, le geôlier et sa famille ont cru. Le verset 33 dit : « Et les ayant pris avec lui à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies ; et il fut aussitôt baptisé, lui et tous les siens ». Encore une fois, il m’est difficile de voir un moyen d’immerger ces personnes chez eux. Et le baptême de trois mille personnes en un seul jour dans Actes 2.41 : y avait-il une piscine à Jérusalem assez grande pour les immerger tous, même par groupes ?

Quand on a appris à croire que baptizo veut dire immerger, et rien qu’immerger, on est obligé de voir une immersion dans tous ces récits. Si immerger est vraiment le seul sens du mot baptizo, je ne comprends pas comment les prophéties de Jean-Baptiste et de Jésus sur le baptême du Saint-Esprit ont été accomplies par le déversement du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. Considérez les versets suivants :

« Pour moi je vous ai baptisés d’eau, mais lui vous baptisera du Saint-Esprit » (Marc 1.8).

« C’est que Jean a baptisé d’eau, mais que vous, vous serez baptisés du Saint-Esprit dans peu de jours » (Actes 1.5).

« Et il leur apparut des langues séparées, comme de feu, et qui se posèrent sur chacun d’eux » (Actes 2.3).

« Mais c’est ici ce qui a été prédit par le prophète Joël : Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai de mon Esprit sur toute chair, vos fils et vos filles prophétiseront ; vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes. Et certes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit sur mes serviteurs et sur mes servantes, et ils prophétiseront » (Actes 2.16-18 ; comparez avec Joël 2.28,29).

Les apôtres Paul et Pierre utilisent le mot baptême pour décrire deux événements de l’Ancien Testament. 1 Corinthiens 10.1-4 raconte l’histoire des enfants d’Israël à l’époque de Moïse, affirmant qu’ils « ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer ». Je doute que Paul ait voulu dire qu’ils étaient immergés dans la Mer Rouge. Les Égyptiens ont été immergés et l’apôtre ne dit pas qu’ils ont été baptisés. Mais il dit que « nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer ». Le seul mode de baptême possible ici est par la pluie qui se tombe de la nuée, ce dont parle Psaume 77.18. (Versets 17-21 parlent de la traversée de la Mer Rouge).

L’autre passage se trouve dans 1 Pierre 3.21, où Pierre parle de ceux qui ont été sauvés dans l’arche de Noé. « Et l’image correspondante, le baptême (lequel n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience devant Dieu) nous sauve maintenant par la résurrection de Jésus-Christ ». Ici encore, ceux qui étaient dans l’arche ont été baptisés (par la pluie) mais non pas immergé, tandis que ceux qui étaient en dehors de l’arche étaient immergés (dans le déluge) sans être baptisés.

Dans les deux références, le point essentiel est que certaines personnes ont tourné le dos à leur ancienne vie et à la corruption du monde. L’Égypte et le monde qui a péri dans le déluge sont des types de notre vie antérieure dans les péchés et la corruption de ce monde. Ces Écritures indiquent un changement dans les pensées et les intentions des cœurs de ceux qui choisissent de suivre les commandements de Dieu. Dieu a montré son acceptation de leur décision par l’eau qui tombait du nuage. Ce sont des exemples métaphoriques, bien sûr, mais je ne crois pas que les apôtres auraient choisi le mot baptême pour décrire ces événements s’ils avaient voulu enseigner que le baptême doit se faire par immersion.

Autres utilisations du baptizo : Dans les versets suivants, les mots baptizo et baptismos sont traduits par « lavage » ou « ablutions » : « Et lorsqu’ils reviennent des places publiques, ils ne mangent point non plus sans s’être lavés. Il y a aussi beaucoup d’autres choses qu’ils ont reçues pour les observer, comme de laver les coupes, les pots, les vaisseaux d’airain et les lits » (Marc 7.4).

« Pendant lequel on offre des dons et des sacrifices, qui ne peuvent rendre parfait quant à la conscience celui qui fait le service, uniquement par des viandes et des breuvages, et diverses ablutions, et des cérémonies charnelles, imposées seulement jusqu’au temps du renouvellement. » (Hébreux 9.9-10).

Dans la version grecque de l’Ancien Testament (Septante), on m’a dit également que Daniel 4.33 se lit ainsi : « Au même instant la parole s’accomplit sur Nébucadnetsar ; il fut chassé du milieu des hommes, et il mangea l’herbe comme les bœufs ; son corps fut trempé (baptizo) de la rosée du ciel, jusqu’à ce que ses cheveux crussent comme les plumes de l’aigle, et ses ongles comme ceux des oiseaux. »

Ceci indique que dans le grec qui avait cours 150 ans avant Jésus-Christ, le mot «baptizo» ne signifiait pas «immerger», puisque la rosée ne peut pas nous immerger, mais plutôt «tremper», «laver» ou «baigner».

Baptizo est utilisé dans un sens figuratif dans les prochains versets :

« Et Jésus leur dit : vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, et être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? Ils lui dirent : nous le pouvons. Et Jésus leur dit : il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé » (Marc 10.38,39).

« Mais je dois être baptisé d’un baptême ; et combien ne suis-je pas pressé jusqu’à ce qu’il s’accomplisse! » (Luc 12.50).

Jésus avait été baptisé par Jean il y a longtemps, et maintenant il parle d’un baptême futur. Que veut-il dire ? Évidemment, il faisait allusion à ses souffrances et à sa mort. « Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés en sa mort ? » (Romains 6.3) ? Ici, l’apôtre parle d’être uni à Jésus et à ses souffrances.

La signification du baptême : Jésus nous a enseigné qu’il faut naître de nouveau. « En vérité, en vérité je te dis, que si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3.5). Cette nouvelle naissance est un type de baptême (lavage) du cœur, car nous sommes purifiés de nos péchés et le Saint-Esprit est déversé sur nous. « Mais lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes ont été manifestés, il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération, et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a répandu avec richesse sur nous, par Jésus-Christ notre Sauveur ; Afin que, justifiés par sa grâce, nous fussions héritiers de la vie éternelle selon notre espérance » (Tite 3.4-7).

Après cela, nous devons être baptisés d’eau, en tant que témoignage public que nous souhaitons désormais être pleinement identifiés à Jésus et à son Église. Je suis persuadé que le baptême par aspersion est en parfait accord avec tous les types et les prophéties de l’Ancien Testament et avec tous les exemples et les enseignements du Nouveau Testament.

« Car nous avons tous été baptisés par un même Esprit, pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres ; et nous avons tous été abreuvés d’un même Esprit » (1 Corinthiens 12.13).

Sur le même sujet, je recommande vivement la lecture de ces deux articles également :

D’autres questions au sujet du baptême par immersion

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION