Pourquoi distribuer des brochures évangéliques?

Pourquoi distribuer des brochures évangéliques?

1. Ces tracts peuvent s’introduire dans des milliers de foyers et y rester, vous ne le pouvez pas.
2. Les tracts ne se mettent jamais en colère et ne se prennent pas au piège de la dispute.
3. Les tracts n’ont jamais peur de proclamer l’évangile.
4. Les tracts ne font pas de compromis.
5. Les tracts ne se découragent jamais.
6. Les tracts peuvent voyager partout.
7. Les tracts peuvent travailler 24 heures par jour.
8. Les tracts sont bon marché.
9. On peut lire un tract à maintes reprises.
10. Les tracts comprennent des saintes écritures, que Dieu utilisera et bénira (Ésaïe 55.10,11)
J’ai trouvé cette liste sur le site d’un frère (Jean-Luc Toews), un américain adopté d’Haïti. http://operationnoah-jt.blogspot.in/

Et voici une courte histoire, qui devrait nous rappeler la gravité de notre mission :

Pas en enfer
« Mais il y a donc des tracts partout! » s’écria un jeune homme moqueur alors qu’un chrétien lui tendait une brochure évangélique un après-midi. « Non » lui réplique calmement le chrétien, «vous n’en trouverez pas en enfer», puis il le quitta. Dieu enfonça cette phrase dans l’esprit du jeune homme comme un clou planté dans une poutre de chêne. Il ne pouvait pas se défaire de ces quelques mots. Les mots « pas en enfer » lui revenaient à chaque fois qu’il voyait un tract, et finalement il fut converti.

Pour commander des traités évangéliques, remplissez ce formulaire et renvoyez le moi à l’adresse suivante : missionnaireanabaptiste@gmail.com.
Ou visitez le site traitesevangeliques.org pour lire plus de nos traités évangéliques.

Veuillez écrire à côte de chaque titre combien d’exemplaires vous voulez (1,2, 50, 300…) Les traités viennent généralement en paquets de 50, veillez donc à ce que vous commandiez par multiple de 50 à moins de ne vouloir que des échantillons. (1,2,3,50, 100, 250, 400…)

Voici la liste :

1) À la recherche de Dieu, comment puis-je le trouver?
2) Amusement, distraction et loisir : que dit Dieu?
3) Chapitres d’or pur
4) Connaître la plus belle histoire
5) Dieu existe-t-il?
6) Écoutez! Qui vous appelle?
7) Jésus-Christ reviendra
8) L’amour de Jésus
9) L’enseignement biblique au sujet de l’enfer
10) L’esprit en paix dans un monde troublé
11) La chambre
12) La délivrance du tabac
13) La drogue, l’alcool et l’immoralité
14) La tenue vestimentaire du chrétien
15) La traversée fatale
16) La vraie joie de vivre
17) Le ciel. Votre demeure future?
18) Le cri de l’âme
19) Le repentir, porte de la miséricorde
20) Le jeu : gain ou perte?
21) Le mariage, quel chemin choisir?
22) Le salut éternel
23) Le seul et véritable Dieu, le connaissez-vous?
24) Les puissances des ténèbres
25) Libéré de la crainte
26) Liberté et plénitude, le plan de Dieu pour la femme
27) Ne vous y attendez pas
28) Preuve du salut personnel
29) Puis-je être sauvé? Que dois-je faire?
30) Quarante-huit heures dans l’enfer
31) Se pourrait-il que ce soit vous?
32) Un ami pour toi
33) Un foyer heureux
34) Un guide biblique du salut
35) Votre vie est enregistrée
36) Vous devez naître de nouveau

Nouveautés:

37) La vie, POURQUOI?

38) Un Sauveur pour vous

39) Une réponse pour vous

Le Népal et le Manipour: dangers et bénédictions…

Le 25 avril 2015 restera pour trente millions de Népalais et pour bien d’autres, une tragédie difficilement oubliable.
Ce samedi, nous étions allés dans les environs de Chalsa, non loin de la frontière du Bhoutan, pour y offrir des médicaments gratuits aux habitants (appartenant à l’ethnie Munda) d’un village situé au cœur d’une plantation de thé. Quand je dis « nous », cela signifie Michaël Nightingale et Éthan Phelps accompagnés de votre dévoué serviteur. Nous rencontrerions plus tard deux docteurs bengalis, une infirmière, et quelques amis venus du Manipour, prêts à nous assister en auscultant les villageois, ou encore en organisant les flux impressionnants de patients attendant leur paquet de médicaments.

J’étais dons assis dans un bâtiment séparé de notre clinique de campagne, en train d’expliquer (en hindi) les raisons de notre aide humanitaire et comment Jésus nous a enseigné de faire cela par son exemple. J’avais avec moi une bonne réserve de traités en hindi et en sadri que je distribuais à ceux qui en voulaient bien. Parfois, nous donnions aussi des conseils d’hygiène aux villageois ainsi assemblés.

Soudain, je suis pris d’un léger vertige et je sens ma chaise vibrer légèrement. Une rumeur s’élève; les gens s’exclament भूकंप! भूकंप! (tremblement de terre). Nous sortons aussi rapidement que possible, mais dans l’ordre. La terre continue de trembler pendant environ 20 secondes. Il est midi moins cinq. J’étais loin de me douter qu’à moins de 400 kilomètres du lieu où je me tenais, plus de 10 000 personnes venaient d’être écrasées sous les décombres de leurs demeures. Les habitations de 200 000 ménages étaient détruites et 200 000 autres demeures étaient endommagées.

Ce n’est qu’après une heure environ que je me rendis compte en partie de l’ampleur des dégâts. Plusieurs personnes m’appelèrent ou s’enquirent de mon état par SMS. J’appris qu’on avait bien senti la secousse sismique jusqu’à Calcutta et Delhi. L’épicentre se trouvait au nord-ouest de Katmandou et on évaluait la magnitude du tremblement de terre à 7,9 sur l’échelle de Richter.

Sur le coup, je n’avais pas pensé que c’était un grave séisme. Je m’étais demandé où l’épicentre se trouvait, et si les journaux en parleraient le lendemain. Il est vrai que j’avais senti un peu de vertige et mes jambes étaient mal assurées pendant quelques minutes, mais je n’y avais pas prêté plus d’attention.

Le séisme fit quatre morts à Siliguri, notre ville.
Au fil des jours suivants (dimanche et lundi), nous ressentîmes deux autres secousses de manière marquée et quelques secousses non vérifiées. Le séisme du lundi 27 avril avait pour épicentre Mirik, à la frontière du Népal, à 30 km de chez nous à vol d’oiseau. Le dimanche, j’étais dans la maison à l’ordinateur lorsque la terre a tremblé, et le lundi j’étais dans la plantation de thé, en train de me promener juste avant le coucher du soleil.

À partir du lundi 27, un exode massif débuta à Katmandou : au cours des deux prochaines semaines, la ville allait perdre plus d’un million d’habitants (sur moins de trois). La crainte d’autres répliques, l’omniprésence de bâtiments partiellement effondrés, et le manque de terrains de foot offrant un lieu de campement sécuritaire étaient tous des facteurs de ces départs. Les écoles allaient être fermées pendant trois semaines, il n’y avait donc aucune raison de rester. Partout dans la région affectée il y avait pourtant d’autres problèmes, tels que la rupture des canalisations d’eau, un ingrédient qui semble être nécessaire à la vie. Les gens vivant groupés dans des campements de fortune ne jouissaient pas de conditions hygiéniques ni de médicaments suffisants, et on craignit le pire, surtout en voyant l’afflux de réfugiés venus de Katmandou. En même temps, l’aide humanitaire semblait trop souvent bloquée à Katmandou, parfois à cause de glissements de terrain, mais aussi à cause d’autres problèmes logistiques. Les nombreux avions lourds qui atterrirent à Katmandou vers la fin avril endommagèrent la piste de l’aéroport international. On dut à nouveau leur fermer la piste. Des secouristes étrangers s’évertuèrent à sauver quelques vies, une équipe française retrouvant même un homme vivant après trois jours sous les décombres.

Au moment du séisme, il y avait entre 300 000 et 400 000 étrangers au Népal selon le gouvernement. Certains (surtout touristes) demandèrent l’évacuation immédiate. D’autres, touristes ou membres d’une ONG, se mirent tout de suite à acheminer des soins dans les villes et villages affectés. Quelques touristes continuèrent de visiter le pays, dont le cœur était en ruines (en tout cas selon les médias). Le mont Everest vit une vingtaine de personnes mourir sur ses flancs enneigés. La Chine décréta la fin de la saison d’alpinisme du côté nord, alors qu’au Népal les Sherpas refusaient de déblayer les cols obstrués par les avalanches, malgré l’autorisation du gouvernement local. On verra plus tard qu’ils eurent raison de se montrer prudents.

Nous nous mîmes donc à explorer les diverses méthodes d’aide humanitaire qui seraient à notre portée. Ceci fut en fait surtout du ressort de Michaël, car Éthan et moi avions déjà d’autres plans : nous évader dans le nord-est de l’Inde, aux confins de la Birmanie. Nous partîmes donc le mercredi 29 juillet à bord d’un train qui affichait déjà 6 heures de retard sur l’horaire. Au cours des premières heures à bord du train, j’eus l’impression que le train allait moins vite que d’habitude et que les rails n’étaient peut-être pas en parfait état. Mais le train accéléra après quelque temps, et nous arrivâmes à Guwahati après un trajet qui dura 8 heures. Le jour suivant, nous appelâmes quelques pasteurs locaux pour leur proposer des traités (nous avions pris une boîte de 4 000 traités avec nous) nous parvînmes à les distribuer et aussi à nous empiffrer au cours d’un délicieux « dernier repas » avant d’aller au Manipour. Le Manipour est à la limite de toute civilisation (un des critères est la présence de restaurants). La dernière victime d’un chasseur de têtes Naga remonte aux années 1990… C’est l’État le plus dangereux d’Inde. La guérilla y sévit entre les mercenaires du gouvernement indien (Assam Rifles) et les divers groupes « souterrains » associés au mouvement indépendantiste Naga.

MANIPOUR

C’est donc le 1er mai au matin que nous atterrissons à Imphal, capitale du Manipour. Nelson et Marilyn Dyck, missionnaires à Kabinam, nous attendent après l’interrogatoire des services de renseignement. J’ai trouvé l’atmosphère de l’interrogatoire plus relaxe que l’année passée. Ils ont même permis à Éthan d’aller chercher ses bagages avant la fin et n’ont pas passé de coup de fil pour vérifier mes dires. Nous avons visité l’unique attraction historique du Manipour : le fort de Kangla. Il contient un site de fouille archéologique, des urnes contenant les restes de plus sieurs rajas, plusieurs temples et des jardins de roses ainsi que plusieurs magnifiques frangipaniers et magnolias, flanqués d’orchidées. Apparemment, les rois du Manipour y vécurent pendant très longtemps : il y a eu un fort depuis 1632, lorsque des prisonniers chinois enseignèrent aux indigènes comment faire des briques… La dynastie des Ningthouja régna à Imphal entre 33 avant J.-C. et la guerre anglo-manipourie en 1891 et garda certains privilèges jusqu’en 1971.

Après quelques achats en ville et du curry de poulet thaï dans l’un des deux restaurants de la capitale, nous avons pris la route nationale 39 qui relie la cuvette d’Imphal au reste du pays. Ce fut une occasion de lire pour moi, en jetant parfois un coup d’œil vers les rizières et les montagnes. C’est ainsi que j’ai finalement terminé la lecture du livre (À mains nues) d’Alain Robert, l’homme-araignée. J’avais aussi terminé Métronome de Lorànt Deutsch à bord du train le 29. Je recommande le premier aux férus d’action et d’adrénaline et le second aux passionnés d’histoire de France.

Après deux heures de route, nous arrivons à Kabinam, où Nelson et Marilyn habitent et où quelques membres de l’Église résident aussi : Shangba et Rhina Maram et leurs (6 ou 7?) enfants et Kabijohn, jeune homme de 23 ans, chez qui nous passerons les trois prochaines nuits. Là, mauvaise nouvelle, Kabijohn ne comprend pas que nous ne mangions pas autant que lui (ce qui m’est absolument impossible) et nous forcera à nous empiffrer royalement au cours des prochains jours. Beueuhh… Enfin, il faut avouer que la nourriture était bonne et saine, mais bien trop abondante.

Pique-nique

Le samedi, nous descendons dans la vallée à bord du Boléro Mahindra de Nelson et Marilyn. Kabijohn est à bord ainsi que deux des fils de Shangba. D’autres jeunes hommes (étudiants à l’université Don Bosco) nous rejoignent bientôt. Plus tard Shane et Rachel viendront s’ajouter au groupe. Nous passons 6 heures dans la vallée, à cuisiner, éplucher des oignons et des gousses d’ail, papoter, laver les voitures dans la rivière… Enfin rentrés chez Kabi, nous prenons un peu de repos avant d’aller chanter chez Nelson et Marilyn. J’aime bien ce groupe de jeunes gens. Ils chantent très bien et j’adore leurs cantiques en Maram!

Le dimanche matin, premier culte à 7h30. Puis Éthan, Kabi et moi escaladons la pente escarpée sur laquelle étaient autrefois juchées les batteries nippones. Éthan raconte l’histoire d’Achab à Jéricho devant une vingtaine d’enfants issus d’un village catholique. Puis nous redescendons et, une fois arrivé à l’orphelinat de Shangba, je raconte l’histoire de David menant l’arche de l’Alliance dans sa nouvelle capitale : Jérusalem.

Pour le dîner, nous sommes invités chez Nelson et Marilyn, où nous retrouverons aussi Shane et Rachel ainsi que John Peren, un jeune homme à l’esprit très agile, et au sens de l’humour engageant. L’après-midi, nous ferons découvrir à Éthan les vestiges de la capitale de la tribu de chasseurs de têtes : Maram Khullen. La journée se termine chez Shangba, par un autre culte.

Le lundi matin, nous Kabijohn, John, Paher et un autre jeune homme dont je ne me souviens plus du nom se sont embarqués avec nous dans notre convoi à destination de Kohima.

Deux heures de route plus tard, nous arrivions en vue de Kohima, avec un premier arrêt au musée-village culturel naga où se déroule en décembre le célèbre festival du calao. On y voit des répliques des huttes royales de chaque tribu du Nagaland. J’y ai rencontré un jeune couple québécois qui passait un mois dans le Nord-Est. Il y a aussi un musée passionnant racontant les combats entre les forces alliées (surtout indiennes et britanniques) et les Japonais (accompagnées de quelques indépendantistes indiens) dans la région de Kohima et d’Imphal. J’ai lu récemment que cette bataille est à ce jour classée parmi les cinq batailles les plus importantes de l’histoire britannique par le public anglais. Nous avons aussi visité le cimetière britannique (placé à l’endroit même des combats corps-à-corps entre eux et les Japonais, où les Japonais exterminèrent presque la garnison britannique avant d’être obligés de battre en retraite à cause de l’arrivée des renforts. Pas de cimetière japonais…

Après un repas de nouilles chow mein dans un petit café, Nelson et Marilyn sont retournés à Kabinam avec les garçons, et Éthan et moi avons continué vers Dimapour dans le 4×4 de Shane et Rachel. Dommage de devoir quitter Kabijohn si tôt, c’est un jeune frère très attachant. J’aime bien écouter ses pensées ou encore le récit de son cheminement vers l’Église.

Les deux prochains jours furent passés à faire des courses dans cette ville au climat torride et à examiner des orchidées dans divers jardins. J’ai aussi lu les journaux, surtout remplis d’articles au sujet des disputes entre le Nagaland et l’Assam et ponctués de notes concernant diverses embuscades à l’encontre des troupes fédérales dans la région. Apparemment, le cessez-le-feu aurait une nouvelle fois été violé… Dans l’après-midi du mercredi 6 mai, Éthan et moi étions de nouveau sur le quai de la gare de Dimapour. Notre train arriva à Siliguri le lendemain matin à 5h55 (5 minutes d’avance sur l’horaire!).

SILIGURI et le NÉPAL

Bon depuis notre retour, je n’ai pas fait grand-chose. Shane et Rachel nous ont suivis ici, arrivant par avion le lundi 11 mai. Le même jour, Shane, Michaël et Éthan partaient pour le Népal en compagnie de Richard Bhujel et Rajay Bhujel, deux Népalais qui devraient nous aider à trouver un village ou deux où nous pourrons aider les sinistrés à reconstruire leurs vies.

Le lendemain, j’étais au centre commercial vers midi. J’avais déjà mangé dans la rue, mais comme j’avais soif après tous ces achats, je me suis permis d’entrer au Café Coffee Day (je dis ça pour rire). Je venais tout juste de m’asseoir devant mon livre captivant de Bill Bryson intitulé « À la maison », lorsqu’un client s’écria : « Dats ane éeurtquéke! ». (je n’ai toujours pas compris pourquoi son premier réflexe n’aurait pas été de le dire en bengali ou en hindi) Tout le monde s’élança dehors avec plus ou moins de flegme… Je laissai même mon sac à dos dans le café dans mon empressement. 7,4 sur l’échelle de Richter. Et ce coup-là, ça m’a vraiment secoué dans les oreilles au point de me donner le vertige plusieurs fois au cours de prochains jours, me rendant en même temps super-hyper sensible aux moindres vibrations et paranoïaque à cause du bourdonnement dans mes oreilles qui persiste jusqu’à aujourd’hui (14mai). Une moto à 500m ou un avion pouvaient me faire croire dur comme fer qu’il y avait un tremblement de terre jusqu’à ce que je regarde les lignes électriques, qui s’agitent follement lorsqu’il y a vraiment une secousse.

Bon, plus de peur que de mal, car on ne dénombre qu’une centaine de morts après ce séisme, contre près de 9000 pour l’autre. En fait, bien que l’épicentre se soit déplacé vers nous, créant de nouveaux dégâts près du mont Everest, la majorité des bâtiments fragiles étaient déjà tombés ou évacués suite au précédent séisme, limitant le nombre de personnes affectées. Mais ça nous a tous secoués de nouveau et nous a rappelé que notre vie n’est pas vraiment entre nos propres mains. Impossible de passer un coup de fil après cela, les réseaux étant débordés, mais les SMS passaient toujours. J’ai vite appris que tous étaient en sécurité à la maison et au Népal respectivement. J’ai pris mon cappuccino après quelques minutes, mais je n’avais plus vraiment envie de lire.

J’ai souffert depuis d’un bourdonnement dans mes oreilles, de léger vertige à plusieurs reprises et d’une hypersensibilité aux vibrations. C’est-à-dire que je ressentais des secousses à tout moment et que je me figurais qu’il y avait des secousses à tout moment. Même maintenant j’en sens tout le temps. Mon propre battement de cœur qui lui-même fait vibrer ma chaise peut me leurrer ainsi et me faire croire que la terre bouge. C’est assez terrifiant, si on ne met pas sa foi en Dieu. J’ai à plusieurs reprises pris réconfort dans de tels versets que ceux en Marc où Jésus dit aux disciples de croire que nous avons déjà obtenu ce que nous avons demandé de lui lorsque nous prions.

Bien sûr, c’est parfois même assez irrationnel de craindre tant alors que jusqu’à présent notre ville n’a pas vraiment subi de dégâts, mais nous ne sommes pas loin de la faille, tout peut arriver. Aujourd’hui, le 16, j’étais de nouveau au même centre d’achat (pour acheter des tentes et des moustiquaires) et dans le même café, avec Shane et Rachel et leurs enfants, lorsqu’une réplique de magnitude 5,7 m’a secoué, je me suis levé et me suis projeté vers la porte avant de m’arrêter pour me demander si mon cerveau me jouait un tour de nouveau. Les autres me regardaient avec surprise, et je leur ai expliqué confusément que je pensais avoir senti la terre trembler. Puis de nouveau j’ai ressenti mes jambes perdre de leur assurance et vu d’autres personnes se précipiter dehors. J’ai pris mes jambes à mon cou avec tout mon courage 🙂 et suis sorti bien vite (et dignement, avec autant de flegme que possible…). Shane n’avait toujours rien senti. Incroyable comme nous ressentons les choses différemment. Pourtant, [là, je viens d’interrompre l’écriture de cette lettre pour vérifier que je ne ressentais pas vraiment une secousse… horrible, je vous dis! Vivement le retour au pays!] au moins la moitié des gens présents dans le centre d’achat étaient sortis. L’USGS confirma plus tard que je n’avais pas rêvé cette fois-là.

Lundi je pars pour Thumi, au Népal. C’est un hameau juché sur une montagne non loin de l’épicentre du premier séisme. 22 des 23 maisons sont rasées. L’église, l’école et une maison tiennent debout, mais il faudra probablement démolir la maison. Nous avons promis de fournir les matériaux pour reconstruire ce village. Un autre village de 50 familles recevra 50 moustiquaires et du sel. Et nous soutenons un autre groupe ici à Siliguri qui vient en aide à quatre autres villages au Népal. Je devrais rester au Népal jusqu’à samedi. Pour accéder à Thumi, il faut compter 15 heures de route et trois heures de marche (5km de chemin sinueux pour accéder au village qui se trouve à 1000 mètres plus haut que le point de départ). Les vieux Népalais y acheminent des sacs de 50 kilos de riz sur leurs têtes et pieds nus…

Bon, je crois que c’en est assez pour l’instant au sujet de ma petite vie ici. J’apprécie vos messages, vos prières, vos encouragements. J’espère vous voir face à face bientôt et n’hésitez pas à me donner de vos nouvelles!

Quel type de missionnaire suis-je?

Il y a une semaine, je rencontrais Arnaud, un étudiant Français en architecture, qui était de passage au Rabelais, restaurant français à Siliguri, dont le propriétaire est son ami. Pour l’anecdote, Arnaud fait une maîtrise au sujet du célèbre architecte français « Le Corbusier » qui a planifié la ville de Chandigarh où Arnaud étudie et dont il hait le style et l’idéologie.

Je me suis entretenu de choses et d’autres avec Arnaud pendant une heure environ. Il n’avait pas l’air pressé. Nous étions plutôt d’accord sur de nombreux sujets: notre amour pour l’histoire, notre interprétation de celle-ci semblait assez proche, de la nécessité d’apprendre des langues, de l’hégémonie agaçante de l’anglais qui s’infiltre si facilement dans notre vocabulaire, amour pour la France et pour l’Inde ou encore la Russie. Je dirais que son anglophobie était plus forte que la mienne, alors que je trouve parfois que je ne suis déjà pas assez charitable envers ceux-ci. Mais notre plus grande différence fut observée au début de la conversation: Arnaud m’ayant demandé ce que je faisais ici, je lui ai parlé un peu du travail humanitaire que nous accomplissons, ce qui a entraîné plusieurs remarques de sa part démontrant le peu d’affection qu’il a pour les ONG.

Depuis, j’ai été poussé à me reposer ces questions que je me suis déjà posé plusieurs fois: quelle sorte de missionnaire suis-je?

Suis-je un missionnaire casanier ou aventurier? Il y a probablement des excès dans les deux. Un missionnaire casanier ne peut pas voir grand monde, puisqu’il ne sort presque jamais de chez lui, et tout le monde sait qu’il est très rare que les « indigènes » (c-à-d les gens locaux) viennent rendre visite à un tel étranger, à moins de venir lui demander de l’argent. Toutefois, nous ne pouvons pas devenir missionnaire seulement par esprit d’aventure. Ce n’est que si nous faisons notre travail pour Dieu et non pour notre propre satisfaction que nous pouvons être utiles à Dieu. Arnaud se méfiait de la malhonnêteté des ONG, sclérosées par des membres qui recherchent une vie facile, profitant du soutient des gens en Europe ou en Amérique du Nord pour se la couler douce dans un pays où la grande vie est facilement accessible avec relativement peu d’argent. Je connais de tels missionnaires ici à Siliguri, qui font leur marché de temps à autre, qui vont au cinéma trois fois par semaine, qui se promène en voiture haut de gamme, qui partent en randonnée dans l’Himalaya tous les mois, qui ne se réveillent qu’à 10h, et qui font faire tout le ménage et une partie de leur nourriture par une bonne (si celle-ci sait faire de la nourriture américaine). Évidemment, ils ne sont pas tous comme ça, mais je crois que la majorité des missionnaires ont été tentés de faire ainsi au moins dans une certaine mesure. C’est à éviter à tout prix afin de montrer que nous voulons être des égaux avec ceux que nous évangélisons.

Par contre, il arrive aussi que nous soyons trop ambitieux ou aventureux, à la recherche de gloire et de reconnaissance dans la sphère missionnaire. Là, je dois dire que j’ai de grosses tentations parfois. J’aimerais tant commencer des projets géniaux, écrire et traduire de nombreux livres, voir de nombreux gens se joindre à l’Église au cours de mon temps dans un certain endroit, être connu pour mon zèle et mon désir de servir Dieu. Mais bien que ces désirs soient bons en soit, ils sont dangereux lorsqu’ils ne sont plus associés à un esprit humble et ouvert à l’Esprit de Dieu. Ils deviennent l’oeuvre du diable qui cherche à nous donner un esprit d’indépendance qui nous fera différer de plus en plus de nos frères, jusqu’au jour où finalement nous ne serons plus réellement frères dans la foi et où nous découvrirons que nous ne servions pas Dieu, mais nous-même. Dieu ne bénit pas les bonnes œuvres que nous faisons à l’encontre de sa volonté. Il est dangereux de prendre ce chemin, pour notre âme, et pour celles de ceux qui nous suivrons, croyant écouter Dieu. Voici un petit exemple de ce que font les gens de bonne volonté mais qui ne sont pas dirigés par l’Esprit. Arnaud m’a raconté qu’il y a bien des endroits en Afrique où des ONG creusent des puits au milieu du village. Il disait que parfois les habitants détruisent ces puits parce que selon leurs traditions, le puits doit être à l’extérieur du village afin que les femmes aient un lieu désigné pour se rassembler et parler sans l’interférence des hommes. Si ces volontaires avaient été plus attentifs à la voix de Dieu, n’auraient-ils pas fait un peu plus de recherche au sujet de la culture locale, n’auraient-ils pas entendu Dieu leur dire: « non, pas ici, cela indignera les gens » ou encore « c’est à pure perte, ne le faites pas! »?

Encore une question: suis-je charitable envers ceux autour de moi? Suis-je capable d’aimer chaque mendiant qui vient à la porte? Ai-je assez d’amour pour passer du temps à prier avec un lépreux ou pour aller à l’église une troisième fois dans la journée au lieu de relaxer dans mon salon ou dans un restaurant à air climatisé? Suis-je égoïste au point de ne pas accepter de prendre un inconnu avec moi dans ma voiture sous prétexte qu’il pourrait être dangereux et me voler quelque chose? Suis-je disposé à accepter les coutumes locales pour ce qu’elles sont et me montrer moins rigide dans ce qui n’a rien à voir avec la religion, mais seulement avec des différents cultures? Je pourrais continuer, mais je crois que vous me comprenez.

Prions Dieu qu’il nous donne tous d’être de vrais missionnaires pour lui partout où nous sommes.

 

Mission au Burkina Faso

Geswende Bamogo était déjà un vieillard lorsque les travailleurs du Service Chrétien International arrivèrent dans son village pour y creuser un puits en 1977. Le puits s’avéra être sec, mais Papa Bamogo vit quelque chose dans ces hommes qui devint une source d’eau vive dans sa vie. En leur parlant souvent, il apprit autant que possible au sujet de leur foi.
Deux ans plus tard, les volontaires du SCI quittèrent la Haute-Volta, laissant à Papa Bamogo du matériel pour enseigner les histoires de la Bible. Il fit bon usage de ce matériel, enseignant les histoires de la Bible tout en faisant part de ses propres convictions.
Vingt-et-un ans après les départ des volontaires du SCI, Papa Bamogo et quelques autre fidèles prière que Dieu leur renvoie les membres de l’Église de Dieu en Christ, mennonite, afin qu’ils leur enseignent mieux le chemin du salut. Quelques semaines plus tard, des visiteurs vinrent le voir, se demandant si le l’Église devait retourner dans ce pays (maintenant appelé Burkina Faso) ou non. Il ne put contenir sa joie à l’idée que sa prière serait exaucée, et bientôt il y avait de nouveau des missionnaires de cette Église dans son pays.
Le 8 décembre 2001, Geswende Bamogo fut baptisé à Tandaaga. Il y eut cinq autres baptêmes l’année suivante, et l’année d’après, encore six de plus, dont la femme de notre frère âgé. Ces baptêmes étaient le fruit avant tout de l’œuvre de Dieu dans les cœurs, mais résultaient aussi des efforts du vieillard à partager sa foi, plus tard aidé par des missionnaires Nord-Américains.
Geswende Bamogo avait au moins cent-cinq ans lorsqu’il nous quitta en juillet 2005. L’assemblée de Tandaaga reste petite, mais grandit, tant en foi qu’en nombre. En 2012, Souleymane Bamogo devint le premier Burkinabé à être ordonné ministre de l’Église de Dieu en Christ, mennonite.
Il n’y a plus de missionnaires à Tandaaga, cette assemblée est autonome. Il y a des missionnaires de cette Église à trois autres endroits au Burkina Faso, avec quelques membres locaux à chaque endroit.
Le besoin de missionnaires est plus grand aujourd’hui qu’il ne l’a jamais été. Il en faut tout autant ici en Amérique du Nord qu’en Afrique. Cependant, il y a une limite à ce qu’un missionnaire peut accomplir; ce n’est que lorsque les habitants des régions que nous visons deviennent enracinés et fondés dans la foi, et commencent à vivre selon cette foi, qu’ils l’enseignent et la prêchent, que nous pouvons avoir confiance que la foi a été plantée dans ce lieu et qu’elle endurera.

Traduction libre d’un article de Bob Goodnough, voir lien vers son blogue dans la blogoliste.

Merci chers lecteurs!

Je tiens à remercier les lecteurs de ce site!

Pour ceux d’entre vous qui êtes un peu curieux de géographie, comme moi, je vous laisse voir un peu dans les statistiques de ce site.

Le nombre de pages vues s’élève à 800-1000 pages vues par mois, en moyenne. Soit environ 30 pages vues par jour. Depuis des années, il n’y a pas eu un jour où il n’y avait pas de lecteurs. L’Évangile continue de toucher de plus en plus de vies.

Capture d’écran 2023-12-22 195919

Les lecteurs proviennent à ce jour de presque tous les pays du monde, mais la majorité des lecteurs viennent des pays suivants (dans l’ordre): France, États-Unis, Canada, Côte d’Ivoire, Cameroun, RD Congo, Belgique, Togo, Haïti, Bénin, Union Européenne, Suisse, Gabon, Allemagne, Burkina Faso, Afrique du Sud, Martinique (France) (tous plus de 500 lectures). Ce site a reçu un intérêt prononcé à partir de ces pays.

Je n’ai pas une très grande audience jusqu’à présent, et là n’est pas mon but. Je n’écris pas assez souvent pour qu’il vaille vraiment la peine de s’abonner.

Mon but, comme je l’ai mentionné sur la page d’accueil, est d’informer au sujet de la vie chrétienne aujourd’hui, de démontrer comment la Bible s’applique dans ma vie en m’apportant du bonheur mais aussi de satisfaire la curiosité de ceux qui se posent des question au sujet de l’anabaptisme, et de ce que la Bible enseigne vraiment.

J’ai aussi plusieurs pages maintenant à l’intention des membres de l’Église, pour les informer au sujet des avancées dans le domaine de la traduction de documentation évangélique et doctrinale, et pour échanger au sujet des besoins et des avancées dans les différentes missions.

J’invite aussi tous ceux qui s’y intéresse à commander des traités et des livres chrétiens par mon intermédiaire. Je travaille pour la SEBT, et vos commandes qui nous parviennent à travers mon site sont traités rapidement.

Je répète que mon but est de satisfaire votre curiosité, pour ceux d’entre vous qui cherchez des informations en français au sujet de l’Église à laquelle j’appartiens, et de piquer la curiosité des autres lecteurs accidentels.

Je suis reconnaissant que tant de gens de différentes nationalités s’intéressent à mon blog. Merci à vous, et merci à Dieu qui m’a donné la grâce de faire cette petite œuvre pour lui!

http://fr.wikipedia.org/wiki/Église_de_Dieu_en_Christ,_mennonite

Mon emploi du temps à Siliguri

emploi du temps

 

Voici un bref texte pour vous aider à mieux comprendre ce que je fais ici à Siliguri, ainsi que le rôle que Michael et Mélissa et Bryan jouent. J’exposerai donc notre routine hebdomadaire, comme elle est organisée actuellement. Elle a souvent changé, et elle changera surement lorsque Bryan Dirks et nous quittera au mois d’août et sera remplacé par Ethan Phelps, (18 ans, Floride). C’est déjà le cas lorsque nous partons en voyage à Calcutta ou au Manipour par exemple.
Lundi :
Tous les matins en semaine, Bryan et moi, qui habitons au rez-de-chaussée, nous levons aux alentours de 7h. À une époque, lorsqu’il faisait moins chaud, nous nous levions plus tôt pour courir dans les plantations de thé, mais nous n’en avons plus le cœur maintenant. Nous lisons notre Bible, regardons nos courriels, prenons une douche, à temps pour nous présenter à 8h à l’étage pour les dévotions en famille. Michael Nightingale, Bryan et moi lisons tour à tour des Écritures en apportant quelques pensées. Après la prière, nous parlons de notre plan de jeu pour la journée. Après quoi Bryan et moi redescendons pour faire le déjeuner : crêpes, œufs, pain perdu, rôties enduites de miel… bref, de quoi nous donner de l’énergie pour la journée. L’un de nous s’occupe de laver la vaisselle, alors que l’autre balaie le sol du rez-de-chaussée. Vers 9h ou 9h30 nous sommes prêts à travailler. (N’ayez pas peur, s’il le faut nous pouvons faire tout cela beaucoup plus tôt et plus vite, mais en général il n’y pas le feu.) Nous passons souvent la matinée à répondre à une lettre ou deux, à remplir quelques boîtes de traités, ou à aller visiter un pasteur de la région. L’heure du dîner est aux environs de 12h30.
Après le dîner, Bryan va souvent à la poste, pour envoyer les boîtes de traités remplies, alors que je me prépare à accueillir Samuel Mahakal, mon enseignant particulier de hindi, ainsi que notre traducteur anglais/hindi. Il arrive habituellement juste après 14h. Nous discutons d’abord des difficultés rencontrées lors de la traduction d’un traité ou d’un livre qu’il est en train de traduire pour nous. Cette discussion se déroule généralement en anglais, mais j’apprends des mots de hindi. Parfois il y a même une discussion au sujet des doctrines des Églises avoisinantes ou de L’Église de Dieu en Christ. Puis nous passons à la leçon proprement dite : plus un mot d’anglais à moins d’une nécessité absolue, ou s’il n’y a pas de mot équivalent en hindi. Je lis un texte écrit en Dévanagari dans un livre d’école du primaire. Je marque les nouveaux mots dans un cahier où j’essaierai de jeter un coup d’œil de temps en temps pendant la semaine. Il me pose aussi des questions du genre : « comment dirait-on… Ma belle-mère est décédée avant que ma femme ne soit née » (enfin pas toujours autant d’humour), ou « Il est devenu très difficile d’emprunter cette route à cause des dommages occasionnés par les pluies ». Bien-sûr, quand je traduis de telles phrases, le style n’est pas aussi beau qu’en français, parce que je n’ai qu’un vocabulaire de base. Nous parlons aussi de sujets d’actualité en hindi. Vers 16h, Samuel monte à l’étage donner une leçon de 90 minutes à Michael. Pendant ce temps, je suis habituellement libre de faire ce que je veux : écrire, aller au marché, chez le coiffeur, chez mon tailleur… à moins d’avoir à m’occuper de l’inventaire ou d’aller chez l’imprimeur, chercher des traités nouvellement imprimés.
Souper vers 7h ou 7h30. Moment de détente ;). Les garçons (B et moi) lavent la vaisselle. Puis nous vidons les poubelles : les matières recyclables sont brûlées (horreur!), et les matières compostables jetées dans un terrain vague où les chiens et les cochons se les disputeront. Je vérifie à nouveau mes courriels, j’écris ou je lis, ou encore je parle avec Bryan en jouent un jeu de carrom.
Mardi :
Je m’occupe de la traduction de nos traités dans d’autres langues dont le hindi, le népali, le marathi, le sadri, l’assamais, le santali et le dzongkha. Je suis donc en contact avec les traducteurs de chaque langue. Je leur fais savoir s’il y a un nouveau traité à traduire, je trouve aussi des personnes qui pourront relire le texte des traducteurs pour déceler des fautes. Puis j’apporte la copie terminée chez l’imprimeur. J’ai la responsabilité de rappeler les exigences de la Société Évangélique de Bibles et Traités en matière d’exactitude dans la traduction aux traducteurs, ainsi qu’en matière de qualité d’impression avec l’imprimeur. (en pratique, Michael se charge plutôt de ce dernier point) Je suis aussi en théorie celui qui doit évaluer la nécessité de dévier du contenu de l’original anglais, et permettre aux traducteurs d’adapter légèrement le contenu à leur langue ou à leur culture. Ceci doit se faire avec l’approbation de Michael, et parfois de Lyndon Toews, le secrétaire aux États-Unis. C’est donc ce travail, où boire du thé en compagnie d’un traducteur joue un rôle important, qui remplit souvent la matinée du mardi. Je dois souvent communiquer avec des gens aux États-Unis ou au Canada pour avoir des renseignements.
L’après-midi du mardi est parfois employé à laver la voiture, aller au marché du centre-ville, aller au bureau de poste central, à 40 minutes de chez nous, seul endroit où il y a des casiers postaux. (Nous pouvons envoyer des colis d’un endroit plus proche, c’est pourquoi nous ne cherchons nos lettres qu’une fois par semaine d’habitude.)
Le soir, nous allons dans un orphelinat raconter une histoire aux enfants grâce à un jeu d’images en feutre (flanel graph en anglais). Nous avons trois orphelinats dans lesquels nous participons régulièrement aux dévotions du soir. Ils sont tous situés à moins 15 minutes à pied de chez nous. Outre l’histoire, nous chantons ensemble et nous apportons des images à colorier pour les enfants. C’est toujours l’une des meilleures soirées de la semaine.
Mercredi :
Après les dévotions, B et moi préparons des paquets de traités pour aller remplir des pochettes de traités dans différents endroits : à l’entrée d’hôpitaux catholiques, des écoles catholiques ou baptistes, des églises évangéliques, d’une église anglicane, d’une librairie chrétienne, des commerces appartenant à des chrétiens. Nous essayions de passer toutes les deux semaines à chaque endroit. C’est-à-dire que nous alternons les établissements visités. Ex : semaine A, banlieue ouest de Siliguri (Agam Singh Nagar, Matigara, Shiv Mandir, Bagdogra…), semaine B, centre-ville de Siliguri et banlieue nord (notre secteur, Champasari, Pradhan Nagar). Jusqu’à récemment, cela ne nous occupait pas toute la journée, alors nous passions beaucoup de temps à visiter de églises et à parler à différents contacts pour savoir où exposer nos traités, sans courir de danger auprès des autorités, opposées à l’évangélisation, surtout si elle est pratiquée par des étrangers.
Nous dînons souvent dans un petit restaurant local, à moins d’avoir envie d’une nourriture plus hygiénique, que l’on peut trouver dans les grands restaurants Indiens ou dans les chaînes américaines (Pizza Hut, Subway, KFC, mais pas de MacDonald). Aucun repas restaurant à Siliguri ne peut coûter plus de 10$, somme astronomique pour la majorité des Indiens. (Je connais plusieurs personnes qui ne gagnent pas 20$ par mois, mais alors il y en a aussi des milliers qui gagnent 500 à 2000$ par mois.) D’habitude, un repas moyen dans un petit restaurant coûte 2-3$, mais parfois seulement 1$. Nous revenons aux alentours de 17h. Après avoir rangé ce qui reste de notre matériel (traités, pochettes en plastique, perceuse pour fixer les pochettes à un mur), il est presque l’heure du souper.
Même routine le soir. Parfois nous chantons en famille, ou bien je parle au téléphone avec des amis ou de la famille au Canada.
Jeudi :
La journée commence comme d’habitude. Nous remplissons généralement quelques boîtes de traités que nous allons poster juste avant le dîner. Nous restons en ville pour le dîner. L’après-midi est libre pour nous. Nous faisons un tour au marché pour faire des achats personnels, ou bien nous prenons un taxi collectif pour Kurseong, Mirik ou Kalimpong dans les montagnes (Himalaya) pour faire un peu de tourisme, et respirer un air plus pur et frais.
Vendredi :
Nous commençons par un nettoyage à fond de nos appartements : poussière, moquettes, passer la serpillière, nettoyer la salle de bains. Un peu de tout après cela, selon les besoins : inventaire, remplir des commandes, visiter un ami, acheter du porc, comme c’est le seul jour de la semaine où l’on en trouve ici à Devidanga. L’après-midi se déroule comme celui du lundi avec une leçon de hindi à l’ordre du jour.
Samedi :
Journée polyvalente. Nous sommes parfois allés à un camp d’assistance médicale, où l’on paye un docteur pour venir ausculter gratuitement 100 à 200 personnes. Nous leur offrons d’écouter une partie du récit biblique pendant qu’un pharmacien remplit un sac des médicaments prescrits. Nous leur donnons tous 2 ou trois traités. Les enfants ont droit à une histoire à part et à un traité en couleur pour chacun.
Nous allons parfois jouer avec les enfants d’un des orphelinats voisins, ou encore nous racontons une histoire biblique dans un village en compagnie d’un interprète. Ceci se fait surtout pour les enfants, auxquels nous enseignons des chants en anglais et en hindi.
Dimanche :
Nous restons habituellement chez nous le dimanche, à moins d’être invité à prêcher dans une autre assemblée. Le culte commence vers 10h30 pour se terminer entre 12h et 12h30. Chacun prend son tour pour prêcher, raconter une histoire aux enfants, diriger les cantiques, diriger la discussion lors de l’école du dimanche. Les visiteurs sont rares, parce que nous ne pouvons pas publier que nous nous rassemblons chez nous, et que les gens ont peur que nous ne parlions pas bien leur langue (avec raison).
Après un gros dîner, B et moi faisons la vaisselle, puis nous nous retirons habituellement pour nous reposer ou lire. Nous nous promenons régulièrement dans la plantation de thé avoisinante.
Le soir, un des garçons du voisinage, Loun, vient souvent nous rendre visite. Nous essayions de l’encourager à rester fidèle à son engagement envers Dieu. Il est souvent un peu découragé. Il se cherche un emploi, et songe à choisir l’armée. Sa connaissance de la Bible est l’une des meilleures parmi les jeunes chrétiens du village. Il aime beaucoup chanter et possède une très belle voix et un sens de l’harmonie, même s’il ne sait pas lire des notes. Il est originaire du Manipour, mais n’a pas vécu avec ses parents depuis 12 ans. Il a maintenant 25 ans.
S’il ne vient pas, nous chantons sans lui, puis j’écris, ou bien j’écoute le culte de Roxton Falls (au Québec) par téléphone. Nous ne mangeons qu’une petite collation le dimanche soir.

Voyage au pays des Nagas (partie II)

(SVP lisez la partie I avant de lire cet article)

Rebonjour tout le monde! Voici un rapport de mon voyage dans l’État du Manipour, il y a un mois environ. Je suis navré d’avoir mis si longtemps à le composer, je n’ai eu que très peu de temps récemment pour écrire, à part ma correspondance personnelle. Vous pouvez vous abonner à mes lettres si celle-ci vous plaît. J’écris une lettre à tous les mois environ, mais pas toujours dans le même style. Dans ces quelques pages, je raconterai comment moi, Hugues Andries, et Bryan Dirks, lui aussi missionnaire avec moi en Inde, sommes allés visiter des missionnaires américains au Manipour (Shane et Rachel Koehn et leurs trois enfants, Sherlyn Friesen, tutrice de leurs enfants, et Nelson et Marilyn Dyck), ainsi que des membres de l’Église récemment baptisés (Shangba et Rhina Maram et Kabijohn). N’hésitez pas à critiquer ou à poser des questions! 

Suite du Voyage au pays des Nagas

Vendredi, le 30 mai

Nous posons le drain et remplissons la tranchée creusée deux jours plus tôt. Toujours pas de courant, ce qui nous force à laver nos vêtements à la main. Comme j’ai fort à faire, Sherlyn offre de laver les miens, je n’ai eu qu’à l’aider à les essorer puis à les pendre sur l’une des cordes à linge. Comme le soleil n’illumine pas très bien la clairière, ils ne sécheront pas avant la prochaine pluie. À midi, nous descendons la colline vers l’école de Shangba, où je dois raconter une histoire biblique aux enfants grâce à un jeu d’images en feutre. Après quoi ils chantent quelques chants et nous prions ensemble. Il y a peut-être quarante enfants. Au retour, nous empruntons un autre chemin, qui nous fera découvrir les restes d’une batterie antiaérienne japonaise. En 1944, les forces nippones se mettent en devoir d’assiéger Imphal et Kohima, les deux derniers verrous avant la plaine du Brahmapoutre, qu’ils n’atteindront jamais. Les Japonais craignent les chasseurs de têtes Nagas et n’osent donc pas entièrement occuper la région, mais seulement des points clés, comme dans le cas de Maram, qui se trouve le long de la route entre Imphal et Kohima. Ils installeront une batterie antiaérienne sur la pointe de la colline de Kabinam pour contrôler une vallée importante que longe l’autoroute. L’endroit est idéal pour voir les chasseurs britanniques arriver de loin. On observe plusieurs trous de tirailleurs et quelques tranchées en arrivant près de la pointe. Puis des cratères laissés par les bombes des Rosbifs. On observe des terrassements effectués par les Japonais pour installer leurs canons à l’abri des regards, mais on voit aussi que ce fut en vain. Plusieurs énormes trous dans la colline témoignent de l’attaque implacable des Anglais. Il ne reste plus rien des canons. Les Nagas en ont fondu tout l’acier. On dit que de temps en temps on retrouve encore des vieux fusils ou même des bombes qui n’ont pas explosé. À ce propos, je vous ferai remarquer que toutes les cloches d’églises de la région sont faites de vieux obus. Les Nagas n’ont pas peur de les décortiquer avec un marteau et une cisaille. Quelques-uns y ont laissé leur vie.

manipour 2
Bryan, Kabijohn et moi profitons de la beauté du paysage et de la température idéale, pour parler pendant une heure ou deux de l’Église en Amérique, de la culture locale, de la haine des villageois, et du besoin de renouveau parmi les baptistes de la région, dont la grande majorité n’est pas née de nouveau. Le soir, à la lumière de quelques lampes solaires, nous sommes une quinzaine à nous réunir dans la maison de Nelson pour chanter en anglais et en maram. Il y a un chant maram que j’aime beaucoup; il parle du besoin impérieux de naître de nouveau. C’est une mélodie que je n’ai encore jamais entendue, mais elle est tellement touchante lorsqu’elle est chantée par des Nagas, qui ont des voix magnifiques…

Samedi, le 31 mai.

La journée entière se passera à Maram Khullen, capitale du royaume Maram Naga, qui se trouve à 2200m d’altitude, soit 500m de plus que Kabinam, où Shane et sa famille habitent. On nous montre la hutte du roi, puis d’un vice-roi. Cette dernière sert aussi de refuge réservé aux garçons. Selon la tradition, ils peuvent venir ici trouver du repos, jouer, s’amuser sans restriction, avec la seule condition d’apporter du bois pour le feu. Les filles n’ont pas le droit de visiter les lieux. Belle collection de lances, boucliers et javelots. À l’extérieur, on observe des squelettes d’oiseaux attrapés strictement à la main lors de cérémonies rituelles. L’extérieur de la majorité des habitations est décoré de têtes en bois, symbolisant le nombre de têtes coupées par l’ancêtre de la famille. J’ai compté cinquante-trois têtes sur celle de la famille de Kabijohn. À une époque on exhibait les crânes humains, mais depuis la prohibition de cette pratique dans les années 30, on les a remplacées par des répliques en bois. Aujourd’hui les tribus se battent toujours, mais avec des armes à feu, et en général on ne tue plus un membre d’une tribu voisine sous seul prétexte qu’il est d’une tribu ennemie. Le dernier incident de cette sorte dans la région de Maram remonte aux années 90.
Tout au long de la journée, Kabi nous sert de guide, expliquant mille et une traditions de sa tribu. Nous prenons tous quelques tours à jeter une grosse pierre en essayant de la faire atterrir sur le sommet d’une butte. D’autres épreuves plus loin demandent un peu plus de virilité. Il fallait sauter par-dessus une pierre qui faisait 1,2 mètre de haut sans élan, en écartant les jambes, et atterrir à au moins un mètre de la pierre. On nous montra des piliers de granite semblables à ceux que les Celtes érigèrent. On dit qu’autrefois les hommes de la tribu devaient démontrer leur courage en sautant d’une roche à l’autre. Ces roches font presque trois mètres de haut, mais leur circonférence n’excède pas 50 cm et elles sont espacées de près de 2 mètres chacune. La vue de la vallée me coupe le souffle… Je pense que cette région peut prétendre au titre de « paradis sur terre » ou de « jardin d’Eden » autant que l’île de Bora Bora, le plateau du Cachemire, ou encore le Machu Picchu.
J’ai pris un coup de soleil semblable à celui que j’avais eu à Cusco au Pérou il y a quatre ans. Comme quoi il faut se méfier du soleil quand on est dans les montagnes; pour ceux qui ne le savaient pas. Rouge comme un homard, je ne me suis plus exposé au soleil pendant le reste de notre séjour. Cela m’a empêché d’avoir d’aussi bons souvenirs de mes derniers jours au Manipur que des premiers. Je me suis souvent enduit de lotion et d’aloès, mais rien n’y faisait : mon visage, mes oreilles, ma nuque et mes bras étaient grillés : ma peau a pelé légèrement en plusieurs endroits environ une semaine après l’incident.

Dimanche, le 1er juin

Après un petit déjeuner de bonne heure, nous dévalons la pente vers l’église construite par Shangba. Plusieurs missionnaires venus prêcher dans ce bâtiment ont avoué qu’ils n’avaient jamais encore été dans une église d’où l’on a une si belle vue de la création de Dieu. Pour ma part, je m’y dirige en cherchant à rester hors de vue du soleil; un parapluie m’étant d’une assistance inestimable. Le culte commence juste après 7h30 et dura jusqu’à 9h. Les chants en maram sont une fois de plus les plus captivants. L’assemblée est constituée d’environ 20 adultes, dont plusieurs étudiants, et 20 enfants. Frère Shangba apporte des pensées au sujet de l’amour de Dieu, de comment nul n’a mérité cet amour, mais qu’il l’offre à chacun. Son sermon est en somme un appel à naître de nouveau si tel n’était pas encore le cas, ou à redédier notre vie à Lui, parce qu’il nous a tant aimés.
Après ce culte Kabi, Bryan et moi nous nous séparons du reste de l’assemblée. Tandis qu’ils vont prendre le thé et que Shane raconte une histoire biblique aux enfants de l’orphelinat de Shangba, Kabi gravit la montagne pour raconter une autre histoire aux enfants d’un autre village. Une quarantaine d’enfants se réunissent dans un vieux bâtiment qui ressemble à une grange, mais qui est en réalité la salle communautaire. C’est un village catholique. Kabi raconte l’histoire de Noé en maram, illustrant le récit grâce au jeu d’images en feutre. Puis les enfants chantent et colorient des images. Quand tout est fini, je ramasse les crayons et nous redescendons vers la maison de Shane où nous mangerons un délicieux repas de viande de buffle.
L’après-midi vers 15h nous filons à Maram centre où se trouve le centre de documentation de notre Église. Il abrite un bureau de traités, une bibliothèque où chacun peut emprunter des livres, quelques étagères de livres à vendre, des imprimantes pour photocopier, imprimer ou numériser des documents pour les élèves de Don Bosco. On y trouve aussi des boissons gazeuses, une machine Nescafé et des paquets de biscuits. À l’arrière se trouve un petit local où depuis peu quelques voisins se rassemblent avec la famille de Shane, Kabi, ainsi que John et sa sœur. Bryan y apporta un récit de la Bible analysé d’un point de vue plus adulte que les précédents qui étaient plutôt destinés aux enfants. Après quelques chants et quelques paroles d’encouragement de Shane, nous mettons un terme à la réunion. Nous passons au Centre de documentation, qui est habituellement fermé le dimanche pour faire quelques photocopies de nos passeports que Shane et Rachel devront présenter aux services de renseignement lors de leur interrogatoire mensuel. Le curé de la paroisse se présente sous prétexte de vouloir acheter des minutes pour son portable. Mais plusieurs croient qu’il est venu voir ce qui se passait, attiré par les chants. On dit que les catholiques de la région font tout leur possible pour empêcher leurs fidèles d’aller au Centre de documentation, une élève ayant été menacée d’être boutée hors de son auberge si elle n’arrêtait pas d’y aller,  il semble donc suspect que le curé lui-même enfreigne ce boycottage.
Le soir, nous nous réunissons encore chez Shangba pour chanter et lire des versets. Chacun est invité à apporter un témoignage. Shane m’avait demandé d’avance si je serais prêt à partager le récit de ma nouvelle naissance avec mes nouveaux amis. Je raconterai volontiers cette expérience. Bryan, Kabi et Shangba font de même. C’est une soirée touchante, où j’ai compris combien nous étions devenus proches en l’espace de quelques jours. Les garçons présents étaient captivés. Pour beaucoup, je pense que c’était la dernière fois que je les voyais sur cette terre. Un nouveau venu : Yurthing, de la tribu Tangkhul Naga. Il se lia si bien d’amitié avec nous qu’il se présenta le matin suivant, vers 5h, une heure avant notre départ. Ici à Maram il vit dans un foyer catholique, bien qu’il soit baptiste d’origine. C’est pourquoi il n’a pas pu venir à nos cultes avant aujourd’hui, car maintenant il est libre de faire ce qu’il veut, le semestre vient de se terminer, il va retourner dans son village demain.

Lundi, le 2 juin

Comme je disais donc, Yurthing se présente chez nous le matin de notre départ. John arrive bientôt, suivi de près par Kabijohn. Je passe 45 minutes à parler de mon pays à ces amis qui m’interrogent beaucoup au sujet de l’agriculture, puis de notre Église. J’aurais tant à leur dire! Nous passons quelque temps à manier la nouvelle catapulte de Bryan, qui lui a été offerte en cadeau d’adieu par Kabijohn. Vers 6 heures, toute la famille de Shane ainsi que Sherlyn, Bryan et moi nous entassons dans le Boléro, disant adieu à cette merveilleuse contrée.
Le voyage pour Dimapour, ville située au Nagaland, durera près de quatre heures, avec un bref arrêt à Kohima. À Dimapour, nous faisons le tour de 6 librairies chrétiennes pour y déposer des traités. J’achète aussi du miel du Nagaland, provenant d’une petite abeille sans dard, appelée Trigona sps.
À l’hôtel, je déguste un délicieux curry d’œuf, alors que Bryan ne parvient pas à se détacher de son téléphone… (Je ne savais pas à l’époque qu’il était fiancé, à une fille des Philippines qui plus est, c’est pourquoi je ne pouvais pas comprendre pourquoi il était toujours au téléphone ou en train de rédiger un texto.)
Dans la chambre d’hôtel, nous jouons quelques jeux de cartes avec Shane et Sherlyn, alors que Rachel se repose et que les enfants jouent d’autres jeux. Sherlyn mentionne son bonheur d’avoir eu la visite de quelques jeunes pendant les deux ans de travail missionnaire qu’elle vient de terminer (elle quitte l’Inde le 10 juin). Elle disait s’être sentie très seule parfois, et déconnectée, décalée des jeunes restés en Amérique. Une heure de sommeil.

557px-Manipur_in_India.svg

En rouge, les étapes en train: de Siliguri à Gauhati et de Dimapour à Siliguri au retour. En bleu, le trajet en avion de Gauhati à Imphal. En vert, les trajets en voiture d’Imphal à Maram et de Maram à Dimapour en passant par Kohima. Point jaune: Maram.

Mardi le 3 juin 2014

Vers 0h30, Shane nous conduit (Bryan et moi) à la gare de Dimapour. Comme il n’y a pas de trains au Manipour, nous avons dû venir ici pour nous embarquer pour Siliguri, sur le Rajdhani Express. Ayant dit nos adieux, il ne nous reste qu’à trouver un endroit pour nous asseoir en attendant le train, qui devrait arriver en gare vers 2h. Il y a beaucoup de monde à la gare, même au milieu de la nuit. Plusieurs sont étendus sur le sol, profondément endormis. Un jeune homme Naga cherche ostensiblement à impressionner les jeunes femmes qui passent par là en riant très fort, en les apostrophant au passage, ou en se battant avec d’autres hommes, s’en prenant même à un nain. J’ai bien envie de lui dire deux mots, mais au lieu je me mets à prier pour lui. Pour la première fois, je comprends pourquoi ce pays a un taux de viol élevé, bien que bien moindre que celui des États-Unis, champions du monde incontestés en la matière. (Selon les journaux locaux en tout cas, un tiers des viols déclarés à la police dans le monde sont aux États-Unis, alors que l’Inde se placerait au troisième rang.)

Notre train arrive enfin. Il a dix minutes de retard. Nous nous installons dans nos couchettes. Après vingt minutes, le contrôleur vient vérifier nos billets. Il nous signale que nos billes sont pour 24 heures plus tard… Le problème est que nous avons dû payer pour un billet de Dibrugarh à Siliguri, alors que nous ne nous embarquons qu’à Dimapour. À l’agence de voyages, j’avais donc demandé un billet pour le 3 juin, puisque c’était à cette date que nous quittions Dimapour. Mais ce train-ci s’appelait le train du 2 juin, puisqu’il quittait Dibrugarh le 2. Donc nous sommes sur le mauvais train. On nous menace de nous faire débarquer au prochain arrêt ou de nous faire payer une amende de 14 000 roupies, alors que nos billets n’avaient coûté que 4 000 roupies. Un voyageur qui dort dans le même compartiment prend notre parti et offre de payer un pot-de-vin au contrôleur. Au bout de 30 minutes de discussions, lorsque le contrôleur se rend compte que nous ne sommes pas Indiens (apparemment l’obscurité et mon hindi approximatif l’avaient trompé), mais « Canadiens » (je n’avais pas pris la peine de mentionner la nationalité de Bryan, généralement moins bien accueillie que la mienne), le contrôleur ne demande pas de pot-de-vin, mais seulement qu’à la gare de Gauhati nous payions on billet de deuxième classe pour le trajet Gauhati-Siliguri. J’appelle donc mon agence de voyages pour annuler le billet du lendemain. En fin de compte, nous parvenons à épargner 500 roupies parce que même après de frais d’annulation et un billet de dernière minute entre Gauhati et Siliguri, le voyage revient moins cher, car nous n’avons pas eu à payer pour le trajet de Dimapour à Gauhati. Mais nous avons perdu une heure de sommeil par contre. Enjambant le Brahmapoutre une dernière fois, nous continuons vers Siliguri à travers les rizières, la jungle et les petits villages adhivasis ou bengalis. Arrivée à Siliguri vers 14h.

Tout est bien qui finit bien, merci Seigneur, de nous avoir protégés tout au long du voyage. Nous aurons toujours de très bons souvenirs de cette excursion dans le Nord-Est.
Bon, il faut continuer la vie de tous les jours et ne pas trop rêver ou envier les missionnaires postés là-bas…

Que Dieu vous bénisse tous!

Hugues

« Afin que Christ habite dans vos cœurs par la foi; et que, enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu. » (Épître de Saint Paul aux Éphésiens, chapitre 3, versets dix-sept à dix-neuf)