Confession de foi des vaudois, datée de l’an 1120

CONFESSION DE FOI DES ANCIENS VAUDOIS

DATÉE DE L’AN 1120.
[Notez bien : 50 ans avant la conversion de Pierre Valdo (ou Vaudès)]

1° Nous croyons et tenons fermement tout ce qui est contenu dans les douze articles du Symbole, appelé des Apôtres, tenant comme une hérésie tout ce qui y est en désaccord et ne convient pas avec les (dits) douze articles.

2° Nous croyons en un Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

3° Nous reconnaissons pour saintes Écritures canoniques, les livres de la sainte Bible.

Moïse, autrement la Genèse.
Moïse, dit l’Exode.
Moïse, dit le Lévitique.
Moïse, dit les Nombres.
Moïse, dit le Deutéronome.
Josué, les Juges, Ruth.
1 Samuel. – 2 Samuel.
1 des Rois. – 2 des Rois.
1 des Chroniques. – 2 des Chroniques.
1 Esdras. – Néhémie. – Esther. – Job. Le livre des Psaumes. – Les Proverbes de Salomon.
L’Ecclésiaste autrement dît, le Prédicateur.
Le Cantique de Salomon. Les Prophéties d’Esaïe, de Jérémie. Les Lamentations de Jérémie, Ezéchiel, Daniel, Osée. Joël, Amos, Abdias, Jonas. Michée, Nahum. Habacuc, Sophonie, Aggée. Zacharie, Malachie.

Maintenant suivent les livres apocryphes, qui ne sont pas reçus par les Hébreux. Mais nous les lisons, comme dit saint Jérôme dans son prologue sur les Proverbes, pour l’enseignement du peuple, et non pour confirmer les doctrines de l’Église ; savoir :
Le troisième livre d’Esdras.
Le quatrième livre d’Esdras.
Tobie, Judith, la Sapience. L’Ecclésiastique, Baruc, avec l’Épître de Jérémie.
Esther, depuis le dixième chapitre jusqu’à la fin.
Le cantique (le chant) des trois enfants dans la fournaise. L’histoire de Susanne.
L’histoire du Dragon.
Le premier (livre) des Machabées.
Le second des Machabées.
Le troisième des Machabées.

Maintenant suivent les livres du Nouveau Testament

L’Évangile de saint Matthieu.
L’Évangile de saint Marc.
L’Évangile de saint Luc.
L’Évangile de saint Jean.
Les Actes des Apôtres. Épître de saint Paul aux Romains.
1 Aux Corinthiens.
2 Aux Corinthiens.
Aux Galates.
Aux Ephésiens.
Aux Philippiens.
Aux Colossiens.
La 1 aux Thessaloniciens.
La 2 aux Thessaloniciens.
La 1 à Timothée.
La 2 à Timothée.
À Tite.
À Philémon.
Aux Hébreux.
Épître de saint Jacques.
La 1 Épître de saint Pierre.
La 2 Épître de saint Pierre.
La 1 Épître de saint Jean.
La 2 Épître de saint Jean.
La 3 Épître de saint Jean.
Épître de saint Jude.
L’Apocalypse de saint Jean.

4° Les livres susdits enseignent ceci. Qu’il y a un Dieu tout puissant, tout sage, tout bon, qui par sa bonté a fait toutes choses. Car il a formé Adam à son image et ressemblance ; mais que, par l’envie du diable et par la désobéissance dudit Adam, le péché est entré dans le monde, et que nous sommes pécheurs en Adam et par Adam.

5° Que Christ a été promis aux pères (patriarches) qui ont reçu (accepté) la loi, afin que (à ce que) connaissant par la loi leurs péchés, leur injustice et leur insuffisance, ils désirassent l’avènement de Christ pour satisfaire à leurs péchés et pour accomplir la loi par lui-même.

6° Que Christ est né au temps ordonné de Dieu son Père, c’est à savoir, à l’heure que toute iniquité abondait, et non pas pour (opérer) les bonnes oeuvres seulement. Car, tous étaient pécheurs, mais afin qu’il nous fît grâce et miséricorde comme (celui qui est) véritable.

7° Que Christ est notre vie, et vérité, et paix, et justice, et pasteur (berger), et avocat, et victime, et sacrificateur (prêtre), lequel est mort pour le salut de tous les croyants, et ressuscité pour notre justification.

8° Et semblablement nous tenons fermement qu’il n’y a aucun autre médiateur et avocat auprès de Dieu le Père, sinon Jésus-Christ. Mais que la vierge Marie a été sainte, humble et pleine de grâce, et de même nous croyons de tous les autres saints qu’ils espèrent dans le ciel la résurrection de leurs corps au (jour du) jugement.

9° De même nous croyons qu’après cette vie il y a seulement deux lieux, un pour les sauvés lequel nous appelons du nom de paradis, et l’autre pour les damnés lequel nous appelons enfer, niant tout-à-fait ce purgatoire, rêve de l’Antichrist et imaginé contre la vérité.

10° De même, nous avons toujours cru que c’est une abomination qu’on ne doit pas proférer devant Dieu que toutes les choses trouvées (inventées) par les hommes, comme sont les fêtes et les vigiles des saints, et l’eau qu’on appelle bénite, (comme) de s’abstenir certains jours de viande, d’autres aliments (mangers), et choses semblables, principalement les messes.

11° Nous avons en abomination les inventions (trouvailles) humaines, comme antichrétiennes par lesquelles nous sommes troublés et qui portent préjudice à la liberté d’esprit.

12° Nous croyons que les sacrements sont des signes ou des formes visibles de grâce invisible, pensant (tenant) qu’il est bon que les fidèles en usent quelquefois (de ces dits signes, ou formes visibles), si cela peut se faire. Et cependant nous croyons, et nous tenons que lesdits fidèles peuvent être sauvés, en ne recevant pas lesdits signes, quand ils n’ont ni le lieu, ni le moyen (la manière) de pouvoir en user (desdits signes).

13° Nous n’avons connu d’autres sacrements que le baptême et l’eucharistie.

14° Nous devons honneur au pouvoir séculier, en soumission, en obéissance, en zèle (promptitude), et en paiement.

Voir les sites suivants :

https://temoinanabaptiste.com/2017/01/22/confession-de-foi-des-vaudois-de-lan-1120/

https://www.info-bible.org/livres/Histoire.Eglise.Vaudoise.2/16.htm

Cliquer pour accéder à waldensian_confession_1120.pdf

Une autre confession vaudoise datant de 1541 se trouve ici : https://www.jstor.org/stable/24282260

Cependant, il faut garder à l’esprit que la foi de ces vaudois commençait peut-être déjà à dériver, étant donné que peu de temps après on les voit prendre les armes pour se défendre et ensuite se fondre avec les protestants, alors que leurs origines étaient très différentes.

Le Miroir des martyrs

L’anabaptiste « Frédéric Willemsz [Dirk Willems] pris après avoir sauvé la vie de l’un de ses poursuivants et ensuite brûlé hors d’Asperen, 1569 », planche 82 du Miroir des martyrs.

Le Miroir des martyrs (en néerlandais De Martelaersspiegel) est un ouvrage très important pour tout chrétien qui croit que Dieu a préservé son Église à travers les âges, comme promis dans les Saintes Écritures (Matt 16.28; 1 Thess 5.23-24; Matt 28.20; Jean 10.28-29; Phil 1.6; etc.). Publié pour la première fois en 1660 en néerlandais par le ministre anabaptiste Thieleman Janszoon van Braght (1625-1664). Son titre original complet est : « Het bloedigh toneel, of Martelaers-Spiegel der Doops-Gesinde of Weerloose Christenen, die om ‘t getuygenis van Jesus haren (hun) Salighmaker geleden hebben ende gedood zijn van Christi tijd af tot desen tijd toe ». (Théâtre sanglant ou miroir des martyrs chrétiens [ana]baptistes appelés sans défense, qui ont souffert et ont été tués pour le témoignage de Jésus leur Sauveur depuis l’époque de Christ jusqu’à aujourd’hui.)

Voici un lieu pour lire plusieurs articles du Miroir des martyrs sur ce site: https://missionnaireanabaptiste.org/repertoire-des-extraits-du-miroir-des-martyrs/

Thieleman Janszoon van Braght était le fils d’un drapier. Il exerça un temps la même profession que son père, tout en étudiant la Bible et diverses langues (hébreu, grec, latin, français et allemand). En 1648, il fut établi prédicateur dans sa ville natale et exerça cette fonction pendant 16 ans, jusqu’à sa mort. Très vite, il se fit connaître à travers des prédications de rues dans lesquelles il exposait ses vues anabaptistes. Possédant une grande connaissance des Écritures et de l’histoire du christianisme, il participa à ces débats théologiques publics avec des pasteurs protestants, en particulier au sujet du pédobaptême que les anabaptistes réfutent.

En 1660, après des années de recherches et de travail, il publia une première édition de ce qui deviendra son plus célèbre ouvrage, le Miroir des martyrs. Une somme retraçant l’histoire des martyrs chrétiens du Ier au XVIIe siècle. En 1685, le Miroir des martyrs a été illustré de 104 eaux-fortes de Jan Luyken. Il y a des rumeurs qu’il y aurait eu une traduction en français au tout début du XVIIIe siècle, mais il n’en reste pas de traces tangibles, et seulement des parties de cet ouvrage sont aujourd’hui disponibles en français. Il a été traduit en allemand vers 1745 par la communauté dite d’« Ephrata Cloister », située en Pennsylvanie : avec ses 1512 pages, cette édition est le plus gros livre imprimé en Amérique avant la Révolution américaine. Il fut traduit en anglais en 1837. SVP priez pour qu’il soit bientôt disponible en français!

Cet ouvrage rassemble des témoignages et des récits concernant les apôtres, les premiers chrétiens, vaudois et anabaptistes (parfois appelés baptistes) qui sont morts en martyrs. Il est considéré comme un texte majeur pour beaucoup de familles mennonites, et serait le second livre le plus fréquemment possédé parmi eux, après la Bible, bien-sûr.

On y découvre aussi le récit de nombreuses persécutions qui prirent place continuellement entre le Ie siècle et le milieu du XVIIe siècle, les témoignages des 3 derniers siècles étant souvent rédigés par des témoins proches des faits ; des documents historiques inestimables y figurent in extenso. Par exemple, la correspondance entre la ville de Berne qui persécutait ses anabaptistes et les autorités hollandaises qui le lui reprochaient ; les édits organisant la répression ou l’expulsion ; des minutes de procès ; des événements survenus dans tel ou tel village ; ou encore des listes nominatives de victimes…

Voici ce que l’auteur du livre dit dans sa préface :

La succession ecclésiastique peut être considérée de deux manières : premièrement, en ce qui concerne la succession des personnes ; deuxièmement, en ce qui concerne la succession de la doctrine.

La seconde est le signe et la preuve de la première, de sorte que la première ne peut subsister sans la seconde. Là où l’on trouve la seconde, il n’est pas nécessaire de rechercher la première avec autant d’attention. Mais là où les deux se trouvent dans la vérité et la sincérité, il ne faut pas douter qu’il y ait aussi la vraie et authentique Église de Dieu, dans laquelle Dieu demeurera et marchera, qui a la promesse d’une vie éternelle et bienheureuse, et au sujet de laquelle les saintes Écritures se glorifient et enseignent tant.

Ici, s’appliquent les paroles de Tertullien. Il dit : « L’Église chrétienne est appelée apostolique non seulement en raison de la succession des personnes, mais en raison de la filiation de la doctrine, puisqu’elle détient la doctrine des apôtres. » Tertullien, De praescriptione haereticorum, etc.

Cette doctrine, tous ceux qui se vantent de la vraie succession doivent la prouver à partir des vrais écrits apostoliques, comme c’est par ce moyen que l’Église a été instituée à l’origine, établie par la suite et maintenue à travers tous les temps (nous parlons de l’Église chrétienne et évangélique). Par conséquent, cette doctrine doit nécessairement, également dans ces derniers temps, être la marque de la vraie succession.

Si l’on ajoute à cela la succession commune des docteurs, nous avons tout ce qui est nécessaire à la démonstration de la vraie Église. Cela est si solide qu’on ne peut raisonnablement le contester, encore moins le réfuter.

La question est maintenant de savoir dans quelle Église la vraie doctrine apostolique a été maintenue depuis le commencement, et est toujours maintenue, ce qui est un privilège dont beaucoup se vantent. Nous leur laissons le soin de répondre à cette question et nous nous contentons du témoignage de notre conscience, comparé au saint Évangile de Christ et à la foi de la sainte Église, dont il est fait mention, tout au long des anciennes histoires ecclésiastiques..

Thieleman van Braght, introduction au Miroir des martyrs, 1659

Il apparaît donc clairement que le Miroir des martyrs est un ouvrage précieux pour comprendre comment il y a toujours eu une Église de vrais chrétiens, éparpillés dans diverses régions du monde, qui n’ont pas cédé à la sécularisation de la majorité de l’Église qui est finalement devenue l’Église catholique romaine, mais qui ont toujours persévéré dans une foi simple et non-résistante, par la force du Saint-Esprit de Dieu, par le moyen de la nouvelle naissance.

Si nous croyons cela, il devient plus clair comment Dieu a protégé son peuple et son Église à travers les temps, et cette foi, pour laquelle tant de frères et de sœurs ont donné leur corps mortel en sacrifice, devient d’autant plus précieuse.

Puissiez-vous également être inspirés par les récits de ce livre.

Voici des informations pour vous procurer des livres contenant une partie de cette histoire.

Dans le ventre de la baleine et autres histoires de martyrs chrétiens (In the Whale’s belly) James Lowry

Les Éditeurs Lampe et Lumière (pas de site web ni d’adresse courriel disponible)
26 Road 5577
Farmington, NM 87401-1436, É.-U.
Tél. : 505-632-3521 Téléc. : 505-632-1246

ou

Extraits du Miroir des Martyrs: Histoires d’anabaptistes ayant donné leur vie pour leur foi (récits paraphrasés ou résumés datant cependant surtout du 16e siècle).

Version anglais complète disponible en ligne : https://www.homecomers.org/mirror/contents.htm

ou