Le martyre de Pothin

Tiré du Miroir des martyrs

UN VIEILLARD DE QUATRE-VINGT-DIX ANS APPELÉ POTHIN, MISÉRABLEMENT MALTRAITÉ À CAUSE DU TÉMOIGNAGE DE JÉSUS-CHRIST, DEVANT LE TRIBUNAL, À LYON, EN FRANCE. IL MOURUT ENSUITE EN PRISON, VERS L’AN 179

Dans l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, ainsi que chez plusieurs autres auteurs anciens, il est fait mention d’un certain vieillard de plus de quatre-vingt-dix ans, appelé Pothin, docteur de l’Église de Lyon, en France. Il est écrit qu’en raison de son âge avancé il ne pouvait pas marcher, mais, ayant un désir si ardent de mourir à cause du nom de Christ, il se fit, comme le rapporte A. Mellinus, porter devant le tribunal pour être condamné à mort avec les autres martyrs. Lorsque les soldats l’amenèrent au tribunal, le magistrat de la ville de Lyon se mit à crier qu’il était chrétien, avec beaucoup de calomnies et un langage abusif, et toute la multitude du peuple le suivit. Eusèbe dit que, tandis que ce vieil homme se tenait devant le juge du tribunal, les gens ordinaires se mirent à crier : « Ceci est Christ Lui-même ». Lorsque le juge lui demanda alors qui était le Dieu des chrétiens, il répondit avec une candeur remarquable : « Si tu en es digne, tu le sauras ». Cela déplut tellement au juge, qu’il commanda qu’on frappât ce pieux témoin de Jésus au visage, à coups de poing. Sur ce, on le poussa impitoyablement, on le frappa, le tira et le cogna. Les badauds lui jetèrent tout ce qui leur tombait sous la main, sans égard à la faiblesse de son âge. Pire, ils considéraient que ceux qui n’avaient pas fait preuve d’assez de diligence en agressant et en maltraitant de toutes les manières ce vieil homme étaient ses complices. Pothin, ayant été ainsi maltraité, roué de coups au point que la vie semblait presque éteinte, fut ramené du tribunal au cachot. Là, après deux jours de grande souffrance, ayant remis son âme entre les mains de Dieu, il mourut et atteignit ainsi une fin bienheureuse.

Sources: Eusèbe de Césarée, Hist. Eccl., liv. V, chap. 2, p. 83, col. 1–2 ; J. Gysius, Hist. Mart., p. 17, col. 1 (sous « Photinus ») ; A. Mellinus, liv. I, p. 46, col. 2 ; Introduction au Miroir des martyrs des chrétiens sans défense, p. 38, col. 1 (appelé « Photimus »).

Le martyre de Blandine

J’aimerais m’attaquer à un autre sujet : les martyrs pour la foi. Je compte donc partager quelques récits de martyrs, tirés, le plus souvent, du Miroir des martyrs.

Voici le premier : Blandine, connue en France, et particulièrement à Lyon, sous le nom de sainte Blandine.

MATUR, SANCTE, BLANDINE ET UN JEUNE DU PONT,
TRÈS MISÉRABLEMENT TOURMENTÉS, DANS LA VALLÉE DU RHÔNE,
VERS L’AN 172

Il est manifeste d’après les auteurs anciens, qu’au temps où Attale fut immolé et autour de cette époque, divers autres martyrs furent également mis à mort pour l’amour de Jésus-Christ, presque de la même manière, ou, du moins, avec des tourments tout aussi grands. Certains de ces martyrs ne sont pas nommés, tandis qu’on en mentionne d’autres, en l’occurrence, Matur, Sancte, Blandine et un jeune de quinze ans, originaire du Pont[1]. Concernant les circonstances de leurs souffrances et de leur mort, nous constatons qu’en substance, cela se produisit comme suit :

Premièrement, on tourmenta très cruellement trois des personnes mentionnées ci-dessus, c’est-à-dire Matur, Sancte et Blandine, en particulier Blandine, pour laquelle les autres craignaient beaucoup qu’elle ne pût supporter la douleur et ne fût en danger de renier Christ. Mais elle fut si ferme dans toutes ses souffrances que les mains des bourreaux se fatiguèrent avant que son cœur ne défaillît. Ce qu’Eusèbe de Césarée a écrit à son sujet est un sujet de grand étonnement, à savoir que les bourreaux commencèrent tôt le matin et continuèrent à la tourmenter toute la journée jusqu’au soir, de sorte qu’ils furent très étonnés : comment était-il possible que la vie ne fût pas encore éteinte en elle ? Cependant, Eusèbe explique cela en disant que chaque fois qu’elle répétait sa confession en criant « Je suis chrétienne », son cœur se fortifiait, de sorte qu’elle était à nouveau capable d’endurer la douleur.

Sancte, qui était diacre, ou l’un de ceux qui servaient les pauvres, fut tourmenté avec des plaques de cuivre chauffées à blanc, appliquées sur son ventre. On l’interrogea, entre-temps, sur son nom, sa filiation et son pays natal. Il ne nomma ni l’un ni l’autre, mais dit simplement : « Je suis chrétien, c’est mon nom, ma filiation et mon pays ; en effet, je ne suis en somme rien d’autre qu’un chrétien. » Cela enflamma les tyrans d’une rage indescriptible contre lui, et ils continuèrent à le tourmenter sur tout son corps, à tel point qu’il semblait n’être qu’une grande blessure. Mais il resta sans peur et imperturbable, car la chaleur du feu était tempérée par les consolations célestes de Jésus-Christ, qu’il éprouvait dans son âme.

Matur fut traité presque de la même manière et resta tout aussi ferme.

Après avoir été terriblement tourmentées, les trois personnes citées plus haut furent de nouveau jetées en prison. Puis on les retira de nouveau de la prison et on les tourmenta une fois de plus ; d’abord Blandine, puis Matur et Sancte. Selon Eusèbe, le mode de torture fut une flagellation intense, mais Abraham Mellinus déclare : « Ils furent flagellés une deuxième ou une troisième fois avec toutes sortes de fouets, ainsi que battus avec des bâtons, des gourdins et des piques barbelées à trois pointes. On les pinça, les coupa, les lacéra et les déchira avec toutes sortes de crochets, de couteaux tranchants, de griffes, de tenailles et de peignes en fer. » Finalement, lorsque plusieurs milliers de personnes se furent rassemblées au sein de l’amphithéâtre, on plaça Matur et Sancte, de la même manière qu’Attale, sur des chaises de fer, sous lesquelles on alluma un grand feu, de sorte que leur chair, lacérée par de nombreuses meurtrissures, fut aussitôt consumée par le feu. Cependant, lorsque les ennemis de la vérité virent que leur esprit était inébranlable, ils les décapitèrent tous deux.

De Blandine, on précise qu’elle fut étendue en croix et attachée à un pieu, pour être jetée comme nourriture devant les fauves. Cependant, on l’emmena de nouveau en prison. Mais ensuite, le dernier jour des jeux, on la présenta de nouveau à la foule avec un jeune du Pont (dont nous avons parlé plus haut), et qui, par commandement du juge, avait été témoin des souffrances et de la mort des précédents martyrs, afin de semer la terreur dans son cœur. Étant placés au milieu du lieu d’exécution, devant le juge, il leur fut commandé de jurer par les dieux, ce qu’ils refusèrent de faire, réprouvant en même temps l’idolâtrie des païens. Les païens en furent très révoltés et les tourmentèrent de nouveau grandement, à tel point que le jeune homme, incapable de le supporter, rendit l’âme. Blandine se réjouit si grandement (de la fermeté du jeune défunt, qu’elle avait adopté comme son fils, ainsi que de la mort de ses fidèles amis qui avaient combattu avant elle) qu’elle tressaillit de joie lorsqu’elle fut battue par les tyrans. Concernant sa mort, on raconte qu’elle fut rôtie sur un gril, puis qu’on l’enroula dans un filet et qu’on la jeta devant des taureaux, qui la projetèrent souvent très haut avec leurs cornes, puis la laissaient encore retomber. Cependant, comme elle n’était pas encore morte, le juge commanda de l’égorger, ce qui fut fait. Néanmoins, certaines sources disent qu’elle fut transpercée par une épée. C’est ainsi que cette pieuse martyre et les trois autres martyrs de Jésus finirent leurs vies et attendent maintenant la récompense bénie que le Seigneur donnera au grand jour de rétribution à tous ceux qui auront souffert et combattu jusqu’à la mort pour l’amour de Son nom. Eusèbe de Césarée, Hist. Eccl., liv. V, chap. 1–3 (Dordrecht, 1588), p. 81–86 ; A. Mellinus, liv. I, p. 43, col. 2–4 (Blandine et Pontique) ; p. 44, col. 1–2 (Sancte et Matur) ; Introduction au Miroir des martyrs des chrétiens sans défense (1631), p. 38, col. 1–2 ; J. Gysius, Hist. Mart. (1657), p. 17, col. 3–4.

Notes

[1] Connu sous le nom de Pontique, ou Ponticus, en français – NDLT

Le Miroir des martyrs : Le témoignage d’une foi qui ne pouvait être supprimée

Confession de foi des vaudois, datée de l’an 1120

CONFESSION DE FOI DES ANCIENS VAUDOIS

(p.79-87 de l’Histoire des vaudois de Jean-Paul Perrin, p. 284-285 du Miroir des martyrs anglais. Ce texte est adapté du texte de Perrin, lui-même une traduction de l’occitan.)

DATÉE DE L’AN 1120.
[Notez bien : 50 ans avant la conversion de Pierre Valdo (ou Vaudès)]

Comme les vaudois étaient très anciens et répandus dans de très nombreuses parties du monde, il arriva qu’ils furent contraints, de temps à autre, à la demande de ceux parmi et avec lesquels ils vivaient, de rendre compte de leur foi ; c’est pourquoi les diverses confessions des vaudois furent rédigées et subsistent encore.

Notre intention n’est toutefois pas de les rapporter toutes, mais simplement d’en présenter une ou deux, qui sont célèbres depuis les temps anciens et comptées parmi les meilleures.

Jean-Paul Perrin le Lyonnais, dans son Histoire des vaudois (Ire partie, liv. I, p. 79-87 de l’original ; traduite du français en néerlandais par J. M. V., p. 43) fait mention d’une certaine confession des vaudois, dans laquelle ils parlent de divers articles de foi, en particulier des Saintes Écritures. En voici une copie fidèle :

Article I. Nous croyons et tenons fermement tout ce qui est contenu dans les douze articles du Symbole, appelé Symbole des apôtres ; et tenons pour hérésie tout ce qui s’en écarte et ne s’accorde pas avec lesdits douze articles.

Article II. Nous croyons qu’il y a un seul Dieu, Père, Fils, et Saint-Esprit.

Article III. Nous reconnaissons et tenons pour Saintes Écritures canoniques les livres de la Sainte Bible, à savoir ceux-ci : Les cinq livres de Moïse, appelés la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome ; Josué, les Juges, Ruth, 1 Samuel, 2 Samuel1, 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques, 1 Esdras, Néhémie, Esther, Job ; le livre des Psaumes, les Proverbes de Salomon, l’Ecclésiaste, le Cantique de Salomon ; la prophétie d’Ésaïe, Jérémie, les Lamentations de Jérémie, Ézéchiel, Daniel ; Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie.

Viennent ensuite les livres des Apocryphes, qui n’ont pas été reçus par les Hébreux ; c’est pourquoi nous les lisons, comme le dit Jérôme de Stridon dans la préface des Proverbes, pour l’instruction du peuple, mais non pour confirmer l’autorité des doctrines de l’Église. Ils sont : 3 Esdras, 4 Esdras, Tobie, Judith, Sagesse ; l’Ecclésiastique, ou Siracide ; Baruch, avec la lettre de Jérémie ; les additions au livre d’Esther, du dixième chapitre jusqu’à la fin ; le Cantique des trois enfants dans la fournaise ardente ; l’histoire de Suzanne ; l’histoire du Dragon ; 1 Maccabées, 2 Maccabées et 3 Maccabées.

S’ensuivent les livres du Nouveau Testament : les Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean ; les Actes des Apôtres ; les épîtres de Paul : Romains, 1 Corinthiens, 2 Corinthiens, Galates, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, 1 Thessaloniciens, 2 Thessaloniciens, 1 Timothée, 2 Timothée, Tite, Philémon, Hébreux ; l’épître de Jacques ; 1 Pierre, 2 Pierre ; 1 Jean, 2 Jean, 3 Jean ; l’épître de Jude ; l’Apocalypse de Jean.

Article IV. Les livres mentionnés ci-dessus enseignent ceci : qu’il y a un seul Dieu, tout-puissant, parfaitement sage et parfaitement bon, qui a créé toutes choses par Sa bonté ; qu’Il a formé Adam à Son image et à Sa ressemblance ; mais que, par l’envie du diable et la désobéissance d’Adam, le péché est entré dans le monde, et que nous sommes pécheurs en Adam et par Adam.

Article V. Que Christ a été promis aux pères, lesquels ont reçu la loi, afin que, connaissant par elle leur péché, leur injustice et leur insuffisance, ils désirent la venue de Christ ; afin qu’Il fasse satisfaction pour leurs péchés et accomplisse Lui-même la loi.

Article VI. Que Christ est né au temps fixé par Son Père ; c’est-à-dire au temps où toute iniquité abondait ; et cela non à cause des bonnes œuvres, car tous étaient pécheurs, mais afin qu’il nous fît grâce et miséricorde, comme Celui qui est véritable.

Article VII. Que Christ est notre vie, vérité, paix, justice, berger, avocat, sacrifice et sacrificateur ; qu’Il est mort pour le salut de tous ceux qui croient, et qu’Il est ressuscité pour notre justification.

Article VIII. Et, de même, nous tenons fermement qu’il n’y a pas d’autre médiateur et avocat auprès de Dieu le Père que Jésus-Christ. Mais en ce qui concerne la vierge Marie, nous tenons qu’elle a été sainte, humble et pleine de grâce ; de même, nous croyons au sujet de tous les autres saints qu’ils attendent au ciel la résurrection de leurs corps au jour du jugement.

Article IX. Nous croyons qu’après cette vie, il n’y a que deux lieux : l’un pour les sauvés, l’autre pour les damnés, que nous appelons Paradis et Enfer ; et nous nions totalement le purgatoire, imaginé par l’Antéchrist et forgé contre la vérité.

Article X. Nous avons également toujours cru que toutes les inventions humaines, les jours de fête, les vigiles des saints, l’eau que l’on dit bénite, l’abstinence de viande à certains jours, et choses semblables, mais surtout les messes, sont une abomination indicible devant Dieu.

Article XI. Nous avons en abomination toutes les inventions humaines, comme provenant de l’Antéchrist, lesquelles apportent du trouble et nuisent à la liberté de l’esprit.

Article XII. Nous croyons que les sacrements sont des signes de la chose sainte, ou des formes visibles de la grâce invisible ; et nous estimons qu’il est bon que les croyants fassent de temps en temps usage de ces signes ou formes visibles, lorsqu’il leur est possible de le faire ; néanmoins, nous croyons et soutenons également que lesdits croyants peuvent être sauvés sans recevoir ces signes, lorsqu’ils n’ont ni le lieu ni le moyen de les recevoir ou d’en user.

Article XIII. Nous n’avons jamais reconnu d’autre sacrement que le baptême et l’eucharistie.

Article XIV. Nous devons honorer les puissances séculières par la soumission, l’obéissance, l’empressement et le paiement de ce qui leur est dû.

Les quatorze articles ci-dessus sont extraits d’un livre intitulé L’Almanach spirituel, ainsi que des Mémoires de Georges Morel. Voir aussi J.-P. Perrin, Histoire des vaudois, Iʳᵉ partie, liv. I, chap. 12, p. 79–87.

Voir les sites suivants :

https://temoinanabaptiste.com/2017/01/22/confession-de-foi-des-vaudois-de-lan-1120/

https://www.info-bible.org/livres/Histoire.Eglise.Vaudoise.2/16.htm

Cliquer pour accéder à waldensian_confession_1120.pdf

Une autre confession vaudoise datant de 1541 se trouve ici : https://www.jstor.org/stable/24282260

Cependant, il faut garder à l’esprit que la foi de ces vaudois commençait peut-être déjà à dériver, étant donné que peu de temps après on les voit prendre les armes pour se défendre et ensuite se fondre avec les protestants, alors que leurs origines étaient très différentes.

  1. Cette confession très ancienne est traditionnellement rattachée à l’an 1120. Toutefois, la forme sous laquelle elle est transmise ici semble avoir été remaniée ou mise en ordre à une époque plus tardive. La division des livres de Samuel et des Rois selon l’usage moderne, ainsi que la place des Actes immédiatement après les Évangiles, correspondent davantage aux usages bibliques réformés des XVIᵉ-XVIIᵉ siècles qu’à ceux des manuscrits vaudois médiévaux, dont l’ordre des livres varie et ne suit pas toujours cette disposition. Cette mise en forme pourrait venir de Perrin lui-même ou de l’une de ses sources, notamment les matériaux attribués à Georges Morel, dans lesquels on relève quelques différences. Il faut donc distinguer entre le fond doctrinal vaudois ancien du texte et sa présentation actuelle, probablement retouchée à l’époque de la Réforme ou après celle-ci. — NDLT ↩︎

Le Miroir des martyrs

L’anabaptiste « Frédéric Willemsz [Dirk Willems] pris après avoir sauvé la vie de l’un de ses poursuivants et ensuite brûlé hors d’Asperen, 1569 », planche 82 du Miroir des martyrs.

Le Miroir des martyrs (en néerlandais De Martelaersspiegel) est un ouvrage très important pour tout chrétien qui croit que Dieu a préservé son Église à travers les âges, comme promis dans les Saintes Écritures (Matt 16.28; 1 Thess 5.23-24; Matt 28.20; Jean 10.28-29; Phil 1.6; etc.) Il rassemble les récits de chrétiens qui ont souffert ou sont morts pour le témoignage de Jésus-Christ, depuis l’époque de Christ jusqu’au XVIIe siècle. Il présente aussi leurs convictions, plusieurs confessions de foi et de nombreux documents historiques.

L’édition originale néerlandaise fut publiée à Dordrecht en 1660 par Thieleman Janszoon van Braght, sous le titre Het Bloedigh Tooneel der Doops-gesinden en Weereloose Christenen, c’est-à-dire Le Théâtre sanglant des anabaptistes ou chrétiens sans défense. Les ajouts de la seconde édition néerlandaise de 1685 prolongent le récit jusqu’en 1672. Cette édition contient également les célèbres eaux-fortes de Jan Luyken.

Voici un lien pour lire plusieurs articles du Miroir des martyrs sur ce site: https://missionnaireanabaptiste.org/repertoire-des-extraits-du-miroir-des-martyrs/

Thieleman Janszoon van Braght naquit à Dordrecht le 29 janvier 1625, dans une famille de marchands drapiers. Il exerça le métier de son père et apprit le latin, le grec, l’hébreu, le français et l’allemand. Baptisé en 1644, il fut choisi quatre ans plus tard comme prédicateur par l’assemblée flamande de Dordrecht, dont il devint l’ancien. Il exerça cette charge pendant seize ans, sans rétribution, jusqu’à sa mort le 7 octobre 1664.

Van Braght ne composa pas son ouvrage à partir d’une seule source. Il reprit et développa une tradition de martyrologes anabaptistes plus anciens, notamment l’Historie der Martelaren de 1615 et le Martelaers Spiegel der Werelose Christenen de 1631. Il consulta aussi de nombreuses chroniques, des récits de procès, des lettres, des édits et des auteurs catholiques ou protestants. Son livre conserve ainsi des documents qui permettent d’entendre la voix des martyrs et de comprendre les accusations portées contre eux.

Le livre suit une organisation historique et doctrinale. Le premier livre traite des quinze premiers siècles, d’abord sous l’angle du baptême et de la doctrine, puis dans le récit des persécutions. Le second livre poursuit cette démarche pour le XVIe siècle et présente ensuite les martyrs anabaptistes, leurs interrogatoires, leurs lettres et leurs confessions. Les ajouts de 1685 portent le récit jusqu’aux persécutions suisses de 1671 et 1672.

Une traduction allemande parut en Pennsylvanie en 1748. Avec environ 1 512 pages, elle demeura jusqu’à la guerre d’Indépendance le plus gros livre imprimé en Amérique du Nord. Une première traduction anglaise, faite d’après l’allemand, parut en 1837. La traduction anglaise de Joseph F. Sohm, établie d’après l’édition néerlandaise de 1660, fut publiée en 1886. Une traduction française intégrale est maintenant en cours.

Voici ce que l’auteur du livre dit dans sa préface :

LA SUCCESSION DE L’ÉGLISE DE DIEU

Van Braght explique dans son introduction que la continuité de l’Église ne repose pas seulement sur une suite de personnes ou de charges. Elle se reconnaît d’abord à la fidélité à la doctrine apostolique. Il écrit :

La succession ecclésiastique peut être considérée de deux manières : premièrement, en ce qui concerne la succession des personnes ; deuxièmement, en ce qui concerne la succession de la doctrine.

La seconde est le signe et la preuve de la première, de sorte que la première ne peut subsister sans la seconde. Là où l’on trouve la seconde, il n’est pas nécessaire de rechercher la première avec autant d’attention. Mais là où les deux se trouvent dans la vérité et la sincérité, il ne faut pas douter qu’il y ait aussi la vraie et authentique Église de Dieu, dans laquelle Dieu demeurera et marchera, qui a la promesse d’une vie éternelle et bienheureuse, et au sujet de laquelle les saintes Écritures se glorifient et enseignent tant.

Ici, s’appliquent les paroles de Tertullien. Il dit : « L’Église chrétienne est appelée apostolique non seulement en raison de la succession des personnes, mais en raison de la filiation de la doctrine, puisqu’elle détient la doctrine des apôtres. » Tertullien, De praescriptione haereticorum, etc.

Cette doctrine, tous ceux qui se vantent de la vraie succession doivent la prouver à partir des vrais écrits apostoliques, puisque c’est par ce moyen que l’Église a été instituée à l’origine, établie par la suite et maintenue à travers tous les temps. Par conséquent, cette doctrine doit nécessairement, également dans ces derniers temps, être la marque de la vraie succession.

Si l’on ajoute à cela la succession commune des docteurs, nous avons tout ce qui est nécessaire à la démonstration de la vraie Église. Cela est si solide qu’on ne peut raisonnablement le contester, encore moins le réfuter.

La question est maintenant de savoir dans quelle Église la vraie doctrine apostolique a été maintenue depuis le commencement, et est toujours maintenue, ce qui est un privilège dont beaucoup se vantent. Nous leur laissons le soin de répondre à cette question et nous nous contentons du témoignage de notre conscience, comparé au saint Évangile de Christ et à la foi de la sainte Église, dont il est fait mention, tout au long des anciennes histoires ecclésiastiques..

Thieleman van Braght, introduction au Miroir des martyrs, 1659

Il apparaît donc clairement que le Miroir des martyrs est un ouvrage précieux pour comprendre comment il y a toujours eu une Église de vrais chrétiens, éparpillés dans diverses régions du monde, qui n’ont pas cédé à la sécularisation de la majorité de l’Église qui est finalement devenue l’Église catholique romaine, mais qui ont toujours persévéré dans une foi simple et non-résistante, par la force du Saint-Esprit de Dieu, par le moyen de la nouvelle naissance.

Si nous croyons cela, il devient plus clair comment Dieu a protégé son peuple et son Église à travers les temps, et cette foi, pour laquelle tant de frères et de sœurs ont donné leur corps mortel en sacrifice, devient d’autant plus précieuse.

Le Miroir des martyrs invite donc le lecteur à examiner la foi, la conduite et la persévérance de ceux qui ont cherché à suivre Jésus-Christ. Le livre ne présente pas seulement une suite de morts tragiques. Il veut encourager les croyants à demeurer fidèles à Dieu, à aimer leurs ennemis et à porter leur croix sans recourir à la violence.

Pour lire les extraits déjà publiés en français : Répertoire des extraits du Miroir des martyrs

Puissiez-vous également être inspirés par les récits de ce livre.

Voici des informations pour vous procurer des livres contenant une partie de cette histoire.

Dans le ventre de la baleine et autres histoires de martyrs chrétiens (In the Whale’s belly) James Lowry

Les Éditeurs Lampe et Lumière (pas de site web ni d’adresse courriel disponible)
26 Road 5577
Farmington, NM 87401-1436, É.-U.
Tél. : 505-632-3521 Téléc. : 505-632-1246

ou

Extraits du Miroir des Martyrs: Histoires d’anabaptistes ayant donné leur vie pour leur foi (récits paraphrasés ou résumés datant cependant surtout du 16e siècle).

Version anglais complète disponible en ligne : https://www.homecomers.org/mirror/contents.htm

ou