Poème # 30: Pour toujours

Depuis que je suis jeune, j’ai aimé dans les livres
Découvrir et poursuivre le fil conducteur,
L’intrigue d’un récit palpitant qui enivre,
Vivre avec les héros, ressentir joies et peurs.

Parmi tous les sujets qu’affectionne mon cœur,
Je préfère à coup sûr, ceux d’une délivrance
De la difficulté, de l’angoisse au bonheur,
Et les contes de fées bercèrent mon enfance.

L’évadé d’Alcatraz m’a fort intéressée.
Trois hommes parmi d’autres étaient incarcérés
Dans ce lieu redoutable de hauts murs bordé,
La prison la plus sûre et la mieux surveillée.

Et de plus construite, comme suprême atout,
Baie de San Francisco, à l’écart de tout,
Sur un piton rocheux, dans une mer glacée
Aux courants redoutables, aux requins affamés.

Trois hommes cependant parvinrent à s’enfuir.
S’échapper de l’enfer, nul n’y peut réussir.
Par un étang de feu ce lieu est entouré
Et un gouffre béant le retient isolé.

On y est sans espoir, on ne vit que souffrance.
Pas de mort, pas de fin, pas de deuxième chance
Et pas de purgatoire, c’est un lieu sans issue.
Ceux qui sont en enfer sont à jamais perdus.

Sur leurs chaînes, sur leur tête est écrit « Pour toujours. »
Ce qu’ils voient, leurs pensées disent « Là pour toujours. »
Pour les siècles des siècles, jour et nuit, tourmentés.
L’enfer est éternel, c’est long l’éternité!

Le lieu où va chacun se joue avant la mort,
Rien ne pourra ensuite en modifier le sort.
L’éternité te garde tel que la mort t’appelle,
L’existence de l’enfer trop tard se révèle.

On ne peut en sortir, on peut y échapper,
Jésus est la victoire triomphant du péché.
Sa mort sur la croix scelle une voie nouvelle,
Le salut par la foi, non l’enfer éternel.

-Annick Markmann

Trop tard!

J’ai entendu un jour le récit peu banal
De l’aventure vécue par un chrétien normal.
À ma manière, je vais essayer de transcrire
Ce que l’homme en question était venu nous dire.

J’arrivais, disait-il, ce soir-là chez ma mère.
J’avais les jambes lourdes et le cœur chagrin.
Je revenais près d’elle, lui conter mes misères,
Elle m’avait consolé, soigné comme un gamin.

Puis je m’étais couché pour passer la nuit,
Dans le lit de l’alcôve attenante au salon.
J’étais très fatigué, je me suis endormi,
Plongeant rapidement dans un sommeil profond.

Quelle fût la durée de ce temps d’inconscience?
Je ne saurais le dire quand je me retrouvai
Debout près de mon lit où je prenais conscience
Que mon corps était là, allongé, qu’il dormait.

J’ai entendu et vu ma mère qui pleurait.
Le médecin de famille était auprès d’elle.
Il venait de signer un acte officiel.
De la mort de son fils, il la consolait.

Et puis je suis parti plus vite que l’éclair.
Dans le bleu, tellement bleu du ciel, je montais
Jusqu’à apercevoir une immense lumière
Et une grande porte qui devant moi s’ouvrait.

Alors je suis entré dans un lieu admirable.
J’ai vu de grands jardins où mille fleurs poussaient.
Le sol était d’or pur, les couleurs incroyables,
La paix et la beauté en ce lieu habitaient.

Un homme s’avança vers moi, il rayonnait
De tendresse et d’amour et aussi de lumière.
Il marchait lentement, son vêtement brillait
Comme brille la neige sous un soleil d’hiver.

Il me dit: « Te voilà, mais ce n’est pas ton heure.
Il te faut retourner sur la terre prêcher.
Tu peux sauver des âmes, être prédicateur,
Annoncer le Royaume, l’abandon du péché. »

« Oh, non Seigneur, lui avais-je rétorqué,
Je veux rester ici, près de toi, c’est si beau!
Les hommes ne veulent pas se repentir, changer,
Ils ne veulent pas de toi, ça m’est un lourd fardeau. »

« Alors viens! » m’a-t-il dit, me prenant par la main.
Et il me conduisit sur un étroit chemin.
Ce chemin surplombait une vallée profonde,
Une fumée blanchâtre montait de ce lieu sombre.

On ne pouvait pas voir le fond de cet abîme,
Mais des gémissements, des cris s’en échappaient,
Comme une multitude affaiblie qui hurlait.
Il semble que d’en bas, on nous vit sur la cime,

Car des voix en grand nombre alors s’élevaient,
Dans les pleurs et les cris, on pouvait distinguer
Cette supplication mille fois répétée:
« Pardon, Seigneur ! Seigneur, pardon ! Pardon ! »

Alors la voix puissante du Seigneur plein d’amour,
De celui qui est mort pour payer nos péchés,
Cette voix s’élevait, en écho alentour:
« Trop tard! C’est trop tard! Trop tard! »

Nous sommes revenus ensemble à la porte.
« Retourneras-tu, maintenant, dit le Seigneur? »
Ils résonnaient en moi, les mots et la voix forte.
« Oui, ai-je répondu, maintenant, j’irai ! »

Je me suis retrouvé dans mon corps à l’instant,
Le médecin partait, il parlait à maman.
Et j’ai ouvert les yeux, j’ai souri à ma mère,
Puis je me suis assis, j’ai mis les pieds à terre.

C’est pourquoi, disait-il, me voici parmi vous.
Aujourd’hui, sans attendre, pour Christ, décidez-vous.
Il est mort sur la croix, faites aussi votre part,
Il faut vous repentir avant qu’il soit trop tard.

– Annick Markmann

Les citations célèbres

Il existe de nombreuses façons de trouver l’inspiration et de stimuler nos pensées. Cela peut venir d’une conversation avec un ami ou un étranger, de l’observation du magnifique paysage d’automne ou de la lecture, pour n’en citer que quelques-unes. Parmi les sources d’inspiration, les deux sur lesquelles je pense me concentrer dans cet article ne sont pas les moindres : les citations et les Saintes Écritures.

Les citations sont un « passage cité d’un auteur, d’un personnage célèbre, un exemple, ou un extrait » (Le Robert). Voilà. Je l’ai fait. Je cite déjà quelqu’un d’autre pour appuyer mes propos.

C’est probablement la raison pour laquelle les citations sont si utilisées. Des personnes célèbres et pleines d’esprit ont souvent utilisé des citations dans leurs débats oraux ou écrits pour diverses raisons : pour impressionner par leurs connaissances, pour prouver qu’elles ne sont pas seules à avoir une certaine opinion, parce qu’elles savent qu’un certain auteur a formulé ses pensées mieux qu’elles-mêmes, et parce qu’il serait malhonnête de faire croire aux gens que la pensée vient de soi alors qu’elle n’est en fait pas originale. Une autre raison très courante de partager des citations, en particulier parmi ceux d’entre nous qui sont un peu plus sentimentaux, est d’apporter du réconfort ou parce qu’elles mettent des mots sur des réalités auxquelles nous pouvons nous identifier mais que nous n’avions pas réussi à bien exprimer. Les citations ont leur place. L’internet les rend très accessibles et, comme beaucoup de choses qui nous parviennent par ce biais, les citations sont vite galvaudées.

Il y a quatre ans, j’ai pris conscience du nombre de citations que je voyais et entendais dans le cercle des chrétiens : on les trouve dans les statuts WhatsApp, sur les murs des maisons, et même dans la littérature et les conversations spirituelles. J’ai commencé à me demander pourquoi cette tendance me dérangeait. Comme c’est souvent le cas avec moi, la question est devenue quelque peu obsessionnelle pendant quelques semaines, voire quelques mois. En même temps, quelques frères avec lesquels j’en avais parlé m’ont encouragé à écrire sur le sujet. J’ai commencé à faire des recherches, mais je me suis rendu compte que je devais d’abord travailler dans mon cœur pour que ce que j’écris ne soit pas blessant ou orgueilleux, mais provienne plutôt d’un véritable désir de rechercher la vérité, de servir le Seigneur et d’aider mes frères.

Pour être clair, je crois qu’il n’y a pas de problème si les chrétiens ont recours à des citations dans une conversation ou dans un écrit. Personnellement, j’admire ceux qui lisent beaucoup et qui peuvent se souvenir de ces dictons. L’apport d’un « sage » dans une discussion peut donner un tour différent à cette dernière et nous obliger à voir les choses sous un angle nouveau. C’est très bien. Mais avant de recourir trop facilement à des « citations », il serait sans doute judicieux de s’interroger sur leur pertinence et sur leur véracité. Il serait également prudent de savoir dans quel contexte les mots ont été prononcés et qui est réellement « l’auteur célèbre ».

La question principale que je me pose est la suivante : « Qu’est-ce que la vérité ? » Est-ce que je nourris mon esprit avec les bonnes choses pour me rapprocher de Dieu ou est-ce que je tombe dans le piège du Diable ? Laissez-moi vous donner quelques exemples du danger de certaines citations, puis nous examinerons ce que la Parole de Dieu a à dire et à quel point elle est incomparable à la sagesse terrestre.

Voici quelques dictons que j’ai rencontrés :

« Soyez vous, le monde s’adaptera » (auteur inconnu). À cette sagesse moderne, la première réponse biblique qui me vient à l’esprit est la suivante : « Et ne vous conformez point au présent siècle, mais soyez transformés par le renouvellement de votre esprit, afin que vous éprouviez que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite » (Romains 12:2).

« Vivre simplement, aimer généreusement, se soucier profondément des autres, parler gentiment, laisser le reste à Dieu » (Ronald Reagan). Celle-ci est plus sensée, je pense qu’elle partait d’une bonne intention. Mais il y a un piège : la formulation donne l’idée que l’on peut faire les quatre premières actions sans s’appuyer sur Dieu, et que seul « le reste » doit lui être abandonné. Mais la Parole de Dieu nous apprend que nous avons besoin de lui pour pouvoir faire quoi que ce soit de bon. « Car c’est Dieu qui produit en vous et le vouloir et le faire selon son plaisir » (Philippiens 2.13).

Un frère aîné, qui a été mon professeur, a écrit : « Un feu pasteur disait que lorsqu’il entrait dans une maison, il examinait les murs pour voir si Dieu y vivait. S’il trouvait des citations bibliques sur les murs, il était heureux. Je fais souvent la même chose. Nous voyons des slogans tels que “Vivre, rire, aimer”. La Bible dit peut-être que toutes ces choses sont bonnes, mais cette devise ne semble-t-elle pas réduire la vie à ces trois choses seulement ? Nous sommes d’accord pour dire que la vie ne se résume pas à cela ». Selon Google Trends, ce slogan a été très à la mode de 2009 à 2014, puis les gens sont passés à autre chose, comme les dictons « Keep Calm and… ». Les versets bibliques, en revanche, ont une valeur éternelle et sont toujours appréciés des milliers d’années après leur rédaction.

Nous avons le choix entre remplir nos maisons et nos profils sociaux de citations superficielles et parfois trompeuses, ou bien de la Parole de Dieu. Voici quelques versets qui peuvent peut-être nous aider à voir plus clairement nos responsabilités.

« Mon fils, n’oublie point mon enseignement, et que ton cœur garde mes commandements. Car ils t’apporteront de longs jours, et des années de vie, et la prospérité. Que la miséricorde et la vérité ne t’abandonnent point ; lie-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur ; Et tu obtiendras la grâce et une grande sagesse aux yeux de Dieu et des hommes. » (Proverbes 3.1-4).

« Car toute chair est comme l’herbe, et toute la gloire de l’homme comme la fleur de l’herbe ; l’herbe sèche, et sa fleur tombe ; Mais la parole du Seigneur demeure éternellement ; et c’est cette parole dont la bonne nouvelle vous a été annoncée » (1 Pierre 1:24-25).

« Et ces commandements que je te prescris aujourd’hui, seront dans ton cœur ; Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu te tiendras dans ta maison, quand tu marcheras en chemin, quand tu te coucheras, et quand tu te lèveras ; Et tu les lieras comme un signe sur ta main, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux ; Tu les écriras aussi sur les poteaux de ta maison, et sur tes portes » (Deutéronome 6:6-9).

Combien d’entre nous inscrivent la Parole sur nos poteaux et nos portes ? On pourrait dire que, puisque nous vivons à l’époque du Nouveau Testament, il suffit d’avoir la Parole dans notre cœur et notre esprit. Peut-être, mais qu’en est-il du témoignage que nous rendons à nos enfants et à nos visiteurs ? Nous nous rendons compte que la jeune génération (dont je fais partie) ne connaît pas les Écritures aussi bien que les personnes âgées. Nous mettons cela sur le compte de la technologie et de la vie facile, mais peut-être y a-t-il d’autres causes ? Se pourrait-il que nous connaitrions mieux la Parole de Dieu si les versets bibliques étaient plus souvent abordés dans les conversations, plus chéris par les personnes d’âge mûr et les personnes âgées, et plus souvent vus par un regard (même distrait) à l’intérieur de nos maisons ? De quoi nous nourrissons-nous ?

Lorsque j’ouvre mes courriels le matin pour lire les lectures bibliques quotidiennes, où vont d’abord mes yeux ? Comme tout autre document, je commence par le haut : la citation du jour. (En effet, celui qui m’envoie des Écritures à lire quotidiennement se permet d’y ajouter des citations sur le même thème.) Je continue à lire les Écritures qui suivent la citation, mais mon esprit a déraillé ; je suis toujours occupé à traiter ce que la citation a dit et je glane très peu de choses dans les versets. Est-ce que cela vous arrive parfois aussi ? C’est ma première préoccupation : est-il bon pour moi de laisser une « parole sage » prendre plus de place dans ma méditation que la Parole vivante ?

Un jour, dans un contexte « chrétien », j’ai lu cette citation : « Ne pensez pas que l’argent fait tout, sinon vous finirez par tout faire pour l’argent ». C’est une phrase vraie et logique. Pourtant, est-ce qu’elle améliore ou surpasse les Saintes Écritures sur l’abondance ? Non. En outre, c’est Voltaire qui en est l’auteur, un philosophe connu pour avoir truqué la loterie en sa faveur et avoir fait fortune grâce au commerce des esclaves. Le fait qu’il n’ait pas mis en pratique ce qu’il prêchait semble le discréditer suffisamment pour qu’il ne soit pas mentionné avec les Saintes Écritures, à moins que ce ne soit pour illustrer la façon dont un chrétien ne devrait pas vivre.

J’ai également vu des versets de la Bible mélangés aux paroles d’Augustin (qui a inventé des raisons soi-disant bibliques pour justifier la persécution des vrais chrétiens par l’Église romaine), ou des empereurs romains qui ont condamné des chrétiens à mort, ou un écrivain égoïste qui a eu 40 maîtresses (Alexandre Dumas), ou le Dalaï-Lama (chef d’une religion qui nie même l’existence d’un dieu), ou des politiciens qui ont menti à leur peuple, Winnie l’Ourson, et bien d’autres encore. Jusqu’où pouvons-nous tomber ?

Sur les statuts WhatsApp ou Facebook, les profils, etc., nous voyons de nombreuses citations provenant de diverses sources. Parfois, les sources extrabibliques sont bonnes (Miroir des Martyrs et autres livres de ce genre). Parfois, les mots sont bons, mais la source douteuse. Parfois, même les mots semblent contenir une contre-vérité insidieuse, ou sont trop simplistes. Le dénominateur commun est que tous sont écrits par des humains faillibles, dont la sagesse ne devrait jamais être mise sur le même plan que la Parole de Dieu.

En conclusion, je ne veux pas condamner ceux qui partagent des citations. Je pense que beaucoup d’entre elles sont bonnes ou intéressantes. Mais elles ne doivent jamais remplacer la vraie nourriture qu’est la Parole de Dieu, et il me semble évident qu’elles ne doivent pas être mélangées ou mises sur un pied d’égalité avec les versets bibliques. Prenons également soin d’évaluer la raison pour laquelle nous partageons la citation, et si les mots sont vrais et conformes à la Parole de Dieu.

Ma prière serait que nous vivions une vie remplie de l’Esprit, afin de ne pas être égarés et de ne jamais éloigner les autres de Christ pour les amener vers une sagesse et une philosophie artificielles et insensées.

Je prie pour que Dieu soit miséricordieux envers tout son peuple, mais aussi pour que nous prenions très au sérieux notre héritage spirituel.

Hugues Andries

La Grande Omission

Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier

Traduction d’un article en anglais de Bob Goodnough paru en 2012 sur son site en anglais: https://flatlanderfaith.com/2012/09/22/remember-the-sabbath-day-to-keep-it-holy/

« Souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier; Tu travailleras six jours, et tu feras toute ton oeuvre; Mais le septième jour est le repos de l’Éternel ton Dieu; tu ne feras aucune oeuvre en ce jour-là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes; Car l’Éternel a fait en six jours les cieux et la terre, la mer et tout ce qui est en eux, et il s’est reposé le septième jour; c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. » (Exode 20.8-11).

Ces paroles ont été prononcées par Dieu depuis le mont Horeb. Nous ne pouvons pas les rejeter comme s’il s’agissait d’un autre peuple, d’une autre époque et d’un autre lieu. Mais n’est-ce pas à peu près ce que nous faisons lorsque nous appelons le dimanche le sabbat et que nous disons que nous observons le sabbat en nous abstenant de tout travail rémunéré et en allant au culte (à l’église) ?

Tout d’abord, lisons-nous quoi que ce soit dans le commandement au sujet du culte ? La Loi ordonnait que tous les hommes se présentent devant le Seigneur à Jérusalem trois fois par an, lors des fêtes de la Pâque, de la Pentecôte (également appelée Semaines ou Premiers Fruits) et des Tabernacles. Point final. Aucun autre culte public régulier n’était ordonné dans l’Ancien Testament.

Le principe de la célébration hebdomadaire du sabbat dans une synagogue n’est pas ordonné dans l’Ancien Testament. Il s’est développé pendant la captivité babylonienne et a sans doute été la pratique générale après le retour de la captivité, bien qu’il ne soit jamais décrit. Synagogue est un mot grec qui signifie assemblée ou lieu de réunion, et c’est le terme qui était utilisé à l’époque du Nouveau Testament. Le terme « synagogue » n’apparaît pas dans l’Ancien Testament.

Ce commandement interdit au croyant d’effectuer un travail quelconque ou de profiter du travail d’autrui, qu’il s’agisse de serviteurs, d’animaux ou de non-Israélites. Pouvons-nous prétendre faire cela aujourd’hui ? Nous attendrions-nous à ce que Dieu se satisfasse d’une obéissance partielle à l’un des autres commandements ?

Pourtant, dans le Nouveau Testament, nous trouvons Jésus qui semble faire tout ce qui est en son pouvoir pour violer le commandement du sabbat. Lors de la guérison de l’aveugle de naissance, relatée dans le neuvième chapitre de l’Évangile de Jean, Jésus crache sur le sol, fait de la boue et l’étale sur les yeux de l’homme. Il demande ensuite à l’aveugle de travailler en allant à la piscine de Siloé et en se lavant les yeux. Il aurait pu guérir les yeux de l’homme simplement en parlant, comme il l’a fait en d’autres occasions. Mais c’était un jour de sabbat et un moment propice à l’enseignement. L’homme est guéri, exclu de la synagogue et devient un disciple de Jésus. Tout cela parce qu’il a travaillé le jour du sabbat.

Dans l’épître aux Colossiens 2.16-17, l’apôtre Paul nous donne des instructions : « Que personne donc ne vous condamne au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’un jour de fête, ou de nouvelle lune, ou de sabbats; C’était l’ombre des choses qui devaient venir, mais le corps en est en Christ. »

Si le sabbat est l’ombre des choses à venir, quelles peuvent bien être ces choses ? Je pense que le livre d’Ésaïe contient la meilleure description de la véritable signification du sabbat : « Si tu retiens ton pied au jour du sabbat, pour ne pas faire ta volonté dans mon saint jour; si tu appelles le sabbat tes délices, et honorable ce qui est consacré à l’Éternel; si tu l’honores plutôt que de suivre tes voies, de faire ta volonté et de dire des paroles vaines: Alors tu trouveras des délices en l’Éternel; je te ferai passer par-dessus les hauteurs du pays, et je te nourrirai de l’héritage de Jacob, ton père; car la bouche de l’Éternel a parlé. » (Ésaïe 58.13-14).

Honorer Dieu: « ne pas suivre ses propres voies, ne pas trouver son propre plaisir, ne pas dire ses propres paroles », cela ne ressemble-t-il pas à une description de la vie chrétienne ?

« Afin de montrer dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. Car vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi; et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu; Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour les bonnes oeuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous y marchions. » (Éphésiens 2.7-10).

Nous ne sommes plus contraints d’accomplir certaines œuvres et de nous abstenir d’autres pour gagner notre salut. Les œuvres que nous accomplissons maintenant ne sont pas les nôtres, mais l’œuvre du Saint-Esprit de Dieu en nous. Nous sommes libres.

Telle a toujours été la conception anabaptiste-mennonite du sabbat. Menno Simons pensait apparemment que cela était suffisamment bien compris pour qu’il n’ait pas besoin d’en dire plus. Il n’y a que deux brèves déclarations dans ses écrits : « … le vrai sabbat est observé en Christ en se dépouillant du corps pécheur de la chair… » et « Ils gardent et sanctifient le sabbat du Seigneur (qui n’est plus littéral, mais spirituel, et qui ne prend jamais fin avec les vrais chrétiens)… par la crainte de Dieu, par une conscience claire et une vie irréprochable, dans l’amour de Dieu et de leurs prochains ».

Heinrich Funk, le premier évêque mennonite d’Amérique du Nord, décédé en 1760, l’a résumé de manière très succincte et claire. Il a écrit :

« Jésus, qui était le fondement et l’auteur du sabbat, est venu restaurer le sabbat dans toute sa puissance et sa signification, afin de rendre à l’humanité le repos de l’âme. Il a offert son propre corps pour le péché commis dans le jardin d’Eden et qui s’est abattu sur toute l’humanité, apportant ainsi le repos de l’âme à toute l’humanité (Ésaïe 53 ; 1 Pierre 2.24). C’est pourquoi le corps du sabbat ou le vrai sabbat a été accompli en Christ (Colossiens 2.16,17), de sorte que l’homme jouit maintenant du vrai repos sabbatique pour l’âme en Christ ». (Restitution, page 244).

L’identité et les oeuvres de l’Antéchrist

La Combe

Le soleil sur le val se couche en oranger,
Et son disque d’or pâle dans le ciel lavé,
Pose mille paillettes sur les feuilles qui tombent,
En nuages d’écus, des saules dans la combe.

Il a plu tout le mois et le sol d’eau gorgé,
Dans ce creux de la terre, accueille en mordoré,
Venant de l’infini où l’astre d’or décline,
Les doux rayons du soir qui en flaques scintillent.

La femme émerveillée traversait avec peine,
Au flanc du mont pentu, le bois sombre des chênes.
Car les pierres mouillées, dans le chemin montant,
Sous les feuilles tombées, rendaient son pas glissant.

Elle portait courbée, comme dans son enfance,
Son vieux sac à dos bleu, bien lourd et bien gonflé
Par la petite tente de ses jeunes vacances,
La toile, les piquets, le duvet du coucher.

Et le sentier s’élève dans le sous-bois qui sombre
Peu à peu dans le soir et qui s’estompe d’ombre.
Elle parvient enfin, après les résineux,
Au pied du roc aride, c’est l’endroit périlleux.

Il faut encore franchir l’étroite cheminée,
Où la roche fendue ménage un escalier.
Son souffle devient court, son cœur bat la chamade,
La nuit tombe, elle est seule, sa voie se fait bravade.

Dans l’escalier de pierre qui la mène au plateau,
Elle affermit ses prises et parvient tout en haut.
Quand le sac tombé, elle lève les yeux,
Quand elle a redressé son vieux dos douloureux,

La terre disparaît, d’obscurité noyée.
Alors à son regard s’ouvre l’éternité.
L’étendue infinie des astres se dévoile,
Le monde en expansion lui offre ses étoiles.

La Grande Ours, la Petite et l’étoile polaire,
Cassiopée, Andromède à tant d’années-lumière!
Constellations, étoiles, le ciel est sans limite.
Dans cette immensité, elle est là si petite!

Elle s’est installée et a passé la nuit,
Son matelas gonflé, loin du monde et du bruit,
Remerciant comblée, le puissant Créateur,
Pour son si grand amour et toute cette splendeur.

-Annick Markmann