Au sujet des prophéties et des théories

[reblogué du site https://temoinanabaptiste.com/2023/10/17/au-sujet-des-propheties-et-des-theories/. Article numéro 7 d’une série d’articles écrits sur le thème de la prophétie.]

Aujourd’hui, nous lisons beaucoup de choses sur le climat, l’environnement et l’avenir de la planète Terre. Des données sont collectées, des théories sont présentées, des prédictions sont faites. Au rythme actuel, combien de temps la Terre pourra-t-elle supporter la vie humaine ? Combien de temps y aura-t-il de l’eau potable ? Dans combien de temps les mers seront-elles mortes, polluées au point d’être irrécupérables ?

Tandis que les scientifiques s’occupent de ces questions, les chrétiens se livrent également à de nombreuses spéculations sur ce qui se passera dans le domaine politique. En examinant les prophéties de Daniel, le rêve de Nebuchadnetsar, les visions de l’apôtre Jean et en faisant du copier-coller, les évangéliques ont élaboré des théories très intéressantes sur la date et les modalités du retour de Jésus. Personne n’est sûr de rien, mais il est intéressant de spéculer.

La prophétie est un sujet intense et les érudits, historiques et actuels, ont passé de nombreuses années à essayer de la déchiffrer. Mais lorsque nous pensons à toutes les connaissances scripturaires dont disposaient les scribes et les pharisiens à l’époque de la naissance de Jésus, nous sommes étonnés de constater qu’ils n’ont absolument pas su le reconnaître. Son arrivée n’était pas un grand secret, puisque les anges chantaient dans le ciel de Bethléem et que les bergers allaient parler à tout le monde de l’enfant roi-sauveur.

De plus, une caravane de mages orientaux arrive à Jérusalem et se rend directement au palais pour demander : « Où est le roi des Juifs qui est né? Car nous avons vu son étoile à l’Orient. » Cela a fait grand bruit.

« Le roi Hérode, l’ayant appris, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Et, ayant rassemblé tous les grands prêtres et les scribes… il s’informa auprès d’eux du lieu où le Christ devait naître. Et ils lui dirent : À Bethléem de Judée, car il est écrit : Et toi, Bethléem… tu n’es nullement la moindre parmi les chefs de Juda ; car de toi sortira un conducteur, qui fera paîtra mon peuple d’Israël. » Matthieu 2.1-8

Cette citation de Michée 5.2 est l’un des nombreux versets de l’Ancien Testament qui annonçaient la venue du Messie, du Christ, du gouverneur, de Silo. Mais les détails ne semblaient tous concorder. Ésaïe a écrit :

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et l’empire est mis sur son épaule : on l’appellera l’Admirable, le Conseiller, le Dieu puissant, le Père d’éternité, le Prince de la paix. Pour accroître l’empire, pour donner une prospérité sans fin au trône de David et à son royaume ; pour l’établir et l’affermir dans l’équité et dans la justice, dès maintenant et à toujours. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela. » Chapitre 9.5-6

Mais Ésaïe a écrit aussi :

« Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Éternel ? Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » Chapitre 53.1-5

Nous pouvons tirer une leçon des érudits de l’époque de Jésus : bien qu’ils aient cru que le Messie viendrait, et bien qu’ils aient mémorisé tous les versets concernant sa venue, les prophéties variaient suffisamment pour qu’ils ne le reconnaissent pas. Même ses propres disciples étaient déconcertés jusqu’à ce que Jésus vienne à eux et leur parle après sa résurrection.

« Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur interprétait dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » Voir Luc 24.13-35

En ce qui concerne la compréhension des prophéties, j’ai vécu assez longtemps pour voir divers changements d’interprétation dans ce que les érudits disaient être « des écritures qui montrent clairement que telle ou telle chose arrivera ». J’ai également lu suffisamment de choses pour savoir que des chrétiens d’autres époques ont été tout aussi convaincus d’une interprétation complètement différente.

Prophéties et interprétations : Un bref rappel

AMILLÉNARISME

L’enseignement amillénariste affirme que Jésus est venu en attendant de souffrir et de mourir. Lorsqu’il est ressuscité, il a vaincu Satan, le maître de ce monde. Il a établi son royaume, mais celui-ci n’est pas, et ne sera jamais, une nation ou un pays visible sur la terre actuelle. L’entrée dans son royaume est la nouvelle naissance. Jésus est venu pour être la Porte, pour ouvrir le chemin du Royaume de Dieu. Depuis sa résurrection, il règne dans le cœur de tous ceux qui l’ont choisi comme roi. Un jour, il reviendra pour rassembler les siens au ciel.

Les citoyens du royaume de Dieu peuvent vivre n’importe où sur terre, mais ne sont pas du monde, c’est pourquoi ils paient des impôts (rendre à César) et obéissent à toutes les lois, mais peuvent refuser de voter ou de porter les armes pour défendre le pays dans lequel ils vivent. (Les paroles de Jésus, telles que « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, etc. » sont prises au pied de la lettre). Au contraire, comme l’explique Paul, les chrétiens agissent en tant qu’ambassadeurs officiels de leur roi, implorant au nom de Christ : « Réconciliez-vous avec Dieu. »

Si j’ai bien compris, c’est la croyance traditionnelle des mennonites, des amish et de certains groupes de frères. Peu d’églises protestantes évangéliques l’enseigne, voire aucune.

LE POST-MILLÉNARISME

À l’époque où nous étudiions les prophéties, la théorie prémillénaire était si répandue que j’ai été très choqué en lisant le livre de Douglas Frank, Less Than Conquerors (1986, Wm B Eerdmans), d’apprendre que, jusqu’à la guerre civile américaine, presque tous les chrétiens évangéliques croyaient à la théorie post-millénale. C’est-à-dire :

Le monde ira de mieux en mieux et finalement il sera si bon que Jésus reviendra sur terre et établira son royaume. Les chrétiens américains qui croyaient en cette théorie ont soutenu l’abolition et la guerre civile parce qu’ils pensaient pouvoir faire avancer les choses en se débarrassant de la tache de l’esclavage. Les chrétiens améliorant la société, la rendant plus hospitalière au retour de Christ, le monde (ou du moins les États-Unis) deviendrait si bon que Jésus viendrait établir son royaume sur terre.

Hélas pour leurs rêves ! La guerre de Sécession a apporté tant de morts et de destructions, et a généré tant d’animosité que le monde, ou du moins l’Amérique, était encore plus loin d’être prêts pour le royaume de Jésus-Christ. Au cours des vingt années qui suivirent, les évangéliques abandonnèrent massivement cette théorie. Au cours de ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui prône, ou même mentionne, le post-millénarisme. Je me demande combien de chrétiens aujourd’hui en ont même entendu parler.

Dans un autre ordre d’idées, l’une des déceptions les plus amères qu’un groupe de personnes ait connues a dû être la découverte par les Noirs du sud des États-Unis, libérés des chaînes de l’esclavage, que la liberté ne signifiait pas l’égalité aux yeux de la plupart des gens blancs. Ni dans le sud, ni même dans le nord du pays.

LE PRÉMILLÉNARISME

Selon le livre de Frank, les évangéliques ont abandonné la théorie post-millénaire et sont passés au prémillénarisme. Comme il s’agit d’une question très complexe et très liée au dispensationalisme, je vais la réserver pour un autre article. Une explication simple serait la suivante : Jésus revient chercher ses enfants :

Jésus revient pour réclamer ses enfants et, à un moment donné, établir son royaume à Jérusalem. De là, lui et ses disciples régneront sur toute la terre pendant mille ans, à la fin desquels les humains qui n’acceptent pas son règne organiseront une grande révolte. Il mettra alors fin au temps et le grand Jugement dernier commencera.

Jésus leur dit : « C’est ainsi qu’il est écrit, et c’est ainsi qu’il fallait que le Christ souffre, et que le troisième jour il ressuscite d’entre les morts, et qu’on prêche en son nom la repentance et le pardon des péchés pour toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Vous, vous êtes témoins de ces choses. » Luc 24.46-48

Christine Goodnough

Deux ou trois personnes assemblées ne constituent pas une Église

Texte tiré du blog de Bob Goodnough https://temoinanabaptiste.com/2023/05/12/deux-ou-trois-personnes-rassembles-ne-font-pas-une-eglise-2/ ou https://flatlanderfaith.com/2023/09/27/two-or-three-gathered-together-doth-not-a-church-make-2/.

Pourquoi les gens cessent-ils d’aller à l’église ? Serait-ce parce que tant d’Églises n’en sont pas vraiment ? Matthieu 18.20 ne parle pas de chrétiens qui se réunissent pour le culte. Il s’agit de la suite du passage qui commence au verset 15 et qui parle du témoignage de deux ou trois témoins pour discipliner un frère égaré. Un grand problème aujourd’hui est la notion qu’une Église, ou assemblée (ecclesia), est simplement une libre association de croyants plutôt qu’une fraternité de disciples.

Jésus dit : « Et moi, je te dis aussi que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. » (Matthieu 16.18). Quelle pierre ? Paul donne la réponse : « Car personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé, lequel est Jésus-Christ. » (1 Corinthiens 3.11) ; « Étant édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, dont Jésus-Christ est la pierre angulaire » (Éphésiens 2.20).

Que signifie être édifié sur le fondement de Jésus Christ ? Suffit-il d’avoir fait la prière du pécheur à un moment donné de sa vie ? Suffit-il de rendre un témoignage de temps en temps ? Participer à un voyage missionnaire à court terme ? Est-ce que payer la dîme peut aider ?

« Pourquoi donc m’appelez-vous Seigneur, Seigneur, tandis que vous ne faites pas ce que je dis ? » (Luc 6.46) Ne nous demandons-nous jamais si nous répondons honnêtement à cette question ?

« Ce n’est pas tout homme qui me dit : Seigneur ! Seigneur ! qui entrera dans le royaume des cieux; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7.21) Comment savoir si nous faisons la volonté du Père ? « J’ai encore plusieurs choses à vous dire ; mais elles sont encore au-dessus de votre portée. Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité, car il ne parlera point par lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et vous annoncera les choses à venir. C’est lui qui me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera. » (Jean 16.12-14)

Une Église qui n’est pas carrément et uniquement construite sur le fondement de Jésus Christ et qui n’est pas guidée par le Saint-Esprit dans l’enseignement et la mise en pratique de tous les enseignements du Père, est une Église qui laisse les gens dans un sentiment d’agitation, d’inassouvissement et d’insatisfaction.

Une Église qui accueille des personnes sur la base d’un témoignage auto-authentifié qu’ils sont enfants de Dieu sera une Église qui ne peut pas aider ses membres à grandir dans leur vie chrétienne. Elle essaie de nombreux substituts pour que les gens se sentent enthousiastes et impliqués, mais l’enthousiasme finit par s’estomper et l’implication devient un fardeau.

L’Église que Jésus est en train de construire s’efforcera de faire en sorte que tous ceux qui franchissent ses portes se sentent les bienvenus, mais elle examinera soigneusement les candidats à l’adhésion pour s’assurer qu’ils sont vraiment des enfants de Dieu nés de nouveau et conduits par le Saint-Esprit. L’apôtre Paul décrit cette Église comme un corps, dont le Christ est la tête et dont tout le corps fonctionne dans l’obéissance à la tête et dans l’amour les uns pour les autres.

« Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ; Pour que nous ne soyons plus des petits enfants, flottants et emportés çà et là à tous vents de doctrine, par la tromperie des hommes, et par leur adresse à séduire artificieusement; Mais que, professant la vérité dans la charité, nous croissions en toutes choses dans celui qui est le chef, Christ; De qui tout le corps, bien coordonné et étroitement uni, par le concours de toutes les jointures, tire son accroissement, selon la force assignée à chaque membre, afin qu’il soit édifié lui-même dans la charité. » (Éphésiens 4.13-16)

Cette Église sera connue par l’amour qui règne entre ses membres, par la prédication et l’enseignement fidèles de tout l’Évangile et par sa capacité à discerner et à punir le péché parmi ses membres. Cette dernière partie, la discipline, n’est pas du tout à la mode aujourd’hui, mais nombreux sont ceux qui témoignent de leur reconnaissance pour l’attention affectueuse de leurs frères lorsqu’ils sont tombés dans le péché.

« Nous connaissons en ceci que nous aimons les enfants de Dieu, c’est que nous aimons Dieu, et que nous gardons ses commandements. Car ceci est l’amour de Dieu, c’est que nous gardions ses commandements; or, ses commandements ne sont pas pénibles, Parce que tout ce qui est né de Dieu, est victorieux du monde, et la victoire qui a vaincu le monde, c’est notre foi. » (1 Jean 5.2-4)

Les anabaptistes furent persécutés à cause de leur pureté

[Ceci est la traduction DeepL d’un article paru en anglais sur le site https://flatlanderfaith.com/2023/10/11/anabaptists-were-persecuted-because-of-their-purity/. SVP pardonnez toute erreur qui s’y serait glissée, je n’ai que peut de temps pour écrire et réviser les textes ces temps-ci]

La déclaration suivante a été faite en 1538 par un dirigeant anabaptiste anonyme lors d’une réunion entre les réformés suisses et les anabaptistes à Berne :

« Alors que nous étions encore dans l’Église nationale, nous avons reçu beaucoup d’instructions des écrits de Luther, de Zwingli et d’autres, concernant la messe et d’autres cérémonies papales, et nous avons appris qu’elles étaient vaines. Cependant, nous avons constaté un grand manque en ce qui concerne la repentance, la conversion et la véritable vie chrétienne. C’est sur ces choses que mon esprit s’est penché. J’attendais et j’espérais un an ou deux, car le ministre avait beaucoup à dire sur l’amendement de la vie, les dons aux pauvres, l’amour mutuel et l’abstention du mal. Mais je ne pouvais pas fermer les yeux sur le fait que la doctrine qui avait été prêchée et qui était basée sur la Parole de Dieu n’était pas appliquée. Il n’y avait pas de début de vraie vie chrétienne, et il n’y avait pas d’unité dans l’enseignement concernant les choses nécessaires. Et bien que la messe et les images aient finalement été abolies, la vraie repentance et l’amour chrétien n’ont pas été mis en évidence. Les changements ne concernaient que les choses extérieures. Cela me donna l’occasion d’approfondir ces questions. Dieu envoya alors ses messagers, Conrad Grebel et d’autres, avec lesquels je me suis entretenu des enseignements fondamentaux des apôtres, de la vie et de la pratique chrétiennes. J’ai trouvé en eux des hommes qui s’étaient abandonnés à la doctrine du Christ par la « Busfertigkeit » [repentance attestée par des fruits]. Avec leur aide, nous avons établi une congrégation dans laquelle le repentir était attesté par une nouveauté de vie en Christ. »

Les catholiques romains, les luthériens et les réformés ont tous été témoins de la pureté de vie des anabaptistes et l’ont considérée comme une preuve de leur grande perversion :

Heinrich Bullinger (réformé suisse) a écrit :

« Ceux qui s’unissent à eux seront reçus par leurs ministres dans leur Église par le rebaptême, la repentance et la nouveauté de vie. Ils mènent désormais leur vie sous l’apparence d’une conduite spirituelle tranquille. Ils dénoncent la convoitise, l’orgueil, le blasphème, les conversations obscènes et l’immoralité du monde, la boisson et la gourmandise. Bref, leur hypocrisie est grande et multiple ».

Franz Agricola (catholique romain) a écrit :

« Parmi les sectes hérétiques existantes, il n’y en a aucune qui, en apparence, mène une vie plus modeste ou plus pieuse que les anabaptistes. En ce qui concerne leur vie publique extérieure, ils sont irréprochables. On ne trouve chez eux ni mensonge, ni tromperie, ni juron, ni querelle, ni langage grossier, ni manger et boire de façon immodérée, ni exhibition personnelle extérieure, mais de l’humilité, de la patience, de la droiture, de la netteté, de l’honnêteté, de la tempérance, de la franchise dans une telle mesure qu’on pourrait supposer qu’ils ont le Saint-Esprit de Dieu ».

Bullinger, Agricola et la plupart des autres dirigeants des Églises d’État des années 1500 se sentaient tellement menacés par la vie à l’image du Christ des anabaptistes qu’ils estimaient que la seule solution était de les tuer tous.

Depuis lors, nous avons vécu plusieurs siècles de tolérance. Lorsque nous considérons les événements du monde qui nous entoure aujourd’hui, il semble que le temps approche où ceux qui mènent une vie chrétienne pure et ne font pas de compromis avec le monde pourraient à nouveau être l’objet d’une telle haine de la part des compromis bien-pensants du monde.

Royaumes et dominations à venir (interprétation des prophéties)

Le Royaume annoncé par Daniel

Méfiez-vous des cadeaux des Grecs

« Timeo Danaos et dona ferentes » Virgile

https://temoinanabaptiste.com/2023/08/25/mefiez-vous-des-cadeaux-des-grecs/

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION

C’est fou comment quelques films et quelques images récemment créées peuvent influencer l’idée que les gens se font du baptême de Jésus et dans l’Église primitive…

En voyant votre engouement pour le sujet du mode de baptême, je me suis permis de traduire cet excellent article qui traite essentiellement de l’histoire des deux modes de baptême (les autres pages mentionnées citent plus les Écritures alors qu’ici on examine la pratique historique de l’Église primitive, ainsi que les origines païennes du baptême par immersion.

Publié en anglais le 28 février 2022 par Bob Goodnough sur https://flatlanderfaith.com/2022/02/28/the-mode-of-baptism/

Extrait de Introduction to Theology, page 239 par J. C. Wenger, © 1954 par Herald Press, Scottdale, Pa.. :

En 1899, un pasteur chrétien de Pennsylvanie (A. D. Wenger) visita les catacombes de Rome. Un jour, il marcha sur la voie Appienne jusqu’à la catacombe de Saint Callixte. « J’avais déjà visité deux fois d’autres parties de cette catacombe, mais cette fois-ci, j’ai dit au guide que je voulais voir des fresques de baptême. Nous sommes rapidement arrivés à une fresque datant de la fin du deuxième siècle, où un pasteur est représenté en train de baptiser un jeune candidat. Le ministre se tient sur la berge et le candidat dans l’eau. Une poignée d’eau vient d’être trempée et posée sur la tête du candidat, où la main du ministre repose encore, peut-être pour prononcer une bénédiction. On voit clairement de petits filets d’eau tomber de la tête du demandeur. . .

Voici fort probablement une des fresques mentionnées dans ce texte

« Nous avons continué un peu plus loin jusqu’à une autre fresque très semblable à la précédente et du même âge, mais les pieds du ministre semblent être juste un peu au bord du ruisseau et aucune eau n’est représentée comme tombant de la tête du demandeur qui est dans l’eau et se tient droit.

« Nous sommes allés encore plus loin vers l’est, sous la colline et sous la voie Appienne. . . C’est là que nous avons trouvé le baptême de Jésus par Jean le Baptiste. Jean se tient au bord du Jourdain et le Christ se tient dans l’eau en dessous de lui. C’est aussi ce que représente la photo du musée. Le baptême par immersion d’une main sur la tête semble tout juste terminé et Jean se penche légèrement en avant, la main au coude du Christ pour l’aider à « sortir directement de l’eau » … C’est la fresque du baptême qui a été attribuée par certains à l’an 107 de notre ère.

« J’ai demandé au guide de me montrer quelques fresques représentant d’autres modes de baptême. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas d’autres modes de baptême représentés dans les catacombes ».

Extrait de Water Baptism – The Doctrine of the Mode, pages 14 & 15, (souligné dans l’original. Écrit par le Révérend W. A. Mackay, B.A., D.D., réimprimé par D. W. Friesen & Sons, Altona, Man.)

Mais aux deuxième et troisième siècles, l’état des choses est vraiment déplorable. La tendance à attribuer des vertus particulières à des formes extérieures n’avait cessé de croître, jusqu’à ce que les immersions nues, accompagnées d’exorcisme, d’onction et de toutes sortes de superstitions, se déchaînent dans des pratiques scandaleuses et inconvenantes. On pensait que l’eau même du baptême avait une vertu salvatrice. Tout comme on croyait que le pain et le vin, après la consécration, devenaient le corps et le sang réels du Christ, on croyait que l’eau du baptême, après l’invocation, possédait la présence réelle de l’Esprit. La conclusion naturelle était que plus il y avait d’eau, mieux c’était, et que l’eau devait être appliquée sur tout le corps pour que la régénération soit complète. C’est pourquoi nous trouvons aujourd’hui des immersions trines à l’état nu, accompagnées d’exorcisme, d’onction, de distribution de sel et de lait au candidat, de vêtements blancs comme neige et une couronne de feuilles sempervirentes. Rappelez-vous qu’il n’y a pas une seule immersion ancienne qui n’ait été accompagnée de ces autres superstitions. Il y a exactement la même autorité pour l’immersion que pour la nudité, l’exorcisme, l’onction, etc.

La première mention de l’immersion comme mode de baptême est faite par Tertullien, et il la mentionne associée à toutes les pratiques ci-dessus, puis il reconnaît que toutes ces pratiques (y compris l’immersion) sont fondées sur la tradition et dépourvues de l’autorité des Écritures. Il s’exprime ainsi : « Pour ces règles et d’autres semblables, si tu demandes une loi dans l’Écriture, tu n’en trouveras pas » (voir De Corona Militis, chapitres 3 et 4).

C’est ainsi que l’immersion, en tant que mode de baptême, est devenue courante.

Les citations suivantes sont extraites de A Third Way, par Paul M. Lederach, © 1980 by Herald Press.

Le baptême est administré à un croyant, non pas sur la base de ce qu’il sait, mais comme l’indiquent les Écritures et la foi mennonite historique, sur l’évidence de la nouvelle vie (nouvelle naissance). . .

En ce qui concerne le baptême, les anabaptistes diffèrent de manière significative de la plupart des protestants, ainsi que du catholicisme romain, non seulement parce qu’ils ne baptisent pas les bébés, mais aussi en raison de l’importance accordée au baptême par rapport à d’autres pratiques de l’Église.

En général, l’Église catholique (dans la messe) et les Églises protestantes accordent beaucoup plus d’attention à la communion qu’au baptême. Cependant, chez les anabaptistes, le baptême occupe la première place parce que le baptême est l’élément critique pour la réalisation d’une Église régénérée et disciplinée.

Le baptême est le moyen qui permet de rassembler une société rachetée, une société de pèlerins, séparée du mal, du monde non régénéré.

Le baptême est le symbole de la rupture avec le monde.

En termes de lier et de délier, certains ont vu dans le baptême un moyen de « lier » et dans la discipline un moyen de « délier ».

Au cœur du baptême se trouve un engagement – un engagement envers le Père, le Fils, le Saint-Esprit et les autres croyants à vivre une vie de disciple en pèlerinage.

Le baptême est un symbole ; ce n’est pas un sacrement. Il s’agit d’une ordonnance et, en tant qu’ordonnance, il s’agit essentiellement d’un outil d’enseignement. Mais que symbolise le baptême ? Cette question a donné lieu à un détour malheureux dans la vie de l’Église. Pour une raison ou une autre, l’Église a souvent discuté du mode de baptême tout en manquant souvent sa signification. Historiquement, il y a eu deux façons de baptiser : l’immersion et le versement ou l’aspersion.

En fait, aucun des deux modes ne peut véhiculer tout le symbolisme. L’immersion symbolise la participation à la mort, à l’ensevelissement et à la résurrection de Jésus. Le croyant est immergé dans l’eau et en ressort. Mais l’immersion a soulevé de nombreuses autres questions : Comment se fait-elle ? Le croyant est-il immergé vers l’avant ou vers l’arrière ? Est-il immergé une ou trois fois ?

L’immersion symbolise la Pentecôte et le déversement de l’Esprit. Lors du versement, la personne à baptiser s’agenouille et, après l’administration de l’eau, elle se voit offrir la main droite de la communion fraternelle. . .

(Pages 81 à 83)

Mais chez les anabaptistes, le témoignage du baptisé ne suffisait pas. Le témoignage supplémentaire de la congrégation était nécessaire. Il ne suffisait pas qu’une personne vienne dire à l’assemblée : « J’ai reçu le Saint-Esprit ». Cette affirmation devait être authentifiée par des frères et sœurs qui pouvaient dire : « Oui, nous voyons l’œuvre de l’Esprit dans votre vie ».

Un problème auquel l’Église est confrontée aujourd’hui est celui des affirmations non authentifiées des chrétiens de nom (page 85). Lors du baptême d’eau, il y avait une confession de foi orale. La personne baptisée déclarait publiquement : « Je crois en Dieu : « Je crois en Dieu. Je crois en Jésus-Christ. Je crois en l’Esprit Saint. Je regrette mes péchés. Je promets de vivre une vie de fidélité à Jésus-Christ jusqu’à la mort ». En plus de la confession de foi orale et de la promesse de fidélité, il y avait une transaction qui, aujourd’hui, est souvent ignorée. Le baptisé se plaçait sous la tutelle, la discipline et la communion de la communauté fidèle. Mais cela ne suffisait pas. La congrégation s’engageait également à offrir au baptisé son amour, son attention et sa discipline. (Pages 86 et 87)

Quelques réflexions personnelles :

– Même les premiers baptistes, tant en Angleterre qu’en Amérique, ne pratiquaient pas l’immersion. L’immersion a été introduite en Angleterre vers 1633 et à Rhode Island en 1644. (voir l’article au sujet de John Smyth)

– Si l’on considère que le mot grec baptizo signifie l’immersion et seulement l’immersion, cela pose un sérieux problème. L’immersion signifie placer un objet sous l’eau. Elle n’inclut pas l’idée de sortir cet objet de l’eau. Certains auteurs baptistes ont eu l’honnêteté de le reconnaître. [Comme mentionné dans d’autres articles sur ce site, il y a plusieurs cas où le mot « baptizo » est utilisé dans les Écritures d’une manière qui signifie « laver » et qui pourrait difficilement signifier « immerger ».] D’ailleurs, le vrai terme grec qui signifie « immersion » est kata duo.

– La Didachè, un document du christianisme primitif, écrit quelque part entre 50 et 190 ap. J-C, longtemps perdu, puis retrouvé à Jérusalem en 1873, ne mentionne pas non plus le baptême par immersion. Ce texte semble indiquer un ordre de priorité quant au lieu de baptême, qui devrait, selon l’auteur, se faire dans l’eau vive (une rivière) de préférence, mais peut aussi être faite dans de l’eau froide, de l’eau chaude ou hors de l’eau en versant 3 fois de l’eau sur la tête du croyant. Le fait d’être dans l’eau lors du baptême n’implique en rien d’y être immergé (voir les images des catacombes). Évidemment, il faut rester prudent avec les écrits comme ceux-ci qui ne font pas autorité au-dessus de la Bible, qui ont longtemps été cachés et qui portent des traces de plusieurs retouches ou même de plusieurs couches rédactionnelles.

– L’attachement émotionnel féroce des baptistes et d’autres personnes à l’immersion indique une crainte sous-jacente que l’on ne puisse pas être sauvé sans le baptême par immersion. Pourtant, le baptême n’est-il pas simplement un symbole? Si Dieu n’a pas explicitement indiqué comment baptiser (tout comme il n’a pas explicitement enseigné comment pratiquer la circoncision), cela implique soit que la méthode exacte importe peu, soit qu’elle est considérée évidente d’elle-même, auquel cas il faudrait étudier le contexte, le reste de la Bible et la tradition pour cerner ce point.

– Un certain nombre d’utilisations scripturaires du mot baptême font référence au baptême du Saint-Esprit au moment de la conversion, ou au baptême de sang (opposition et persécution) et non au baptême d’eau.

– Le baptême symbolise ce baptême du Saint-Esprit, ainsi que la séparation d’avec le monde et l’identification avec le peuple de Dieu.

– Le baptême par immersion est trop souvent vu par ses défenseurs comme étant le moyen de purification et d’entrée du Saint-Esprit en l’homme. Pourtant, nous voyons bien dans les Écritures qu’un larron qui n’a jamais été baptisé a pu être sauvé et nous voyons des personnes comme Corneille obtenir le Saint-Esprit avant le baptême. Le baptême n’est qu’un symbole de ce qui est déjà arrivé dans le coeur: la nouvelle naissance.

– Le baptême par immersion est parfois pratiqué de manière inconvenante ou indécente, par exemple quand un ou des hommes immergent une femme peu vêtue dans l’eau, touchant son corps en plusieurs endroits. Les vêtements mouillés de cette femme laissent parfois voir des choses qui ne sont pas compatibles avec la modestie biblique.

– Autres réflexions sur le même sujet: D’autres questions au sujet du baptême par immersion

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Baptiser avec trop d’eau