Le martyre de Polycarpe

POLYCARPE, DISCIPLE DE L’APÔTRE JEAN ET ÉVÊQUE DE L’ÉGLISE DE SMYRNE, MIS À MORT PAR LE FEU ET PAR L’ÉPÉE, POUR SA FOI AU FILS DE DIEU, EN L’AN 168

Nous lisons dans l’Apocalypse de Jean, que le Seigneur commanda à Son serviteur Jean d’écrire certaines choses à l’ange (c’est-à-dire l’évêque ou le docteur) de l’Église de Smyrne, pour avertir le docteur ainsi que pour le service de l’Église : « Écris à l’ange de l’Église de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort, et qui est revenu à la vie : Je connais ta tribulation et ta pauvreté… Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie » (Ap 2:8-10). Ces paroles du Seigneur Jésus indiquent que les croyants de Smyrne, et leur docteur, étaient dans la tribulation et la pauvreté, et que davantage de souffrances les attendaient encore. Le Seigneur les exhorta donc à la constance et promit de leur donner la couronne de vie.

En ce qui concerne le docteur de cette Église, la plupart des écrivains anciens l’appellent Polycarpe et disent qu’il était un disciple de l’apôtre Jean. Il avait entendu Jean prêcher la Parole de Dieu et s’était associé à ceux qui avaient connu le Seigneur Jésus-Christ personnellement. Jean l’avait nommé évêque ou surveillant de l’Église de Smyrne.

Quant aux souffrances dont le Seigneur a dit qu’elles lui arriveraient ainsi qu’à l’Église dont il était le docteur, elles commencèrent quelque temps après. Ainsi, ce bon berger précéda bon nombre de brebis de son troupeau, qui le suivirent fidèlement. Cependant, nous ne parlerons ici que du berger, Polycarpe.

Nous lisons que trois jours avant d’être arrêté et condamné à mort, il fut soudainement pris de sommeil, au milieu de sa prière. Alors qu’il rêvait, il eut une vision dans laquelle il vit l’oreiller sur lequel sa tête était couchée s’enflammer soudainement et être consumé. Instantanément réveillé, il conclut qu’il devait être brûlé à cause du nom de Christ. 

Lorsque ceux qui cherchaient à l’arrêter se furent approchés de très près, ses amis s’efforcèrent de le cacher et l’amenèrent donc dans une autre localité. Ses persécuteurs le découvrirent néanmoins peu après. En effet, ils avaient saisi deux garçons qu’ils flagellèrent pour les obliger à dire où se trouvait Polycarpe. Bien qu’il eût pu facilement s’enfuir de la chambre où il était vers une autre maison voisine, il ne le fit pas, mais dit : « Que la volonté du Seigneur soit faite ». Il descendit donc les escaliers, à la rencontre de ses persécuteurs, qu’il reçut si gentiment que ceux qui ne l’avaient pas connu auparavant dirent avec regret : « Pourquoi devions-nous tant nous hâter pour arrêter un si vieil homme ? »

Polycarpe fit immédiatement dresser une table pour les gens d’armes et les pressa affectueusement de manger. Il les supplia de lui accorder une heure pour prier dans le calme sans être dérangé, pendant qu’ils mangeraient, ce qu’ils lui accordèrent. Lorsqu’il eut fini sa prière et que fut écoulée l’heure au cours de laquelle il avait réfléchi sur sa vie et recommandé à Dieu et à son Sauveur l’Église dont il était le docteur, les gens d’armes le juchèrent sur un âne et le conduisirent en ville, le jour du sabbat de la grande fête.

Nicétès et son fils Hérode, appelé le prince de paix, allèrent à sa rencontre, le prirent de l’âne, et le firent asseoir avec eux dans leur carrosse, cherchant ainsi à l’inciter à apostasier Christ. Ils disaient : « Que vous importe de dire : Seigneur empereur, et d’offrir devant lui un sacrifice ou de l’encens, pour vous sauver la vie ? » Au début, Polycarpe ne fit aucune réponse, mais comme ils persistaient à lui poser la question et à exiger une réponse, il finit par dire : « Je ne ferai jamais ce que vous me demandez et me conseillez de faire. » Lorsqu’ils virent qu’il était inébranlable dans sa foi, ils commencèrent à l’insulter et, en même temps, le poussèrent hors du chariot, de sorte qu’en tombant, il se blessa grièvement la jambe. Il ne laissa cependant jamais paraître qu’il avait été blessé par la chute, mais, dès qu’il se releva, il se rendit de nouveau volontairement entre les mains des gens d’armes pour être conduit plus loin jusqu’au lieu d’exécution, marchant aussi rapidement que si rien ne l’empêchait.

Dès que Polycarpe fut entré dans le cirque, ou l’amphithéâtre, où il devait être exécuté, une voix lui vint du ciel, disant : « Sois fort, ô Polycarpe ! et vaillant dans ta confession, et dans les souffrances qui t’attendent. » Personne ne vit celui dont on entendit la voix, mais beaucoup de chrétiens qui se tenaient autour l’entendirent. Cependant, à cause du grand tumulte, la plupart du peuple ne put l’entendre. Néanmoins cela servit à fortifier Polycarpe et ceux qui entendirent la voix.

Le proconsul de la ville l’exhorta à avoir compassion pour son grand âge, et, en jurant par la fortune de l’empereur, à renier Christ. Polycarpe donna la réponse franche suivante, « Cela fait quatre-vingt-six ans que je sers mon Seigneur Jésus-Christ, et Il ne m’a jamais fait aucun mal. Comment puis-je renier mon Roi, qui m’a jusqu’ici préservé de tout mal et qui m’a si fidèlement racheté ? »

Alors le proconsul le menaça de le faire déchirer par des fauves, s’il ne renonçait pas à sa résolution, disant : « Les bêtes auxquelles je te livrerai, sont prêtes, à moins que tu ne changes d’avis. » Sans crainte, Polycarpe répondit : « Qu’elles viennent, car ma détermination est immuable. L’affliction ne peut nous convertir ni nous faire passer du bien au mal ; mais il vaudrait mieux que ceux (les méchants) qui persistent dans leur méchanceté se convertissent au bien. » Le magistrat répondit : « Si tu ne te repens pas encore et que tu méprises les fauves, je te ferai brûler au feu. » Une fois encore Polycarpe répondit : « Tu me menaces d’un feu qui brûlera peut-être pendant une heure, puis s’éteindra bientôt ; mais tu ne connais pas le feu du futur jugement de Dieu, qui est préparé et réservé pour la punition et le tourment éternels des impies. Mais pourquoi tardes-tu ? Apporte les bêtes, ou le feu, ou tout ce que tu choisiras : tu ne me pousseras pas, par l’un ou l’autre, à renier Christ, mon Seigneur et Sauveur. »

Finalement, lorsque le peuple réclama sa mort, le proconsul le livra pour être brûlé. On rassembla instantanément un grand tas de fagots et de copeaux de bois. Lorsque Polycarpe vit cela, il se déshabilla et ôta ses chaussures pour se coucher sur le bois, sans vêtements. Les bourreaux s’apprêtaient à le clouer au bois, mais il dit : « Laissez-moi ainsi. Celui qui m’a donné la force de supporter la douleur du feu, me fortifiera aussi pour que je reste immobile dans le feu, même si vous ne me clouez pas au bois. » Ils ne l’attachèrent donc pas avec des clous, mais simplement avec une corde, lui liant les mains derrière le dos. Ainsi, préparé pour un sacrifice consumé par le feu et placé sur le bois comme un agneau sacrificiel, il pria Dieu : « Ô Père de Ton Fils bien-aimé et béni, notre Seigneur Jésus-Christ, par qui nous avons reçu la connaissance salvatrice de Ton saint nom ; Dieu des anges et des puissances, et de toutes les créatures, mais surtout de tous les justes qui vivent sous Tes yeux, je Te remercie de ce que Tu m’as appelé à ce jour et à cette heure, et de m’avoir jugé digne d’avoir ma part et ma place au nombre des saints martyrs, et dans la coupe des souffrances de Christ. Ainsi, je souffre avec Lui, et je participe à Ses douleurs. Je Te prie, ô Seigneur, que Tu veuilles bien me recevoir aujourd’hui comme une offrande grasse parmi le nombre de Tes saints martyrs, comme Toi seul, ô Dieu de vérité, qui ne peux mentir, tu m’y as préparé et tu me l’as fait connaître, oui, et tu l’as ultimement accompli. C’est pourquoi je Te remercie et Te loue devant les autres hommes, et j’honore Ton saint nom par Jésus-Christ, Ton Fils bien-aimé, le Souverain Sacrificateur éternel, à qui, avec Toi et le Saint-Esprit, soit la gloire, maintenant et à jamais. Amen. »

Dès qu’il eut prononcé le dernier mot de sa prière (le mot « Amen »), les bourreaux allumèrent le bois sur lequel il était placé ; et lorsque les flammes s’élevèrent au-dessus du corps de Polycarpe, on constata, au grand étonnement de tous, que le feu ne le blessait que peu, ou pas du tout. On ordonna alors au bourreau de le transpercer avec une épée, ce qui fut fait immédiatement, de sorte que le sang, soit à cause de la chaleur du feu, soit pour quelque autre raison, sortit si abondamment de la blessure que le feu en fut presque éteint. C’est ainsi que ce témoin fidèle de Jésus-Christ, étant mort par le feu et par l’épée, entra dans le repos des saints vers l’an 168.

Sources: Eusèbe de Césarée, Hist. Eccl., liv. IV, chap. 15 (1588), p. 66–70 ; cf. A. Mellinus, liv. I, Van de Historie, p. 40–41, col. 1–4 ; d’après Irénée de Lyon, liv. III, chap. 3 ; Épiphane de Salamine, Panarion (hér.) ; Jérôme, De viris illustribus (art. « Polycarpe ») ; Eusèbe de Césarée, liv. IV, chap. 13 ; liv. V, chap. 19 ; J. Gysius, Hist. Mart., an 168, p. 17, col. 2 ; P. J. Twisck, Chronijck, liv. II (an 168), p. 45, col. 2.

Funérailles de Maman

Nécrologie de Tina Andries


Tina Andries, fille de Cornelius et Mary Kornelsen Reimer, vit le jour le 23 novembre 1963 à Spanish Lookout, au Belize. Elle s’est paisiblement endormie dans le Seigneur le 2 juillet 2025, à son domicile de Roxton Falls, au Québec, à l’âge de 61 ans, après un combat courageux de quatre années contre le glioblastome, une tumeur au cerveau. Les dernières années furent marquées par une perte progressive du langage, mais sa sincérité, son regard lumineux et son sourire demeurèrent intacts jusqu’à la fin.


Tina passa les treize premières années de sa vie au Belize, troisième d’une fratrie de huit enfants. Fille aînée, avec une mère à la santé fragile, elle dut très tôt apprendre à veiller sur la maisonnée. Elle forgea ainsi un esprit de service et de responsabilité qui ne la quitta jamais. Ses frères et sœurs se souviennent d’elle comme d’une travailleuse dévouée et désintéressée, prête à s’occuper sans se plaindre des corvées les plus ingrates. Elle s’en acquittait avec joie, laissant les plus jeunes jouer ou participer à des activités plus agréables. Elle possédait un talent naturel pour masser le dos de ses frères et sœurs et pour prendre soin de leurs petits maux.


Ses parents déménagèrent à plusieurs reprises durant son enfance, à la recherche du peuple de Dieu. Cette quête les mena finalement à Rosenort, au Manitoba, alors que Tina avait treize ans. C’est là que, touchée par l’appel de Dieu à la repentance, elle connut la nouvelle naissance et, après avoir confessé sa foi, elle fut baptisée dans l’Église de Dieu en Christ, mennonite, par le ministre Jacob Bartel, le 14 janvier 1979. Elle demeura fidèle à ses vœux jusqu’à la fin de sa vie, marchant dans une piété simple, constante et joyeuse.


À l’adolescence, Tina continua de servir sa famille avec dévouement, assumant une lourde part du travail domestique : la lessive presque quotidienne pour dix personnes, la préparation chaque jour de plus de trente sandwichs pour les travailleurs et les écoliers de la famille. Puis elle consacra plusieurs années à prendre soin d’enfants orphelins ou abandonnés, tant au Manitoba qu’à Fort Vermillion, en Alberta. Elle savait écouter, consoler et faire sourire ceux que Dieu plaçait sur son chemin.


Au début de 1992, elle fit la connaissance de Papa, qui avait immigré depuis peu de Belgique. Papa et Maman ne mirent pas beaucoup de temps à comprendre que Dieu les avait destinés l’un pour l’autre. Ils s’unirent par les liens du mariage le 4 septembre 1992, à Rosenort, au Manitoba.


Le jeune couple s’installa d’abord à Grunthal, où ils vécurent un peu plus d’un an, avant de poser leurs valises à Montréal en janvier 1994. Maman aborda ce changement avec optimisme et bonne humeur, malgré les difficultés liées à ce déménagement : une autre langue à apprendre, la vie dans un appartement en ville bien loin de la jungle bélizienne ou des prairies du Manitoba. Elle apprit le français et le parla tout le temps avec Papa, autant par amour pour son mari que par envie de s’intégrer et de pouvoir parler à tous. Toujours souriante et attentive, cuisinière hors pair, elle aimait recevoir les nombreux invités avec le sourire et de bons plats.


En 2003, la famille s’installa à Roxton Falls, où les enfants purent grandir dans un milieu rural. Ce fut aussi pour elle l’occasion de vivre entourée d’une plus large communauté de foi, ce qu’elle apprécia profondément. Elle occupa quelques emplois de ménagère au fil des années, mais l’essentiel de son travail demeura centré sur sa maison, sa famille, ses amis de l’assemblée et du village. Maman cultivait plusieurs amitiés précieuses, notamment avec des femmes seules ou isolées de son entourage. Nombreuses furent les parties de Scrabble, de Qwirkle ou d’un autre jeu de société. Elle n’hésitait pas à prêter main-forte en cuisine, à écouter longuement, ou simplement à jaser autour de la table. Ces moments de partage faisaient partie intégrante de sa vocation de cœur, vécue sans bruit, mais avec une constance touchante.


Sa foi était le cœur battant de sa vie. Le dimanche était son jour favori, elle aimait tellement écouter la Parole de Dieu qu’elle écoutait parfois 2 autres cultes par téléphone en plus de celui de l’assemblée locale. Elle aimait beaucoup recevoir ou être invitée et profitait bien de ces occasions pour s’intéresser aux autres, les servir et parfois faire part des fardeaux qui lui pesaient sur le cœur. En voyage, parfois à l’autre bout du monde, elle évitait les sites touristiques pour aller plutôt à la rencontre des gens et leur prêter une oreille attentive.
Malgré plusieurs épreuves dans la vie, Maman chantait souvent. Elle était très reconnaissante envers Dieu de lui avoir donné quatre enfants, qu’elle chérissait de tout son cœur. Elle désirait ardemment que chacun d’eux serve le Seigneur et bénéficie de l’amour et de la sécurité que l’Église peut offrir. Son attachement profond à sa famille, bien que source de grande richesse, fut aussi parfois éprouvant pour elle.


Un nouveau chapitre commença en juin 2021, lorsque Maman fut soudainement frappée par une crise épileptique. Quelques mois plus tard, le diagnostic tomba : elle était atteinte d’une tumeur cérébrale réputée très agressive. En novembre de la même année, elle subit une opération qui permit de retirer 95 % de la masse tumorale. Elle traversa avec courage les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie, et recouvra presque entièrement ses capacités, malgré des séquelles persistantes au niveau du langage.


Mais peu à peu, une nouvelle tumeur recommença à croître. Malgré plusieurs traitements qui ralentirent la progression, il devint évident que Dieu allait bientôt la rappeler à lui. Malgré la maladie, Maman garda le sourire jusqu’à la fin, sans se plaindre.


Nous pouvons tous témoigner de la manière extraordinaire dont elle s’intéressait aux autres, même affligée par la maladie. Son aphasie grandissante n’éteignit jamais l’élan de son cœur. Elle tenait à voyager, à rencontrer des gens, à poser des questions, à écouter. Elle s’intéressait sincèrement aux projets des uns et des autres, tout particulièrement ceux de sa famille proche. Elle continua de montrer de l’intérêt pour la vie de chacun aussi longtemps qu’elle fut capable de les écouter.


Il y a six mois, devant l’absence de traitements efficaces, elle confia son corps et son avenir au Seigneur. Début mars, elle dut accepter de se déplacer en fauteuil roulant. Sa sœur Martha est venue passer les derniers mois avec elle, prenant en charge une grande partie de ses soins, ce pour quoi nous lui sommes très reconnaissants en tant que famille. Les dernières pages tournées, le livre de la vie terrestre de Maman s’est fermé, mais l’éternité s’ouvre. Bien que nous ayons le cœur lourd, nous sommes heureux de la savoir enfin en paix.


Elle laisse dans le deuil son mari éploré, Patrick Andries, ses quatre enfants : Hugues (et Amy), Thierry (et Chandra), Astrid (et Jesse), et Arnaud, ainsi que trois petits-fils bien-aimés. Son décès attriste également ses trois frères et trois sœurs, leurs époux et de nombreux neveux et nièces. Elle fut précédée dans la mort par ses parents ainsi qu’un frère.

Les funérailles auront lieu dimanche 6 juillet 2025, à 10h00, heure du Québec.

Infolettre – Été 2025 – 7 nouveaux traités

Bonjour à tous !

Comment allez-vous?

Je voulais prendre cette occasion pour saluer les 250 abonnés. L’année scolaire vient de se terminer et nous allons entamer la récolte de camerises à partir de demain, Dieu voulant. Comme j’écris rarement ces derniers temps, je voulais laisser un petit message pour confirmer que nous sommes toujours en vie et toujours là pour vous servir.

Merci au passage pour tous les commentaires, les témoignages, les lettres et les commandes de documentation évangélique que je continue à recevoir personnellement plusieurs fois par jour. C’est toujours encourageant !

Quoi de neuf au niveau des traités ?

Nouveaux traités en français depuis l’an dernier (cliquez sur les titres pour les lire en ligne)

Vous pouvez vous abonner ici pour recevoir un traité par semaine par voie électronique : t.me/traites.

Traités au format audio

Dans mes moments libres, je travaille à l’enregistrement de traités audio. Il y en a déjà une quinzaine disponibles sur le site. Ils sont destinés aux enfants, aux personnes illettrées et aux malvoyants notamment. Si vous connaissez une personne qui aimerait écouter ces histoires, il suffit de chercher les symboles « casque audio ».

Vous pouvez en apprendre plus au sujet de la SEBT ainsi que commander des traités gratuits sur la page suivante : https://missionnaireanabaptiste.org/societe-evangelique-de-bibles-et-traites/ ou directement à travers le formulaire ci-dessous.

Là où la SEBT a envoyé des représentants officiels, elle ne s’occupe pas uniquement de distribuer des traités et des petites bibles, mais aide aussi à soutenir des orphelinats, des maisons de retraite, des personnes en difficulté, des prisonniers, des personnes souffrant de dépendances diverses, des villageois pauvres dans des situations critiques. Ce n’est pas notre mission numéro 1 en tant qu’organisation d’évangélisation, mais cela fait partie de l’œuvre que Jésus nous a enseigné de faire pour notre prochain, et nul chrétien, quelle que soit sa profession ou sa vocation principale, ne peut ignorer ceux qui sont dans le besoin matériel ou émotionnel autour de lui.

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Nouveaux livres des Éditions de l’Évangile

Le foyer chrétien

Reuben Koehn.
Un solide enseignement biblique concernant la vie au foyer et l’éducation des enfants. Écrit à I’attention des parents qui veulent amener leurs enfants à une vie mûre, agréable à Dieu et à I’homme. Les thèmes abordés sont : le foyer, les parents, l’enfant, le développement mental et social, la discipline, l’utilisation de l’argent, l’adolescence, le début de la vie adulte, les relations amoureuses, etc.

144 pages ; format papier ; Éditions de l’Évangile. 14,25$ (dollars canadiens)

La famille Andries vous souhaite un été rempli de bénédictions, de victoires spirituelles et d’occasions de servir et d’adorer.

Pour nous, nous rendons grâce à Dieu, car malgré quelques brèves maladies, nous nous portons très bien.

Louis et Étienne grandissent très bien.

Ma mère continue son combat contre le cancer. Elle ne peut plus parler (parfois un mot), et a du mal à avaler. Elle est alitée la plupart du temps, mais nous la sortons parfois en fauteuil roulant. SVP continuez de prier pour elle, elle a aussi des maux de tête.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette infolettre. Vos commentaires, questions et conseils sont les bienvenus !

Que Dieu vous bénisse tous !

Bien chaleureusement en Christ,

Hugues & Amy Andries (et Louis et Étienne)

Le martyre d’Ignace vers l’an 111 ap. Jésus-Christ

DU TÉMOIGNAGE D’IGNACE TOUCHANT LE BAPTÊME

De l’an 71 à l’an 111 — On dit qu’Ignace prospéra en ce temps-là. Il fut le deuxième évêque d’Antioche après Pierre et, selon les chroniques, il exerça son ministère au temps de l’apôtre Jean. Écrivant sur le baptême, il n’en parle que d’une manière qui implique clairement qu’il doit être accompagné de foi, d’amour et de patience.

Dans sa lettre à Polycarpe, évêque de Smyrne, il écrit entre autres : « Qu’aucun de vous ne soit trouvé apostat. Que votre baptême soit votre arme, votre foi votre casque, l’amour une lance, la patience une armure complète ».

Dans une lettre aux Tralliens, il écrit encore : « Il me semble que vous ne vivez pas selon la chair, mais selon Jésus-Christ, qui est mort pour nous ; afin que, croyant en Sa mort, vous puissiez, par le baptême, participer à Sa résurrection. »

Dans la lettre adressée à ceux de Philadelphie, il dit ceci : « Voyant, donc, qu’il y a un seul Dieu et Père non engendré et un seul Fils, Verbe et Homme engendré, un seul Consolateur, l’Esprit de Vérité, et une seule foi, un seul baptême et une seule Église, que les apôtres ont fondée avec leur sueur et leur travail, dans le sang de Christ d’un bout de la terre à l’autre, c’est pourquoi vous, en tant que peuple particulier et génération sainte, devez aussi faire toutes choses avec un cœur unanime en Christ ».Qui ne voit pas qu’Ignace, en plaçant dans cet ordre la prédication, la foi, le baptême et l’Église, entend montrer que, selon l’ordonnance de Christ, la prédication doit précéder la foi ; que la foi conduit au baptême ; et qu’après le baptême, le croyant devient membre de l’Église ? Et ces membres, en tant que peuple particulier et génération sainte, doivent agir d’un même cœur en Christ ? Car c’est là le sens des paroles d’Ignace. Voir, concernant les lettres d’Ignace citées plus haut : H. Montanus, De Nietigheydt van den Kinder-doop, 2ᵉ éd., p. 4–5 ; ainsi que J. du Bois (quoique interprétant mal ces lettres), Contre Montanus, éd. 1648, p. 16–22.

IGNACE, DISCIPLE DE L’APÔTRE JEAN, DÉVORÉ PAR DES FAUVES DANS UN CIRQUE À ROME, À CAUSE DU TÉMOIGNAGE DU FILS DE DIEU, EN L’AN 111

Ignace, disciple de l’apôtre Jean et successeur de Pierre et d’Évode, était au service de l’Église de Christ à Antioche en Syrie. C’était un homme craignant Dieu, très pieux, fidèle et diligent dans ses ministères. Il était surnommé Théophore, c’est-à-dire, Porteur de Dieu, apparemment parce qu’il portait souvent dans sa bouche le nom de Dieu et de son Sauveur et qu’il menait une vie pieuse. Il avait coutume de dire fréquemment : « La vie de l’homme est une mort continuelle, à moins que Christ ne vive en nous. » De même : « Le Christ crucifié est mon seul et entier amour. » Et : « Celui qui se laisse appeler d’un autre nom que Christ n’est pas de Dieu. » Et encore : « Autant le monde hait les chrétiens, autant Dieu les aime. » A. Mellinus, p. 15, col. 1, au sujet d’Ignace d’Antioche (Epist. ad Romanos et autres).

Après ses victoires sur les Daces, les Arméniens, les Assyriens et d’autres peuples d’Orient, l’empereur Trajan en remercia les dieux à Antioche, leur offrant de riches sacrifices comme si c’étaient eux qui lui avaient donné la victoire. Ignace, rapporte Nicéphore, l’ayant appris, le reprit publiquement dans le temple même.

L’empereur, extrêmement en colère à ce sujet, fit arrêter Ignace, mais, par crainte de tumulte, parce qu’Ignace était tenu en grand respect à Antioche, il ne le fit pas punir là, mais le confia entre les mains de dix soldats et l’envoya lié à Rome, pour y être puni.

Entre-temps, sa condamnation à mort lui fut annoncée : de quelle manière et en quel lieu il devait mourir ; en l’occurrence, qu’il serait mis en pièces par des bêtes sauvages à Rome.

En chemin, il écrivit plusieurs épîtres de consolation à ses amis, les fidèles en Jésus-Christ et aussi à différentes Églises, comme à celles de Smyrne, d’Éphèse, de Philadelphie, de Tralles, de Magnésie, de Tarse, de Philippes et surtout à l’Église de Christ à Rome. Il envoya ces lettres avant son arrivée là-bas. Il semble que l’idée d’être mis en pièces par les dents des bêtes sauvages était constamment présente dans son esprit pendant le voyage, non avec crainte, mais plutôt avec un désir sincère. C’est ce qu’il mentionne dans sa lettre à l’Église de Rome, écrivant ainsi : « En voyageant de Syrie à Rome, sur mer et sur terre, de jour et de nuit, je combats avec des fauves, lié entre dix léopards1, et plus je les caresse et me montre amical envers eux, plus ils deviennent cruels et malins. Cependant, à travers les cruautés et les tourments qu’ils m’infligent quotidiennement, je suis de plus en plus exercé et instruit. Néanmoins, je n’en suis pas justifié. Ah, si seulement j’étais déjà avec les bêtes, prêtes à me dévorer ! J’espère que d’ici peu, je les trouverai telles que je souhaite qu’elles soient, c’est-à-dire assez cruelles pour me détruire promptement. Mais si elles ne me tombent pas dessus et ne me déchirent pas, je les séduirai gentiment, afin qu’elles ne m’épargnent pas, comme elles ont déjà épargné plusieurs chrétiens, mais qu’elles me déchirent rapidement et me dévorent. Pardonnez-moi de parler ainsi ; je sais ce dont j’ai besoin. Maintenant seulement je commence à être un disciple de Christ. Je ne considère ni les choses visibles ni les invisibles dont le monde est étonné. Il me suffit de devenir participant de Christ. Que le diable et les méchants m’affligent de toutes sortes de douleurs et de tourments, par le feu, par la croix, par la lutte contre les bêtes sauvages, par la dispersion des membres et des os de mon corps. Tout cela, je l’estime fort peu, si seulement je jouis de Christ. Priez seulement pour moi, afin que la force intérieure et extérieure me soit donnée, non seulement pour dire ou écrire cela, mais aussi pour l’accomplir et le supporter, afin que je puisse non seulement être appelé chrétien, mais aussi être trouvé tel en vérité. » Ignace d’Antioche, Epist. ad Romanos.

Arrivé à Rome, il fut remis par les soldats au consul, avec les lettres de l’empereur qui contenaient sa condamnation à mort. Il fut gardé en prison plusieurs jours, jusqu’à un certain jour de fête des Romains, où le consul, conformément à l’ordre de l’empereur, le fit amener dans l’amphithéâtre. Tout d’abord, ils cherchèrent, par de nombreux tourments, à l’inciter à blasphémer le nom de Christ et à offrir des sacrifices aux dieux. Mais comme Ignace ne faiblissait pas dans sa foi, mais, plus le supplice durait, plus il était fortifié dans son refus d’offrir des sacrifices païens, il fut aussitôt condamné par le Sénat romain et immédiatement jeté devant les lions.

Alors qu’Ignace était emmené hors de la présence du Sénat vers l’enceinte la plus intime, ou fosse aux lions, il répétait fréquemment le nom de Jésus dans la conversation qu’il avait, en chemin, avec les croyants, ainsi que dans sa prière secrète à Dieu. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il agissait ainsi, il répondit : « Mon cher Jésus, mon Sauveur, est si profondément inscrit dans mon cœur, que je suis convaincu que si mon cœur devait être ouvert et découpé en morceaux, le nom de Jésus se trouverait écrit sur chaque morceau. » Par cela, cet homme pieux indiquait que non seulement sa bouche, mais les parties les plus intimes de son cœur étaient remplies de l’amour de Jésus, car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Ainsi, Paul aussi, étant rempli de l’amour de Jésus-Christ, a employé, dans ses lettres, jusqu’à deux cents fois (selon ce qu’on a compté) le terme « Notre Seigneur Jésus-Christ ». Il répète aussi le nom « Jésus » jusqu’à cinq cents fois.

Lorsque toute la multitude du peuple fut rassemblée pour assister à la mort d’Ignace (car le bruit s’était répandu dans toute la ville qu’un évêque avait été amené de Syrie, qui, selon la sentence de l’empereur, devait combattre contre les bêtes sauvages), Ignace fut amené et placé au milieu de l’amphithéâtre. Alors Ignace, avec un cœur audacieux, s’adressa ainsi au peuple qui se tenait autour : « Ô Romains, vous tous qui êtes venus assister à ce combat de vos propres yeux, sachez que ce châtiment ne m’a pas été infligé à cause d’un méfait ou d’un crime, car je n’en ai jamais commis, mais pour parvenir à Dieu, que je désire ardemment, et dont la jouissance est mon désir insatiable. Car, je suis le grain de Dieu. Je suis broyé par les dents de la bête, afin que je sois trouvé un pain pur de Christ, qui est pour moi le pain de vie. » Ces paroles furent prononcées par Ignace alors qu’il se tenait au milieu de l’amphithéâtre et qu’il entendait les lions rugir, ce que les frères de l’Église qui se tenaient également parmi le peuple entendirent et attestèrent.Aussitôt qu’il eut prononcé ces mots, deux lions épouvantables et affamés lui furent relâchés de leurs fosses, qui le déchirèrent et le dévorèrent aussitôt, ne laissant presque rien, ou du moins très peu, même de ses os. Ainsi s’endormit, heureux dans le Seigneur, ce fidèle martyr de Jésus-Christ, en l’an 111, la douzième année de l’empereur Trajan. Comparez avec A. Mellinus, Hist. der vervolg. en ’t martelaers der eerste christenen, liv. I, (Dordrecht, éd. 1619), p. 25, col. 1–4, et p. 26, col. 1 ; avec J. Gysius, Hist. Mart., p. 15, col. 2–3 ; ainsi qu’avec W. Baudart, dans Apophthegmata Christiana, (Dordrecht, 1640), liv. I, dans le 2e Apophtegme, sous le nom d’Ignace, p. 37–38, et de divers autres auteurs.


  1. Toutes les traductions du grec que nous avons pu consulter ajoutent ici un élément de contexte manquant dans le texte néerlandais du Miroir : après la mention des dix léopards, Ignace précise « je veux parler des soldats qui me gardent », ce qui semble plus plausible étant donné le comportement de ces « léopards ». — NDLT ↩︎

Un baptême authentique: pourquoi le baptême est si important (pas pour les raisons habituellement évoquées)

Le Martyre d’Étienne

ÉTIENNE, L’UN DES SEPT DIACRES DE L’ÉGLISE DE JÉRUSALEM,
LAPIDÉ À L’EXTÉRIEUR DE LA PORTE DE LA VILLE PAR LES AFFRANCHIS,
EN L’AN 34 apr. J.-C., PEU APRÈS LA MORT DE CHRIST

Étienne, dont le nom signifie couronne en grec, était l’un des sept diacres de l’Église de Jérusalem, un homme plein de foi et de la sagesse de Dieu (Ac 6:5).

Il connaissait bien les saintes Écritures de l’Ancien Testament et était très éloquent. Il arriva que certains membres de la synagogue des affranchis1, des Cyrénéens, des Alexandrins et de ceux de Cilicie et d’Asie, se disputèrent avec Étienne. Ils ne purent résister à la sagesse et à l’esprit par lequel il parlait. Puis ils subornèrent quelques hommes pour qu’ils disent : Nous l’avons entendu proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. Ils émurent le peuple, les anciens et les scribes, et, se jetant sur lui, ils le saisirent, et l’emmenèrent au sanhédrin. Ils produisirent de faux témoins, qui dirent : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la loi ; car nous l’avons entendu dire que Jésus, ce Nazaréen, détruira ce lieu, et changera les coutumes que Moïse nous a données. Tous ceux qui siégeaient au sanhédrin ayant fixé les regards sur Étienne, son visage leur parut comme celui d’un ange (Ac 6:9-15).

Alors le souverain sacrificateur lui dit : Les choses sont-elles ainsi ? Là-dessus, cet homme pieux s’expliqua et répondit avec plusieurs arguments ; il cita en outre, avec une éloquence céleste et avec un raisonnement incontestable, de nombreux passages de l’Ancien Testament, pour montrer que Christ est le vrai Messie et que l’Évangile est vrai (Ac 7:1-53).

Mais quand il commença à leur dévoiler avec une grande ardeur leur propre soif de sang, leur colère s’enflamma encore plus contre lui, car ces choses les blessaient au cœur et ils grinçaient des dents contre lui (v. 54).

« Mais Étienne, rempli du Saint Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (v. 55 et 56).

« Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui, le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul » (v. 57 et 58).

À ce moment-là, il cria et dit : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte : Seigneur, ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s’endormit » (v. 59 et 60).

Telle fut la fin de cet homme honnête, Étienne, à qui l’honneur de Jésus-Christ était plus cher que sa propre vie. Il est dit que cela eut lieu l’an trente-quatre après la naissance de Christ, la dix-neuvième année du règne de Tibère, qui était la trente-huitième année de son âge. Cela se produisit la septième année après le baptême de Christ. Nicéphore Calliste, Hist. Eccl., liv. II, chap. 3.

Après cela, des hommes pieux s’occupèrent du corps, et le portèrent au tombeau, pleurant grandement ce pieux martyr (Ac 8:2). Les pierres étaient pour lui comme des sources de douceur. Augustin, Soliloques, chap. 22.
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(Tiré du Miroir des Martyrs, traduction des p. 70-72 de la version anglaise)

  1. Ou « Libertins » — NDLT ↩︎

Naissance du petit Étienne