Golgotha

« Trois croix sont dressées sur le mont Golgotha,
Trois hommes sont condamnés à mourir sur le bois. »
J’écoutais ce refrain, je me suis endormie,
Les paroles chantées, en rêve m’ont suivie.

En haut de la colline où j’étais arrivée,
Là sur la terre nue, trois croix étaient couchées.
Un morceau de papier voletait puis tomba
Sur la croix du milieu, où il demeura.

Je m’approchais alors pour voir ce que c’était.
Sur le papier fixé, mon nom se détachait
En grosses lettres sombres. Je me vis désignée
À mourir sur la croix, j’en fus terrorisée.

Parmi des pharisiens je courus me cacher.
Ils parlaient hébreu, je les ai écoutés.
Je compris qu’aujourd’hui seraient crucifiés
Deux drilles de Barabas, lui-même libéré.

Ils étaient nus et sur le bois déjà cloués.
Au poteau transversal, leurs bras étaient liés,
Leurs poignets, leurs talons, de grands clous transpercés.
Dans leur grande douleur, je les entends hurler.

Entre eux deux, étendue, ma croix demeurait vide.
Lequel me livrerait de ces badauds avides,
Satisfaits de voir là des hommes redoutés,
Recevoir un salaire qu’ils ont bien mérité.

Quand Il est arrivé, Il saignait de partout.
La couronne d’épines l’avait percé de trous,
Et de son front sanglant coulait en fins filets,
Le sang de l’innocent qui pour moi se livrait.

Ils ont pris sa tunique, et son corps dénudé
Était tout déchiré par le fouet acéré.
Ses pieds étaient souillés des poussières
De la terre lorsqu’ils l’ont couché sur le bois du calvaire.

Aucun cri n’est sorti de ses lèvres asséchées,
Quand sa chair s’ouvrait sous les coups martelés.
C’est à la troisième heure qu’ils le crucifièrent,
C’est entre deux brigands qu’ensuite ils l’élevèrent.

On redressa les croix à l’aide de cordages ;
Pour être vues de tous, placées sur le passage.
Un murmure s’amplifia dans le groupe où j’étais :
« Bien fait pour lui ! Ah ! Ah ! Pour qui il se prenait ? »

Rouge du sang versé, mon nom glissa à terre,
Puis le vent le saisit, l’éleva dans les airs.
Je le perdis de vue, mais je savais très bien,
Que l’homme qui mourait le tenait dans sa main.

Dans l’atroce souffrance d’une lente asphyxie,
le Sauveur sur la croix pardonne ses ennemis.
Chargé de nos péchés, il subit l’infamie.
Le fils de Dieu mourait pour nous donner la vie.

Les oiseaux charognards, bêtes errantes et chiens,
Se rassemblent déjà en vue du grand festin.
L’un des brigands supplie : « oh, souviens-toi de moi,
Lorsque tu reviendras, lorsque tu seras Roi ! »

La confiance en Jésus, au rachat par la croix,
Voilà le seul chemin, le salut par la foi.
« Aujourd’hui, tu seras avec moi, au paradis, »
Brusquement vient la nuit, le ciel s’est obscurci.

Des ténèbres épaisses assombrissent la terre,
Jésus est fait péché et séparé du Père.
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
C’est par amour pour nous que le Christ s’est livré.

Au temple ce soir-là, le schofar sonnait,
Lorsque le fils de Dieu sur la croix expirait.
Je l’entendis sonner au plein cœur de l’orage.
Je m’éveillai soudain, le tonnerre faisait rage.

Alors ce vieux cantique qu’on chantait autrefois,
Surgit tout à nouveau et j’élevais ma voix,
Pour toi, pour moi, pour le brigand qui fut cloué,
Pour tous ceux qui voudront être en Jésus sauvés.

« Attaché à la croix pour moi,
Attaché à la croix pour moi,
Il a pris mon péché, Il m’a délivré,
Attaché à la croix pour moi. »

Annick Markmann

Hirondelles, frêles hirondelles

Je perçois grandissant à l’intérieur de moi,
une douce émotion et une joie profonde,
à regarder voler au-dessus des vieux toits,
de jeunes hirondelles en boucles vagabondes.

Elles inscrivent, en larges lettres rondes,
mille mots sombres dans le ciel clair,
planent légères, plongent le bec ouvert,
près des surfaces où les insectes abondent.

Qu’écrit donc le vol des vives hirondelles
s’élevant et plongeant en un trait élégant ?
En courbes éphémères, leur valse rituelle,
parle d’éternité et de brièveté du temps.

Il est court en effet, le temps de l’estivage,
de la croissance avant le grand rassemblement,
avant que soit l’automne, le périlleux voyage,
l’Afrique colorée, ses glorieux printemps.

C’est pourquoi, près des toits, volent dix hirondelles,
qui tourbillonnent, plongent, chassent en truissotant,
dans l’air frais du matin, sans relâche s’appellent,
se regroupent un instant, s’égaillent brusquement.

Sur les fils souvent, pourquoi s’assemblent-elles ?
Vingt, trente, cent, leur nombre va croissant.
D’où viennent-elles ? Quel mystérieux appel
dit à chacune « Viens, c’est bientôt le moment. »

Le nombre étant atteint, le jour étant venu,
quand en secret résonne un signal attendu,
des milliers qui pépient sur les fils, serrées,
l’une d’elle s’envole, monte jusqu’aux nuées.

Alors mille hirondelles en vagues se détachent,
bruyant nuage, dans le silence d’un ciel serein.
Une loi éternelle, du cœur de leur instinct,
guide leur vol au lieu où leur survie s’attache.

Un jour viendra aussi où les croyants fidèles,
qui se sont repentis, vivent selon l’Esprit,
entendront à leur tour, venant du ciel un cri,
comme un son de schofar, l’appel de l’éternel.

Alors, les morts en Christ seront ressuscités,
les vivants en Jésus se verront transformés.
Dans les cieux à leur tour ils seront enlevés,
rejoignant le Seigneur venu pour les chercher.

Annick Markmann

Temporaire, éternel.

Les feuilles mortes tombent toujours
de l’arbre avec les frimas.
Elles volent dans le vent des jours,
mais l’arbre lui ne meurt pas.

Au ralenti la vie demeure,
cachée dans l’arbre qui somnole.
La sève est le puissant symbole,
d’une vie qui jamais ne meurt.

Quand les saisons de notre histoire,
s’effeuillent au livre où tout s’inscrit,
en creux sillons dans nos mémoires,
demeurent joies, peines et soucis.

Notre séjour est temporaire
et la mort ne lésine pas
Elle fauche largement son aire,
vous mène de vie à trépas.

C’est donc ainsi que de l’enfance,
aux jours de la maturité,
nous passons de l’insouciance,
à l’heure de la vérité.

Quand le corps retourne à la terre,
l’âme et l’esprit s’en sont allés,
dans l’éternité près du père,
s’ils ont cherché sa volonté.

Ne comptons pas sur nos mérites,
car alors nous croirions en vain.
Le ciel est pour tous ceux qu’habite
l’humble, le doux, Christ le seul bien.

Annick Markmann

La planète terre et le brouillard du futur

Merci !

De notre coin de terre jusqu’à notre arrivée,
La route était bien longue et le temps défilait.
Avec le soleil nous nous étions levés,
C’était l’après-midi, et mon mari dormait.

Nous avions tour à tour, conduit au long des heures.
Nous étions maintenant sur les voies secondaires.
L’Odenwald se parait de tons d’or et de verts.
Je devais avancer, éviter la torpeur.

L’écoute d’une cassette aidait mon attention.
L’harmonique des chants, les voix et la musique,
Les paroles chantées m’emplissaient d’émotions.
L’espace se ponctuait de beaux versets bibliques.

Par son sens opportun, l’un d’eux m’avait touchée
« Je garde ton départ, aussi ton arrivée. »
Il ajoutait : « dès maintenant et à jamais. »
Au ralenti, derrière un camion, je roulais.

La route n’était pas large, mais le temps me pressait.
Je mis mon clignotant, à gauche me déportais.
Rien derrière, rien en face, alors je m’engageais
Et jusqu’à la moitié du camion remontais.

Derrière le camion, je me suis retrouvée.
Ma volonté à moi, c’était de dépasser.
Tout s’est fait malgré moi, je ne peux l’expliquer,
Ça s’est fait hors du temps, mais nous étions sauvés.

Dans toute sa vitesse, une voiture lancée,
Passait en sens inverse, quel choc ç’aurait été !
Une main invisible nous avait déplacés,
Dans la conformité au verset écouté.

Annick Markmann

Au sujet des prophéties et des théories

[reblogué du site https://temoinanabaptiste.com/2023/10/17/au-sujet-des-propheties-et-des-theories/. Article numéro 7 d’une série d’articles écrits sur le thème de la prophétie.]

Aujourd’hui, nous lisons beaucoup de choses sur le climat, l’environnement et l’avenir de la planète Terre. Des données sont collectées, des théories sont présentées, des prédictions sont faites. Au rythme actuel, combien de temps la Terre pourra-t-elle supporter la vie humaine ? Combien de temps y aura-t-il de l’eau potable ? Dans combien de temps les mers seront-elles mortes, polluées au point d’être irrécupérables ?

Tandis que les scientifiques s’occupent de ces questions, les chrétiens se livrent également à de nombreuses spéculations sur ce qui se passera dans le domaine politique. En examinant les prophéties de Daniel, le rêve de Nebuchadnetsar, les visions de l’apôtre Jean et en faisant du copier-coller, les évangéliques ont élaboré des théories très intéressantes sur la date et les modalités du retour de Jésus. Personne n’est sûr de rien, mais il est intéressant de spéculer.

La prophétie est un sujet intense et les érudits, historiques et actuels, ont passé de nombreuses années à essayer de la déchiffrer. Mais lorsque nous pensons à toutes les connaissances scripturaires dont disposaient les scribes et les pharisiens à l’époque de la naissance de Jésus, nous sommes étonnés de constater qu’ils n’ont absolument pas su le reconnaître. Son arrivée n’était pas un grand secret, puisque les anges chantaient dans le ciel de Bethléem et que les bergers allaient parler à tout le monde de l’enfant roi-sauveur.

De plus, une caravane de mages orientaux arrive à Jérusalem et se rend directement au palais pour demander : « Où est le roi des Juifs qui est né? Car nous avons vu son étoile à l’Orient. » Cela a fait grand bruit.

« Le roi Hérode, l’ayant appris, fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Et, ayant rassemblé tous les grands prêtres et les scribes… il s’informa auprès d’eux du lieu où le Christ devait naître. Et ils lui dirent : À Bethléem de Judée, car il est écrit : Et toi, Bethléem… tu n’es nullement la moindre parmi les chefs de Juda ; car de toi sortira un conducteur, qui fera paîtra mon peuple d’Israël. » Matthieu 2.1-8

Cette citation de Michée 5.2 est l’un des nombreux versets de l’Ancien Testament qui annonçaient la venue du Messie, du Christ, du gouverneur, de Silo. Mais les détails ne semblaient tous concorder. Ésaïe a écrit :

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et l’empire est mis sur son épaule : on l’appellera l’Admirable, le Conseiller, le Dieu puissant, le Père d’éternité, le Prince de la paix. Pour accroître l’empire, pour donner une prospérité sans fin au trône de David et à son royaume ; pour l’établir et l’affermir dans l’équité et dans la justice, dès maintenant et à toujours. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela. » Chapitre 9.5-6

Mais Ésaïe a écrit aussi :

« Qui a cru à ce qui nous était annoncé ? Qui a reconnu le bras de l’Éternel ? Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée ; il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. » Chapitre 53.1-5

Nous pouvons tirer une leçon des érudits de l’époque de Jésus : bien qu’ils aient cru que le Messie viendrait, et bien qu’ils aient mémorisé tous les versets concernant sa venue, les prophéties variaient suffisamment pour qu’ils ne le reconnaissent pas. Même ses propres disciples étaient déconcertés jusqu’à ce que Jésus vienne à eux et leur parle après sa résurrection.

« Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur interprétait dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » Voir Luc 24.13-35

En ce qui concerne la compréhension des prophéties, j’ai vécu assez longtemps pour voir divers changements d’interprétation dans ce que les érudits disaient être « des écritures qui montrent clairement que telle ou telle chose arrivera ». J’ai également lu suffisamment de choses pour savoir que des chrétiens d’autres époques ont été tout aussi convaincus d’une interprétation complètement différente.

Prophéties et interprétations : Un bref rappel

AMILLÉNARISME

L’enseignement amillénariste affirme que Jésus est venu en attendant de souffrir et de mourir. Lorsqu’il est ressuscité, il a vaincu Satan, le maître de ce monde. Il a établi son royaume, mais celui-ci n’est pas, et ne sera jamais, une nation ou un pays visible sur la terre actuelle. L’entrée dans son royaume est la nouvelle naissance. Jésus est venu pour être la Porte, pour ouvrir le chemin du Royaume de Dieu. Depuis sa résurrection, il règne dans le cœur de tous ceux qui l’ont choisi comme roi. Un jour, il reviendra pour rassembler les siens au ciel.

Les citoyens du royaume de Dieu peuvent vivre n’importe où sur terre, mais ne sont pas du monde, c’est pourquoi ils paient des impôts (rendre à César) et obéissent à toutes les lois, mais peuvent refuser de voter ou de porter les armes pour défendre le pays dans lequel ils vivent. (Les paroles de Jésus, telles que « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, etc. » sont prises au pied de la lettre). Au contraire, comme l’explique Paul, les chrétiens agissent en tant qu’ambassadeurs officiels de leur roi, implorant au nom de Christ : « Réconciliez-vous avec Dieu. »

Si j’ai bien compris, c’est la croyance traditionnelle des mennonites, des amish et de certains groupes de frères. Peu d’églises protestantes évangéliques l’enseigne, voire aucune.

LE POST-MILLÉNARISME

À l’époque où nous étudiions les prophéties, la théorie prémillénaire était si répandue que j’ai été très choqué en lisant le livre de Douglas Frank, Less Than Conquerors (1986, Wm B Eerdmans), d’apprendre que, jusqu’à la guerre civile américaine, presque tous les chrétiens évangéliques croyaient à la théorie post-millénale. C’est-à-dire :

Le monde ira de mieux en mieux et finalement il sera si bon que Jésus reviendra sur terre et établira son royaume. Les chrétiens américains qui croyaient en cette théorie ont soutenu l’abolition et la guerre civile parce qu’ils pensaient pouvoir faire avancer les choses en se débarrassant de la tache de l’esclavage. Les chrétiens améliorant la société, la rendant plus hospitalière au retour de Christ, le monde (ou du moins les États-Unis) deviendrait si bon que Jésus viendrait établir son royaume sur terre.

Hélas pour leurs rêves ! La guerre de Sécession a apporté tant de morts et de destructions, et a généré tant d’animosité que le monde, ou du moins l’Amérique, était encore plus loin d’être prêts pour le royaume de Jésus-Christ. Au cours des vingt années qui suivirent, les évangéliques abandonnèrent massivement cette théorie. Au cours de ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui prône, ou même mentionne, le post-millénarisme. Je me demande combien de chrétiens aujourd’hui en ont même entendu parler.

Dans un autre ordre d’idées, l’une des déceptions les plus amères qu’un groupe de personnes ait connues a dû être la découverte par les Noirs du sud des États-Unis, libérés des chaînes de l’esclavage, que la liberté ne signifiait pas l’égalité aux yeux de la plupart des gens blancs. Ni dans le sud, ni même dans le nord du pays.

LE PRÉMILLÉNARISME

Selon le livre de Frank, les évangéliques ont abandonné la théorie post-millénaire et sont passés au prémillénarisme. Comme il s’agit d’une question très complexe et très liée au dispensationalisme, je vais la réserver pour un autre article. Une explication simple serait la suivante : Jésus revient chercher ses enfants :

Jésus revient pour réclamer ses enfants et, à un moment donné, établir son royaume à Jérusalem. De là, lui et ses disciples régneront sur toute la terre pendant mille ans, à la fin desquels les humains qui n’acceptent pas son règne organiseront une grande révolte. Il mettra alors fin au temps et le grand Jugement dernier commencera.

Jésus leur dit : « C’est ainsi qu’il est écrit, et c’est ainsi qu’il fallait que le Christ souffre, et que le troisième jour il ressuscite d’entre les morts, et qu’on prêche en son nom la repentance et le pardon des péchés pour toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Vous, vous êtes témoins de ces choses. » Luc 24.46-48

Christine Goodnough

Au commencement

Tu m’avais demandé de t’écrire une histoire
Inspirée de la Bible, afin de t’éclairer.
Je vais donc essayer et te donner à croire
Les débuts de ce monde et de l’humanité.

Au commencement, Dieu crée, est-il écrit,
Les cieux, la terre et tout ce qu’elle contient.
Des atomes terrestres, il forme l’être humain.
Lui donne son esprit, le souffle de la vie.

Il choisit de faire l’homme à l’image de Dieu.
Il crée l’homme et la femme, puis ainsi les bénit :
« Multipliez-vous, devenez très nombreux,
Que la terre soit remplie ; vous soit assujettie. »

Il était en Éden, un luxuriant verger
Où Dieu avait planté des arbres par milliers.
C’est là, dans ce séjour, qu’Il plaça les humains.
Chaque soir, Dieu venait les voir, dans le jardin.

L’homme se nourrissait de plantes variées
Et des fruits délicieux qu’il pouvait récolter.
Il poussait cependant au centre du jardin,
Deux arbres dont le nom n’était pas anodin.

L’arbre de la vie, se nommait le premier.
Il donne la vigueur et ses feuilles guérissent.
Son fruit est nécessaire afin qu’il nourrisse
Une vie qui s’étend jusqu’à l’éternité.

Une vie abondante dans la contemplation
Des bleutés paysages au rythme des saisons.
Une vie de liberté, une vie d’adoration
Et avec Dieu toujours, une vraie communion.

L’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Tel était le nom du deuxième dont Dieu dit :
« Tu n’en mangeras pas. Si tu goûtes à son fruit,
Tu mourras. » Interdiction claire et loyale !

Dans le jardin, les animaux étaient nombreux
Et le serpent était le plus rusé d’entre eux.
À la femme il susurre : « Dieu a-t-il vraiment dit,
Des arbres du jardin, ne mangez pas les fruits ? »

« Les fruits de tous les arbres chaque jour nous mangeons
Un arbre du jardin seulement fait exception.
Dieu nous l’a interdit, de peur que nous mourions. »
« Vous n’allez pas mourir, mais son fruit est trop bon ! »

« Vous serez comme Dieu, vous deviendrez puissants. »
Séduite, Ève en mangea, en donna à Adam.
L’humanité ainsi, faisait le choix fatal,
De décider, sans Dieu, ce qui est bien ou mal.

Voilà, je t’ai décrit ce qui est arrivé,
Cet instant décisif où tout a basculé.
Un homme, une femme, toute l’humanité,
Deux arbres, deux paroles, deux destinées.

La voix du serpent ou bien la voix de Dieu,
La mort ou bien la vie, l’enfer ou bien les cieux.

Annick Markmann