Jésus pardonne

(Marc 2, Luc 5)

Ils le savaient : hier quand le jour se couchait,
Dans la maison de Pierre, le prophète revenait.
On le leur avait dit, les rumeurs courent vite,
C’est pourquoi, ce matin, le bonheur les habite.

Ils sont là, tous les quatre, marchant d’un pas altier,
Sur la voie qui, longeant le lac de Galilée,
Va à Capernaüm. Pour se synchroniser,
Ils chantent en marchant, les psaumes des degrés.

Car il leur faut marcher d’un pas bien ajusté.
Ils portent à l’épaule les branches d’un brancard
Où un paralytique par leur marche est bercé.
Ils veulent arriver ce matin sans retard.

Oui, le Nazaréen guérira leur ami.
Il étendra sa main au-dessus de sa tête,
Parlera à son corps qui retrouvera vie,
Ils en sont réjouis, c’est déjà jour de fête.

Les voilà arrivés à la demeure de Pierre,
Mais une grande foule entoure la maison.
Et comment approcher pour cette guérison
Ils ne peuvent entrer avec cette civière.

Voilà la solution ! il leur faut des cordages !
Un pêcheur dans sa cour en a pour son usage.
Ils montent sur le toit par le simple escalier,
Le découvrent en partie, passent le paralysé.

Le Rabbi dans la salle commune enseignait.
Pharisiens et docteurs de la loi l’écoutaient.
Lorsqu’au milieu d’eux, la civière descendit,
Jésus mesure la foi animant ces amis.

« Prends courage, dit-il, tes péchés sont ôtés. »
Les spécialistes de la loi se dirent en eux-mêmes.
« Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi, il blasphème !
Dieu seul peut pardonner aux hommes leurs péchés. »

Sachant ce qu’ils pensaient, Jésus leur avait dit :
« Pourquoi donc, dans vos cœurs, raisonnez-vous ainsi ?
Qu’est-il le plus facile de dire à ce paralysé :
Que ses péchés sont pardonnés ou de marcher ? »

Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme
A sur terre, le pouvoir de pardonner les péchés,
« Je te l’ordonne, lève-toi, dit-il au paralysé,
Prends ton brancard et retourne à ton home. »

À l’instant, devant tous ces témoins rassemblés,
Sautant hors de son lit, l’homme s’était levé
Avait pris la civière où il était couché.
Et tous louaient Dieu pour sa grande bonté.

Nos cinq amis reprirent la route en Galilée.
Ils marchaient, célébrant en mutuelle harmonie,
Pleins de reconnaissance, et leur foi comblée,
La gloire du grand Dieu qui pardonne et guérit.

  • Annick Markmann

Un chant

Mon récit de ce jour vient du siècle dernier,
D’une mine à charbon au beau Pays de Galles.
Sur un coup de grisou, tout s’était éboulé
Les parois, le plafond, d’une galerie principale.

L’alerte a retenti jusque dans le village.
Vite s’est rassemblée l’équipe de sauvetage.
Dans un lieu confiné, des mineurs sont bloqués,
L’oxygène va manquer, ils peinent à respirer.

Serré, tout contre l’autre, chacun d’eux est conscient
Qu’il vit probablement, là, ses derniers instants.
Cependant, deux chrétiens disaient avec bonheur
Être prêts à partir rencontrer leur Seigneur.

Ils prêchent l’Évangile parmi leurs compagnons
Qui écoutent, attentifs, ce qui leur semble bon.
Adonc, chacun désire mettre en ordre sa vie,
C’est comment les voilà sauvés par Jésus-Christ.

La gloire de l’Éternel remplit la galerie,
Alors spontanément tous les mineurs saisis,
S’unissent pour chanter un merveilleux cantique,
Qui monte de leur être en ce temps dramatique :

« Torrents d’amour et de grâce,
Amour du Sauveur en croix.
À ce grand fleuve qui passe,
Je m’abandonne et je crois.

Je crois en ton sacrifice, Ô Jésus, Agneau de Dieu.
Et couvert par ta justice, J’entrerai dans le saint lieu. »

Les sauveteurs cherchant le lieu de l’accident,
Entendent s’élever un doux murmure, un chant.
Une course effrénée s’engage contre le temps,
Pour dégager l’équipe avant étouffement.

Les familles accourues attendent anxieusement,
Quand arrive l’annonce : « Ils sont tous vivants. »
Ils remontent en effet, fourbus et épuisés,
Couverts de poussière, noirs de la tête aux pieds.

Leurs proches stupéfaits les voient se rassembler,
Se prendre par la main, et tous s’agenouiller.
Le regard vers le ciel, alors ils entonnèrent,
Le chant que dans l’Esprit, unis, ils composèrent :

« Ah, que partout se répande,
Ce fleuve à la grande voix,
Que tout l’univers entende,
L’appel qui vient de la croix.

Je crois à ton sacrifice, Ô Jésus, Agneau de Dieu,
Et couvert par ta justice, J’entrerai dans le Saint lieu. »

Et lorsque l’écrivain connu, A. J. Cronin,
Qui était là présent au carreau de la mine,
Vit ces hommes blafards, tout souillés de charbon,
Qui avaient échappé à l’enfer des grands fonds,

Tournés entièrement vers leur puissant Sauveur,
L’homme athée qu’il était laissa couler ses larmes,
Il lâcha le péché, le doute, toutes leurs armes,
Et se livra contrit au grand Dieu Rédempteur.

« Que toute âme condamnée,
Pour qui tu versas ton sang,
Soit au Père ramenée
Par ton amour tout puissant.

Je crois à ton sacrifice, Ô Jésus, Agneau de Dieu,
Et couvert par ta justice, J’entrerai dans le saint lieu. »

Les trois erreurs les plus courantes concernant le sabbat

Pourim (poème 44 d’Annick Markmann)

[Je précise que je n’ai pas vérifié les affirmations historiques énoncées ici, et qu’elles n’engagent que l’autrice.]

J’aime lire la Bible, ses récits remarquables
Et retrouver l’histoire de notre humanité.
Des origines passant par les jours redoutables
Où si souvent les juifs ont été menacés.

Dans le livre d’Esther, la lecture m’a plongée.
Cinq siècles avant Jésus, nous voilà transportés,
Sous la domination de Xerxès premier,
En Perse où sont nombreux les juifs exilés.

Or, Haman le Vizir, projette d’anéantir,
Tous les juifs qui sont installés dans l’Empire.
Il fait préparer un décret projetant,
Cette extermination un jour précis de l’an.

Il faut fixer la date, le « Pour » est donc jeté,
Et le treizième jour, du douzième mois, désigné.
En ce seul jour du mois d’Adar, est projeté
Que les juifs soient tués et leurs biens confisqués.

Haman était le Prince que le Roi préférait.
Trois cents tonnes d’argent, ainsi il promettait.
Donc, sans hésiter, le Roi Xerxès signait,
L’édit irrévocable, qui les juifs condamnaient.

Mais ce plan diabolique n’avait pas abouti,
Déjoué par Esther, son oncle Mardochée.
Les juifs ont obtenu de pouvoir résister,
Et le treize d’Adar, ils vainquent leurs ennemis.

Les dix fils d’Haman, en ce jour furent tués.
La Reine a demandé que leurs corps soient pendus.
Ils étaient déjà morts, cela semble incongru,
Mais la Bible recèle des mystères cachés.

Le quatorze d’Adar, alors on les pendit.
Sur le rouleau du livre, leurs dix noms sont inscrits.
Soucieux d’exactitude, tous les scribes fidèles,
Ont recopié le texte, conforme à leur modèle.

Il y a dans ces noms de plus petites lettres.
Une ici ou deux là, trois ailleurs réparties.
Allez savoir pourquoi, ainsi elles ont lieu d’être,
Mais au travers des siècles, petites on les copie.

Le quinzième d’Adar, délivrance est fêtée.
Et en raison du « Pour », Pourim est appelé.
Dans le rouleau d’Esther, souvenir est gardé
Et à la Synagogue, il est lu chaque année.

En Hébreux, on écrit les chiffres avec des lettres.
L’exégèse des lettres spéciales des fils pendus,
À partir des valeurs numériques, va permettre
D’obtenir une date que tu n’oublieras plus.

Vingt-six octobre, mille neuf cent quarante-six.
Et quel événement marque ce jour précis ?
Les dignitaires allemands, les bras droits de Hitler,
Furent ce jour-là pendus, prison de Nuremberg.

Quelle coïncidence surprenante, n’est-ce pas ?
Verdict du procès, premier octobre, internations :
Douze hommes sont condamnés à mort par pendaison,
Douze Allemands nazis, actifs dans la Shoah.

Bormann par contumace a été condamné.
Hermann Goering dans sa cellule s’est suicidé.
Ils ne furent donc que dix, pendus à Nuremberg,
Comme les dix fils d’Haman, selon le vœu d’Esther.

Cette histoire va plus loin encore dans sa portée.
Streicher, qui le dernier va être exécuté,
À l’instant où la trappe se dérobe à ses pieds,
« Purim-Feier, 1946 !! », a crié.

Richesse de la Parole qu’inspire l’Esprit de Dieu,
La Bible est un trésor, un livre merveilleux.

-Annick Markmann

Mentir, ou non?

À l’orée du bois de Clermont,
Il est une vieille maison.
Dont l’aspect ne paye pas de mine,
C’est là qu’habitait Caroline.

La maison était isolée,
Loin de tout quartier habité.
Un chemin privé s’y rendait,
Que peu de personnes empruntaient.

Un Dimanche, le culte fini,
Le Pasteur songeur avait dit
À quelques fidèles chrétiens,
Qu’un arrivage était en train.

L’arrivage dont il s’agissait,
Était des Juifs qui fuyaient.
Sa maison étant bien placée
Ils ne seraient pas inquiétés.

Caroline avait proposé
D’accueillir un couple traqué,
Lequel logeait dans sa maison,
Depuis la dernière lunaison.

Ce matin à la première heure,
Un jeune homme était survenu,
Il était le fils du Pasteur
Et dit : « Quelqu’un vous a vendue. »

Branle-bas de combat sonné !
Mais dans la maison isolée,
Il existait un lieu caché,
Sous la cuisine, sous le plancher.

C’était une cave voûtée,
Creusée à même le rocher,
Et quand la trappe était levée,
On descendait par l’escalier.

On avait installé ici,
Table, chaises et couchage.
Lampe à huile pour l’éclairage,
Le nécessaire pour la survie.

Vite, avec armes et bagages,
Les invités changent d’étage.
Puis, la trappe bien refermée,
Le grand tapis est replacé.

Il faut encore tirer la table,
Jusqu’au centre du tapis,
Effacer toute trace de vie
De ce couple bannissable.

Caroline vient de poser
Sur la table son déjeuner,
Lorsque dans la cour ombragée,
Une traction noire est entrée.

Ce sont deux hommes en gabardine
Avec un Officier Allemand
Qui pénètrent dans la cuisine,
Portant des regards arrogants.

Sous mandat de perquisition,
Ils brassent tout de fond en comble,
Sondent les murs de la maison,
Sans qu’aucun verdict ne tombe.

Avant de partir dépités,
L’un s’approcha de Caroline.
Revolver sur sa poitrine,
Il l’avait ainsi questionnée :

« Vous avez recueilli des juifs,
Où les avez-vous cachés ? »
C’était un moment décisif,
Mentir ou dire la vérité ?

Notre Caroline est chrétienne,
Elle ne ment pas, quoi qu’il advienne.
« Sous la table ! » dit-elle en riant.
Les hommes riaient en partant.

Dans la nuit suivant l’incident,
On avait jugé plus prudent,
De déplacer les exilés,
Vers un autre lieu isolé.

  • Annick Markmann

Le jardin intérieur

Il est bon de savoir cultiver son jardin,
Disait Candide sous la plume de Voltaire.
Le jardin intérieur est un précieux bien,
Un coin du cœur caché, enfoui, solitaire.

C’est là que Matthias enterrait ses mensonges,
Ses craintes et ses peurs, ce qui ruine ou qui ronge.
Dans ce lieu il creusait un trou et déposait,
Ce qui lui faisait honte, le gênait, l’humiliait.

Il recouvrait le tout des plaisirs de ce monde,
Amourettes, copains, vantardise, faconde.
Du rosé de ses vignes, ensuite il l’arrosait,
Et quand il était gris, tout ça, il l’oubliait.

C’était un cimetière, son jardin personnel.
Il décorait ses tombes des fleurs qu’il étalait,
Moto, voiture, et réussite professionnelle.
Mais au fond de son cœur, il n’avait pas la paix.

Sur cette voie mortelle, Matthias avançait,
Le parfum du péché toujours le séduisait.
Jusqu’à une heure bénie, où sans savoir comment,
Il fût convaincu d’un jour de jugement.

Il comparaîtrait devant le Juge suprême,
Et serait condamné pour ce qu’il avait fait.
Ses cadavres cachés se levèrent d’eux-mêmes,
Défilèrent, révélant combien ils étaient laids.

Alors il les cita un à un par leur nom,
Pleurant amèrement de les avoir commis.
Ils lui faisaient horreur, ses désirs, ses passions,
Et le fils de Dieu, à son compte les prit.

Il fut pardonné, Matthias, le pécheur,
Car son cœur repentant aspirait au pardon.
Il quitta le péché, la dissimulation,
Son jardin refléta la gloire du Seigneur.

  • Annick Markmann

Faut-il encore payer la dîme aujourd’hui?

Ceci est une traduction de l’article https://flatlanderfaith.com/2013/02/24/should-christians-tithe/ de Robert Goodnough.

Certains chrétiens croient fermement que la règle des 10 % de l’Ancien Testament est toujours en vigueur pour les chrétiens d’aujourd’hui. Ils racontent l’histoire édifiante d’une personne qui avait des difficultés financières et qui avait du mal à trouver de l’argent pour la quête. Elle a alors commencé à donner 10 % de ses revenus et, par miracle, tous ses besoins financiers ont été comblés.

Il existe des arguments assez convaincants contre l’exigence des 10% pour les chrétiens dans la nouvelle dispensation. Tout d’abord, il n’y a aucun commandement de donner la dîme dans le Nouveau Testament. Deuxièmement, la tribu de Lévi n’avait pas reçu d’héritage dans la terre promise. La dîme était donc un impôt destiné à soutenir le sacerdoce lévitique et ne serait pas nécessaire dans la présente dispensation.

Je pense que ces arguments sont tout à fait valables. Cela ne laisse-t-il pas les chrétiens sans orientation ni directives sur le montant à donner ?  Si nous cherchons une règle absolue, je ne crois pas que nous la trouverons. Ce que je lis dans le Nouveau Testament m’amène à la conclusion déchirante qu’en fait, Dieu veut tout ce que j’ai et tout ce que je suis.

Le jeune homme riche n’a pas pu supporter le commandement de Jésus de tout vendre. La plupart d’entre nous aimeraient aussi s’y soustraire. Nous pouvons dire allègrement : « Tout ce que j’ai appartient à Jésus ». Un observateur impartial serait-il susceptible de le croire au vu de la manière dont nous utilisons notre temps et des biens matériels qui nous tombent sous la main ?

« Car qui est-ce qui te distingue? Et qu’as-tu, que tu ne l’aies reçu? Et si tu l’as reçu, pourquoi t’en glorifies-tu, comme si tu ne l’avais point reçu? » (1 Corinthiens 4.7). Si tout ce que nous avons vient de Dieu et n’est qu’un prêt pour nous, pouvons-nous alors rendre 10 % à Dieu, utiliser les 90 % restants de manière égoïste et nous considérer comme libres ?

La chose la plus importante est que Dieu veut que nous lui fassions entièrement confiance, non seulement pour notre destinée éternelle, mais aussi pour tous les aspects de notre vie terrestre. Il veut que nous lui fassions confiance pour nos besoins matériels, que nous lui fassions confiance pour prendre soin de notre famille, de notre santé, et pour nous conduire sur un chemin qui nous apportera le vrai bonheur. « Éternel! je connais que la voie de l’homme ne dépend pas de lui, et qu’il n’est pas au pouvoir de l’homme qui marche, de bien diriger ses pas. » (Jérémie 10.23).

Lorsque nous sommes confrontés à des décisions concernant n’importe quel aspect de notre vie, notre prière devrait être : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »  Poser cette question et attendre la réponse nous évitera bien des maux de cœur.

J’espère que cela ne vous semble pas désespérément idéaliste. Je crois que c’est éminemment pratique, mais nous commettons beaucoup d’erreurs en vivant. J’aime bien l’expression britannique « muddling through » (se désembourber?). Je crains que ce soit tout ce dont je suis capable, mais je crois qu’avec l’aide de Dieu, je parviendrai à m’en sortir d’une manière ou d’une autre. « Car il connaît de quoi nous sommes faits, il se souvient que nous ne sommes que poussière » (Psaume 103.14).

Pour en revenir à la question du titre, je ne crois pas que le chrétien du Nouveau Testament soit obligé de donner 10 % de ses revenus. Pour beaucoup de chrétiens, il s’agit d’une ligne directrice utile. Certains donnent beaucoup moins, en fonction de leur situation et de l’étape de leur vie. J’en connais beaucoup qui donnent plusieurs fois 10 %. Est-il acceptable de donner 20 % de nos revenus et 0 % de notre temps ?  L’essentiel est peut-être de ne jamais avoir l’impression de rendre service à Dieu en donnant. Rien de cela ne nous appartient en réalité.