Certaines fausses doctrines de l’Église catholique

Beaucoup de gens ont quitté l’Église catholique romaine pour rejoindre la foi anabaptiste, et ce pendant bien des siècles. Pourquoi? Certainement pas pour mener une vie plus facile! Nombreux furent ceux qui payèrent de leur vie ce changement d’allégeance. Ils avaient vu que l’Église catholique était spirituellement morte, même pis, qu’elle était activement idolâtre et anti Christ. Si les œuvres de certains des fidèles catholiques étaient louables, ont pouvait pourtant facilement discerner dans les Écritures que les pratiques de l’Église de Rome étaient bien loin de la simplicité de l’Évangile.

Pierre Vaudès (ou Valdo) fut l’un de ces ex-catholiques à rejoindre la vraie foi. Menno Simons aussi. Ce dernier était devenu prêtre à l’âge de vingt-quatre ans, il se savait négligent et indulgent, mais n’en faisait rien, voyant les autres membres du clergé faire de même. Il avait des doutes sur la transsubstantiation, et ses recherches le conduisirent à lire certains des écrits de Luther. Pour cette raison, il étudia le Nouveau Testament, qu’il avait auparavant eu peur de lire.

Il remarqua un jour qu’un homme avait été exécuté dans une ville voisine, pour avoir été « re-baptisé ». Il se demanda alors s’il y avait quoi que ce soit dans la Bible qui interdisait un second baptême et qui permettait qu’on tue une telle personne. Il se demandait aussi ce qui pouvait bien pousser des gens à rejeter le baptême catholique au point se faire « anabaptiser ». La recherche de Menno le laissa insatisfait avec des réponses incohérentes qu’il trouva en comparant Luther, Bucer et Bullinger. Il décida alors de se fier uniquement aux Écritures. Après cette décision, il devint prédicateur évangélique au sein de sa paroisse catholique. Il put prêcher la Bible dans cette paroisse pendant trois ans sans être inquiété par les autorités de l’Église de Rome.

Avant même de quitter le catholicisme, il avait rejeté l’enseignement catholique de la transsubstantiation parce qu’il n’avait rien trouvé dans le pain et le vin qu’il distribuait lors de la messe qui puisse suggérer qu’il s’était transformé en corps et sang du Christ. C’est une position qu’il n’adopta pas à la légère, et sa décision ne fut prise qu’après un examen attentif de la question. Il dit: « Finalement, j’ai eu l’idée d’examiner le Nouveau Testament avec diligence. Je n’étais pas allé très loin quand j’ai découvert que nous nous étions trompés, et ma conscience, troublée à cause du pain susmentionné, a été rapidement soulagée ».

Donc voilà les deux erreurs qui ont fait réfléchir Menno Simons. Ensuite, il en a vu bien d’autres.

Je n’ai ni le temps ni la connaissance qu’il faudrait pour exposer entièrement toutes les erreurs que l’on trouve dans l’Église catholique. Je vous propose quelques points qui me viennent à l’esprit en ce moment. Recherchez ce que la Bible dit, elle est l’autorité finale. Si vous n’êtes pas d’accord, vous n’avez pas besoin de lire les lignes qui suivent, je ne vous convaincrai sûrement pas.

(Lorsque j’utilise l’abréviation CEC suivie d’un numéro, c’est pour citer un article du Catéchisme de l’Église Catholique )

  • Le Pape et les évêques sont les seuls capable d’interpréter les Écritures (CEC100: La charge d’interpréter authentiquement la Parole de Dieu a été confiée au seul Magistère de l’Église, au Pape et aux évêques en communion avec lui.)

Pourtant, nous avons beaucoup d’Écritures dans la Bible pour démontrer que l’Église sera souillée par des faux prophètes (dont le clergé catholique fait partie), et nous savons que l’Évangile est pour tous: Jésus l’a rendu accessible même aux plus humbles:

Lisez: Actes 20.17, 28-30; 2 Pierre 2.1-3; 1 Timothée 4.1-3; 2 Timothée 4.3-4; 2 Thessaloniciens 2.3-11.

Lisons quelques Écritures, et voyons si les papes et leur Église ont bien interprété ces versets:

  • Le célibat des prêtres

(CEC1579: Tous les ministres ordonnés de l’Église latine, à l’exception des diacres permanents, sont normalement choisis parmi les hommes croyants qui vivent en célibataires et qui ont la volonté de garder le célibat « en vue du Royaume des cieux » (Mt 19, 12). Appelés à se consacrer sans partage au Seigneur et à « ses affaires » (cf. 1 Co 7, 32), ils se donnent tout entier à Dieu et aux hommes.

1 Corinthiens 7.1-2 : Pour ce qui concerne les choses dont vous m’avez écrit, je pense qu’il est bon pour l’homme de ne point toucher de femme. Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari.

1 Timothée 3.2-5: Il faut donc que l’évêque soit irrépréhensible, mari d’une seule femme, sobre, prudent, rangé, hospitalier, capable d’instruire; Point adonné au vin, ni violent, ni porté au gain déshonnête, mais doux, éloigné des querelles, exempt d’avarice, Gouvernant bien sa propre maison, tenant ses enfants dans la soumission, en toute honnêteté. Car si quelqu’un ne sait pas conduire sa propre maison, comment gouvernera-t-il l’Église de Dieu?

1 Timothée 4.1-5: L’Esprit dit expressément que dans les derniers temps quelques-uns se détourneront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs, et à des doctrines de démons; Par l’hypocrisie de faux docteurs, dont la conscience sera cautérisée, Défendant de se marier, commandant de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés, afin que les fidèles et ceux qui ont connu la vérité, en usent avec actions de grâces. Car tout ce que Dieu a créé, est bon, et rien n’est à rejeter, quand on en use avec actions de grâces; Parce que cela est sanctifié par la parole de Dieu et la prière.

Ce dernier passage surtout: il souligne deux traits de l’Église catholique qui sont clairement contraires à la Parole de Dieu: le célibat plus ou moins forcé des prêtres, et la longue tradition (en voie de disparition, il est vrai) de ne pas manger de viande certains jours, par exemple.

  • L’usage de la violence envers d’autres humains

Le refus de porter l’arme ou de renoncer à la simple foi en Jésus, a exposé ces chrétiens anabaptistes à de nombreuses persécutions. Ils se sont alors repliés dans des zones de tolérance : en Hollande et en Allemagne du Nord. Dans certains cas, ils ont été tolérés dans des zones agricoles non défrichées qu’ils mettaient en valeur, en Suisse, en Allemagne du sud ou en Ukraine. En France, dès le 16e siècle, mais surtout depuis le 17e siècle, les mennonites se regroupèrent dans l’est du pays. Éventuellement, un grand nombre d’entre eux émigrèrent vers les États-Unis, puis vers le Canada et les pays d’Amérique latine. Aujourd’hui, il y a des vrais chrétiens dans (presque) tous les pays du monde, bien que nous ne sachions pas combien. Cela est entre les mains de Dieu.

Nous pourrions mentionner d’autres sujets:

  • Le baptême des nouveau-nés
  • La violence faite aux «hérétiques»
  • Le culte voué aux saints
  • Le mariage entre l’Église et le pouvoir étatique
  • etc.

Par manque de temps, je vous laisse entreprendre vos propres recherches à ces sujets, que je développerai peut-être une autre fois, si Dieu le permet.

Avec le temps, Menno Simons s’est rendu compte que les principes bibliques étaient mis en pratique en tous points par les anabaptistes (qu’on appelait aussi Vaudois ou Picards dans les Pays-Bas). Lorsqu’il dut se résoudre à quitter l’Église catholique, parce que le pur Évangile qu’il prêchait commençait à en déranger quelques-uns, il rejoignit une assemblée anabaptiste, en tant que simple laïc. Avec le temps, grâce aux talents de prédicateur et d’apologète que Dieu lui avaient donné, ses frères dans l’Église reconnurent en lui les dons de ministre de l’Évangile, et il fut ordonné pasteur (ou surveillant, ou évêque, selon la terminologie que vous préférez) au sein de l’Église de Dieu, dite anabaptiste. Il devint très connu parce qu’il avait écrit de nombreux ouvrages et lettres apologétiques et sa tête fut mise à prix, de sorte que ses détracteurs commencèrent à appeler les anabaptistes « mennonites », afin de faire croire qu’ils étaient une secte suivant un certain « Menno ». Cependant, il n’avait pas fondé cette Église, qui était en fait issue des vaudois qui eux-mêmes tirent leurs origines de l’Église primitive, et Menno Simons n’en était qu’un dirigeant parmi d’autres (notamment Théodore Philippe).

Question:

Alors, si les anabaptistes s’opposent à la foi des catholiques, sont-ils protestants?

Non, clairement, NON! Les anabaptistes ont existé depuis toujours (sous plusieurs appellations différentes: vaudois, donatistes, pauliciens, etc. ). Lorsque la vraie Église de Dieu a été polluée par de nombreux païens et incroyants (surtout à partir du règne de Constantin), elle s’est bien vite scindée entre les vrais chrétiens (indépendants du pouvoir temporel) et ceux qui ont accepté de suivre un pontife temporel. Bien vite, les vrais croyants ont été persécutés par les dirigeants de l’Église de Rome. Ce n’est que des siècles plus tard, après l’invention de l’imprimerie et la diffusion de la Bible à travers l’Europe, que la Réforme a été déclenchée.

Je vous invite à lire ce court article paru récemment dans un périodique de l’Église, qui explique simplement pourquoi nous ne pourrons jamais être considérés comme protestants.

 – Protestants ou anabaptistes?

Il faut savoir que nous croyons que Dieu a préservé son Église à travers les âges, et non pas qu’il l’a ressuscitée à l’époque de la Réforme. Il y a beaucoup d’écrits qui démontrent qu’il y a eu des vrais chrétiens au cours de chaque siècle. Ils avaient une foi pure et non résistante. Ils ont souffert beaucoup de persécution de la part des Juifs, des païens, des catholiques, des musulmans et des protestants. Lisez le Miroir des martyrs si vous voulez en savoir plus.

Les martyrs de l’an 1022 à Orléans

[Texte tiré des pages 268 à 270 du Miroir des martyrs en néerlandais, ou 265 à 267 du Miroir des martyrs en anglais]

QUATORZE PERSONNES, DONT LE PLUS ÉMINENT S’APPELAIT ÉTIENNE, BRÛLÉES COMME HÉRÉTIQUES À CAUSE DU TÉMOIGNAGE DE LA VÉRITÉ, PAR LES PAPISTES, À ORLÉANS EN FRANCE, VERS LA FIN DE L’AN 1022 apr. J.-C.

En l’an 1022 apr. J.-C., vers la fin de l’année, semble-t-il, ou, au plus tard, en l’an 1023 apr. J.-C., des personnes furent arrêtées et brûlées publiquement en France, en présence du roi Robert II Le Pieux, pour cause d’hérésie (selon les papistes) ; quatorze personnes, dont les unes étaient des gens ordinaires, tandis que les autres étaient d’origine noble[1], et dont le plus éminent s’appelait Étienne. Elles étaient accusées d’avoir parlé en mal de Dieu et des saints sacrements, c’est-à-dire du saint baptême (à savoir du baptême des nourrissons, car c’était ce que pratiquaient généralement les papistes et au sujet duquel les disputes étaient fréquentes), et du corps et du sang du Seigneur (c’est-à-dire le sacrement de l’autel, que les romanistes avaient coutume d’appeler le corps et le sang du Seigneur) ; aussi du mariage, etc.

« Cela apparaît, dit l’écrivain, avoir été la première exécution (à savoir par le bûcher) de personnes accusées d’hérésie dans l’Église romaine. » En poursuivant, il dit : « Dans un vieux livre, nous trouvons un récit selon lequel cette hérésie fut apportée dans ce pays depuis l’autre côté de la mer, c’est-à-dire depuis la Bulgarie, et que de là elle se répandit dans d’autres provinces, où elle fut par la suite très en vogue, principalement dans le Languedoc, autour de Toulouse et en Gascogne. »

Il y déclare aussi que les gens qui maintenaient cette doctrine étaient appelés albigeois, et aussi bougres, parce qu’ils venaient de Bulgarie. Nicolas Vignier, Recueil de l’Histoire de l’Église, pour l’an 1022 apr. J.-C., ex Glabro et Massonius in Annalibus, et alio Antiquo Authore, comparé à Abr. Mell., fol. 381, col. 2, et fol. 436, col. 1.

Quant aux accusations portées contre les quatorze personnes citées plus haut, elles étaient, tel que rapporté : Qu’ils avaient parlé contre l’article concernant Dieu ; contre les saints sacrements, le baptême et le sacrement de l’autel ; contre le mariage, etc. ; en raison desquelles leur fut infligée une mort par le feu très cruelle, épouvantable et misérable.

Mais ce qu’ils croyaient et maintenaient à propos desdits points, conformément au récit d’écrivains impartiaux, sera amplement expliqué par la suite, dans la Confession des albigeois et des vaudois, qui tenaient la même croyance ; puisque ces personnes sont tenues pour avoir été les premiers-nés de ceux qui maintenaient la doctrine des albigeois (bien avant leur essor général). Voir les auteurs cités ci-dessus, surtout le dernier.

Alors on verra qu’ils ne croyaient et ne parlaient que ce que nous croyons et disons aujourd’hui ; aussi, en ce qui concerne le baptême, qu’ils baptisaient les croyants et s’opposaient au baptême des nourrissons ; et, touchant la Cène, qu’ils l’observaient conformément à l’institution de Christ, mais rejetaient la messe et la transsubstantiation ; encore, qu’ils étaient opposés à la vengeance, au serment, à la confession auriculaire, à l’invocation des saints défunts, au purgatoire, etc.

14 personnes brûlées pour hérésie à Orléans en l’an 1022, Jan Luyken, p. 266 du Miroir anglais.

PLUS D’OBSERVATIONS CONCERNANT LESDITS QUATORZE MARTYRS, SELON LES RÉCITS DE DIVERS ÉCRIVAINS PAPISTES ET AUTRES, NOTÉES DANS LE DEUXIÈME LIVRE D’A. MELLINUS SUR LES PERSÉCUTIONS, FOL. 437, COL. 3, 4

« Robert d’Auxerre déclare desdits martyrs d’Orléans qu’ils étaient parmi les meilleurs ou les plus éminents laïcs d’Orléans, et que pour cette raison, un concile y fut convoqué contre eux, dans lequel ils furent unanimement jugés et condamnés au bûcher comme hérétiques ; et qu’ils furent ainsi brûlés vifs. »

Ce témoignage est confirmé par Jean de Ripoll, moine à Fleury, qui donne un récit un peu plus complet de l’affaire, dans sa lettre à Oliba ou Olivarius, abbé de l’église d’Ausone, en disant : « En attendant, je vais t’informer de cette hérésie (ainsi appelle-t-il la vraie foi de ce peuple), qui se manifesta le jour des Saints Innocents [le 28 décembre] dans la cité d’Orléans ; car, si tu en as entendu parler, c’est la vérité. Le roi Robert fit brûler vifs quatorze des laïcs les plus remarquables ou les plus noblement nés de ladite ville ; qui, (Oh ! quel grand mensonge !) abominables devant Dieu et haïs du ciel et de la terre, ont totalement nié la grâce du saint baptême (il veut dire le baptême des nourrissons, car alors la grâce du salut était promise aux enfants, ce que ces hommes niaient) ainsi que la consécration du corps et du sang du Seigneur, et niaient que quiconque puisse ainsi obtenir la rémission des péchés, après avoir commis un crime. » Masson Annal. Franc., lib. 3, dans Hugo et Robert.

Raoul Glaber (dans Hist. Gall., lib. 3, cap. 8), donne un récit beaucoup plus circonstancié de ces martyrs, rapportant non seulement comment cette (prétendue) hérésie fut découverte, mais aussi comment elle fut amenée à Orléans et propagée ; ce dont nous passons outre, pour être brefs.

Il mentionne nommément, entre autres, deux de ces personnages, à savoir Héribert et Lisoie, qui furent très estimés et aimés du roi et des seigneurs du royaume, tant que leur condition n’était pas connue. Glaber rapporte en outre comment ils ont été découverts. À Rouen, ils cherchèrent à rallier un certain prêtre à leur croyance, par l’intermédiaire de quelques-uns qu’ils avaient probablement envoyés expressément à ce prêtre, pour lui exposer le mystère de leur doctrine, et qui s’efforcèrent de le persuader en disant que très bientôt tout le peuple se rallierait à eux.

Lorsque le prêtre comprit cela, il se rendit immédiatement chez Richard, le comte de cette ville, et lui raconta toute l’affaire. Ce dernier envoya aussitôt des lettres par messagers express au roi, l’informant de cette peste secrète (ainsi appelle-t-il la vraie foi). Le roi Robert, très affligé de cela, convoqua sans tarder un concile de nombreux évêques, abbés et autres religieux (c’est ainsi qu’il appelle ce conseil assoiffé de sang), et, par son intermédiaire, fit faire des enquêtes très strictes, tant sur les auteurs et les adhérents de ladite hérésie. Lorsque l’enquête fut faite parmi les laïcs sur ce qu’étaient les croyances et la foi de chacun, lesdits Héribert et Lisoie se sont immédiatement découverts, qu’ils différaient dans leur croyance de l’Église romaine, et ensuite d’autres déclarèrent également qu’ils adhéraient à Héribert et Lisoie, et qu’ils ne pouvaient en aucun cas être détournés de leur foi. Étant interrogés de plus près pour savoir d’où et par qui cette présomption avait pris naissance, ils donnèrent cette réponse : « C’est ce que vous avez longtemps appelé une secte, que vous reconnaissez maintenant, bien que tardivement. Mais nous avons attendu depuis longtemps que vous, ainsi que tous les autres, quelle que soit la loi ou l’ordre, puissiez venir et vous unir à cette secte ; ce qui, nous le croyons aussi, aura encore lieu ».

Ils présentèrent alors immédiatement leur croyance, sans doute à la manière des albigeois et des vaudois, comme cela sera démontré plus loin.

Lorsque le roi et tous ceux qui étaient présents virent qu’ils ne pouvaient pas être détournés de leur croyance, il commanda qu’un très grand feu de bois soit allumé non loin de la ville, afin que peut-être, terrifiés par cela, ils puissent renoncer à leur croyance. Mais, au moment où ils allaient être conduits au feu, ils crièrent à haute voix, disant qu’ils le désiraient ardemment, et ils se livrèrent entre les mains de ceux qui devaient les attirer au feu. Ils furent livrés aux flammes, au nombre de treize, et tous ceux qui, par la suite, ont été reconnus être leurs adhérents furent mis à mort par le même moyen.

De même, dans les archives de l’église paroissiale d’Orléans, appelée église Saint-Maxime, la date est précisée à laquelle cela a eu lieu. Il y est déclaré que cela se produisit publiquement à Orléans, en l’an 1022 apr. J.-C., dans la vingt-huitième année du roi Robert II, lors de la cinquième intronisation, lorsque l’hérésiarque Étienne et ses compagnons furent condamnés à Orléans et brûlés.

Les citations ci-dessus sont tirées des écrits des papistes ; c’est pourquoi le lecteur est exhorté à juger charitablement à l’égard des accusations que ces adversaires invétérés ont si amèrement portées contre ces pieux témoins de Jésus-Christ.

NOTE. — Nous avons rapporté plus haut que ces quatorze martyrs ont été considérés, par les anciens, comme les premiers-nés des vaudois ; mais les papistes les appelaient hérétiques. Cependant, cela n’a rien d’étonnant ; car, au fil du temps, ils prirent l’habitude d’appeler les hérétiques et les vaudois du même nom. Nous en présenterons quelques exemples. Le prêtre Reinerius a écrit un livre qu’il a intitulé Summa contra Haereticos, c’est-à-dire « Un résumé contre les Hérétiques. » Les jésuites donnèrent ensuite à ce livre le titre Contra Valdenses, ou « Contre les vaudois » ; comme si toutes les erreurs opposées dans ledit livre étaient particulières aux vaudois, ce qui est aussi faux que le mensonge lui-même. Comparez le livre de Reinerius avec Abraham Mellinus, 2e livre, fol. 437, col. 4.

Évrard de Béthune a donné à son livre le titre, Antihaeresis, ce qui équivaut à dire Antihérésie, etc. ; mais le jésuite Jacob Gretser, lorsqu’il publia ledit livre, l’intitula, Everhardus contra Valdenses ; comme si Évrard avait écrit uniquement contre les vaudois, alors que seule une infime partie milite contre eux. On cherchait néanmoins, par ce titre, à accuser les pauvres vaudois de toutes les hérésies mentionnées dans ce livre.

Par la suite, un certain Ermegard écrivit un livre contre les esprits grossièrement égarés qui soutenaient dans leur confession que le monde et toutes les choses visibles n’avaient pas été créés par Dieu, mais (Oh, quel horrible mensonge !) par Satan ; laquelle croyance est imputée, par la plupart des écrivains anciens, aux manichéens ; cependant, le dernier falsificateur mentionné, à savoir Gretser, n’a pas hésité à intituler une telle page dudit livre, Ermergard contre les vaudois ; alors que l’auteur réfutait spécialement les manichéens, avec lesquels les vaudois n’avaient rien en commun. Voir les auteurs et les livres mentionnés ci-dessus, ainsi que les commentaires de Balthasar Lydius sur les discussions desdites personnes. Il s’ensuit donc de ce qui précède qu’il ne doit pas paraître étrange au lecteur que les papistes appellent les vaudois orthodoxes, ou du moins ceux qui s’opposent à la doctrine romaine, ainsi que les prêtres et les moines, du nom odieux de manichéens ou hérétiques, comme c’était fréquemment le cas, et nous le démontrerons maintenant, en ce qui concerne des bons martyrs qui, par la méchanceté des papistes, furent pendus à Goslar.

Autre image trouvée en ligne concernant cet événement.

[1] Laïcs et nobles, etc. dit l’écrivain papiste.

La fausse promesse de la « parentalité douce »

Article traduit de l’anglais. Article original écrit par le frère Ben Friesen: https://www.roadmaptomorning.com/post/the-false-promise-of-gentle-parenting

Un bref exposé

Le terme « parentalité douce » (gentle parenting) a été introduit dans notre vocabulaire vers 2015 par une auteure britannique nommée Sarah Ockwell-Smith (bien qu’elle n’en soit probablement pas à l’origine). Cette auteure était sans aucun doute bien intentionnée et a tenté d’offrir une alternative aux méthodes dites « traditionnelles » qui semblent dures et intransigeantes pour beaucoup dans la société d’aujourd’hui. Mais qu’est-ce que l’éducation en douceur ? Et ce style est-il une approche sûre pour élever des enfants ? Ce que j’ai trouvé a suscité chez moi des questions et des inquiétudes que j’ai souhaité partager ici.

Commençons par quelques définitions. En voici une, tirée d’un coach parental :

La parentalité douce, également connue sous le nom de parentalité collaborative, est un style de parentalité dans lequel les parents ne contraignent pas les enfants à se comporter par la punition ou le contrôle, mais utilisent plutôt la connexion, la communication et d’autres méthodes démocratiques pour prendre des décisions ensemble en tant que famille. (Danielle Sullivan, coach parental, à Lafayette, au Colorado)

En voici une autre :

La parentalité douce est un moyen d’élever les enfants sans honte, sans blâme et sans punition. Elle est centrée sur le partenariat, les parents et les enfants ayant tous deux leur mot à dire dans ce style de collaboration. Les parents et les personnes qui s’occupent des enfants qui pratiquent l’éducation en douceur le font en guidant leurs enfants avec des limites cohérentes et compatissantes, et non avec une main ferme (parents.com).

Et enfin :

La parentalité douce est une approche de l’éducation des enfants qui met l’accent sur l’empathie, le respect et la compréhension plutôt que sur la punition ou le contrôle autoritaire. Elle se concentre sur l’entretien d’un lien parent-enfant fort, encourage la communication positive et enseigne aux enfants la régulation émotionnelle et la capacité à résoudre les problèmes. Au lieu de recourir à une discipline sévère, l’éducation douce consiste à fixer des limites claires avec gentillesse et patience, en guidant les enfants à travers leurs émotions et leurs comportements. Cette approche a pour avantage de favoriser un attachement sécurisant, de promouvoir l’autodiscipline, d’améliorer l’intelligence émotionnelle et d’instaurer un respect mutuel entre le parent et l’enfant. Elle peut également conduire à des enfants plus coopératifs et plus confiants, car ils se sentent soutenus et compris dans leur croissance émotionnelle et développementale (Dr. Ayoush Saxena).

Comme nous pouvons le voir à partir de ces définitions, il y a des idées qui sont bonnes, louables et qui méritent d’être mises en pratique. Nous nous efforçons de nous connecter mentalement et émotionnellement avec nos enfants ; nous nous efforçons d’entretenir des liens solides entre parents et enfants ; nous nous efforçons de comprendre, d’écouter et de communiquer. Nous voulons être patients, gentils et aimants.

D’un autre côté, certains aspects de ces définitions suscitent de sérieuses réserves. Des partenariats enfants-parents et des processus démocratiques à la place d’un leadership clair et bien défini ? Des approches douces au lieu d’une main ferme ? Pas de punition ni de contrôle ? Même les meilleures techniques parentales n’entraîneront-elles pas, en cas de désobéissance ou de résistance, de la honte, de la culpabilité ou des reproches ?

D’après ce que j’ai observé, entendu et lu, j’en suis venu à penser que la parentalité douce n’est peut-être pas si douce que cela. En effet, le terme semble chaleureux, confortable et attachant ; mais pourquoi est-ce que je ressens un net refroidissement dans l’air, une pointe d’amertume, un courant d’air glacial presque toutes les fois qu’il en est question ? Pourquoi est-ce que je crains que les enfants élevés selon ce style d’éducation ne soient laissés à la dérive et dans le froid ? Je ressens de la tromperie et de l’escroquerie. Pourquoi ? Parce que la vie sur la planète Terre, à bien des égards, n’est pas douce. Elle n’est pas gentille. La réalité peut être brutale, sauvage et vicieuse.

Ces éléments du nouvel âge affirment que les anciennes méthodes traditionnelles sont dures, contrôlantes, autoritaires, cruelles et intransigeantes. Ces méthodes traditionnelles ne sont pas sans inconvénient ni risque, mais ce sont elles qui ont produit les explorateurs et les pionniers intrépides, les inventeurs et les innovateurs curieux, ainsi que les dirigeants et les légendes les plus efficaces de l’histoire de notre nation. Ces méthodes, lorsqu’elles sont appliquées correctement, produisent une chose étrange appelée « le cran », qui est un mélange subtil de courage, de bravoure, de résilience et de force.

Y a-t-il eu des abus avec les anciennes méthodes ? Bien sûr, il y aura toujours des déviances, des distorsions et des fossés. Cela vaut pour beaucoup de choses bonnes et justes. Le vrai problème est qu’en supprimant les anciennes méthodes, nous risquons de jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous ferions bien d’examiner très attentivement les raisons des clôtures avant de les supprimer. Depuis des milliers d’années, les enfants sont élevés essentiellement de la même manière, c’est-à-dire d’une manière fondée sur la Bible à bien des égards. Bien sûr, les cultures et les religions varient considérablement, mais les enfants ont été traditionnellement élevés d’une manière étrangère aux techniques parentales douces. Ce n’est que depuis une quinzaine ou une vingtaine d’années que des esprits libéraux ont introduit l’idée que l’ancienne méthode constituait une maltraitance. Le monde s’en porte-t-il mieux ? Moins de criminalité, moins de toxicomanie, moins de dysfonctionnements ? Je ne le crois pas.

Certains types d’abus sont faciles à définir. D’autres le sont moins. La parentalité douce comporte un potentiel très réel pour un type d’abus qui est dissimulé dans la subtilité et qui n’est pas clairement perceptible à première vue. Envoyer un guerrier au combat sans l’entraînement ou les outils adéquats pourrait être qualifié de maltraitance. Envoyer un enfant à l’école, un jeune à son premier emploi ou un jeune adulte dans le mariage sans les outils nécessaires pour affronter la vie avec toutes ses déceptions, ses rigueurs et ses réalités me semble être une forme de maltraitance. Dans cette optique, la parentalité douce devient, à tout le moins, un mauvais service.

La plupart d’entre nous sont câblés pour apprendre à la dure. Certains adultes peuvent apprendre des erreurs des autres, mais peu d’enfants sont capables de le faire. Les leçons les mieux apprises sont souvent celles qui sont servies par la douleur, la honte et la culpabilité, les aspects exacts que la parentalité douce s’efforce de diminuer et d’effacer de la vie d’un enfant. Les coups durs de la vie ne s’oublient pas facilement. Je pense que l’on peut dire que la cuisinière chaude ne s’oublie jamais. Une vie émotionnellement sédentaire axée sur le confort et la protection contre les luttes, les sacrifices, les conflits et la douleur ne produit pas un adulte discipliné capable de naviguer dans le monde dans lequel nous vivons. Et je ne crois pas qu’elle produise un adulte capable de naviguer dans notre propre monde intérieur fait d’appétits égoïstes, de sentiments peu fiables et d’émotions fluides et inconstantes.

Comme on l’a dit, si les parents ne forment pas leurs enfants, c’est la société qui le fera, et cette voie est la plupart du temps celle du chagrin, de l’inconfort et de la tristesse.

Des voix s’élèvent dans la société pour dénoncer les effets négatifs d’une éducation douce. Matt Walsh, commentateur vedette et animateur de balado, a déclaré que « l’éducation douce produit des personnes qui ont droit à l’erreur, qui se complaisent dans leur propre rôle et qui sont faibles ». Il ajoute que « l’éducation à l’ancienne a fait ses preuves. Elle nous a aidés à passer des huttes aux gratte-ciel. Elle a produit des enfants qui sont devenus des pionniers et des guerriers ».

L’éducation douce commence tout juste à être étudiée par les chercheurs en psychologie et les résultats préliminaires ne sont pas positifs. Ce qu’ils ont découvert, c’est que les parents sont à la dérive dans l’idéologie, c’est-à-dire sans guide ou direction claire, et qu’ils souffrent d’épuisement professionnel et d’épuisement. Les chercheurs ont déclaré que « les parents font tant de choses avec les meilleures intentions, mais ironiquement, ils peuvent rendre un mauvais service avec tous les soins prodigués et les discussions cérébrales et capiteuses qu’ils ont avec leurs enfants… L’approche parentale douce pourrait ne pas servir leurs enfants tout en s’épuisant elle-même » (Macalester College, 2024). Ces chercheurs ont également noté que les nobles idéaux de l’éducation douce, tels que le maintien des limites et la prise de décisions partagées, semblent bons, mais sont très difficiles à expliquer, et encore plus difficiles à mettre en œuvre au niveau pratique.

À ce stade de notre discussion, j’ai envie de faire une mise en garde importante. Je me demande si, au sein de notre culture chrétienne et de notre Église, il n’y a pas eu parfois des malentendus concernant une approche traditionnelle par rapport à une approche plus douce ou plus connectée de l’éducation des enfants. Ceux d’entre nous qui travaillent dans le domaine de la santé mentale et émotionnelle et qui se sont occupés d’enfants adoptés ou placés en famille d’accueil, ont encouragé l’éducation des enfants en mettant l’accent sur la connexion et la communication, tout en recommandant d’éviter la plupart des types de châtiments corporels. Il convient de préciser que ces directives ont été formulées dans un contexte de traumatisme, d’abus et de négligence. Ces distinctions sont importantes. Souvent, chez les enfants qui ont été victimes d’abus, une fessée, par exemple, est contre-productive et n’apporte pas le résultat escompté. Chez certains enfants issus de milieux difficiles, la fessée aggrave le comportement. Je ne dis pas qu’il en est toujours ainsi, chaque enfant est différent, et chaque enfant doit être élevé dans la crainte et l’attention du Seigneur. Mais ce qu’il faut retenir ici, c’est qu’il faut rechercher la sagesse et faire preuve de prudence lorsqu’on utilise une méthode de punition plus sévère. Il faut faire en sorte que les enfants qui ont subi un traumatisme se sentent en sécurité et aimés avant d’explorer diverses méthodes de punition, de discipline et de formation.

En conclusion. Il semble que, pour réussir son rôle de parent et élever une personne bien équilibrée et adaptée, il soit préférable d’adopter une approche intermédiaire stimulante. Il est impératif pour un père et une mère d’établir un lien émotionnel avec leurs enfants ; il est impératif de leur montrer de la gentillesse, de la miséricorde et de la compassion, car c’est en montrant ces qualités que nous les définissons et que nous les modélisons. Mais la voie du milieu comporte aussi le jugement et la justice, la récompense et la punition. C’est ainsi que ces valeurs sont introduites et qu’elles deviennent la partie inévitable de la vie. Un enfant bien adapté connaîtra bien les sentiments de culpabilité, mais aussi la rédemption et le pardon, ainsi que la libération de cette culpabilité. Les parents qui guident leurs enfants à travers la perte et la déception, sans les dorloter ni les protéger, leur rendent service et, en fin de compte, les guident vers la résilience et la force.

Ben Friesen

Je souhaite à tous bénédictions, bienfaits et beauté pour la nouvelle année.

Au sujet des assurances

“Au cours de ma vie, je me suis assuré contre tout, sauf contre la mort. Et maintenant, je dois mourir sans y être aucunement préparé.” – auteur inconnu

Êtes-vous assuré contre la mort?  Vous savez où se trouve la réponse…

Mais que penser des autres assurances? Qu’en dit la Bible?

Selon les Écritures, la sécurité d’un chrétien se trouve en Dieu et en sa providence. Ce principe est enseigné clairement dans la Parole de Dieu. Par conséquent, nous ne croyons pas qu’un chrétien doit assurer ses biens avec les compagnies d’assurance de ce monde.

« Mieux vaut chercher un refuge en l’Éternel que de se confier à l’homme » (Psaume 118.8).

« Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui, et qui détourne son cœur de l’Éternel » (Jérémie 17.5).

« Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6.33).

« Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car lui-même prend soin de vous » (1 Pierre 5.7).

Dieu, dans son amour et pouvoir infini, pourvoit pour ceux qui lui appartiennent dans toutes les circonstances de la vie. « Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous ? Cependant, aucun d’eux n’est oublié devant Dieu. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux » (Luc 12.6-7).

Presque tous les biens de Job ont été dérobés, consumés par le feu ou emportés par le vent. Toutefois, il est demeuré ferme dans sa confiance en l’Éternel et disait : « L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté ; que le nom de l’Éternel soit béni » (Job 1.21).

L’économie moderne tend à ébranler la foi des croyants en Dieu en matière d’assurance. Il s’agit là d’un défi pour les chrétiens de résister aux tentations matérialistes et de placer leur confiance non pas dans les finances, mais dans les promesses divines. Les chrétiens regardent aux promesses de Dieu pour leur sécurité et ils évitent, autant que possible, d’avoir recours aux compagnies d’assurance du monde.

L’acquisition d’un contrat d’assurance vie est clairement défendue aux membres de l’église de Dieu. Outre les réserves émises à l’égard d’autres types d’assurance, l’assurance-vie dévalorise et commercialise la vie humaine, que nous considérons comme sacrée, et elle s’oppose aux enseignements bibliques.

Les chrétiens sont attentifs à la responsabilité de chaque personne de prendre soin d’elle-même et de ses possessions. Il est parfois avancé que souscrire une assurance pour ses biens, sa santé ou sa vie est une bonne gestion financière et évite de devenir dépendant des autres. Bien que ceci soit un raisonnement logique selon « les rudiments du monde » (Colossiens 2.8), cela mine la foi d’un chrétien dans le pouvoir de Dieu.

La famille de Dieu a le devoir et l’honneur de supporter les fardeaux les uns des autres. Elle doit aussi partager avec ceux qui ont souffert, selon 2 Corinthiens 8. Cette tâche peut être accomplie par les dons personnels d’amour, ou par les opérations des programmes d’aide mutuelle gérés par l’Église. De cette façon, celui qui donne et celui qui reçoit sont tous deux bénis et Dieu est glorifié. « Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ » (Philippiens 4.19).

Le martyre de Pothin

Tiré du Miroir des martyrs

UN VIEILLARD DE QUATRE-VINGT-DIX ANS APPELÉ POTHIN, MISÉRABLEMENT MALTRAITÉ À CAUSE DU TÉMOIGNAGE DE JÉSUS-CHRIST, DEVANT LE TRIBUNAL, À LYON, EN FRANCE. IL MOURUT ENSUITE EN PRISON, VERS L’AN 179

Dans l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe, ainsi que chez plusieurs autres auteurs anciens, il est fait mention d’un certain vieillard de plus de quatre-vingt-dix ans, appelé Pothin, docteur de l’Église de Lyon, en France. Il est écrit qu’en raison de son âge avancé il ne pouvait pas marcher, mais, ayant un désir si ardent de mourir à cause du nom de Christ, il se fit, comme le rapporte A. Mellinus, porter devant le tribunal pour être condamné à mort avec les autres martyrs. Lorsque les soldats l’amenèrent au tribunal, le magistrat de la ville de Lyon se mit à crier qu’il était chrétien, avec beaucoup de calomnies et un langage abusif, et toute la multitude du peuple le suivit. Eusèbe dit que, tandis que ce vieil homme se tenait devant le juge du tribunal, les gens ordinaires se mirent à crier : « Ceci est Christ Lui-même ». Lorsque le juge lui demanda alors qui était le Dieu des chrétiens, il répondit avec une candeur remarquable : « Si tu en es digne, tu le sauras ». Cela déplut tellement au juge, qu’il commanda qu’on frappât ce pieux témoin de Jésus au visage, à coups de poing. Sur ce, on le poussa impitoyablement, on le frappa, le tira et le cogna. Les badauds lui jetèrent tout ce qui leur tombait sous la main, sans égard à la faiblesse de son âge. Pire, ils considéraient que ceux qui n’avaient pas fait preuve d’assez de diligence en agressant et en maltraitant de toutes les manières ce vieil homme étaient ses complices. Pothin, ayant été ainsi maltraité, roué de coups au point que la vie semblait presque éteinte, fut ramené du tribunal au cachot. Là, après deux jours de grande souffrance, ayant remis son âme entre les mains de Dieu, il mourut et atteignit ainsi une fin bienheureuse.

Sources: Eusèbe de Césarée, Hist. Eccl., liv. V, chap. 2, p. 83, col. 1–2 ; J. Gysius, Hist. Mart., p. 17, col. 1 (sous « Photinus ») ; A. Mellinus, liv. I, p. 46, col. 2 ; Introduction au Miroir des martyrs des chrétiens sans défense, p. 38, col. 1 (appelé « Photimus »).

Le pharisaïsme

Traduction d’un article en anglais paru sur le site : https://flatlanderfaith.com/2024/10/30/pharisaism/

L’ère de l’Ancien Testament prend fin avec Esdras, Néhémie et Malachie. De nombreux Juifs étaient revenus de captivité, les murs de Jérusalem avaient été reconstruits et le second temple était en cours de construction. Selon une ancienne source juive, cinq éléments manquaient dans le second temple par rapport au premier : l’Arche de l’alliance, qui contenait le propitiatoire ; le feu sacré qui était tombé du ciel lors de la dédicace du premier temple et qui brûlait continuellement ; la chékhina, la nuée le jour et la colonne de feu la nuit, qui se trouvait au-dessus du propitiatoire ; l’ourim et le thoummim par lesquels le souverain sacrificateur recevait les réponses de Dieu ; et le Saint-Esprit. En outre, il n’y a pas eu de prophètes depuis Malachie jusqu’à Jean-Baptiste. Ainsi, pendant 400 ans, Dieu n’a pas eu son mot à dire dans la vie spirituelle du peuple juif.

Au moins trois groupes ont émergé durant cette période : les esséniens, les sadducéens et les pharisiens. Les esséniens vivaient en communauté, développaient des croyances mystiques et ne maintenaient qu’un contact limité avec la vie religieuse du reste du peuple. La plupart des prêtres et des scribes étaient des sadducéens, qui s’accrochaient à leur position de respect, mais qui pensaient de manière largement matérialiste. Ils ne croyaient pas aux anges ni à la résurrection des morts.

Il semble que les pharisiens auraient dû être « les bons » ou « les gentils ». Ils étudiaient les Écritures, s’efforçaient de respecter la loi et d’éviter les corruptions du monde. Ils croyaient aux anges et à la vie après la mort. Mais quelque chose a terriblement mal tourné. Bien qu’ils soient grandement respectés pour leur mode de vie irréprochable, leurs cœurs étaient devenus insensibles, ne laissant transparaître aucune once de compassion. Jean-Baptiste les a qualifiés de « génération de vipères ». Jésus les a qualifiés d’hypocrites, « car vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, tandis qu’au-dedans vous êtes pleins de rapines et d’intempérance » (Matthieu 23.25).

Le pharisaïsme, c’est se croire plus juste que les autres en raison d’une pratique religieuse stricte, tout en dissimulant des pensées et des actions impures. C’est cette forme de « conservatisme rigide » qui érige en preuve unique de la foi l’observance formelle des rites, sans tenir compte de l’état interne. Il a toujours été une tentation pour ceux qui voient une dérive vers la mondanité dans leur communauté religieuse, mais qui n’ont aucune vision ou connaissance de la puissance du Saint-Esprit qui conduirait à une piété authentique. Certains groupes mennonites sont tombés dans ce piège, ainsi que la branche Raven-Taylor des Frères de Plymouth (darbystes) et d’autres groupes.

Bob Goodnough

Le piétisme

La piété sans contraintes ?

Traduction d’un article en anglais paru sur le site : https://flatlanderfaith.com/2024/10/26/pietism-2/

Jésus a dit : « La lumière est venue dans le monde, et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises » (Jean 3.19). L’apôtre Paul a écrit : « Et ne prenez aucune part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais bien plutôt condamnez-les » (Éphésiens 5.11). Les personnes qui ont été poussées par le Saint-Esprit à vivre leur relation avec Dieu dans une véritable piété sont devenues une lumière qui a révélé le mal dans le monde qui les entourait. Il n’est pas étonnant que cela ait attiré sur eux les feux de l’opposition et de la persécution.

Mais certains désiraient le même type de relation personnelle avec Dieu, sans devoir s’attirer des ennuis. À la fin du XVIIe siècle, un mouvement a vu le jour au sein de l’Église luthérienne d’Allemagne, connu sous le nom de piétisme. Les piétistes mettaient l’accent sur la relation personnelle avec Dieu et la droiture morale, tout en restant membres de l’Église luthérienne, en participant régulièrement à la communion et en amenant leurs enfants au baptême.

L’appellation « les tranquilles du pays » (die Stillen im Lande) était le qualificatif attribué à ce mouvement religieux qui mettait l’accent sur la foi personnelle, la spiritualité intérieure et la vie morale plutôt que sur le formalisme et l’orthodoxie théologique.

Ils avaient choisi de considérer uniquement leur ressenti interne comme indicateur exclusif de leur dévotion, ignorant ainsi toute contrainte doctrinale, œuvre ou preuve scripturaire. Étant donné qu’ils ne comptaient que sur leur sentiment intérieur, ils accordaient une importance disproportionnée aux expériences spectaculaires et émouvantes plutôt qu’à l’obéissance à Dieu, qui devrait découler naturellement d’une véritable soumission à sa volonté.

Lorsque l’impératrice Catherine II de Russie [d’origine allemande elle-même] lança un appel aux colons allemands pour peupler ses territoires nouvellement conquis en Ukraine, un grand nombre de luthériens, de catholiques et de mennonites germanophones répondirent à l’appel. La plupart de ces colons allemands étaient des luthériens piétistes. Environ 20 % d’entre eux étaient des mennonites prussiens. La langue allemande étant leur passeport pour cette nouvelle terre, ils abandonnèrent tout usage persistant de la langue néerlandaise et devinrent exclusivement germanophones. Ils étaient las des restrictions et des difficultés qu’ils avaient rencontrées à cause de leur foi et ils acceptèrent volontiers le concept piétiste d’être « les plus tranquilles du pays ».

En l’an 1835, les 29 dirigeants et ministres de la colonie de Molotchna ont émis une directive interdisant à leurs membres de consulter les écrits de Menno Simons et exigeant la restitution de tous les exemplaires du livre. La raison invoquée était que si l’un de leurs voisins ou des représentants du gouvernement lisaient le livre, ils auraient tous des ennuis. Certains membres soupçonnèrent que les ministres avaient plus peur que leurs fidèles ne lisent le livre et n’apprennent combien leur Église s’était éloignée de la foi et de la vie décrites par Simons.

Il semble donc que, si la peur de l’opposition nous pousse à maintenir la communion avec ceux qui vivent dans les ténèbres, alors nous avons abandonné la foi. Bien que nous puissions partager des histoires émouvantes et des expériences chaleureuses, l’absence de résultats tangibles devrait nous alerter sur la nature véritable de notre relation avec notre Créateur.

Bob Goodnough