La foi anabaptiste-mennonite est d’origine très ancienne

Mission

Il y a de cela des centaines d’années,
dans la forêt profonde, au sein d’une tribu,
un missionnaire était venu pour annoncer,
le pardon des péchés, par la mort de Jésus.

Cette Bonne Nouvelle, il vint la proposer,
à des hommes sanguinaires, vivant en débauchés,
adorant mille dieux tous plus exigeants
et à qui ils offraient des sacrifices sanglants.

C’était une mission difficile, dangereuse,
d’autant que la tribu se trouvait gouvernée,
par une reine tyrannique et ombrageuse,
qui invita notre prêcheur à déjeuner.

Quel présent offrir à l’hôtesse redoutable ?
Il ne possédait rien que sa prédication
révélant à toute âme ce qu’elle a d’abhorrable
afin qu’elle se repente, change de direction.

Il se souvint avoir, au fond de son bagage,
un miroir face-à-main, à monture d’argent,
lui venant de sa mère, gardé précieusement.
Il alla à la reine, offrir son héritage.

La femme l’attendait. Il donne selon l’usage,
son cadeau dont l’éclat révélait la valeur.
Mais lorsque l’hôtesse y mire son visage,
elle pousse un grand cri en découvrant l’horreur.

Car la dame était laide, d’une grande laideur.
Jeté à terre, le miroir qu’elle piétine est brisé.
Les gardes ont saisi notre prédicateur,
qui osait dévoiler péchés, défauts cachés.

Annick Markmann

Le son de pas

Le Royaume annoncé par Daniel

Je ne le savais pas

J’avais pris l’habitude, au temps où j’enseignais,
de m’occuper d’abord, de toute ma maison.
Et le soir venu, lorsque tous dormaient,
je préparais mes cours, faisais les corrections.

Ce soir-là, cette nuit, car très tard il était,
j’avais enfin fini tout ce qui m’incombait,
mon cartable était prêt, ma journée prenait fin,
je pouvais me coucher, dormir jusqu’à demain.

J’étais lasse à l’extrême de cette vie terrible,
sans jamais une pause, sans atteindre une cible.
Les jours se succédaient et j’étais épuisée.
Je me sentais si seule et tellement chargée.

Je n’avais plus la force de lutter pour survivre.
J’aspirais à partir vers un lieu de repos
où je serais comprise, déchargée des fardeaux.
C’était trop lourd pour moi, je ne voulais plus vivre.

Mais j’étais partagée, car j’aimais mes enfants.
Ils étaient fragiles, jeunes encore, ils m’aimaient.
Et que deviendraient-ils si je disparaissais ?
Il y avait mon mari et aussi mes parents.

Vue de l’extérieur, seule je n’étais pas.
Et pourtant je l’étais au plus profond de moi.
Quelqu’un sonde nos cœurs et nos reins, il nous voit.
Quelqu’un me connaissait, je ne le savais pas.

Avant de me coucher, mes enfants j’embrassais.
Dans sa chambre chacun paisiblement dormait.
Un baiser sur le front et puis je ressortais.
Un désespoir sans nom, ce soir-là m’étreignait.

Malgré tous ceux que j’aime, ai-je alors pensé,
je me sens seule au monde, ça ne peut pas durer.
Quittant la chambre de mon fils, je pleurais,
alors sur mon épaule, une main se posait.

Une main irradiant courage, amour réel.
Et une voix très douce à mon cœur parlait :
« Tu n’es pas seule, moi je suis là. », dit-elle.
Peine et pensées de mort, à l’instant, s’enfuyaient.

Une douce présence de paix m’enveloppa.
Qui était près de moi, qui me parlait ainsi ?
Sans hésiter, c’était le Prince de la Vie,
Je n’en ai pas douté, Jésus-Christ était là.

J’ai retrouvé des forces et un sens à ma vie.
Il est intervenu à de nombreux instants.
Je me souvins qu’Il est la Parole et je lis,
la Bible chaque jour, depuis ces doux moments.

Il est comme un ami, Jésus, mon Rédempteur.
Je ne suis jamais seule, son Esprit me conduit.
Dans les jours difficiles, il est mon sûr appui.
Il est fidèle et bon, en Lui est le bonheur.

– Annick Markmann

Prions pour Haïti

Notez que le fait que j’appelle à prier pour Haïti ne signifie pas que j’oublie la misère dans d’autres pays tels que : la Syrie, le Yémen, l’Ukraine, les Soudans, la RDC, etc. J’essaie de souvent prier pour les pauvres âmes dans ces pays, et d’autres.

Paladru

  1. Paladru

L’horizon a lancé sa courbe au bout du monde,
dans la profondeur bleue de l’infini des nues.
Les rayons du soleil qui plonge là, inondent,
de reflets d’or et d’ambre, le lac de Paladru.

Tout près du ciel, au plat sommet de la colline,
dans les mauves bruyères, le safran des genêts,
trois croix sont élevées. Sombres, elles dominent
le creux vallon que déjà, le crépuscule revêt.

Et ces trois croix qui sur les cieux se dessinent,
rappellent à mon cœur les croix de Golgotha.
La lumière s’y attarde bien que le jour décline
sur la campagne qui s’estompe en contre- bas.

Une brune alouette plane, plonge et se pose
au faîte d’un poteau qui borde mon sentier.
Dans le silence du moment, l’oiseau compose,
un hymne qui s’élève en notes nuancées.

C’est un instant privilégié avant nuit noire,
temps de recueillement, temps mystérieux.
Un temps rempli de paix profonde, d’espoir.
Je m’abandonne, confiante, aux plans de Dieu.

Annick Markmann