Le martyre d’Eulalie

EULALIE, UNE JEUNE FILLE CHRÉTIENNE, BRÛLÉE AVEC DES LAMPES ET DES TORCHES, ET ÉTOUFFÉE PAR LA FUMÉE, À CAUSE DE SA FOI EN JÉSUS-CHRIST, À MÉRIDA, EN LUSITANIE, EN L’AN 302

En ce temps-là, il y avait une jeune fille chrétienne, appelée Eulalie, âgée de douze ou treize ans à peine, qui était remplie d’un tel désir et d’une telle ardeur de mourir pour le nom de Christ, que ses parents durent l’emmener hors de la ville de Mérida, dans une région rurale lointaine, et la confiner étroitement. Mais cet endroit ne put pas éteindre le feu de son esprit, ni le long confinement affaiblir son corps ; car, s’étant évadée une nuit, elle se rendit très tôt le lendemain devant le tribunal et dit d’une voix forte au juge et à toute la magistrature : « N’avez-vous pas honte de précipiter à la fois votre âme et celle des autres dans la perdition éternelle en niant le seul vrai Dieu, notre Père à tous et le Créateur de toutes choses ? Ô hommes misérables ! Cherchez-vous les chrétiens, afin de les mettre à mort ? Me voici, je suis une adversaire de vos sacrifices sataniques. Je confesse le seul Dieu du cœur et de la bouche, mais Isis, Apollon et Vénus ne sont que de vaines idoles. »

Le juge qui présidait ce tribunal où Eulalie parlait ainsi hardiment fut rempli de rage et appela le bourreau, lui commandant d’emmener cette demoiselle promptement, de la déshabiller et de lui infliger divers châtiments afin, dit-il, qu’« elle puisse ressentir la puissance des dieux de nos pères, et qu’elle apprenne qu’il lui serait difficile de mépriser le commandement de notre Prince (c’est-à-dire de l’empereur Maximien) ».

Mais avant d’en arriver là, il lui adressa ces mielleuses paroles : « Avec quelle joie je t’épargnerais ! Oh, si seulement tu pouvais renoncer avant ta mort à tes vues perverses issues de la religion chrétienne ! Réfléchis donc : quelle grande joie t’attend, à laquelle tu pourrais aspirer dans l’état honorable du mariage ! Voici, tous tes amis pleurent pour toi, et ta noble parenté soupire et pleure devant toi, à l’idée que tu doives mourir dans la tendre fleur de ta jeunesse. Vois, les bourreaux sont prêts à te torturer à mort par toutes sortes de tourments, car tu seras soit décapitée par l’épée, soit déchirée par les bêtes sauvages, soit brûlée avec des torches, ce qui te fera hurler et gémir parce que tu ne pourras pas en supporter la douleur, soit tu seras brûlée vive. Tu peux échapper à toutes ces tortures sans peine, pourvu que tu prennes quelques grains de sel et d’encens au bout de tes doigts et que tu les offres en sacrifice. Ma fille, consens à cela et tu échapperas ainsi à tous ces terribles châtiments. »

Cette fidèle martyre ne jugea pas utile de répondre aux paroles suppliantes, pas plus qu’aux paroles menaçantes du juge, mais, pour en finir, elle repoussa et renversa1 les images, l’autel, l’encensoir, le livre sacrificiel, etc.

Aussitôt deux bourreaux s’avancèrent, déchirèrent ses membres délicats, et, avec des crochets ou des griffes tranchantes, lui ouvrirent les côtés jusqu’à exposer ses côtes.

Eulalie, comptant et recomptant les entailles sur son corps, dit : « Voici, Seigneur Jésus-Christ ! Ton nom est en train d’être écrit sur mon corps ; quel plaisir cela me procure de lire ces lettres, car ce sont des signes de Ta victoire que je contemple, et mon sang pourpre confesse Ton saint nom ! »

Elle parlait ainsi avec un visage imperturbable et heureux, ne montrant pas le moindre signe de détresse, bien que le sang coulât de son corps comme d’une fontaine. 

Après qu’elle eut été lacérée jusqu’aux côtes avec des tenailles, ils appliquèrent des torches allumées sur les plaies de ses côtés, et sur son abdomen. Finalement les cheveux de sa tête furent enflammés, et elle fut étouffée en aspirant les flammes. Ce fut la fin de cette héroïne, jeune en années, mais mûre en Christ, qui aimait la doctrine de son Sauveur plus que sa propre vie. A. Mellinus, liv. I, p. 105, col. 4, et p. 106, col. 1–2 ; cf. J. Gysius, p. 23, col. 3, d’après Prudence, Hymnus Peristephanon 3.

Cela se produisit en Lusitanie2, à Augusta Emerita, aujourd’hui appelée Mérida, dans la partie la plus méridionale de l’Hispanie, sous l’empereur Maximien et le proconsul Dacien, comme l’attestent les auteurs anciens, dont ceux mentionnés ci-dessus3.

  1. Un certain auteur dit qu’elle cracha au visage du tyran ; ce qui doit être compris de l’image ou de l’idole. ↩︎
  2. Province romaine qui couvrait la plus grande partie de l’actuel Portugal et une partie du León et de l’Estrémadure espagnols. Mérida se trouve aujourd’hui en Espagne. — NDLT ↩︎
  3. D’autres sources ajoutent qu’elle fut condamnée à être brûlée vive pour avoir protesté du traitement barbare réservé aux chrétiens persécutés dans la ville. Comme ce supplice ne suffisait pas à la tuer, elle eut la tête tranchée. Il est à noter que la Séquence de sainte Eulalie (poème racontant son martyre), composée vers 880, est le plus ancien texte littéraire connu rédigé en ancien français. — NDLT ↩︎

Confession de foi anabaptiste-mennonite (1627)

[Tirée du Miroir des martyrs de Thieleman Janszoon van Braght (1660), traduction basée sur l’original néerlandais https://play.google.com/books/reader?id=qpyxCLehkwoC&pg=GBS.RA1-PA1&hl=fr et sur les pages 27 à 33 de la version anglaise.]

Rédigée à Amsterdam le 27 septembre 1627, sous le titre Instruction Scripturale, concernant qui sont les personnes sur qui repose la paix de Dieu, et comment elles sont liées à la paix et à l’unité, donnée en réponse aux questions suivantes, dont la première est :

Quelles sont les marques fondamentales et indubitables par lesquelles les enfants de Dieu et les membres de Jésus-Christ (étant l’Église de Dieu) peuvent et doivent être connus, conformément au témoignage de la Parole du Seigneur ?

Afin de répondre correctement à cette question, nous devons considérer par quels moyens les hommes deviennent enfants de Dieu, membres de Jésus-Christ et de l’Église de Dieu. Car bien que Jésus-Christ, le Seigneur béni, soit la seule cause méritoire de la justification des hommes, de leur adoption par Dieu comme Ses enfants, et le fondement de leur salut éternel (Rm 3:24-25 ; 1 Co 1:30 ; Tt 3:7 ; Hé 5:9 ; Eph 1:5 ; Col 3:11 ; Ac 4:12), Dieu a néanmoins choisi un moyen particulier. 

Il a plu au Père céleste, de qui viennent toutes choses (1 Co 8:6) et qui est le vrai Père de toute la famille dans les cieux et sur la terre (Eph 3:14-15), d’imputer les mérites de Son Fils Jésus-Christ aux hommes et de les rendre participants de ceux-ci par le moyen de la foi en Son Fils bien-aimé, unique et monogène (Rm 3:25 ; Ga 2:16 ; Eph 2:8 ; Jn 3:15-16, 36 ; Jn 6:40). C’est par Lui qu’Il les possède comme enfants et les adopte comme héritiers de la vie éternelle, selon le témoignage de Jean, qui dit : « Il [c’est-à-dire Christ] est venu chez les siens et les siens ne l’ont point reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jn 1:11-13). 

Paul le confirme en ces termes : « Vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus Christ » (Ga 3:26). Par ce moyen qu’est la foi, acquise de la Parole de Dieu et confirmée par le Saint-Esprit, les hommes naissent de Dieu. L’appellation d’enfants de Dieu leur appartient donc véritablement, puisqu’ils ont Dieu pour Père et Christ pour Frère. Dieu le Père les reconnaît comme Ses fils et Ses filles, et Christ n’a pour cette raison pas honte de les appeler Ses frères. (Rm 10:17 ; 2 Co 4:13 ; Rm 8:16 ; Jn 1:12 ; 1 Jn 5:1 ; Jc 2:18 ; 1 P 1:23 ; Mt 5:45 ; Jn 1:12-13 ; Jn 3:2 ; Jn 20:17 ; Rm 8:15 ; Ga 4:16 ; Mt 12:50 ; 2 Co 6:18 ; Hé 2:11-12)

Ces enfants de Dieu et frères de Jésus-Christ sont héritiers de Dieu, bien plus, cohéritiers dans l’héritage de leur Frère Jésus-Christ. On leur a en effet promis par Dieu le Père, par le moyen de la foi, tous les bénéfices acquis par notre Sauveur Jésus-Christ, qui sont principalement le pardon des péchés, la justification et la paix avec Dieu. Parce qu’ils sont enfants de la résurrection, ils ne seront pas condamnés, mais passeront de la mort à la vie. Ils jouiront du salut, de la vie éternelle et d’un bonheur indicible, oui, en vérité, il posséderont tout ce que possède le Seigneur Christ. (Rm 8:17 ; Eph 1:11 ; Ac 10:43 ; Rm 3:26 ; Rm 4:5 ; Rm 5:1 ; Ga 2:16 ; Lc 20:26 ; Jn 5:24 ; Mt 16:16-17 ; Mc 16:16 ; Rm 10:9 ; 1 P 1:9 ; Jn 3:16 ; Jn 6:47 ; Jn 17:3 ; Jn 20:31 ; 1 Jn 5:11 ; 1 P 1:8 ; Lc 22 ; Ap 21:7)

C’est pourquoi nous répondons, en conclusion à la question posée : La marque fondamentale et certaine des enfants de Dieu et des membres de Jésus-Christ est celle en vertu de laquelle cette appellation leur appartient en vérité conformément à la promesse de Dieu, à savoir la seule foi salvatrice qui agit par amour, sur laquelle Dieu Lui-même regarde avec bienveillance et qui seule vaut devant Lui (Ga 5:6 ; Jr 5:3 ; Os 2:2 ; Jr 5:1 ; Ac 8:37 ; Ac 15:11 ; Es 26:2). C’est pourquoi, nous, qui sommes unis à Dieu et unanimes avec Lui, devons nous en remettre à elle seule, puisque le Seigneur Christ Lui-même, promettant à Pierre le salut sur sa foi et sa confession, ajoute : « Tu es Pierre, et sur ce roc je bâtirai mon Église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle » (Mt 16:18).

Nous allons maintenant démontrer brièvement ce qu’est la foi en Christ, ce qu’il faut croire, quel est son but et quelles sont les œuvres internes et externes de la foi.

Cette foi en Christ par laquelle les hommes deviennent participants de tous les bienfaits acquis par Jésus-Christ, n’est ni une opinion incertaine ni une simple confession de la bouche, mais une confiance ferme et sûre du cœur, qui ne doute pas des choses promises par Dieu en Christ, qui a plutôt la ferme assurance que Celui qui les a promises est aussi capable de les accomplir. (Hé 11:13 ; Hé 3:6 ; Rm 10:10 ; Rm 4:20-21).

Par cette confiance ferme et sûre, celui qui croit aux promesses de Dieu est fondé en Jésus-Christ son Sauveur, parce qu’il sait que toutes les promesses de Dieu sont oui et amen en Lui. Il s’accroche fermement à celles-ci comme à une ancre de son âme, à la fois sûre et solide. (Ac 10:43 ; 1 P 1:10-11 ; Jn 8:56 ; Hé 11:26 ; 2 Co 1:20 ; Hé 6:18-19)

Il croit de tout son cœur que Dieu – désireux de montrer Son grand amour envers l’humanité qui par le péché était tombée dans la mort et de multiples corruptions, et voulant les racheter pour l’accomplissement de Ses gracieuses promesses – a envoyé dans ce monde à cette fin, lorsque s’était accompli le temps de toutes les prophéties, Son cher Fils unique bien-aimé.

Celui-ci, de toute éternité, était avec Son Père dans une grande gloire et aimé de Lui avant la fondation du monde. Il possédait de grandes richesses et était égal à Dieu Son Père. C’est par Lui que toutes choses ont été faites, et sans Lui rien n’a été fait de tout ce qui a été créé dans les cieux ou sur la terre. Tout subsiste en Lui puisqu’Il soutient toutes choses par la parole de Sa puissance. (Gn 22:18 ; Dt 8:15 ; Es 7:15 ; Es 9:6 ; Es 11:1 ; Es 40:9 ; Mi 5:2 ; Jn 3:16 ; Rm 5:8 ; Rm 9:31 ; 1 Jn 4:9-10 ; Gn 3:19 ; Livre de la Sagesse 2:24 ; 4 Esdras 7:48 ; Rm 4:5, 12 ; 1 Co 15:21 ; Rm 5:16 ; 4 Esdras 3:7 ; Gn 3:17 ; Rm 1:2 ; Rm 8:3 ; Col 1:13 ; Eph 1:7 ; Ga 4:4 ; Mc 12:6 ; Mc 1:11 ; Mt 17:5 ; Mt 3:17 ; Hé 1:8 ; Hé 7:3 ; Hé 13:8 ; Hé 1:3 ; Jn 16:28 ; Jn 17:5, 24 ; 2 Co 8:9 ; Ph 2:6 ; Ap 1:18)

Il a quitté Sa gloire divine, Sa forme et Ses richesses, est sorti de Dieu Son Père et est descendu des cieux dans ce monde, de sorte qu’une vierge Le conçut et donna naissance à ce Fils à Bethléem, où Dieu introduisit Son Fils premier-né dans le monde sous la ressemblance d’une chair de péché. (Jn 13:3 ; Jn 3:13, 31 ; Jn 6:38, 51, 62 ; Eph 4:9-10 ; Es 7:14 ; Mt 1:23 ; Lc 2:21 ; Es 9:6 ; Lc 3:6 ; Ga 4:4 ; Mi 5:2 ; Mt 2:6 ; Hé 1:6 ; Rm 8:3) 

Car la Parole s’est faite chair, elle qui était dès le commencement ; celle que les apôtres mentionnent, qu’ils ont entendue de leurs oreilles et que leurs mains ont touchée : la Parole de vie. En effet, la vie fut rendue manifeste, de sorte qu’on put voir cette vie éternelle, qui était auprès du Père. (Jn 1:14 ; 1 Jn 1:1-2 ; Jn 1:9 ; Jn 20:25, 27 ; Es 40:5, 9)

Par conséquent, tous les vrais croyants doivent honorer et attribuer à leur Sauveur, non pas comme à une créature mais comme au Créateur, tout l’honneur divin, comme ils le font pour le Père (Jn 5:23 ; Jn 3:30-31 ; Jn 20:28). Car, même si pour un peu de temps Il fut rendu inférieur aux anges, tous les anges de Dieu doivent cependant L’adorer (Ph 2:10 ; Mt 14:33 ; Hé 1:6). Et Il en est digne, Lui qui nous a tant aimés qu’Il nous a rachetés par Sa mort et nous a lavés de nos péchés par Son propre sang, qui est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification, qui a détruit la puissance du diable, de la géhenne et de la mort. Il a aboli l’acte d’accusation de la loi et a pardonné tous les péchés, réconciliant avec Dieu le Père tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, en faisant la paix par le sang de Sa croix.

C’est Lui qui a mis en lumière la vie et l’immortalité, et c’est à Lui que Dieu nous a destinés pour hériter du salut éternel. (Ap 5:9 ; Ap 1:5 ; Rm 5:10 ; Ac 20:28 ; Col 1:14 ; 1 P 1:19 ; Rm 4:25 ; Rm 5:6, 8 ; Col 2:13-14, 19-20 ; Hé 2:14 ; 1 Co 15:54-55 ; Ap 20:14 ; Es 25:8 ; 2 Tm 1:10 ; Eph 1:10 ; Eph 2:13 ; 1 Th 5:9)

Ainsi, le Seigneur Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, est la véritable pierre angulaire, le chemin et la porte de la vie éternelle. Il n’y a pas d’autre nom donné à l’homme, ni dans les cieux ni sur la terre, par lequel on puisse être sauvé et devenir enfant ou héritier de Dieu, que le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. (Es 28:16 ; Rm 9:33 ; Eph 2:20 ; 1 P 2:6 ; Jn 14:6 ; Jn 10:9 ; Ac 4:12)

Le croyant, voyant par la foi que Dieu est immuable dans Ses promesses les plus grandes et les plus indicibles, se sent confiant. En effet, voyant que Dieu les accomplit en vérité par le don de Son cher et bien-aimé Fils unique, le croyant comprend qu’il n’y a rien que Dieu ne nous donnera également avec Son Fils. Il a donc la ferme assurance que les bienfaits promis dans et à travers les souffrances, la mort, le sang versé, la résurrection et l’ascension de Son Fils, lui appartiennent et qu’il les recevra en vérité. (Hé 6:17-18 ; Ps 33:4 ; Jn 3:16 ; 1 Jn 4:9 ; Eph 1:6 ; Col 1:12-14 ; 2 Tm 4:8 ; Eph 1:11-13 ; Rm 8:32, 34, 38 ; 2 P 1:3 ; Ga 2:21 ; Eph 2:17 ; 2 Co 4:6-7)

Cette foi engendre dans le cœur du croyant un goût intérieur de la bonté de Dieu et des pouvoirs du monde à venir, ce qui engendre l’allégresse, la joie et une ferme assurance de la faveur du Père dans l’âme. Grâce à cette assurance, il peut, à chaque moment de besoin, dire « Abba, Père », confiant qu’il sera entendu. 

Le croyant ne doute pas, bien que la chose promise ne soit pas apparente aux yeux humains et semble même contraire à la nature, transcendant la compréhension, l’entendement et la capacité de l’homme. (Ps 34:9 ; 1 P 2:3 ; Eph 2:7 ; Hé 6:5, 19 ; 2 Co 4:17 ; Rm 12:12 ; Rm 14:17 ; 2 Co 6:10 ; Jn 8:56 ; Ap 19:7 ; Rm 8:31, 38 ; Ps 32:1 ; 1 P 5:7 ; Ps 55:23 ; Rm 8:15 ; Ga 4:6 ; Rm 4:20 ; Jc 1:6 ; Hé 11:1 ; Rm 4:18-19 ; Hé 11:11 ; Hé 11:29)

Ainsi, le croyant, par la foi, ne regarde pas seulement aux choses qui, à travers la création et le gouvernement de Dieu, existent dans la nature (que l’homme peut saisir et comprendre), mais à la bonté et à l’omnipotence de Celui qui a promis. Devant Lui, la nature et tout pouvoir créateur doivent s’incliner, au ciel, sur terre et dans la mer, ainsi que la mort elle-même. C’est sur cette base que le croyant demeure ferme, même lorsque Dieu le met à l’épreuve au moyen de choses apparemment contradictoires, comme Abraham le père des croyants et comme beaucoup d’autres hommes pieux, car il est assuré que Dieu ne peut mentir. (Ps 52:10 ; Rm 4:21 ; Hé 11:19 ; Ps 135:5 ; Es 40:26 ; 4 Esdras 3:21, 23 ; Jos 10:13 ; Ha 3:10-11 ; Es 40:12 ; Ap 20:11 ; Pr 8:29 ; Jr 5:22 ; Ex 14:22 ; Hé 11:10, 35 ; 2 Co 1:10 ; Gn 22:1 ; 1 P 1:7)

Dieu identifie cependant au mieux cette foi venant du cœur, Lui qui, étant le seul à discerner les sentiments et les pensées du cœur, jugera aussi les signes intérieurs de la foi du cœur selon qu’Il la trouve droite ou feinte. (Jr 17:10 ; Ac 1:24 ; Ap 2:23 ; Hé 4:12)

Mais pour l’homme, qui n’a d’autre moyen de juger cette foi du cœur que par ses fruits qu’il peut entendre et voir, il y a des signes qui ont été donnés afin de l’évaluer : la confession de la bouche et l’obéissance de la foi manifestée par les œuvres extérieures. C’est pourquoi le croyant, conformément au commandement de Christ, doit confesser ouvertement devant les hommes, à l’honneur de son Créateur et Rédempteur, ce qu’il croit et expérimente dans son cœur, quelles que soient les souffrances qui peuvent en résulter pour lui. Il ne peut en être autrement, car il doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. (Mc 16:16 ; Jn 3:26 ; 1 Co 2:11 ; Jn 3:11 ; Rm 10:10 ; Rm 1:5, 16, 25 ; Ac 4:19-20) 

En effet, le Seigneur Christ a dit : « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux » (Mt 10:32 ; Lc 9:26). Jean dit : « Tout esprit qui confesse que Jésus-Christ est venu dans la chair est de Dieu » (1 Jn 4:2), et Paul explique : « Nous avons le même esprit de foi, selon qu’il est écrit : J’ai cru, et c’est pourquoi j’ai parlé ; nous croyons aussi, et c’est pourquoi nous parlons » (2 Co 4:13).

C’est pourquoi Paul témoigne par ces mots que la confession orale, procédant d’une foi sincère, conduit au salut : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut » (Rm 10:9-10).

Cette foi manifeste aussi ses fruits extérieurs d’amour dignes de la foi. C’est pourquoi le croyant, conformément à l’enseignement de l’apôtre Pierre, doit faire preuve de toute la diligence nécessaire pour manifester à partir de sa foi, la vertu, la connaissance, la tempérance, la patience, la piété, l’affection fraternelle, et l’amour, et marcher dans l’Esprit dont les fruits, tels que l’amour, la joie, la paix, la longanimité, la bienveillance, la bonté, la foi, la douceur et la tempérance, sont visibles sur lui extérieurement. (2 P 1:5-7 ; Ga 5:16, 22-23 ; Ga 6:1 ; Eph 5:9) 

Par ces bons fruits et par l’amour fraternel comme signes extérieurs de la vraie vie, ils sont connus comme de bons arbres, le sel de la terre, la lumière du monde, une lumière posée sur un chandelier pour éclairer tous ceux qui sont dans la maison, une ville située sur une colline qui ne peut être cachée. Ils font ainsi briller leurs bonnes œuvres devant les hommes, afin que ceux-ci, en les voyant, glorifient Dieu le Père céleste. (Mt 7:17, 20 ; Mt 12:35 ; Mt 5:13-16)

En effet, comme les enfants qui, par leur apparence et leur comportement, manifestent la forme et les qualités de leur père, et sont ainsi reconnus pour être ses enfants, de même les croyants qui, par la nouvelle naissance, sont devenus participants de la nature divine (dans la mesure où ils modèlent leurs vertus sur celles de Dieu), sont ainsi reconnus comme étant Ses enfants. Afin qu’ils puissent bien exprimer cette image, Christ et Ses apôtres les avertissent abondamment à ce sujet. 

Tel est le cas de ces paroles : « Soyez donc parfaits, comme votre Père qui est aux cieux est parfait ». « Mais comme celui qui vous a appelés est saint, soyez saints dans toute votre conduite ». « Et chacun se purifie comme il est pur ». « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ». « Pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné ». (2 P 1:4 ; 1 P 1:23 ; Jn 3:6 ; 1 Jn 4:7 ; 1 Jn 5:1 ; Jc 1:18 ; Jn 1:13 ; Rm 8:16 ; Mt 5:48 ; 1 P 1:15 ; 1 Jn 3:3 ; Lc 6:36 ; Eph 4:2 ; Col 3:13)

Et encore : « Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés enfants de Dieu » (Mt 5:9). Le Seigneur dit aussi « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux : car Il fait lever Son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie la pluie sur les justes et sur les injustes ».

Partout donc où une telle similitude avec Dieu apparaît par le fait de revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et une sainteté que produit la vérité, ces croyants manifestent l’image de Christ dans leur chair mortelle. (Eph 4:24 ; Col 3:10 ; Ga 2:20 ; 2 Co 5:17)

Ils sont une épître de Christ, dans laquelle Christ peut être vu et lu par tous les hommes. Ils sont à juste titre appelés chrétiens et, par conséquent, sont de vrais enfants de Dieu et membres de Jésus-Christ. Tous ceux qui craignent véritablement Dieu doivent donc les reconnaître et les accepter comme appartenant à un seul corps, qui est l’Église du Dieu vivant, et comme ayant, par cette foi féconde, communion avec Dieu, le juste juge, avec Jésus, le médiateur de la Nouvelle Alliance, avec l’Église des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux, avec une innombrable compagnie d’anges, et avec tous les esprits des justes rendus parfaits. (2 Co 3:2 ; Ac 11:26 ; Rm 12:5 ; Eph 4:4, 16 ; 1 Co 12:13 ; Ac 20:28 ; 1 Tm 3:15)

De cette Église, Christ est le fondement, la Tête, le Roi, le Berger, le Chef, le Maître et le Seigneur. (1 Co 3:11 ; Eph 4:15 ; Jr 33:15 ; Lc 1:33 ; Jn 10:11, 14 ; Jn 13:14)

Elle seule est Son corps, Son épouse parée, Sa colombe, Son troupeau et Son peuple, la chair spirituelle de Sa chair et l’os de Ses os. (Rm 12:5 ; Ap 21:2 ; Ct 2:14 ; Ct 4:1)

Or, bien que cette foi féconde soit la seule marque fondamentale et certaine par laquelle les enfants de Dieu et les membres de Jésus-Christ doivent être connus, et par laquelle seule ils sont aussi, par grâce, rendus participants des bienfaits (immérités) de Christ, Dieu s’est néanmoins plu à faire connaître et à confirmer aux croyants, par des signes extérieurs et visibles, les bienfaits et les mérites de Son Fils Jésus-Christ, lesquels, comme il a été dit, ne sont reçus que par la foi et conservés par l’obéissance. 

Afin que les choses signifiées (concernant les promesses de la grâce de Dieu) resplendissent plus clairement par les signes extérieurs, d’une part pour assurer la conscience des croyants dans la nouvelle alliance de la grâce de Dieu, et d’autre part pour lier les membres de Jésus-Christ dans l’unité en tant que membres appartenant à un seul corps, Dieu a institué dans l’Église du Nouveau Testament deux ordonnances ou signes adaptés à la chose signifiée, dans lesquels tous les vrais croyants trouvent un grand bienfait et un grand réconfort. Il s’agit du Saint Baptême et de la Sainte-Cène. (Eph 2:7 ; Jn 1:16 ; Mc 16:16 ; Lc 22:19 ; Ac 2:38 ; 1 Co 11:24 ; Jr 31:31 ; 1 P 3:21 ; 1 Co 12:13 ; 1 Co 10:17 ; Rm 6:5 ; Mt 28:19)

DU SAINT BAPTÊME

Le saint baptême est une ordonnance extérieure visible, dont le rite consiste en ce qui suit : On baptise avec de l’eau, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, à des fins sacrées, tous ceux qui entendent, croient et reçoivent joyeusement d’un cœur pénitent la doctrine du saint Évangile, conformément à l’institution de Christ et à l’usage de Ses apôtres. (Ac 2:41 ; Mt 3:11 ; Ac 10:48)

Le bienfait que l’Éternel Dieu déclare de Sa part par le signe du baptême, est le lavage des corruptions du péché de l’âme, par l’effusion du sang de Christ, ce qui signifie le pardon des péchés, obtenu par ce sang, pour l’assurance d’une bonne conscience auprès de Dieu, assurance par laquelle les croyants se réconfortent avec la promesse du salut éternel. (Ac 22:16 ; Col 1:14 ; 1 Jn 1:7 ; Hé 1:3 ; Ap 1:5)

Les obligations que le baptême impose aux baptisés sont les suivantes : En ensevelissant leurs péchés dans la mort de Christ, ils se lient à la nouveauté de vie de Jésus, afin d’employer, en tant que membres du corps de Christ (ayant revêtu Christ), chacun ses dons particuliers, au maintien et à l’amélioration de ce corps dans les choses spirituelles et temporelles. En outre, en tant que véritable maison de Dieu et citoyens de la Jérusalem céleste, ils doivent obéir aux lois civiles de leur Roi en observant tous Ses commandements. (Rm 6:3-4 ; Col 2:12 ; Ga 3:27 ; 1 Co 12:25 ; Eph 2:19 ; Mt 28:20)

DE LA SAINTE-CÈNE

La Sainte-Cène du Seigneur est une ordonnance instituée par Jésus-Christ en Son souvenir, qui doit être observée jusqu’à Sa venue par tous ceux qui sont baptisés sur la base de la vraie foi en Christ pour former un seul corps dans l’Église du Nouveau Testament. (Mt 26:26 ; 1 Co 11:24, 26)

Ce rite consiste en ce qui suit : Un ministre de l’Évangile, conformément à l’institution de Christ et à l’usage de Ses apôtres, prend du pain et du vin dans un but saint, rompt le pain et verse le vin, puis, après avoir préparé le tout et rendu grâces, il distribue les deux aux membres croyants. Lorsqu’un croyant mange le pain rompu et boit le vin, il proclame la passion de Christ. Autrement dit, nous signifions par ce signe visible Ses souffrances amères et Sa mort, ainsi que l’effusion de Son sang précieux, leurs causes ainsi que les bienfaits de Sa mort, par lesquels l’homme reçoit la rémission de ses péchés. Cette proclamation permet à l’Église croyante de rendre grâce à Dieu pour ce bienfait et, comme il incombe aux membres d’un même corps, de vivre et de marcher ensemble ici, d’un même cœur et comme une seule âme, dans la paix, l’amour et l’unité. (Lc 22:19-20 ; Ac 2:42 ; Ac 20:11 ; 1 Co 10:16-17 ; 1 Co 11:23-25 ; Ac 4:32)

Voici la somme de tout ce qui a été dit : 

1) Le Seigneur Christ est le fondement et la seule cause méritoire du salut éternel ; 

2) La vraie foi en Lui est le moyen par lequel nous devenons enfants de Dieu et participants de Ses mérites ; 

3) On doit connaître extérieurement les enfants de Dieu par la confession et les fruits de leur foi ; 

4) Dieu, par les signes extérieurs du Saint baptême et de la Cène, met sous les yeux de Ses enfants les bienfaits de Sa grâce et les lie, en tant que membres de Jésus-Christ, à un seul corps, c’est-à-dire, à l’Église de Dieu et de Christ, Église par laquelle ils sont également avertis de l’obéissance qui Lui est due.

Ceci pourrait conclure la réponse à la première question, mais puisque l’Éternel Dieu, pour le bien-être de Son Église et la propagation de la vérité, pour l’honneur de Son nom et pour le salut de l’humanité, a institué d’autres cérémonies et lois, en plus de certaines charges que les vrais membres de l’Église de Dieu sont tenus d’observer selon les circonstances, nous les joindrons aussi brièvement que possible et convenable à ce qui a précédé. 

Nous le ferons d’autant plus que notre présentation de la paix aux personnes de même foi s’adresse en partie à elles, afin qu’il apparaisse plus clairement qu’elles s’accordent avec nous et nous avec elles dans l’ordre de la maison chrétienne, pour vivre conformément à cet ordre par l’obéissance chrétienne, ensemble dans l’amour, la paix et l’unité, sans penser pour quelque raison que ce soit à se séparer à nouveau les uns des autres.

DES CHARGES D’ENSEIGNANT ET DE DIACRE DANS L’ÉGLISE ; AUSSI COMMENT L’ÉLECTION À CES CHARGES ET LA CONFIRMATION DANS CELLES-CI DOIVENT SE DÉROULER, CONFORMÉMENT À L’ORDONNANCE DE DIEU

De même qu’un corps se compose de différents membres ayant chacun sa fonction propre et spéciale, selon l’efficacité propre à chaque partie, faisant croître le corps pour son édification, de même en est-il de l’Église de Dieu. Car, bien que chaque croyant soit un membre du corps de Christ, tous ne sont pas pour autant pasteurs, enseignants, anciens ou diacres, car ceux-ci sont ceux qui ont été dûment nommés à de telles charges. Ainsi, l’administration de ces charges, comme la prédication publique de la Parole de Dieu, l’administration des saintes ordonnances du baptême et de la Cène conformément à l’institution de Christ et l’usage de Ses apôtres, appartiennent aux personnes ordonnées et élues à cet effet : les pasteurs et enseignants, tout comme il appartient aux diacres de pourvoir aux besoins des pauvres. (Rm 12:4 ; 1 Co 12:12 ; Eph 4:7 ; Ac 20:28 ; Tt 1:1 ; Rm 12:7 ; 2 Tm 4:2 ; 1 P 5:2 ; Mt 28 ; Mc 16 ; Ac 6 ; 1 Tm 3:8 ; 1 Tm 5:9)

Concernant leur appel et leur élection à ces charges, l’Église doit tenir compte des conditions requises chez ces personnes pour qu’elles remplissent dignement lesdites charges, conformément aux exigences de Paul. (1 Tm 3 ; Tt 1) Afin de remplir ces conditions, l’Église doit se préparer avec une crainte pieuse, par le jeûne et la prière, avec une invocation constante du nom de Dieu, afin qu’Il montre, Lui qui connaît tous les cœurs, par le vote unanime de l’assemblée, ceux qu’Il considère dignes d’une telle charge. L’assemblée doit prier avec la confiance que le Seigneur, qui entend les prières de ceux qui sont assemblés en Son nom et qui exauce la requête des hommes pieux, manifestera, par Son Saint-Esprit, Sa coopération et fera ressortir ceux qu’Il sait être aptes à cette charge. Sur ce, après avoir été examinés, ces hommes sont confirmés à cette charge par les enseignants, devant l’Église,  par l’imposition des mains. (Ac 1:24 ; Ac 6 ; Lc 6:8 ; Mt 2:8 ; 1 Tm 3:10 ; 1 Tm 4:14 ; 1 Tm 5:22 ; 2 Tm 1:6)

DU LAVEMENT DES PIEDS

Nous confessons que le lavement des pieds est une ordonnance de Christ, qu’Il a Lui-même pratiquée sur Ses disciples et qu’Il a commandé aux vrais croyants d’imiter Son exemple, disant : « Si donc moi, votre Seigneur et Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait ». Et encore : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez » (Jn 13:14-15, 17).

Le but pour lequel le Seigneur a institué cette ordonnance est principalement ceci : Afin que nous puissions nous souvenir, dans une vraie humiliation, que par grâce nous sommes lavés du péché par le sang de Christ, et que Lui, notre Seigneur et Maître, par Son humble exemple, nous lie à la vraie humilité les uns envers les autres (Jn 13:8, 10, 14). L’apôtre classe le lavement des pieds parmi les bonnes œuvres (1 Tm 5:10).

DU MARIAGE

Nous tenons que le mariage est une ordonnance de Dieu, instituée pour la première fois par Dieu au Paradis et confirmée chez nos premiers parents, Adam et Ève, lesquels furent créés à l’image de Dieu, mâle et femelle, alors qu’ils étaient encore tous deux dans la faveur de Dieu. (Gn 2:22 ; Gn 1:27)

Conformément à cette première institution et en accord avec l’ordonnance de Christ (Mt 19:5), les enfants de Dieu (qui ne sont pas trop proches par la consanguinité) doivent entrer dans le mariage après avoir prié à ce sujet, et le garder inviolable, afin que chaque homme ait sa propre et unique femme, et chaque femme son propre mari, et rien ne doit les séparer, sauf l’adultère. (Lv 18 ; Lv 20 ; 1 Co 5:1 ; Mt 19 ; Rm 7:2 ; 1 Co 7:2 ; Mt 5:32 ; 1 Co 9:5)

Ainsi, il est légitime qu’un frère prenne une sœur pour femme et qu’une sœur, aussi, puisse se marier avec qui elle veut, seulement dans le Seigneur, c’est-à-dire selon l’ordonnance et le plaisir du Seigneur, comme mentionné précédemment. Mais nous ne trouvons nulle part que Dieu, par Sa Parole, ait ordonné ou institué qu’un membre croyant de l’Église puisse conclure un mariage avec une personne incroyante et mondaine. Au contraire, nous trouvons que l’Éternel Dieu était très en colère contre ceux qui faisaient ainsi, et déclarait qu’ils étaient charnels et qu’ils ne se laissaient pas conduire par Son Esprit. C’est pourquoi nous réprouvons tous ceux qui suivent en ceci la convoitise de leur propre chair, de la même manière que nous le faisons pour d’autres pécheurs charnels. (1 Co 7:39 ; Dt 7:3 ; Né 10:30 ; Né 13:25-27 ; Gn 6:6)

DE LA FONCTION DE LA MAGISTRATURE

Le pouvoir séculier, ou la magistrature, est ordonné par Dieu dans tous les pays, et ne porte pas l’épée en vain, car il est le ministre de Dieu et le vengeur, pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. (Rm 13:2, 4 ; 1 P 2:14)

Chacun doit se soumettre aux autorités supérieures. Quiconque résiste à l’autorité, résiste à l’ordonnance de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. (Rm 13:1-2)

Tous les vrais croyants, liés par la Parole de Dieu, ont donc le devoir de craindre la magistrature, de lui rendre honneur et obéissance en tout ce qui n’est pas contraire aux commandements du Seigneur et de lui payer les impôts, les tributs et les taxes, sans protester ni murmurer. En effet, conformément aux paroles de Pierre, nous devons nous soumettre à toutes les ordonnances de l’homme pour l’amour du Seigneur, et prier le Dieu tout-puissant pour les dirigeants séculiers. Nous devons aussi être grandement reconnaissants envers le Seigneur pour les gouvernements bons et raisonnables. (Rm 13:7 ; Ac 4:19 ; Ac 5:29 ; 1 P 2:13 ; Jr 29:7 ; Baruch 1:11 ; 1 Tm 2:2)

Cependant, nous ne trouvons pas que le Seigneur Jésus-Christ ait ordonné cette fonction d’autorité séculière dans Son royaume spirituel, l’Église du Nouveau Testament, ou qu’Il l’ait ajoutée aux fonctions de Son Église. Il n’a pas non plus donné à Ses disciples de lois adaptées à cette fonction et à ce gouvernement, mais Il leur a dit : Les rois et les seigneurs des païens, et ceux qui exercent l’autorité parmi eux, sont appelés bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même pour vous. (Mt 20:25-26 ; Lc 22:25-26) 

Nous laissons là l’affaire, car nous ne considérons pas qu’il soit nécessaire d’entrer dans plus de détails.

DE LA PRESTATION DE SERMENTS

Pour confirmer une cause qui était juste et vraie en elle-même, les pères de l’Ancien Testament étaient autorisés à jurer par le nom de Dieu. (Dt 6:13 ; Mt 5:33)

Mais le Fils du Dieu vivant, le Roi et le Législateur du Nouveau Testament, auquel nous sommes liés par le commandement d’obéir, par une voix de Dieu venant du ciel, a interdit aux chrétiens tout serment, comme le fait également l’apôtre Jacques. Par conséquent, la prestation de serment est interdite aux croyants du Nouveau Testament. (Mt 3:17 ; Mt 17:5 ; Mt 5:34 ; Jc 5:12)

DE LA SÉPARATION

La séparation ou l’exclusion de l’Église est un décret ou une sentence de celle-ci, en vertu de la Parole de Dieu et avec son autorité, contre un ou plusieurs membres de l’Église qui, par un péché ouvert, une vie scandaleuse, l’hérésie ou l’entêtement, se sont séparés de Dieu et de la communion de Jésus-Christ, et n’appartiennent plus au Royaume de Christ ou à Son Église. Par conséquent, en vertu de la Parole de Dieu, au nom de toute l’Église, la fraternité n’a plus lieu d’être. (1 Co 5:3 ; Mt 18:18 ; 1 Co 5:1 ; Rm 16:17 ; Tt 3 ; Mt 18:17 ; Es 59 ; Tt 1:16 ; 1 Co 6:9 ; Ga 5:21 ; 1 Co 5:12 ; 2 Co 2:8)

Les raisons pour lesquelles nous devons nous séparer, raisons que l’Église doit respecter dans la séparation, sont principalement les suivantes : 

1) Montrer que sa doctrine ne permet en aucun cas de tels péchés, mais qu’elle leur est totalement opposée, afin que ce faisant, la pureté de la doctrine soit préservée et le nom de Dieu glorifié (1 Tm 1:20 ; Tt 1:13 ; 2 Tm 4:15) ; 

2) Prouver en fait par la séparation qu’elle est l’ennemie du péché et qu’elle ne le tolérera en aucun cas, afin que toutes les causes de reproche envers l’Église soient évitées (1 Co 5:1-2 ; Tt 2:8) ; 

3) Éviter que par des relations et une communion constantes avec le mal, les personnes de bien ne soient mêlées au levain ou corrompues (1 Co 5:7 ; 2 Tm 2:17) ; 

4) Convaincre le pécheur dans sa conscience, par l’excommunication et le retrait, et l’amener à la honte et à la réformation, afin qu’il puisse être sauvé (2 Th 3 ; 1 Co 5:5) ; 

5) Avertir les autres qui entendent et voient cela, afin qu’ils craignent de suivre un tel mal.

Mais lorsque le pécheur séparé montre des fruits authentiques de repentance, nous devons à tout moment être prêts à le recevoir à nouveau en paix dans la communion chrétienne de l’Église, s’il le demande sincèrement. (2 Co 2)

DE LA MISE À L’ÉCART

Avoir des relations et des interactions quotidiennes — telles que manger, boire, acheter, vendre, et toutes autres transactions temporelles ou mondaines superflues — avec les apostats impies est non seulement dangereux pour les gens pieux, qui peuvent ainsi être contaminés ou être considérés comme compagnons des apostats, mais est aussi nuisible à l’apostat lui-même, puisque, par une telle association, il pourrait s’endurcir dans le péché et estimer son offense de moindre conséquence.

Nous comprenons donc d’après la Parole de Dieu, que pour éviter selon l’onction de l’Esprit les dangers du péché et des offenses, et pour amener le pécheur apostat à la honte et à la repentance, le vrai membre de Christ doit se retirer des relations quotidiennes et de la communion avec les apostats impénitents. Il doit les éviter et n’avoir rien à faire avec eux, et cela sans acception de personnes, à moins d’être lié à l’apostat par un commandement de Dieu. 

Car, en matière de mise à l’écart, personne ne devrait agir contrairement à l’amour, à la bienveillance, à la bienséance et à la justice chrétiennes, vertus suprêmes que le chrétien a le devoir de montrer à tous les hommes, même à ses ennemis. À cette fin, Dieu a donné toutes les lois, qui ne peuvent sous aucun prétexte être diminuées, encore moins enfreintes ou transgressées. (1 Co 5:5 ; 2 Tm 2:21 ; 2 Th 3 ; Tt 3 ; 2 Th 3:14 ; 2 P 1:6 ; Tt 2:12 ; Rm 13:8 ; Mt 5:44 ; Rm 13:9-10 ; 1 Tm 1:5 ; Ap 22:19 ; Mt 5:19 ; Jc 2:1)

DE LA SECONDE VENUE DE CHRIST, DE LA RÉSURRECTION DES MORTS ET DU JUGEMENT DERNIER

Enfin, nous croyons que le Fils du Dieu vivant, le Seigneur Jésus-Christ, notre unique Prophète, Prêtre et Roi, descendra visiblement du ciel comme Il y est monté, sur les nuées et avec tous les saints anges de Dieu, avec puissance et grande gloire, au cri de la voix d’un archange et au son de la trompette de Dieu, qui se fera partout entendre. Alors tous les hommes qui auront vécu sur la terre et qui seront morts, bons et méchants, justes et injustes, ressusciteront d’entre les morts, dans l’incorruptibilité avec leur propre corps dans lequel ils ont vécu ; mais ceux qui vivront encore en ce jour-là et n’auront pas goûté la mort seront changés en un clin d’œil en incorruptibilité, au dernier son de la dernière trompette. (Ac 1:11 ; Ap 1:7 ; 2 Th 1:7 ; 1 Th 4:16 ; Mt 24:50 ; So 1:16 ; Mt 25:7 ; 2 Co 5:10 ; Rm 14:11 ; Jr 5:29 ; Ac 24:15 ; 1 Co 15:42 ; Jr 26:19 ; 1 Co 15:38, 52)

Ainsi, toute la famille humaine sera placée devant le siège du jugement de Christ, afin que chacun reçoive en son corps selon ce qu’il a fait, que ce soit bien ou mal. Car le Seigneur Jésus-Christ séparera alors comme un berger les brebis des boucs. Il mettra à Sa droite ceux qui ont fait le bien, mais à Sa gauche ceux qui ont fait le mal ; et là Il prononcera la sentence éternelle et irrévocable. (2 Co 5:10 ; Mt 25:32-33, 46 ; Jd 1:14)

Aux vrais croyants qui, par la foi, ont accompli des œuvres d’amour et de miséricorde, Il dira : « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde. » Ceux-ci seront alors enlevés sur les nuées à la rencontre du Seigneur, qui les emportera avec Lui dans la vie éternelle, dans la gloire et la splendeur célestes, où ils seront pour toujours avec le Seigneur en compagnie des innombrables saints anges, avec Abraham, Isaac, Jacob et tous les hommes pieux, dans une immense et indicible joie et allégresse. (2 P 1:5 ; Mt 25:34 ; Lc 16:9 ; 2 P 1:11 ; 1 Th 4:17, 14 ; Jn 14:3 ; Jn 17:24 ; Dn 12:12 ; 1 P 1:8-9)

Mais les injustes qui n’ont pas connu Dieu ni obéi à l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ et qui n’ont accompli aucune œuvre d’amour ou de miséricorde seront alors condamnés au feu éternel avec ces paroles douloureuses et intolérables : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » où « il y aura des pleurs et des grincements de dents ». (1 Co 6:9 ; 2 Th 1:8 ; Rm 2:9 ; Mt 25:41 ; Mt 22:13)

Ceux-là iront là où le ver ne meurt pas, où le feu ne s’éteint pas. Sur eux s’abattront la tribulation et l’angoisse, le mécontentement, la colère et la destruction éternelle, devant la face du Seigneur et devant la gloire de Sa puissance. (Es 66:24 ; Mc 9:46 ; Ml 4:1 ; Rm 2:9 ; 2 Th 1:9 ; 4 Esdras 9:10 ; Lc 16:24)

Que le Dieu de grâce et de miséricorde nous préserve par Jésus-Christ, Son bien-aimé Fils, et dans la puissance du Saint-Esprit, de ce terrible châtiment des impies, et qu’Il nous accorde Sa grâce, afin que nous puissions vivre saints ici sur terre et mourir heureux, en vue d’une heureuse résurrection et une joyeuse apparition en présence de Sa gloire, Amen.

NOTE : Suivent ici deux autres questions et leurs réponses que nous pourrions citer, mais nous estimons que cela n’est pas nécessaire, puisque le traité donné embrasse la substance ou la somme entière de la confession de la foi salvatrice, si elle est bien comprise.

Il y avait également une lettre en annexe, qui avait été envoyée à l’avance comme préparatif de la paix, lettre signée par diverses personnes (anciens et enseignants).

Fait à Amsterdam, le 27 septembre 1627.

Un livre unique et uni

Bon, ces jours-ci je ne trouve manifestement pas le temps ou l’inspiration pour écrire des articles de mon cru, mais je tenais à ne pas rester silencieux trop longtemps.

Je trouve inspirant de penser comment le plan du salut n’aurait jamais pu être inventé par une imagination humaine, c’est trop mystérieusement simple, trop peu glorieux pour la chair, trop différent de tout mythe inventé par l’homme (sauf ceux qui s’en inspirent pour créer des histoires similaires). Dieu est grand et il est bon!

Je continue à travailler 3-4 jours par semaine sur la révision de la traduction française du Miroir des martyrs, probablement le livre le plus inspirant et éclairant au monde, après la Bible, bien évidemment. Le reste du temps, j’enseigne le français et l’histoire-géo, ou je travaille à l’élaboration de nouveaux livres chrétiens.

Si Dieu le permet, nous aurons terminé d’ici 1 ou 2 ans.

Priez pour nous svp. Je continuerai de publier des extraits de ce livre ici et là.

Que Dieu vous bénisse tous en cette nouvelle année !

Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. (Jérémie 29:11)

Le triple objectif de l’Église

Entente fraternelle de l’an 1527

Ces sept articles sont souvent appelés la Confession de Schleitheim. Ils sont le résultat d’une réunion de plusieurs ministres chez Michael Sattler à Schleitheim, dans le nord de la Suisse, le 24 février 1527. C’était une période de persécutions intenses et les frères souhaitaient exprimer leur conviction commune sur l’ordre à suivre pour maintenir la […]

Entente fraternelle de l’an 1527

À propos du sabbat

tiré du Spiegel der Wahrheit (Miroir de la vérité) de Jean Holdeman, partie 2, pages 127-128

traduit de l’allemand

Je n’ai trouvé aucune confession vaudoise sur le sabbat et serais très reconnaissant à quiconque pourrait m’éclairer sur ce point. Les écrits de nos frères mentionnent également peu le sabbat.

Menno écrit : « Si quelqu’un est en Jésus-Christ, il est une nouvelle créature. L’ancien est passé, voici, toutes choses sont devenues nouvelles », etc. C’est là la première résurrection : nous sommes greffés en lui par la ressemblance de sa mort, c’est-à-dire par la mort de la nature pécheresse de l’Adam terrestre avec tous ses membres et mauvais désirs. Ainsi pouvons-nous participer à la résurrection, sachant que notre vieil homme doit être crucifié avec lui, afin que le corps pécheur puisse se reposer et observer le sabbat spirituel en Christ. Œuvres complètes (en néerlandais), page 173.

« Le saint sabbat du Seigneur – désormais spirituel et non littéral, perpétuel pour les vrais chrétiens – ne se célèbre pas par des vêtements coûteux, des festins, la boisson, la vanité et l’oisiveté (comme le fait le monde insouciant lors de ses sabbats extérieurs et jours de loisirs). Il se vit dans la véritable crainte de Dieu, avec une conscience pure et libre, une conduite irréprochable dans l’amour de Dieu et du prochain – ce qui constitue le véritable culte – afin de célébrer et sanctifier éternellement le Seigneur.

Les fidèles évitent les rassemblements publics qui, hélas, ne sont pas consacrés à Christ mais à l’Antéchrist, dans toute sorte de vanité, d’hypocrisie, de pompe et de splendeur, lors des sabbats et jours fériés, avec leur culte impénitent qui ne mène qu’à la séduction. Ainsi, d’un cœur pur dans la crainte de Dieu, ils peuvent témoigner aux assemblées des saints dans le véritable culte, convaincre les injustes, et faire connaître la vérité et la saine doctrine pour le bien et l’amélioration de tous. » Œuvres complètes (en néerlandais), page 262.

Claes Ganglofs dit : « Il en va de même pour les jours et fêtes annuelles qu’Israël devait observer selon la Loi, y compris la célébration du septième jour du sabbat. Tout cela n’était que jusqu’au Christ, qui en était la véritable essence. Ces observances ont pris fin en Christ, comme l’Écriture le montre clairement (Col. 2.16-17).

Cependant, à l’époque des apôtres, certains croyants issus du judaïsme voulaient encore observer certains jours et aliments selon la Loi. Cela créa des obstacles et des désaccords parmi les croyants : certains voulaient maintenir l’observance des sabbats et fêtes annuelles selon la Loi, tandis que d’autres ne distinguaient aucun jour particulier et les considéraient tous égaux. » Article sur l’Église de Dieu, page 109.

Ganglofs enseigne ensuite (pages 110-111) que les croyants doivent se tolérer mutuellement s’ils ont des opinions différentes sur le sabbat et la nourriture, s’appuyant sur Romains 14. Il précise : « Le véritable sabbat consiste désormais à être libre du péché et à vivre en Christ, qui est notre véritable jour de repos. Comme la Pâque israélite préfigurait le Christ, véritable agneau pascal sacrifié pour nous, tous les croyants en Christ doivent maintenant célébrer spirituellement leur Pâque au Seigneur. De même, lors de la Pentecôte israélite, l’assemblée apportait les prémices au Seigneur – ce qui représente maintenant les fruits de l’Esprit, répandus sur les croyants par le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. »

Témoignages des martyrs

Le Miroir des martyrs rapporte que Wolfgang de Mos déclara : « Je ne dis rien d’autre au sujet des jours de jeûne, des dimanches et des jours saints que ce qui est écrit dans le Nouveau Testament. » Martyrs Mirror, p.435

Mankager de Füssen est cité ainsi : « Au sujet du dimanche : Dieu tout-puissant créa le monde en six jours et se reposa le septième ; de là vient l’origine du dimanche. J’en reste là : le travail n’est pas interdit, mais il faut célébrer et jeûner des péchés. » Martyrs Mirror, p. 436.

Les premiers chrétiens et le sabbat

Eusèbe affirme que les premiers chrétiens n’observaient pas le sabbat – il fait sans doute référence au sabbat juif (ouvrage anglais, page 14 ; voir aussi page 332, note de bas de page). Schaff, dans son histoire, soutient que le dimanche fut célébré depuis l’époque apostolique (Volume 2, page 378).

De nombreux auteurs s’accordent avec Eusèbe et Schaff, mais d’autres affirment que l’observance du dimanche comme sabbat fut introduite par Constantin. Je laisse ces débats en suspens pour l’instant, n’ayant pas eu l’occasion de rechercher suffisamment dans les sources pour trancher.

Clarification sur Constantin

Après recherche, je constate que Constantin n’a pas inauguré l’observance du dimanche, mais qu’il l’a légalement imposée aux sujets de son empire – nuance importante.

Notre pratique actuelle

Si Dieu m’accorde sa grâce et me maintient en vie, j’ai l’intention d’étudier plus profondément l’histoire du sabbat. Depuis le début de mon ministère, nous n’avons connu ni trouble ni désaccord sur cette question dans l’Église, et je n’ai trouvé aucune discordance à ce sujet dans les écrits des frères.

Nous observons le premier jour de la semaine car nous avons été éduqués ainsi, et nous l’observons strictement – du moins certains d’entre nous. Nous exigeons que tous les membres marchent sans reproche, honorent les autorités et n’offensent personne, car Paul enseigna que les Corinthiens ne devaient offenser ni les Juifs, ni les Grecs, ni l’Église de Dieu (1 Cor. 10,32).

Réflexions personnelles et questions

Je regrette de ne pouvoir écrire plus en détail sur cet article. La raison en est simple : je ne suis pas aussi éclairé sur ce sujet que je le souhaiterais.

Mes convictions actuelles

J’ai lu de nombreuses explications sur la doctrine du sabbat, mais je ne veux pas prendre l’espace pour exposer ces différentes opinions. Aucune explication ne me satisfait davantage que celles de Menno Simons et Claes Ganglofs, et pourtant j’ai quelques réserves. Je suis disposé à faire la volonté de Dieu, et si jamais je trouve une meilleure explication, directement ou indirectement, je m’y conformerai.

Il me paraît clair que Dieu donna le sabbat aux Israélites par la loi pour leur rappeler leur repos après la servitude d’Égypte. Ils ne devaient ni allumer de feu, ni cuire, ni cuisiner, mais se reposer complètement comme ils se reposaient maintenant du service d’Égypte. Ceci préfigurait Christ, notre sabbat spirituel, dans lequel nous nous reposons de nos péchés (Deutéronome 5.15 ; Colossiens 2.16-17 ; Hébreux 10.1).

Je ne veux pas suggérer que les enfants de Dieu n’observaient aucun jour de repos avant la sortie d’Égypte, mais plutôt qu’ils ne l’observaient pas selon cette loi spécifique.

Questions non résolues

Bien que le Christ soit la fin de ce sabbat légal et simultanément notre repos du péché et le repos éternel promis au peuple de Dieu, il me semble que, selon le principe de la création et la nature des choses, un temps défini devrait être consacré au repos et au culte jusqu’à notre entrée dans le repos céleste.

Or, bien que nous célébrions le dimanche, je ne trouve pas dans l’Évangile, avec la clarté nécessaire, la raison du changement du septième jour au premier jour de la semaine :

  • Où trouve-t-on le commandement de célébrer le premier jour de la semaine ?
  • Où est-il écrit que les disciples de Jésus célébraient ce jour comme sabbat ?
  • Comment prouver de manière irréfutable que le Saint-Esprit fut répandu le premier jour de la semaine ?

Je demande plus de lumière sur ces questions.

Je confie cette question à Dieu. Si Dieu m’accorde sa grâce, j’espère en dire davantage à l’avenir – mais quand, ou même si cela arrivera, Dieu seul le sait.

Hymne d’adieu d’un martyr anabaptiste mort sur le bûcher en 1527

Puisque maintenant il faut que nous nous quittions,Que Dieu veuille nous accompagner,Chacun à sa place!Là, vous voulez vous soucier avec zèleDe manifester votre vieEn conformité avec le contenu de a Parole de Dieu. C’est ceci ce que nous devrions exiger,Et ne pas nous laisser aller ;La fin s’approche rapidement.Nous ne connaissons pas le lendemain,Pour cela, […]

Hymne d’adieu d’un martyr anabaptiste mort sur le bûcher en 1527