Traduction de l’article par Bob Goodnough: https://flatlanderfaith.com/2012/12/01/what-is-christian-stewardship-part-2/
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La parabole de l’économe infidèle, que l’on trouve en Luc 16, a laissé perplexes bien des commentateurs. La conduite de cet économe est clairement contraire aux idées reçues sur ce qu’est un bon économat. Pourtant, le verset 8 dit : « Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. » Certains commentateurs tentent de se tirer d’affaire en faisant remarquer que c’est le maître de cet économe qui parlait, et que notre Seigneur ne pourrait jamais approuver une telle conduite. Mais cette façon de voir manque le point essentiel : Jésus nous demande justement de tirer instruction du comportement de cet économe.
La conclusion de cette parabole se trouve au verset 13 : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Ce verset fait partie intégrante de l’explication de la parabole de l’économe infidèle. Le séparer de la parabole, c’est la rendre obscure, et peut-être même incompréhensible.
Quel est donc le message de la parabole de l’économe infidèle ? Nous avons ici un homme qui avait été serviteur de Mamon, exigeant tout ce qui était dû à son maître afin d’assurer sa propre subsistance et sa propre sécurité. En tant qu’économe, il avait la responsabilité de fixer le loyer que chacun des fermiers de son maître devait payer, afin de pourvoir aux besoins de la maison de celui-ci. Il ajoutait ensuite assez à chaque loyer pour couvrir les besoins de sa propre maison. L’économe de cette parabole semble avoir vécu dans l’abondance.
Il est appelé infidèle, non parce qu’il aurait manqué de fidélité envers Mamon, mais à cause de son étroite alliance avec Mamon, qui est lui-même injuste, comme le montrent les versets 9 et 11. Et comme il arrive tôt ou tard à tous ceux qui se confient en Mamon, il se retrouve trahi. Tout ce en quoi il avait mis sa confiance va lui être enlevé. C’est alors que la lumière se fait, et qu’il change de direction. Auparavant, il opprimait les autres en exigeant d’eux le paiement jusqu’à la limite de leurs capacités. Maintenant, il administre une mesure de grâce aux débiteurs de son maître en les libérant d’une partie de leurs dettes. Tant qu’il est encore économe, il a pleinement le pouvoir de le faire ; et il semble qu’il efface simplement la part qu’il prélevait pour lui-même. Il comprend désormais qu’à long terme, il sera dans son intérêt d’alléger, autant qu’il le peut, les fardeaux des autres.
Cette interprétation peut poser problème aux chrétiens qui voient l’économat comme concernant principalement l’acquisition et la gestion des biens matériels. Nous pouvons dire que la volonté de Dieu est que nous exercions un bon économat de nos possessions matérielles afin de pouvoir partager avec les autres et soutenir des œuvres missionnaires. Cependant, un observateur pourrait se demander si nous sommes davantage motivés par la part que nous voulons garder pour nous-mêmes que par celle que nous prévoyons de donner à Dieu.
Les besoins des autres occupent-ils vraiment une grande place dans l’esprit des chrétiens qui s’emploient activement à être de bons économes ? En réalité, il n’y a pas beaucoup de place pour la compassion dans ce type d’économat. Il devient facile de penser que les pauvres sont pauvres parce qu’ils ne veulent pas travailler et ne prennent pas soin de ce qu’ils possèdent déjà. On établit souvent une distinction entre les pauvres « méritants » et ceux qui le seraient moins ; distinction bien commode lorsqu’on se trouve devant des personnes dont les besoins sont très réels, même s’ils sont peut-être en partie le résultat de leurs propres choix.
Nous disons que tout ce que nous possédons appartient à Dieu, et que nous n’en sommes que les économes. Mais un observateur impartial de nos pratiques commerciales et de notre mode de vie arriverait-il à cette conclusion ?