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Quelle est votre raison de vivre ?

Quelle est votre raison d’être ? Qu’est-ce qui vous motive ? Quel est le fil de pensée qui prévaut dans votre esprit ? Vivez-vous dans le passé ? Ou se peut-il que vous viviez et existiez non dans le présent, mais dans un imaginaire futur ? Vivez-vous pour le moment, ou pour le plaisir que chaque moment peut vous apporter ? Vivez-vous pour profiter de l’excitation du voyage, de l’aventure, ou de la vie sociale ? Peut-être vivez-vous pour votre entreprise, votre exploitation, ou votre prochaine formation professionnelle ? Peut-être que vous vivez pour recevoir de l’approbation de ceux qui vous entourent. Peut-être êtes-vous consumés par le désir de vivre à la hauteur de vos propres normes d’intégrité et de droiture.

Il y a des millions de gens qui vivent pour la réussite financière ou pour la sentir la reconnaissance qui leur serait due à cause de leurs grandes réalisations dans un certain domaine. Des citations et des affiches servant à les motiver sont accrochées aux murs de leurs bureaux et de leurs maisons. Ils se comportent avec aisance et confiance. Ils possèdent une admirable autodiscipline et ils semblent heureux. La principale motivation de beaucoup de gens dans la vie est d’être inclus sur la liste de ceux qui ont trouvé la voie du « succès ».

Ami, si vous vivez pour l’une des raisons énumérées ci-dessus, vous aurez aussi à accepter d’être bien souvent enchaîné par l’inquiétude. Si vous êtes consumés par des rêves futurs, vous serez aussi enclin à l’anxiété. Si vous vous vautrez dans le passé, vous allez vivre sous un fardeau étouffant de culpabilité et de honte. Si vous vivez pour que les autres vous acceptent et vous approuvent, vous aurez à endurer le désagrément d’être perpétuellement conscient de votre propre personne. Si vous vivez pour vos possessions ou pour vos rêves d’avenir, vous risquez de vivre la douleur de la déception et de la désillusion. Si vos énergies se concentrent sur une vie parfaite et idéale, vous aurez souvent à supporter le grand poids de lassitude et de frustration qu’on ressent en ne parvenant pas à atteindre l’inaccessible. Le graphique des émotions de votre vie sera probablement une série irrégulière de hauts et de bas.

Au-delà de vos devoirs liés à l’honneur, qu’est-ce qui vous motive à vous lever chaque matin pour continuer de vivre ? Il semble que nous sommes créés de telle manière qu’il nous faut quelque chose pour nous motiver et nous inspirer. N’avons-nous pas été créés de cette façon pour une bonne raison ? Dieu nous aurait-il créés avec ce désir parce qu’il désire que nous venions à lui ? N’est-ce pas que ce besoin inhérent d’avoir une raison de vivre fait partie du plan de Dieu pour nous ? Ne nous a-t-il pas créés ainsi à dessein, pour que nous soyons attirés à lui ?

Cher ami, le secret de la vie est assurément de vivre pour notre Rédempteur. Indubitablement, le secret du bonheur est de vivre assuré de son amour infini et de son pardon. Pouvons-nous avoir un aperçu de son amour éternel ? Pouvons-nous recevoir une vision de ce qu’il a fait et fait toujours pour nous ? Pouvons-nous le servir par adoration, tout autant que par devoir ? Quand nous venons à lui, la douleur dans nos cœurs et dans le sien sera effacée. Pussions-nous nous approcher du grand médecin en lui montrant notre grand besoin. Il détient la clé de la paix et du véritable succès. Si notre raison de vivre est ancrée en lui, nous serons satisfaits. Si nous pouvons laisser tomber notre poignée de motivations égoïstes parce que nous voulons le connaître, nous serons libres de saisir la vraie raison de vivre, la main de notre Sauveur. Notre main dans la sienne et notre regard sur le but éternel, nous arriverons à bon port.

Tiré du Messager de la vérité (Messenger of Truth), Vol. 113, n° 07, 1er avril 2015

Naître de nouveau

Père, Seigneur du ciel et de la terre,… tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et… tu les as révélées aux petits enfants.

Luc 10. 21

Le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas connu Dieu.

1 Corinthiens 1. 21

En réponse à cet homme religieux qui vient l’interroger, Jésus prononce cette phrase forte: «Si quelqu’un n’est pas né de nouveau, il ne peut pas voir le royaume de Dieu» (Jean 3. 3). Un peu plus tard, il déclare à ses disciples: «Si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux» (Matthieu 18. 3). Le Seigneur Jésus présente à ses interlocuteurs un but et une condition:

– le but: entrer dans le royaume de Dieu.

– la condition: naître de nouveau, y entrer comme un petit enfant.

Tout être humain se trouve par naissance dans le domaine naturel dont Dieu est exclu par la prétention humaine à la connaissance. Incapable de sortir lui-même de ce domaine, il est invité par Dieu à mettre sa confiance, sans résistance et sans raisonnement incrédule, dans le salut que Christ lui propose. C’est en quelque sorte trouver la fraîcheur de la confiance que manifeste si spontanément un enfant.

Remarquons bien que retrouver l’esprit d’un enfant ne consiste pas à abdiquer l’intelligence, à affecter la naïveté ou à jouer les adultes immatures. C’est tout à la fois beaucoup plus simple et beaucoup plus difficile: c’est faire confiance à Dieu simplement, croire ce qu’il a donné dans sa Parole. Avons-nous su faire taire en nous cette voix de la sagesse humaine pour écouter la sagesse de Dieu? Sommes-nous venus à Jésus avec la simplicité et la confiance d’un enfant pour entrer dans ce domaine divin: le royaume de Dieu?

Le Népal et le Manipour: dangers et bénédictions…

Le 25 avril 2015 restera pour trente millions de Népalais et pour bien d’autres, une tragédie difficilement oubliable.
Ce samedi, nous étions allés dans les environs de Chalsa, non loin de la frontière du Bhoutan, pour y offrir des médicaments gratuits aux habitants (appartenant à l’ethnie Munda) d’un village situé au cœur d’une plantation de thé. Quand je dis « nous », cela signifie Michaël Nightingale et Éthan Phelps accompagnés de votre dévoué serviteur. Nous rencontrerions plus tard deux docteurs bengalis, une infirmière, et quelques amis venus du Manipour, prêts à nous assister en auscultant les villageois, ou encore en organisant les flux impressionnants de patients attendant leur paquet de médicaments.

J’étais dons assis dans un bâtiment séparé de notre clinique de campagne, en train d’expliquer (en hindi) les raisons de notre aide humanitaire et comment Jésus nous a enseigné de faire cela par son exemple. J’avais avec moi une bonne réserve de traités en hindi et en sadri que je distribuais à ceux qui en voulaient bien. Parfois, nous donnions aussi des conseils d’hygiène aux villageois ainsi assemblés.

Soudain, je suis pris d’un léger vertige et je sens ma chaise vibrer légèrement. Une rumeur s’élève; les gens s’exclament भूकंप! भूकंप! (tremblement de terre). Nous sortons aussi rapidement que possible, mais dans l’ordre. La terre continue de trembler pendant environ 20 secondes. Il est midi moins cinq. J’étais loin de me douter qu’à moins de 400 kilomètres du lieu où je me tenais, plus de 10 000 personnes venaient d’être écrasées sous les décombres de leurs demeures. Les habitations de 200 000 ménages étaient détruites et 200 000 autres demeures étaient endommagées.

Ce n’est qu’après une heure environ que je me rendis compte en partie de l’ampleur des dégâts. Plusieurs personnes m’appelèrent ou s’enquirent de mon état par SMS. J’appris qu’on avait bien senti la secousse sismique jusqu’à Calcutta et Delhi. L’épicentre se trouvait au nord-ouest de Katmandou et on évaluait la magnitude du tremblement de terre à 7,9 sur l’échelle de Richter.

Sur le coup, je n’avais pas pensé que c’était un grave séisme. Je m’étais demandé où l’épicentre se trouvait, et si les journaux en parleraient le lendemain. Il est vrai que j’avais senti un peu de vertige et mes jambes étaient mal assurées pendant quelques minutes, mais je n’y avais pas prêté plus d’attention.

Le séisme fit quatre morts à Siliguri, notre ville.
Au fil des jours suivants (dimanche et lundi), nous ressentîmes deux autres secousses de manière marquée et quelques secousses non vérifiées. Le séisme du lundi 27 avril avait pour épicentre Mirik, à la frontière du Népal, à 30 km de chez nous à vol d’oiseau. Le dimanche, j’étais dans la maison à l’ordinateur lorsque la terre a tremblé, et le lundi j’étais dans la plantation de thé, en train de me promener juste avant le coucher du soleil.

À partir du lundi 27, un exode massif débuta à Katmandou : au cours des deux prochaines semaines, la ville allait perdre plus d’un million d’habitants (sur moins de trois). La crainte d’autres répliques, l’omniprésence de bâtiments partiellement effondrés, et le manque de terrains de foot offrant un lieu de campement sécuritaire étaient tous des facteurs de ces départs. Les écoles allaient être fermées pendant trois semaines, il n’y avait donc aucune raison de rester. Partout dans la région affectée il y avait pourtant d’autres problèmes, tels que la rupture des canalisations d’eau, un ingrédient qui semble être nécessaire à la vie. Les gens vivant groupés dans des campements de fortune ne jouissaient pas de conditions hygiéniques ni de médicaments suffisants, et on craignit le pire, surtout en voyant l’afflux de réfugiés venus de Katmandou. En même temps, l’aide humanitaire semblait trop souvent bloquée à Katmandou, parfois à cause de glissements de terrain, mais aussi à cause d’autres problèmes logistiques. Les nombreux avions lourds qui atterrirent à Katmandou vers la fin avril endommagèrent la piste de l’aéroport international. On dut à nouveau leur fermer la piste. Des secouristes étrangers s’évertuèrent à sauver quelques vies, une équipe française retrouvant même un homme vivant après trois jours sous les décombres.

Au moment du séisme, il y avait entre 300 000 et 400 000 étrangers au Népal selon le gouvernement. Certains (surtout touristes) demandèrent l’évacuation immédiate. D’autres, touristes ou membres d’une ONG, se mirent tout de suite à acheminer des soins dans les villes et villages affectés. Quelques touristes continuèrent de visiter le pays, dont le cœur était en ruines (en tout cas selon les médias). Le mont Everest vit une vingtaine de personnes mourir sur ses flancs enneigés. La Chine décréta la fin de la saison d’alpinisme du côté nord, alors qu’au Népal les Sherpas refusaient de déblayer les cols obstrués par les avalanches, malgré l’autorisation du gouvernement local. On verra plus tard qu’ils eurent raison de se montrer prudents.

Nous nous mîmes donc à explorer les diverses méthodes d’aide humanitaire qui seraient à notre portée. Ceci fut en fait surtout du ressort de Michaël, car Éthan et moi avions déjà d’autres plans : nous évader dans le nord-est de l’Inde, aux confins de la Birmanie. Nous partîmes donc le mercredi 29 juillet à bord d’un train qui affichait déjà 6 heures de retard sur l’horaire. Au cours des premières heures à bord du train, j’eus l’impression que le train allait moins vite que d’habitude et que les rails n’étaient peut-être pas en parfait état. Mais le train accéléra après quelque temps, et nous arrivâmes à Guwahati après un trajet qui dura 8 heures. Le jour suivant, nous appelâmes quelques pasteurs locaux pour leur proposer des traités (nous avions pris une boîte de 4 000 traités avec nous) nous parvînmes à les distribuer et aussi à nous empiffrer au cours d’un délicieux « dernier repas » avant d’aller au Manipour. Le Manipour est à la limite de toute civilisation (un des critères est la présence de restaurants). La dernière victime d’un chasseur de têtes Naga remonte aux années 1990… C’est l’État le plus dangereux d’Inde. La guérilla y sévit entre les mercenaires du gouvernement indien (Assam Rifles) et les divers groupes « souterrains » associés au mouvement indépendantiste Naga.

MANIPOUR

C’est donc le 1er mai au matin que nous atterrissons à Imphal, capitale du Manipour. Nelson et Marilyn Dyck, missionnaires à Kabinam, nous attendent après l’interrogatoire des services de renseignement. J’ai trouvé l’atmosphère de l’interrogatoire plus relaxe que l’année passée. Ils ont même permis à Éthan d’aller chercher ses bagages avant la fin et n’ont pas passé de coup de fil pour vérifier mes dires. Nous avons visité l’unique attraction historique du Manipour : le fort de Kangla. Il contient un site de fouille archéologique, des urnes contenant les restes de plus sieurs rajas, plusieurs temples et des jardins de roses ainsi que plusieurs magnifiques frangipaniers et magnolias, flanqués d’orchidées. Apparemment, les rois du Manipour y vécurent pendant très longtemps : il y a eu un fort depuis 1632, lorsque des prisonniers chinois enseignèrent aux indigènes comment faire des briques… La dynastie des Ningthouja régna à Imphal entre 33 avant J.-C. et la guerre anglo-manipourie en 1891 et garda certains privilèges jusqu’en 1971.

Après quelques achats en ville et du curry de poulet thaï dans l’un des deux restaurants de la capitale, nous avons pris la route nationale 39 qui relie la cuvette d’Imphal au reste du pays. Ce fut une occasion de lire pour moi, en jetant parfois un coup d’œil vers les rizières et les montagnes. C’est ainsi que j’ai finalement terminé la lecture du livre (À mains nues) d’Alain Robert, l’homme-araignée. J’avais aussi terminé Métronome de Lorànt Deutsch à bord du train le 29. Je recommande le premier aux férus d’action et d’adrénaline et le second aux passionnés d’histoire de France.

Après deux heures de route, nous arrivons à Kabinam, où Nelson et Marilyn habitent et où quelques membres de l’Église résident aussi : Shangba et Rhina Maram et leurs (6 ou 7?) enfants et Kabijohn, jeune homme de 23 ans, chez qui nous passerons les trois prochaines nuits. Là, mauvaise nouvelle, Kabijohn ne comprend pas que nous ne mangions pas autant que lui (ce qui m’est absolument impossible) et nous forcera à nous empiffrer royalement au cours des prochains jours. Beueuhh… Enfin, il faut avouer que la nourriture était bonne et saine, mais bien trop abondante.

Pique-nique

Le samedi, nous descendons dans la vallée à bord du Boléro Mahindra de Nelson et Marilyn. Kabijohn est à bord ainsi que deux des fils de Shangba. D’autres jeunes hommes (étudiants à l’université Don Bosco) nous rejoignent bientôt. Plus tard Shane et Rachel viendront s’ajouter au groupe. Nous passons 6 heures dans la vallée, à cuisiner, éplucher des oignons et des gousses d’ail, papoter, laver les voitures dans la rivière… Enfin rentrés chez Kabi, nous prenons un peu de repos avant d’aller chanter chez Nelson et Marilyn. J’aime bien ce groupe de jeunes gens. Ils chantent très bien et j’adore leurs cantiques en Maram!

Le dimanche matin, premier culte à 7h30. Puis Éthan, Kabi et moi escaladons la pente escarpée sur laquelle étaient autrefois juchées les batteries nippones. Éthan raconte l’histoire d’Achab à Jéricho devant une vingtaine d’enfants issus d’un village catholique. Puis nous redescendons et, une fois arrivé à l’orphelinat de Shangba, je raconte l’histoire de David menant l’arche de l’Alliance dans sa nouvelle capitale : Jérusalem.

Pour le dîner, nous sommes invités chez Nelson et Marilyn, où nous retrouverons aussi Shane et Rachel ainsi que John Peren, un jeune homme à l’esprit très agile, et au sens de l’humour engageant. L’après-midi, nous ferons découvrir à Éthan les vestiges de la capitale de la tribu de chasseurs de têtes : Maram Khullen. La journée se termine chez Shangba, par un autre culte.

Le lundi matin, nous Kabijohn, John, Paher et un autre jeune homme dont je ne me souviens plus du nom se sont embarqués avec nous dans notre convoi à destination de Kohima.

Deux heures de route plus tard, nous arrivions en vue de Kohima, avec un premier arrêt au musée-village culturel naga où se déroule en décembre le célèbre festival du calao. On y voit des répliques des huttes royales de chaque tribu du Nagaland. J’y ai rencontré un jeune couple québécois qui passait un mois dans le Nord-Est. Il y a aussi un musée passionnant racontant les combats entre les forces alliées (surtout indiennes et britanniques) et les Japonais (accompagnées de quelques indépendantistes indiens) dans la région de Kohima et d’Imphal. J’ai lu récemment que cette bataille est à ce jour classée parmi les cinq batailles les plus importantes de l’histoire britannique par le public anglais. Nous avons aussi visité le cimetière britannique (placé à l’endroit même des combats corps-à-corps entre eux et les Japonais, où les Japonais exterminèrent presque la garnison britannique avant d’être obligés de battre en retraite à cause de l’arrivée des renforts. Pas de cimetière japonais…

Après un repas de nouilles chow mein dans un petit café, Nelson et Marilyn sont retournés à Kabinam avec les garçons, et Éthan et moi avons continué vers Dimapour dans le 4×4 de Shane et Rachel. Dommage de devoir quitter Kabijohn si tôt, c’est un jeune frère très attachant. J’aime bien écouter ses pensées ou encore le récit de son cheminement vers l’Église.

Les deux prochains jours furent passés à faire des courses dans cette ville au climat torride et à examiner des orchidées dans divers jardins. J’ai aussi lu les journaux, surtout remplis d’articles au sujet des disputes entre le Nagaland et l’Assam et ponctués de notes concernant diverses embuscades à l’encontre des troupes fédérales dans la région. Apparemment, le cessez-le-feu aurait une nouvelle fois été violé… Dans l’après-midi du mercredi 6 mai, Éthan et moi étions de nouveau sur le quai de la gare de Dimapour. Notre train arriva à Siliguri le lendemain matin à 5h55 (5 minutes d’avance sur l’horaire!).

SILIGURI et le NÉPAL

Bon depuis notre retour, je n’ai pas fait grand-chose. Shane et Rachel nous ont suivis ici, arrivant par avion le lundi 11 mai. Le même jour, Shane, Michaël et Éthan partaient pour le Népal en compagnie de Richard Bhujel et Rajay Bhujel, deux Népalais qui devraient nous aider à trouver un village ou deux où nous pourrons aider les sinistrés à reconstruire leurs vies.

Le lendemain, j’étais au centre commercial vers midi. J’avais déjà mangé dans la rue, mais comme j’avais soif après tous ces achats, je me suis permis d’entrer au Café Coffee Day (je dis ça pour rire). Je venais tout juste de m’asseoir devant mon livre captivant de Bill Bryson intitulé « À la maison », lorsqu’un client s’écria : « Dats ane éeurtquéke! ». (je n’ai toujours pas compris pourquoi son premier réflexe n’aurait pas été de le dire en bengali ou en hindi) Tout le monde s’élança dehors avec plus ou moins de flegme… Je laissai même mon sac à dos dans le café dans mon empressement. 7,4 sur l’échelle de Richter. Et ce coup-là, ça m’a vraiment secoué dans les oreilles au point de me donner le vertige plusieurs fois au cours de prochains jours, me rendant en même temps super-hyper sensible aux moindres vibrations et paranoïaque à cause du bourdonnement dans mes oreilles qui persiste jusqu’à aujourd’hui (14mai). Une moto à 500m ou un avion pouvaient me faire croire dur comme fer qu’il y avait un tremblement de terre jusqu’à ce que je regarde les lignes électriques, qui s’agitent follement lorsqu’il y a vraiment une secousse.

Bon, plus de peur que de mal, car on ne dénombre qu’une centaine de morts après ce séisme, contre près de 9000 pour l’autre. En fait, bien que l’épicentre se soit déplacé vers nous, créant de nouveaux dégâts près du mont Everest, la majorité des bâtiments fragiles étaient déjà tombés ou évacués suite au précédent séisme, limitant le nombre de personnes affectées. Mais ça nous a tous secoués de nouveau et nous a rappelé que notre vie n’est pas vraiment entre nos propres mains. Impossible de passer un coup de fil après cela, les réseaux étant débordés, mais les SMS passaient toujours. J’ai vite appris que tous étaient en sécurité à la maison et au Népal respectivement. J’ai pris mon cappuccino après quelques minutes, mais je n’avais plus vraiment envie de lire.

J’ai souffert depuis d’un bourdonnement dans mes oreilles, de léger vertige à plusieurs reprises et d’une hypersensibilité aux vibrations. C’est-à-dire que je ressentais des secousses à tout moment et que je me figurais qu’il y avait des secousses à tout moment. Même maintenant j’en sens tout le temps. Mon propre battement de cœur qui lui-même fait vibrer ma chaise peut me leurrer ainsi et me faire croire que la terre bouge. C’est assez terrifiant, si on ne met pas sa foi en Dieu. J’ai à plusieurs reprises pris réconfort dans de tels versets que ceux en Marc où Jésus dit aux disciples de croire que nous avons déjà obtenu ce que nous avons demandé de lui lorsque nous prions.

Bien sûr, c’est parfois même assez irrationnel de craindre tant alors que jusqu’à présent notre ville n’a pas vraiment subi de dégâts, mais nous ne sommes pas loin de la faille, tout peut arriver. Aujourd’hui, le 16, j’étais de nouveau au même centre d’achat (pour acheter des tentes et des moustiquaires) et dans le même café, avec Shane et Rachel et leurs enfants, lorsqu’une réplique de magnitude 5,7 m’a secoué, je me suis levé et me suis projeté vers la porte avant de m’arrêter pour me demander si mon cerveau me jouait un tour de nouveau. Les autres me regardaient avec surprise, et je leur ai expliqué confusément que je pensais avoir senti la terre trembler. Puis de nouveau j’ai ressenti mes jambes perdre de leur assurance et vu d’autres personnes se précipiter dehors. J’ai pris mes jambes à mon cou avec tout mon courage 🙂 et suis sorti bien vite (et dignement, avec autant de flegme que possible…). Shane n’avait toujours rien senti. Incroyable comme nous ressentons les choses différemment. Pourtant, [là, je viens d’interrompre l’écriture de cette lettre pour vérifier que je ne ressentais pas vraiment une secousse… horrible, je vous dis! Vivement le retour au pays!] au moins la moitié des gens présents dans le centre d’achat étaient sortis. L’USGS confirma plus tard que je n’avais pas rêvé cette fois-là.

Lundi je pars pour Thumi, au Népal. C’est un hameau juché sur une montagne non loin de l’épicentre du premier séisme. 22 des 23 maisons sont rasées. L’église, l’école et une maison tiennent debout, mais il faudra probablement démolir la maison. Nous avons promis de fournir les matériaux pour reconstruire ce village. Un autre village de 50 familles recevra 50 moustiquaires et du sel. Et nous soutenons un autre groupe ici à Siliguri qui vient en aide à quatre autres villages au Népal. Je devrais rester au Népal jusqu’à samedi. Pour accéder à Thumi, il faut compter 15 heures de route et trois heures de marche (5km de chemin sinueux pour accéder au village qui se trouve à 1000 mètres plus haut que le point de départ). Les vieux Népalais y acheminent des sacs de 50 kilos de riz sur leurs têtes et pieds nus…

Bon, je crois que c’en est assez pour l’instant au sujet de ma petite vie ici. J’apprécie vos messages, vos prières, vos encouragements. J’espère vous voir face à face bientôt et n’hésitez pas à me donner de vos nouvelles!

Séisme au Népal

Bon, nous savons tous qu’il y a eu un tremblement de terre au Népal le 25 avril. Magnitude 7,8 ou 7,9. Celui-là a été suivi d’autres secousses; des centaines.
L’épicentre s’est approché inexorablement de Siliguri, arrivant jusqu’à 30 km de chez moi, mais la magnitude était inférieure.

Aujourd’hui, 12 mai, nous avons ressenti plusieurs nouvelles secousses, dont la première avait pour épicentre Namche Bazar au Népal, près du Mont Everest. Magnitude 7,4. On a senti le séisme jusqu’à Delhi et Calcutta.

Je vous remercie pour les prières que vous avez adressé au Seigneur pour notre sécurité et aussi pour celle des habitants de la région. Nous avons trois frères de l’Église qui sont en ce moment en train d’aider les victimes du premier séisme. Ils vont bien. Nous finançons aussi quelques autres projets au Népal.

Les habitants de notre région et du Népal se sentent tellement impuissants devant le nombre et la puissance de ces séismes. Ils ne peuvent rien faire. Environ 400 000 familles au Népal ont perdu leur logement (écroulé ou endommagé). Moi-même j’ai senti une petite vague de dépression lorsque je me suis rendu compte que ce n’était pas fini, que nous aurons probablement droit à d’autres secousses majeures. Les sismologues prédisent qu’un séisme de magnitude 8 (au minimum) se prépare toujours. Le traumatisme dans mon oreille interne, causant un bourdonnement incessant dans mes oreilles et me faisant sentir la moindre vibration contribue à me pousser à l’anxiété. Quelle horreur!

Pourtant Dieu est là. Je me suis rendu compte que de nouveau j’ai eu à me tourner plus entièrement, plus profondément, plus complètement vers lui. L’avais-je oublié? Non… euh, enfin, presque…
Je me suis rendu compte de nouveau du plaisir et de l’assurance qu’on peut avoir en Dieu. Qu’il est facile de manquer de foi; de prier, mais de ne croire qu’à moitié que Dieu contrôle ma vie. Je veux croire plus constamment, plus réellement. Quel apaisement de lire des paroles de réconfort dans la Bible et de savoir qu’il veille! Si je meurs, c’est qu’il le voulait. Gott ist mit mir, davon bin Ich sicher! Que personne ne me pleure. C’est mon testament.

Je ne crois pas que ces lignes seront mes dernières lignes. Néanmoins, nous devons toujours y être préparés, quoi qu’il advienne.