Les vraies marques par lesquelles on peut reconnaître l’Église de Christ : 4

Avatar de Bob GoodnoughTémoin anabaptiste

(Menno Simons et Théodore Philippe, responsables de l’Église anabaptiste au XVIe siècle, ont décrit les caractéristiques permettant de reconnaître la véritable Église de Dieu. Cet article est le quatrième d’une série de sept dans lesquels je tente de décrire la pertinence de ces caractéristiques pour notre époque.)

Des ministres fidèles en parole et en vie

Rien dans le Nouveau Testament n’indique que le ministère de l’Évangile devait être une profession. Pourtant, il est arrivé que la plupart des églises soient dirigées par une personne spécialement formée pour ce poste et rémunérée par l’église. Il y a plus de 400ans, Menno Simons a décrit les tentations d’une telle situation:

«Ô mon fidèle lecteur, réfléchis-y. Aussi longtemps que le monde distribuera de splendides maisons et des revenus aussi importants à leurs prédicateurs, les faux prophètes et trompeurs seront là en masse.»

Tous les ministres salariés ne correspondent pas à cette description…

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Les vraies marques par lesquelles on peut reconnaître l’Église de Christ : 3

Avatar de Bob GoodnoughTémoin anabaptiste

(Menno Simons et Théodore Philippe, responsables de l’Église anabaptiste au XVIe siècle, ont décrit les caractéristiques permettant de reconnaître la véritable Église de Dieu. Cet article est le troisième d’une série de sept dans lesquels je tente de décrire la pertinence de ces caractéristiques pour notre époque.)

Par l’amour fraternel sincère

Voici le test de réalité. Jésus a dit : «À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres.»

Suis-je vraiment heureux de rencontrer un frère ou une sœur, à l’église ou ailleurs?

Puis-je parler de mes luttes personnelles avec un frère ou une sœur, ou est-il plus facile de parler des problèmes des autres?

Est-ce que je prie pour mes frères et sœurs?

Suis-je heureux d’aider un frère ou une sœur en détresse, même si je soupçonne que c’est de sa propre faute?

Est-ce que je me réjouis du…

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John Smyth

Ministre anglican, initiateur du mouvement baptiste, puis devenu anabaptiste (mennonite).

Je n’écris pas ce texte pour critiquer qui que ce soit, je respecte les choix et la foi de tous les lecteurs, mais je cherche un éclairage sur les origines de certains mouvements et je prie que ce bref article puisse éclairer le chemin de quelques-uns.

Tout d’abord, je tiens à préciser deux choses : ce texte est la traduction de quelques articles en anglais du frère Robert Goodnough. Le texte ici est surtout tiré des deux articles d’une série de 7 où il passe en revue l’histoire du christianisme en Grande-Bretagne. https://flatlanderfaith.com/2012/07/19/english-christianity-part-5/ et https://flatlanderfaith.com/2012/07/21/english-christianity-part-7/.

Deuxièmement, si vous avez lu dans le Miroir des Martyrs ou d’autres livres contemporains, vous trouverez que les termes « baptiste » et « anabaptiste » y sont utilisés parfois pour décrire les mêmes personnes. Cela peut sembler déroutant. Gardez à l’esprit qu’à l’époque, l’Église baptiste comme nous la connaissons aujourd’hui n’existait pas. Aussi, le terme « anabaptiste » avait souvent une connotation péjorative dans la bouche des persécuteurs.

John Smyth, ministre de l’Église d’État d’Angleterre, fut démis de ses fonctions de prédicateur en 1602. Il continua à prêcher sans licence, devenant le chef spirituel d’un certain nombre de personnes du Lincolnshire et des régions voisines du Nottinghamshire et du Yorkshire qui partageaient les mêmes idées. Pendant un certain temps, ces personnes sont restées membres de leurs Églises paroissiales locales, se réunissant également en privé. Mais ils ont acquis la conviction que l’Église d’Angleterre n’était pas du tout une véritable Église. Vers la fin de l’année 1606 ou au début de l’année 1607, ce groupe s’engagea à former une véritable Église, s’engageant à suivre toutes les voies du Seigneur qu’ils connaissaient et qui leur seraient communiquées. Ils passèrent ainsi du puritanisme, essentiellement une faction au sein de l’Église d’État, au séparatisme, renonçant au concept même d’une Église d’État. Cette petite assemblée comptait au moins 4 ou 5 autres personnes qui avaient été ministres de l’Église d’Angleterre.

Cette démarche a rapidement suscité le harcèlement des autorités. Au printemps 1608, toute l’assemblée s’est enfuie à Amsterdam, en Hollande. Certains d’entre eux avaient été riches en Angleterre, mais ils avaient dû laisser beaucoup de choses derrière eux et avaient perdu leurs titres de propriété. À Amsterdam, ils étaient relativement pauvres, vivant dans la ville la plus riche du monde, et incapables de comprendre la langue du pays. Au cours de l’hiver 1608-1609, John Smyth renonça au baptême qu’il avait reçu en tant qu’enfant dans l’Église d’Angleterre, se baptisa lui-même, puis baptisa tous ceux qui, dans l’assemblée, désiraient comme lui le baptême des croyants. Une partie de l’assemblée, emmenée par John Robinson, n’accepta pas cette innovation et, au printemps, quitta Amsterdam pour Leyde.

John Smyth lui-même en vint bientôt à regretter son action. Il pensait que l’Église de Dieu avait cessé d’exister sur terre. Mais lorsque lui et son assemblée commencèrent à apprendre le néerlandais, ils firent la connaissance de l’assemblée mennonite d’Amsterdam et se rendirent compte que c’était là que se trouvait l’Église de Dieu. Au début de l’année 1610, ils écrivirent aux mennonites qu’ils « admettaient maintenant leur erreur et s’en repentaient, c’est-à-dire qu’ils avaient commencé à se baptiser eux-mêmes contrairement à l’ordre institué par le Christ ; et […] qu’ils désiraient désormais s’unir à la véritable Église du Christ aussi rapidement que possible ».

LES BAPTISTES

À cette époque, un groupe de 8 ou 10 personnes se retire de l’assemblée de John Smyth. Le dirigeant de ce groupe est Thomas Helwys. Il accuse John Smyth de nombreuses erreurs doctrinales. Helwys rejette l’idée qu’il existe une véritable Église et qu’il est nécessaire pour les vrais croyants de recevoir le baptême et l’ordination de cette Église. Helwys a également rejeté l’enseignement anabaptiste concernant l’incarnation, insistant sur le fait que Jésus a reçu sa chair de la vierge Marie. Enfin, il rejette l’enseignement anabaptiste sur la séparation de l’Église et de l’État. Sur tous ces points, John Smyth et son assemblée étaient en pleine unité avec les mennonites.

Helwys et ses disciples retournèrent en Angleterre et fondèrent la première Église baptiste. De nombreux historiens baptistes tentent de prouver que les baptistes sont une émanation des mennonites, par l’intermédiaire de John Smyth, afin de montrer que la lignée de l’Église baptiste remonte à l’époque apostolique. En réalité, les premiers baptistes rejetaient catégoriquement la foi mennonite et l’idée même d’une succession apostolique. Il y eut une division en 1638, un groupe de baptistes introduisant la doctrine calviniste de l’élection, à l’origine de la doctrine de la sécurité éternelle. Trois ans plus tard, la première Église baptiste à pratiquer l’immersion a été créée. Pendant les 30 premières années de l’histoire baptiste, cette pratique, la plus caractéristique des baptistes modernes, était inconnue !

LES MENNONITES ANGLAIS AUX PAYS-BAS

En mai 1610, une conférence eut lieu entre les anabaptistes mennonites et l’assemblée de John Smyth. À cette occasion, une confession de foi fut rédigée et signée par les participants, et il semble que les Anglais étaient désormais acceptés comme membres de l’Église mennonite. Il se peut qu’ils n’aient pas tous été baptisés par l’Église mennonite, bien que cela ait été leur souhait. Les documents historiques ne sont pas clairs sur ce point. Le baptême de Smyth lui-même n’était pas considéré comme valide par les mennonites. 43 membres de l’assemblée de John Smyth signèrent la confession de foi. Certains d’entre eux se séparèrent par la suite. Au cours des 40 années suivantes, environ 80 autres Anglais furent baptisés dans l’Église mennonite d’Amsterdam. Certains d’entre eux étaient des enfants des premiers membres, d’autres étaient de nouveaux arrivants d’Angleterre ou des convertis des autres groupes séparatistes anglais présents aux Pays-Bas.

John Smyth mourut en août 1612. Son dernier livre, publié à titre posthume, est une réponse aux critiques qui l’accusent de fausse doctrine et de changer constamment ses convictions. Il admet qu’il a constamment révisé ses croyances, mais estime qu’il a toujours progressé vers la Lumière, comme lui et d’autres s’y étaient engagés cinq ans plus tôt. Il n’a pas admis d’erreur dans les accusations qu’il avait portées précédemment contre l’Église d’Angleterre et d’autres groupes, mais il s’est repenti de la dureté de ces accusations.

Pendant 28 ans encore, il y eut une assemblée mennonite anglophone à Amsterdam. Leur aîné Thomas Pygott mourut en 1639 et, dans l’année qui suivit, l’assemblée anglaise fut fusionnée avec l’assemblée néerlandophone. À cette époque, ils avaient appris le néerlandais, s’étaient mariés avec les mennonites néerlandais et certains avaient même changé l’orthographe de leur nom pour qu’il ait une consonance néerlandaise.

QUEL EST DONC L’INTÉRÊT DE CETTE ANECDOTE DE L’HISTOIRE CHRÉTIENNE?

Que faut-il retenir de cette remontée des fils enchevêtrés de l’histoire des chrétiens ? Tout d’abord, que Dieu est capable de travailler de manière merveilleuse et mystérieuse pour apporter l’Évangile aux gens. Cela correspond à la déclaration de notre Sauveur en Luc 9.50 : « qui n’est pas contre nous est pour nous ». Partout où l’Évangile est prêché et où des âmes sont sauvées, c’est l’œuvre de Dieu. Deuxièmement, l’œuvre de Dieu à une époque et en un lieu donnés ne dure souvent que le temps d’une génération. Cela témoigne de la déclaration de Jésus en Luc 11.23 : « Qui n’est pas avec moi est contre moi ; et qui ne rassemble pas avec moi, disperse ». Souvent, les deux versets peuvent s’appliquer à la même personne. Ils prêchent l’Évangile et des âmes sont sauvées, mais en même temps ils ne rassemblent pas les croyants, ils les divisent plutôt les uns des autres.

Chaque fois qu’un dirigeant n’est pas disposé à se soumettre aux autres croyants, il divise les enfants de Dieu. Chaque fois qu’un groupe de croyants s’unit sur la base de la culture ou du statut social plutôt que sur celle de l’Évangile, il se sépare des autres croyants. Lorsque des cérémonies ou des formes extérieures deviennent la base de l’affiliation à une Église, les membres de l’Église ne peuvent être en communion les uns avec les autres que sur la base de ces pratiques, toute autre chose étant subversive pour leur unité. Lorsque les convertis et les inconvertis sont baptisés de la même manière, les vrais chrétiens sont privés de communion spirituelle. Lorsque les expériences personnelles éclairent les Écritures, au lieu de permettre aux Écritures d’éclairer les expériences, cela divise les croyants les uns des autres. Dieu n’est pas l’auteur de la confusion. On peut faire confiance à l’Esprit de Dieu pour rassembler les croyants, s’ils sont prêts à abandonner tous les enseignements et toutes les traditions des hommes.

Il n’y a pas lieu de douter de l’authenticité des divers mouvements de réveil du passé et du présent. Mais on peut constater que ces mouvements n’ont pas une grande longévité. Les disciples de John Wesley étaient issus de la classe ouvrière peu éduquée et désespérément pauvre de son époque. L’Évangile a littéralement transformé leur vie et, à mesure qu’ils abandonnaient les vices vers lesquels ils s’étaient tournés pour trouver du réconfort dans leur misère, ils ont commencé à prospérer. Wesley s’est alarmé des résultats en constatant que leurs enfants, élevés dans un cadre plus prospère que leurs parents, s’intéressaient davantage aux choses de ce monde qu’aux choses spirituelles.

Dans le récit à la fois joyeux et triste de l’Histoire du christianisme en Angleterre, deux personnes se détachent dans mon esprit. Petr Chelčický, qui disait aux gens de creuser et de chercher les anciennes fondations plutôt que de prendre un morceau de décombres pour les fondations. Et John Smyth, qui semblait parfois agir de manière irréfléchie sur la base de la lumière qu’il avait, mais qui restait toujours prêt à obéir lorsque d’autres lumières lui étaient révélées. C’est ainsi que Dieu peut rassembler les croyants.

Il y a près de quarante ans, ma femme et moi avons assisté à une série de réunions de réveil parrainées par toutes les Églises évangéliques de la ville moyenne où nous vivions alors. Les messages que nous avons entendus soir après soir mettaient l’accent sur la nécessité d’une purification personnelle. Un chrétien ne peut pas prospérer ou servir Dieu efficacement s’il néglige de s’occuper du péché dans sa propre vie. Nos cœurs étaient touchés par ces messages. Mais nous avons regardé autour de nous et nous nous sommes demandé ce qui nous arriverait, à nous et aux autres personnes ressuscitées. Je connaissais des membres de plusieurs de ces Églises et je savais que chacune d’entre elles connaissait de graves controverses et dissensions internes. Sans parler des différences doctrinales entre les dénominations. À l’époque, il y avait onze dénominations différentes dans cette ville qui pouvaient être classées comme évangéliques. Aujourd’hui, ce nombre serait plus proche de vingt. Pourquoi les évangélistes n’ont-ils pas adressé aux Églises le même message qu’aux individus ? Combien de temps un chrétien réveillé pourra-t-il rester dans une Église qui ne l’est pas ? Y avait-il un espoir de réveil authentique dans ces Églises ? Malheureusement, j’ai dû conclure que la réponse était non. Dès le début, elles avaient été fondées sur un morceau de végétation, et non sur le vrai fondement.

BIBLIOGRAPHIE

Broadbent, Edmund Hamer. L’Église Ignorée

Coggins, James Robert. L’assemblée de John Smyth. Waterloo, Ontario : Herald Press, 1991.

Morgan, Edmund S. The Puritan Dilemma. Boston, Mass.: Little, Brown and Company, 1958.

Morgan, Edmund S. Visible Saints. Ithaca, N.Y.: Cornell University Press, 1963.

Powell, Sumner Chilton. Puritan Village. Middletown, Connecticut: Wesleyan University Press, 1963.

The Mennonite Encyclopedia. Scottdale, Pennsylvanie: Mennonite Publishing House, 1956. (Articles sur l’Angleterre et John Smyth.)

Trevelyan, George Macaulay. L’Angleterre à l’époque de Wycliffe. Londres : Longmans, Green and Company, 4e édition, 1909.

Van Braght, Thieleman J. The Martyrs Mirror. Scottdale, Pennsylvanie : Herald Press.

Verduin, Leonard. The Reformers and Their Stepchildren. Grand Rapids, Michigan: Wm. B. Eerdmans, 1964.

Verduin, Leonard. L’anatomie d’un hybride. Grand Rapids, Michigan: Wm. B. Eerdmans, 1976.

Wagner, Murray L. Petr Chelčický. Scottdale, Pennsylvanie: Herald Press, 1983.

Willison, George F. Saints et étrangers. New York: Reynal & Hitchcock, 1945.

L’ÉGLISE PRIMITIVE BAPTISAIT PAR ASPERSION

C’est fou comment quelques films et quelques images récemment créées peuvent influencer l’idée que les gens se font du baptême de Jésus et dans l’Église primitive…

En voyant votre engouement pour le sujet du mode de baptême, je me suis permis de traduire cet excellent article qui traite essentiellement de l’histoire des deux modes de baptême (les autres pages mentionnées citent plus les Écritures alors qu’ici on examine la pratique historique de l’Église primitive, ainsi que les origines païennes du baptême par immersion.

Publié en anglais le 28 février 2022 par Bob Goodnough sur https://flatlanderfaith.com/2022/02/28/the-mode-of-baptism/

Extrait de Introduction to Theology, page 239 par J. C. Wenger, © 1954 par Herald Press, Scottdale, Pa.. :

En 1899, un pasteur chrétien de Pennsylvanie (A. D. Wenger) visita les catacombes de Rome. Un jour, il marcha sur la voie Appienne jusqu’à la catacombe de Saint Callixte. « J’avais déjà visité deux fois d’autres parties de cette catacombe, mais cette fois-ci, j’ai dit au guide que je voulais voir des fresques de baptême. Nous sommes rapidement arrivés à une fresque datant de la fin du deuxième siècle, où un pasteur est représenté en train de baptiser un jeune candidat. Le ministre se tient sur la berge et le candidat dans l’eau. Une poignée d’eau vient d’être trempée et posée sur la tête du candidat, où la main du ministre repose encore, peut-être pour prononcer une bénédiction. On voit clairement de petits filets d’eau tomber de la tête du demandeur. . .

Voici fort probablement une des fresques mentionnées dans ce texte

« Nous avons continué un peu plus loin jusqu’à une autre fresque très semblable à la précédente et du même âge, mais les pieds du ministre semblent être juste un peu au bord du ruisseau et aucune eau n’est représentée comme tombant de la tête du demandeur qui est dans l’eau et se tient droit.

« Nous sommes allés encore plus loin vers l’est, sous la colline et sous la voie Appienne. . . C’est là que nous avons trouvé le baptême de Jésus par Jean le Baptiste. Jean se tient au bord du Jourdain et le Christ se tient dans l’eau en dessous de lui. C’est aussi ce que représente la photo du musée. Le baptême par immersion d’une main sur la tête semble tout juste terminé et Jean se penche légèrement en avant, la main au coude du Christ pour l’aider à « sortir directement de l’eau » … C’est la fresque du baptême qui a été attribuée par certains à l’an 107 de notre ère.

« J’ai demandé au guide de me montrer quelques fresques représentant d’autres modes de baptême. Il m’a répondu qu’il n’y avait pas d’autres modes de baptême représentés dans les catacombes ».

Extrait de Water Baptism – The Doctrine of the Mode, pages 14 & 15, (souligné dans l’original. Écrit par le Révérend W. A. Mackay, B.A., D.D., réimprimé par D. W. Friesen & Sons, Altona, Man.)

Mais aux deuxième et troisième siècles, l’état des choses est vraiment déplorable. La tendance à attribuer des vertus particulières à des formes extérieures n’avait cessé de croître, jusqu’à ce que les immersions nues, accompagnées d’exorcisme, d’onction et de toutes sortes de superstitions, se déchaînent dans des pratiques scandaleuses et inconvenantes. On pensait que l’eau même du baptême avait une vertu salvatrice. Tout comme on croyait que le pain et le vin, après la consécration, devenaient le corps et le sang réels du Christ, on croyait que l’eau du baptême, après l’invocation, possédait la présence réelle de l’Esprit. La conclusion naturelle était que plus il y avait d’eau, mieux c’était, et que l’eau devait être appliquée sur tout le corps pour que la régénération soit complète. C’est pourquoi nous trouvons aujourd’hui des immersions trines à l’état nu, accompagnées d’exorcisme, d’onction, de distribution de sel et de lait au candidat, de vêtements blancs comme neige et une couronne de feuilles sempervirentes. Rappelez-vous qu’il n’y a pas une seule immersion ancienne qui n’ait été accompagnée de ces autres superstitions. Il y a exactement la même autorité pour l’immersion que pour la nudité, l’exorcisme, l’onction, etc.

La première mention de l’immersion comme mode de baptême est faite par Tertullien, et il la mentionne associée à toutes les pratiques ci-dessus, puis il reconnaît que toutes ces pratiques (y compris l’immersion) sont fondées sur la tradition et dépourvues de l’autorité des Écritures. Il s’exprime ainsi : « Pour ces règles et d’autres semblables, si tu demandes une loi dans l’Écriture, tu n’en trouveras pas » (voir De Corona Militis, chapitres 3 et 4).

C’est ainsi que l’immersion, en tant que mode de baptême, est devenue courante.

Les citations suivantes sont extraites de A Third Way, par Paul M. Lederach, © 1980 by Herald Press.

Le baptême est administré à un croyant, non pas sur la base de ce qu’il sait, mais comme l’indiquent les Écritures et la foi mennonite historique, sur l’évidence de la nouvelle vie (nouvelle naissance). . .

En ce qui concerne le baptême, les anabaptistes diffèrent de manière significative de la plupart des protestants, ainsi que du catholicisme romain, non seulement parce qu’ils ne baptisent pas les bébés, mais aussi en raison de l’importance accordée au baptême par rapport à d’autres pratiques de l’Église.

En général, l’Église catholique (dans la messe) et les Églises protestantes accordent beaucoup plus d’attention à la communion qu’au baptême. Cependant, chez les anabaptistes, le baptême occupe la première place parce que le baptême est l’élément critique pour la réalisation d’une Église régénérée et disciplinée.

Le baptême est le moyen qui permet de rassembler une société rachetée, une société de pèlerins, séparée du mal, du monde non régénéré.

Le baptême est le symbole de la rupture avec le monde.

En termes de lier et de délier, certains ont vu dans le baptême un moyen de « lier » et dans la discipline un moyen de « délier ».

Au cœur du baptême se trouve un engagement – un engagement envers le Père, le Fils, le Saint-Esprit et les autres croyants à vivre une vie de disciple en pèlerinage.

Le baptême est un symbole ; ce n’est pas un sacrement. Il s’agit d’une ordonnance et, en tant qu’ordonnance, il s’agit essentiellement d’un outil d’enseignement. Mais que symbolise le baptême ? Cette question a donné lieu à un détour malheureux dans la vie de l’Église. Pour une raison ou une autre, l’Église a souvent discuté du mode de baptême tout en manquant souvent sa signification. Historiquement, il y a eu deux façons de baptiser : l’immersion et le versement ou l’aspersion.

En fait, aucun des deux modes ne peut véhiculer tout le symbolisme. L’immersion symbolise la participation à la mort, à l’ensevelissement et à la résurrection de Jésus. Le croyant est immergé dans l’eau et en ressort. Mais l’immersion a soulevé de nombreuses autres questions : Comment se fait-elle ? Le croyant est-il immergé vers l’avant ou vers l’arrière ? Est-il immergé une ou trois fois ?

L’immersion symbolise la Pentecôte et le déversement de l’Esprit. Lors du versement, la personne à baptiser s’agenouille et, après l’administration de l’eau, elle se voit offrir la main droite de la communion fraternelle. . .

(Pages 81 à 83)

Mais chez les anabaptistes, le témoignage du baptisé ne suffisait pas. Le témoignage supplémentaire de la congrégation était nécessaire. Il ne suffisait pas qu’une personne vienne dire à l’assemblée : « J’ai reçu le Saint-Esprit ». Cette affirmation devait être authentifiée par des frères et sœurs qui pouvaient dire : « Oui, nous voyons l’œuvre de l’Esprit dans votre vie ».

Un problème auquel l’Église est confrontée aujourd’hui est celui des affirmations non authentifiées des chrétiens de nom (page 85). Lors du baptême d’eau, il y avait une confession de foi orale. La personne baptisée déclarait publiquement : « Je crois en Dieu : « Je crois en Dieu. Je crois en Jésus-Christ. Je crois en l’Esprit Saint. Je regrette mes péchés. Je promets de vivre une vie de fidélité à Jésus-Christ jusqu’à la mort ». En plus de la confession de foi orale et de la promesse de fidélité, il y avait une transaction qui, aujourd’hui, est souvent ignorée. Le baptisé se plaçait sous la tutelle, la discipline et la communion de la communauté fidèle. Mais cela ne suffisait pas. La congrégation s’engageait également à offrir au baptisé son amour, son attention et sa discipline. (Pages 86 et 87)

Quelques réflexions personnelles :

– Même les premiers baptistes, tant en Angleterre qu’en Amérique, ne pratiquaient pas l’immersion. L’immersion a été introduite en Angleterre vers 1633 et à Rhode Island en 1644. (voir l’article au sujet de John Smyth)

– Si l’on considère que le mot grec baptizo signifie l’immersion et seulement l’immersion, cela pose un sérieux problème. L’immersion signifie placer un objet sous l’eau. Elle n’inclut pas l’idée de sortir cet objet de l’eau. Certains auteurs baptistes ont eu l’honnêteté de le reconnaître. [Comme mentionné dans d’autres articles sur ce site, il y a plusieurs cas où le mot « baptizo » est utilisé dans les Écritures d’une manière qui signifie « laver » et qui pourrait difficilement signifier « immerger ».] D’ailleurs, le vrai terme grec qui signifie « immersion » est kata duo.

– La Didachè, un document du christianisme primitif, écrit quelque part entre 50 et 190 ap. J-C, longtemps perdu, puis retrouvé à Jérusalem en 1873, ne mentionne pas non plus le baptême par immersion. Ce texte semble indiquer un ordre de priorité quant au lieu de baptême, qui devrait, selon l’auteur, se faire dans l’eau vive (une rivière) de préférence, mais peut aussi être faite dans de l’eau froide, de l’eau chaude ou hors de l’eau en versant 3 fois de l’eau sur la tête du croyant. Le fait d’être dans l’eau lors du baptême n’implique en rien d’y être immergé (voir les images des catacombes). Évidemment, il faut rester prudent avec les écrits comme ceux-ci qui ne font pas autorité au-dessus de la Bible, qui ont longtemps été cachés et qui portent des traces de plusieurs retouches ou même de plusieurs couches rédactionnelles.

– L’attachement émotionnel féroce des baptistes et d’autres personnes à l’immersion indique une crainte sous-jacente que l’on ne puisse pas être sauvé sans le baptême par immersion. Pourtant, le baptême n’est-il pas simplement un symbole? Si Dieu n’a pas explicitement indiqué comment baptiser (tout comme il n’a pas explicitement enseigné comment pratiquer la circoncision), cela implique soit que la méthode exacte importe peu, soit qu’elle est considérée évidente d’elle-même, auquel cas il faudrait étudier le contexte, le reste de la Bible et la tradition pour cerner ce point.

– Un certain nombre d’utilisations scripturaires du mot baptême font référence au baptême du Saint-Esprit au moment de la conversion, ou au baptême de sang (opposition et persécution) et non au baptême d’eau.

– Le baptême symbolise ce baptême du Saint-Esprit, ainsi que la séparation d’avec le monde et l’identification avec le peuple de Dieu.

– Le baptême par immersion est trop souvent vu par ses défenseurs comme étant le moyen de purification et d’entrée du Saint-Esprit en l’homme. Pourtant, nous voyons bien dans les Écritures qu’un larron qui n’a jamais été baptisé a pu être sauvé et nous voyons des personnes comme Corneille obtenir le Saint-Esprit avant le baptême. Le baptême n’est qu’un symbole de ce qui est déjà arrivé dans le coeur: la nouvelle naissance.

– Le baptême par immersion est parfois pratiqué de manière inconvenante ou indécente, par exemple quand un ou des hommes immergent une femme peu vêtue dans l’eau, touchant son corps en plusieurs endroits. Les vêtements mouillés de cette femme laissent parfois voir des choses qui ne sont pas compatibles avec la modestie biblique.

– Autres réflexions sur le même sujet: D’autres questions au sujet du baptême par immersion

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Baptiser avec trop d’eau

La conversion de Paul, pourquoi trois récits différents ?

Récemment un ami musulman attaquait la Bible en mentionnant les divergences entre les 3 récits de la conversion de Paul (Saul), qui sont tous racontés par Luc en Actes.

Voici une partie de son message, où il mentionne cette contradiction apparente.

Où et comment Paul s’est-il converti ?

Paul est connu pour être le véritable fondateur de la religion chrétienne telle que pratiquée aujourd’hui. Il est venu changer l’enseignement de Jésus dans les quatre Evangiles, mais il prétend que c’est sous l’ordre de Jésus. Or, la conversion de Saul (qui a changé son nom en Paul) a eu lieu grâce à une apparition miraculeuse du Christ sur la route de Damas où il allait en chasseur de têtes de chrétiens, dûment habilité par les grands prêtres juifs du Temple de Jérusalem. Luc raconte :

• 3 Et, comme il était en chemin, il arriva qu’il approcha de Damas ; et tout à coup une lumière brilla du ciel comme un éclair autour de lui. 4 Et étant tombé par terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? 5 Et il dit : Qui es-tu, Seigneur ? Et il [dit] : Je suis Jésus que tu persécutes. 6 Mais lève-toi, et entre dans la ville ; et il te sera dit ce que tu dois faire. 7 Et les hommes qui faisaient route avec lui s’arrêtèrent tout interdits, entendant bien la voix, mais ne voyant personne (Actes 9)

Mais, Paul, cité par Luc, raconte une histoire un peu différente :

• 6 Et il m’arriva, comme j’étais en chemin et que j’approchais de Damas, que vers midi, tout à coup, une grande lumière, venant du ciel, brilla comme un éclair autour de moi. 7 Et je tombai sur le sol, et j’entendis une voix qui me disait : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? 8 Et moi je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et il me dit : Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes. 9 Et ceux qui étaient avec moi virent la lumière, et ils furent saisis de crainte, mais ils n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. 10 Et je dis : Que dois-je faire, Seigneur ? Et le Seigneur me dit : Lève-toi et va à Damas, et là on te parlera de toutes les choses qu’il t’est ordonné de faire (Actes 22)

Pire : Luc nous propose une troisième version, citant toujours son maître Paul et toujours dans le même livre :

• 12 Et comme j’allais aussi à Damas pour cela, avec pouvoir et commission de la part des principaux sacrificateurs, 13 en chemin, en plein midi, je vis, ô roi, une lumière plus éclatante que la splendeur du soleil, laquelle resplendit du ciel autour de moi et de ceux qui étaient en chemin avec moi. 14 Et comme nous étions tous tombés à terre, j’entendis une voix qui me parlait et qui disait en langue hébraïque : Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? Il t’est dur de regimber contre les aiguillons. 15 Et moi je dis : Qui es-tu Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. 16 Mais lève-toi et tiens-toi sur tes pieds : car je te suis apparu afin de te désigner pour serviteur et témoin, et des choses que tu as vues et de celles pour [la révélation] desquelles je t’apparaîtrai, 17 en te retirant du milieu du peuple et des nations vers lesquelles moi je t’envoie pour ouvrir leurs yeux, 18 pour qu’ils se tournent des ténèbres à la lumière, et du pouvoir de Satan à Dieu ; pour qu’ils reçoivent la rémission des péchés et une part avec ceux qui sont sanctifiés, par la foi en moi (Actes 26)

Trois versions différentes dans le même livre : c’est peu commun et cela mettrait le doute dans l’esprit de n’importe quel être censé. Résumons :

 1e version2e version3e version
Qui est tombé ?SaulSaulTous
Qui a vu la lumière ?SaulTousTous
Qui a entendu la voix ?TousSaulSaul
Qui a instruit Paul ?Un DamascèneUn DamascèneJésus

Il est à noter qu’à part Paul dans ses épîtres et Luc (son plus fidèle élève qui n’était pas témoin de la scène) dans les Actes des Apôtres, aucun autre témoin oculaire ne nous a laissé un écrit témoignant de cette apparition miraculeuse de Jésus.

J’ai réfléchi à ce sujet pendant plusieurs semaines. J’ai aussi relu des parties des Actes, de Galates et je suis en train de lire un livre intitulé « l’Apôtre » (ou The Apostle, en anglais), de John Pollock, qui m’a ouvert les yeux sur plusieurs sujets. J’ai lu un peu en ligne à ce sujet aussi.

Voici quelques pensées qui me sont venues. Plusieurs sont inspirées de cet article (en anglais) https://mdharrismd.com/2011/12/19/pauls-conversion-why-three-accounts-and-how-do-they-differ/.

Réponse :

L’histoire de la conversion de Paul, qui est passé du statut de juif dévot persécutant violemment les croyants en Jésus à celui de chrétien dévot propageant sans crainte l’Évangile contre toute opposition, se trouve à trois reprises dans les Actes des Apôtres. Les récits diffèrent légèrement :

Le premier récit, dans Actes 9, relate la conversion de Paul au moment où elle s’est réellement produite. Après avoir été le chef de file de la persécution des chrétiens à Jérusalem et en Judée, Paul a obtenu la permission du souverain sacrificateur, puis s’est mis en route pour Damas, dans l’espoir de trouver et d’arrêter des chrétiens qui avaient fui sa persécution. En chemin, Paul et ses compagnons voient soudain une grande lumière (v3). Paul tombe à terre et entend la voix de Jésus qui lui demande pourquoi il le persécute (v. 4-5). La voix lui dit ensuite ce qu’il doit faire (v. 6). Paul avait été aveuglé par la lumière et ses compagnons l’ont conduit à Damas où il n’a rien mangé pendant trois jours (v. 9). Pendant ce temps, le Seigneur ordonne à un croyant nommé Ananias de rencontrer Saul et de le servir (v. 10-16). Malgré sa peur de se révéler au pharisien redouté et persécuteur des chrétiens, Saul de Tarse, Ananias obéit (v. 17). Saul, bientôt connu sous le nom de Paul, retrouve la vue. Des écailles tombent de ses yeux, il recouvre la vue, il est baptisé (v. 18), il prend de la nourriture et de l’eau (v. 19).

Le second récit, dans Actes 22, décrit son témoignage lors de son procès devant les Juifs. Après avoir prêché le Christ pendant des années dans toute l’Asie mineure et la Grèce, Paul était revenu à Jérusalem. Il est accusé à tort d’avoir fait entrer un païen dans le temple et il est arrêté. Paul s’adresse à ses accusateurs dans leur « dialecte hébreu » (v. 2, les différentes versions parlent d’hébreu ou d’araméen). Il revient sur sa conversion, leur disant qu’il était juif, élevé dans la diaspora, mais qu’il avait été éduqué par le célèbre maître juif Gamaliel (v. 3). Il raconte son zèle dans la persécution des chrétiens et sa mission à Damas (v. 4-5). Comme dans le récit de la sœur, Paul décrit la lumière vive et la voix du Christ (v. 6-7), mais il cite Jésus en disant : « Je suis Jésus le Nazaréen que tu persécutes (v. 8) ». Le descripteur « Nazaréen » ne figure pas dans le récit précédent. Le récit du chapitre 9 dit « entre dans la ville », mais celui du chapitre 22 dit « va à Damas ». Le message du Seigneur à Ananias, tel qu’il est rapporté au chapitre 9, ne se trouve pas dans le chapitre 22, mais le service d’Ananias en faveur de Paul est présent dans les deux récits.

Le troisième récit, dans Actes 26, est sensiblement différent des deux autres. Dans ce cas, Paul était en prison depuis plus d’un an et il avait témoigné pour sa propre défense devant le roi de Judée Agrippa. Paul décrit sa persécution des chrétiens avec beaucoup plus de détails (v. 9-11). Il a ajouté des détails sur la rencontre sur la route, notamment qu' »il est difficile pour vous de lutter contre les aiguillons (v. 14) ». Dans ce récit, Jésus dit à Paul qu’il a été choisi par Dieu et qu’il apportera l’Évangile aux païens, le tout avec beaucoup de détails (v. 16-18). Paul n’a fourni aucun détail sur ses activités à Damas et a ensuite transmis son message aux païens.

Observations :

Tout d’abord, en lisant le reste du livre des Actes, je vois que Luc avait l’œil observateur et l’esprit inquisiteur. Je ne peux donc pas croire qu’il n’ait pas remarqué les divergences entre les trois récits. S’il avait intérêt à rendre le récit plus crédible, on pourrait penser qu’il aurait tenté d’homogénéiser les trois récits de lui-même ou qu’il aurait fait savoir à Paul à un moment donné que ces trois récits étaient un peu contradictoires et qu’il aurait demandé des éclaircissements afin de savoir ce qu’il en était réellement. Visiblement, il n’en est rien.

J’ai également du mal à croire que l’erreur soit attribuable à Luc, qui aurait eu des souvenirs différents d’un chapitre à l’autre ou qui aurait volontairement falsifié et rendu moins crédible son récit historique, alors que le but de sa lettre était d’édifier Théophile (tout comme son Évangile qu’il aurait écrit quelques temps auparavant). Parallèlement, il s’adressait aussi à d’autres lecteurs potentiels, qu’il cherchait sûrement à affermir dans la foi ou à convaincre du bien-fondé de la foi des apôtres.

L’objectif de l’Évangile de Luc et du livre des Actes peut être à la fois ecclésiastique et apologétique. Sur le plan ecclésiastique, il peut avoir été écrit pour édifier l’Église, en servant d’histoire à la fois de la fin de la vie de Jésus sur terre et de ses apôtres. Dans un but apologétique, ce livre a pu être composé pour démontrer que le christianisme n’était pas une menace pour l’Empire romain. Plus précisément, selon certains historiens, il semble que ce livre ait pu servir la défense de Paul devant l’empereur. [Ce dernier argument semble correspondre le mieux à la fin abrupte et est également étayé par l’acceptation (ou la non-condamnation) de Paul par les autorités gouvernementales plusieurs fois tout au long du récit, ce qui servirait de précédent juridique devant la cour à Rome (18:12-17 ; 23:23-30 ; 26:31-32 ; et al.).]

En fait, je remarque surtout que Luc a cherché à laisser un témoignage aussi fidèle que possible en ne gommant pas les divergences ou même les disputes (entre Paul et Barnabas, par exemple), mais ne nous montrant la vraie nature imparfaite des hommes que Dieu avait choisi pour son œuvre, malgré leurs imperfections. Il est édifiant pour nous de connaître ces détails, qui nous montrent qu’être chrétien ne signifie pas qu’il faille être une personne parfaite (toutefois il ne faut pas faire d’excuse pour le péché). Parfois, quand je fais une introspection de ma vie, je suis déprimé et découragé parce qu’il m’arrive si souvent de me mettre en colère, d’être impatient, de douter, de faire des « sottises », etc. Mais alors le Saint-Esprit me rappelle des passages de la Bible comme ceux-ci, et me montre que Dieu n’est pas limité par la nature humaine des hommes qu’il utilise. En fait, mieux que cela, notre Père choisit le plus souvent d’utiliser ses enfants pour accomplir ses desseins, alors qu’il pourrait bien faires ses œuvres sans passer par nous. Il aime se servir de ses serviteurs, et je trouve cela merveilleux qu’il daigne se servir de moi. Je suis comme le fils prodigue. J’ai péché, mais je me repens, et Dieu m’aime autant qu’au jour où il m’a formé dans le ventre de ma mère. Cet amour est incompréhensible, et c’est pour cela que je sers Dieu. Parce qu’il m’a tant aimé.

Mais revenons à Paul.

Loin d’être la preuve d’une affabulation, les différences entre les récits démontrent pour moi la fiabilité du récit. En fonction de l’objectif du récit et du public qui l’entendra, les gens choisissent parfois de mettre l’accent sur différents aspects d’un évènement. 

Le récit du chapitre 9, dans lequel l’objectif de Luc était de raconter l’histoire de l’Église primitive, mettait l’accent sur Paul et les croyants de Damas. 

Le récit du chapitre 22 ne se voulait pas une histoire mais un témoignage.  Il souligne la judéité essentielle de Paul et sa fidélité à la loi, et fait référence au « Dieu de nos pères ».   On sent qu’il souhaite ardemment que ses accusateurs juifs comprennent que Jésus est leur Messie. 

La défense de Paul devant Agrippa au chapitre 26, avec un petit auditoire plus privé et moins hostile, est différente.

En médecine comme en droit, une histoire totalement inchangée d’un événement à l’autre est plus susceptible d’être considérée fausse. Je rappelle que Luc était médecin.

L’exercice de la médecine consiste en partie à vérifier la véracité ou la fausseté des antécédents d’un patient, en particulier lorsque ce dernier fait des allégations sur le comportement d’une autre personne, par exemple en cas de maltraitance. Si une personne raconte une histoire, qu’une autre raconte exactement la même histoire et qu’une troisième raconte exactement la même histoire, l’auditeur doit soupçonner que les trois personnes ont collaboré au lieu de donner un témoignage indépendant. Un accord général est attendu, mais un accord exact ne l’est pas. C’est ce que l’on attend d’un témoin à l’autre, mais aussi d’un même témoin au fil du temps. Paul a raconté ces trois récits à Luc, qui les a consignés dans les Actes des Apôtres.

Il ne fait aucun doute que quelque chose s’est passé sur le chemin de Damas. Les hommes qui accompagnaient Paul ont soit entendu quelque chose (9:7), soit n’ont pas compris la voix (22:9), soit une combinaison des deux. Soit Paul seul est tombé à terre (9:4, 22:7), soit ils sont tous tombés (26:14), soit une combinaison des deux. Les divergences apparentes entre les récits, eux-mêmes séparés par des années de temps, reflètent selon moi la nature humaine, que ce soit en oubliant des détails ou en mettant l’accent sur certains faits plutôt que sur d’autres.

Ce récit de conversion est utile à tous les chrétiens de diverses manières. Ceux qui craignent d’être trop pécheurs pour que Dieu ne les sauve disposent d’un modèle qui passa du pire ennemi des chrétiens à l’un de leurs plus grands prédicateurs et apologètes. Ceux qui croient qu’ils peuvent être des chrétiens « en solo » voient le besoin absolu que même le plus grand des apôtres avait de ses frères en Christ. Ceux qui doutent de l’autorité de Paul en tant qu’apôtre peuvent être rassurés par l’autorité que Dieu lui a donnée. L’histoire de Paul nous instruit bien, démontrant le choix souverain de Dieu pour ses serviteurs et la certitude de sa volonté. C’est un modèle pour les croyants d’aujourd’hui.

J’aimerais connaître vos pensées à ce sujet…

Les vraies marques par lesquelles on peut reconnaître l’Église de Christ : 2

Numéro 2 sur 7 de la série « Reconnaître l’Église de Christ ». Bonne lecture!

Avatar de Bob GoodnoughTémoin anabaptiste

(Menno Simons et Théodore Philippe, responsables de l’Église anabaptiste au XVIe siècle, ont décrit les caractéristiques permettant de reconnaître la véritable Église de Dieu. Cet article est le premier d’une série de sept dans lesquels je tente de décrire la pertinence de ces caractéristiques pour notre époque.)

Par l’usage biblique des signes sacramentels

Le Symbole des Apôtres souligne l’importance de la naissance de Jésus, de sa mort expiatoire sur la croix et de sa résurrection. Les anabaptistes sont tout à fait d’accord avec cela, mais croient que la vie de Jésus est d’une importance égale. De plus, les anabaptistes croient que la vie de ceux qui suivent Jésus doit ressembler à sa vie.

Pour accomplir cela, la Bible nous ordonne deux sacrements: le baptême et la Sainte-Cène. Ils sont les moyens essentiels pour rassembler une communauté de croyants nés de nouveau et pour maintenir l’unité de cette communauté.

Enfant…

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Les vraies marques par lesquelles on peut reconnaître l’Église de Christ: 1

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(Menno Simons et Théodore Philippe, responsables de l’Église anabaptiste au XVIe siècle, ont décrit les caractéristiques permettant de reconnaître la véritable Église de Dieu. Cet article est le premier d’une série de sept dans lesquels je tente de décrire la pertinence de ces caractéristiques pour notre époque.)

Par une doctrine pure, sans altération.

Chaque personne a un désir de trouver quelque chose à quoi s’accrocher qui est solide et stable. Le christianisme et la religion en général sont aujourd’hui considérés comme vides et sans intérêt par de nombreuses personnes. Cela kes conduit à chercher à satisfaire leur désir intérieur par le plaisir, la politique, l’éducation et la culture. Et ils reviennent toujours bredouilles.

La doctrine pure, sans altération, de la Bible répond à ce besoin. Les gens peuvent trouver une satisfaction intellectuelle dans d’autres enseignements, mais le besoin intérieur n’est pas satisfait.

La source unique des enseignements…

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