Rose blanche

En novembre neigeux, la rose elle a cueillie.
Une rose toute blanche sur la branche a fleuri,
La branche d’un vieux rosier du jardin endormi.
Un minuscule enclos dont le lierre endimanche,
Sous la neige tombée, les murs de pierre blanche.

Ce coin de terre vit des soins qu’elle fournit,
Comme Grand-mère le fit, au jardin tout petit,
Qui demeure enfoui sous les roses et les fruits.
Des chrysanthèmes or et pourpre l’inondent,
De leurs tons précieux aux nuances profondes.

L’enfant qui autrefois sautillait dans le vent,
Est une vieille femme qui marche lentement.
Devant la simple tombe où dorment ses parents,
Elle tient en sa main les fleurs qu’elle a cueillies,
Au jardin du rosier où la rose a fleuri.

De la forêt profonde, qui entoure ce lieu,
Monte une odeur de terre, celle des résineux.
Dans l’ancien cimetière, un soleil peureux
Éclaire le souvenir de ceux qui sont partis
Loin de nos soucis d’hommes, vers les temps infinis.

Le nom de ses ancêtres est gravé sur la pierre
Que la neige recouvre de blancheur éphémère.
Combien furent sauvés avant l’heure dernière ?
Dans le livre éternel, leur nom fut-il inscrit ?
C’est l’affaire de Dieu qui seul sonde les vies.

Le soleil s’est voilé et la neige est tombée.
Elle a posé ses fleurs sur la tombe enneigée.
D’abord les chrysanthèmes rouge-sombre et dorés
Et puis la rose blanche, à la branche cueillie
La branche d’un rosier du jardin endormi.

-Annick Markmann

L’enfant en marche

Le poste de radio ce matin allumé
Murmure solitaire quantité de paroles.
L’enfant déjeune avant de partir pour l’école,
Lorsque des mots soudain viennent l’interpeller.

« Moi, je suis le chemin, la vie, la vérité.
Je suis la porte… » Il est l’heure d’y aller.
Et la voilà partie, son cartable à la main.
Mais les mots entendus ne sont pas anodins.

Ils résonnent en accord d’un rêve pénétrant,
Un rêve qui revient dans ses nuits très souvent.
Que signifie alors ce qu’elle voit et entend ?
Soudain, le rêve est là, et il saisit l’enfant.

Elle se trouve, marchant dans une plaine immense
L’air desséché et chaud lui rend le souffle court.
Elle foule épuisée, le sol d’un long parcours,
Empreint d’aridité et de désespérance.

L’aspect du paysage, a maintenant changé
C’est un vert marécage qu’elle doit traverser.
Des bosquets d’aulnes blonds, des saules argentés
Montent d’un sol humide, bourbeux en bas-côtés.

Cent grenouilles en groupes, au bord de la chaussée,
Ouvrent leurs larges bouches, leurs yeux exorbités.
Coassant, ricanant, elles se moquent entre elles,
De l’enfant fatiguée, mais qui marche avec zèle.

L’atmosphère est pesante, et les cieux sont chargés.
Les blancs cirrus là-haut se sont effilochés.
Des cumulo-nimbus moussent dans l’azur sombre.
La lumière s’estompe et tout se couvre d’ombre.

Elle marche, recherchant avec obstination,
Un panneau, un indice, la moindre indication,
Lui permettant enfin de trouver une issue
Vers un lieu qu’elle espère sans jamais l’avoir vu.

Dans le soir qui descend, elle atteint une place.
La route finit là au cœur d’un vaste espace
Fermé par une enceinte, comme une citadelle,
Un mur haut et épais de pierres naturelles.

Elle découvre deux portes pour passer la muraille.
Tellement différentes en aspect et en taille.
La première très large et facile à franchir,
Elle voit une grande foule, cette porte choisir.

L’autre étroite, resserrée, sous une croix placée.
Le linteau en est bas, il faudrait se courber,
Voire se mettre à genoux pour pouvoir passer.
La porte reste ouverte, qui va s’y engager ?

Une voix s’élevait et lui disait : « Choisis !
Je place devant toi, la mort ou bien la vie. »
À cet instant toujours le rêve finissait.
Les mots encore vibraient, l’enfant se réveillait.

À l’école elle arrive et son amie l’attend.
Que raconte Mimi ? Elles entrent en riant.
Mais l’enfant a compris par son rêve aujourd’hui,
Que Jésus est la porte et qu’il donne la vie.

-Annick Markmann

Infolettre décembre 2023

Bonjour à tous !

Comment allez-vous?

En cette fin d’année, je pense au verset suivant:

« La véritable lumière qui éclaire tout homme était venue dans le monde. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle; mais Lui le monde ne l’a pas connu. Il est venu chez les siens; et les siens ne l’ont point reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom, Qui ne sont point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. Et la Parole a été faite chair, et a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. » (Jean 1.9-14)

Faisons-nous partie de ceux qui ont reçu la Lumière? Sommes nous nés de Dieu? Est-ce que la Parole de Dieu habite en nous? Avons-nous contemplé sa gloire? Si notre réponse est « oui » à toutes ces questions, alors qu’attendons-nous pour adorer et servir Dieu chaque minute de notre vie et répandre la Bonne Nouvelle?

Merci au passage pour tous les commentaires, les témoignages, les lettres et les commandes de documentation évangélique que je continue à recevoir personnellement plusieurs fois par jour. C’est toujours encourageant !

Quoi de neuf au niveau des traités ?

J’ai arrêté de travailler pour la SEBT en septembre (sauf quelques projets à boucler comme vous pouvez le lire ci-dessous). J’enseigne maintenant à temps plein dans un petit centre éducatif chrétien au Québec.

Nouveaux traités en français depuis cet été

Vous pouvez vous abonner ici pour recevoir un traité par semaine par voie électronique : t.me/traites.

Traités au format audio

Dans mes moments libres, je travaille à l’enregistrement de traités audio. Il y en a déjà 14 de faits, dont 10 sont disponibles sur le site. Ils sont destinées aux enfants, aux personnes illetrées et aux malvoyants notamment. Si vous connaissez une personne qui aimerait écouter ces histoires, il suffit de chercher les symboles « casque audio » ou de vous rendre sur la page suivante: https://www.traitesevangeliques.org/audio

Traductions en malgache et en lingala

Nous continuons de traduire de plus en plus de traités, pour toucher plus de 100 langues à ce jour (notre site web en a maintenant 40, je crois). https://www.traitesevangeliques.org/language

Il y a eu 6 traités traduits en malgache il y a environ 1 an. Ils sont maintenant utilisés pour l’oeuvre à Madagascar car cette langue est plus utile que le français pour toucher toute la population de l’île.

9 traités viennent d’être traduits en lingala et nous espérons que d’autres suivront l’an prochain. Nous espérons être en mesure d’imprimer les traités en lingala en janvier ou février.

Nous remercions Dieu, car il continue de nous fournir des ouvriers pour l’oeuvre (mais il en faudrait toujours plus) et il donne aussi les fonds nécessaires (certains d’entre vous ont fait des dons, merci !) et nous avons confiance que la majorité des traités que nous envoyons partout dans le monde sont utilisés pour la gloire de Dieu et que leur contenu parle à des centaines de milliers et probablement des millions de gens chaque année. Vous pouvez continuer d’en commander et de diriger d’autres évangélistes vers nous.

Vous pouvez en apprendre plus au sujet de la SEBT ainsi que commander des traités gratuits sur la page suivante : https://missionnaireanabaptiste.org/societe-evangelique-de-bibles-et-traites/ ou directement à travers le formulaire ci-dessous.

Là où la SEBT a envoyé des représentants officiels, elle ne s’occupe pas uniquement de distribuer des traités et des petites bibles, mais aide aussi à soutenir des orphelinats, des maisons de retraite, des personnes en difficulté, des prisonniers, des personnes souffrant d’addictions diverses, des villageois pauvres dans des situations critiques. Ce n’est pas notre mission numéro 1 en tant qu’organisation d’évangélisation, mais cela fait partie de l’œuvre que Jésus nous a enseigné de faire pour notre prochain, et nul chrétien, quelle que soit sa profession ou sa vocation principale, ne peut ignorer ceux qui sont dans le besoin matériel ou émotionnel autour de lui.

Vous pouvez vous abonner ici pour recevoir un traité par semaine par voie électronique : t.me/traites.

Missionnaires en France (à la frontière de la Belgique)

Une famille de missionnaires de la SEBT s’est enfin installée à Lille début novembre. Ces missionnaires sont un couple d’Américains dans la quarantaine, avec leurs deux enfants. Ils sont occupés à apprendre le français, mais accomplissent déjà l’oeuvre du Seigneur. Priez pour eux SVP.

Autres missions

D’autres missionnaires de la SEBT et, plus largement, de l’Église de Dieu en Christ sont actifs depuis des années dans plusieurs pays francophones: le Canada, Haïti, le Burkina Faso, le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, le Vietnam et le Cambodge. Si jamais vous désirez contacter l’un d’entre eux, je peux vous aider à établir le contact.

Nouveaux livres des Éditions de l’Évangile

Marcher sur le chemin du Seigneur

Ce livre d’étude biblique contient dix-huit leçons destinées aux adolescents et conçues pour les aider à comprendre que la vie chrétienne est une route qui traverse ce monde. Les leçons couvrent des sujets tels que l’acceptation de soi, le respect des autres, le travail volontaire, fuir des passions de la jeunesse, l’engagement, la reconnaissance de l’orgueil, la foi, la crainte de Dieu, et plus encore. Chaque leçon contient des exercices et des questions de discussion.

52 pages ; broché ; Éditions de l’Évangile. 7,95 $

La vie victorieuse

John Coblentz. Avez-vous lutté dans la défaite en tant que chrétien ? Vivez-vous dans l’esclavage de la peur, de l’orgueil, de la convoitise, de la colère ou de l’apitoiement sur vous-même ? Dans ce livre, vous trouverez des conseils pratiques tirés de la Parole de Dieu qui vous montreront comment vivre dans la victoire sur le péché. Les étapes de la victoire ne sont pas toujours faciles. Mais elles sont justes et s’appuient sur toutes les ressources du Père céleste. Et elles mènent au ciel même !

96 pages ; broché ; Éditions Lampe et Lumière. 4,95 $

L’Église immuable (devrait paraître en janvier/février)

Ben Giesbrecht. Ce livre historique rigoureux de 234 pages parcourt l’histoire de l’Église sur près de 2000 ans, en éclairant au passage des époques assez obscures de l’histoire chrétienne. L’auteur s’appuie sur plus de 50 auteurs différents pour raconter l’histoire des vrais chrétiens souvent persécutés au fil des siècles.

Éditions de l’Évangile

La famille Andries vous souhaite Joyeux Noël et bonne année 2024 dans le Seigneur

Pour nous, nous rendons grâce à Dieu, car malgré quelques brêves maladies, nous nous portons très bien.

Louis grandit très bien. Il aura deux ans en février. Il commence à parler beaucoup quoique nous ne comprenions qu’une partie de ce qu’il dit.

Ma mère continue son combat contre le cancer. Après une quasi-disparition, une tumeur est réaparue cet automne près de la précédente. Maman a de plus en plus de mal à parler, mais en général son état de santé semble stable. SVP continuez de prier pour elle, elle a aussi des maux de tête.

Merci d’avoir pris le temps de lire cette infolettre. Vos commentaires, questions et conseils sont les bienvenus !

Que Dieu vous bénisse tous ! S’il nous accorde une année 2024, puisse-t-elle être une année de croissance pour chacun d’entre vous.

Bien chaleureusement en Christ,

Hugues & Amy Andries (et Louis)

Liberté, liberté chérie !

Dans un souffle d’automne, la forêt frémissait.
Des dix coups que l’horloge abbatiale sonnait,
Le son me parvenait dans un bruit de feuillage,
Les arbres s’agitaient, je cherchais un passage.

Je trouvais à l’orée un creux chemin moussu
Dont le sol pierreux, entre deux hauts talus,
Était tout recouvert par un tapis de feuilles,
Qui bruissant à mes pieds, fit fuir un écureuil.

Les peupliers frileux perdaient leur apparat,
Tout l’or de leur feuillée était là sous mes pas.
Des grands chênes tombaient multitude de glands,
Coiffés de leurs cupules, en bordure des champs.

Je marchais retrouvant les bonheurs de jeunesse,
Chantant « Ma douce France », le cœur plein d’allégresse.
Je cherchais au sentier l’immense châtaignier
Où j’étais si souvent venue m’avitailler.

Il était bien ici, comme en mon souvenir
Et tombées à son pied, cinq-cents bogues à ouvrir.
Des marrons tout brillants j’ai choisi les plus gros
Pour remplir une poche de mon vieux sac à dos.

Le vent m’a chuchoté : « Viens voir la cité.
Après soixante-dix ans, que vas-tu retrouver ? »
Parvenue sur la place, de surprise étourdie,
Je découvre une foule avançant à grands cris.

« Liberté, liberté ! » proclamaient leurs bannières.
Je me suis réfugiée sous une porte cochère.
Un vieil homme toussant, crachant, m’a murmuré :
« Ma liberté à moi, c’est de pouvoir fumer. »

Esbaudie, je me suis glissée par une impasse
Hors des tumultes coléreux de la grand-place,
Cherchant à retrouver, mais sans y parvenir,
Les boutiques d’antan dont j’avais souvenir.

Plus de mercière, plus de marchand de tissus.
Vitriers, horlogers et tripiers, disparus !
Effacée la cité du meuble au grand renom.
Plus de tourneur ni de vernisseur au tampon.

Où sont diversité, richesse des talents ?
Les banques ont la maîtrise du règne de l’argent,
Récoltant le juteux fruit de la convoitise.
Sous le nom liberté, l’influence se déguise.

J’ai croisé des obèses, des vêtus dénudés,
Des femmes en hidjab, nombre de tatoués.
Tous se pensaient libres, ayant les ceps aux pieds.
Ils étaient sous emprise, se croyant libérés.

Je disais à l’enfant d’une élégante femme :
« Quelle chance d’avoir cette belle maman. »
« C’est pas maman, c’est mon frère », qu’on me blâme !
Tout m’était étranger, j’étais d’un autre temps.

La liberté nouvelle n’était pas pour me plaire,
Elle tue les innocents dans le sein de leur mère,
Elle marche sans limites dans l’immoralité,
Brise les fondements de notre humanité.

En elle je retrouvais la faute originelle,
Où le bien n’était plus notion universelle.
Le mensonge devenait relatif au moment,
Et le bien et le mal pouvaient changer de camp.

C’est un monde brisé que j’avais découvert,
Et dont la liberté cachait bien des travers.
Je me dis qu’une pomme vient encore d’un pommier,
Que d’un gland naît un chêne et non un châtaigner.

Et lorsque les marrons, sur le feu rissolaient,
Que leur brune enveloppe entre mes doigts livrait
Une chaire blonde et tendre, chaudement parfumée,
En moi vibrait l’enfance et la vraie liberté.

-Annick Markmann

Poème 15. Un repas de Pâques

[Je rappelle que les poèmes que je publie sur une base hebdomadaire ne sont pas écits par mois, mais par une dame qui habite en Bretagne, Mme Annick Markmann. Pour en savoir plus, voir mon premier article de la série : https://missionnaireanabaptiste.org/2023/08/30/il-etait-une-foi-recueil-de-poemes/]

Je pensais ce matin à mon grand-oncle Jacques,
Et à sa bien-aimée, notre tante Rosa,
Aux affres que nous vécûmes pour un repas de Pâques,
Lorsqu’un joyeux cantique, mon doux père entonna.

Quelle tempête alors dans l’esprit du vieil homme,
Les paroles chantées brusquement soulevèrent.
Combien il a fallu pour calmer sa colère,
D’efforts que maman et Rosa déployèrent.

C’était à l’ordinaire, un homme très affable,
Un paisible pilier des repas familiaux.
Ancien instituteur, enseignant remarquable,
Sous l’étendard de la faucille et du marteau.

Pour ces grands instants d’ambiance familiale,
Ma mère préparait ses menus les plus beaux,
Des viandes en gelée, des salades royales,
Des gâteaux aux châtaignes et des flans au Porto.

Chacun de nos convives apportait des trésors,
C’était un long festin qu’on partageait alors.
On mangeait, on buvait en parlant et riant,
Le repas prenait fin dans la joie et les chants.

C’est ici que papa souleva un orage,
Qu’au cœur de notre clan, la tempête fit rage.
Alors, « La voix des chênes » domine la mêlée,
Et ce chant de grand-père apaise l’assemblée.

Puis l’un de nous propose, afin de digérer,
De faire en promenade, le tour du quartier.
Si le printemps s’annonce, il n’est pas évident,
Chacun prend son manteau, on oublie l’incident.

Et l’on marche gaiement dans le soleil frileux.
L’air frais chasse le vin et fait briller les yeux.
Bras dessus, bras dessous, les promeneurs partagent
Leurs peines, leurs fardeaux, quelques propos volages.

Lorsqu’on revient au gîte, pour boire un bon café,
Alors on se rend compte que l’oncle a décampé.
Ils sont rentrés chez eux, Jacquot, tante Rosa,
Sans même un au revoir, sans un mea culpa.

Mais tu vas voir ici, que Dieu est plein d’humour,
Car l’histoire commencée continue sans détour.
Jacques est dans sa maison, la tante cherche en vain,
Un modèle de tricot, noté dans un calepin.

Pour plaire à son épouse, Jacques monte au grenier
Espérant y trouver le carnet recherché.
Le voici en effet, tout contre un vieux bouquin.
C’est une bible ancienne, que Jacques prend en main.

Il feuillette aussitôt le vieux livre oublié.
Des souvenirs surgissent issus de son passé.
Un texte s’offre à lui sur la page tournée :
« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués. »

Quand l’oncle redescend, Rosa le remercie,
Munie de son modèle, commence son tricot.
Son époux s’est assis près de la lampe et lit,
La Bible retrouvée qui parle de repos.

Et chaque fois que Rose pour tricoter s’installe,
Notre Oncle ouvre le livre et lit pendant des heures.
Puis un soir au repas, à sa femme il étale
Ses doutes en lui disant : « Serions-nous dans l’erreur ? »

Semaine après semaine, la tante est à l’ouvrage,
L’oncle tourne les pages en lecteur obstiné.
Puis un jour il déclare à Rosa sans ambages :
« Si ce livre dit vrai, nous sommes condamnés. »

Un soir d’hiver où Jacques est près de tante Rose.
« Ma Rosa, lui dit-il, en lui prenant la main,
Plus de tristesse, finis les jours moroses,
Jésus nous justifie, il veut nous rendre saints. »

-Annick Markmann

Se faire pigeonner

Photo de Tim Mossholder sur Unsplash

Te souviens-tu ami, de l’affaire du pigeon,
Et comme nous reçûmes ainsi une leçon.
Je ne veux pas parler des pigeons qui tournaient
Et qui se décrochaient lorsque tu les tirais.

À ce tir aux oiseaux, tu étais très habile
Et tes flèches volaient, frappaient les volatiles.
Ce matin-là pourtant, c’était un autre enjeu
Qui nous livrait armés dans l’automne brumeux.

Nous marchions d’un bon pas sur le glissant sentier.
Il avait plu la nuit, les prés étaient trempés.
Mes chaussures prenaient l’eau et j’avais froid partout,
Mais nous allions au bois rejoindre Guy et Lou.

Guy t’en avait parlé, il avait repéré,
En plein cœur du grand bois, un endroit déboisé,
Une clairière étroite et à ses quatre coins,
Les cendres de quatre feux qui restaient en témoins.

Il en avait conclu en éclairé stratège,
Que l’ennemi nazi dans la nuit qui protège,
Avec les collabos, en ce lieu bien caché,
Dressait des plans iniques pour les exécuter.

C’était donc en espions que nous pensions aller,
Guidés par Guy et Lou, voir, puis dénoncer
Aux forces résistantes, la grande découverte,
Qu’elles utiliseraient comme botte secrète.

Et nos cœurs d’enfants étaient pleins de hardiesse.
Nous étions des héros à l’âme vengeresse.
Armés de nos fusils, nous voilà arrivés
Au lieu du rendez-vous, près de deux peupliers.

Nous l’avons vu ensemble, il était au repos
Sur le fil barbelé qui clôturait l’enclos.
Je ne sais pas pourquoi, t’es-tu cru dans ton jeu ?
Tu as soudain crié : « Préparez arme, en joue, feu ! »

Joignant le geste à la parole, tu tires sur le pigeon.
Le projectile l’atteint et le frappe en plein front.
Il est tombé à terre, on s’est précipités.
Il était vraiment mort, et j’en fus atterrée.

Quand Guy est arrivé, nous étions à genoux
Sur le sol gorgé d’eau, à regarder le trou
Que le plomb avait fait et d’où coulait le sang,
Comme coulaient les pleurs de nos cœurs d’enfants.

Il n’a pas versé une larme avec nous,
Et c’est avec le pied qu’il retourna l’oiseau.
« Ben, mon vieux, a-t-il dit, t’as pas raté ton coup !
Regarde, il est bagué, c’est celui du Jeannot.

Et le Jeannot, sais-tu ce qu’il a déclaré ?
Si quelqu’un touche un jour à mes pigeons bagués,
Avec ma carabine, que je charge au gros sel,
Je lui tire dans le cul, afin qu’il s’en rappelle ! »

Alors, toi et moi, surpris on n’a rien dit.
On a pris le pigeon, on l’a enveloppé
Avec nos deux mouchoirs, c’est moi qui l’ai porté.
Tu portais les fusils et on a suivi Guy.

L’attrait de la clairière, des feux, s’est envolé.
On a tout regardé, nos yeux étaient voilés.
Et le secret espoir de vaincre l’ennemi
Par la conspiration avait perdu son prix.

Le terme de la visite est enfin arrivé,
Car de quitter ces lieux, nous étions empressés.
« Avant que vous partiez, attendez, a dit Guy.
Vas-y Lou, ils sont beaux, n’est-ce pas leurs fusils ! »

« Les fusils sont à nous ! » leur avons-nous crié.
Mais alors de tes mains, ils les ont arrachés.
« Quand le Jeannot saura celui qui a tué
Son pigeon préféré ! » nous ont-ils opposé.

Et on leur a laissé ces précieux trésors,
Que nous avions payés du fruit de nos efforts.
Au fond de ton jardin, tu as creusé la tombe
Où reposent à jamais nos rêves les plus sombres.

Avant de l’enterrer, on a serré l’oiseau,
Dans un petit coffret vidé de mes joyaux.
On a mis une croix de deux brins de branchage.
On a écrit son nom : « Henri VIII courage. »

Ce nom on l’a trouvé dans un tube d’acier,
Que le pigeon portait sous ses plumes caché.
On a pleuré longtemps de découragement
Et décidé de n’en rien dire à nos parents.

Alors, pendant deux mois, on a vécu l’enfer,
Ruinés, pillés, esclaves de nos deux tortionnaires.
« Quand le Jeannot saura » furent leurs mots vainqueurs.
Ils nous ont soutiré jusqu’à l’argent du beurre.

Nos goûtés, nos bonbons, les sous de nos tirelires.
Chaque jour un peu plus, ne cessant de nous dire :
« Quand le Jeannot saura qui a tué l’oiseau. »
Et nous avons donné tous nos biens les plus beaux.

On a même souvent rédigé leurs devoirs,
Avant que de rentrer, assis sur le trottoir.
J’ai porté leurs cartables, j’ai ciré leurs souliers.
Jusqu’au jour où vraiment, j’ai été dépassée.

Comme j’allais au pain,
Les pièces dans la main,
Ils ont voulu l’argent,
Celui de mes parents.

« Quand le Jeannot saura qui a tué… »
Pleurant à gros sanglots, chez moi, je suis rentrée.
Vers Maman qui s’inquiète, je viens me réfugier
Et j’ai tout raconté, elle en fut bouleversée.

Elle en parle à papa, ta Mère est descendue
Et là devant les trois, nous avons comparu.
Ils nous conseillèrent le jour même d’aller
Jusque chez le Jeannot et de tout avouer.

Emporte aussi le tube, t’a dit encore Papa,
Car c’est important, surtout, ne l’oublie pas.
Nous sommes arrivés, tremblant de tous nos êtres,
On l’a vu au piano, à travers la fenêtre.

Puis on frappe au carreau, il est venu vers nous,
Il nous fait entrer et dit : « Que voulez-vous ? »
Alors tu t’es lancé et lui as déclaré :
« J’ai tué votre Henri et j’en suis désolé. »

Il n’a pas compris et au milieu des larmes,
Nous avons raconté l’épisode des armes.
Quand tu lui as tendu le tube retrouvé,
Il a lu le message et tout s’est éclairé.

Nous prenant dans ses bras, il dit : « Je vous pardonne. »
Nous étions libérés, la vérité est bonne.
Il a saisi un livre, nous a lu un récit
Qui parlait de pardon, de bonheur et de vie.

Je n’ai pas bien compris, j’étais trop bouleversée.
Quand nous sommes partis, il nous a embrassés.
Et le matin suivant, quand Lou m’a susurré
« Si le Jeannot savait… », alors j’ai rigolé.

« Il le sait, vois-tu, et nous a pardonnés. »

J’ai retrouvé hier, le texte dans la Bible,
Que nous a lu Jeannot il y a si longtemps.
Ses mots en sont précis et éclairent la cible,
De toute cette histoire vécue par deux enfants.

Psaume 32 de David. La bénédiction du pardon. Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné !… Je t’ai fait connaître mon péché… Et tu en as effacé la peine…

-Annick Markmann

Qui ?

Te souviens-tu, ami, de l’histoire entendue,
de nos premiers parents et du fruit défendu.
Comment la mort surgit et comment le bonheur
d’une vie de confiance s’était enfui sur l’heure.

Quand Adam se voit nu, de la peur il ressent.
Des feuilles d’un figuier, il fait un vêtement.
Il est pris de panique, il entend venir Dieu,
tente de se cacher avec Ève, à ses yeux.

« Adam, où es-tu ? » Dieu qui l’aime l’appelle.
« Qui t’a dit que tu es nu ? » Dieu l’interpelle.
Aucune voix audible avant n’avait rien dit,
alors pourquoi Adam soudain avait-il fui ?

À l’intérieur de lui, quelqu’un avait parlé.
Quelqu’un qui parle en nous dévoile nos péchés.
Nous le connaissons tous, il met nos âmes à nu.
Si nous nous égarons, il nous dit : « Que fais-tu ? »

Ce quelqu’un là, c’est la conscience.

Silencieux, dans la nuit, il avance à grands pas,
caché dans son manteau, il s’appelle Judas.
Il a vendu Jésus trente pièces d’argent,
C’est le prix d’un esclave qu’il a reçu comptant.

Il était un disciple et bien plus un apôtre,
il a fait des miracles avec les onze autres.
Il aimait trop l’argent, et les trente deniers
étaient assez tentants pour le faire bifurquer.

Mais les pièces reçues vont lui brûler les doigts,
et au sol dans le temple, il les jette. Pourquoi ?
Qui le pousse à aller dire aux principaux prêtres,
« J’ai vendu l’innocent et j’ai trahi mon maître. »

Ce quelqu’un là, c’est la conscience.

Un combat comparable trouble le jour suivant,
l’âme d’un autre apôtre, tu vas voir comment.
Pierre, sûr de lui, n’avait-il pas clamé
qu’il ne pourrait jamais, Jésus abandonner ?

On se souvient de la réponse que fit le Maître :
« Au chant du coq, tu m’auras renié trois fois. »
Pierre dans le Prétoire, s’approche d’un feu de bois
Un soldat s’y chauffant prétend le reconnaître.

« Tu es de ses disciples, toi ? – Je n’en suis pas ! »
Pour la troisième fois, Pierre le renia.
À ce moment précis, un coq avait chanté.
Le regard de Jésus vers Pierre s’était tourné.

Pierre a quitté les lieux, il pleure amèrement.
Dis-moi ce qui soudain lui arrache ces larmes,
ce qui vient l’éclairer et ce qui le désarme,
lui montrant la laideur de ses trois reniements ?

Ce quelqu’un là, c’est la conscience.

C’est elle qui depuis notre enfance nous donne,
d’évaluer le poids de nos agissements.
Elle ne nous lâche pas, nous parle et nous talonne.
On ne peut l’écarter, elle pointe présent.

On se laisse reprendre ou on lui dit : « Tais-toi !
Je ne t’ai pas sonnée, j’en ai marre, laisse-moi ! »
Mais on la sait tenace, on en est héritier.
Elle est la sentinelle, qui garde nos sentiers.

Le péché a bon goût et procure du plaisir.
On restait hésitant, cependant il attire.
La tentation est là et qui va résister ?
Dans le feu du désir, la voix s’est estompée.

Elle renaîtra ensuite, le péché consommé,
et elle est insistante, on se sent accusé.
Il est trop tard alors, l’acte a été commis,
il est là bien présent et inscrit dans la vie.

Les fautes accomplies, qui peut les effacer ?
Qui peut te purifier du poids de ton passé ?
Face à ce grand dilemme, il te faut un Sauveur
Qui saura te garder en tout lieu, à toute heure.

Jésus est ce Sauveur si tu veux l’accepter.
Il a déjà payé le prix pour ton péché.
Et si tu es sincère, si tu désires changer,
Il viendra, en Seigneur, en toi, pour y régner.

-Annick Markmann