Protestant ou anabaptiste?

Aujourd’hui, la majorité des groupes aux origines anabaptistes n’hésitent pas à s’appeler protestants et s’associent de plus en plus librement avec diverses Églises évangéliques qui n’ont pourtant pas les mêmes préceptes ni les mêmes racines. Si la plupart de ces groupes ont en commun la croyance à la nouvelle naissance, qui est bien sûr l’élément le plus important dans la vie du chrétien, beaucoup de ces groupes ne pratiquent pas une séparation du monde correcte et se permettent facilement l’usage de la violence. Ceci est en train d’affecter les groupes anabaptistes (mennonites) qui ont renié leurs origines primitives et distinctes.

Voici un bref exposé à ce sujet, sans toutefois remonter dans les détails de l’histoire.

Ces deux courants ont une compréhension et une approche différentes, par rapport à la vie chrétienne. Si nous retournons à l’époque des martyrs chrétiens (principalement entre le règne de Néron en 37 après J.-C. et la fin de la première vague de guerres de religion en Europe, en 1598), nous voyons une grande différence entre les anabaptistes et les protestants (qui n’apparurent qu’après 1517). Le nom « protestant » vient du mouvement de protestation contre la religion principale de l’époque: L’Église catholique romaine, qui était aussi un ennemi acharné de l’Église anabaptiste. Pour dire les choses de manière simple, ces « protestants » voyaient la folie, le péché et la corruption de la religion d’État. Le péché et la désobéissance à la Parole de Dieu qu’ils percevaient étaient très réels. Plusieurs dirigeants (dont Luther, Calvin, de Leyde) pensaient qu’une réforme était grandement nécessaire et ils se firent virulents, parfois même physiquement violents. Beaucoup de gens pensaient que tous ceux qui n’étaient pas fidèles à la religion d’État (la religion catholique) étaient des protestants, et qu’il n’y avait donc que deux groupes de soi-disant chrétiens.

Ils oubliaient que les dissidents à la religion catholique ont toujours existé. À vrai dire, c’est cette religion d’État qui était sortie de la vraie Église, devenant ainsi la Grande Prostituée, et donc ce sont les anabaptistes qui sont les héritiers légitimes de l’Église primitive, et non des bâtards rebelles comme Rome a si souvent voulu les dépeindre.

L’histoire anabaptiste voit les choses d’un tout autre oeil que l’histoire protestante. Alors que les protestants combattaient souvent les catholiques par la force, il y avait aussi beaucoup de vrais chrétiens qui vivaient paisiblement et discrètement, tout en pratiquant « la foi transmise aux saints une fois pour toutes ». Leur témoignage fidèle et paisible toucha de nombreuses vies, et la vraie Église grandit continuellement malgré le fait que beaucoup perdaient la vie pour la cause de l’Évangile. (Certains chrétiens de l’époque rapportent des estimations surprenantes au sujet du nombre es anabaptistes dans certaines régions. Dans les années 1500, la ville de Strasbourg aurait compté environ 10% d’anabaptistes dans sa population. Et au siècle suivant, certains historiens estiment qu’il y avait environ 5% d’anabaptistes dans toute la population des Pays-Bas.)

C’est au sein de ce groupe-ci, et non aux protestants, que la vraie foi a été transmise, même si les protestants ont attiré bien plus d’attention. Cela ne veut en aucun cas dire que ce sont seulement les anabaptistes (mennonites) qui peuvent être sauvés: la nouvelle naissance est pour chacun de nous, mais cela veut dire que c’est ce groupe qui a perpétué la foi de l’Église primitive, et qui la pratique au mieux aujourd’hui. L’oeuvre est dans les mains de Dieu, c’est lui qui crée l’accroissement, pas nous, les hommes. Les vrais disciples de Jésus n’ont jamais été des protestants.

Et aujourd’hui? Dieu est encore et toujours le même Dieu, et il oeuvre encore de la même manière. Si nous désirons lui être fidèles et travailler pour lui dans son royaume, nous devrons lui abandonner notre volonté et vivre paisiblement dans la foi qui a été transmise aux saints. Ainsi, Dieu peut nous utiliser pour accomplir ses desseins.

Lorsque nous regardons autour de nous et que nous commençons à prendre en note les faiblesses et les désobéissances au sein de l’Église, et que nous militons de manière critique pour éradiquer ces torts, nous adoptons un esprit protestant. Souvenez-vous que la vraie foi n’a jamais été portée par de telles personnes et ne le sera jamais. Notre chair essaie de nous persuader qu’il s’agit là d’une tâche noble et très utile. Cependant, ce qui se passe en réalité lorsque nous prenons de telles positions charnelles, c’est que nous devenons un obstacle pour Dieu, qui veut s’occuper du problème à sa manière. Lorsque nous acceptons l’esprit du protestantisme, nous mettons notre foi en nous-mêmes plutôt qu’en Dieu. Il est bien plus capable de s’occuper de ces problèmes que nous ne le sommes: faisons-lui donc confiance pour les résoudre. Il veut que ma volonté lui soit entièrement soumise.

 

[Texte partiellement tiré d’un article de Elwon Wilson (Montezuma, KS, É-U).]

 

Les connaissances approfondies d’un simple prédicateur

Une anecdote historique assez intéressante…

Témoin anabaptiste

[Cette histoire était écrit par Gerhard Roosen d’Altona en Allemagne et reproduit dans l’Origine et doctrine des Mennonites par Benjamin Eby.]

Les Français sont entrés aux Pays-Bas en 1672 avec une armée et ont capturé trois provinces et ne doutaient pas qu’ils pourraient conquérir les quatre restants. Ils semblent avoir l’intention de forcer les réformés, les luthériens et les mennonites à reprendre la religion romaine au moyen de la punition du gouvernement et de la confiscation de leurs biens. Par conséquent, ils voulaient faire un début avec les mennonites qui dans aucune province dans l’ensemble les mondes ne sont si nombreux et en moyenne si riches en possessions qu’aux Pays-Bas ; car les Français avaient des préjugés contre les mennonites et ne connaissaient pas leur doctrine et leurs principes. Ils croyaient qu’ils étaient comme les rôdeurs nocturnes et les Munsterites, pour lesquels le roi donna un ordre spécial à un Seigneur

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Émigration des mennonites aux États-Unis

Témoin anabaptiste

En raison de la persécution en Suisse de nombreux anabaptistes, ou mennonites, ont fui pour se réfugier au Palatinat. Ils étaient 700 en 1672 seulement et d’autres les ont suivis pour plusieurs années, en provenance de Suisse et d’Alsace. Beaucoup d’entre eux ont tout laissé et ont reçu de l’aide en argent, en nourriture et en vêtements de la part des frères en Hollande.

En 1681, le roi Charles II d’Angleterre accorda à William Penn un vaste territoire dans le Nouveau Monde. C’était pour payer une dette que le roi devait au père de William Penn. Penn, un Quaker, envisageaitce territoire comme un lieu où toutes les bonnes personnes pouvaient vivre ensemble en paix et a commencé à faire de la publicité pour les colons.

Les premiers mennonites sont arrivés en Pennsylvanie en 1683 et beaucoup d’autres ont suivi au cours des 80 prochaines années. Ainsi…

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Le Miroir des martyrs

L’anabaptiste « Frederic Willemsz [Dirk Willems] pris et brûlé hors d’Asperen, 1569 », planche 82 du Miroir des martyrs.

Le Miroir des martyrs (en néerlandais De Martelaersspiegel) est un ouvrage publié pour la première fois en 1660 en néerlandais par l’anabaptiste Thieleman J. van Braght (1625-1664). Son titre original complet est : « Het bloedig toneel, of Martelaersspiegel der Doops-Gesinde of Weerloose Christenen, die om ‘t getuygenis van Jesus haren (hun) Salighmaker geleden hebben ende gedood zijn van Christi tijd af tot desen tijd toe ».

Cet ouvrage rassemble des témoignages et des récits concernant les apôtres et les premiers chrétiens (anabaptistes) qui sont morts en martyrs. Il est considéré comme un texte majeur pour beaucoup de familles mennonites, et serait le second livre le plus fréquemment possédé parmi eux, après la Bible, bien-sûr.

On y découvre aussi le récit de nombreuses persécutions qui prirent place durant les XVe et XVIe siècles, rédigé par des témoins proches des faits ; des documents historiques inestimables y figurent in extenso. Par exemple, la correspondance entre la ville de Berne qui persécutait ses anabaptistes et les autorités hollandaises qui le lui reprochaient ; les édits organisant la répression ou l’expulsion ; des minutes de procès ; des événements survenus dans tel ou tel village ; ou encore des listes nominatives de victimes…

En 1685, le Miroir des martyrs a été illustré de 104 eaux-fortes de Jan Luyken. Un première traduction en français semble datée du tout début du xviiie siècle, bien que seulement des parties de ce livre soient aujourd’hui disponibles en français. Il a été traduit en allemand en 1745 par la communauté dite d’« Ephrata Cloister », située en Pennsylvanie : avec ses 1512 pages, cette édition est le plus gros livre imprimé en Amérique avant la Révolution américaine. Il fut traduit en anglais en 1837.

Voici ce que l’éditeur du livre dit dans sa préface:

La succession ecclésiastique peut être considérée de deux façons : premièrement, en ce qui concerne la succession des personnes; deuxièmement, en ce qui concerne la succession de la doctrine.

Celle-ci est un signe et une preuve du premier, de sorte que le premier ne peut subsister sans ce dernier. Là où ce dernier est, on n’a pas besoin de chercher le premier avec tant d’attention. Mais là où les deux sont trouvés en vérité, il ne faut pas douter qu’il y ait aussi la véritable Église de Dieu, dans laquelle Dieu habite et marche; qui a la promesse d’une vie éternelle et heureuse; et dont les saintes Écritures enseignent et se glorifient.

Ici les paroles de Tertullien sont applicables. Il dit : « L’Église chrétienne est appelée apostolique non seulement à cause de la succession des personnes, mais à cause de la parenté de la doctrine, puisqu’elle détient la doctrine des apôtres ».

Cette doctrine, quiconque se vante de la véritable succession doit prouver à partir des écrits apostoliques, les moyens par lesquels l’Église a été initialement instituée, établie et maintenue par la suite. Par conséquent, cette doctrine doit nécessairement, aussi dans ces derniers temps, être la marque de la véritable succession.

La question sera maintenant: dans quelle Église la vraie doctrine apostolique a-t-elle été tenue depuis le début, et y est-elle toujours tenue? C’est un privilège dont beaucoup se vantent. Nous les laissons à eux-mêmes et nous contentons du témoignage de notre conscience, par rapport au saint Évangile du Christ et à la foi de la sainte Église, dont il est fait mention dans les anciennes histoires ecclésiastiques.

Thieleman van Braght, introduction au Miroir des martyrs, 1659 (paru sur le blogue de Bob Goodnough, Témoin anabaptiste)

Il apparaît donc clairement que le Miroir des martyrs est un ouvrage précieux pour comprendre comment il y a toujours eu des vrais chrétiens, éparpillés dans diverses régions du monde, qui n’ont pas cédé à la sécularisation de la majorité de l’Église qui est finalement devenue l’Église catholique romaine, mais qui ont toujours persévéré dans une foi simple et non-résistante, par la force du Saint-Esprit de Dieu, par le moyen de la nouvelle naissance.

Si nous croyons cela, il devient plus clair comment Dieu a protégé son peuple et son Église à travers les temps, et cette foi, pour laquelle tant de frères et de soeurs ont donné leur corps mortel en sacrifice, devient d’autant plus précieuse.

Puissiez-vous vous aussi être inspiré par les récits de ce livre.

Voici des infos pour vous procurer des livres contenant une partie de cette histoire.

Dans le ventre de la baleine et autres histoires de martyrs chrétiens (In the Whale’s belly) James Lowry

Les Éditeurs Lampe et Lumière (pas de site web ni d’adresse courriel disponible)
26 Road 5577
Farmington, NM 87401-1436, É.-U.
Tél. : 505-632-3521 Téléc. : 505-632-1246

ou

Extraits du Miroir des Martyrs: Histoires d’anabaptistes ayant donné leur vie pour leur foi au 16e siècle

 

 

Canon d’Hippolyte

Voici un article intéressant paru sur le blogue d’un frère dans la foi. C’est un témoignage d’une commune doctrine de non-résistance parmi les vrais croyants depuis les temps de Jésus et de l’Église primitive.

Témoin anabaptiste

L’évêque Hippolyte de Rome, mort martyr en 235, nous a laissé une liste de professions interdites aux chrétiens. Voici quelques extraits de ce livre :

Qu’on fasse un enquête sur les metiers et professions de ceux qu’on amène pour les instruire.

Si quelqu’un est tenacier d’une maison qui entretient des prostituées, qu’il cesse, ou qu’on le renvoie.

Si quelqu’un est sculpteur ou peintre, qu’on lui apprenne à ne pas faire des idoles ; s’il ne veut pas cesser, qu’on le renvoie.

Si quelqu’un est acteur, ou qu’il donne des représentations théâtrales, qu’il cesse, ou qu’on le renvoie.

De même, qu’un conducteur, ou quelqu’un qui prend part aux jeux publics, ou qui y va, cesse, ou qu’on le renvoie.

Qu’un gladiateur, ou quelqu’un qui apprend aux gladiateurs à combattre, ou quelqu’un qui s’occupe de la chasse, ou un officier public qui s’occupe des jeux des gladiateurs, cesse, ou qu’on le renvoie.

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Naître de nouveau

Père, Seigneur du ciel et de la terre,… tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et… tu les as révélées aux petits enfants.

Luc 10. 21

Le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas connu Dieu.

1 Corinthiens 1. 21

En réponse à cet homme religieux qui vient l’interroger, Jésus prononce cette phrase forte: «Si quelqu’un n’est pas né de nouveau, il ne peut pas voir le royaume de Dieu» (Jean 3. 3). Un peu plus tard, il déclare à ses disciples: «Si vous ne vous convertissez pas et ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux» (Matthieu 18. 3). Le Seigneur Jésus présente à ses interlocuteurs un but et une condition:

– le but: entrer dans le royaume de Dieu.

– la condition: naître de nouveau, y entrer comme un petit enfant.

Tout être humain se trouve par naissance dans le domaine naturel dont Dieu est exclu par la prétention humaine à la connaissance. Incapable de sortir lui-même de ce domaine, il est invité par Dieu à mettre sa confiance, sans résistance et sans raisonnement incrédule, dans le salut que Christ lui propose. C’est en quelque sorte trouver la fraîcheur de la confiance que manifeste si spontanément un enfant.

Remarquons bien que retrouver l’esprit d’un enfant ne consiste pas à abdiquer l’intelligence, à affecter la naïveté ou à jouer les adultes immatures. C’est tout à la fois beaucoup plus simple et beaucoup plus difficile: c’est faire confiance à Dieu simplement, croire ce qu’il a donné dans sa Parole. Avons-nous su faire taire en nous cette voix de la sagesse humaine pour écouter la sagesse de Dieu? Sommes-nous venus à Jésus avec la simplicité et la confiance d’un enfant pour entrer dans ce domaine divin: le royaume de Dieu?